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InterviewCNEWS (sur YouTube)· 22 avril 2026 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & élections

La grande interview : Maud Bregeon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    On va revenir sur les aides annoncées hier par Sébastien Lecornu pour le mois de mai, prolongées et augmentées pour les pêcheurs-agriculteurs, étendues aux taxis et VTC ainsi qu'au secteur du BTP.

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous leur dites ce matin, Maud Bréjon ?

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Pour les gros rouleurs, comment est-ce que ça va se passer pour ces 3 millions de Français qui sont des travailleurs modestes ? Quels seront les critères ? Qui va recevoir cette aide ? Sous quelle forme ? Et à quel moment votre région ?

  • 2:18RelanceRéponse directe

    Et ce portail que vous avez évoqué, quand est-ce qu'il sera en action ? Quand est-ce qu'il va ouvrir ? Et puis, est-ce que ça ne va pas être un espèce d'enfer bureaucratique comme un certain nombre d'autres l'ont été auparavant ?

  • 2:56FerméeRéponse directe

    Par personne par quoi ? Par litre ? Par quoi ?

  • 3:30RelanceRéponse partielle

    Pourquoi est-ce que vous vous accrochez à ce totem de ne pas vouloir baisser les taxes sur le carburant ? Tous nos voisins européens quasiment l'ont fait.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurChiffre
    « Il y a 3 millions de travailleurs modestes, grands rouleurs, avec une réduction en moyenne de 20 centimes d'euros par litre. »
  • 1:24Invité politiqueChiffre
    « Il y a d'abord un critère de revenu qui est ce qu'on appelle les déciles 1 à 5, c'est-à-dire moins de 1500 euros net par mois pour une personne seule. »
  • 2:47Invité politiqueChiffre
    « 50 euros par personne pour cette première durée de trois mois. »
  • 3:46Invité politiqueChiffre
    « Quand on demande une baisse de la TVA à 5,5%, comme je l'entends au Rassemblement National, c'est plus de 10 milliards d'euros. »
  • 3:59Invité politiqueChiffre
    « On a aujourd'hui un déficit qu'on doit tenir à 5%. »
  • 6:23PrésentateurChiffre
    « 6 milliards d'euros, 4 milliards sur les différents ministères et 2 milliards sur la sécurité sociale. »
  • 8:31Invité politiqueChiffre
    « environ un tiers sont des véhicules électriques. »
  • 8:58Invité politiqueChiffre
    « on dépend aujourd'hui, pour 60% de ce qu'on consomme, du pétrole qu'on importe et du gaz qu'on importe de pays qui ne nous veulent pas toujours du bien. »
  • 11:58PrésentateurChiffre
    « En Espagne, le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a commencé une campagne de régularisation massive qui pourrait bénéficier à plus de 500 000 clandestins. »
  • 13:57PrésentateurChiffre
    « la part des détenus étrangers expulsés de France a augmenté de 70% entre 2024 et 2026. »
  • 15:22Invité politiqueFait
    « Si la droite et le centre arrivent désunis à l'élection présidentielle, personne ne sera au second. »
  • 17:23Invité politiqueFait
    « Je doute de notre capacité aujourd'hui à organiser une primaire entre quatre, cinq, six partis politiques différents, en un laps de temps qui est extrêmement court. »

Temps de parole

  • Maud Bregeon77 %
  • Présentateur23 %

4,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et Europe 1, c'est Maud Bréjon. Bonjour à vous. Bonjour. Parole du gouvernement, ministre délégué chargé de l'énergie. On va revenir sur les aides annoncées hier par Sébastien Lecornu pour le mois de mai, prolongées et augmentées pour les pêcheurs-agriculteurs, étendues aux taxis et VTC ainsi qu'au secteur du BTP. Il y a 3 millions de travailleurs modestes, grands rouleurs, avec une réduction en moyenne de 20 centimes d'euros par litre. On va y revenir, mais il y a beaucoup de Français qui sont déçus parce qu'ils ne font pas partie de ce dispositif. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin, Maud Bréjon ?

0:27
Maud Bregeon

D'abord, je sais que beaucoup de Français sont dans une situation qui est très compliquée, que beaucoup de Français subissent la hausse des prix à la pompe, n'ont pas d'autre choix que de faire le plein pour aller au travail, aller emmener leurs enfants à l'école, aller faire les courses. On a choisi une solution qui était, pour nous, la plus efficace, soutien à l'activité, soutien aux Français les plus modestes qui travaillent et en même temps, respect du cadre des finances publiques. Et c'est cet équilibre-là qu'il faut qu'on arrive à trouver. Encore une fois, on ne lâche pas les Français qui travaillent et notamment les plus modestes.

