30 ans de Pokémon : les avez-vous tous attrapés ?
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France Inter France Inter Le 18-20 Christelle Rebière Si je vous dis Dracaufeu, Evoli, Bulbizar, Ronflex ou encore Ectoplasma, vous me répondez, attrapez-les tous. Les Pokémon auront 30 ans vendredi, phénomène mondial de pop culture, c'est un business colossal. La franchise Pokémon, la plus rentable de l'histoire, dépasse les 126 milliards de dollars des cartes aux jeux vidéo en passant par les peluches. Si vous avez entre 10 et 35 ans, vous ne pouvez pas être passé à côté de ces monstres de poche. Ça veut dire aussi que vous avez sans doute passé le relais à vos enfants. Pokémon a connu des hauts et des bas, mais il a su se relancer et vous fidéliser entre quête initiatique et collection.
Par exemple, une carte extrêmement rare, Pikachu Illustrator, a été vendue il y a quelques jours, 16 millions et demi de dollars. C'est un peu la philatélie des générations Y et Z. 75 milliards de cartes auraient été écoulées depuis sa création dans plus de 90 pays et on en compte plus de 1000 différentes. Alors, ils sont partout dans ce spot de pub diffusé lors de la finale du Super Bowl aux Etats-Unis il y a quelques jours où des athlètes et des artistes de Lady Gaga au footballeur Lamine Yamal disent face caméra quel est leur Pokémon préféré et vous invitent à partager le vôtre via Pokémon Go.
Donc on part de là, on va aussi à se faire part de mariage à la manière d'eux que m'a montré une des journalistes de la rédaction quand je lui ai parlé du sujet tout à l'heure. D'ailleurs, tous les trentenaires que j'ai croisés ici à France Inter poussaient de grands soupirs nostalgiques en y repensant. Alors moi, je dois vous avouer que ce n'est pas ma génération, donc je vais faire la candide. Mais j'ai envie de comprendre avec vous, au-delà de la puissance marketing des Pokémon, ce qui vous séduit, quel message ils véhiculent, pourquoi ils apparaissent parfois comme des refuges dans ce monde de bruts. C'est le Téléphone Son ce soir, soyez les bienvenus.
Le Téléphone Son, 01 45 24 7000 Et bonsoir Morgane.
Bonsoir. Nous vous écoutons. Écoutez, nous on est ravis d'intervenir, c'est notre première fois et si vous pouviez voir ce que je suis en train de faire, je fais un puzzle Pokémon de 8 pièces avec mon fils de 5 ans. Donc c'est une vraie aventure familiale, voilà, comme je disais, entre 5 et 45 ans. Nous, on l'utilise beaucoup à la maison, que ce soit dans des jeux de société, évidemment les cartes, mais aussi sur tout l'univers imaginatif, les boosters, ça nous sert aussi en récompense. Il veut intervenir votre fils, je crois. Voilà, oui. Et il voulait effectivement donner un petit mot pour vous donner quel était son Pokémon préféré.
Du coup, Victor, est-ce que tu veux dire à la radio quel est ton Pokémon préféré ?
Pikachu. Ah, Pikachu, c'est le seul que je connais, ça tombe bien. Donc je plaisante. Morgane, donc pour vous, c'est vraiment un moment que vous partagez avec votre fils aussi ?
C'est ça, voilà. Nous, on n'est pas du tout des experts, mais ça fait vraiment partie de notre quotidien. Dans les déguisements, pour les carnavals, j'ai souvent effectivement Pikachu qui revient en premier. Mais vous, vous avez grandi avec les Pokémon vous-même ? Oui, moi j'ai bientôt 40 ans, donc j'ai grandi avec les Pokémon. À l'époque, c'était seulement sur la console. Et aujourd'hui, c'est plus une aventure vraiment dans le quotidien. Alors vous parlez de marketing, je pense que là, ils ont été forts là-dessus. Et puis, on n'a pas eu la carte à 16 millions, mais on a quelques petits trésors quand même.
Du coup, c'est vrai que c'est finalement la satisfaction après les centaines de paquets avec rien dedans. Mais on a un grand qui n'est pas là. Alors on voulait faire une petite dédicace à Heidi qui doit écouter la radio, qui lui a beaucoup de chance. Et il a une carte avec une petite valeur de 300 euros. C'est un petit Pokémon Pikachu, je crois. Oui, quand même.
Bon, on va en parler tout à l'heure. C'est super. Merci d'avoir témoigné, Morgane. Pour en parler ce soir de ces Pokémon, avec moi en studio, Alvin Adaden. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes un ancien journaliste consultant indépendant auprès d'éditeurs de jeux vidéo avec le cabinet Bookloop. Et co-auteur avec Lou Lassina-Foubert du livre Génération Pokémon. Plus de 20 ans d'évolution. C'était paru à l'époque, en 2015. C'est ça. Nous sommes aussi en ligne avec Mickaël Stora. Bonsoir. Bonsoir. Psychologue, psychanalyste, fondateur de l'Observatoire des mondes numériques en sciences humaines. Auteur de « Et si les écrans nous soignaient ? » paru en 2018. Voilà.
Alors, Morgane nous disait « Je fais un puzzle avec mon fils ». Alors là, on est au cœur du sujet, c'est-à-dire que c'est éminemment transgénérationnel.
