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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 30 janvier 2025 7 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsSanté

Budget de l'hôpital public : "Nous finançons les revalorisations de salaires, mais sans crédits en face, nous créons des déficits", alerte la Fédération hospitalière de France

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Défensif 50 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:07PrésentateurFait
    « Je crois que les déficits ont doublé en deux ans. »
  • 2:10InvitéChiffre
    « Clairement, le déficit devrait atteindre, alors je reste prudente, devrait atteindre 3,5 milliards en 2024. »
  • 2:28InvitéFait
    « Un doublement, quasi un doublement entre 2019 et 2022. »
  • 2:36PrésentateurFait
    « Comment vous expliquez ces déficits qui ne cessent de se creuser ? »
  • 2:54InvitéFait
    « Parmi les deux causes principales, il y a le sous-financement cumulé de l'inflation. »
  • 3:02InvitéChiffre
    « Rien que pour l'hôpital public, c'est 1,3 milliard d'euros. »
  • 3:26InvitéFait
    « Sachant que l'hôpital fonctionne H24. »
  • 3:37InvitéFait
    « Tous les produits sont concernés. »
  • 3:50InvitéFait
    « Ce milliard, il est nécessaire, mais il n'est pas suffisant. »
  • 4:08PrésentateurFait
    « Les gouvernements successifs ont effectivement revalorisé les salaires du personnel hospitalier. »
  • 6:30PrésentateurFait
    « Donc, vous demandez plutôt 1,8 milliard, plutôt qu'1,3 milliard, si je vous entends bien. »

Temps de parole

  • Invité59 %
  • Présentateur41 %

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0:00
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Sept sénateurs et sept députés sont depuis ce matin réunions en commission mixte paritaire pour tenter de trouver un accord sur le budget 2025 et éviter ainsi une nouvelle fois la censure. Et parmi ceux qui, sur le papier en tout cas, obtiennent des crédits supplémentaires, il y a les hôpitaux publics. Promesse d'un milliard d'euros en plus, formulée par le Premier ministre François Bayrou. Bonsoir Zaina Brier. Bonsoir. Vous êtes la déléguée générale de la Fédération hospitalière de France. 4800 établissements sanitaires, sociaux, médico-sociaux. La moitié des places en EHPAD.

Un milliard supplémentaire, je le disais, a été promis au total aux hôpitaux publics dont les déficits ne cessent de se creuser. 3,5 milliards au total pour l'an dernier. 500 millions rien que pour l'APHP, les établissements publics parisiens. Aujourd'hui, ce milliard en plus, est-ce une bouffée d'oxygène ? Est-ce que les établissements publics hospitaliers que vous représentez en avaient vraiment besoin ?

0:57
Invité

Oui, ils en ont réellement besoin. Et je dois dire qu'il faut absolument que ça leur soit totalement infecté. Il n'y a pas de raison. Sait-on jamais. Mais peut-être rappeler la gravité de la situation, si vous le permettez, et rappeler aussi ce que représente l'hôpital public. Parce que ça permet aussi de cerner quels sont les enjeux au moment même où nous avons la grippe qui sévit, et au moment même où nous voyons combien la grippe qui frappe, frappe aussi, crée des tensions dans les hôpitaux publics. Et pourquoi ? Alors d'abord dire qu'aujourd'hui, l'hôpital public, c'est 85% des patients qui sont accueillis la nuit et le week-end.

C'est aussi plus de 85% des patients qui sont hospitalisés via les urgences. Et donc c'est aussi, aujourd'hui nous avons en France 21 millions de passages aux urgences, et l'hôpital public assure plus de 80%, 89% des prises en charge aux urgences. Et donc, une fois qu'on a dit cela, vous évoquiez la situation financière.

2:01
Présentateur

Qui est effectivement catastrophique avec des déficits. Je crois que les déficits ont doublé en deux ans. Ils ont doublé deux fois en l'espace de quatre ans. Et ça, ce n'est pas de la mauvaise gestion. C'est ça que vous êtes en train de nous dire, Zénarie. Ah oui, clairement.

2:14
Invité

Clairement, le déficit devrait atteindre, alors je reste prudente, devrait atteindre 3,5 milliards en 2024. Un doublement, quasi un doublement entre 2019 et 2022. Et quasi un doublement entre 2022 et 2023.

2:31
Présentateur

Et donc ça, ça veut dire que l'argent public, ce n'est pas que vous le gérez mal. Comment vous expliquez ces déficits qui ne cessent de se creuser ? J'ai rappelé les chiffres, 500 millions d'euros rien que pour la PHP.

2:44
Invité

Oui. Ils sont vertigineux ces chiffres ? Tout à fait. Ils sont vertigineux et ils sont liés à des causes à la fois conjoncturelles et externes. Vous allez vite comprendre. Parmi les deux causes principales, il y a le sous-financement cumulé de l'inflation. Rien que pour l'hôpital public, c'est 1,3 milliard d'euros.

