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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 décembre 2015 9 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalImmigration & asileSécuritéInstitutions & élections

Nicolas Sarkozy

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse directe

    Puisqu'on a parlé des électeurs du Front National, qu'en est-il des électeurs de gauche ?

  • 0:24FerméeRéponse directe

    Vous n'avez rien à leur dire ?

  • 1:31RelanceRéponse partielle

    Certains de ces électeurs attendent qu'on leur dise que LR n'est pas la même chose que le FN.

  • 2:53RelanceRéponse directe

    Vous avez dénoncé une Europe passoire, rétablir les contrôles aux frontières est-ce sérieux ?

  • 3:19FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'est sérieux, réaliste, admissible pour les frontaliers ?

  • 5:23RelanceRéponse directe

    Le rétablissement des frontières nationales est l'une des propositions phares du FN.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « Ce qu'on a à leur dire, c'est que nous parlons à tous les Français, quels qu'ils soient. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Il y a sept régions, les socialistes sont arrivés en troisième position, et dans deux et demi, disons, trois, ils retirent leurs candidats. »
  • 2:17Invité politiqueFait
    « Il avait promis la retraite à 60 ans. Il se réjouit quand la retraite est portée à 63 ans. »
  • 2:25Invité politiqueFait
    « Il avait promis de faire une politique différente de la mienne et il vient maintenant proposer le retrait de la nationalité. »
  • 3:06PrésentateurFait
    « Vous avez dénoncé cette Europe devenue Europe passoire. »
  • 3:10PrésentateurPromesse
    « Si dans un an Schengen n'est pas revenu dans des conditions normales de fonctionnement, je rétablirai les contrôles aux frontières de la France. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Le besoin identitaire n'a rien à voir avec la peur. »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « Avez-vous vu, vous qui aimez vous promener dans les forêts, un arbre géant sans racines ? »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « Nous avons fait Schengen pour remplacer les contrôles aux frontières nationales. »
  • 5:44Invité politiqueFait
    « Schengen est mort. »
  • 7:10Invité politiqueFait
    « L'immigration, l'identité. »
  • 8:16Invité politiqueChiffre
    « Sur les 7 que comptent la nation, il y a 4 milliards d'habitants qui sont en Asie. »

Temps de parole

  • Nicolas Sarkozy81 %
  • Présentateur19 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nicolas Sarkozy avec nous ce matin. Monsieur Sarkozy, puisqu'on a parlé tout à l'heure avec Léa Salamé, qu'on a beaucoup parlé des électeurs du Front National, je voudrais qu'on dise quelques mots, des électeurs de gauche, il en reste quelques-uns. Il y a deux régions où la gauche n'est pas représentée au second tour, Nord-Picardie et PACA, trois régions en comptant le Grand Est, puisque l'investiture socialiste a été retirée à Jean-Pierre Masseret, des régions où le sort de vos candidats dépend de l'attitude des électeurs de gauche. Vous n'avez rien à leur dire ?

0:26
Nicolas Sarkozy

Bien sûr que si. Ce qu'on a à leur dire, c'est que nous parlons à tous les Français, quels qu'ils soient. Il y a sept régions, les socialistes sont arrivés en troisième position, et dans deux et demi, disons, trois, ils retirent leurs candidats, et dans les quatre autres, ils le maintiennent. Mais ces électeurs n'appartiennent pas à la gauche, n'appartiennent pas aux Républicains, n'appartiennent pas au Front National. C'est peut-être le désaccord que je puisse avoir avec certains ici, dans les éditorialistes. Ce n'est pas parce qu'on a voté à gauche au premier tour, au Front National ou Républicain, qu'on appartient à cette formation, qu'on doit être catalogués.

Donc pour le deuxième tour, la question est de savoir qui voulez-vous qui dirige votre région ? Et tous ceux qui veulent éviter que Mme Le Pen dirige le Nord ou le Sud, doivent se mobiliser sur les candidats républicains, non pas forcément parce qu'ils sont républicains, mais parce qu'ils ne veulent pas confier des régions de plusieurs millions d'habitants à quelqu'un qui n'a aucune expérience, qui créera le désordre et le chaos, et qui mettra en oeuvre une politique qui est l'inverse de ce que veulent ses propres électeurs, au seul motif qu'il fallait donner un coup de pied dans la fourmille.

1:31
Présentateur

Certains de ces électeurs attendent qu'on leur dise, qu'on leur démonte que les Républicains, ce n'est pas la même chose que le Front National.