C'est transgénérationnel, effectivement. Et c'est vrai que Pokémon fait ses 30 ans cette semaine. Donc, les premiers parents Pokémon sont en train de transmettre à leurs enfants. Et c'est vrai que la franchise est tellement safe. C'est un univers coloré, imaginaire. Ça marche dans toutes les cultures, dans toutes les langues. Pokémon, c'est l'histoire d'un petit garçon, d'une petite fille qui un jour va dire à sa mère « Je pars à l'aventure pour devenir le meilleur dresseur ». Ça marche dans toutes les cultures et tous les enfants du monde peuvent s'identifier à ça. Au fait de « Oui, je veux avoir Pikachu et devenir le meilleur dresseur parce que je veux tout connaître ».
C'était ça l'idée en 1996. Et ça reste encore l'idée aujourd'hui où elle a évolué ?
Ça reste toujours ça. Un jeu Pokémon, en tout cas les plus classiques, les épisodes de base de la série, c'est vraiment un jour, au lieu d'aller à l'école, le professeur du coin vous donne votre premier Pokémon et vous dit « Allez tous les capturer ».
Et c'est une aventure qui commence. Michael Stora, transgénérationnel ? Oui, évidemment. C'est d'ailleurs la dame qui a appelé avec 40 ans et on se retrouve à voir des parents qui ont 40 ans voire plus qui eux-mêmes ont connu les Pokémon, la première licence qui était sur les Game Boy et qui se retrouvent à partager maintenant avec leurs propres enfants cette licence Nintendo. C'est un modèle, comme tous les premiers grands jeux, qu'on fait maintenant, ce sont comme les Sims, comme d'autres jeux. C'est un like, c'est-à-dire au fond, il n'a jamais été, il a servi de base pour d'autres types de jeux qui rassemblent un peu cette histoire de collection.
Mais oui, c'est totalement intergénérationnel. Et face à ces formes d'inquiétudes excessives concernant le jeu vidéo, c'est vrai que les licences Nintendo sont plutôt sympas, mais en général, voilà, on montre qu'il est possible de partager ce même plaisir d'un point de vue intergénérationnel. Et on peut dire que c'est éducatif parce que Morgan nous disait, je joue, là, elle était en train de faire un puzzle avec son fils. Oui, alors, à la base... Voilà, c'est un prétexte, elle peut faire un puzzle sur n'importe quoi, elle n'a pas besoin des Pokémon.
C'est ça, oui, mais c'est assez amusant, vous savez, par rapport à l'inquiétude concernant les jeux vidéo, il fallait toujours trouver une dimension éducative. C'est d'abord du plaisir, mais oui, j'ai entendu à l'époque où je travaillais sur l'introduction du jeu vidéo à l'école, ça date, c'était sous Vincent Péillon, et un prof utilisait les Pokémon dans ses cours de maths ou de chimie parce que quand vous rentrez dans le détail, c'est assez complexe, vous avez des Pokémon au fer, etc. En les mélangeant, ça donne d'autres types de Pokémon. Donc, il y avait derrière toute une utilisation, comme ce qu'on dirait un jeu sérieux, pour pouvoir avoir une approche pédagogique.
Et en soi, c'est tout à fait intéressant. Une approche pédagogique, Alvin Adaden, vous êtes d'accord avec ça ?
C'est vrai que Pokémon, c'est un jeu qui valorise la connaissance. Pour être un bon dresseur de Pokémon, il faut connaître tous les Pokémon. Et ce que disait Michael Stora, il faut connaître leurs forces, leurs faiblesses. Les Pokémon d'eau sont faibles à l'électricité, et les Pokémon de feu se font éteindre par l'eau. Et donc, très jeune, moi je me rappelle en tout cas dans la cour d'école, c'est un âge où on adore le par cœur quand on est enfant. Et donc, c'est un âge où on peut très facilement accumuler toutes ses connaissances et le jeu le valorise. Celui qui connaît le mieux possible tous les Pokémon et tous les types peut son sorcière.
Bonsoir Antoine.
Bonsoir Christelle, bonsoir à vos invités, bonsoir à tous.
Soyez le bienvenu. Alors vous, les Pokémon ?
Justement, j'écoutais à l'instant les discours de vos invités. C'est exactement ça que moi je ressens. Moi j'ai 31 ans, donc j'ai à peu près l'âge de la licence. J'ai vraiment grandi avec et elle m'a suivi tout au long de ma vie, tout au long de mon apprentissage aussi. On parlait de faire fonctionner la mémoire du par cœur. Alors aujourd'hui, des créatures, il y en a plus de 1000, donc c'est un peu compliqué de toutes les retenir. Mais il y avait quelque chose de, finalement, de très valorisant dans le fait de comprendre comment les Pokémon fonctionnent, de gagner aussi, que ce soit aux jeux vidéo, aux jeux de cartes ou à tout ce qu'il y a aujourd'hui.
Et tous ces aspects-là, justement, nous suivent encore aujourd'hui. Et c'est ce qui est fabuleux, justement, je pense, avec cette licence.
Et vous continuez, vous collectionnez, vous ?
Alors je collectionne, on essaye de collectionner, puisque c'est parfois un petit peu difficile de mettre la main sur des cartes ou même parfois sur des jeux. Mais on continue de jouer, on continue d'y aller. Même de temps en temps, un petit paquet de cartes par-ci, par-là, ça ne rentre peut-être pas dans les dépenses mensuelles, mais on continue. Et si ce n'est pas les cartes, c'est tout. Il y a tout Pokémon aujourd'hui, des peluches, des cartes, même de la vaisselle, des puzzles, comme on avait tout à l'heure. J'en ai partout. Moi, j'en ai partout chez moi. Je vous parle en ce moment, j'en ai tous les yeux.