On ne lâche pas les entreprises, je pense aux transporteurs, je pense aux agriculteurs, je pense aux pêcheurs qui ont besoin qu'on les aide pour pouvoir continuer à travailler. Et en même temps, il y a une réalité qui est celle du déficit, qui est celle de la dette. Et donc, on ne peut pas faire n'importe quoi avec l'argent du contribuable.

1:12
Présentateur

Pour les gros rouleurs, comment est-ce que ça va se passer pour ces 3 millions de Français qui sont des travailleurs modestes ? Quels seront les critères ? Qui va recevoir cette dette ? Sous quelle forme ? Et à quel moment votre région ?

1:24
Maud Bregeon

Il y a d'abord un critère de revenu qui est ce qu'on appelle les déciles 1 à 5, c'est-à-dire moins de 1500 euros net par mois pour une personne seule. Ça vous donne un indice de référence. Deuxième critère... En couple, c'est un peu plus, c'est ça ? En couple, c'est évidemment un peu plus. Deuxième critère, c'est être en activité. Et troisième critère, c'est évidemment avoir une voiture. Et puis, justifier, déclarer sur l'honneur, sur un portail qu'on va ouvrir, effectuer plus de 8000 km par an. Là encore, l'objectif, c'est les Français qui travaillent et les Français les plus modestes. Sans les fliquer, c'est ça ? L'idée, c'est pas de fliquer les Français ? Sans les fliquer, bien sûr.

L'État n'a pas à savoir combien vous roulez précisément par jour. Et on est sur un dispositif qui est un dispositif de confiance. Et puis, de toute façon, on sait bien que les Français qui gagnent moins de 1500 euros et qui sont obligés d'aller faire le plein, ils subissent évidemment cette hausse. Donc, l'objectif, c'est d'être dans une aide et dans un rapport de confiance.

2:18
Présentateur

Et ce portail que vous avez évoqué, quand est-ce qu'il sera en action ? Quand est-ce qu'il va ouvrir ? Et puis, est-ce que ça ne va pas être un espèce d'enfer bureaucratique comme un certain nombre d'autres l'ont été auparavant ?

2:29
Maud Bregeon

Non, on a déjà fait ça par le passé. Encore une fois, l'administration fiscale connaît vos revenus de référence. Vous aurez à déclarer sur l'honneur, encore une fois, à effectuer plus de 8000 kilomètres par an. Et ce sera versé en juin, donc le plus rapidement possible. Ça prend quelques semaines. Vous savez que c'est une aide forfaitaire qui se situe à 50 euros par personne. Là encore, avec ces critères de revenus, mais je ne vais pas y revenir, on en a déjà parlé.

2:56
Présentateur

Par personne par quoi ? Par litre ? Par quoi ? Pas par litre. Non, par mois.

3:00
Maud Bregeon

50 euros par personne pour cette première durée de trois mois. C'est pour ça qu'on estime à environ… 50 euros par… On estime que ça représente à peu près 20 centimes par litre pour quelqu'un qui effectue 8000 kilomètres. Là encore, l'idée, c'est d'être en appui, d'être aux côtés de Français qui travaillent, qui sont en difficulté. Et on continue à le faire, par ailleurs, pour les secteurs d'activité, agriculteurs, pêcheurs, transporteurs. BTP, pourquoi ? Parce que derrière, c'est des emplois, c'est des salaires, et donc c'est le niveau de vie des gens.

3:30
Présentateur

Pourquoi est-ce que vous vous accrochez à ce totem de ne pas vouloir baisser les taxes sur le carburant ? Tous nos voisins européens quasiment l'ont fait. Il n'y a que la France qui s'accroche, évidemment. Elle n'a pas les mêmes finances publiques, effectivement, que ses voisins.

3:40
Maud Bregeon

Mais c'est une réalité qu'il faut prendre en compte. Quand on demande une baisse de la TVA à 5,5%, comme je l'entends au Rassemblement National, c'est plus de 10 milliards d'euros. Il faut qu'on m'explique où est-ce qu'on trouve ces 10 milliards d'euros. L'Italie a mis des grosses aides sur la table. Ils ont coupé dans l'éducation nationale, ils ont coupé dans la santé, ils ont coupé dans la sécurité. On a aujourd'hui un déficit qu'on doit tenir à 5%. Pourquoi ?

