Pourquoi Éric Woerth rejoint Emmanuel Macron - C à Vous - 15/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse partielle
L'utilisation du mot grand remplacement par Valérie Pécresse vous a conforté ?
- 1:18OuverteRéponse directe
Et avant de prendre votre décision, vous l'avez rencontré à plusieurs reprises.
- 1:28OuverteRéponse directe
Oui, parce que Gérard Larcher se souvenait très bien de vos critiques sur le budget 2020.
- 2:37OuverteRéponse partielle
Est-ce que si, par hypothèse, quelqu'un d'autre, une autre personnalité du parti que Valérie Pécresse avait été désignée, est-ce que vous auriez pu soutenir à ce moment-là le candidat ou la candidate désignée par LR ?
- 4:15OuverteRéponse partielle
Votre déception, votre désamour sont liés uniquement à une question de ligne ou de personne en d'autres termes.
- 5:53OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy, quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« Cette droitisation, je ne sais pas comment le dire, je suis un homme de droite, mais cette droitisation un peu extraite, l'obsession sécuritaire et l'obsession identitaire, c'est fondamental, mais ce n'est pas une vision du pays, c'est au fond une obligation. »
- 0:16Invité politiqueFait
« on ne doit pas être noyé sous une immigration qui diluerait notre identité. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Moi j'ai été dans l'opposition d'Emmanuel Macron sur un premier mandat, je ne suis pas dans l'opposition sur un deuxième mandat. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Je considère que ce qu'il a fait depuis deux ans dans la crise, quoi qu'on en dise dans la crise, est quand même plutôt bien, que c'était un bon président dans une crise extrêmement grave »
- 1:12Invité politiqueFait
« En plus, il est sincèrement réformateur. Donc je me dis que finalement, il est plutôt de droite. »
- 1:31Invité politiqueFait
« Bien sûr, mais il a raison, je n'ai pas voté les budgets. »
- 1:44Invité politiquePromesse
« J'ai envie de dire, il faut faire ce pari. »
- 1:50Invité politiqueFait
« J'ai l'intuition qu'Emmanuel Macron, il utilisera la liberté d'un deuxième mandat mieux que ne le ferait un nouveau président débutant. »
- 2:41Invité politiqueFait
« Mais je considère que l'intérêt national, grand mot, mais j'y crois quand même, l'intérêt national, il surplombe l'intérêt des partis. »
- 3:06Invité politiqueChiffre
« Au moment des Européennes, on a fait 8% en allant dans le mur. »
- 3:20Invité politiqueFait
« Zemmour n'aurait pas dû naître. Il n'aurait jamais dû émerger si on avait tenu fermement à la fois le centre droit et à la fois le centre, la droite un peu radicalisée de LR. »
- 3:42Invité politiqueFait
« Si ça a été le cas, c'est qu'on était incapable d'avoir la force, peut-être par manque de travail ou simplement par manque de ligne idéologique, clairement comprise par les Français. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Le débat a été tronqué, et aujourd'hui, malheureusement, le débat n'est pas favorable aux Républicains, pour une raison assez claire, les Républicains sont faibles, faibles en termes idéologiques »
- 5:41Invité politiqueFait
« Le mur d'investissement pour le changement climatique, ou la transition sociale, qui doit accompagner tout cela, comme le changement numérique, il est absolument gigantesque. »
- 7:30Invité politiqueFait
« Je ne crois pas. Je n'ai pas eu l'impression. Je n'en sais rien. Peut-être. C'est possible. Il y a du machisme en politique, comme il y en a ailleurs. »
Temps de parole
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Cette droitisation, je ne sais pas comment le dire, je suis un homme de droite, mais cette droitisation un peu extraite, l'obsession sécuritaire et l'obsession identitaire, c'est fondamental, mais ce n'est pas une vision du pays, c'est au fond une obligation. Ça va de soi qu'il faut assurer la sécurité des uns et des autres, ça va de soi, on ne doit pas être noyé sous une immigration qui diluerait notre identité.
L'utilisation du mot grand remplacement par Valérie Pécresse vous a conforté ?
Valérie a voulu dire le contraire, dont acte simplement l'utilisation des mots des adversaires n'est évidemment jamais une bonne chose. Il y a certains quartiers où c'est invivable, tout ça est vrai, mais ce n'est pas une vision pour nos enfants, il y a beaucoup d'autres choses à apporter dans une vision, c'est une obligation de délivrance. Le gouvernement là-dessus, d'ailleurs, probablement n'a pas été aussi loin qu'il aurait dû l'être. Moi j'ai été dans l'opposition d'Emmanuel Macron sur un premier mandat, je ne suis pas dans l'opposition sur un deuxième mandat.
Je considère que ce qu'il a fait depuis deux ans dans la crise, quoi qu'on en dise dans la crise, est quand même plutôt bien, que c'était un bon président dans une crise extrêmement grave, peut-être on peut parler des détails sur les masques, etc. Mais enfin globalement, il a quand même bien tenu la maison et que sur le plan international, il a eu une bonne occasion. En plus, il est sincèrement réformateur. Donc je me dis que finalement, il est plutôt de droite. Moi je considère qu'il est plutôt de droite.