Ah oui. Il y a un budget. Il y a beaucoup de gens, comme Antoine, qui ont un vrai budget Pokémon, Alvin Adaden.
Ça ne m'étonnerait pas. C'est vrai que, par exemple, c'est un classique des voyages au Japon. Beaucoup de gens qui, pour la première fois, vont au Japon et aiment bien les jeux vidéo et aiment Pokémon. Là-bas, vous avez des magasins dédiés à la franchise Pokémon avec plein de produits dérivés. Et c'est vrai que c'est un énorme classique. Il n'y a pas une fois où je ne suis pas allé au Japon où je n'ai pas laissé pour au moins 80, 100 euros en petites peluches, en petits stylos, en petits souvenirs. Parce que tout est possible en termes de produits dérivés. Et ça a été dès le début.
Et ça fait une grosse somme, à la fin, quand même ?
Bien sûr. Mais après, c'est une passion comme une autre.
Non, mais ça veut dire qu'ils sont très, très forts en marketing, quand même.
Ils sont très forts en marketing. En fait, ils ont trouvé une ligne directrice très tôt. C'est que, dans l'univers de Pokémon, même dans le jeu en lui-même, les gens sont fans des Pokémon. Et tous les produits dérivés qui sont sortis, la première question qu'ils se posaient d'abord, c'est est-ce que, dans l'univers de Pokémon, ces produits dérivés existeraient ? Parce que les gens pourraient acheter un Pikachu en peluche et imaginer ça. Donc, ils ont créé très vite cet écosystème pour les fans, très cohérents, en éliminant assez vite ce qui marchait, ce qui ne marchait pas, ce qu'ils pouvaient faire, ce qu'ils ne pouvaient pas faire.
Alors, Antoine nous disait, au fond, j'ai 31 ans et ça m'a suivi tout au long de mon apprentissage. Ça, c'est fréquent ? Oui. On grandit avec eux ?
Bien sûr, généralement, ceux qui sont vraiment tombés dedans, ceux qui ont vraiment beaucoup joué, c'est très marquant. C'est le souvenir d'enfance et c'est vrai que c'est quelque chose de très générationnel, très gamer. On est peut-être les premières générations à pouvoir jouer toute notre vie au même jeu. D'habitude, avant les jeux vidéo, quand on grandissait, on arrêtait de jouer à ces jeux. Et puis voilà.
Mais pourquoi on n'arrête pas avec les Pokémon ?
Pour les Pokémon ? Parce qu'on peut toujours les attraper tous, parce que c'est sa petite collection, parce que c'est très personnel. Moi, je pense, je vois ce que je vous disais sur l'histoire d'apprentissage, sur le fait que ça marche dans toutes les cultures et toutes les langues. Et je pense que ça arrivait plein de fois, quand on a un coup de blues dans la vie, de pouvoir se dire, vas-y, on réimagine, on relance une partie de Pokémon et puis on va essayer de faire l'équipe parfaite, on va essayer de battre le conseil cette fois-ci et de pouvoir très facilement se projeter émotionnellement dedans. Et c'est normal d'être resté très attaché.
C'était vraiment un très, très bel univers qui a fait vraiment beaucoup rêver et qui était assez consensuel, ce qu'on disait tout à l'heure sur le fait d'être familial, très riche et en même temps, pas simpliste pour autant.
On se projette émotionnellement, Mickaël Stora, je m'adresse aux psychologues et aux psychanalystes que vous êtes. Alors, moi, j'ai imaginé en effet que le Pokémon, quand même, qui est un petit monstre, donc il s'agit d'abord de capturer puis après de le faire évoluer. Je crois qu'on est maintenant en termes de la troisième évolution et je m'étais amusé parce que mon premier travail, c'était dans un jardin d'enfants, donc c'est des enfants qui ont à peu près 2-3 ans. Et parfois, vous savez, c'est un âge, ce qu'on appelle l'âge terrible. Là, c'est un peu un âge barbare où l'enfant apprend à dire non. C'est la première adolescence. Oui, c'est ça.
C'est une forme d'adolescence où les parents ne reconnaissent plus ce bébé tellement mignon. Il devient une sorte de petit monstre. Une forme de Pokémon. Et je trouvais qu'il y avait dans l'idée que finalement, c'est un âge, vous savez, où la pulsion l'emporte sur le reste, sur la raison. Ce n'est qu'à partir de 7 ans. Et finalement, je trouvais qu'il y avait une dimension un peu du Pokémon, une sorte de projection que même l'enfant ou l'adolescent peut avoir, c'est-à-dire sur cet âge qui a l'air si pur, mais qui est en même temps un âge où, justement, on apprend à dire non. Et je trouvais qu'il y avait une forme de projection pour chaque évolution.
