Claire Gibault - À la baguette ! S2E1 - Les femmes dans la musique classique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Fait
« J’ai commencé à diriger à l’âge de 13 ans et j’ai pu entrer au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en classe de direction d’orchestre et obtenir un premier prix. »
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« Mais j’avais l'aura d'être l'assistante de Claudio Abbado et à Berlin la même chose. J'avais une caution formidable et ça compte d'avoir un mentor de cette dimension. »
- 5:00Fait
« Il ne me viendrait pas à l'idée de créer un orchestre composé de femmes. »
- 6:00Promesse
« Avec Laurent Bayle et Emmanuel Hondré, on s'est dit que nous ne pouvions pas attendre cinquante ans que l'on arrive à un rapport d'équité entre hommes et femmes dans ce métier ! »
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« On s'est dit : « On va faire un concours ! » »
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« Il y a une prise de conscience et un effet Maestra avant que le concours ait lieu. »
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« Si vous voyez les programmations, si vous comptez le nombre de cheffes, de solistes, de compositrices... Vous vous dites qu'il n'y a vraiment pas beaucoup d'opportunités pour les femmes de développer une carrière. »
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« Il n'y en a qu'une seule depuis septembre à Avignon, c'est Debora Waldman. »
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J’ai eu beaucoup de chance parce qu’à l’âge de 4 ans j’étais dans la classe de solfège de mon père et j’ai tout de suite été au piano à 5 ans, au violon à 7 ans, à la classe d’orchestre à 13 ans, puis au violon solo...
J’ai commencé à diriger à l’âge de 13 ans et j’ai pu entrer au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en classe de direction d’orchestre et obtenir un premier prix, ce qui était tellement rare à l’époque que ça m’a valu la une de France Soir où il y avait « Un homme a marché sur la Lune » - c’était Neil Armstrong - et en dessous ma photo avec « Une femme a dirigé un orchestre ». C’était assez incroyable ! J’ai assisté Claudio Abbado à la Scala de Milan, à Covent Garden à Londres, à la Philharmonie de Berlin...
Quand j'ai dirigé les musiciens de la Scala, ils ont été très respectueux avec moi, il n’y avait aucun problème. Mais j’avais l’aura d’être l’assistante de Claudio Abbado et à Berlin la même chose. J’avais une caution formidable et ça compte d’avoir un mentor de cette dimension. « Je voulais vous dire qu’il faut être plus actif quand vous attaquez les levées avec le sforzato.
Parce que vous restez un peu prudent et un peu trop classique ! » Mais il y a quelque fois eu d’autres orchestres pour qui ça paraissait saugrenu... et ça paraissait déplacé...
ça ne paraissait pas sérieux...
ça paraissait comme une espèce d’anecdote. Donc ça rend le travail difficile parce qu’au lieu de vous concentrer sur votre interprétation musicale et sur l’organisation de la répétition, vous êtes obligées de gérer des problèmes psychologiques. Naturellement j’aime la parité : il ne me viendrait pas à l’idée de créer un orchestre composé de femmes.
Avant de créer ce concours de cheffes d’orchestre, j’ai hésité, je me suis posée plein de questions : est-ce que ça rendra vraiment service aux femmes ? Est-ce que ça va développer leurs carrières ? Mais vu la lenteur de l’évolution des statistiques qui donnaient une présence des femmes invitées comme cheffe d’orchestre très faible, autour de 4%, avec Laurent Bayle et Emmanuel Hondré, on s'est dit que nous ne pouvions pas attendre cinquante ans que l'on arrive à un rapport d’équité entre hommes et femmes dans ce métier !
Donc on s’est dit : « On va faire un concours ! » J’ai l’impression que ce concours La Maestra a titillé tout le monde et que personne ne veut être en reste... et tant mieux !
Il y a une prise de conscience et un effet Maestra avant que le concours ait lieu. Ce n’est pas avec le public qu’il y a un frein. Le public aime autant les hommes que les femmes à la direction musicale.
Mais il faut déjà arriver devant l’orchestre et ça c’est la responsabilité des programmateurs et des agents. C’est eux que nous voulions toucher en premier. Si vous voyez les programmations, si vous comptez le nombre de cheffes, de solistes, de compositrices...
Vous vous dites qu’il n’y a vraiment pas beaucoup d’opportunités pour les femmes de développer une carrière. Si, il y en a quelques unes, une dizaine qui parcourt le monde, comme Nathalie Stutzmann, Marin Alsop, Susanna Mälkki...
C’est une joie, mais elles sont peu nombreuses. S’il y avait la parité hommes femmes dans les jurys de direction d’orchestre, ça aiderait déjà beaucoup. Pour la première fois, La Maestra avait la présidence du Concours par une femme et je pense qu'il faudrait le faire plus souvent.
Parce que créer des rôles modèles pour les jeunes c’est très important. Il faut avoir beaucoup de courage - ou tout du moins recevoir des encouragements - pour oser s’imposer dans des carrières de prestige. On a prévu de faire deux éditions du concours et puis on fera une analyse des résultats et on verra s’il y a encore un long chemin à parcourir, si des femmes sont vraiment programmées et si des femmes sont nommées à la direction des orchestres permanents, puisque l'on sait qu’en France il n'y en a qu’une seule depuis septembre à Avignon, c’est Debora Waldman.
Il ne faut pas se laisser intimider par certains ou certaines qui pensent que faire un concours réservé aux femmes c’est de la ghettoïsation...
Personne ne s’est posé la question quand il n'y avait que des hommes dans les concours. Je pense qu’il faut avoir vécu cette lutte, cette conquête d’un poste, pour savoir à quel point c’est crucial de faire ce Concours.
Claire Gibault