Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewLCP (sur YouTube)· 24 avril 2026 29 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSantéÉconomie & entreprisesJustice

PFAS, un poison dans l'eau | En immersion l'émission

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Les communes portent plainte contre qui et pourquoi ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que sont les PFAS chimiquement ?

  • 9:01OuverteRéponse directe

    La France est-elle en avance avec la loi sur les PFAS ?

  • 14:01OuverteRéponse directe

    Qui doit payer la dépollution des PFAS ?

  • 20:01OuverteRéponse directe

    Peut-on vivre sans PFAS ? Quelles solutions ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Piface [musique] un poison dans l'eau. Le reportage est donc signé. Céline Crespi, Marion de Vauchel, Eva Billon et Bertrand Martinau.

Nous sommes de retour sur ce plateau pour poursuivre le débat avec nos invités. Nicolas Thierry, bienvenue. Vous êtes député écologiste et social de Gironde.

Vous avez fait adopter un texte de loi contre les PI face à l'Assemblée nationale. Nicolas Cossic, vous êtes journaliste indépendant pour le média disclose notamment et on vous voit dans le reportage, vous avez mené l'enquête sur cette question. Enfin Olivier Andre, vous êtes chargé de mission pour l'UFC que choisir ?

Bienvenue à tous les trois. Alors, on va commencer par ce reportage depuis Nicolas Cossic, il y a eu quelques avancées. Les communes sont passées à l'étape supérieur, elles ont porté plainte.

Pourquoi ? Contre qui ? Alors, la première raison de cette plainte, c'est déjà de se faire entendre parce que il y a un sentiment de de silence ou en tout cas de déni chez certains maires du territoire qui se sentent démunis et et pas aidés en fait dans cette pollution qui leur tombe dessus.

Ce sont des petites communes avec de petits moyens, malandri et 80 habitants quelque chose comme ça. Donc voilà. Donc il y a cette dimension de se faire écouter et puis essayer d'obtenir répération aussi parce que aujourd'hui ils estiment que une plainte donc il y a six communes qui ont déposé plainte associé avec la communauté de communes qui couvre le territoire, ils estiment que cette plainte est le seul moyen en fait d'obtenir une enquête sérieuse, rigoureuse, indépendante qui pourra, il l'espère faire la lumière sur cette affaire, trouver les responsables et obtenir réparation.

Nicolas Thierry, je le disais, vous avez porté un texte de loi ici à l'Assemblée nationale. On voit des habitants qui se débrouillent justement pour ne pas consommer l'eau du robinet. On voit des élus qui mènent l'enquête quasiment seul.

Qu'est-ce que notre reportage vous inspire ? Ça confirme le sentiment et la réalité. C'est-à-dire qu'un certain nombre de communes, de citoyens, de consommateurs sur les territoires sont abandonnés.

On a un gouvernement qui est pas du tout proactif sur un sujet qui est tout simplement un scandale sanitaire qui est à la hauteur du clore déconne ou ou de la miante. Et on a un gouvernement qui subit et même la loi, vous l'avez dit que j'ai fait adopter, ça a été dans la douleur. C'estàd que le gouvernement a plutôt subi cette loi plutôt qu'ils l'ont porté et on y reviendra mais aujourd'hui encore ils sont dans un processus d'enlisement pour qu'elle puisse intervenir le plus tard possible.

Olivier Andre pour qu'on comprenne bien ces pifas, ces substances perfluoroalé ou polyfluoroalchilé, on va dire pifas pour résumer, il y en a en fait partout. Qu'est-ce que c'est exactement ? Qu'est-ce que c'est chimiquement ?

Bien c'est une molécule de carbone qui a une liaison extrêmement forte avec une molécule de fluor et ça confère des propriétés qui du point de vue industriel paraissent au premier abordes. Par exemple, c'est c'est ça qui confère le caractère déperlant, l'eau qui glisse par exemple sur des vêtements de pluie. ou euh le caractère anti-adhésif de certaines poiles et cetera.

Et c'est pour ça que on va en retrouver partout dans les objets du quotidien. Donc pointadésif, des vêtements de pluie, mais aussi euh j'ai des revêtements antitâches sur par exemple peut-être ces textiles et cetera. Donc on en trouve vraiment partout et aussi de manière industrielle.

Euh il faut savoir que certains pifacent ça peut être des pesticides ou encore des mousses inendies. Donc avec un risque de d'exposition très fort de la population. On connaissait justement ce qui s'est passé dans la vallée de la chimie près de Lyon.