En fait, c'est moi, c'est moi le petit monstre qui grandit, en fait ? C'est ça, complètement. Il y a une sorte de processus d'identification au Pokémon où on le fait évoluer. Ses pouvoirs deviennent de plus en plus importants. Ça taille, évidemment, aussi. Et j'y vois une sorte d'évolution jusqu'à, finalement, l'adolescence, le troisième niveau, qui est un niveau très impressionnant où les monstres peuvent être, je ne sais pas, mesurés 20 mètres, comme une sorte, justement, d'expression pulsionnelle de ce qu'est l'adolescence avec ce bouleversement des testostérones, etc. Et donc, j'y voyais une forme de projection. Mais ça, c'est le psychanalyste qui s'amuse aussi.
Peut-être que ce n'est pas si innocent que cela. Oui, et Antoine nous disait aussi tout à l'heure, donc non seulement ça m'a suivi tout au long de mon propre apprentissage, mais au fur et à mesure, c'était valorisant. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, Michael Storin ? Valorisant de... De réussir, j'imagine, et de grandir et de franchir des étapes. Mais oui, alors c'est ça qui est très intéressant, c'est que les jeux vidéo, à travers la jouabilité, mais même, au fond, le fait de passer d'un niveau à un deuxième, à un troisième, il vient comme marquer quelque chose d'un rituel qui parfois est terriblement flou.
Et en plus, il vient vous sanctionner d'une récompense qui est parfois très impressionnante dans les jeux vidéo. Vous avez à chaque fois des étincelles dans tous les sens. et finalement, on a besoin... La société a un peu oublié ces formes de passages, des ritualisations, des passages qui font que quand on passe d'un niveau à un autre, on a envie d'être ritualisé. Et peut-être que c'est une des manières qui fait que le jeu vidéo et entre autres, les Pokémon, vient comme marquer ces formes de passages entre un âge et un autre. C'est une espèce de rite initiatique aussi, Alvin Adaden ?
Oui, complètement. Et c'est vrai que la structure du jeu même le valorise. Dans le jeu, vous devez aller battre les meilleurs dresseurs. Mais avant de battre les meilleurs dresseurs, il faut réussir à vaincre huit champions d'arène. Et donc, progressivement dans le jeu, on va effectivement, comme disait Michael Stora, rencontrer ces dresseurs d'élite et obtenir leur badge. Une fois qu'on a gagné le match dans l'arène, on obtient le badge. Et une fois qu'on a les huit badges, on peut aller se présenter face aux meilleurs dresseurs. Et une fois qu'on les a combattus, on est officiellement le meilleur dresseur. C'est vrai que pour les enfants, ça marche très bien ce côté progression.
On la sent très bien.
Voilà. Mais on peut quand même se retrouver en situation d'échec.
Bien sûr. Mais c'est assez peu pénalisé. Dans l'univers de Pokémon, les Pokémon ne meurent pas. Ils tombent KO.
Il n'y a pas de violence, on précise.
Il n'y a pas de violence à l'écran. Même quand il y a des combats de Pokémon à l'écran, ils lancent leurs attaques au loin, mais ils ne se touchent pas. On ne les voit pas. Ça ne saigne pas. C'est très imaginaire.
On ne les voit pas morts.
Bien sûr. Ils ne meurent pas.
Bonsoir, Marc. Bonsoir. Nous vous écoutons.
Oui, bonsoir. Moi, j'ai 50 ans. J'ai un peu plus de 50 ans. J'ai échappé un peu à la génération Pokémon. Par contre, j'ai vu que ça intéressait pas mal de mes enfants. Et je me suis intéressé, moi, à l'aspect qui a été un peu évoqué par vos intervenants, mais pas assez à mon goût, à l'aspect jeu de cartes à collectionner.
Oui, on va y venir, bien sûr.
C'est un jeu de société au départ. C'est un jeu de cartes à collectionner où vous avez deux adversaires qui créent un deck, c'est-à-dire un groupe de cartes, et donc, qui vont combattre l'un contre l'autre. Et moi, je trouvais... J'ai joué avec mes enfants sur l'aspect cartes, avec les cartes à jouer et puis aussi sur l'ordinateur, mais avec qui stimule le jeu de cartes. Et j'ai trouvé qu'il y avait un aspect pédagogique vraiment intéressant dans le sens où, quand ils constituent leur deck, ils vont pouvoir jouer sur les probabilités parce qu'il y a des cartes qu'ils veulent avoir, sortir au hasard, etc., plus facilement.
Donc, il y a des probabilités, il y a les maths, puisqu'ils vont devoir compter, en fait, des points d'attaque et des points de vie. Il y a la lecture, puisqu'ils vont devoir aussi lire les effets des cartes pour pouvoir les utiliser. Et je trouvais qu'en fait, il y a la stratégie aussi, qui est un peu... Oui. qui est un des maths et tout. Et je trouvais qu'il y avait un aspect pédagogique du jeu de cartes qui est vraiment la base de la base des Pokémon et qui est un petit peu sous-évaluée aujourd'hui et qui est masquée par le marketing, par l'aspect collection, par l'aspect spéculation, par les jeux vidéo qui viennent un peu masquer ça.
Et je trouvais que c'était dommage que cet aspect-là il soit sous-valorisé. Donc moi, j'ai joué, je témoigne, parce que j'ai joué aux cartes papier avec mes enfants et j'ai joué aussi à l'ordinateur qui stimule le jeu de cartes. Même à distance, quand on était en vacances et moi pas, on pouvait jouer à distance.
Voilà.
Je voulais apporter ce témoignage puisque c'était l'usage de base des cartes Pokémon de départ.
Donc c'est un jeu de société. Fondamentalement, c'est un jeu de société.
