"Il n'y a pas de consensus" : Philippe Tabarot le ministre des Transports stoppe le projet du contournement Est de Rouen
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Pourquoi l'État a mis cet argent ? C'était indispensable ?
- 2:14FerméeRéponse directe
Le contournement Est de Rouen : oui ou non ?
- 3:51RelanceRéponse partielle
Il n'est plus d'intérêt général ?
- 5:12OuverteRéponse partielle
L'enterrement du contournement Est de Rouen, ça veut dire quoi ? On arrête tous les grands projets ?
- 6:40OuverteRéponse directe
Où en est-on de la ligne nouvelle Paris-Normandie ?
- 7:45OuverteRéponse partielle
Vous n'étiez pas préparé, vous n'êtes pas prêt ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27PrésentateurChiffre
« Un chantier à 165 millions d'euros, cofinancé par l'État, la région, le département et la métropole. »
- 1:10Invité politiqueChiffre
« Le coût initial était de 180 millions, ce qui veut dire qu'on nous a rendu 15 millions »
- 1:37Invité politiqueChiffre
« 300 000 tonnes de matériaux pour ce chantier ont été amenées par le fleuve. »
- 2:28Invité politiquePromesse
« Aujourd'hui, c'est non. Je dirais que ce sera probablement non l'année prochaine »
- 3:55PrésentateurFait
« Le projet avait été déclaré d'utilité publique en 2017 par l'État, reconnu d'intérêt général par le Conseil d'État en 2020. »
- 7:11Invité politiqueFait
« Dès mon arrivée au ministère, j'ai essayé d'apaiser le débat, de mettre tous les belligérants autour de la table »
- 8:18Invité politiqueFait
« Quand vous avez 3500 cheminots qui, tous les jours, sont sur les voies pour voir l'état de notre réseau, ça, ce n'est pas de l'impréparation. »
Temps de parole
- Philippe Tabarot79 %
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Ici Normandie, premier sur l'actu local en Normandie, ici Matin.
Le pont Flaubert à Rouen va être totalement raccordé à la Sud-3 dans les deux sens. Ça y est, l'inauguration, c'est dans moins d'une heure en présence du ministre des Transports. Il est avec nous juste avant en studio, Marianne.
Bonjour Philippe Tabarro. Bonjour. Ça y est, c'est la fin d'un chantier XXL qui a débuté en 2019, le raccordement du pont Flaubert à la Sud-3 à Rouen. Un chantier à 165 millions d'euros, cofinancé par l'État. La région, le département et la métropole. Pourquoi l'État a mis cet argent ? C'était indispensable ?
Oui, je pense que c'était indispensable parce que c'était une demande du territoire. Parce que quand on a un équipement aussi remarquable que ce pont, il faut permettre d'avoir un certain nombre de voies d'accès, qu'il soit pleinement utilisé. Et ce sera le cas dans une petite heure, puisque quand j'aurai l'occasion de couper le ruban ou après avoir coupé le ruban, les véhicules pourront enfin circuler sur ce pont. Vous l'avez dit, c'est un chantier qui a duré cette année. Mais c'est un chantier, je tiens à le dire, parce que je ne le dis pas partout quand je vais faire des inaugurations, qui est exemplaire. Exemplaire quant au coût, parce que vous avez parlé des 165 millions.
Et le coût initial était de 180 millions, ce qui veut dire qu'on nous a rendu 15 millions, ce qui est assez rare où, en général, on nous demande de financer une rallonge pour les chantiers. Donc là, c'est un chantier qui a coûté moins cher que prévu. C'est un chantier qui a pris en compte, bien sûr, notre environnement et la nécessité de voir le moins de camions possible. 300 000 tonnes de matériaux pour ce chantier ont été amenées par le fleuve. Donc ça, ça a du sens. Et puis, il y a eu un certain nombre de chantiers d'insertion qui ont permis à des personnes qui étaient en rupture, notamment sociale et au niveau de leur travail, de pouvoir retrouver un travail à travers le chantier.
Donc, il y a du sens derrière tout ça, en dehors de la première nécessité de pouvoir fluidifier le trafic dans un intérêt bien compris économique, d'aménagement urbain du quartier. Mais ça, vous le savez mieux que moi.