Là, on voit dans notre reportage dans les Ardaines depuis le 1er janvier, il y a des contrôles sur l'eau. On va en découvrir partout à des seuils inquiétants. C'est la question qu'on se pose.

Nous à l'UFC KGR, nous avons déjà publié il y a un an, on va dire une sorte de coup de sonde qui était limité sur 30 communes mais qui montrai déjà que il y avait une certaine préoccupation. Tout d'abord, par rapport à la norme qui va être applicable en France, tout serait euh conforme. Ras, rien à signaler.

En revanche, si on prenait des normes qui sont euh utilisées d'or et déjà dans d'autres pays de l'Union européenne, je pense par exemple au Danemark, là pour les cubes, c'est plus du tout la même chose. On aurait à peu près la moitié de nos échantillons qui seraient en jugés comme nous conforme avec parfois des taux très élevés, y compris dans des grandes villes de France. Nicolas Cossig, justement là, il y a des contrôles sur l'eau potable.

On pourrait étendre aussi au bout ces bouts qu'on voit dans le reportage, ces bouts d'épendages. Il pourrait y avoir aussi des contrôles en France. On a le sentiment en tout cas qu'on va contrôler de plus en plus cpifac.

Bah en tout cas dans les bout c'est quelque chose qui est mis sur la table aujourd'hui par le gouvernement. Euh il souhaite à partir de l'été en fait organiser une campagne nationale de recherche, donc des analyses concrètement de pipas dans les bou qu'elle sortent de station d'épuration urbaine là où vont les eaux usés des villes ou également les stations d'épuration industrielle qui est voilà le le type de cas qui est en cause dans le cas des dans le cas des Ardis. une campagne d'analyse d'une part pour voir où il y a des problèmes pour simplifier et puis d'autre part mettre en place une valeur seuil, une forme de limite de concentration limite de piface pour dire ces boulà on peut les épendre sur les terres agricoles, ces boul on ne peut pas.

Il y a un risque sanitaire, il y a un risque de contamination des sols, des napfréatiques et des plantes, des végétaux, des aliments. C'est ce qu'on voit Nicolas Thierry dans le reportage, c'est-à-dire qu'il y a la question de l'eau qui sort du robinet, mais il y a aussi ce couple d'agriculteur, il voit ses sols contaminés. En fait, c'est une chaîne interminable.

Ça peut être partout. C'est une économie circulaire de la pollution. C'est-à-dire qu'en fait, on met sur les champs agricoles ces bous qui contaminent l'alimentation qui ensuite provoque une contamination générale.

Mais ce qu'il faut noter, c'est que les premières alertes, là on parle du gouvernement qui pourrait réagir d'ici l'été, mais le reportage le montre très bien. Il y a des alertes de l'ancess qui datent de 2011 qui expliquent qu'il y a un sujet potentiellement de présence de Piface dans les bou et on rappelle par ailleurs que le scandale des Pifaces, il a explosé aux États-Unis à la fin des années 90. il y a 25 ans là, qu'est-ce qui s'est passé ?

C'est ça Nicolas Cossi, on en parle depuis quelques mois, depuis quelques années, mais en fait ça date d' y a longtemps. Oui. Voilà, si je peux compléter alors déjà si on regarde à l'échelle internationale, il y a quand même une prise de conscience notamment aux États-Unis depuis les années 2000.

Mais si on reste concentré sur l'état de la France, enfin sur la question de la France pardon, il y a effectivement ce rapport de l'ANS de 2011 qui marque un peu le point zéro, mais en fait pendant les années 2010, on va voir que un certain nombre d'agences de l'État, agence de l'eau, des établissements publics, le BRGM, bureau de recherche géologique et minière et cetera, l'Office français de la biodiversité ont mené des investigations, ont fait des études sur ces pifas. Et pour revenir à la question des bouts précisément, le Pifos qui est un des Pifas est recherché et détecté fréquemment dans les eaux qui sortent dans les rejets des stations d'épuration depuis longtemps dans le cadre de ce qu'on appelle les campagnes de recherche de substances dangereuses, les RSDE qui sont littéralement un programme du gouvernement pour contrôler surveiller les substances émergentes. Donc on sait que il y a des pifas qui sortent des stations d'épuration et pour autant on n jamais eu le souci de dire faisons une mesure par précaution.

Et Olivier Andre, comment on l'explique ça ? Ce décalage entre des agences qui cherchent, qui disent "Attention, c'est dangereux, il faut essayer de contrôler davantage et puis le fait qu'on ait attendu des années avant de prendre des décisions ?" Clairement un manque de courage politique de la part des pouvoirs publics he c'est une évidence.