Oui, moi je crois comme ça. C'est vrai qu'on parle beaucoup des cartes pour la collection et ça marche très très bien et pour les sommes délirantes atteintes. Mais c'est vrai que malheureusement, sur peut-être 100 personnes qui collectionnent les cartes Pokémon, même pas peut-être 1 ou 2 ou 3% savent vraiment les règles du jeu de cartes et savent vraiment y jouer. Et c'est dommage parce que comme le dit notre auditeur, c'est vraiment un jeu intéressant et c'est pas un habillage. Ils n'ont pas fait un petit jeu pour donner semblant.
Non, il y a un vrai jeu intéressant à jouer mais malheureusement, il n'a pas pris autant sur la popularité et sur le fait que les gens veulent d'abord essayer de capturer les Pokémon rares dans les boussos à cartes.
Alors, on a des réactions aussi sur l'appli France Inter. On a Samuel qui dit je sais, c'est peut-être un gars et un psychologue peut peut-être l'expliquer mais je ne comprends pas comment les enfants peuvent prendre du plaisir à organiser des combats entre des animaux qu'ils aiment. Michael Stora. Écoutez, je crois que c'est assez amusant parce que dans notre société actuelle, on a tendance à penser que les enfants sont sages comme des images ce qui n'est pas le cas du tout. Les enfants, d'une manière globale, le jeu a toujours été un espace de mise en scène des pulsions agressives. Un enfant construit un Lego de un mètre, son grand plaisir c'est de le faire tomber. Etc, etc.
Et même les petites filles, il leur arrive de s'adiser leurs poupées. Donc, je crois que nous, en psychologie, en pédopsie, on travaille beaucoup avec le jeu parce que ça nous donne des infos. Donc, pour moi, rien de plus banal que des enfants puissent s'amuser à élever des monstres, à les choyer pour qu'ils puissent combattre. Donc, en effet, ce n'est pas un jeu violent dans le sens de la violence graphique, mais ça reste, comme dans tous les bons jeux vidéo, un jeu d'affrontement. Comme dans certains jeux de société, on s'affronte. Et là, nous avons une mise en scène des affrontements qui, en effet, n'est pas sanguinolente.
mais je crois qu'il ne s'agit pas de mettre de côté cette dimension que dans tous les jeux vidéo, il y a toujours quelque chose de l'ordre de l'affrontement, ce qui fait partie de choses qui existent chez tous les êtres humains. Après, ça reste un espace de médiation, je pense que c'est important, et c'est un jeu. Donc, jouer, c'est faire comme si. Il ne s'agit pas de penser qu'on va le faire. et même lorsqu'il y avait Pokémon Go, moi-même, j'y ai joué. Je suis ce qu'on appelle un psy-gamer. Je voulais le confirmer, disons le dire. Et il m'est arrivé de chasser des Pokémon sur le divan de mon cabinet. Donc, c'est assez amusant de pouvoir jouer dans des espaces qui ne sont pas faits pour.
On fait une parenthèse sur Pokémon Go, quand même, Alvin Adaden, parce que ça a un peu relancé la marque, si j'ose dire. Et quand même, Pokémon a connu des hauts et des bas en 30 ans.
C'est vrai. Après un démarrage extraordinaire dans les années 90, ça a un petit peu vivoté dans les années 2000. On n'en a plus beaucoup parlé. Nintendo continuait à faire sortir des jeux. Il y avait toujours un dessin animé à la télévision japonaise et même française. Des films de cinéma qui sortaient une fois par an. Mais il n'y avait plus autant d'engouement. La franchise vivait. Elle était rentable. C'est clairement Pokémon Go en 2016.
Vous vous rappelez ce que c'est Pokémon Go pour les profanes ?
Bien sûr. Pokémon Go, c'est le jeu sur mobile qui a été sorti en 2016 où on peut pour la première fois se balader dans son environnement et si vous vous baladez dans les rues, dans la forêt, dans la montagne, sur votre écran de téléphone, des Pokémon vont apparaître. Vous allez pouvoir les capturer et c'est littéralement chercher à tous les attraper dans la vraie vie.
Et c'est comme ça qu'on a vu plein de gens dehors.
Et c'est pour ça à l'été 2016, l'image de l'été 2016, c'est les gens en train de courir dans le parc du Luxembourg, en train de courir après les Dracophones dans le parc du Luxembourg. Et c'est vrai que le jeu était gratuit. C'est ça qui a beaucoup relancé. Avant, il fallait acheter le jeu sur console, donc il fallait une console et acheter le jeu. Pokémon Go était gratuit sur des téléphones que tout le monde possédait. Ça a permis de relancer la franchise et les revenus cette année-là ont été multipliés par 10 et depuis, Pokémon se porte vraiment bien.
Et ça, on peut encore jouer avec Pokémon Go ?
Bien sûr, le jeu est toujours mis à jour, il est plus riche que jamais. C'est ça qui était drôle quand le jeu sort.
Il y en a encore qui continuent à chasser beaucoup dehors ?
On serait surpris. Il y a beaucoup de groupes Facebook locaux, c'est ça qui est très drôle. Pokémon Go, ça a un côté très social. Oui, on va y venir aussi. Chaque ville va avoir son club de Pokémon Go avec 5 à 20, 30, 50 personnes qui vont chasser les Pokémon ensemble, connaissent les événements, se passent les infos. C'est très, très social et avec des profils d'âge de 7 à 77 ans.