J'entier que vous allez donc inaugurer dans moins d'une demi-heure. Il y a un autre chantier qui, pour l'instant, n'a pas commencé. C'est le contournement Est de Rouen. Ce projet d'autoroute APH de 41 km qui doit être construit pour relier la 28 à la 13. Ça fait plus de 50 ans qu'on en parle. Vous deviez trancher au printemps. On est le 2 juillet. Alors, oui ou non ?
Écoutez, aujourd'hui, c'est non. Aujourd'hui, c'est non. Je dirais que ce sera probablement non l'année prochaine puisqu'il y a une déclaration d'utilité publique qui arrive à échéance l'année prochaine. Et sauf changement de situation particulier, je ne demanderai pas sa reconduction. Tout simplement parce que j'ai toujours dit que pour mener un projet aussi important, que ce soit financier, que ce soit au niveau des nuisances que le chantier peut apporter, de son coût, on a besoin d'un consensus politique sur ce sujet. Et malheureusement, ou heureusement pour certains, il ne l'est pas. Et je pense notamment aux collectivités qui sont susceptibles de pouvoir participer à son financement.
Ce n'est pas un secret que le maire de Rouen ne souhaite pas ou plus voir ce projet être mené à bien. Également la métropole. J'ai cru comprendre que le président de région souhaitait avoir d'autres priorités au niveau des investissements. Et ce qui est normal, il est plus, je dirais, susceptible d'investir dans le ferroviaire par rapport aux compétences de la région. Bref, on voit qu'il n'y a pas de consensus sur ce sujet. Les sujets sont suffisamment difficiles à porter. Je suis toute la journée, dans mon ministère, dans l'obligation de faire des arbitrages. Donc quand il n'y a pas un consensus politique sur les sujets, ils ne deviennent plus prioritaires. Pourtant, Philippe Tabarro,
le projet avait été déclaré d'utilité publique en 2017 par l'État, reconnu d'intérêt général par le Conseil d'État en 2020. Il n'est plus d'intérêt général ?
Écoutez, quand il n'y a pas les représentants du peuple qui souhaitent porter ce projet, M. Mayer-Rossignan a été réélu démocratiquement par une majorité des habitants de cette commune. Il est à la tête de la métropole. Il a le soutien de ses habitants. Il s'est prononcé clairement maintenant contre le projet ou ce type de projet. Donc je ne vais pas imposer un projet. Vous savez, je sors d'un sujet tout récent qui est l'autoroute A69 dans le Tarn. Ça vous paraît peut-être loin, mais c'est très symbolique de notre capacité en France encore à faire des projets routiers. Moi, je peux faire des projets routiers, on peut les mener à bien.
Par contre, il faut qu'il y ait un consensus sur ce projet d'A69. La présidente de région était très favorable à financer, les présidents de départements, l'immense majorité des parlementaires. Donc là, on y va, même s'il y a des difficultés.
Je vais reculer des oppositions.
Mais si les principaux financeurs ne sont pas pour et ne poussent pas fortement, ce n'est pas à l'État d'imposer le projet.
Ici Normandie, il est 7h37. 7h37, Philippe Tabarro, le ministre des Transports, est avec nous.
L'enterrement du contournement Est de Rouen, ça veut dire quoi ? On arrête tous les grands projets, Philippe Tabarro ?
Non, c'est l'inverse de ce que je vous ai dit. On inaugure aujourd'hui une réalisation routière importante. Donc, c'est la preuve que des projets peuvent se faire encore dans notre pays, en l'occurrence dans votre département et dans votre ville. Et puis, nous travaillons étroitement avec tous les partenaires dont je vous ai parlé sur le service express régionaux métropolitains, les CERM. On avait appelé les RER Macron à l'époque.
Bref, c'est de dire que les collectivités se mettent ensemble avec l'appui de l'État pour essayer de développer des transports en commun majoritairement, qu'ils passent par le train, qu'ils passent par la route, qu'ils soient en mode doux, notamment avec le vélo, que ce soit des cars à haut niveau de service, que ce soit des gares, que ce soit une fréquence plus importante au niveau des trains. Bref, des projets, des territoires qui permettent, bien sûr, de mieux desservir les métropoles, mais surtout de permettre un accès aux personnes qui sont en dehors de ces métropoles, qui se sentent oubliées en matière de mobilité.
