E. Macron & Jordan Bardella : plongée au cœur de leurs stratégies politiques
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:38OuverteRéponse directe
C'est une question que vous vous posez ?
- 2:46OuverteRéponse partielle
Pourquoi ce type qui était plus intelligent que tous les autres présidents, pourquoi ça se finissait toujours mal ?
- 4:22OuverteÉludée
Comment ne pas faire de psychologie quand, à l'issue d'une campagne qui n'a pas eu lieu, mais qu'il a gagnée ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Sur la créature Bardella : comment expliquez-vous cette émancipation ?
- 8:59OuverteRéponse directe
Son programme a-t-il évolué par rapport à celui de Marine Le Pen ?
- 13:05OuverteRéponse directe
Quelle est la crédibilité internationale de Jordan Bardella ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« Beaucoup décrivent un homme qui est toujours dans la démonstration de sa supériorité, personnalité narcissique, ce que disent à la fois François Hollande et Daniel Cohn-Mendit. »
- 0:08Invité politiqueFait
« Un roi soleil qui tient toujours à montrer qu'il est le plus fort, qui n'écoute pas les avis extérieurs, qui se surestime électoralement, on l'a vu aux européennes, juste avant la dissolution. »
- 0:19Invité politiqueFait
« C'est un cauchemar insupportable, paraît-il. Mais est-il vraiment responsable de tous les malheurs du pays ? A-t-il le dos si large ? »
- 2:23InvitéFait
« C'est un diplomate ou une diplomate qui a accompagné Emmanuel Macron dans tous les grands sommets et qui nous a expliqué dans le détail qu'il était dix fois plus fort que les autres chefs d'État qui étaient autour de la table. »
- 3:15InvitéFait
« Il l'a quitté. Pourquoi ? Il a dit parce qu'il n'y a plus d'avocats du diable autour de lui. »
- 3:30InvitéFait
« Et pourtant, il y a eu une succession de circonstances incroyables avant son élection. »
- 7:10PrésentateurFait
« Il se prépare, il enchaîne les rendez-vous, les tournées de dédicaces de son deuxième livre et il cherche à cocher toutes les cases du parfait présidentiable. »
- 9:05PrésentateurFait
« Son programme n'a pas évolué. Il est toujours fondé sur la préférence nationale. Il promet toujours la fin du droit du sol. »
- 13:11InvitéFait
« Quand on l'écoute, par exemple, parler de Donald Trump, il va louer le président américain, ce qui, d'ailleurs, ne fait pas du tout l'unanimité auprès des électeurs RN. »
- 13:19InvitéChiffre
« Selon un sondage politico, seuls 30% d'entre eux ont une opinion favorable de Donald Trump. »
Temps de parole
- Présentateur46 %
- Invité14 %
- Invité 214 %
- Invité 313 %
- Emmanuel Macron6 %
- Invité 44 %
- Invité 53 %
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Beaucoup décrivent un homme qui est toujours dans la démonstration de sa supériorité, personnalité narcissique, ce que disent à la fois François Hollande et Daniel Cohn-Mendit. Un roi soleil qui tient toujours à montrer qu'il est le plus fort, qui n'écoute pas les avis extérieurs, qui se surestime électoralement, on l'a vu aux européennes, juste avant la dissolution, et qui ne supporte pas l'idée, raconte l'un de vos interlocuteurs, la perspective d'être accompagnée par Marine Le Pen sur le perron de l'Elysée en printemps 2027. C'est un cauchemar insupportable, paraît-il. Mais est-il vraiment responsable de tous les malheurs du pays ? A-t-il le dos si large ?
C'est une question que vous vous posez. C'est une question. Je veux bien répondre.
On peut y répondre parce que vous reconnaissez quand même qu'il y a quelques réussites avancées non négligeables, en tout cas, dans son deuxième mandat, à partir de sa réélection en 2022. Il n'empêche, vous dressez un réquisitoire d'une sévérité folle à l'égard d'Emmanuel Macron. D'abord, ce titre. C'est quoi ? C'est de la provocation ? C'est volontairement excessif ? Je vous dirais déjà qu'à Caligula, c'était déjà pris. Camus, c'est un de mes livres préférés. Non, ensuite, il y a eu un précédent livre qui était « Pourquoi tant de haine, Emmanuel Macron ? » Et Emmanuel Macron s'était moqué de nous. Il disait « Regardez, j'ai été réélu. Qu'est-ce que vous me racontez ? Qu'il y a de la haine ?