Euh déjà sur la base d'analyse qui avait été réalisée en 2014-26, euh les autorités sanitaires avaient indiqué que il y avait présence de PIC dans les analyses sanguines de la totalité des consommateurs adultes et enfants qui avaient été testés. Donc vous vous rendez compte, ça fait déjà euh ça fait plus de 10 ans. Donc on voit bien que il y a une grande hésitation de la part des pouvoirs publics à finalement mettre une contrainte au niveau des des professionnels qui continuent.

Il faut, je pense que ça serait important que qu'on le dise aux téléspectateurs. Actuellement, il est toujours possible pour les industriels de relarguer des pifac dans la nature. On va revenir à votre loi Nicolas Thierry, mais sur le reportage, on voit les maires Annique et Étienne, des maires de petites communes qui se relèvent les manches mais qui ont l'air d'être bien seul quand même.

Comment vous expliquez que ce soit alors c'est à eux de donner à leurs administrés de l'eau potable et puis c'est à eux d'essayer de trouver des solutions. Ils ont le sentiment en fait de se battre un peu seul. Ben, on va prendre un exemple très concret.

Ils sont face à un sujet, c'est comment ils financent la dépollution de l'euro. La loi prévoit qui a été votée définitivement en février 2025, elle prévoit une taxe pollue payeur pour que les industriels contribuent au financement de la dépollution. On est en avril 2026.

Euh aujourd'hui, le gouvernement n'a toujours pas sorti un décret et je rappelle que ça a été reconfirmé au moment du vote du budget où la taxe devait rentrer en vigueur au 1er mars. Et en fait, en abandonnant cette taxe, ils abandonnent les communes et ils font un choix très clair, c'est de dire c'est pas aux industriels de payer, c'est à vous et moi sur votre facture d'eau. C'est ça le choix que fait le gouvernement.

On reviendra après justement sur cette ce fameux principe du polluer payer et de qui finance cette dépollution parce que ça se chiffre en plusieurs milliards d'euros. Euh on va revenir à la loi euh qui a été euh votée, qui était à votre initiative, Nicolas Thierry. Alors, je vous fais intervenir d'abord Olivier Andre, comme ça après vous la défendre, mais euh on a beaucoup dit voilà la France prend en fin à brascorp ce sujet avec cette loi.

Est-ce que c'est vrai qu'effectivement, on peut dire que notre pays avec le vote de cette loi a commencé à regarder en face ce problème d'épiface ? C'est c'est indubitable. Je pense qu'il faut vraiment moi j'en profite pour saluer l'énergie, la détermination du diplôé Nicolas Thierry qui a vraiment permis qu'on est une loi qui constitue vraiment un premier jalon très important.

Il faut rappeler le principe, c'est un principe général, malheureusement avec des exceptions, mais un principe général d'interdiction d'utilisation des pifaces dans les produits industriels ou produits du quotidien. Donc c'est une très très bonne chose. Maintenant, on pourra parler du lobbing, vous en parlerez certainement.

Il y a il y a des bon il y a des trous dans la raquette hein. Un premier trou dans la raquette c'est par exemple euh tout ce qui concerne les ustensibles de cuisine. Il y a pas un foyer français sans ces fameuses poêles anti-adhésives ou d'autres stustensiles.

Vous imaginez la contamination large que ça implique ? Alors justement Nicolas Thierry puisque cette loi saluée par Olivier Andre et par beaucoup est-ce qu'elle était tout à fait conforme à ce que vous vouliez le début ? Est-ce que vous avez dû finalement voilà faire un petit peu de vous dire finalement il y aura pas d'interdiction totale ?

Faut le pays est pas forcément prêt. Qu'est-ce qu'il y a dans cette loi ? Est-ce qu'est-ce que vous vous souhaitiez y mettre dès le début ?

Alors déjà, merci pour vos mots, mais la cette loi c'est une première pierre. Ça a permis au moins et ça a été sa grande vertu de mettre le débat des PIFC dans le débat public parce qu'on en parlait assez peu avant et c'est pas que la loi, il y a eu un gros travail de journaliste d'investigation mais tout ça a permis au moins de faire parler du sujet. Euh et en effet, ce n'est qu'une première pierre et c'est pas du tout la version que moi j'avais proposé en 2023.

Je vous prendre un exemple très simple. Le principe que moi j'avais proposé à l'origine, c'est de dire on a interdit l'épipace dans tous les ustensiles, enfin les usages pardon, les objets du quotidien euh à part si c'est une utilité vitale, si c'est pas et tout ce qui est non essentiel effectivement on interdit. Et en effet, ça a été réduit à la fin même si c'est déjà beaucoup au textile, aux cosmétiques et aux fardes de ski.