Allez, on va venir aux collectionneurs. Bonsoir, Mister Fuji.
Bonsoir, bonsoir.
Merci beaucoup d'être en ligne avec nous. Vous êtes en direct de Tokyo. Vous êtes le patron des magasins Fujistore à Paris, Lille et Lyon. Il se trouve que vous êtes en ce moment à Tokyo. J'imagine que ce n'est pas tout à fait par hasard au moment du 30e anniversaire, non ?
On va dire que c'est un concours de circonstances avec l'anniversaire, les activités professionnelles et personnelles. Voilà. Effectivement, les 30 ans ont motivé la venue.
Donc, vous, vous vendez des cartes, vous rachetez des collections et vous déterminez aussi la valeur des cartes. Expliquez-nous quel est le profil de vos acheteurs. de vos acheteurs ?
Aujourd'hui, on a plusieurs profils. J'aime bien dire que nos clients ou les gens qui visitent nos boutiques, c'est un peu une photo de la France. On a des gens de 7 ans jusqu'à 77 ans, des experts, des gens qui ne connaissent pas, des jeunes, des moins jeunes et tout profil, des collectionneurs, des investisseurs et autres.
Oui, vous nous disiez, pardon, je n'avais pas entendu la fin de votre phrase.
On disait qu'on a tous les profils, on a des collectionneurs, on a des investisseurs, des amateurs, des parents qui accompagnent des enfants, des curieux, des gens qui ont entendu Pokémon, qui redécouvrent Pokémon. on n'a pas un profil type, vraiment.
Alors, moi, j'ai vu que vous avez fait paraître un baromètre Fujistore, vous avez fait une enquête auprès de vos clients. En général, ce sont quand même des urbains, des jeunes actifs avec les moyens d'investir dans leur passion quand même.
C'est vrai qu'on va retrouver un noyau qui représente ce type de personnes, ce qu'on appellerait aujourd'hui les quidultes, donc les enfants adultes. Il y a un gros marché
sur les quidultes en ce moment, sur le marché du jouet.
Absolument. C'est la génération qui a de l'argent, qui commence à travailler ou qui travaille depuis 5, 10, 15 ans et qui veut se faire plaisir. Donc, il veut joindre le ciel agréable avec Pokémon, que ce soit les cartes, les paquets de cartes et autres.
Alors, pourquoi sont-ils des collectionneurs ?
Je pense que c'est un tout. Déjà, il y a l'aspect Pokémon qui est un élément intrasèque du jeu qui est d'aller chasser tous les Pokémon. C'est attraper les tous. C'est le motto de la marque et du coup, avec les cartes, c'est un peu la même chose. On a pléthore de cartes, on peut aller chercher le Pokémon qu'on veut, on peut chercher la date qu'on souhaite, le type de rareté, est-ce que la carte est holographique ou pas. et en fait, avec cette proposition de cartes toutes différentes, tout collectionneur peut aller chercher un type de collection, soit un collectionneur de Pokémon, soit une série en particulier, soit une année en particulier, les 25 ans, là on va avoir les 30 ans.
Là, il va y avoir
une collection spéciale qui va sortir dans les prochains jours ?
L'anniversaire, c'est vendredi, donc on soupçonne qu'il y aura beaucoup d'annonces. Pokémon Company, les éditeurs de Pokémon ont d'ores et déjà prévu un événement en ligne où il y aura beaucoup d'annonces et c'est certainement de nouvelles cartes.
Ça peut monter jusqu'à combien une carte Pokémon dans votre magasin Mister Fuji ?
Aujourd'hui, une carte, on peut atteindre jusqu'à plus de 30 000 euros, on va avoir plus de 50 000 euros. Dernièrement, on a exposé une carte qui est la Pikachu Illustrator qui avoisine le million d'euros. C'est une carte très spéciale.
C'est dingue parce qu'on a l'impression que ça devient presque des activités. d'actifs financiers Mister Fuji ?
Absolument. Ce sont des actifs financiers, ce sont des véhicules d'investissement pour certains des objets proposés sur le marché et c'est pour ça qu'on va avoir des personnes qui vont se diriger sur ces items-là seulement pour l'investissement ou il va y avoir des collectionneurs comme on a dit en préambule
qui souhaitent
joindre l'utile à l'agréable en collectionnant mais tout en faisant attention à leurs finances et en se disant que si un jour ils ont besoin de financer une voiture, un appartement ou autre, ils peuvent céder leur collection et se dire qu'en regardant par exemple l'appartement fraîchement acquis, je n'ai plus ma collection mais je pourrais toujours revivre à travers le nouveau lieu de résidence.
