Formulation générale
43 %Part des observations classées dans ce niveau de précision explicite.
6 observations sur 14

Cette fiche décrit la manière dont les réponses disponibles explicitent mécanismes, contraintes, arbitrages, incertitudes et objections. Elle présente chaque dimension séparément, sans classement des personnes.
Questions et méthodeLa maturité décrit uniquement le volume et la diversité du corpus disponible ; ce n’est ni une note ni un jugement sur la personne.
Chaque ligne a sa propre base. Ces mesures ne sont jamais additionnées en une note de personne.
Part des observations classées dans ce niveau de précision explicite.
6 observations sur 14
Part des observations classées dans ce niveau de précision explicite.
8 observations sur 14
1 observation · dénominateur en attente · 1 passage
Les facettes sans dénominateur sont des comptes de présence. Leur barre reste vide et elles ne sont pas comparées comme des taux.
Répartition des tours horodatés par rôle. Les tours sans durée exploitable restent hors calcul.
Répartition des dimensions repérées dans le corpus. Une même réponse peut contribuer à plusieurs dimensions.
Cette matrice indique la part du corpus, les sources, les passages et la durée disponibles pour chaque thème. Elle ne mesure ni une expertise générale ni une intelligence personnelle.
| Thème | Part du corpus | Sources | Passages | Durée média |
|---|---|---|---|---|
| Thème non classé | 100 %base 1 | 130 passages | 3030 passages | 44 minmédia daté |
| Dimension | Famille de mesure | Observé | Base | Fréquence | Passages | Période |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Formulation générale | Niveau de précision | 6 | 14 | 43 % | 14 | 11 févr. 2022 au 11 févr. 2022 |
| Formulation spécifique | Niveau de précision | 8 | 14 | 57 % | 14 | 11 févr. 2022 au 11 févr. 2022 |
| Dates citées | Éléments de fond | 1 | — | — | 1 |
Exemples retenus pour rendre les observations auditables. Ils ne résument pas à eux seuls l’ensemble du corpus.
« Exactement. Et c'est marrant parce que je trouve qu'entendre ces mots juste après le biais politique de Frédéric Sey, c'est presque la réponse et en même temps la consolation à ces passions tristes dans lesquelles nous sommes enfermés depuis quelques temps, depuis beaucoup trop longtemps, je trouve. Et heureusement qu'il y a le cinéma, et heureusement qu'il y a la littérature pour pouvoir penser plus haut. En tout cas, voilà, c'est ce que m'évoque comme ça spontanément de réentendre ce texte. Et effectivement, c'est magnifique ce qu'il dit et j'ai voulu… »
« Exactement. Et c'est marrant parce que je trouve qu'entendre ces mots juste après le biais politique de Frédéric Sey, c'est presque la réponse et en même temps la consolation à ces passions tristes dans lesquelles nous sommes enfermés depuis quelques temps, depuis beaucoup trop longtemps, je trouve. Et heureusement qu'il y a le cinéma, et heureusement qu'il y a la littérature pour pouvoir penser plus haut. En tout cas, voilà, c'est ce que m'évoque comme ça spontanément de réentendre ce texte. Et effectivement, c'est magnifique ce qu'il dit et j'ai voulu le mettre dans mon film parce que c'est pour moi en fait, ce film nous, c'est presque la maturité en fait d'un questionnement que j'ai entamé il y a 15 ans, que j'ai entamé de façon assez balbutiante, dans une réaction et dans une nécessité comme ça de donner des contours à ma vie, d'offrir une existence à des territoires qui étaient malmenés, maltraités médiatiquement. Et pour moi, c'était très important. Mais au fond, j'ai l'impression que c'est un film qui me permet d'arriver dans une maturité cinématographique, mais aussi une maturité de cette pensée-là. Jamais ça s'est formulé aussi précisément que dans ce film. Et en fait, d'une certaine manière, c'est en entendant Bergogneau, en rencontrant ses livres, en l'entendant en parler, notamment en lisant ses livres comme Miette ou Exister deux fois, enfin c'est des essais aussi, que j'ai compris en fait, qui m'a aidé à formuler ce que j'étais en train de faire depuis 20 ans. Et pour moi, c'était très très très important de lui donner cette place dans mon film. »
Ce profil décrit des éléments observables dans le corpus publié; il ne mesure ni la valeur, ni l'intelligence, ni la véracité d'une personne.
Explique comment une mesure est censée produire ses effets.