Pour moi, un rejet ? » « Rejet ? Il est où, le rejet ? » Il y a un moment, c'était insupportable, ce déni. Donc, on est passé de la déception à la colère, à la rage même, parce qu'on voyait qu'il nous conduit au Front National. C'est-à-dire tout droit. Donc, il fallait parler assez fort, faire un titre électrochoc pour dire « Maintenant, ça suffit, quoi. Il nous reste un peu plus d'un an. Stop. » De la rage, de la colère, de la rage. La remarque de Patrick et la bonne. Nous aussi, on a toujours été contre la psychologisation. Toujours, toujours, toujours. Il ne faut pas faire de la psychologisation. Mais le problème, c'est qu'on ne comprend plus rien depuis 2022. C'est ça, le problème.
C'est pourquoi, après cette présidentielle, qu'il a gagné, qu'il a incroyablement gagné, alors le contexte, on peut revenir dessus, mais il l'a gagné. Pourquoi, après le deuxième tour de la présidentielle de 2019, pourquoi tout se passe mal ? Pourquoi toutes les décisions sont à contre-temps ? Et l'explication, elle est pathologique ? Il y a un témoignage qui m'a ultra frappé, peut-être le témoignage qui m'a plus frappé dans tout le livre.
C'est un diplomate ou une diplomate qui a accompagné Emmanuel Macron dans tous les grands sommets et qui nous a expliqué dans le détail qu'il était dix fois plus fort que les autres chefs d'État qui étaient autour de la table, qu'il connaissait tous les dossiers par cœur, qu'il était beaucoup plus balesqueux, plus intelligent, et que ça se finissait toujours mal. Et qu'elle ne comprenait pas pourquoi ce type qui était plus intelligent que tous les autres présidents, pourquoi ça se finissait toujours mal.
Parce qu'il le fait savoir, parce qu'il le montre trop. Peut-être. C'est une partie de l'explication.
L'autre explication, c'est qu'il prend les autres pour des idiots. En tout cas, il pense qu'il doit faire tout et le reste et que les autres ne comprennent pas, ne suivent pas. Et en même temps, il faut jouer toujours le coup gagnant. Le coup gagnant, et puis, il y a un témoignage aussi qui est passionnant. Moi, je trouve Giral Bronner, le sociologue que vous avez reçu ici plusieurs fois, qui est vraiment le plus grand sociologue français et qui a accompagné Macron pendant un bout de temps. Il l'a quitté. Pourquoi ? Il a dit parce qu'il n'y a plus d'avocats du diable autour de lui. Oui, premier point. Deuxième point, c'est qu'il ne croit pas à la chance.
C'est-à-dire qu'il croit que tout lui est dû. Je veux dire, tout lui revient. S'il a gagné les deux fois, c'est grâce à lui. Ce n'est pas à l'issue d'un concours de circonstances. C'est qu'il est tellement supérieur. Et pourtant, il y a eu une succession de circonstances incroyables avant son élection. La première, en tout cas en 2017. Ça, non, il ne reconnaît pas. Il ne reconnaît pas. Il pense qu'il doit tout à son talent. Oui, mais il a quand même été très fort à ce moment-là. C'est trop facile aujourd'hui. Moi, j'ai été le voir en 2016. Je me souviens toujours. J'ai été le voir en 2016. Moi, je le connaissais depuis très longtemps, depuis 2007. Donc bien avant tout ça.
J'ai été le voir en 2016. Je lui ai dit, mais tu vas te présenter à la primaire de la gauche. Tu vas te présenter à la primaire de la gauche. Et comme ça, tu seras bon pour 2022. Il m'a regardé avec des yeux. Il me dit, mais ce type est complètement stupide. C'est stupide ce qu'il m'a conseillé.
Et il vous a dit, non, on va gagner. Oui, oui.