Parce que ce qu'on dépense aujourd'hui, c'est de l'argent que les Français, d'une manière ou d'une autre, que ce soit par les impôts ou par moins d'investissements dans les secteurs publics essentiels, que sont encore une fois santé, sécurité, éducation, les Français paieront d'une façon ou d'une autre si on dépense trop aujourd'hui.

4:18
Présentateur

Il y a d'autres solutions proposées par Michel-Édouard Leclerc ou David Lysnard. La suspension des certificats d'économie d'énergie, ça pourrait faire baisser immédiatement le litre de carburant de 15 à 17 cents pides. Tim, pourquoi est-ce que vous le refusez ?

4:29
Maud Bregeon

D'abord, ces certificats d'économie d'énergie, ce n'est pas un impôt que l'État perçoit. Il faut expliquer ce que c'est aux gens. C'est une obligation de contribution des énergéticiens, obligation qui les amène à financer des dispositifs de transition énergétique. On ne peut pas le suspendre temporairement pour deux ou trois mois ? Je crois que là encore, il faut apporter une double réponse face à cette crise. Il y a une réponse conjoncturelle, une réponse de court terme, et c'est ce qu'on fait pour les Français les plus modestes et pour les secteurs d'activité. Et puis, il y a une réponse de long terme. Ce qui protégera durablement les Français, c'est la transition énergétique.

Quand vous dépendez à 60% et pour l'équivalent de 60 milliards d'euros, du gaz que vous importez d'Algérie, des États-Unis et du pétrole du Moyen-Orient, ça pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des Français. Vous n'en maîtrisez pas le prix. Donc moi, je n'ai pas envie d'une France qui soit dépendante pour ses factures d'énergie, des décisions prises par M. Théboune, par M. Trump ou hier par M. Poutine. La souveraineté, c'est aussi ça. D'accord, ça veut dire qu'on ne baisse aucune taxe dans ce pays, c'est clair.

Ça veut dire qu'on a une double réponse, qui est de court terme pour aider les Français et qui est de long terme pour les accompagner, encore une fois, à passer d'un véhicule thermique à un véhicule électrique, à changer de mode de chauffage. L'interview nous dit qu'on n'a pas les moyens d'acheter les voitures électriques, elles sont absolument trop chères. Et ça prend du temps et on en a parfaitement conscience. On sait que ce qui est lourd à supporter, c'est le coût d'investissement et ces certificats d'économie d'énergie, ça permet notamment, et là encore pour les Français les plus modestes, de baisser ce coût d'investissement. Donc on n'y touche pas, ça une fois de plus.

Mais on ne peut pas dire passer du gaz ou du pétrole à l'électrique et en même temps débrancher les aides, sans mauvais jeu de mots. Il faut qu'on arrive à faire les deux. Et je crois que là encore, on peut se complaire dans un système où on dépend entièrement des décisions des autres. Mais on voit bien que ça mène les Français dans le mur à la fin.

6:21
Présentateur

Un tout petit mot des économies que vous envisagez. 6 milliards d'euros, 4 milliards sur les différents ministères et 2 milliards sur la sécurité sociale. Où est-ce que vous allez tailler dans l'expérience sociale ?

6:30
Maud Bregeon

Là encore, pardonnez-moi, je fais un petit pas de côté par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure. Ceux qui nous demandent 10 milliards d'euros pour baisser la TVA font semblant de ne pas voir qu'aujourd'hui, le conflit est en train de coûter 6 milliards d'euros à la France. Pourquoi 6 milliards d'euros ? Parce qu'il y a une baisse de la consommation, parce qu'il y a une baisse de la croissance et parce qu'il y a une augmentation des taux et donc des intérêts de la dette, de la charge de la dette. 4 milliards d'euros devront être économisés sur les dépenses de l'État. Donc sur le budget des ministères, ce sera arbitré dans les tout prochains jours.

L'ensemble des ministères, sans exception, devront faire un effort et présenter...

7:04
Présentateur

Sauf la défense ?

7:05
Maud Bregeon

La défense qui, par définition, a un budget qui augmente du fait du conflit, mais mis à part la défense, l'ensemble des ministères devront faire un effort.

7:13
Présentateur

Et sur les dépenses sociales, qu'est-ce que vous allez couper ?