6 observations · dénominateur en attente · 6 passages
| 11 févr. 2022 au 11 févr. 2022 |
| Mécanismes explicités | Éléments de fond | 6 | — | — | 6 | 11 févr. 2022 au 11 févr. 2022 |
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« Non, non, non, non. Non, mais par contre, le fait d'être regardé, c'est quelque chose de fondamental. C'est-à-dire qu'un film comme La Permanence, par exemple, où, en effet, je suis restée une année à filmer des consultations de médecine générale et de médecine psychiatrique entre des migrants primo-arrivants et un médecin. En fait, tout d'un coup, les gens qui étaient totalement effacés, c'est-à-dire qu'ils n'avaient aucune existence juridique, qu'ils n'avaient aucune existence légale, qu'ils étaient une espèce de fantôme comme ça qu'on ne voyait pas,… »
« Non, non, non, non. Non, mais par contre, le fait d'être regardé, c'est quelque chose de fondamental. C'est-à-dire qu'un film comme La Permanence, par exemple, où, en effet, je suis restée une année à filmer des consultations de médecine générale et de médecine psychiatrique entre des migrants primo-arrivants et un médecin. En fait, tout d'un coup, les gens qui étaient totalement effacés, c'est-à-dire qu'ils n'avaient aucune existence juridique, qu'ils n'avaient aucune existence légale, qu'ils étaient une espèce de fantôme comme ça qu'on ne voyait pas, le fait de prendre tout l'espace, tout le cadre et toute l'attention de ce film était une manière de les faire exister. Et en fait, les gens étaient d'accord pour participer au film, justement parce qu'ils se rendaient bien compte que le cinéma réparait quelque chose qui, justement, les niait profondément dans leur existence et presque dans leur humanité. C'est-à-dire que le cinéma, il permet de réparer, en fait, c'est bien plus qu'une consolation psychologique. C'est une manière de dire qu'on est humain, de dire qu'on est là, de dire qu'on existe. Et il y a très peu d'art qui permettent, avec autant de force comme ça, que le cinéma permet, de permettre aux gens d'exister, en fait, exister pleinement, quoi, et d'être vu, et d'être regardé, et d'être considéré, surtout. »
« En fait, ce que j'avais sous les yeux, c'était des choses qu'on ne m'a pas appris à aimer, effectivement, des choses que je n'arrivais pas à regarder parce que quand on grandit et qu'on est en banlieue, on est ému par un désir d'ailleurs, tout est construit pour nous signifier que ce qu'on a autour de nous, que les vies que l'on vit, que les vies que les nôtres vivent ne sont pas dignes d'être racontées, ne sont pas dignes d'être regardées et que le bonheur et que la réussite, en fait, c'est précisément de quitter ces lieux et de quitter ces vies et de… »
« En fait, ce que j'avais sous les yeux, c'était des choses qu'on ne m'a pas appris à aimer, effectivement, des choses que je n'arrivais pas à regarder parce que quand on grandit et qu'on est en banlieue, on est ému par un désir d'ailleurs, tout est construit pour nous signifier que ce qu'on a autour de nous, que les vies que l'on vit, que les vies que les nôtres vivent ne sont pas dignes d'être racontées, ne sont pas dignes d'être regardées et que le bonheur et que la réussite, en fait, c'est précisément de quitter ces lieux et de quitter ces vies et de tenter de s'inventer ailleurs. C'est-à-dire que moi, j'ai grandi avec l'idée qu'il fallait que je parte de ce quartier et qu'en fait, la réussite de ma vie serait... »
« En fait, elle raconte plus dans le dialogue qu'elle a avec les autres scènes que pour elle-même. C'est-à-dire que pour elle-même, c'est effectivement des catholiques traditionnalistes qui, tous les ans, le 21 janvier, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Louis XVI, célèbrent en la basilique de Saint-Denis sa mort en relisant le testament que Louis XVI a écrit juste avant d'être guillotiné en place de grève. Donc, bien évidemment, je n'ai aucune parenté idéologique, sociologique avec ces catholiques traditionnalistes. Mais, au fond, leur offrir… »