Et avant de prendre votre décision, vous l'avez rencontré à plusieurs reprises.
Oui, oui, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. C'est une évolution qui a duré cinq ans. Ça ne s'est pas fait comme ça.
Oui, parce que Gérard Larcher se souvenait très bien de vos critiques sur le budget 2020.
Bien sûr, mais il a raison, je n'ai pas voté les budgets. C'est pour ça que je suis bien dans l'opposition. Il n'y a pas de sujet sur ce premier mandat. Mais il y a quand même un espoir, un enthousiasme, une manière de voir le pays. J'ai envie de dire, il faut faire ce pari. Et le deuxième mandat n'est pas le premier. J'ai l'intuition qu'Emmanuel Macron, il utilisera la liberté d'un deuxième mandat mieux que ne le ferait un nouveau président débutant. On ne peut pas changer frénétiquement de président tous les cinq ans. Il était débutant il y a cinq ans. Oui, justement. Quand vous embauchez quelqu'un, à un moment donné, vous aimez bien quand même l'avoir, notamment lorsqu'il a l'expérience.
Il y a deux personnes qui ont une grosse expérience. Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy. Que vous avez appelé pour l'alerter. Et Emmanuel Macron. Nicolas Sarkozy ne sera pas candidat. Et Emmanuel Macron l'est. Et donc, je pense qu'il faut faire confiance à cela. Rompre les codes. J'ai sans arrêt entendu ma famille politique dire, le politiquement correct, ça suffit. Je n'ai pas été politiquement correct. Ça ne m'est pas arrivé souvent. Ça ne m'est pas arrivé souvent. Je ne suis pas un transgressif de nature. Honnêtement, ce n'est pas un chemin facile. Ce n'est pas un chemin facile.
Mais je considère que l'intérêt national, grand mot, mais j'y crois quand même, l'intérêt national, il surplombe l'intérêt des partis. Je ne suis pas le premier à le dire, mais je suis probablement un des premiers dans cette élection à le faire. Donc, attention aux troupeaux. Alors, quand vous éloignez du troupeau, c'est sûr, on vient vous mordre, on attend que vous souffriez, que ci, que ça. Puis, tout d'un coup, le troupeau, il se dit, oulala, moi, je vais dans le mur et je ne vais pas y aller comme ça. Au moment des Européennes, on a fait 8% en allant dans le mur. On savait qu'on allait dans le mur avec François-Xavier Béhami, qui en lui-même n'est pas en cause.
Mais de camper à l'extrême droite de notre formation politique empêchait de revenir. Et d'ailleurs, en réalité, Zemmour est né. Zemmour n'aurait pas dû naître. Il n'aurait jamais dû émerger si on avait tenu fermement à la fois le centre droit et à la fois le centre, la droite un peu radicalisée de LR. On n'aurait pas dû laisser une série de gens partir chez Macron et une autre partie partir chez Zemmour. Si ça a été le cas, c'est qu'on était incapable d'avoir la force, peut-être par manque de travail ou simplement par manque de ligne idéologique, clairement comprise par les Français. Je me suis battu de l'intérieur. Je n'ai pas réussi à faire évoluer cela.
Valérie Pécresse comme Xavier Bertrand sont partis. Ils sont partis pour les mêmes raisons. Et Valérie d'ailleurs en contrat cyclique, puisque Laurent Wauquiez était parti. Moi, j'ai pensé qu'on pouvait changer les choses de l'intérieur et rétablir un équilibre dans notre formation politique. Donc, acte, Valérie y est revenue, Xavier y sont revenus essentiellement pour défendre leur propre candidature.
– Votre déception, votre désamour sont liés uniquement à une question de ligne ou de personne en d'autres termes. Est-ce que si, par hypothèse, quelqu'un d'autre, une autre personnalité du parti que Valérie Pécresse avait été désignée, est-ce que vous auriez pu soutenir à ce moment-là le candidat ou la candidate désignée par LR ?
– Je n'ai pas pris position dans la petite primaire, une sorte de mini-primaire qui est restée quand même un peu au niveau des pâquerettes. Sur le sécuritaire, personne n'a donné sa vision, aucun des candidats. Je les aime bien, je n'ai pas de problème avec ça. Les candidats, je n'ai aucun problème. Non, la primaire elle-même, parce qu'elle entraînait en réalité, chacun a ressassé la même idée, à se caler au fond sur le plus radical. Ils sont tous calés sur Eric Ciotti, ce qui était quand même une drôle d'idée.
Et ils auraient pu dire aux journalistes à un moment donné, Madame, Monsieur le journaliste, je vais d'abord, avant de vous demander si je diminue de 2,5% la cotisation sociale de ci ou de ça, je vais vous dire ce que sera la France de Valérie Pécresse, ce que sera la France de Xavier Bertrand, et en quoi les mesures que je vais prendre conduiront à la construction de cette France-là. On n'a pas eu ce débat, le débat a été tronqué, alors ils ne sont pas en guirlandais, mais ce n'est pas suffisant.