Il m'a fait comprendre que c'était l'idée la plus stupide du monde. Et qu'effectivement, il allait se présenter et qu'il allait gagner. C'est en 2016. Et comment, justement, encore, comment ne pas faire de psychologie quand, à l'issue d'une campagne qui n'a pas eu lieu, mais qu'il a gagné, je veux dire, 2022, il doit nommer quelqu'un de droite, Mme Vautrin, qu'il prévient qu'il va la nommer, et qu'il nomme quelqu'un de gauche, je veux dire, Mme Borne, pour faire une politique de droite, et en même temps, lui, il liait les mains totalement, il n'a rien fait. Mais c'est pourquoi ? C'est parce qu'il est mal entouré qu'il est plus seul que tous les autres présidents de la République avant lui ?
Oui, bien sûr, ce n'est pas de l'isolement, c'est de la claustration. Oui, il est seul. Quand on connaît, Patrick connaît ça par cœur, quand on connaît les entourages de Mitterrand, de Chirac, de Giscard, ils avaient des cercles et des cercles de conseillers. Il y avait des adultes dans la pièce, comme on dit ? Des anciens, des collaborateurs, des anciens collaborateurs, des nouveaux collaborateurs, etc. Ils avaient des cercles et des cercles. Lui, il est volontairement tout seul. Il est volontairement tout seul. Il y a très peu de gens proches d'Emmanuel Macron, très peu. On va faire une interview de lui à l'Elysée sur l'industrie. Il a devant lui tous les dossiers, avec des fiches, etc.
Le staff de l'Elysée est dans notre dos. Pendant deux heures et demie, ils vont faire les chiens de voiture, comme ça, vous savez, formidable, on les sentait dans notre dos. Mais pendant deux heures et demie, il n'a pas consulté un seul dossier. Il n'a consulté personne. Et nous, on a réussi à poser trois questions en y allant au coupe-coupe. Le personnage est devenu hors sol complètement. Vous signez dans l'OPS une enquête consacrée à Jordan Bardella, qui, on le voit, prend de plus en plus d'espace, se cherchant une stature internationale, avec ce discours ferme à l'égard de Donald Trump.
Pendant ce temps-là, la candidate naturelle du RN à la présidence de la République joue sa survie politique devant la justice. Clairement, il avance ses pions, il se prépare. Vous écrivez carrément que le poulain de Marine Le Pen, lui, échappe. Ça, c'est une situation assez inédite.
Oui, on a voulu, avec Lucas Burel, faire cette enquête à ce moment-là sur la créature Bardella. On a titré la créature en une du Nouvel OPS parce que jusqu'ici, ça avait été quand même quelqu'un qui avait été choisi, porté par Marine Le Pen à la surprise générale, qu'elle a adoubé, qu'elle a fait grandir et qui aujourd'hui lui échappe, comme toute créature qui à un moment s'émancipe. C'était un plan B, il devient un plan A, alors même qu'elle n'a pas choisi.
Et si cette succession était inédite, la façon dont il s'impose à elle est aussi inédite puisqu'elle n'a pas choisi, évidemment, cette situation, ce choc, vous l'avez dit, des images entre elle sur le banc de son procès en appel en train de jouer sa survie politique et lui, qui travaille sa stature présidentielle, évidemment, ce n'est pas quelque chose qu'elle souhaite, c'est quelque chose qui lui est imposé, c'est inédit.
Il se prépare, il enchaîne les rendez-vous, les tournées de dédicaces de son deuxième livre et il cherche à cocher toutes les cases du parfait présidentiable. Et vous avez vu vraiment une mue, notamment sur les réseaux sociaux, qu'il investit beaucoup ?
Oui, alors ça peut paraître anecdotique parce que jusqu'ici, il reprenait tous les codes des jeunes à manger des bonbons toute la journée et à jouer un peu avec son image. Récemment, Lucie de Châteaubriand, il montre surtout ses grandes tournées de dédicaces, il découpe plus d'interventions très politiques. Moins de sport, moins de séance de sport. Un peu moins de sport, alors que son entourage nous dit que dès qu'il ne fait pas de sport une journée, il est vraiment très fatigué, il se sent très mal. Donc voilà, il y a cette volonté, évidemment, de travailler son image.