7:15
Maud Bregeon

2 milliards sur les dépenses sociales. Là encore, ce sera arbitré dans les tout prochains jours.

7:20
Présentateur

C'est tout donc pour l'instant ?

7:20
Maud Bregeon

Mais il y a un travail qui est mené avec l'ensemble des ministères. Encore une fois, ça a été annoncé hier. L'objectif, je le redis, c'est de maintenir ce déficit à 5% pour cette année, ce qui est déjà beaucoup, mais c'est ce qui doit nous permettre dans la durée de retrouver de l'oxygène. Et donc de pouvoir investir. Vous parlez beaucoup de sécurité sur votre plateau, vous parlez beaucoup de pouvoir d'achat. Beaucoup d'international aussi. Vous parlez, bien sûr, bien sûr, mais vous parlez beaucoup d'impôts, de nécessité de baisser les impôts. C'est en maintenance déficit qu'on arrivera à attendre vers tout ça.

7:48
Présentateur

On imagine que le prochain budget 2027 va encore être homérique à l'Assemblée nationale ?

7:53
Maud Bregeon

Ça risque, de toute évidence, d'être un moment compliqué avec beaucoup de discussions. On n'a toujours pas de majorité. On a un cadre budgétaire qui est extrêmement contraint.

8:01
Présentateur

Revenons sur la souveraineté énergétique. Vous êtes ministre délégué chargé de l'énergie. On a l'impression que ça y est, c'est le tout électrification qui est mis en route, que c'est un train qu'il nous faut absolument prendre. Sébastien Lecornu a proposé des mesures pour renforcer le marché d'électrique avec production de deux voitures neuves sur trois d'ici 2030. Est-ce que c'est réaliste ? Est-ce que c'est tenable quand on voit les résultats de la filière automobile française ? Je pense à Stellantis notamment, qui est absolument catastrophique.

8:27
Maud Bregeon

Deux choses. D'abord, quand vous regardez les ventes des véhicules neufs depuis le début de l'année, environ un tiers sont des véhicules électriques. Et donc, ça montre bien que ce changement de modèle, il est en train de s'opérer. Et ensuite, dans toutes les aides qu'on met en place, on a un critère de préférence qui est évidemment le « made in France » et dans une moindre mesure, de toute façon, des voitures fabriquées en Europe. Donc, on a les moyens de le faire. Maintenant, si vous me demandez si ça prendra du temps, bien sûr que ça prendra du temps.

Mais on dépend aujourd'hui, pour 60% de ce qu'on consomme, du pétrole qu'on importe et du gaz qu'on importe de pays qui ne nous veulent pas toujours du bien. Et on a vu, dans les différentes crises, à quel point ça pesait sur la souveraineté française, à quel point ça pesait sur le pouvoir d'achat des Français. Rappelez-vous l'augmentation des prix du gaz au début de la guerre en Ukraine. Regardez ce qu'on vit aujourd'hui avec les prix à la pompe. Il y aura d'autres crises. Ce n'est pas la dernière crise énergétique.

9:21
Présentateur

Et ça, elle va durer jusqu'à l'hiver, nous dit par exemple Michel-Édouard Leclerc.

9:24
Maud Bregeon

C'est une crise actuelle. Moi, je n'ai pas de boule de cristal. Je pense qu'il faut être extrêmement prudent avec ce qui se passe aujourd'hui au Moyen-Orient. Mais en revanche, je sais qu'il y aura d'autres crises énergétiques. Je sais que l'énergie est devenue une arme de guerre. Et donc, si on veut protéger les Français et encore une fois, regagner en indépendance, il faut qu'on produise nous-mêmes de l'énergie, en l'occurrence de l'électricité, puisque nous n'avons pas de gaz et pas de pétrole. Et donc, que petit à petit, on mette en place cette transition.

Vous savez, dans les années 70, quand Valéry Giscard d'Estaing défend le nucléaire français et avance sur la construction de tout ce parc nucléaire avec ses 58 réacteurs à l'époque, dont on est très fiers aujourd'hui, il le fait précisément pour les mêmes raisons que nous connaissons aujourd'hui. Il le fait pour ne pas dépendre des prix fixés par les autres, des décisions fixées par les autres et de l'énergie qu'on importe.