Donc vous voyez bien qu'on est déjà plutôt qu'une interdiction générale, on est redescendu à un niveau pas ces fameux styles de cuisine, ces fameuses poils par exemple. Pourquoi finalement ça a pas été possible d'en perdre très simple, c'est qu'il y a eu un lobby euh absolument incroyable de la part de Tfal qui a même mobilisé ses salariés avec la complicité du syndicat FO qui sont venus devant l'Assemblée nationale pour taper devant des casseroles le jour de la loi pour que ça n'aboutisse pas et on a perdu de 8 ou 10 voix et en sachant que là il y a un vrai sujet de santé publique parce qu'en effet c'est dans les foyers de tous les Français mais il y a aussi un problème en terme de pollution au moment de la fabrication des produits et dans la fin de vie des poils qui sont des phases tout aussi polluantes que quand vous l'utilisez dans vos cuisines et ça même l'Europe reconnaît que c'est pas un usage essentiel. Donc là c'est vraiment la perméabilité du gouvernement avec les lobby qui a évité aux industriels évidemment enfin qui a permis aux industriels de passer à travers les mailles du filet.

On reviendra sur cette question des lobis mais Nicolas Cossi au niveau scientifique euh il y a parce que parfois c'est un débat qu' nous certains disent il y a pas de consensus sfique sur la dangerosité d'épiface. Est-ce qu'aujourd'hui on peut dire que scientifiquement il y a un consensus pour dire que il y a des dangers avérés pour l'homme ? Alors l'épiphas c'est une famille de plus de 10000 substances.

Donc si on mettait tous les scientifiques sur cette terre à bosser sur l'évaluation des risques, ça suffirait pas pour faire une évaluation substance par substance. Ce qu'on sait, c'est qu'aujourd'hui il y a quelques molécules qui sont très bien documentées, très bien établies. Don la toxicité voilà est établie notamment le PFOA qui est la plus connue qui est reconnu cancérogène.

Sur, on va dire peut-être quelques dizaines de pifes, on a voilà vraiment des soupçons très forts de toxicité. Les propriétés en fait d'une molécule à une autre propriété toxique se répètent. Mais là où [grognement] il y a vraiment un consensus, c'est sur la persistance.

Et donc le problème c'est que ces substances-là, on sait pas trop pour beaucoup d'entre mais en fait elles s'accumulent tant que le robinet n'est pas coupé, tant que les rejets continuent, euh ça s'accumule dans l'environnement, dans les corps et l'exposition augmente. Et donc finalement même une molécule qui serait peut-être un peu moins toxique que le Pfoa, ben si la dose augmente augmente augmente augmente augmente et bien au bout d'un moment le risque peut devenir significatif. C'est un peu ce qu'on peut observer dans le cas du TFA dont on entend beaucoup parler, un très petit piface qui a priori est moins toxique que d'autres pifas qui sont aujourd'hui interdits, mais on en retrouve dans de telles quantités et on a trop peu de données en fait.

Donc potentiellement on est à la vente de quelque chose qui est très problématique et et le TFA c'est là pour 10 20 30 40 ans. C'est pour ça Olivier Andre qu'on parle de polluant éternel. C'est pas éternel, mais c'est vraiment l'accumulation et le fait qu'on ne s'en débarrasse pas une fois que c'est dans les corps qui fait que c'est très dangereux puisque ça s'accumule, ça s'accumule.

Et malheureusement les deux, ils sont effectivement éternels ou en tout cas très largement au regard de la durée de vie de de d'un humain. Il ne se dégrade pas. C'est bien ça le problème.

Donc c'est c'est absolument important de d'exiger de la part des pouvoirs publics français et européens des mesures qui limitent dès maintenant l'utilisation de ces pifacces. Parce que ce qu'il faut savoir, c'est que à partir du moment où ils sont dans l'environnement, on va les retrouver dans l'eau du robinet hein. Les traitements actuels tels que classique, tel que les filtres à charbon actif sont largement insuffisants pour filtrer les plus petits pifas tels que le TFA que vous avez cité.

Qu'est-ce qu'on va faire ? Qui va payer actuellement ? C'est très clairement le principe polluer payeur.

C'est le consommateur à travers sa note de d'eau du robinet qui paye pour la dépollution dont il n'est pas à l'origine justement. Et on reviendra, mais comme ça, on finira par revenir justement sur le documentaire sur cette question pollueur payeur ou polluer payeur. Euh on parlait du consensus scientifique, il y a le niveau européen puisqu'on dit souvent que la France voilà doit agir aussi au niveau européen.

