Macron : c'est moi le patron ! - Les questions SMS 19.05.2017#cdanslair
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse partielle
Jean-Yves Le Drian pourrait-il devenir Premier ministre après le second tour des législatives ?
- 0:52OuverteRéponse directe
Le président désire-t-il répondre à un besoin d'autorité qui serait dans l'air du temps ?
- 1:23OuverteRéponse directe
La loi Travail fera-t-elle l'objet d'un semblant de concertation avec les syndicats ou d'un passage en force ?
- 2:13OuverteRéponse directe
Que deviennent Jean-Paul Delvoye et Jean-Louis Borloo ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Les ministres issus de la société civile seront-ils entourés, encadrés, dirigés ?
- 3:26OuverteRéponse directe
Macron sera-t-il un va-t'en-guerre comme ses prédécesseurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« On sait bien que Macron s'est plutôt fait élire par la gauche, ou en tout cas a démarré son succès présidentiel par la gauche. »
- 0:21Invité politiqueFait
« Et là, il faut qu'il fasse son succès législatif par la droite. »
- 0:28Invité politiqueChiffre
« compte tenu de son âge d'abord, parce qu'il a 70 ans »
- 0:41Invité politiqueFait
« sauf qu'Édouard Philippe venait à faire des fautes politiques majeures. »
- 1:29PrésentateurFait
« Oui, il y aura un semblant de concertation. »
- 1:46PrésentateurFait
« Il n'y a pas le temps parce que la loi d'habilitation doit être présentée rapidement au Parlement »
- 1:50PrésentateurChiffre
« pour que les ordonnances puissent être publiées, si je puis dire, décidées début août. »
- 2:45Invité politiqueChiffre
« Jean-Louis Borloo, lui, s'est réveillé 15 jours avant le premier tour. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Quand vous appelez votre ministère « ministère des armées » et pas « ministère de la défense » »
- 5:20PrésentateurFait
« Emmanuel Macron sait exactement quel Premier ministre il veut. »
- 5:28PrésentateurFait
« Il commence à parler très vite, peut-être même avant l'équipe. »
- 7:58InvitéFait
« Il semblerait qu'Emmanuel Macron veuille faire ce que Nicolas Sarkozy avait dit qu'il ferait et qu'il n'a pas fait. »
- 8:52InvitéFait
« Large victoire, je ne crois pas. »
- 9:07InvitéFait
« La République en marche est un proto-parti du président. »
- 9:26InvitéChiffre
« le scrutin majoritaire permet à une force qui fait autour de 30-35% de décrocher une majorité absolue. »
Temps de parole
- Présentateur25 %
- Invité22 %
- Présentateur 219 %
- Invité 218 %
- Emmanuel Macron16 %
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On disait à l'instant que les choses pourraient bouger après les législatives. La question est la suivante. Jean-Yves Le Drian, pourrait-il devenir Premier ministre après le second tour des législatives ?
Ce n'est pas l'objectif qui est affiché. On sait bien que Macron s'est plutôt fait élire par la gauche, ou en tout cas a démarré son succès présidentiel par la gauche. Et là, il faut qu'il fasse son succès législatif par la droite. Mais il n'y a pas une volonté de mettre Jean-Yves Le Drian, compte tenu de son âge d'abord, parce qu'il a 70 ans, compte tenu de son profil. Là, il a été un bon ministre de la Défense, on le met au Quai d'Orsay. Il n'y a pas de nécessité de remplacer Édouard Philippe, sauf qu'Édouard Philippe venait à faire des fautes politiques majeures. Mais il n'y a pas de plan secré pour mettre Jean-Yves Le Drian.
Bien. On a titré cette émission « C'est moi le patron ». Voici une question sur l'autorité, justement. Le président désire-t-il répondre à un besoin d'autorité qui serait dans l'air du temps ?
Ce besoin d'autorité, il est là. Et on voit bien qu'à travers un certain nombre de déclarations, il veut montrer aussi qui s'adresse à cette fameuse France qui n'a pas voté pour lui. Cette France un peu déboussolée, en rupture, etc. Alors, il n'a pas forcément une politique qui s'adresse à celle-là. Mais en tout cas, dans l'intention, il y a ça aussi. Mais l'image reste quand même faible par rapport à l'action elle-même.
La loi Travail fera-t-elle l'objet d'un semblant de concertation avec les syndicats ou d'un passage en force ? Oui, il y aura un semblant de concertation. C'est obligatoire de toute façon. Mais semblant. Il va y avoir, dès la semaine prochaine, les syndicats vont être reçus, en bilatéral, comme on dit. Alors, est-ce qu'il y aura un grand dialogue social organisé ? Il n'y a pas le temps. Il n'y a pas le temps parce que la loi d'habilitation doit être présentée rapidement au Parlement, quand l'Assemblée sera élue, pour que les ordonnances puissent être publiées, si je puis dire, décidées début août.