1:36
Nicolas Sarkozy

Mais franchement, qui peut dire cela ? Si vous écoutez les discours de Mme Le Pen, elle ne cesse d'attaquer les Républicains et leur président par priorité. Si vous voyez le combat politique qui est le mien, on peut m'aimer, pas m'aimer, être en désaccord, Patrick Cohen, y a-t-il un seul moment dans ma vie politique où j'ai fait autre chose que combattre le Front National ?

Mais en même temps, c'est mon droit, c'est même mon devoir de Républicain de dire aux Français qui n'en peuvent plus, d'une politique qui depuis 4 ans, on ne peut pas le dire, on peut quand même bien dire cela, y compris aux électeurs de gauche, a déçu profondément les Français dans leur ensemble et les électeurs de gauche en particulier. Je me mets à la place des électeurs de François Hollande. Il avait promis la retraite à 60 ans. Il se réjouit quand la retraite est portée à 63 ans. Il avait promis de faire une politique différente de la mienne et il vient maintenant proposer le retrait de la nationalité. Je comprends qu'il soit tourne-boussolé. Mais la question n'est plus là maintenant.

Cette région du Nord, qui est synonyme d'accueil, d'ouverture, de modernité avec cette capitale formidable qui est l'île, est-ce que voulez-vous que ce soit Mme Le Pen qui la maîtrise ? Et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui vit pour l'essentiel, c'est une des plus belles régions de France, sur le tourisme et sur l'ouverture à l'étranger, voulez-vous qu'elle soit dirigée par la nièce ? C'est quand même un combat qui mérite d'être posé.

2:53
Présentateur

Du Nord-Picardie, M. Sarkozy, et d'ouverture à l'étranger. Je vous ai entendu à Avignon, discours d'Avignon, c'était quelques jours avant le premier tour, vous avez dénoncé cette Europe devenue Europe passoire, et vous avez dit si dans un an Schengen n'est pas revenu dans des conditions normales de fonctionnement, je rétablirai les contrôles aux frontières de la France. Les contrôles aux frontières de la France. Est-ce que c'est sérieux ? Est-ce que c'est réaliste ? Est-ce que c'est admissible, par exemple, pour les frontaliers ?

3:24
Nicolas Sarkozy

Bon, c'est un point de divergence que j'ai avec M. Guetta. Le besoin identitaire n'a rien à voir avec la peur. Qu'il y ait de la peur, il a raison. Mais aimer son pays, aimer sa culture, aimer son mode de vie, aimer sa langue, aimer sa culture, ce n'est pas un rétrécissement et un repliement sur soi. Qu'est-ce qu'on peut partager et à quoi rime le mot diversité s'il n'y a pas d'identité ? Arrêtons d'assimiler le besoin identitaire à une peur. Le besoin identitaire, c'est le besoin d'avoir des racines. Avez-vous vu, vous qui aimez vous promener dans les forêts, un arbre géant sans racines ? Eh bien, il n'y a pas un individu qui peut envisager l'avenir si on le coupe de ses racines.

Ma question portait sur les frontières. Pardon. Sur les frontières nationales. C'est sur les frontières. C'est effectivement le discours que j'ai tenu, je crois, à Villepin. Pardon. Dans le cadre de la campagne présidentielle. Il y a deux lectures. Ce que vous dites, au fond, vouloir des frontières, c'est se replier. Moi, je crois qu'au contraire, la frontière n'est pas un mur. Filtre, la frontière apaise. Parce qu'un pays qui est sûr dans des frontières reconnues, des frontières qu'il peut contrôler, c'est un pays qui n'a pas peur de l'autre. Un peu si on permettait cette image comme quelqu'un qui est propriétaire ou qui a un bail.

Quand son bail n'est pas contesté, quand sa propriété n'est pas contestée, il accueille celui qui vient de l'étranger, celui qui vient de l'extérieur. Ouvert. Si son bail est contesté, si sa propriété est contestée, il a peur. Vouloir nier l'identité, les nations, les frontières, c'est une erreur majeure. Je suis européen. Je le resterai, M. Cohen, jusqu'à la fin de mes jours. Je crois à l'Europe. Mais on a fait l'Europe pour nous protéger, pour défendre la civilisation européenne, pas pour nous exposer. Quand M. Guetta dit, regardez les Catalans, il y a 8 millions de Catalans. Moi, je crois à l'Espagne, à l'unité de l'Espagne.

Mais c'est justement parce que les nations et leurs frontières ne sont pas suffisamment défendues et reconnues qu'il y a la tentation de ce repliement identitaire.

5:23
Présentateur

Le contrôle aux frontières, pardon d'y revenir, Nicolas Sarkozy. Non, pas du tout. Vous avez raison. Le rétablissement des frontières nationales, je ne l'avais pas mis dans ma question, mais c'est l'une des propositions phares de Marine Le Pen et du Front National.