Il y a des études qui confirment justement le fait qu'il faut aller vers une restriction large. Est-ce que c'est parce que l'Union européenne aussi sera d'accord sur ce sujet qu'on pourra établir des normes et des interdictions ? Nicolas Thierry.

Déjà, il y a un chiffre qu'il faut avoir en tête, c'est que à l'échelle de l'Union européenne, les Piface, il coûte à nos systèmes de santé entre 52 et 84 milliards d'euros par an. Donc en effet, si on regarde les choses objectivement, il y a tout intérêt, même financièrement à effectivement interdire et aller vers une interdiction large. Après, comme au niveau national, au niveau européen, il y a des pressions extrêmement fortes des industriels qui jouent toujours sur les mêmes arguments, c'est-à-dire de dire il y a une, ça a été très bien dit, il y a une famille de piface, il y en a 12000, il faut pas regarder la famille, il faut regarder substance par substance.

Moi je l'ai attendu pendant 3 ans. Ça c'est une technique comme ce que dit Nicolas Cossi que c'est l'accumulation qui crée aussi le danger. S'ils sont dans cette famille c'est qu'ils ont un dénominateur commun, c'est la persistance et c'est ça qui les rend tous dangereux.

Donc il faut évidemment raisonner par famille. Et ensuite une fois qu'on a franchi cette étape, les lobby arrivent avec un deuxième argument qui est de dire vous êtes jamais au bon échelon pour agir. Quand vous voulez agir au niveau français, on vous dit il faut le faire à l'échelle européenne.

Et quand vous voulez agir à l'échelle européenne, on vous dit attention l'Europe la compétitivité, souveraineté et cetera. Donc c'est quelque chose qui se répète à chaque fois et la crainte en tout cas la mienne c'est que au niveau européen ces arguments fonctionnent auprès d'un certain nombre de la Commission notamment quoi. Puisque Nicolas Cossic dans la commande de l'Union européenne il y a le volet sanitaire et on met en parallèle le volet des risques économiques que pourrait faire peser une interdiction d'épiface.

On a vraiment là la démonstration de cette bataille un peu entre environnement et économie. Oui, après euh ce qui est intéressant, il y a eu quand même une avancée en fait en ce moment, il y a ce qu'on appelle, sans rentrer trop dans le détail, un processus de restriction universelle d'épiphas qui est en fait inédit. C'est-à-dire on restreint toute la famille d'un coup au lieu d'y aller substance par substance.

C'est inédit. Et il y a une l'Agence européenne des produits chimiques a des experts de différents comités qui doivent rendre un avis et cet avis a été rendu et il conclut que les risques ne sont pas maîtrisés et qu'ils sont trop importants au regard des bénéfices économiques et que donc ces experts de l'Union européenne, de l'Agence européenne des produits chimies concluent qu'il faut une restriction large. Après oui quelques usages très spécifiques médicaux et cetera, mais restriction large d'après les experts de de l'Europe en fait.

Sauf que les lobby euh l'industrie à côté dit en fait parfois on ne peut pas s'en passer euh de ces pifacces. L'industrie pharmaceutique le dit notamment. Est-ce que c'est vrai ?

Est-ce que parfois on peut ne pas faire pour des dispositifs médicaux par exemple autrement qu'avec despifaces ? Euh alors bon je moi je je suis pas en capacité de répondre à cette question spécifiquement sur des dispositifs médicaux. En revanche, nous les conseils que nous donnons à l'UFC que choisir sur la base de nos tests comparatifs, c'est éviter tous les produits sur lequels vous êtes susceptible de trouver des pifaces et tout simplement parce que euh il y a certains produits qui dont on peut se passer euh tels que des vêtements déperlants, des vêtements de sport anti de pluie et cetera.

Toutes nos tests comparatifs montrent que il y a présence à des doses très significatives de ce type de produit. Même chose en ce qui concerne les poils anti-adhésives. Elles sont conformes à la réglementation.

Sauf que la réglementation est très largement insuffisante en terme de protection. Donc nos recommandations, c'est de dire bah éviter ces instruments du quotidien où on sait qu'il y en a. Donc ça veut dire en clair les les ustensiles de cuisine prenez des matériaux qui sont euh safes, qui sont absolument sûrs.

Donc ça veut dire c'est l'acier, ça va être la fonte, le verre, ça va être la porcelaine et cetera. Ça, on sait qu'il y a pas de problème. En ce qui concerne, vous savez, toutes ces petites barquettes anti-adhésives dans qui sont microrondables, ce sont des pifaces.

