Arnaud Robinet : "Il y a deux droites irréconciliables au sein des Républicains"
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Et on accueille Arnaud Robinet. Bonjour M. le maire. Bonjour. Arnaud Robinet, maire LR de Reims. Vous êtes en direct du Havre où l'ancien Premier ministre Edouard Philippe va lancer aujourd'hui son nouveau parti entre les LR et la République En Marche, un nouveau parti de centre droit. Pourquoi cette nouvelle offre politique ?
Parce qu'aujourd'hui il y a un nombre d'électeurs français, de citoyens français et d'élus qui sont orphelins. Orphelins du manque d'offres politiques, en tout cas de propositions, de visions. On le voit malheureusement ce qui se passe aujourd'hui dans la famille politique LR. Aujourd'hui on a besoin en tout cas d'une formation de centre droit. Je dirais à l'image de ce qui a été l'UMP à une certaine époque, rassemblant l'ensemble des forces vives de la droite et du centre et qui porte une vision pour la France qui ne soit pas dans l'immédiateté mais qui parle de la France de demain dans les 10, 15, 20 ou 30 prochaines années. On a besoin aujourd'hui d'un moteur de ce type.
Alors une vision politique pour la France, dites-vous, pesée sur la ligne politique de la campagne d'Emmanuel Macron. Sur quel chapitre précis aimeriez-vous influencer la Macronie ?
Vous savez, je crois que la période qui serait la plus importante pour la France, et bien sûr la présidentielle, sera surtout la législative. Et il faut que l'Assemblée nationale ait une majorité, je dirais, de centre droit, de la droite et du centre, qui puissent influer sur les décisions, sur les réformes. Il nous faudra une majorité réformatrice, aussi bien sur le sujet des retraites, bien évidemment, sur la question de la dette, mais sur la question également sociétale. De nombreux sujets, en tout cas ceux qui aujourd'hui sont sur la table. Il faut pouvoir avancer, parce qu'aujourd'hui on ne peut pas rester dans cette situation, c'est-à-dire dans l'immédiateté.
Il faut véritablement porter cette vision et engager véritablement un quinquennat qui soit réformateur. Réformateur parce que c'est aussi une nécessité après la crise que nous devons traverser. Il va falloir prendre un certain nombre de mesures, certes parfois, parfois pas trop populaires, mais en tout cas il va falloir être responsable.
Alors vous souhaitez, vous venez de le dire, peser notamment sur la réforme des retraites. Dernièrement, le président Macron n'aurait pas apprécié la sortie de son ancien Premier ministre, Edouard Philippe, sur la retraite à 65-66. Pourquoi pas 67 ans ? Vous allez donc devenir un peu le poil à gratter de la Macronie. C'est ce que vous souhaitez ?
Poil à gratter, en tout cas non, ce n'est pas ce que l'on souhaite, mais en tout cas être une force de proposition sur la réforme des retraites. Il y a un constat qui est partagé par tous et toutes. Aujourd'hui, on ne peut pas rester dans cette situation. Un déséquilibre des finances du système des retraites, des inéquités qui existent vis-à-vis et par rapport notamment à ces nombreux régimes spéciaux. Il n'y a pas 36 solutions. Soit c'est diminuer les pensions ou travailler plus longtemps, bien sûr en respectant ceux et ceux qui ont travaillé très tôt.
Et dès 2010, vous savez, nous étions déjà un centre de parlementaires LR à l'époque qui disait qu'il faut aller au minimum à 65 ans si on veut garantir ce système de retraite par répartition. Donc vous voyez, aujourd'hui, la droite LR n'aborde plus ces sujets. Ces sujets ô combien importants pour l'avenir de la protection sociale en France, des retraites. Et donc aujourd'hui, la nature ayant horreur du vide, une formation et des parlementaires, des élus qui feront partie de cette formation, en tout cas, feront des propositions.
Mais Arnaud Robinet, cet exemple est vraiment intéressant sur les retraites parce qu'on a du mal à comprendre précisément ce nouveau mouvement, ce nouveau parti. Où est-ce qu'il va se situer précisément ? Parce qu'on comprend qu'il ne sera pas tout à fait La République En Marche, vu ce qu'on vient de dire sur les retraites, vraiment c'est clair. Et il ne sera pas complètement non plus Les Républicains. Sincèrement, Arnaud Robinet, est-ce qu'il y a un espace politique là, entre la REM et Les Républicains ? Il n'est pas épais, cet espace ?