D'ailleurs, il l'a dit à Marine Le Pen, il a dit, moi, je ne pourrais pas me préparer en six mois, donc s'il faut que j'y aille, il faut que je puisse me préparer dès à présent. Et c'est ce qu'on voit, évidemment, ça crispe. En même temps, elle n'a pas trop d'autres choix aujourd'hui, mais il y a une certaine crispation, il y a un basculement, parce qu'il ne faut pas l'oublier, elle est, en ce moment, on l'a dit, en attente, elle est en train de jouer sa survie politique. Et donc, il est possible que Marine Le Pen soit finalement, qu'il soit, par exemple, raccourci à deux ans et qu'il lui permette d'être candidate à l'élection présidentielle.
Et c'est comme si cette hypothèse avait finalement... Était effacée. Était effacée, notamment chez les élites économiques. Et c'est là-dessus qu'on a beaucoup travaillé avec Lucas Purell.
Exactement. Comme si les élites économiques avaient, en quelque sorte, anticipé, considéré que ce serait Jordan Bardella qui, potentiellement, non seulement serait candidat, mais victorieux à la prochaine présidentielle. Résultat, une mue, également, chez Jordan Bardella, qui joue à fond la carte séduction face au patron.
Il y a quelque chose où il a singé cette droite patronale. Son programme n'a pas changé par rapport à celui que Marine Le Pen défendait il y a quelques mois. Son programme n'a pas évolué. Il est toujours fondé sur la préférence nationale. Il promet toujours la fin du droit du sol. Il est toujours en sade d'extrême droite. Mais les grands patrons entendent cette défense de Jordan Bardella. Quel contraste avec Marine Le Pen, qui, il y a dix ans, critiquait l'oligarchie mondialisée, la finance. Lui, il va dîner chez Alexandre Arnault, l'un des fils de Bernard Arnault, qui lui présente des amis.
On est dans un autre monde, comme si cette nouvelle génération aussi, parce que c'est aussi une nouvelle génération, ne voulait plus voir la radicalité du RN.
D'une façon générale, l'exception maintenant, ce sont les patrons qui ne rencontrent pas Jordan Bardella.
Oui, finalement.
Ce qui n'était pas le cas avec Marine Le Pen.
Non. Alors, Marine Le Pen, évidemment, avait initié ce travail de séduction. Elle a compris que c'était quelque chose qui lui manquait depuis longtemps. Ils l'ont initié à deux. Mais aujourd'hui, la question qui se pose chez les grands patrons, c'est faut-il ou non rencontrer Jordan Bardella ? On a appris, et on le raconte dans l'article du Nouvelle Obs, que l'AFEP, ce sorte de MEDEF pour les ultra-selects, pour les 117 plus grandes entreprises du CAC 40, a débattu récemment de l'idée ou l'opportunité ou non d'inviter Jordan Bardella. Et cette invitation, ce qu'on a appris, c'est qu'elle avait été défendue, poussée par Patrick Pouyanné, le PDG de Total. Donc, on est quand même...
Il a des relais qui sont extrêmement... Mais finalement, repoussé par Patricia Barbizet, qui est... Et finalement, repoussé tout à fait, parce que, notamment, l'attitude du RN au moment des débats budgétaires, où ils ont poussé en partie des hausses d'impôts, etc., n'avait pas plu au patronat, qui voit encore le signe d'incohérence. Mais il n'empêche que ces débats, il y a 4-5 ans, ils n'auraient jamais existé. Et donc, je pense que c'était important d'acter à un moment de bascule.
Il y a beaucoup... Il y a aussi une lecture qui dit « Bardella, c'est Mélanie, et Marine Le Pen, c'est Salvini. » Vous avez... Et tout le monde rêve de Mélanie, quoi. Le patronat rêve de Mélanie.
L'exemple italien est fondamental, parce que, à la fois, c'est le rêve de Jordan Bardella, pardon, je... Non, non, non, non, non, non. Je anticipe ce qu'Emilie voulait dire, mais à la fois, ça inspire beaucoup Jordan Bardella, qui voit évidemment un pouvoir à la fois quand même très ferme, toujours radical sur pas mal d'aspects intérieurs, mais qui a su se fondre dans l'Union européenne, qui a su se défendre et s'insérer dans le concert des nations. Et en même temps, il participe de la dédiabolisation aux yeux du patronat, qui se dit finalement « Est-ce que le Rassemblement national ne serait pas à la droite d'hier ? Est-ce qu'il ne se comporterait pas comme Georgia Mélanie ?