5:33
Nicolas Sarkozy

Non, pardon. Nous avons fait Schengen pour remplacer les contrôles aux frontières nationales. Vous êtes bien d'accord, c'était à Duplin. On les remplace par Schengen. À partir du moment où Schengen est mort, et Schengen est mort, tant qu'un Schengen 2 n'est pas de nouveau posé et organisé, bien sûr qu'il faut les contrôles aux frontières, pas simplement pendant l'état d'urgence, M. Cohen, mais tant qu'on n'a pas remplacé Schengen. Que serait un Schengen 2 ?

Un Schengen 2, c'est un Schengen où les pays qui adhèreraient à Schengen 2, se seraient donnés à peine avant de se mettre d'accord sur une politique migratoire commune, une même liste de pays sûr, le même montant d'allocations sociales pour les réfugiés, la même exigence pour tous les pays qui nous demandent des visas, qui reprennent à leur compte ceux qui sont de leurs ressortissants qui sont sur notre territoire, sans papier, sans règles et sans autorisation.

6:26
Présentateur

Le Front National qui peut conquérir des régions dès dimanche prochain et après, est-ce que vous prenez vous au sérieux Nicolas Sarkozy la perspective d'une victoire de Marine Le Pen en 2017, l'idée que l'extrême droite puisse prendre le pouvoir en France ?

6:40
Nicolas Sarkozy

Moi ce que je pense au sérieux, mais alors vraiment je vous demande de me croire, c'est la profonde angoisse, la profonde désespérance, la détestation de tous par tous, la perte de crédibilité de toute parole publique, qu'elle soit médiatique ou politique, cette volonté de tout démolir, ce nihilisme qui laisse à penser que tout se vaut, cette perte d'autorité, finalement, pardon de le dire, cette bien-pensance qui a interdit des débats, or le débat est positif. Quel débat ? L'immigration, l'identité. Vous trouvez qu'on ne débat pas

7:13
Présentateur

de l'immigration ?

7:14
Nicolas Sarkozy

Non, dès que quelqu'un disait quelque chose sur l'immigration, il était raciste. Dès que quelqu'un prononçait le mot islam, il était islamophobe. Dès que quelqu'un posait une question sur l'identité française, c'était un réactionnaire. Dès que quelqu'un à l'école mettait en cause le pédagogisme et expliquait quand même que l'élève n'est pas l'égal du maître, que l'élève doit se lever quand le maître rentre à l'école, que le maître n'est pas un copain, c'était un réactionnaire. Dès que quelqu'un défendait petit bourgeois. Donc vous savez parfaitement, Patrick Cohen, vous savez à quoi je fais allusion. On en a souvent débattu, tous les deux.

On aime trop caricaturer, faire des postures, alors qu'il y a une angoisse française. Je rejoins ce qu'a dit M. Guetta de ce point de vue. Pourquoi ? C'est très simple. Nous étions jusqu'à la fin de la royauté, il y avait 2 millions d'habitants aux Etats-Unis, Louis XVI, 18 millions en Grande-Bretagne, 22 millions en France. Aujourd'hui, vous additionnez l'Europe toute entière, plus les Etats-Unis, c'est moins d'un milliard d'habitants. Sur les 7 que comptent la nation, il y a 4 milliards d'habitants qui sont en Asie. Et donc l'ensemble du modèle européen, la civilisation européenne se sent minoritaire dans le monde nouveau, elle doit inventer un nouveau modèle.

Et pour cela, je me demande comment on peut inventer cela sans débattre profondément au-delà des questions d'image. Ce n'est pas parce que M. Le Pen disait je préfère le soleil à la pluie que le soleil lui appartient. Le thème de l'immigration n'est pas un thème du Front National. C'est un thème des Français. Est-ce que vous croyez ici à France Inter que vos auditeurs ne sont pas angoissés par l'insécurité ? Ne se pose pas la question quand M. Tosk, président de l'Europe, dit qu'il y a 10 millions de Syriens qui espèrent venir en France, pas en France, en Europe, 10 millions.

Est-ce que vous ne croyez pas qu'ils sont angoissés, qu'ils soient de gauche, de droite, du centre, de ce que vous voulez ? Et c'est à nous d'essayer d'apporter des réponses. Et comment apporter des réponses sans débattre ?

9:05
Présentateur

Eh bien, on en débat. Et on va continuer avec les auditeurs de France Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000. Ce sera dans quelques minutes et dans 30 secondes la rue de presse.

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