Le débat a été tronqué, et aujourd'hui, malheureusement, le débat n'est pas favorable aux Républicains, pour une raison assez claire, les Républicains sont faibles, faibles en termes idéologiques, et probablement faibles dans l'incarnation, dans une période extraordinairement forte, dans une période où les défis à relever, ils sont gigantesques. Le mur d'investissement pour le changement climatique, ou la transition sociale, qui doit accompagner tout cela, comme le changement numérique, il est absolument gigantesque. Personne d'autre n'aurait pu vous faire rester à LR.
Nicolas Sarkozy, quoi ?
Non, je pense qu'il aurait fallu à ce moment-là avoir, sur le fond, au moins, moi, je ne suis pas candidat, donc j'attendais, quand vous avez un leader, c'est vrai, une fois que vous prenez un peu d'âge, vous attendez un peu de choses, quoi, pour avoir un leader. Quand vous avez 25 ans, vous suivez plus facilement les gens. Quand vous êtes un peu plus âgé, l'expérience égale exigence. Donc il y a une exigence pour le pays, une exigence de la part du leader aussi, qui doit dire les choses, qui doit les comprendre. Le meeting de Valérie, sa forme a été très critiquée. Je ne vais pas revenir là-dessus.
Et compris dans son propre camp.
Oui, bien sûr, mais les gens, ils parlent derrière. Moi, je ne parle pas derrière, je parle devant. Le meeting, la forme dit quelque chose du fond, un peu. Et si vous dites des choses pas bien, c'est qu'au fond, vous ne les sentez pas bien. et qu'on ne peut pas faire un meeting.
Elle a reconnu des défauts. C'est la sincérité dont ont parlé quelques élus LR ?
Moi, j'aime bien Valérie Pécresse.
Vous pensez qu'elle n'est pas en adéquation avec ce qu'elle dit ?
Je pense qu'elle devrait, au fond, dire in fine ce qu'elle pense. Et se détacher peut-être de l'entourage, peut-être se détacher de ce qu'elle croit être la pensée de l'électorat. Enfin, ce n'est plus à moi de lui donner des conseils. Mais je pense qu'en réalité, on a un président prêt à servir dans un monde extraordinairement compliqué. Et que ce serait, à partir du moment où il était plutôt bon dans les deux dernières années de mandat, où il l'apprend vite, où il a une envie de réformer, en tout cas, je pense qu'elle est sincère, qu'enfin, on engage la réforme de ce pays.
Juste une question sur Valérie Pécresse, qui a reconnu des défauts dans la forme et qui a fustigé la misogynie en politique. Elle n'est pas seule à avoir relevé cette misogynie. Elle a été victime d'un machisme ambiant, et particulièrement un machisme ambiant en politique ?
Je ne crois pas. Je n'ai pas eu l'impression. Je n'en sais rien. Peut-être. C'est possible. Il y a du machisme en politique, comme il y en a ailleurs. Il y en a moins, d'ailleurs. Il y a beaucoup de femmes, aujourd'hui, qui sont élues, et c'est très, très, très bien. J'ai une femme qui m'a succédé à la mairie de Chantilly. La présidente de mon département est une présidente. Et c'est parfait, mais la question ne se pose plus de savoir si c'est un homme ou si c'est une femme.
Pourtant, c'est exactement ce qu'ont dit certains hommes de son camp. Écoutez-les.
Ils ont tort.
On a parlé du discours d'Ali Pécresse, qui est un discours long, précis, humain. Celui qu'une femme tient, et c'est assez différent d'un homme. Permettez-moi de vous le dire.
Ne demandez pas à une femme ce qu'on demanderait à un homme. Peut-être qu'effectivement, il y a moins d'emportés lyriques.
Peut-être que c'est plus difficile de monter la voix. On ne peut pas demander à une femme qui est candidate et qui peut être élue présidente de la République. C'est ce que je souhaite. Le même ton, les mêmes mots qu'un homme.
On ne peut pas demander à une femme de dire les mêmes mots qu'un homme. Michel Barnier.
Si, si, bien sûr. Heureusement, une femme, ça peut être conducteur de bus, et un homme est conducteur de bus. Moi, je ne fais pas de différence professionnelle. Il y a des différences de sensibilité, j'espère, parfois, entre les hommes et les femmes. Et c'est tant mieux. Mais ça fait l'humanité. Mais ce n'est pas du tout un sujet. Ils ont évidemment tort de dire cela. Maintenant que Valéry joue sur sa féminité par rapport à... Alors, il y a aussi d'autres femmes qui sont candidates. Mais ça me semble être assez naturel. Mais ses propos ne tiennent pas à sa féminité. Sa capacité à être plus ou moins bonheur autrice ne tient pas à ça non plus. C'est autre chose.
On ne peut pas être candidat à l'élection présidentielle comme ça. Il faut beaucoup de courage pour être candidat à l'élection présidentielle. Il faut être candidat.