« En fait, elle raconte plus dans le dialogue qu'elle a avec les autres scènes que pour elle-même. C'est-à-dire que pour elle-même, c'est effectivement des catholiques traditionnalistes qui, tous les ans, le 21 janvier, à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Louis XVI, célèbrent en la basilique de Saint-Denis sa mort en relisant le testament que Louis XVI a écrit juste avant d'être guillotiné en place de grève. Donc, bien évidemment, je n'ai aucune parenté idéologique, sociologique avec ces catholiques traditionnalistes. Mais, au fond, leur offrir hospitalité dans Monou, c'est aussi une manière radicale de dire et d'affirmer à travers ce film. Et en fait, c'est presque le montage du film qui le dit plus que je l'énonce à travers un commentaire. C'est le fait de confronter cette scène-là avec le peu d'archives qui me restent de ma mère, le peu d'archives qui me restent de mon père et ces images où mon père tout d'un coup réexiste et raconte son histoire de cet homme qui est arrivé en mars 1966. En fait, c'est pour moi une manière de dire qu'un pays, une société est composée d'un sédiment de mémoire. En fait, c'est des mémoires qui se sédimentent les unes après les autres et qui composent, en fait, qui disent au fond sa réalité et qu'il n'y a pas d'hierarchie dans les mémoires, qu'effectivement Clovis est enterrée à la basilique de Saint-Denis juste en face d'un kebab. Et ça dit quelque chose aussi de la France d'aujourd'hui. Et c'est ce que le film tente de révéler. Il tente d'accueillir chacune des mémoires en les additionnant les unes après les autres, les unes après les autres, pour qu'aucune d'entre elles ne manque. Et peut-être qu'il y a encore des mémoires et des histoires que je n'ai pas encore identifiées, qu'on n'a pas identifiées. Et elles auront une place dans un nous que je pense et qu'on peut penser comme étant élastique. Pour moi, le nous, ce n'est pas quelque chose de figé, ce n'est pas quelque chose qui a des contours. Moi-même, je n'ai pas répondu à la question parce qu'on ne peut pas répondre à sa question et que... À la question qui était... À la question qui est, qu'est-ce que c'est que le nous ? Voilà. En fait, le nous, c'est quelque chose qui additionne tous ces récits, tous ces visages, toutes ces mémoires, toutes ces mythologies et qui n'en finit pas de les additionner, en fait. C'est pour moi quelque chose de... C'est une conviction profonde que j'ai et qui, pour moi, dit, à mon avis, politiquement, ce que sont les sociétés contemporaines. »
« Justement, il faut du temps. Il faut une qualité de regard. Il faut une qualité d'écoute. Il faut se débarrasser de ses propres fantasmes, de ses propres projections. Moi, j'ai beaucoup trop souffert de la manière dont j'étais configurée par les autres pour faire la même chose quand j'ai le pouvoir, moi-même, de produire un récit de l'autre. Et la chasse à court, c'est un exemple qui est vraiment parlant. C'est un monde qui m'est totalement inconnu, c'est un monde qui m'est totalement exotique, que j'aurais eu à loisir de caricaturer si je l'avais… »
« Justement, il faut du temps. Il faut une qualité de regard. Il faut une qualité d'écoute. Il faut se débarrasser de ses propres fantasmes, de ses propres projections. Moi, j'ai beaucoup trop souffert de la manière dont j'étais configurée par les autres pour faire la même chose quand j'ai le pouvoir, moi-même, de produire un récit de l'autre. Et la chasse à court, c'est un exemple qui est vraiment parlant. C'est un monde qui m'est totalement inconnu, c'est un monde qui m'est totalement exotique, que j'aurais eu à loisir de caricaturer si je l'avais regardé comme ça très vite. Et en fait, j'ai pris plus d'un an, finalement, ce que j'ai pu filmer en quatre jours, c'est parce que je suis venue un an, semaine après semaine, observer ce rituel. et c'est dans cette année passée auprès de Marcel qu'au fond, notre rencontre est advenue et c'est au nom de cette rencontre que j'ai pu les filmer avec une relative confiance. C'est-à-dire qu'ils savaient, de par ce temps passé auprès d'eux, que je n'étais pas là pour poser sur eux un discours. Bien sûr que j'ai une opinion sur la chasse à court, mais à ce moment-là, dans mon film, ce n'est absolument pas ça qui m'intéresse. C'est vraiment pénétré. Il y a des mondes qui resteront opaques, c'est-à-dire que l'idée du film, ce n'est pas du tout un slogan publicitaire qui vante un vivre-ensemble qui est devenu effectivement un argument marketing. C'est de dire que les mondes peuvent être opaques, mais accueillir et en fait, quelque part considérer même le plus lointain. C'est un projet qui me semble vivifiant et c'est ce que j'ai essayé de faire, y compris avec ces grands autres qui ont été pour moi la découverte de ces chasseurs »
« Il y a aussi Marcel et son petit-fils. Il y a aussi la mémoire de ces orites. Enfin, j'accueille aussi la mémoire de ces gestes anciens, hérités de l'Ancien Régime et qui existent encore tous les mardis, tous les vendredis dans les forêts de Rambouillet ou de Fontainebleau. »