» Oubliant de dire que si Mélanie, elle adopte cette attitude vis-à-vis de l'Europe, c'est qu'elle a besoin des milliards du plan de relance, et qu'elle est seule aujourd'hui avec Viktor Orban. L'équilibre changerait évidemment radicalement si un pays comme la France arrivait avec un parti d'extrême droite à Bruxelles demain.
– La différence aussi avec Marine Le Pen, c'est que Jordan Bardella a un rapport plus décomplexé avec l'argent, voire avec le luxe, est-ce que vous vous rappelez ?
– Oui, en tout cas, on a voulu pointer une certaine dichotomie, un certain double langage sur le récit qui est fait de Jordan Bardella. Évidemment, il met en avant le fait qu'il ait grandi en Seine-Saint-Denis, que sa mère travaille dans les écoles maternelles, etc., qui est une partie de la vérité, bien sûr, mais ce qu'on observe aussi, c'est qu'aujourd'hui, Jordan Bardella, il fréquente de beaux établissements du 7e arrondissement, il embarque sur des yachts à Ramatuel, à Saint-Tropez, il fait la fête avec des Miss France. Il y a une fascination pour un certain luxe, en tout cas… – Pour les paillettes. – Un truc de G7 et paillettes, voilà. – C'est bling-bling, il y a quelques années.
– Une droite bling-bling, quoi, c'est un peu ça. On sent qu'en tout cas, il n'y est pas du tout insensible et ça tranche un peu. Alors, avec l'image, il faut prendre du recul, mais que Marine Le Pen s'est partiellement construite… – Oui, c'est pas très édimbo. – Voilà, c'est pas très édimbo, mais c'est peut-être pas un peu plus montre-tout, ou pas ailleurs. Donc voilà, il faut évidemment prendre du recul avec ce qu'on pose. En tout cas, les proches de Marine Le Pen disent, vous voyez, c'est quand même un peu le signe que Marine Le Pen n'aurait pas fait ça. Elle, elle achète ses vêtements chez… – Chez Kiabi et ses meubles chez Ikea.
– Ce qui montre aussi les tensions, en tout cas, la petite jalousie qu'il peut y avoir, parce qu'elle ne bénéficie pas de ce réseau-là.
– Non, ma question portait sur la crédibilité de Jordan Bardella à l'international, parce que là aussi, il n'y a pas vraiment de cohérence. Quand on l'écoute, par exemple, parler de Donald Trump, il va louer le président américain, ce qui, d'ailleurs, ne fait pas du tout l'unanimité auprès des électeurs RN. Selon un sondage politico, seuls 30% d'entre eux ont une opinion favorable de Donald Trump. Alors, on se demande qui est vraiment Jordan Bardella. Est-ce que c'est celui qui se demande comment est-ce que Donald Trump fait pour avoir autant d'énergie, ou est-ce que c'est celui qui, au Parlement européen, dure si le ton et parle de soumission historique ?
– C'était hier, c'était un virage sur l'aile, quoi.
– Les médias, la République a hier, en parlant de Mélanie sur le sujet de Trump, évoquait son strabisme, en disant, elle regarde à la fois l'Europe et les États-Unis et on n'arrive pas à s'y retrouver. – Il y a un strabisme aussi. – Pour le Rassemblement national, qui a évidemment une fascination pour Donald Trump, il partage la même conception de l'Union européenne, vue comme un frein, comme une machine machiavélique qu'il faudrait en partie détricoter. Il partage la même obsession pour la question migratoire, vue comme une menace pour les identités des peuples. Donc évidemment que ce n'est pas pour rien que le maire de Parfignan était à l'investiture de Donald Trump.
Évidemment qu'il y a des proximités, mais ils savent aussi qu'en France, les excès de Donald Trump, le fait qu'il nous mène une guerre commerciale, si ce n'est une guerre tout court, est un repoussoir, y compris pour leur électorat.
– Pas seulement en France, parce que même en Allemagne, Weidel a dû prendre parti contre Trump, et Farage en Grande-Bretagne. Pour toute l'extrême droite européenne, cette affaire est un désastre. – Sous-titrage Société Radio-Canada
Emmanuel Macron