En ce qui concerne les goblés dans lesquels nous avons vu de l'eau tout à l'heure tous ensemble. Oui, parce qu'il y a on pense c'est du carton mais en fait il y a un petit film à l'intérieur. Euh vous avez déjà vu du du carton qui ne laisse pas passer l'eau.

Euh euh le le carton qui laisse passer l'eau, c'est que il y a des revêtements de PE face. Donc notre recommandation c'est éviter ce type de de produits dans votre quotidien et de revenir à des matériaux beaucoup plus traditionnels. Nicolas Tierry sur les pressions des industriels.

On imagine qu'à la moment de la préparation de votre loi, vous en avez été voilà témoin. Est-ce que c'est vrai quand ils disent parfois qu'on peut pas s'en passer que pour certaines productions assez ciblées, les pifas sont encore indispensables ? Ils exagèrent largement.

C'est-à-dire que en effet euh il y a des sujets comme par exemple les batteries parce qu'on est dans une phase pour lutter contre les règlements climatiques où on électrifie massivement et il y a de la présence de Piface dans les batteries. On voit aujourd'hui qu'il y a un certain nombre d'industries qui d'ors et déjà mettent sur le marché déjà des batteries sans piface. Euh les mousses antiincendies, ça a été quelque chose qui a largement été mis en avant.

Il y a des départements maintenant scène maritime de mémoire qui ont ça a été dit dans le reportage je crois qui ont qui réussissent à faire s on sait faire des mousies incendies. même pour lutter contre les hydrocarbures sans l'épace. Après, il reste en effet la question du domaine médical.

Les pezer euh par exemple, il y a des pifacces. Euh dans le Prosac, il y a des pifaces mais il faut avoir en tête que les secteurs où on peut les pifac sont absolument euh indispensables, on pourrait pas s'en passer. C'est très marginal.

H c'est ce que vous disiez Nicolas C, vous me citizz l'exemple justement des pacemakers, mais ce qu'il faudrait c'est limiter voilà aux choses absolument indispensables qui représente une infime partie de l'utilisation de disons qu'il faut pas prendre cet argument de dire ah il y a certains usages pour lesquels on peut pas les remplacer pour dire finalement ne faisons rien parce que effectivement ces usages très spécifiques très minoritaires, ça représente sur les quantités émises ou utilisé c'est vraiment c'est vraiment faible en fait et puis par ailleurs sur les moussincend c'est une très bonne un très bon exemple Aujourd'hui, il y a une réglementation qui dit interdiction des mousses anti-incendies. Il y a des dérogations par exemple pour les plateformes chimiques, la raffinerie mais jusque 2028 2030 mais depuis 2025 il y a une réglementation européenne sur les mousses anti-incendies. Ça fait 10 ans qu'il y a de la recherche et développement pour essayer de trouver des mousses voilà qui qui pe qui peuvent substituer.

Au début, oui, peut-être que garantissait pas la même efficacité que les mouspifas, mais finalement on y est arrivé. Et aujourd'hui, il y a de nombreuses 10 services départementaux d'incendie et de secours qui utilisent des mousses sans piface et même d'ailleurs pour aussi l'exposition des pompiers qui sont d'ailleurs exposés les premiers parfois exposés. On pense que ça protège et finalement ça expose aussi Nicolas.

Oui, il faut avoir quelque chose en tête, c'est que quand la créativité la contrainte, elle crée la créativité. C'est-à-dire que quand on pose des contraintes aux industriels, on les pousse. On l'a vu avec Rich avant les années 2010 où ça allait être une catastrophe industrielle.

Vous vous en rappelez peut-être. Bien sûr. Euh et en effet dans les de 3 ans, ils ont mis des alternatives sur le marché.

Donc en fait Rich, rappelez-nous Rich, c'était une réglementation globale à l'échelle européenne qui posait une grande restriction sur un certain nombre de produits chimiques. Et à l'époque, le débat avait été le même où on avait expliqué, les industriels avaient expliqué que c'était l'effondrement industriel de l'Europe et en fait on a même pris de l'avance parce qu'on avait pris on était dans le sens de l'histoire et on avait été du coup plus compétitif parce que on pour les consommateurs c'était beaucoup plus attractif. Donc en fait quand on pose une contrainte, on génère de la créativité chez les industriels.

On va revenir à notre reportage et un terme que vous avez chacun employé hein de pollueur payeur ou de polluer payeur. Euh justement on voit liandro dans notre reportage que Annque la mère du village elle le dit. On est pollué payeur puisque finalement euh personne ne paye.