10:14
Présentateur

J'entends votre raisonnement. Pourquoi Emmanuel Macron a fait exactement l'inverse en début de premier mandat ? Pourquoi est-ce qu'il a fermé Fessenheim ? Pourquoi il a interrompu un certain nombre de programmes ? Pourquoi est-ce qu'il a fermé certaines filières ?

10:25
Maud Bregeon

D'abord, le nucléaire a beaucoup avancé depuis dix ans. Il y a eu la fermeture de Fessenheim. Je ne vais pas y revenir, j'ai eu l'occasion de m'exprimer dessus. Je ne voudrais pas qu'on laisse penser ici que la filière nucléaire ne va pas bien. La filière nucléaire, c'est des femmes et des hommes, des ingénieurs, des techniciens qui sont capables de choses absolument extraordinaires. Regardez ce qu'on a fait à Flamanville, l'EPR qui a été couplé au réseau. On est en train partout de prolonger la durée de vie de nos réacteurs, là encore parce qu'il y a des gens qui bossent, qui ont des compétences absolument remarquables.

Ce qu'on est en train de faire, la construction de nouveaux réacteurs, six réacteurs EPR2, ça va être le chantier du siècle. Ça va prendre du temps, Madame la région. Je crois qu'on a le droit, je ne dis pas que tout va bien, mais je crois qu'on a le droit d'être fiers de ce que la France sait faire parfois.

11:11
Présentateur

Bien sûr, mais tout ça va prendre évidemment beaucoup de temps.

11:14
Maud Bregeon

Un réacteur nucléaire, par définition, ça prend un petit peu de temps à conclure.

11:18
Présentateur

Et énergétique, vous y croyez vraiment ? Vous pensez que vraiment c'est l'avenir, c'est le nucléaire ? Il faut arrêter l'éolien, il faut arrêter les énergies alternatives ?

11:25
Maud Bregeon

Non, je dis qu'il faut les deux. Et je dis que quand on veut sortir du gaz et du pétrole, on n'a pas le luxe de choisir entre les énergies renouvelables et l'énergie nucléaire. Ces deux notions de temps qui sont de toute façon très différentes. On a besoin des deux, les deux sont complémentaires. Et encore une fois, quand on dépend à 60% d'énergie produite par les autres, la question de savoir si on préfère des parcs éoliens en mer ou des centrales nucléaires est une question qui est complètement décalée au regard de ce qu'on est en train de vivre.

11:49
Présentateur

Maud Bréjean, vous êtes sur CNews et sur Europe 1. Et parlons aussi de l'immigration. En Espagne, le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a commencé une campagne de régularisation massive qui pourrait bénéficier à plus de 500 000 clandestins. Est-ce que c'est un mouvement que vous avez anticipé ? Est-ce qu'il pourrait avoir un impact sur l'immigration dans notre pays ? Quelle est votre position là-dessus, celle du gouvernement ?

12:10
Maud Bregeon

La position, c'est la position française. Nous, on dit une chose simple. Il faut lutter contre l'immigration irrégulière. On n'est pas pour l'immigration zéro. On a besoin d'une immigration de travail. Mais on a besoin de femmes et des hommes qui rentrent légalement sur le territoire français, qui respectent nos valeurs. L'égalité femmes-hommes, la laïcité, pour ne citer que ces deux exemples.

12:32
Présentateur

Bruno Retailleau menace de mettre l'Espagne au banc des nations européennes pour endiguer ce phénomène.

12:37
Maud Bregeon

Oui, je ne sais pas bien ce que ça veut dire. Mettre l'Espagne au banc des nations européennes. Donc il est difficile pour moi de faire un commentaire. Si vous avez compris, je suis preneuse d'une explication.

12:48
Présentateur

En tout cas, il fait le lien, Bruno Retailleau, entre l'immigration légale. La plupart des gens arrivent avec un visa et en fait, ça maintient illégalement sur le territoire français.

12:56
Maud Bregeon

Oui, mais ça, ça nous ramène à la question de l'obtention des laissés-passés consulaires, d'une politique internationale, de comment est-ce qu'on applique les obligations à quitter le territoire français, de la construction d'avantages de places en centres de rétention administrative. Autant de sujets sur lesquels la France est en échec. Autant de sujets sur lesquels on avance. Vous savez, la politique qui a été menée par Bruno Retailleau, moi je l'ai soutenue, j'étais dans son gouvernement, j'étais porte-parole du gouvernement de Michel Barnier quand Bruno Retailleau était ministre de l'Intérieur et j'ai été très fière d'appartenir au même gouvernement que lui.