On assiste et on va assister dans les semaines qui viennent et mois qui viennent en fondation de la classe politique française, du système politique français. Vous savez, je le dis avec beaucoup de peine, je regarde ce qui se passe chez mes amis Les Républicains. On a cette fracture idéologique avec une partie, on va dire, de droite modérée, centriste, humaniste, libéraux, pro-européens. Et on voit également cette tendance à partir vers la droite. Il suit de voir les propos notamment de Gilles Platret, d'Éric Ciotti et autres. Et donc il y a deux droites irréconciliables au sein des Républicains.
Et donc il y a de la place pour cette formation politique de la droite et du centre, humaniste, libéral, pro-européenne. Et moi je ne doute pas que dans les semaines qui viennent, un certain nombre de mes amis élus LR feront le pas et rejoindront cette famille politique.
Qui chez Les Républicains attend à patiemment comme ça la création de ce mouvement pour quitter LR et rejoindre Édouard Philippe ? Vous pouvez nous donner quelques noms ou pas ?
Non, je n'ai pas quelques noms à vous donner. Je laisserai à ces élus bien sûr le soin de se prononcer.
Mais vous attendez un afflux important d'élus LR qui sincèrement va quitter le parti pour rejoindre Édouard Philippe ? Oui ?
Important ou pas, je ne sais pas. Mais en tout cas, un certain nombre d'élus LR, je n'en doute pas, rejoindront cette formation politique. Des élus mais également de nombreux adhérents. Vous savez, il y a une forte attente. Moi je le vois à Reims, dans ma ville. Je n'ai pas fait de promotion pour cet événement au Havre aujourd'hui. J'ai laissé les élus de ma majorité faire un choix, faire leur choix. Je respecte le choix de chacune et de chacun. Et de façon, je dirais, personnelle, un certain nombre d'élus en tout cas, ont pris sa décision de venir au Havre pour participer à cette formation, écouter les propositions et la vision d'Édouard Philippe.
Il y a une véritable attente aujourd'hui, on le sent, lectorat de la droite et du centre est orphelin, en tout cas, de propositions et d'une formation politique qui répond à ces attentes.
Arnaud Robinet, je vous ai présenté comme le maire LR de Reims, mais est-ce qu'on peut être adhérent à LR et en même temps soutien d'Édouard Philippe ? Êtes-vous toujours LR ?
En tout cas, ce qui est clair, c'est que je suis toujours adhérent de droite.
Ce n'est pas la question, Arnaud Robinet, pardonnez-moi.
Je vais vous répondre franchement, c'est à mon habitude, je n'aime pas du tout la langue de bois. Je vous dis que je vis mes derniers jours en tant qu'adhérent des Républicains.
Alors, pour qui irez-vous voter à la prochaine présidentielle ?
Je vais être encore très franc avec vous et sans langue de bois. Je vais vous parler avec franchise. Pour moi, aujourd'hui, le moment n'est pas venu de choisir mon candidat ou ma candidate à la présidentielle. J'attends les programmes, j'attends l'ensemble des candidats déclarés. Mais il est clair que nous travaillerons avec le président élu pour créer une majorité de la droite et du centre, en tout cas qui pèse. Et si c'est Emmanuel Macron, ce sera Emmanuel Macron. Moi, ce que je souhaite, c'est un quinquennat qui soit réformateur, qui aille de l'avant et il y a peut-être aussi des choses à continuer par rapport à ce qui a été fait lors de ce premier quinquennat.
Non mais attendez, je vais vous demander un peu plus de clarté, pardonnez-moi Arnaud Robinet, que les choses soient dites. Est-ce que vous souhaitez, par exemple, comme le maire de Nice, Christian Estrosi, qui l'a dit récemment, qui est le président de la France audacieuse, dont vous êtes le porte-parole, une victoire d'Emmanuel Macron ? Parce que lui, il parle dans ces termes-là. Est-ce que vous les partagez ?
Je les partage, je les partage. Je vais être, encore une fois, affranc et en tout cas sans langue de bois. Je le dis, si Emmanuel Macron est candidat et qu'il porte un projet qui soit un projet réformateur pour la France, je soutiendrai et je voterai Emmanuel Macron. Aujourd'hui, il n'y a pas d'autre choix que lorsqu'on est de la droite et du centre. Malheureusement, l'offre des Républicains est quasi inexistante. Il y a plutôt une bagarre interne entre les différents candidats et avec d'ailleurs des candidats qui ne sont plus chez LR non plus, qui montrent en tout cas la difficulté du parti politique, malheureusement.