Ah ouais non mais alors là je ne reviens pas Alvin Adaden
C'est vrai qu'il y a cet aspect quand on ouvre des paquets de cartes alors déjà même c'est une décision il suffit la demande est telle qu'acheter des boussets de cartes donc c'est des petites pochettes de cartes non ouvertes et juste les garder de réussir à les avoir à la sortie et juste on les garde pendant 3 à 6 mois elles peuvent multiplier par 2 ou multiplier par 3 et c'est vrai que ce qu'ils disaient de l'utile agréable donc quand on ouvre le paquet de cartes on a le suspense de trouver son Pokémon préféré et qu'on aime bien et aussi le suspense de peut-être trouver une carte qui vaut 100, 500, 1000 euros et peut-être beaucoup plus dans le futur donc tout s'est un peu mélangé en même temps
c'est extrêmement malin quand même
c'est un très bon business model en plus on vend entre 8-9 euros pour 10 cartes 10 bouts de carton à 8-9 euros bon business
Bonsoir Marie Oui bonsoir Soyez la bienvenue sur France Inter nous vous écoutons Merci infiniment déjà pour vos émissions
Oui je vous appelle parce que moi je suis de l'autre côté de la barrière c'est à dire que non seulement je suis totalement novice et profane dans les Pokémon Ah merci je me sens moins seule mais j'ai dans ma famille j'ai la chance d'avoir deux merveilleux enfants dont un petit Félix de 7 ans et demi qui est donc évidemment complètement fou des Pokémon souris pas de temps en temps et bien aimerait bien aller s'acheter un petit paquet de cartes Pokémon au tabac du coin parce que globalement c'est un petit kiff pour eux à leur âge et un tabac deux tabacs trois tabacs une maison de presse deux maisons de presse c'est toujours la même réponse ah mais vous savez lorsqu'on est livré d'un présentoir avec plusieurs cartes plusieurs paquets de cartes Pokémon le blister encore autour et bien on a des collectionneurs adultes qui se précipitent et qui achètent le présentoir entier avec le blister autour et qui du coup ne laissent aucune chance à ces pauvres petits chatons qui voudraient aller dépenser leurs sous de leurs petits souris pour s'acheter un paquet de cartes Pokémon qui se rabattent sur des sortes de magazines avec des cartes qui sont offertes je trouvais que ça illustrait quand même pas mal alors au-delà du fait que mon petit garçon est souvent déçu mais qu'ils ont plein de ressources à ce stage-là je voulais quand même souligner le fait que ça illustre le fait que ceux qui ont les moyens du coup d'acheter le présentoir entier avant même qu'il soit déplastifié et bien c'est ceux qui ont commencé probablement il y a une trentaine d'années ou il y a une vingtaine d'années à l'âge de mon fils à moi à adorer les Pokémon mais c'est vrai que j'avoue que parfois je suis un petit peu amère oui ça vous agace la loi du commerce en fait la loi du commerce je pense c'est en sorte que la buraliste ou le buraliste ne peut pas ne peut pas refuser la vente j'imagine que tout est oui tout est bien calibré et quand je leur dis mais vous pouvez pas en mettre au moins 10 paquets de côté franchement pour les gamins du quartier c'est chouette ils arrivent avec leurs petits c'est leur premier petit achat vous voyez c'est intéressant c'est intéressant
ce que vous dites Marie parce qu'on a aussi un petit Lucien qui a 10 ans qui nous a envoyé exactement le même message en 10 ans j'aimerais dire que les adultes achètent trop de paquets de cartes et du coup on n'a plus trop de trucs à acheter on n'a plus trop notre monde d'enfants ils pourraient en laisser un peu pour nous aussi je trouve Alvin Adaden
c'est vrai que c'est un vrai problème qu'ils ont avec le jeu de cartes parce qu'en même temps ils ne peuvent pas inonder le marché ils pourraient mettre plusieurs stratégies ou ils pourraient monter le prix des cartes pour au bout d'un moment si on arrive à 15, 16, 17, 18 euros le booster on va peut-être réussir à équilibrer l'offre et la demande mais ils ne veulent pas ils veulent que ça reste un produit familial et accessible notamment pour les enfants et en même temps quel que soit le volume de cartes qu'ils prévoient pour le lancement d'une nouvelle série de cartes elles se font toujours dévaliser ils vont essayer un peu de le juguler
est-ce que c'est une forme de pénurie organisée ?
je ne pense pas je ne pense pas honnêtement parce que comme vous disiez sinon ils pourraient monter le prix sinon ils pourraient organiser un peu la pénurie et c'est vrai qu'ils avaient fini par réagir il y a un an ou deux en disant que la radia avait été telle au lancement une demi-heure après le lancement il n'y avait plus aucune carte disponible sur la nouvelle série qui venait de sortir qu'ils ont tout de suite mis un communiqué de n'allez pas tout de suite les mettre en vente sur internet deux, trois fois plus cher on va en réimprimer ils essayent d'en réimprimer tout en temps mais ils n'arrivent pas à jauger exactement tellement la demande est forte
qu'est-ce que vous en dites Mr. Fuji ?