Je considère que la ligne qu'il porte et la ligne qu'attendent les Français et la ligne que porte Laurent Nunez n'est pas différente de celle que portait Bruno Retailleau. Laurent Nunez porte la même ligne que Bruno Retailleau, vraiment. Il n'y a pas eu d'alternance dans la ligne qui a été portée. Encore une fois, il y a une ligne de bon sens qui est le combat contre l'immigration irrégulière et en même temps l'intégration de celles et ceux qui viennent légalement et qui veulent travailler sur le sol français.

13:54
Présentateur

Les résultats sont là. La plupart, selon une information européenne, la part des détenus étrangers expulsés de France a augmenté de 70% entre 2024 et 2026. C'est le résultat de nouvelles mesures prises par Gérald Darmanin. Vous vous en félicitez ?

14:07
Maud Bregeon

Oui, et je crois que c'est le résultat de ce qui a été porté ces dernières années, notamment par Gérald Darmanin lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Rappelez-vous cette loi immigration qui a abouti dans la douleur. On a entendu, voilà, là encore beaucoup d'opposition nous montrer du doigt, nous dire qu'on était d'extrême droite parce qu'on voulait contrôler et réguler l'immigration en France. Au final, c'est toutes ces mesures qui finissent par aboutir. Et là encore, ça prend du temps, mais c'est ce que les Français attendent légitimement de nous. Et ensuite, il y a ce qu'on fait sur le plan national, et je le redis, il y a ce qu'on fait sur le plan international.

Et c'est extrêmement complexe, les relations notamment avec l'Algérie, il n'y a pas que ça. Il faut plus de fermeté dans les relations avec l'Algérie ? Mais il faut de la fermeté, et en même temps, on voit que le zéro dialogue ne fonctionne pas. Bien sûr.

14:55
Présentateur

Pardon, c'est une expression communément utilisée. 2027, on évoque Gérald Darmanin, on pourrait parler de Gabriel Attal, qui fait la promotion en ce moment de son livre En Hommes libres. Il y a évidemment Édouard Philippe. Comment est-ce que ce fameux bloc central, je ne sais pas si l'expression est très heureuse, va s'articuler pour arriver à une candidature unique ?

15:16
Maud Bregeon

D'abord, c'est bien de le dire. Moi, je pars d'un constat assez simple, qui est presque mathématique. Si la droite et le centre arrivent désunis à l'élection présidentielle, personne ne sera au second. Mais qui va déterminer ça ? D'abord, la question qu'il faut poser à tous les messieurs que vous venez de citer dans votre introduction, c'est est-ce qu'on est d'accord pour dire que, de renaissance aux Républicains, on doit arriver à travailler à un projet commun et à aboutir à une candidature unique ? Donc vous mettez les Républicains dans cet arc central. Et oui, on aura déjà avancé. Je mets évidemment les Républicains dans cet arc. Et pourquoi je le fais ?

Parce qu'on est au gouvernement ensemble depuis deux ans. Je vous disais tout à l'heure que j'appartenais, il y a un an et demi, au même gouvernement que Bruno Rotaillot. On travaille ensemble, selon les nationales, on travaille ensemble au Sénat. Être unis aux prochaines élections présidentielles, à la prochaine élection présidentielle, c'est à la fois cohérent et absolument nécessaire. La question que les uns et les autres doivent se poser, c'est est-ce qu'ils veulent faire courir le risque au pays d'un second tour entre M. Mélenchon et M. Bardella ou Mme Le Pen ?

16:15
Présentateur

Gabriel Attal a mis en place un comité de liaison qui irait de renaissance au Modem, à Horizons et Ludie, mais sans mettre les LR. C'est une erreur ?

16:24
Maud Bregeon

Je crois que toutes les instances qui visent à créer du dialogue sont bienvenues. Mais là encore, pour ma part, je pense, oui, qu'il faut aller jusqu'aux Républicains. Enfin, je pense qu'on a tout à faire avec des gens comme Gérard Larcher. Je pense qu'on sait s'entendre avec Bruno Rotaillot sur bon nombre de sujets. Sinon, on n'aurait pas été ensemble au gouvernement. Il y avait, je ne sais plus, sept ou huit ministres renaissances qui étaient, encore une fois, dans ce même gouvernement. Et on est aujourd'hui avec des ministres, les Républicains, avec qui on travaille très bien. Et donc, sans nier les nuances qu'il peut y avoir entre nous.