Et aujourd'hui, celui qui semble aller proposer en tout cas des réformes pour notre pays, qui vont dans le sens de ce que nous, élus de droite, nous avons toujours voulu faire, c'est aujourd'hui Emmanuel Macron.
Mais alors du coup, Edouard Philippe, et on l'a dit, porte quelques idées dissonantes quand même par rapport à Emmanuel Macron. Est-ce qu'il doit avoir toujours ces idées, on va dire, différentes d'Emmanuel Macron ? Et est-ce que vous souhaiteriez par exemple une candidature d'Edouard Philippe dès l'année prochaine, dès 2022 ?
Ah, moi, ça a toujours été en tout cas mon souhait, parce que je pense qu'Edouard Philippe a la stature, a les capacités d'être candidat à la présidentielle. Après, je respecte son choix. En tout cas, c'est la loyauté qui le caractérise. Il le dit très bien. Je ne peux pas être candidat ayant été trois ans et demi Premier ministre d'Emmanuel Macron.
Mais vous allez le pousser éventuellement à y aller dès 2022, alors ?
Non, vous savez, je ne peux pas critiquer ce qui se passe chez les Républicains et puis vouloir la même chose avec une division entre un président sortant et un de ses anciens premiers ministres. Donc je ne le pousserai pas. Edouard Philippe a pris sa décision. Je la respecte totalement. Après, vous savez, la vie politique, sa vie politique n'est pas terminée. En tout cas, Edouard Philippe doit peser, doit être entendu dans ce prochain quinquennat.
Il doit peut-être être aussi le poil à gratter, c'est-à-dire essayer de faire tout pour que cette future majorité ait tendance à aller vers la droite et le centre, que ce soit sur des sujets sociétaux, des sujets économiques, des sujets comme la dette, bien sûr, des sujets comme le sujet des retraites, sur la question de la sécurité, sur la question de l'immigration. Il doit, bien sûr, être un peu le poil à gratter et nous serons nombreux à le suivre dans cette direction.
Arnaud Robinet, vous avez beau dire que ce nouveau parti d'Edouard Philippe est fait pour aider le président Macron. Certains macronistes vous ont tout de même à l'œil, dans la crainte de vous voir débaucher des macronistes pour aller grossir vos rangs. Comment vous sentez-vous dans ce futur parti, déjà, d'ores et déjà, sous surveillance ?
Vous savez, moi je suis un élu dont la République En Marche n'a jamais fait de cadeau. Non, on ne se sent pas sous surveillance. L'objectif, c'est bien sûr d'élargir la majorité.
Mais comment interprétez-vous la présence de certains cadeaux de la République En Marche aujourd'hui au Harve ? Ce sont des amis, des rivaux ? Comment les considérez-vous ?
Non, il n'y a pas de rivaux. Si un jour ou l'autre, nous faisons partie de la même majorité, nous devrons travailler ensemble. Donc si nous n'avons pas des rivaux, je rappelle que Edouard Philippe a été le Premier ministre et un grand nombre des dirigeants de La République En Marche... Enfin, vous voyez bien ce que je veux en venir.
Comment rassurer ce matin, Arnaud Robinet, comment rassurer ce matin ceux qui redoutent une sorte de double jeu d'Edouard Philippe vis-à-vis d'Emmanuel Macron ?
Je crois qu'il va falloir qu'on sorte, et les responsables politiques en ont leur part de responsabilité. Mais de cette tambouille de politique politicienne, Edouard Philippe a été très clair. Et il a dit, je soutiendrai le Président de la République, je soutiendrai Emmanuel Macron, et je souhaite sa victoire en 2022. Je crois qu'il ne peut pas être plus clair. Ensuite, pour gagner, il faut aussi sûrement, en tout cas, et c'est une nécessité, élargir la base, élargir le spectre, et notamment avec une offre qui rassemble des élus, des électeurs de la droite et du centre.
Parce que, Arnaud Robinet, on a lu, ici et là, que certains députés auraient été dissuadés par les macronistes d'aller rejoindre ce parti d'Edouard Philippe. Vous-même, est-ce qu'on a essayé de vous en dissuader ?
Pas du tout. Pas du tout. Que ce soit des élus de la Macronie, que ce soit également des élus des responsables des Républicains, personne, en tout cas, ne m'a passé un coup de fil pour me dissuader d'être au Havre aujourd'hui. Mais, je suis également un homme libre, je le fais par amitié, par loyauté pour Edouard Philippe, et puis pour participer aussi à cette recomposition politique au niveau national, notamment à cette offre humaniste libérale pro-européenne.
Alors, avant que vous ne quittiez les Républicains, puisqu'on a compris ce matin, Arnaud Robinet, que vous risquiez de les quitter très très prochainement désormais, comment est-ce que vous analysez, malgré tout, ce qui se passe à droite, avec Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, qui sont en perte de vitesse, Michel Barnier, qui ne parvient pas à décoller. Qu'est-ce qu'il ne prend pas, en fait, chez les candidats LR ? Qu'est-ce qui leur manque ?
Malheureusement, je le dis avec beaucoup de peine, ce qu'on observe chez LR aujourd'hui, c'est le résultat, et ce sont les conséquences d'une dizaine d'années de non-travail. Depuis 2012, quand on regarde ce qui se passe chez les Républicains, malheureusement, la famille politique ne s'est parlé qu'à elle-même. 2012, nous perdons les élections, ensuite, il y a l'affaire, enfin, du moins, le duel et la rivalité Copé-Fillon, l'affaire Big Malion, des élections internes pour la présidence, des encore d'autres affaires, les élections des primeurs pour la présidentielle, et puis, cerise sur le gâteau, l'affaire dite Fillon.
Ensuite, depuis 2017, le parti, je le dis clairement, le parti ne s'est pas du tout adapté également au non-cumul des mandats, et est resté enfermé sur lui avec uniquement l'aide parlementaire, sans prendre en compte l'avis, en tout cas, et l'expertise des élus locaux, et pourtant, les Républicains sont les premiers à dire que nous gagnons, ou ils gagnent les élections territoriales, mais ils n'ont jamais, depuis 2017, associé les élus locaux à la réflexion. Il n'y a pas de travail. Il n'y a pas de travail de fond des Républicains aujourd'hui, malheureusement.
Il y a des réflexions, je dirais, plutôt des prises de position, qui font face à l'immédiateté, à l'actualité, mais il n'y a pas de réflexion de fond. Deux exemples, sur les questions régaliennes, sécurité et immigration, qui sont des sujets dont on doit parler, on l'a laissé, ils l'ont laissé, la droite l'a laissé à l'extrême droite. Sur les sujets économiques, notamment sur l'économie, l'entreprise, cette volonté d'entreprendre, de créer, d'innover, c'est-à-dire cette notion libérale, ou cette notion libérale, ont été laissées également à la Macronie.
Et donc, aujourd'hui, on a un parti qui est tiraillé entre la droite de la droite et le centre droit, et notamment vers Emmanuel Macron, ou, je l'espère, vers Edouard Philippe, dès demain.
Mais vous dites, par exemple, du coup, ce matin, qu'il serait peut-être préférable que la droite et l'air n'aient pas de candidats à la présidentielle ?
Enfin, est-ce qu'elle va avoir un ou deux candidats aujourd'hui ? Nous ne le savons pas. En tout cas, ce qui est clair, c'est que la situation est très, très, très compliquée. Et moi, j'appelle l'ensemble des élus, les Républicains, qui partagent cette sensibilité, je le redis, pro-européenne, libérale, humaniste, et qui souhaitent un pays qui porte des réformes, un gouvernement qui porte des réformes de la lumière, à venir rejoindre l'information Edouard Philippe. Vous savez, on était un certain nombre de maires hier soir, on a vraiment ressenti cette notion de famille. Quand on dit famille politique, la notion de famille a une notion toute particulière.
On va bien comprendre que vous cherchez à faire un peu la retable ce matin, mais on a bien compris, vous n'avez bien passé le message.
Je suis maire, et ce n'est pas mon rôle de faire la retable.
Vous disiez à l'instant que la droite, notamment celle de Christian Jacob, n'avait pas assez travaillé. Et vous avez parlé du non-cumul des mandats. Le non-cumul des mandats, c'est justement une proposition, la réforme du non-cumul des mandats, sur laquelle pourrait réfléchir Richard Ferrand, il l'a dit hier. Ça fait partie du genre de contribution que vous pourriez apporter avec le nouveau parti d'Edouard Philippe ?