3:05
Présentateur

Ça veut dire que vous avez subi une hausse des prix de tous les équipements que vous commandez au quotidien et que l'État vous a sous-doté en parallèle, c'est ça que vous dites ?

3:18
Invité

Alors, l'État a compensé, mais pas suffisamment. Peut-être qu'il y a sous-compensé. Voilà. Donc ça, l'inflation. Vous avez subi l'inflation comme tout le monde. Oui. Sachant que l'hôpital fonctionne H24. Que par ailleurs, vous avez l'inflation sur les énergies, vous avez l'inflation sur les matériaux, les matières premières, les produits. Tous les produits sont concernés. Et donc, ce milliard, j'imagine que...

3:39
Présentateur

1,3 milliard. Ce milliard, donc plus d'un milliard.

3:43
Invité

C'est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant ? Alors, ce milliard, il est nécessaire, mais il n'est pas suffisant. Pourquoi ? Parce que l'inflation, rien que nous, c'est 1,3 milliard. Mais si on prend l'ensemble des établissements de santé, tout statut confondu, c'est 1,8 milliard. Et à cela s'ajoute la revalorisation des rémunérations qui étaient certes attendues et certes nécessaires, mais qui, hélas, n'ont pas été compensées ni financées dans leur intégralité.

4:08
Présentateur

Parce que les gouvernements successifs ont effectivement revalorisé les salaires du personnel hospitalier. On pense au Ségur de la santé. On pense à la revalorisation des heures de nuit. Ça veut dire qu'aujourd'hui, ces revalorisations de salaires, vous ne pouvez pas les financer. En tout cas, vous avez du mal à les financer.

4:27
Invité

Alors, nous les finançons. Seulement, comme nous les finançons et nous n'avons pas forcément les crédits en face, nous créons des déficits.

4:34
Présentateur

Et s'il y a quand même des points positifs, puisqu'il faut quand même en parler, le résultat de ça, c'est que vous avez moins de mal à recruter qu'il y a quelques années. Il y a moins de postes vacants. Il y a moins d'absentéisme également.

4:46
Invité

Tout à fait. Vous avez raison de souligner ces points. Alors, il y a plusieurs points positifs. Celui que vous venez d'évoquer, puisque nous constatons une chute de 50% du nombre de postes vacants d'infirmières. Et ça, c'est lié directement, vous pensez Zéna Brié, aux revalorisations salariales. Oui, tout à fait. Et puis, le deuxième point, c'est que nous avons aussi une chute de l'absentéisme. De l'absentéisme, là, quasiment presque de deux points. Et là encore, c'est lié aux recrutements qui ont été effectués, puisque plus on recrute, plus on peut assurer les remplacements durant les congés et durant les périodes de formation.

5:24
Présentateur

Et donc, vous demandez aujourd'hui d'avoir des financements à la hauteur des enjeux, avec notamment une loi de programmation qui s'étalerait donc pour plusieurs années, comme il en existe dans le domaine militaire, par exemple.

5:36
Invité

Oui, mais si vous permettez, tout à l'heure, vous m'avez demandé le milliard supplémentaire. Je vous ai dit, oui, ça va nous donner de l'oxygène, mais ça nous donnera encore plus d'oxygène si c'est ciblé sur deux aspects. Le premier, sur des disciplines médicales qui sont sous-financées. Il faut que ce soit bien fléché. Oui, c'est-à-dire, et ça, c'est important de le préciser, parce que ce sont les disciplines où nous avons accusé un retard durant le Covid. Donc, ce sont de l'hospitalisation en médecine, médecine neurologique, gastro-entérologique, enfin, toutes les disciplines de médecine où là, en plus, on accueille des patients lourds et complexes. Et c'est aussi la chirurgie de recours.

Exemple de chirurgie de recours, les transplantations d'organes et les greffes.

6:23
Présentateur

Et donc, ce sont sur ces domaines-là, en priorité, que doivent aller les crédits que vous demandez. Donc, vous demandez plutôt 1,8 milliard, plutôt qu'1,3 milliard, si je vous entends bien.

6:36
Invité

Nous, nous ne sommes concernés par 1,3 milliard, mais il faudra bien abonder l'ONDA, mais ce serait bien de pouvoir l'abonder d'1,8 milliard.

6:42
Présentateur

Et donc, avec une loi de programmation dans le domaine de la santé. Merci beaucoup, Zéna Brié, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.

Budget de l'hôpital public : "Nous finançons les revalorisations de salaires, mais sans crédits en face, nous créons des déficits", alerte la Fédération hospitalière de France · Pourquijevote