Donc, c'est un projet de CERM qui, il en existe dans toute la France, Rouen a bien avancé sur son projet, qui a été labellisé en 2024. Nous attendons prochainement de pouvoir lui donner le statut de CERM qui est une étape supplémentaire et qui pourra permettre de développer le transport en commun à Rouen dans les mois et surtout dans les années à venir.
Restons sur les rails. Où en est-on de la ligne nouvelle Paris-Normandie ?
Ça avance. Ça avance après un coup d'arrêt il y a quelques années de par... Alors, là, c'est pas...
L'opposition de la région Île-de-France.
Exactement. La responsabilité n'est vraiment pas pour les élus normands qui ont toujours été favorables à ce projet. Mais c'est vrai qu'il y avait moins de succès en Île-de-France. C'est le moins qu'on puisse dire, notamment au niveau des Yvelines, notamment au niveau de la présidente Valérie Pécresse. Écoutez, dès mon arrivée au ministère, j'ai essayé d'apaiser le débat, de mettre tous les belligérants autour de la table, de nommer un préfet délégué sur ce sujet qui a fait un travail, qui fait un travail remarquable. Il y a en ce moment des concertations qui se font. Il y a des comités techniques, des comités de pilotage politique aussi. Et le projet avance.
J'espère, en tout cas, je ferai tout pour qu'on puisse avoir le plus rapidement possible une enquête publique, une déclaration d'utilité publique et d'avancer déjà sur la première phase.
Qui sera, voilà, avec des comités techniques en juillet et septembre. Une dernière question, Philippe Tabarro. Tout à l'heure, de 13h à 14h, il y aura une émission spéciale, Ma France consacrée à la canicule avec la porte-parole du gouvernement en invité. L'exécutif accusé d'impréparation quant à la gestion de la canicule qu'on vient de connaître. De la prochaine qui pourrait arriver, accusé d'impréparation par les écologistes, ils ont annoncé vouloir déposer une motion de censure qui serait aussi a priori votée par les députés insoumis. Vous n'étiez pas préparé, vous n'êtes pas prêt ?
Non, c'est injuste de dire ça. Quand vous avez 3500 cheminots qui, tous les jours, sont sur les voies pour voir l'état de notre réseau, ça, ce n'est pas de l'impréparation. Quand je rencontre régulièrement pour les grands départs en vacances les autoroutiers pour voir si les conducteurs vont pouvoir, ceux qui peuvent partir en vacances dans de bonnes conditions, ce n'est pas de l'impréparation. Quand on arrive encore, malgré une canicule, vous l'avez dit, exceptionnelle, ça faisait 200 ans qu'il n'y avait pas eu sur le rail autant de chaleur, je dirais, autant de complications, de défis.
C'est devenu de faire circuler des trains par ces chaleurs, un défi humain, un défi logistique, un défi technique. Pour autant, oui, il y a eu des difficultés, je le reconnais, en matière de transport comme dans d'autres matières, dans tous les pays européens également, mais par exemple, c'est 13 000 trains environ qui circulaient dans notre pays, même si certains plus que d'habitude ont été, vous l'avez dit tout à l'heure, soit supprimés, soit sont arrivés en retard.
Ce qui est important aussi, c'est de préparer ce week-end et le week-end du 10 juillet parce que certains de nos compatriotes qui ont eu une année très difficile souhaitent pouvoir s'évader que ce soit par le train, que ce soit par la route, que ce soit par les aires et mon rôle de ministre des Transports est de permettre de le faire dans les moins mauvaises conditions possibles, voire dans les meilleurs.
Merci beaucoup, Philippe Tabarro, ministre des Transports, d'avoir fait un détour avant d'aller inaugurer le pont Flaubert dans les studios d'ici Normandie. Bonne journée.
Bonjour. On vous attend parce que je vois que c'est tout rouge sur la suite en direction de Rond et du chantier. Ça bouchonne un petit peu, on a 8 minutes de temps de parcours supplémentaire, ça ira mieux d'ici moins d'une heure.
Dès que je coupe le ruban, ils auront le droit de passer.
Bon, très bien.
À 8h ce matin, aux alentours de 8h ? Je vais essayer d'accélérer encore pour ne pas qu'il y ait plus de bouchons.
À compter de 8h, comme dirait quelqu'un qu'on connaît.
Philippe Tabarot