C'est à qui de payer cette dépollution d'épiface ? C'est tout d'abord, c'est aux industriels identifiés et c'est ça la limite, identifier comme étant à l'origine de ces pollution. Ça c'est le premier principe.

Euh après, il est clair que il y a certaines pollutions qui sont anciennes pour lequelle il sera beaucoup plus difficile de mettre en évidence le responsable. Donc ça veut dire qu'il faut mettre en place des fonds au niveau national. Ça peut pas être le consommateur qui à traverse sa facture d'eau paye encore toujours et plus pour des pollutions dont il n'est pas responsable.

Donc, il est clair qu'il faut qu'il y ait une mobilisation des pouvoirs publics pour développer un fond d'indemnisation. Puisque Nicolas Cossig, vous avez beaucoup enquêté sur cette question d'épiface, est-ce que c'est facile euh de remonter à l'origine en disant bah je fais deux allez chez Mathie, je fais deux prélèvements, je vois que c'est l'usine, j'appelle le directeur et je lui dis faut payer maintenant. Parfois, c'est des usines qui ont mis la clé sous la porte.

C'est des choses qui ont disparu depuis des 10 années. Pas toujours, pas toujours. C'est pas toujours facile.

Mais je citerai deux exemples rapides. Par exemple, moi je viens de Rouan et le plus gros captage de Rand, on a découvert qu'il y avait des pifces au-dessus de la limite autorisée. C'est une pollution historique parce qu'en fait le captage est pas loin d'une zone industrielle.

Quand vous voyez la multiplicité des usines, effectivement là c'est compliqué de dire c'est telle usine ou c'est telle usine. Dans le cas des Ardenes, c'est un petit peu différent parce qu'en fait on a une voie de contamination qui est par les sols. Donc je m'explique, on a ses bous qui sortent de l'usine qui arrivent dans les sols.

A priori il y a pas 10000 usines dans le secteur. Ça c'est première chose. Nous on a fait des analyses donc avec ma conseur Émilie Rossau de France 3 avec qui j'ai fait l'enquête et le professeur Sébastien Sauvé.

On a fait des analyses de sol, on a fait des analyses de sol et en fait on voit une forme de signature chimique qui correspond aussi à des produits qui sont utilisés à l'intérieur. C'estàdire que oui, ça peut être compliqué de définir enfin d'établir une origine, une source, ça [grognement] demande des moyens d'investigation mais qui qui qui dans certains cas enfin au regard des conséquences et on peut imaginer que si vous avez trouvé l'État pourrait trouver également. Nicolas Thierry, qu'est-ce que vous vouliez-vous dans votre loi sur ce principe de pollueur payeur ?

Et vous rappeliez qu'il y a eu aussi un amendement au budget pour une entrée en vigueur de la redevance la ces pollutions. Ça devait être au 1er mars. Est-ce que ça s'est fait ou pas ?

Pourquoi sinon si ça ne l''est pas fait ? Alors à l'origine, ça aurait dû être plus tôt, c'est-à-dire que la loi avait été promulguée en février 2025. Donc cette taxe pollue payeur, elle aurait pu rentrer en vigueur dès le premier semestre 2025.

Il s'est strictement rien passé. Euh et en effet, au moment du budget, euh il a fallu reconfirmer les choses et un amendement est passé pour qu'il y ait une application au 1er mars 2026 et il se passe toujours rien. Euh et en fait, il faut avoir conscience de quelque chose, c'est que vous le disiez très bien, c'est que si les industriels ne payaient pas, c'est vous et moi sur la facture d'eau qui allons payer.

Et il faut rajouter quelque chose, c'est que les zones les plus contaminées sont aussi habitées par malheureusement il y a une question de justice sociale par les populations les plus précaires parce que ceux qui habitent près des sites industriels, c'est souvent des populations qui sont qui font partie des 11 millions de personnes qui sont sous le pauvreté dans le seuil de pauvreté dans le pays. Et c'est à cela qu'on va dire il faut augmenter votre facture d'eau pour payer la pollution d'industriel qui impunément pollue depuis 60 ans. Puisqu'on, je finis là-dessus puisqu'on on sait aujourd'hui que les industriels connaissaient la toxicité d'épiphas depuis les années 60.

Et on voit Nicolas Cossig dans le reportage puisque les filtres à charbon dont on peut équiper, ça se chiffre en centaines de milliers d'euros. Qui payent ? Tu as les mesires des petites communes qui vont dépenser un budget tel centaines de milliers d'euros et encore là c'est une petite installation à remis on parle en millions d'euros.