oui j'entends tout à fait la frustration de cette maman et il y a des professionnels comme nous-mêmes et même d'autres boutiques à travers le monde qui essayent en tout cas d'accompagner la Pokémon Company dans cette démarche on peut limiter par exemple le nombre d'objets vendus par personne on peut ouvrir ces fameuses boîtes et vendre que un paquet de boosters par personne ou demander que les enfants soient accompagnés des parents et à ce moment-là on vend que aux enfants on alloue une partie aux enfants et ceux qui sont fidèles en général ont toujours la possibilité d'avoir un produit à la sortie mais même nous professionnels on a du mal à se sourcer et je pense que la Pokémon Company leurs outils de production sont tellement à plein régime qu'ils n'arrivent pas à fournir la demande mondiale tout simplement
alors il y a un autre aspect qu'on n'a pas encore dont on n'a pas encore parlé dans cette émission c'est le lien social que ça peut créer ce jeu alors il y a Céline qui nous a laissé un message elle a 52 ans elle dit je joue à Pokémon GO depuis juillet 2016 ce jeu m'a permis de rencontrer plein d'autres joueurs nous avons une réelle communauté de plus de 300 joueurs dans ma ville nous avons eu l'occasion de nous déplacer à Dortmund à Berlin en communauté pour ces événements ça permet de rencontrer des gens en dehors du travail j'avais pas pensé à cette dimension-là
c'est vrai que la dimension sociale dans Pokémon elle est présente dès le premier jeu dans le tout premier jeu il était prévu le jeu était sorti en deux versions rouge et verte en France rouge et bleu et on peut pas obtenir tous les Pokémon avec un seul jeu il faut obligatoirement échanger avec d'autres joueurs qui a l'autre version si on veut obtenir tous les Pokémon donc dès le début dès le concept il y avait l'idée que les joueurs n'allaient pas juste se connecter pour se battre ils allaient devoir échanger qu'on peut pas y arriver tout seul et c'est une valeur qu'ils vont très profondément au sens de Pokémon et qui font que Pokémon c'est ces belles valeurs qui ont beaucoup résonné chez beaucoup de personnes parce que vraiment ça valorise l'apprentissage le travail en groupe le collectif et Pokémon Go c'est vrai que ça a été un tel phénomène que plein de gens s'étaient organisés à des niveaux locaux pour faire des sorties ou même aller sur des événements dans le monde
Qu'en dit le psychologue que vous êtes Mickaël Stora ?
Bah écoutez oui alors la collection est alors là on n'est pas dans quelque chose de désordonné au contraire d'hyperordonné il y a une dimension alors que nous on appellerait un peu obsessionnelle du côté des collectionneurs mais là ce que j'y vois c'est une dimension très compétitive au point où d'ailleurs les enfants se retrouvent un petit peu délaissés en tout cas ils n'ont pas forcément les moyens donc c'est vrai que cette forme de nostalgie de l'enfance qui fait qu'on est un peu dans une forme d'impuissance et on veut retrouver à nouveau peut-être à l'âge adulte une puissance en pouvant avoir les moyens d'acheter les cartes qu'on n'a jamais pu acheter ou pu avoir et donc c'est vrai qu'il y a quelque chose d'assez compétitif peut-être même pour certains une forme de dépendance c'est une question qu'on peut se poser mais c'est pas dramatique mais sur le lien social vous confirmez que c'est quelque chose d'essentiel on s'échange on doit développer des stratégies en commun on n'est jamais seul en fait oui alors ça c'est vrai que Pokémon Go surtout a pu véritablement créer des communautés et d'ailleurs là c'est une femme de 52 ans mais j'avais entendu parler de femmes de plus de 70 ans en tout cas qui alors surtout on a souvent tendance à penser que ce sont les garçons qui jouent pas du tout et il y a même plus de 50% oui c'est vrai il y a plus de 50% de joueuses et là je pense qu'on en parle peu mais dans la réalité les femmes aiment aussi je me permets cette forme d'ironie perdre leur temps qui est souvent un peu je dirais le privilège des hommes donc je crois que les femmes ont le droit de perdre leur temps à jouer et surtout à se retrouver et rien de mieux quand le virtuel sert le réel et je pense que d'autant plus actuellement c'est important de le préciser de montrer que voilà c'est un espace où les gens peuvent se rencontrer réellement partager des moments peut-être ce sont des gens un peu geeks mais pas que qui peuvent justement se retrouver et partager ces moments un petit peu qui pour certains apparaîtraient comme totalement ridicules mais pas du tout parce que le jeu c'est une chose très sérieuse et ce n'est pas genré donc Alvin Adaden c'est vrai
que c'est une des raisons par exemple pourquoi Pikachu a été pris comme emblème de Pokémon effectivement il est neutre à la base c'était une autre une autre mascotte qui aurait dû représenter Pokémon qui était un petit Pokémon fait rose mélophe et finalement Pikachu qui est à la fois jaune donc unisexe très mignon et en même temps très puissant pouvait plaire aux filles et aux garçons et ça a été un très bon ambassadeur pour la franchise
est-ce qu'on peut prendre Salomé c'est juste un dernier appel dans la seconde ah non voilà Salomé nous disait je reviens du Japon et en fait alors là là-bas Pokémon c'est absolument partout d'ailleurs je crois qu'ils viennent d'ouvrir un parc en milieu
de Tokyo effectivement plein de vidéos sur Youtube qui montrent que ça a un endroit fabuleux pour se promener pour prendre des photos si on aime les Pokémon ça a l'air d'être garanti pour les 30 éprions
à quoi faut-il s'attendre le jour anniversaire vendredi parce qu'évidemment ils promettent plein plein de surprises à chaque fois c'est un rendez-vous c'est ritualisé c'est très marketé
bien sûr la communauté est là pour tout décrypter pour réagir à tout plein de surprises j'ai pas eu de fuite encore on est assez dans l'attente certainement une nouvelle génération de Pokémon avec encore centaines de nouveaux monstres à découvrir
et bien merci merci à vous tous qui avez fait cette émission merci à toute l'équipe du 18-20 parce que je peux vous dire qu'il y avait plein de trentenaires dans le bureau et qui m'ont bien aidé à préparer cette émission donc merci à Flore merci à Pierre merci à Marius merci à Marie vous avez été super merci à vous
merci à vous merci à vous