Non, je vais être très clair, je pense qu'on ne reviendra jamais sur le non-cumul des mandats. Celui-ci, on ne reviendra jamais. Par contre...
Pourquoi ? Parce que c'est trop compliqué vis-à-vis de l'électorat, vis-à-vis des Français ?
Oui, je pense que c'est compliqué. Et à l'époque, lors du vote de la loi et de cette réforme, il y a peut-être manqué de pédagogie auprès de nos concitoyens, mais je ne suis pas sûr que ce soit en tout cas une des priorités aujourd'hui. Par contre, qu'on parle plus de décentralisation, que l'on puisse associer les élus locaux, notamment au sein des formations politiques, mais également peut-être, et ça je dis à titre personnel, faire du Sénat peut-être la chambre des élus locaux, c'est-à-dire, ce ne sont pas des élections, mais des représentants, ce sont peut-être des réflexions que l'on peut mener.
Mais revenir sur le non-cumul des mandats, je pense que ce serait indécent vis-à-vis des Français.
Alors ça, effectivement, ce sont vos propositions. J'en profite pour rebondir sur la crise sanitaire. Les communes ont été vraiment devant, au premier plan, les maires en particulier, qui ont dû inventer, trouver des solutions. Est-ce que vous demandez ce matin des compensations financières ?
Il y a des compensations financières sur les mesures, pas que l'on a prises, mais que l'État a prises, et là où les collectivités se sont substituées à l'État, sur la question des masques, la question des centres de vaccination, bien sûr que là, on doit être compensé. Par contre, sur des mesures qui sont issues uniquement de décisions politiques, à Reims, il s'agit de prendre un nombre de décisions, parce que je pouvais le faire, vu la situation financière de la ville, la non-verbalisation, le non-paiement de l'occupation du domaine public, des subventions aux associations, ça, ce sont des choix politiques que nous devons assumer.
Vous savez, on ne peut pas demander plus de décentralisation, plus de responsabilisation, et toujours demander, attendre tout de l'État. Oui, lorsque les collectivités sont substituées à l'État, bien sûr que l'État doit compenser.
Ça représente combien ? Ça représente combien à peu près pour une ville comme Reims, 200 000 habitants, 12e ville de France ?
Pour une ville comme Reims, qui a eu des dépenses exceptionnelles, et bien sûr des non-recettes, l'année, si je me base sur la première année Covid, c'est-à-dire l'année 2020, ça représente entre 8 et 10 millions d'euros.
Une dernière question sur le renouvellement à l'AMF de la présidence. François Baroin quitte l'association des maires de France, il a décidé de ne pas demander un troisième mandat. Deux candidats sont en lice. David Lysnard, c'est le choix de François Baroin, c'est un homme de droite, c'est un homme des Républicains. Et puis, Philippe Laurent, qui lui est UDI. Qu'est-ce que vous choisissez entre les deux ? Vous allez soutenir qui, vous ?
Philippe Laurent, d'ailleurs je suis sur sa liste du comité directeur, mais au-delà d'être candidat à ses côtés, moi j'ai été un peu surpris de la méthode, de la méthode du président sortant, et puis de cet alliage avec également M. Léniel, et que l'AMF ne doit pas être un outil en tout cas politique au sens politicien, ça doit être un outil plutôt de réflexion sur l'avenir et le rôle des collectivités locales.
Mais Philippe Laurent, il est effectivement très proche de l'exécutif, est-ce que c'est bien ou pas pour défendre les maires ?
Philippe Laurent, pour moi, il est maire de Sceaux, je le connais d'ailleurs, je suis son premier vice-président à Centrouille en mouvement, je n'ai pas l'impression que ce soit un pion de la Macronie ou du président. Cette volonté de soutenir Philippe Laurent s'est faite avec des maires, avec des élus, parce qu'on voulait dénoncer cette méthode et que l'AMF doit être un outil de réflexion au service des collectivités et non pas au service d'ambition personnelle.
Merci Arnaud Robinet que l'on présente une dernière fois comme maire LR de Reims et qui abandonnera donc le parti des Républicains ce matin pour aller rejoindre le nouveau parti d'Edouard Philippe. Tiens, au fait, vous avez le nom du nouveau parti d'Edouard Philippe ?
Pas du tout et c'était justement la grande question hier entre les collègues ici présents. C'est le grand secret et vous le sauront tout à l'heure. Merci Arnaud Robinet et bonne journée.
Arnaud Robinet