J'ai pu le chiffrer. Exact. Oui.

Et en plus qu'il faut changer très régulièrement me semble-t-il. Mais en tout cas c'est c'est une question qui qui est entière là. Grâce à une pression qui a été faite par les communes, il y a des subventions qui sont mises en place, mais c'est dit dans le reportage, c'est aussi finalement nos impôts et des taxes, voilà, sur les usagers qui vont permettre de financer ça.

Euh mais il y a eu cette pression, mais aujourd'hui sur les villages, il y a un village qui a une installation mais les autres n'ont pas forcément de solution et c'est des solutions qui vont être très coûteuses si on veut des solutions pérennes et qui concernent vraiment tous ces habitants qui sont touchés de plein fouet. Olivier Andre qui peut payer ça ce chiffre à l'échelle de l'Union européenne en plus de 1000 milliards d'euros. Effectivement, c'est gigantesque he l'ufcut choisir a publié il y a dans quelques mois une étude sur les risques très importants d'explosion de la facture d'eau du robinet qui a déjà commencé à augmenter hein tout simplement parce que au-delà d'épiface il y a malheureusement plein d'autres contaminants tels que les pesticides.

La réglementation française appliquant le de robinet est devenue heureusement plus exigeante par rapport à des pesticides qui étaient déjà présents mais qu'on ne recherchait pas. Il faut savoir que du fait de cette recherche et bien l'eau que vous payez que nous payons a déjà augmenté. C'est ce que nous c'est de manière très très significative.

Euh les filtres à charbon actif, on en a parlé, ça ne marche pas pour des petits pifac. Euh on a par exemple certaines installations qui ont été mises en place par le CDIF, hein, le syndicat des ADIL de France. Au bas, la facture est de l'ordre de 1 milliard d'euros, hein.

C'est efficace mais ça coûte très cher. Mais il y a des effets d'économie d'échelle qui font que ça peut être relativement rentable. En revanche, qu'est-ce que que vont faire des petites collectivités ?

Vous citez notamment les petites communes dans les Ardaines, elles n'ont pas les moyens financiers de mettre en œuvre ces techniques qui sont extrêmement coûteuses. Et si je peux juste rajouter un point pour préciser, en fait même ces systèmes extrêmement coûteux sont finalement également une forme d'impasse parce que alors oui, l'eau du robinet va être super pure, mais par contre en fait la pollution est transférée dans un réceptacle si vous voulez et dans le cas du CDIF, c'est en fait c'est rejeté derrière de l'environnement qu'en fait on garde ce cycle. Donc si on veut éliminer la position, il faut prendre ce recycle là, l'envoyer dans un incinérateur, chauffer à 1400°.

C'est le seul moyen qu'on a de des plus d'incinérateurs vont à 1400. Voilà. Ouais.

Olivier, vous en parliez un peu sur les solutions Nicolas Thierry, on va peut-être essayer de se quitter sur une note un peu positive ou sur des conseils aux téléspectateurs. Est-ce qu'il y a des raisons d'espérer maintenant que l'opinion publique et que on a quand même le sentiment que les services voilà les services de l'État commencent à agir sur cette question ? Est-ce qu'on peut s'en est-ce qu'on peut vivre sans sépace ?

Est-ce que c'est au consommateur de faire le bon choix dans sa cuisine ou dans ses usages du quotidien ? Est-ce que les choses peuvent aller en s'améliorant ? Alors oui, on peut vivre sans l'épiface.

D'ailleurs, on vivrait mieux sans l'épace. Après, il y a deux leviers qui semblent totalement évidents. C'est que un, il faut au plus vite couper le robinet à la source, c'est-à-dire arrêter d'émettre des pifaces parce qu'autrement dans un cycle infernal, on ne s'en sort pas.

Et ensuite, il faut que la dépollution, elle repose sur les industriels. Aux États-Unis, qu'est-ce qui s'est passé ? En fait, tout ça a fini devant la justice.

C'està-dire qu'il y a eu des plantes contre les industriels. Ils ont été traînés devant les tribunaux et des groupes comme 3M pour éviter des procès ont payé 12 milliards de dollars pour financer la dépollution de l'eau. Et je pense que le fait que Malandri par exemple des mers porte plainte et ben c'est une voie qu'il va falloir explorer.

Merci beaucoup à tous les trois Nicolas Thierry, Nicolas Cossique et Olivier Andre. C'était en immersion le magazine de la rédaction d'CP suivi d'un débat. À voir ou à revoir sur notre chaîne YouTube.

À très vite sur LCP. [musique] [musique] [musique]