Donc, le grand dialogue social pour lequel vont plaider les syndicats, il n'y a pas matériellement le temps de l'organiser. Donc, ce sera une concertation minimum. Que deviennent Jean-Paul Delvoye et Jean-Louis Borloo ? Est-ce que quelqu'un a des nouvelles autour de la table ? Depuis qu'il a quitté le café, Jean-Louis Borloo, on l'a vu avec Jean-Paul Delvoye. C'est deux profils différents. Alors, Jean-Paul Delvoye, il s'était occupé des investitures.
Voilà, il s'est occupé des investitures. Il a rejoint assez tôt Emmanuel Macron. Il a œuvré à la composition de cette...
Il faudra un président de l'Assemblée si jamais la majorité en marche n'est pas candidat.
Jean-Louis Borloo, lui, s'est réveillé 15 jours avant le premier tour. C'est très tard, vous voulez dire ? Il s'est réveillé très tard. Il n'a jamais été dans l'aventure. Et c'est un profil qui... Et par téléphone ? Voilà.
Particulier. Les ministres issus de la société civile seront-ils entourés, encadrés, dirigés ?
Dirigés certainement, à commencer par le premier ministre et le président. Ce sont des hommes et des femmes qui viennent pas tellement du tissu associatif. Ils viennent d'organisations dans lesquelles ils ont connu ce que c'était qu'être dirigés, ce que c'est qu'être patron. Donc je ne crois pas, si vous voulez, que ces ministres de la société civile aient besoin d'un encadrement plus important que les ministres qui viennent du politique. Et c'est parfois les ministres purement politiques qui ont besoin d'être davantage encadrés que les autres.
Macron sera-t-il un va-t'en-guerre comme ses prédécesseurs ? Il est au Mali aujourd'hui.
Est-ce qu'il sera un va-t'en-guerre ? Vous savez, un président a agi en fonction des circonstances. François Hollande n'avait pas prévu d'être un va-t'en-guerre. Parce que souvenez-vous, la phrase qu'il avait dit à Jean-Yves Le Drian en le nommant à la défense, c'était « Tu nous ramènes les soldats d'Afghanistan et après tu es tranquille ». Et après, on a vu, il s'est engagé sur trois têtes d'opération. Il ne l'est pas prévu, mais il y a fait face. C'est un des points réussis de sa présidence. Emmanuel Macron ne veut pas, a priori, faire la guerre ou pas faire la guerre. Il est plutôt un peu méfiant.
Dans les débats, il a eu des phrases un peu même un peu presque méprisantes à l'égard de la proportion de François Hollande à s'engager militairement. Mais s'il y a des crises, on n'imagine pas que le président fasse autre chose que d'y faire face.
Quand vous appelez votre ministère « ministère des armées » et pas « ministère de la défense », ça traduit quand même aussi une volonté de pouvoir s'afficher comme chef militaire.
Dans sa commande-car sur les Champs-Elysées. Un gouvernement ramassé annonce-t-il une plus grande décentralisation des compétences ?
Non, je ne crois pas. Ça envoie un signal peut-être de rassemblement autour d'une logique impulsée par le président de la République. Ça envoie un second message en termes d'efficacité de l'appareil d'État. Et non pas de fragmentation de l'action publique dans de multiples domaines qui deviennent peu à peu des domaines où sont représentés avant tout les intérêts particuliers de ces domaines. Avec un gouvernement resserré, c'est plus facile sur le papier de faire prévaloir l'intérêt général.
Une bonne question. Une question vache, mais une bonne question. Édouard Philippe a-t-il choisi un seul de ses ministres ? Il a vraisemblablement dit, pour refaire le film, au soir du second tour, Emmanuel Macron sait exactement quel Premier ministre il veut. Ensuite, il commence à parler très vite, peut-être même avant l'équipe. Il est vraisemblable qu'Édouard Philippe sur les ministres de droite ait effectivement dit mot opposé quelques vétos éventuellement sur certaines personnalités qui grattaient à la porte. Vous avez des noms ? Oui, non.
Il a même reçu des candidats. Il a reçu des noms.
Allez-y.
Ils n'en ont pas eus.