Et je vais vous dire, il y a des nuances au sein même des partis politiques. Et au sein même des renaissances. Et on ne pense pas tous pareil, on n'est pas des clones. Mais enfin, on a quand même aujourd'hui un nombre de convergences suffisamment importants, je vous remercie, on a un nombre de convergences suffisamment importants pour arriver unis aux élections.

17:13
Présentateur

Est-ce qu'il faut une primaire, Maud Bréjean, pour départager ces candidats si la raison ne n'en porte pas ?

17:18
Maud Bregeon

Moi, je doute de notre capacité aujourd'hui à organiser une primaire entre quatre, cinq, six partis politiques différents, en un laps de temps qui est extrêmement court. On prend souvent l'exemple de la primaire de 2016, la primaire de 2016, qui a été en soi, en tout cas sur les premiers temps, une réussite. Quatre millions de votants, je ne balai pas ça d'un revers de main. Ça a été préparé deux ans en amont. Là, c'est trop tard.

17:44
Présentateur

C'est ce que vous nous dites ce matin.

17:45
Maud Bregeon

Je pense qu'au lieu de se parler entre nous et d'être dans des compétitions internes, il est urgent de s'adresser aux Français. Et de porter un projet. Et de porter un projet. Ce qui compte, c'est de mettre les uns et les autres autour de la table et de comparer sur qu'on est d'accord, pas d'accord, et de voir dans quelle mesure est-ce qu'on peut converger.

18:01
Présentateur

Une dernière question sur le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public qui sera soumis au vote de la trentaine de députés de la commission le 27 avril prochain. Est-ce qu'il doit être publié, selon vous ? S'il est enterré, nous ne pourrons pas avoir accès aux conclusions ? Toutes ces auditions qui se sont déroulées pendant plusieurs mois.

18:16
Maud Bregeon

Vous savez que par principe, je n'ai pas lu ce rapport ? Non, personne. A priori, il n'y a pas... Voilà. Donc vous me demandez de me positionner sur un rapport que je n'ai pas lu.

18:25
Présentateur

Sur le plan démocratique, est-ce que vous pensez qu'il est sain que ces auditions qui se sont déroulées pendant quatre mois, tout le monde doit avoir accès aux conclusions de ce rapport ?

18:32
Maud Bregeon

Moi, par principe, j'estime que le travail parlementaire, de toute façon, doit être publié. Maintenant, un, je n'ai pas lu ce rapport. Et deux, c'est la responsabilité des parlementaires. Ah bah si, c'est un petit peu la question quand même.

18:44
Présentateur

Ma question, c'est ce que vous souhaitez que ce soit rendu public et que les Français aient accès à cette information-là ?

18:48
Maud Bregeon

Si je lis le rapport, je vous donnerai mon avis. Ah parce que s'il ne vous convient pas le rapport, il vaut mieux l'enterrer ? Vous me demandez de me positionner sur quelque chose que je n'ai pas lu, Laurent Ferreri. Non, je vous demande de me positionner sur un principe démocratique. On publie, on publie pas. On enterre, on enterre pas. C'est une commission d'enquête auxquelles je n'ai pas participé, je ne suis pas parlementaire.

19:04
Présentateur

Vous n'y êtes pas intéressé du tout, Maude Bréjean ?

19:06
Maud Bregeon

Je n'y ai pas participé. Non, mais vous ne vous dites pas intéressé ? Je ne dis pas que je ne me suis pas intéressé. D'accord. Vous voyez, je suis porte-parole du gouvernement, ministre de l'énergie.

19:13
Présentateur

Est-ce que l'exercice démocratique veut qu'on le publie ou pas ?

19:15
Maud Bregeon

Je n'ai pas lu ce rapport, Laurent Ferreri. Mais c'est très clair, vous ne voulez pas vous engager là-dessus ? Vous me posez les questions que vous voulez, je vous donne mes réponses. Encore une fois, je n'ai pas eu l'occasion de le lire. Et d'ailleurs, les députés qui vont voter sur la publication de ce rapport le feront en toute connaissance de cause. Ils auront le temps de lire ce rapport avant, ce qui est en fait assez normal.

19:35
Présentateur

Mais ce n'est pas en fonction du contenu qu'on se décide sur la publication ou pas d'un rapport. Allez, on arrête là. J'ai entendu vos réponses. Merci beaucoup, Maude Bréjean. C'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée.