Ces épidémies qui inquiètent les agriculteurs... et l'OMS - C dans l’air - 15.12.2025
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que la dermatose nodulaire contagieuse?
- 3:00OuverteRéponse directe
Comment ce genre de situations sont gérées?
- 5:00OuverteRéponse directe
Vous pensez que c'est ça? On va parler du Mercosur et de toutes les raisons qui mettent les agriculteurs en colère.
- 7:00OuverteRéponse directe
Justement, question.
- 9:00OuverteRéponse directe
Quel serait le risque à laisser se propager la maladie?
- 11:00RelanceRéponse partielle
Pour faire écho à ce que suggère cette question, par rapport au Mercosur...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00O.DétroyatFait
« Cette maladie est apparue il y a plusieurs décennies en Afrique et est remontée progressivement en Europe. Le 1er cas en France, c'était le 29 juin en Savoie. »
- 4:00F.DenhezFait
« Il n'y a pas d'autre moyen d'éradiquer cette maladie, qui est vectorielle et qui met 3 semaines à se transmettre. »
- 6:00N.BerrodFait
« La vaccination a été élargie. Elle est importante et utile, mais elle met 21 jours à être efficace. »
- 8:00G.MackeChiffre
« Normalement, oui, à hauteur de 2000 euros pour un bovin de plus de 2 ans et 1500 euros pour un bovin de moins de 2 ans. »
- 10:00F.DenhezFait
« Un troupeau, c'est en moyenne une dizaine d'années. On fait des croisements, on améliore la génétique... Pour des races un peu rustiques ou difficiles, c'est 10, 20 ou 30 ans de travail. »
- 14:00N.BerrodFait
« Il y a eu la même stratégie de dépeuplement pendant plusieurs années, très massive, plusieurs dizaines de millions d'animaux euthanasiés. »
- 16:00O.DétroyatFait
« La grippe aviaire est présente partout dans le monde, avec désormais des cas de transmission à l'homme. H5N5, qui a déjà fait des victimes et fait l'objet d'une surveillance très étroite, y compris en France, avec un taux de mortalité évalué à 50 %. »
- 20:00O.DétroyatChiffre
« Vacciner tout le cheptel, c'est 20 millions d'euros. »
- 26:00O.DétroyatFait
« On a fait le choix, en 2017, notamment après les Etats généraux de l'alimentation, qui avaient été impulsés par E.Macron, de faire monter en gamme l'agriculture. »
- 28:00N.BerrodChiffre
« Le taux de vaccination des enfants américains contre la rougeole, la rubéole et les oreillons est passé sous les 92,5 %, soit en dessous du seuil permettant l'immunité collective. »
- 30:00F.DenhezFait
« Ils font semblant d'avoir de l'empathie. Je n'ai pas connu le RN, M.Tondelier et J.-L.Mélenchon amoureux des agriculteurs. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Avec Président. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. La colère est partie comme une traînée de poudre ce week-end. L'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, qui a conduit à l'abattage de nombreuses bêtes, ne passe pas.
La Confédération paysanne évoque l'extermination de vaches et de paysans, conteste des mesures de précaution excessives et demande une vaccination généralisée des Français. La ministre de l'Agriculture a estimé ce matin que la situation est sous contrôle. L'inquiétude monte sur une autre épidémie, qui touche les volailles.
La grippe aviaire est présente partout dans le monde, avec désormais des cas de transmission à l'homme. H5N5, qui a déjà fait des victimes et fait l'objet d'une surveillance très étroite, y compris en France, avec un taux de mortalité évalué à 50 %. Nous en parlerons aussi ce soir.
Avec nous pour en parler, F.Denhez, journaliste spécialiste des questions environnementales et chroniqueur pour "Marianne". N.Berrod, vous êtes journaliste, chef-adjoint adjoint du service santé et sciences au "Parisien".
Je rappelle votre enquête: "Une pandémie est possible: la grippe aviaire, le virus qui menace la planète". Nous allons y revenir. G.Macke, vous êtes directrice déléguée de la rédaction de "Challenges".
A paraître jeudi, un reportage montrant la réaction du monde agricole face au Mercosur. O.Détroyat, vous êtes journaliste économique pour "Le Figaro", spécialiste consommation et agriculture.
Merci à tous les 4 de participer à cette émission. Déjà, un mot sur cette épidémie. Qu'est-ce que la dermatose nodulaire contagieuse? - O.Détroyat: Comme son nom l'indique, c'est très contagieux.
Cette maladie est apparue il y a plusieurs décennies en Afrique et est remontée progressivement en Europe. Le 1er cas en France, c'était le 29 juin en Savoie. Ca se caractérise par des fièvres chez l'animal et des nodules, une baisse de la lactation également.
C'est très contagieux mais relativement peu mortel, autour de 10 % de mortalité chez les animaux touchés. La difficulté, c'est que pour contenir cette maladie, la stratégie sanitaire choisie a été d'abattre totalement tout le troupeau avec un cas contaminé. Il y en a aujourd'hui un peu plus d'une centaine en France. - C.Roux: Il y a 130 foyers. 3300 bovins ont été abattus.
Le cheptel français, c'est 15 millions. On va revenir au noeud du problème, à la méthode sanitaire choisie pour contenir l'épidémie. C'est assez radical.
C'est pas imposé uniquement par la France. Comment ce genre de situations sont gérées? - F.Denhez: Dans tous les pays du monde, c'est jamais la même façon.
Les vétérinaires vous disent partout la même chose: il n'y a pas d'autre moyen d'éradiquer cette maladie, qui est vectorielle et qui met 3 semaines à se transmettre. Le virus responsable, c'est la même famille que pour la variole, pour vous donner une idée de la contagiosité, de la morbidité et, en définitive, de la mortalité. Un petit nodule sur une vache dont la surface fait 2 à 3 m2, c'est déjà trop tard et on ne sait pas si les voisines sont contaminées.
En plus, ça peut être transmis par une mouche, un moustique...
Tous les vétérinaires que j'ai interrogés m'ont dit qu'il fallait vacciner tous les troupeaux. Le calcul coût/bénéfice, c'est soit on tue 20 000 vaches, soit on laisse faire et c'est 20 000 veaux potentiellement touchés. On tue et on met un cordon sanitaire jusqu'à 50 km autour des fermes contaminées.
On vaccine à fond et on regarde ce qu'il se passe. Il faudra peut-être abattre encore. Mais en Savoie et en Haute-Savoie, tout d'un coup...
Annuellement, il faut faire une catharsis agricole. - C.Roux: Vous pensez que c'est ça?
On va parler du Mercosur et de toutes les raisons qui mettent les agriculteurs en colère. Il y en a. C'est la goutte d'eau? - F.Denhez: C'est la goutte d'eau, le bâton totem qu'on enfonce.
Il faut décharger la colère agricole. Ca va retomber, rien n'aura changé, et on recommencera l'an prochain avec autre chose. - N.Berrod: La vaccination a été élargie.
Elle est importante et utile, mais elle met 21 jours à être efficace. On vaccine les bêtes pour limiter la propagation du virus, mais ce n'est pas efficace du jour au lendemain. La vaccination ne suffit donc pas.
Les autorités parlent de "dépeuplement". C'est un peu moins péjoratif, mais on abat les bêtes. C'est le terme officiel...
On limite les transports. Il y a une demande sur la vaccination par certains syndicats de vacciner tout le cheptel français. Mais la France perdrait automatiquement son statut de pays indemne.
Ca aurait des impacts sur les exportations. C'est pour ça que les autorités refusent pour l'instant. L'exemple de cet été en Savoie montre qu'on peut parvenir, localement, en respectant le protocole sanitaire vaccination, abattage et restriction des déplacements, à contenir la maladie.
Les signaux laissent entendre qu'on pourrait la juguler dans le Sud-Ouest. Ca mettra du temps. En Savoie, il y a aussi eu des contestations.
C'était moins vif qu'aujourd'hui, mais on en a parlé au moment du Tour de France. Des agriculteurs refusaient...
L'exemple de la Savoie donne de l'espoir. - G.Macke: Les syndicats veulent une vaccination plus générale, mais ils sont aussi exportateurs...
Ca crée une situation économique compliquée à l'export. Des marchés se ferment... - C.Roux: Parce que les bêtes sont vaccinées? - G.Macke: Parce que ça donne à la France le statut de pays dans lequel la maladie existe et se propage.
Les pays exportateurs préfèrent fermer le marché à la France. Par ailleurs, il y a un sujet. Quand les bêtes sont vaccinées et qu'elles sont quand même contaminées à cause de la période d'incubation, les agriculteurs ne sont plus indemnisés.
Dans les campagnes d'abattage, ils sont indemnisés. - C.Roux: Justement, question. - G.Macke: Normalement, oui, à hauteur de 2000 euros pour un bovin de plus de 2 ans et 1500 euros pour un bovin de moins de 2 ans. - C.Roux: C'est quand même une perte de revenus pour eux? - G.Macke: A.Genevard jure que ce sont les prix du marché et qu'ils ne perdent pas 1 euro.
Ce n'est pas le seul sujet pour l'agriculteur. C'est ultra violent. C'est du travail.
C'est ses bêtes, le fruit de son travail. Voir une brigade débarquer et embarquer, tuer tout son cheptel, c'est très fort. Je suis pas sûre que l'enjeu soit surtout financier.
Il est plus psychologique. - C.Roux: Il faut peut-être s'arrêter sur cet aspect. "Dépeuplement", c'est un mot un peu techno pour parler d'abattre un troupeau.
C'est violent, quand c'est des heures passées chaque jour à s'en occuper. - F.Denhez: C'est psychologique et sentimental.
On indemnise des bêtes, donc des éleveurs vont reconstituer leurs troupeaux, mais ça suffit pas. Un troupeau, c'est en moyenne une dizaine d'années. On fait des croisements, on améliore la génétique...
Pour des races un peu rustiques ou difficiles, c'est 10, 20 ou 30 ans de travail pour aboutir à ce qui fait la qualité française en termes de viande ou de lait cru. Ca se reconstitue pas en 6 mois. Reconstituer un troupeau ne suffira pas pour reconstituer ce qui fait le troupeau en soi, sa génétique. - G.Macke: En plus, pour les races rares, si on éradique un troupeau, on perd la race. - O.Détroyat: On peut faire un parallèle avec la grippe aviaire.
Il y a eu la même stratégie de dépeuplement pendant plusieurs années, très massive, plusieurs dizaines de millions d'animaux euthanasiés. Ca avait suscité beaucoup d'émoi, mais le rapport d'un éleveur bovin à ses animaux...
On donne un nom à une vache. On ne le fait pas dans les élevages de volailles. Ca explique beaucoup de l'émoi.
Pour les volailles, on peut rapidement reprendre une marche économique normale. Les élevages bovins, c'est beaucoup plus long. Ca explique l'émoi sur cette situation.
D'autant que ça arrive dans une région, l'Occitanie, qui cumule un peu tous les maux agricoles. Il y a eu 2 ans de sécheresse, la crise de la viticulture, la crise céréalière...
Des promesses n'ont pas été tenues, d'où cette cristallisation de la colère et de l'émoi agricole. Au vu des chiffres, on dirait que le virus est aux portes de tous les élevages. Ce n'est pas le cas. - C.Roux: Il y a eu des derniers cas dans l'Aude. - O.Détroyat: Hier.
La ministre de l'Agriculture dit que c'est sous contrôle. Comme la période d'incubation est de 28 jours, même les animaux vaccinés dans les zones réglementées peuvent être porteurs du virus. - C.Roux: Tous les syndicats ne sont pas d'accord sur l'attitude à avoir.
Je parlais de la Confédération paysanne, mais c'est la Coordination rurale qui conduit la partie la plus... - G.Macke: Les 2. - F.Denhez: Les 2 syndicats ennemis se sont mis d'accord avec des arguments qui surprennent.
Ils semblent oublier la base de ce que sont un élevage et la science. - C.Roux: Et la FNSEA est de l'autre côté.
On va en parler. - F.Denhez: Et les Jeunes Agriculteurs. - C.Roux: On va faire un point.
On les retrouve généralement côte à côte dans leurs combats. Sur le Mercosur, par exemple... - O.Détroyat: Le réseau syndical est uni. - C.Roux: Les raisons de la colère sont multiples.
Mercosur, normes européennes, difficultés à vivre de son travail...
Dans ce contexte, l'épidémie de dermatose nodulaire vient frapper un secteur déjà en difficulté. La consigne d'abattre un troupeau en cas de contamination a mis le feu aux poudres. Blocages et mobilisations dans les régions frappées. - Le risque de l'embrasement...
Des agriculteurs prêts à tout pour protéger leur cheptel. Affrontements musclés jeudi soir avec les forces de l'ordre. - Assassins! - Tracteurs et bottes de paille encore aujourd'hui sur l'autoroute A64.
L'épidémie de dermatose nodulaire réveille la colère des éleveurs. - Quitter l'autoroute, c'est hors de question. C'est notre endroit, notre base.
Notre association est née sous ce pont. On a mis des sapins. On est prêts à y faire les fêtes. - Depuis son apparition dans l'Hexagone en juin, le virus s'est propagé dans 11 départements.
Une diffusion rapide, obligeant la ministre de l'Agriculture à lancer une campagne de vaccination massive. - A.Genevard: Ma responsabilité est de protéger l'élevage français.
On a 16 millions de bovins. Cette maladie est terriblement mortelle pour 10 % du cheptel. Il faut bien que chacun ait conscience que l'ennemi, c'est le virus.
Il va y avoir le respect des consignes. - En cas de contamination ne serait-ce que d'un seul bovin, le protocole sanitaire prévoit l'abattage total du cheptel touché par la maladie, même des vaches non contaminées. C'est ce dernier point qui cristallise la colère, même si le principal syndicat des agriculteurs, la FNSEA, soutient le gouvernement. - A.Rousseau: La FNSEA continue à apporter son concours au consensus scientifique, même si c'est une douleur chez les éleveurs.
Pour ça, il faut la meilleure contribution scientifique. - Mais sur les réseaux, la dermatose nodulaire ravive la défiance et les théories complotistes. ...
La stratégie sanitaire déployée par le gouvernement est également sous le feu des critiques de l'opposition. - J.Bardella: J'ai été un peu heurté par la méthode très brutale par laquelle cette maladie est contenue, avec une forme de dureté à l'égard du monde agricole.
Le gouvernement aurait gagné à davantage de concertation. - M.Tondelier: Là où nous ne sommes pas d'accord avec ce qui s'est passé en soutien des agriculteurs, c'est qu'on ne peut pas, sans discernement, sans prendre en compte les spécificités, abattre systématiquement les troupeaux. - Hier soir, veillée d'armes en Haute-Garonne.
Ces agriculteurs sont venus protéger cette exploitation, suspectée d'être infectée. Au coin du feu, la colère dépasse l'épidémie. - Il y a une détresse.
On n'a pas de revenus. On vit avec 500 euros par mois. On vit avec le RSA, la prime d'activité, et on vient nous abattre nos troupeaux?
Mais vous comprenez bien le sentiment d'injustice et de décalage qu'il peut y avoir! - Les politiques sont à côté de leurs pompes. Ils pédalent à côté du vélo.
Ils sont déconnectés de la réalité du monde agricole. Quand il n'y aura plus d'agriculteurs en France, je ne sais pas ce que vous allez manger. A part peut-être des produits chimiques...
Des steaks hachés en plastique... - La Coordination rurale, l'un des syndicats agricoles qui mènent la fronde sur le terrain, annonce déjà un durcissement des actions dans les prochains jours. - C.Roux: Un mot sur les blocages.
La Coordination rurale annonce un durcissement des actions. Peut-on parler de mobilisation dans l'ensemble du pays? C'est davantage dans le Sud-Ouest, dans les régions touchées.
Ils demandent quoi, là, tout de suite, pour mettre fin aux blocages? Qu'on change de stratégie? - O.Détroyat: Qu'on change la stratégie sanitaire pour adopter une stratégie de vaccination totale, généralisée du cheptel.
C'est compliqué, d'abord parce que ça coûte cher, et parce que ça va fermer un certain nombre de marchés à l'export. Pour une filière bovine très exportatrice, notamment sur les broutards, les jeunes veaux qu'on envoie en Italie, ça peut avoir un impact économique majeur. 3e sujet: la disponibilité des vaccins.
Ils n'arrivent pas au compte-goutte, mais il n'y a pas les millions nécessaires. Il faudra travailler là où il y a besoin et selon les disponibilités des vaccins pour contenir, enrayer la maladie là où elle est. - C.Roux: Vacciner tout le cheptel, c'est 20 millions d'euros. - O.Détroyat: Selon les estimations de la FNSEA, ça a déjà coûté 20 millions d'euros. - G.Macke: On n'a vacciné que moins de 1 million de bovins. - O.Détroyat: Ce sera probablement beaucoup plus.
La Coordination rurale disait que le coût de l'abattage et les pertes pour les agriculteurs sont chiffrés entre 60 et 100 millions d'euros, à date. - C.Roux: On a bien vu la brutalité dans le reportage.
Cette jeune femme disait: "On n'a déjà pas grand-chose et ils viennent prendre notre cheptel et nos bêtes." - F.Denhez: Si ça n'avait pas été la dermatose, ça aurait été autre chose.
Il faut trouver un vecteur pour épancher la colère, la frustration, le sentiment de ne pas exister. Dans l'imaginaire collectif, les éleveurs n'existent plus. C'est un métier qui disparaît.
Si on continue à ne pas les soutenir, dans 10 ans, il n'y a plus un éleveur en France. Il y a un mal-être phénoménal. En caricaturant, c'est plus facile de s'en prendre l'an dernier à l'OFB et cette année aux vétérinaires, plutôt qu'à ceux qui sont la cause de leur malheur, la grande distribution, les grandes coopératives agricoles et l'agroalimentaire. - C.Roux: Donc si A.Genevard ne décide pas d'une vaccination de l'ensemble du cheptel, la colère risque de durer? - O.Détroyat: D'autant qu'on a une échéance importante en fin de semaine: la signature du Mercosur. - N.Berrod: Quand bien même la dermatose est contrôlée, il y a d'autres sujets.
En termes de stocks, on parle d'un vaccin d'un laboratoire sud-africain, mais il y a la Suisse, d'autres pays qui peuvent être touchés par ces épizooties. Les vétérinaires sont nombreux à témoigner qu'ils sont mal reçus, que c'est compliqué, alors qu'ils sont là pour appliquer un protocole scientifique qui n'a pas été établi par 3 hauts fonctionnaires dans un cabinet ministériel. Il a été... - C.Roux: Vous mettez le doigt sur un point sensible: "On nous impose de Paris, de Bruxelles, des règles qui ne sont pas faites pour nous et pas les bonnes." - F.Denhez: Profitant de la dermatose, une petite partie des syndicats agricoles jouent de manière poujadiste sur "la dermatose, c'est les vétos, Bruxelles, Paris, les journalistes, les écolos", et on en vient à un discours naturaliste au sens premier.
Quand M.Tondelier contredit l'action des vétérinaires, c'est assez fou. C'est surfait sur un principe de naturalité. "Il faut laisser aux troupeaux le temps de développer une immunité naturelle." Il y a 5 ans, ils disaient pas la même chose du covid.
C'est la même logique. Je caricature davantage: "C'est le grand capital et les sachants qui nous imposent cela. C'est la preuve qu'on est dans une société hors-sol qui veut nous imposer des vaccins venus de la grande industrie.
Revenons à la nature, laissons l'immunité se développer." Là, c'est 15 millions de bestiaux qui devront peut-être être abattus. - C.Roux: J.Bardella, interrogé sur le sujet, parlait de "méthode brutale" et de "dureté à l'égard du monde agricole". - N.Berrod: Sur les réseaux sociaux, d'anciens scientifiques qui ont changé de bord, des personnalités politiques qui ont surfé sur le complotisme pendant le covid, sont les mêmes qui remettent en cause le protocole sanitaire de vaccination et d'abattage.
Ca reste sur les réseaux sociaux, donc concentré sur ces plateformes. Mais c'est frappant de voir que surfant sur la même dynamique, les mêmes contestations et inquiétudes que pendant le covid, les mêmes qui, je pense, n'ont jamais travaillé sur la santé des animaux, remettent en cause cela. Des gens sur le terrain surfent là-dessus. - C.Roux: Quel serait le risque à laisser se propager la maladie? - N.Berrod: Déjà, avec un taux de mortalité autour de 10 %, la maladie peut être grave pour les bovins.
Si des centaines de milliers de bovins décèdent, ce serait dramatique pour les éleveurs, la consommation, les importations. Ce n'est pas une épizootie anodine, d'où ce protocole qui est certes violent et important. - C.Roux: Question. - NON. - F.Denhez: Si on avait le statut de pays non indemne, nos laits et nos viandes pourraient être vecteurs de la maladie.
Mais on peut manger une viande, boire un lait, manger un fromage issu d'une vache...
Les éleveurs et certains politiques disent que ce n'est pas grave. Si, c'est grave. Les vaches en souffrent énormément.
J'en ai vu, c'est pas joli à voir. - N.Berrod: C'est pas dangereux de manger de la viande, la maladie n'est pas transmissible à l'homme. - C.Roux: On va en venir à la grippe aviaire, où c'est un peu différent.
Comment la maladie passe de la Savoie à l'Aube? - O.Détroyat: Ca se transmet par des taons qui piquent une vache contaminée et la transmettent à une autre vache.
C'est pour ça qu'on a déterminé un périmètre de 50 km pour éviter que les mouches et les insectes transmettent. A partir du moment où on retrouve la maladie 50 ou 100 km plus loin, certains partent du principe qu'une partie des éleveurs ne respectent pas les interdictions de mouvement et ont transporté leurs bêtes en dehors des zones sanitaires. La question n'est pas sur la stratégie vaccinale, mais sur le respect des règles. - G.Macke: Le risque est d'autant plus grand que des éleveurs voient des symptômes se produire et ne le déclarent pas. - C.Roux: Pour garder leur troupeau. - O.Détroyat: Pour garder leur cheptel en se disant, surtout s'il y a une sorte de défiance face à l'idée, que ça va être terrible et que tout le troupeau va y passer...
Je pense qu'il y aura ce phénomène, et donc une espèce de contamination insidieuse, non visible, qui risque d'aggraver la situation. - F.Denhez: Et des contaminations par les mobilisations elles-mêmes.
Un véto me disait que quand il voyait autant d'éleveurs sur un barrage, ils devenaient potentiellement vecteurs de la maladie. La salive d'une vache contaminée se dépose sur la terre qu'on transporte chez soi par ses bottes. C'est classique dans le monde agricole.
Une vache n'est pas bien, on appelle le maquignon, qui se dépêche de l'acheter et de la vendre à toute vitesse. - C.Roux: Question. - F.Denhez: Alors là... - C.Roux: Vous avez le droit de ne pas répondre.
Prenez le temps de réfléchir. Pour faire écho à ce que suggère cette question, par rapport au Mercosur...
Tout un tas de gens expliquent que tout ça est organisé pour préparer l'arrivée de la viande des pays d'Amérique latine et du Mercosur. F.Philippot dit ceci.
Question. - N.Berrod: On parle du Mercosur depuis des années.
On aurait pu nous dire ça à un autre moment. Quand c'est arrivé en Savoie, on ne disait pas ça, en juillet... - C.Roux: On est dans la dernière ligne droite.
U.von der Leyen explique qu'elle ira au Brésil en fin de semaine pour signer ce traité du Mercosur, dont la France continue de dire qu'il ne répond pas à tous les objectifs. C'est aussi ça, la colère des agriculteurs.
C'était aussi sur les banderoles cet après-midi. - O.Détroyat: Les étincelles de la colère agricole que l'on connaît depuis plus d'un an et demi sont toujours là.
Il suffit du moindre sujet pour que le feu reprenne. On a ce sujet du Mercosur qui arrive sur sa dernière ligne droite. Il faut que les Etats membres ratifient ou non cet accord.
La France signifie son désaccord en l'état, mais elle est bien seule. L'enjeu, puisque l'accord a été signé par la Commission européenne, est de savoir si la France réussira à trouver une minorité de blocage suffisante pour s'opposer à cet accord. On parle beaucoup des clauses de sauvegarde, des mesures miroir.
On ne veut plus réouvrir les négociations autour de ces sujets, puisque l'accord a été entériné par la Commission européenne. - C.Roux: La question est si la France pourra retarder l'entrée en vigueur du Mercosur? - O.Détroyat: Exactement. - G.Macke: Il est fort probable que la France...
Le compte n'y est pas. Quand on regarde les chiffres, ça va pas le faire. Le pays est affaibli par la situation politique.
E.Macron a donné des signes mitigés. Quand il est à l'étranger, il semble conciliant.
Quand il revient en France, il revient en arrière. Il ne semble pas toujours complètement aligné avec sa ministre de l'Agriculture. Bon...
Dans cette histoire d'accord du Mercosur, il n'y a pas que les éleveurs. D'autres agriculteurs peuvent avoir intérêt à cet accord de la France avec le Mercosur. Je pense notamment aux viticulteurs, qui sont aussi en crise.
Ils arrachent les pieds de vigne. Ils sont dans une crise de la consommation. - O.Détroyat: Les produits laitiers. - G.Macke: Oui, les producteurs laitiers... - C.Roux: Certains peuvent y voir un avantage.
L'agriculture française a-t-elle plus à perdre qu'à gagner sur le traité de libre-échange du Mercosur? - G.Macke: En tout cas, les éleveurs de bovins, oui.
Ils vont avoir des quotas assez lourds qui vont arriver en Europe et concurrencer directement les éleveurs bovins. Mais ça ne concerne pas toute l'agriculture française. Rappelons qu'en France, parce qu'on est la 1re puissance agricole d'Europe et qu'on est confrontés à cette colère forte des agriculteurs, on n'y voit que le volet agricole.
Mais le Mercosur est un accord très large qui donne accès, sans droits de douane, pour pratiquement tous les produits industriels manufacturés d'Europe... - C.Roux: Dont les voitures allemandes. - G.Macke: Et les cosmétiques français, la pharmacie française...
Discrètement, le patron du Medef est pour cet accord. - O.Détroyat: C'est un marché de 750 millions d'habitants.
Les taxes de D.Trump touchent tous les pays européens. Une enquête a été lancée sur les produits français. - C.Roux: Si la France n'arrive pas à ralentir le rythme sur l'entrée en application du Mercosur...
Un rendez-vous est prévu avec U.von der Leyen au Brésil. Ca pourrait aggraver la situation de colère des agriculteurs?
Au sommet de l'Etat, on surveille de très près ces quelques jours pour ces raisons? - O.Détroyat: La FNSEA se dit plutôt pour l'abattage.
Ca a permis de contenir la colère. Le front syndical FNSEA, Coordination rurale et Confédération paysanne est assez unanime. - F.Denhez: Si je me fais l'avocat du diable, l'accord de libre-échange signé il y a quelques années avec l'Amérique du Nord a été accusé des mêmes maux, et finalement, il n'y a pas eu grandes conséquences pour l'agriculture.
Les produits estampillés IGP et AOC, ça se vend bien. On avait craint l'arrivée massive de boeuf aux hormones. Les Canadiens ont renoncé à en exporter.
Il pourrait se passer la même chose avec le Mercosur. Mais c'est un symbole. Les agriculteurs ont le sentiment d'être tellement peu considérés qu'ils ne servent que de variable d'ajustement pour vendre de la machine-outil. - C.Roux: Ils disent de nouveau que nous avons des normes sanitaires très élevées, on le voit avec cette épidémie, et que, de l'autre côté, on va importer des marchandises avec une baisse des normes de qualité, notamment sur la viande.
Concurrence déloyale, disent les agriculteurs français. - F.Denhez: A priori, il y aura des clauses miroirs et les Brésiliens devront se mettre à nos normes.
Les agriculteurs savaient que ça dépendra des contrôles et que tout sera sur un régime déclaratif. C'est la confiance qui est rompue. - G.Macke: On imagine mal des inspecteurs de la Commission européenne qui iraient visiter des fermes au Brésil et en Argentine pour vérifier que les normes sont respectées.
Quelles que soient les clauses miroirs que l'on met, la question, c'est quelle brigade, quels moyens pour les contrôler. Dans les faits, c'est pas ce qui se passe. - C.Roux: Donc ils ont des raisons d'avoir des craintes? - G.Macke: Oui, parce qu'il y a eu des précédents.
On a souhaité aider l'Ukraine et on a ouvert le marché européen, notamment pour les poulets. Il y a eu un effet déstabilisateur sur le marché. Ces poulets ne respectaient pas forcément les normes de qualité européennes. - C.Roux: Le sujet va devenir très politique.
B.Retailleau appelle E.Macron à sortir de l'ambiguïté sur le Mercosur.
Le gouvernement français dit qu'à ce stade, le compte n'y est pas pour protéger les agriculteurs français, que les exigences françaises ne sont pas remplies. Cette déclaration considère qu'on n'a pas encore les clauses miroirs qu'on attendait. - G.Macke: Ca vient de l'Elysée ou du ministre de l'Agriculture?
Ils ne disent pas la même chose. - C.Roux: Qui est pour?
Qui est contre? - G.Macke: E.Macron a semblé s'être beaucoup attendri sur le sujet.
Dans l'histoire, il était contre. Depuis un an, on entend une petite musique un peu différente. A.Genevard, elle, est vraiment la ministre des agriculteurs. - C.Roux: Sachant qu'il pourrait y avoir une crise européenne derrière.
Des pays poussent au Mercosur, dont l'Allemagne et l'Espagne. La France fait partie des pays qui freinent. Il pourrait y avoir une crise au niveau européen s'il n'y a pas de compromis. - G.Macke: Il y a un agacement dans certain nombre de partenaires européens.
L'Allemagne est en récession depuis 2 ans. - C.Roux: C'est un scénario qui donne des sueurs froides aux agences de santé mondiales: le passage à l'homme du virus de la grippe aviaire.
Le virus H5N5 circule partout dans le monde. On dénombre une vingtaine de décès, selon l'OMS. Le risque est une mutation du virus qui deviendrait transmissible de l'homme à l'homme, avec un taux de létalité de 50 %. - Une personne infectée par la grippe aviaire vient de décéder. - Il s'agit d'un variant signalé pour la 1re fois chez l'homme. - Les Etats-Unis en alerte après le décès d'un homme âgé infecté par un variant du virus H5N1.
Même scénario au Mexique, avec une victime au tout autre profil. - Il vient d'être confirmé que la fillette de 3 ans positive à la grippe aviaire est décédée. - Des victimes humaines de la grippe aviaire dans un contexte où les infections transmises à l'homme augmentent ces dernières années.
Pour 2024-2025, l'OMS a recensé des dizaines de cas de contamination. Une contamination qui résulte souvent d'un contact direct avec les animaux infectés. - Les humains peuvent être contaminés au contact d'animaux sauvages ou domestiques contaminés.
C'est un virus respiratoire. Ca passe par voie respiratoire. En respirant le virus ou en inspirant des particules virales, si on a les mains contaminées, par exemple. - Jusqu'à aujourd'hui, aucun cas de transmission du virus H5N1 d'homme à homme n'a été détecté.
L'OMS se veut rassurante, mais 5 ans après le covid, la vigilance reste de mise. La grippe aviaire est particulièrement surveillée dans les exploitations. Depuis 2023, la France a même rendue obligatoire la vaccination pour les élevages de plus de 250 canards.
Exemple dans cette exploitation. Les canetons sont vaccinés avant l'arrivée des migrations d'oiseaux sauvages, potentiellement porteurs du virus. - En vaccinant un lot de canards, on empêche non pas l'introduction du virus dans ce lot, mais la diffusion éventuelle autour de cet élevage. - C'est le grand espoir, la vaccination.
C'est l'espoir de protéger nos animaux et pouvoir élever à nouveau comme avant le virus. - Mais quand la situation devient trop critique, c'est l'abattage. Dans le Cher, cette exploitation a été touchée par la grippe aviaire. 800 volailles ont été tuées. - Une ferme vide.
Il faut continuer. On va essayer de repartir. - Difficile de faire ce métier... - Oui. - Une vigilance accrue qui s'explique aussi par l'augmentation des chiffres de la grippe aviaire chez les animaux autres que les oiseaux.
Dans un rapport de mai, l'Organisation mondiale de la santé animale alerte. ...
Le virus H5N1 se transmettrait notamment des volatiles aux bovins. Plusieurs cas ont été détectés aux Etats-Unis, où les productions de lait sont désormais très surveillées. Pour l'Institut Pasteur, la perspective d'une épidémie de grippe aviaire humaine serait comparable à la pandémie de Covid-19. - On serait dans une situation où on a un nouveau virus dans une population sans aucune immunité préalable.
C'est une situation de pandémie avec un virus respiratoire. On a des outils contre la grippe. Il y a des plans.
Les Etats ont des stocks d'antiviraux, de vaccins. - Un scénario qui reste étudié de près. Au-delà du virus H5N1, les autorités sanitaires alertent sur le fait que 70 % des maladies animales signalées ces 20 dernières années pourraient présenter un risque pour la santé humaine. - C.Roux: Vous avez enquêté sur ce sujet.
C'est pris assez au sérieux? - N.Berrod: Oui.
Il y a un millier de cas dans le monde. L'an dernier, il y a eu... - C.Roux: Un millier de cas humains. - N.Berrod: Dont 500 décès.
Il faut faire attention avec ce ratio de mortalité. Les cas qu'on a détectés dans le monde, les cas humains, c'était des cas qui avaient beaucoup de symptômes et des cas malades. Ils avaient plus de chances de mourir. 70 cas humains aux Etats-Unis, dont 3 décès seulement.
Les cas humains, on sait que ça peut arriver. On en aura possiblement en France. - C.Roux: C'était pas le cas avant?
On avait toujours considéré que la grippe aviaire pouvait passer chez l'homme? - N.Berrod: C'était un virus qui touchait des oiseaux.
Il s'est mis à contaminer des mammifères. Il y a ces cas humains sporadiques. Le virus, à force de circuler massivement chez les oiseaux et chez les mammifères, risque de muter.
Quand il affecte un organisme, il se réplique et se multiplie. Il y a toujours un petit risque d'erreur, qu'il soit différent de celui d'origine. C'est des mutations.
En ayant ces mutations, il peut acquérir de nouvelles caractéristiques, dont celles de pouvoir se transmettre entre humains. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Les 1000 cas qu'on a dans le monde, ce sont des enfants en Asie, ou des vétérinaires et des éleveurs exposés à des animaux morts.
Ils n'ont pas transmis le virus à d'autres humains. Le virus mute énormément. On le surveille.
Le risque serait qu'il devienne transmissible entre humains. On parle de la grippe humaine. On pourrait avoir un porc qui serait contaminé par la grippe porcine et qui attraperait aussi la grippe aviaire.
De plus en plus de mammifères ont la grippe aviaire. Un humain pourrait aussi avoir la grippe humaine. Il pourrait attraper la grippe aviaire en touchant un oiseau mort.
Il pourrait avoir deux virus et cela pourrait créer une co-infection. - F.Denhez: Sur les cochons, ça inquiète beaucoup car le système immunitaire du cochon est très proche du nôtre.
Si un virus était accueilli par un cochon et si, d'aventure, il apprenait à se passer et à aller contre les défenses immunitaires du cochon, la probabilité qu'il passe à l'homme de manière...
Ce serait très important. C'est une des grandes inquiétudes des épidémiologistes. Aux Etats-Unis, c'est les vaches laitières, en priorité.
L'épidémie aurait été détectée plus tôt si les instances...
Il y avait un programme spécifique sur la grippe aviaire, et en particulier sur les vaches laitières. Ca a ralenti la prise en compte de la maladie par les autorités. Ca a facilité sa propagation. - C.Roux: La grippe aviaire est partout? - N.Berrod: Même en Antarctique.
On a identifié des cas chez des manchots. Les cas humains, on n'en a pas partout en Europe. - C.Roux: Question. - N.Berrod: Un cas isolé comme un éleveur qui aurait touché un oiseau mort, ce n'est pas forcément inquiétant.
Ce qui serait inquiétant, c'est si on identifie des cas sans exposition connue à des oiseaux ou si on a des foyers de cas. Il y a de plus en plus de suspicions de cas humains de H5N1. - C.Roux: On se prépare à faire des vaccins sur un virus qu'on ne connaît pas? - N.Berrod: Le virus, on le connaît.
Il y a déjà un laboratoire... - C.Roux: S'il mute? - N.Berrod: On le connaît.
Un vaccin a été fabriqué contre le H5N1. Depuis le covid, on a appris que c'était mieux de passer par l'Europe. Si des cas humains sévères apparaissaient, on pourrait proposer la vaccination de grippe aviaire aux personnes exposées, aux éleveurs, aux vétérinaires. - C.Roux: On a évoqué la dermatose nodulaire contagieuse.
Ca peut engendrer des risques pour la santé? - O.Détroyat: Des risques assez effrayants.
Ca inquiète l'OMS. Ca inquiète tous les milieux économiques. aujourd'hui pour l'économie mondiale, ce n'était pas les guerres ni la politique, mais le risque viral.
A l'époque, tout le monde le prenait pour un fou. Quand le covid est arrivé, on s'est dit qu'il était visionnaire. Il avait bien compris qu'un virus pouvait mettre le monde à l'arrêt.
C'est pour ça que ce sujet est aussi important. Il va au-delà du simple vaccin ou de la simple gestion d'une crise agricole. - C.Roux: Sur la façon dont ça se passe à l'échelle européenne, que l'on parle de la grippe aviaire ou de la dermatose nodulaire, il y a une harmonisation?
Est-ce qu'on fait tous la même chose? Des protocoles sont appliqués de manière formelle dans les pays du marché commun? Est-ce que la colère des agriculteurs s'exprime aussi parce qu'il y a un traitement spécifique de la France? - O.Détroyat: Les grandes lignes directrices sont données au niveau européen.
Il y a une application stricte selon les pays. En France, on est assez connus pour avoir une application assez pointilleuse, voire stricte des protocoles sanitaires et des normes environnementales. - C.Roux: Est-ce qu'on a tiré les leçons de la crise de la vache folle? - N.Berrod: En termes d'anticipation, oui.
Le covid aussi. L'Europe a commandé des vaccins prépandémiques contre la grippe aviaire. C'est un héritage du covid.
Au niveau européen, ça a un intérêt. Chaque pays est libre de sa stratégie. En France, on vaccine les canards depuis 3 ans. - O.Détroyat: On est les seuls. - C.Roux: En Europe? - N.Berrod: On sera peut-être amenés à vacciner des humains, mais c'est des recommandations nationales.
On a des vaccins grâce à l'Europe, mais on en fait ce qu'on veut. - C.Roux: Parmi les autres sources de colère des agriculteurs, le changement climatique, l'adaptation des systèmes de production, le changement des modes de consommation...
Vous parliez des pieds de vigne qu'on arrache parce que les gens consomment moins de vin. - G.Macke: Ces pandémies se développent par la mondialisation, et le réchauffement climatique n'est pas complètement étranger...
Il y a des préoccupations sur le fait qu'à l'avenir, elles seront de plus en plus fréquentes. Si on regarde bien, quand même, c'est clair que le métier d'agriculteur, aujourd'hui, comme on l'entendait dans le reportage, c'est quand même un sacrifice. Près de la moitié des agriculteurs, aujourd'hui, ont plus de 55 ans.
Pour 3 qui partent à la retraite, on en trouve un qui va peut-être s'installer. On va au-devant d'une grande crise. Un agriculteur se suicide tous les deux jours.
Globalement, c'est vrai que les perspectives, entre le réchauffement climatique dans certaines régions, qui est visible aujourd'hui...
Il y a des sécheresses...
Il y a les sujets des mégabassines. Entre le stress climatique, parce qu'un agriculteur travaille avec la météo, et les questions de maladies, de réglementations et de normes, c'est clair qu'une grande partie de la profession souffre. - F.Denhez: La 1re inquiétude des agriculteurs, quand je les interroge, c'est "est-ce que ma ferme sera reprise par quelqu'un?" La 2e, c'est les revenus.
Il y a une frustration des éleveurs qui travaillent à l'herbe. Eux savent bien que l'un des écosystèmes les plus importants, c'est la prairie. Si on se retrouve sans élevage, on se retrouve sans régulateur hydrologique naturel qu'est la prairie.
Ils ont beaucoup souffert de la défection culturelle sur la viande. Ca a privé certains d'une partie de leurs revenus. - O.Détroyat: Il y a le sujet du modèle agricole qu'on veut avoir.
On a fait le choix, en 2017, notamment après les Etats généraux de l'alimentation, qui avaient été impulsés par E.Macron, de faire monter en gamme l'agriculture. On a fait du bio et du label, en se disant que c'était comme ça qu'on allait conquérir les marchés à l'export.
On s'apprête à être déficitaires dans la balance commerciale agricole. On a laissé des pans entiers de consommation pour des marchés hors du domicile à des modèles agricoles moins-disants. - C.Roux: On parlait tout à l'heure de l'épidémie et de la vaccination.
Vous avez évoqué la situation aux Etats-Unis. Je voudrais qu'on voie ce reportage. La contestation de la vaccination gagne du terrain aux Etats-Unis.
L'épidémie de rougeole est repartie avec force dans certains Etats. A la Maison-Blanche, il y a une défiance contre la vaccination, qui fait partie du logiciel trumpiste. Le président fait le ménage dans les agences de santé pour pousser des antivax et hérisse les scientifiques en faisant le lien entre l'autisme et la vaccination. - En pleine épidémie de covid, il était l'un des visages de la sphère antivax. - Si on regarde les 1ers résultats des effets des vaccins covid, cela montre que ce sont les vaccins les plus meurtriers jamais créés. - Depuis, R.F.Kennedy Jr est devenu secrétaire d'Etat américain à la Santé, et mène une guerre sans relâche contre la science. 500 millions de subventions supprimées pour des vaccins à ARN messager. - Une seule mutation suffit à rendre le vaccin inefficace.
Cette dynamique entraîne un phénomène appelé "glissement antigénique", ce qui signifie que le vaccin encourage de nouvelles mutations et peut prolonger les pandémies. - Qu'importe si cette technologie a incontestablement fait ses preuves. Quelques semaines plus tard, il limoge la responsable de la principale agence américaine de santé publique. - Nous sommes le pays le plus malade au monde.
Nous devons licencier des employés de cette agence. Ils n'ont pas fait leur travail. - Une idéologie antivax soutenue et même alimentée par D.Trump. - D.Trump: Il n'y a aucune raison de vacciner contre l'hépatite B un bébé qui vient à peine de naître. - Le président américain relaie même une fake news, une supposée épidémie d'autisme chez les jeunes et son lien avec les vaccins, même si aucune corrélation n'a jamais été démontrée. - D.Trump: Quand on passe d'un cas d'autisme sur 20 000 enfants à 1 cas sur 10 000, puis à 1 cas sur 12, on se rend compte qu'il y a quelque chose d'artificiel.
Ils prennent quelque chose. Je pense pouvoir dire qu'il existe certains groupes de personnes qui ne se font pas vacciner et ne prennent aucun médicament, et qui ne sont pas atteints d'autisme. Ils sont pas atteints d'autisme. - Une défiance vaccinale aux conséquences déjà visibles aux Etats-Unis.
Maladie longtemps éradiquée, la rougeole progresse, avec près de 2800 cas depuis le début de l'année. 3 fois plus qu'en 2024. Certains Etats républicains, comme la Floride, prévoient même de mettre fin à près d'un demi-siècle de vaccination obligatoire pour les enfants.
Certains tentent d'alerter la population. - Lorsque vous parlez des vaccins à vos voisins et à vos amis, il est important d'avoir des informations factuelles. - Sur la scène, deux médecins.
La pédagogie comme antidote à la désinformation. - Si une personne atteinte de la rougeole entre dans une pièce puis en ressort et que vous entrez dans cette pièce sans être vacciné, vous contracterez la rougeole. C'est ainsi qu'elle se propage.
Ce sont des maladies mortelles. J'ai travaillé dans des cliniques du sud des Etats-Unis. J'ai vu des enfants mourir de la coqueluche.
J'ai vu des enfants très malades à l'hôpital, atteints de la rougeole. Ce sont des maladies très graves. Si nous perdons cette protection, nous allons avoir plus que les 2 morts d'enfants qui ont eu lieu au Texas.
Nous allons voir d'autres cas comme ceux-là. - Signe d'un recul en matière de santé publique, le taux de vaccination des enfants américains contre la rougeole, la rubéole et les oreillons est passé sous les 92,5 %, soit en dessous du seuil permettant l'immunité collective. - C.Roux: On retrouve la contestation de la vaccination dans cette crise sur la dermatose nodulaire. - N.Berrod: C'est les mêmes qui sont opposés à la vaccination du covid, de la grippe, de la rougeole... - C.Roux: Y compris la vaccination des bêtes dans un cheptel. - N.Berrod: Ce sont les mêmes qu'on retrouvent contre ça.
Un vaccin n'est pas un produit anodin, c'est comme un médicament. On ne vaccine pas par plaisir. Quand il est recommandé, il est passé par de nombreuses étapes.
Il a été validé par des scientifiques. Quand on considère que les bénéfices l'emportent sur le risque, on recommande une vaccination et on surveille les effets indésirables. Ceux qui nous disent "vacciner, c'est dangereux", non.
On sait que c'est pas un produit anodin. Les gens vont nous dire que le vaccin de rougeole...
Il y a énormément d'études qui ont montré aujourd'hui que le vaccin pour la rougeole prévient l'apparition de la rougeole chez les enfants. Il n'y a pas de risques ou d'effets indésirables importants. Il n'y a pas de risques que ça provoque l'autisme. - C.Roux: Question. - O.Détroyat: C'est ce que dit le ministère de l'Agriculture.
C'est comme ça qu'on a réussi à contenir la maladie en Savoie cet été et dans les Balkans avant. Ils disent que si la maladie continue à se propager, c'est parce que les gens ne respectent pas les règles. Dans la volaille, la grippe aviaire a ravagé des élevages pendant une dizaine d'années.
Depuis la mise en place de la vaccination en 2023...
On a choisi les canards car c'était eux les principaux vecteurs de la maladie. Le temps d'incubation était très long. On s'est concentrés sur les canards pour stopper le vecteur de la contamination de la grippe aviaire.
Depuis 2023, on n'a pas eu d'épidémie aussi importante. Il y a une forte pression épidémique ce début d'hiver, mais pour l'instant, c'est contenu. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.
Question. - F.Denhez: Totalement sûrs. - C.Roux: Sans danger pour l'homme, ça veut dire de contamination et consommation de la viande. - F.Denhez: Si vous faites chauffer votre lait, pas de souci. - N.Berrod: Aux Etats-Unis, il y avait des questions sur le lait.
La pasteurisation tue le virus. Le lait cru, on avait la possibilité d'y trouver le virus. Il était jeté. - C.Roux: Question. - G.Macke: C'est pas le moustique qui est allé de la Savoie jusqu'à l'Aude.
Ca veut dire que des bestiaux ont été déplacés et qu'ils se sont contaminés entre eux. Certainement que les règles de restriction des déplacements n'ont pas été totalement respectées. - O.Détroyat: Il se pose la question des déplacements d'animaux lors du Salon de l'agriculture. - C.Roux: Question. - F.Denhez: Non.
Elles vont être broyées, détruites, brûlées et enfouies. - C.Roux: Question. - G.Macke: C'est sûr.
Il y a une indemnisation. Si A.Genevard dit "ils ne perdront pas un euro", ça ne va pas calmer la colère agricole. - C.Roux: C'est une maladresse de dire ça? - G.Macke: Un peu.
Il y a eu, au départ, dans la gestion...
C'est toujours assez compliqué. Les démarrages d'une colère agricole sont toujours assez éruptifs et pas toujours contrôlables. On ne les voit pas toujours venir.
Cette maladie existe depuis juillet. C'était un peu contrôlé. Il n'y avait pas de colère.
C'était un peu inattendu. Au départ, la réaction n'est pas brutale, mais disons qu'elle est rationnelle. Elle est neutre, un peu scientifique.
On dit qu'il y a un protocole, qu'il fonctionne, qu'on sait ce qu'il faut faire. Ce terme de "dépeuplement", c'est un terme brutal. - O.Détroyat: Il y a un film où un éleveur est touché par la vache folle, et voyait tout son cheptel être abattu.
Ca symbolisait l'extrême difficulté de voir le travail d'une vie effacé en 2 heures. - C.Roux: A.Genevard a vu monter cette colère? - O.Détroyat: Je pense que oui.
C'était un sujet qui montait beaucoup en parallèle du Mercosur. - G.Macke: Il y a des manifestations d'empathie appuyées de divers politiciens en quête de récupération.
Pour le coup, c'est le festival. - F.Denhez: C'est du n'importe quoi. - C.Roux: Pourquoi vous dites ça?
Avoir de l'empathie, c'est important. - F.Denhez: Ils font semblant d'avoir de l'empathie.
Je n'ai pas connu le RN, M.Tondelier et J.-L.Mélenchon amoureux des agriculteurs.
Ils découvrent le monde agricole. Ils essayent de les faire voter pour eux. C'est dramatique.
Ce ne sont pas des gens inquiets pour ce monde-là, qui n'existe pas, dans leur imaginaire. Il y a illustration de la cogestion historique de l'agriculture entre le ministère et la FNSEA. La paix sociale est achetée...
La ministre s'appuie sur A.Rousseau... - C.Roux: Qui est favorable à l'abattage des cheptels. - F.Denhez: Ca ne va pas aider les syndicats agricoles à être de bonne composition.
Ils s'opposent à la FNSEA. - C.Roux: C'est ce qui se joue dans cette colère? - F.Denhez: Oui, notamment la Coordination rurale, qui a remporté un sacré morceau lors des dernières élections.
Même au sein du monde agricole, il n'y a plus grand monde qui soutient la FNSEA. Ca reste un syndicat de gros agriculteurs. Ce n'est pas un syndicat qui a historiquement défendu l'élevage.
Il y a sans doute une discussion politique avec la ministre. On ramène l'élevage au seul aspect de l'exportation, qui intéresse la "ferme France", comme dit A.Rousseau. - N.Berrod: Sur la récupération politique, il y a une élection majeure dans un an et demi.
L'une des craintes des scientifiques est que ça traverse l'Atlantique. - C.Roux: C'est pas au même niveau? - N.Berrod: Non. - C.Roux: Les scientifiques s'inquiètent de ça aujourd'hui en France.
Vous considérez que dans cette actualité, avec la colère des agriculteurs et la contestation de l'abattage, il y a aussi une mise en cause de l'avis des scientifiques? - N.Berrod: Oui.
Certains responsables politiques s'opposent au protocole sanitaire mis en place par des scientifiques. Ca y contribue. Il y a des signaux dans certains pays européens où la science est remise en cause.
Un baromètre montre que la part de Français qui se disent favorables à la vaccination reste stable, autour de 80 %. - C.Roux: Question. - G.Macke: Oui.
Il y avait ce sujet. Il y a 2 grands débouchés, qui sont l'Espagne et l'Italie, pour la viande de boeuf. C'est une négociation que la France va devoir avoir avec ses partenaires commerciaux, pour plaider la bonne gestion de cette crise et le fait que cette crise est très contenue, qu'elle n'affecte pas tous les élevages.
C'est une négociation, mais c'est un danger que les marchés à exportation soient fermés dans les semaines qui viennent. - C.Roux: Question. - N.Berrod: On ne vaccine que les canards depuis 3 ans.
Cette année, il y a une épizootie chez les oiseaux assez importante. Ca a un intérêt chez les canards. - F.Denhez: Ca mute tout le temps, un virus. - C.Roux: On le sait depuis le covid.
Question. - F.Denhez: S'il y a un risque sanitaire sur le département, le préfet l'obligera.
On pourrait tuer ses poules. Des gendarmes sont allés chercher les poules de pépé et mémé au fond du jardin parce qu'il y avait un risque qu'elles soient porteuses. - N.Berrod: On ne vaccine que les canards. - C.Roux: Question. - O.Détroyat: C'est pris en charge par l'Etat. - C.Roux: Question. - F.Denhez: Alors ça... - C.Roux: Question. - N.Berrod: Non.
Une pandémie est possible demain, comme jamais. On est mieux préparés qu'avec le covid. Ca pourrait être la 5e pandémie grippale après la grippe espagnole, la grippe de Hong Kong...
Pour l'instant, pas d'affolement. - C.Roux: Mais une vigilance renforcée.
Il est l'heure de retrouver A.-E.Lemoine et toute l'équipe de "C à vous". - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
F.Bayrou hospitalisé pour une grippe sévère. On fait le point avec M.Carrère d'Encausse sur les virus de l'hiver et comment s'en prémunir.
Le Louvre en grève. Le choc mondial au lendemain de l'attentat antisémite de Sydney. Des éleveurs sur le plateau de "C à vous" pour poursuivre le débat que vous avez mené jusqu'ici.
Annie Genevard