Voilà. Honneur au perdant. Mais donc, oui. Et pour revenir à la question de l'équipe, ça recoupe de questions précédentes. La question est de savoir s'il sera un animateur d'équipe. Un Premier ministre, c'est aussi cela. C'est quelqu'un qui sait assurer la cohésion, qui sait animer, qui sait entourer, qui sait répondre aux sollicitations de ses ministres quand ils en ont besoin. Et là, c'est une partie de la personnalité du Premier ministre qu'on va découvrir, dont on va mesurer la surface. Cette volonté de resacraliser la fonction présidentielle signe-t-elle la fin de la politique spectacle ?
Non, parce que cette sacralisation est un spectacle. On l'a vu au moment de la passation de pouvoir. C'est une autre forme de spectacle, mais c'est de la politique spectacle aussi.
Et que lui-même, en tout cas pendant toute la campagne, a montré qu'il savait aussi très bien s'accommoder, voire utiliser les registres de la politique people.
Le chef des armées va rencontrer de futurs anciens combattants, mais il n'a pas désigné de secrétariat les concernant de secrétariat d'État. Est-ce que c'est un oubli ?
Vous savez, lorsqu'un gouvernement comporte 35-40 membres, on dit, c'est quoi ces gouvernements pléthoriques ? Il faut absolument des gouvernements resserrés. Et lorsqu'on a un gouvernement resserré, on fait la liste des compétences qui n'y sont pas. Il y a les intitulés ministériels, mais évidemment, toutes les fonctions liées à un ministère, ils sont rattachés. On sait que le logement s'est rattaché à la solidarité des territoires.
Mais justement, c'est la question suivante. Un ministère du logement ne s'imposait-il pas ?
Le logement est rattaché aux solidarités des territoires. La famille va s'en dépendre de la santé et des affaires sociales. Et donc, évidemment, les anciens combattants vont relever de la défense. Il n'y aura pas des personnels en moins dans l'administration des anciens combattants qu'il n'y en avait aujourd'hui.
Et puis, il y a un nombre de secrétaires d'État dans les gouvernements pléthoriques dont on ignorait encore l'existence quand le gouvernement est tombé. Si vous voulez, on n'a parfois pas de regrets.
Et qui n'étaient jamais de la première équipe. Que ce soit sous Sarkozy ou sous Hollande, les deux premiers gouvernements étaient des gouvernements resserrés. Et puis, viennent les législatives. Et là, commence... Et d'un seul coup, ils sont à nouveau 40.
L'inflation des postes secrétaires d'État. Il semblerait qu'Emmanuel Macron veuille faire ce que Nicolas Sarkozy avait dit qu'il ferait et qu'il n'a pas fait. À savoir nommer des secrétaires d'État sans portefeuille précis, mais en leur confiant des missions ponctuelles ou en les rattachant à un ministère pour que le ministre puisse, en tant que besoin, s'appuyer sur un secrétaire d'État.
Des secrétaires d'État volants. Avec des missions qui pourraient aller d'une discipline, si je puis dire, d'un domaine à un autre. Ça, ce sera assez extraordinaire. Je veux pas que Pascal Perrineau sourire. Ça vous plaît, les secrétaires d'État volants ?
Il faut les voir passer. Pourquoi pas ? Mais c'est vrai que le peuple français va dire quelque chose dans les législatives de la mi-juin. Et il faudra que le président de la République et le Premier ministre écoutent ce qui a été dit et le traduisent éventuellement dans des postes et des fonctions.
Gagner largement les législatives, justement. Est-ce vraiment possible pour la République en marche ? Une large victoire. Qui y croit autour de la table ?
Large victoire, je ne crois pas. Large victoire, je ne crois pas. On le voit bien d'ailleurs dans les chiffres de popularité dont on parlait tout à l'heure et dans la difficulté tout même gigantesque de créer en quelques semaines un parti du président. Parce qu'on gagne une majorité absolue avec un parti du président. La République en marche est un proto-parti du président. Est-ce qu'il aura le temps de devenir un véritable parti ?
Avec des candidats qui n'ont souvent pas d'implantation locale. C'est très important en législatif parce qu'ils feront face en revanche à des candidats qui parfois sont bien reconnus par la population. Ce n'est pas facile.
En même temps, le scrutin majoritaire permet à une force qui fait autour de 30-35% de décrocher une majorité absolue. Je pense que c'est tout à fait possible. Moi aussi. Je pense qu'il peut y avoir
un effet de souffle au-delà des étiquettes partisanes. On l'avait vu. La gauche, ça a été majoritaire à l'Assemblée en 1980. C'était avec plein de jeunes députés qui étaient inconnus localement. Mais il peut y avoir un effet de souffle.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci à l'équipe Ce soir, la Redif est à 22h40. Très bonne soirée sur France 5. A demain.
Emmanuel Macron