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DébatLCP (sur YouTube)· 8 juin 2025 57 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSécuritéEnvironnement & énergie

Souveraineté industrielle : avons-nous capitulé ? | DébatDoc

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ce cas Vancorex nous révèle sur la souveraineté industrielle française ?

  • 22:00RelanceRéponse directe

    Est-ce que l'État a failli à son devoir de protection des intérêts stratégiques ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    La nationalisation temporaire était-elle une solution envisageable ?

  • 26:00RelanceRéponse directe

    Pourquoi les gouvernements successifs n'ont-ils pas agi plus tôt ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    La Chine pratique-t-elle une concurrence déloyale selon vous ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Faut-il privilégier une souveraineté industrielle nationale ou européenne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:00Aurélie TrouvéFait
    « En réalité, capitulation en matière de souveraineté industrielle. »
  • 7:00Aurélie TrouvéFait
    « La chimie, ça a été dit dans le reportage, le sel, il sert à la dissuasion nucléaire. »
  • 9:00Aurélie TrouvéFait
    « Ce gouvernement et le président Macron sont pris dans un dogmatisme néolibéral absolument terrible pour la production réelle. »
  • 10:00Aurélie TrouvéFait
    « On a fait un courrier, voilà, pour demander à être reçu également. »
  • 11:00Aurélie TrouvéChiffre
    « La nationalisation coûterait 300 millions d'euros. La dépollution trois fois plus selon l'élu. »
  • 12:00Aurélie TrouvéFait
    « On demande du bon sens en fait. »
  • 13:00Aurélie TrouvéFait
    « En travaillant le dossier, j'ai découvert qu'en réalité cette entreprise n'était pas française, elle était thaïlandaise via d'ailleurs une filiale hongroise. »
  • 14:00Aurélie TrouvéFait
    « Le gouvernement a accepté que Vancorex non seulement soit vendu à Wanois et donc que Wanois puisse poursuivre son projet de monopole sur les dérivés du chlore. »
  • 15:00Aurélie TrouvéFait
    « Il y a eu la vente pour 1 € symbolique de tous les brevets de 80 ans de recherche à Vancorex. »
  • 16:00Pascal PerryFait
    « Le sel n'est pas un élément absolument stratégique du nucléaire. »
  • 18:00Pascal PerryFait
    « La désindustrialisation, elle commence vraiment en France dans les années 80. »
  • 19:00Pascal PerryFait
    « On a pris acte du fait que dans une société très heureuse, des loisirs et des services, on allait laisser la sale industrie aux autres. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Bienvenue à tous au menu de ce débat doc. Aujourd'hui, un reportage de la rédaction de LCP réalisé par Céline Crespi et Pierre Yve de Noing. Son titre Bancorex, la chute d'une filière française.

L'histoire d'une usine chimique grenobloise qui passe sous pavillon chinois. Une reprise synonyme de casse sociale puisque'environ 10 % seulement des emplois devraient être préservés. L'histoire aussi, vous allez le comprendre, de l'abandon de la production sur notre territoire de composants stratégiques pour le nucléaire civil et militaire français.

Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau en compagnie de la présidente de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Aurélie Trouvé, de l'ancien secrétaire général de force ouvrière Jean-Claude Mailli et de l'économiste et éditorialiste Pascal Perry. avec eux. Nous nous interrogerons sur le sujet stratégique que constitue la préservation de notre souveraineté industriel.

Bonc. L'histoire de Vancorex, c'est celle d'une usine de la région grenobloise, l'histoire de la faillite d'un fleuron industriel, un drame social. J'ai fait toute ma carrière dans la chimie et pétrochimie et ben on tombe de haut quoi.

C'est aussi l'histoire d'une perte de souveraineté nationale, d'une usine française qui passe aux mains des Chinois. Si on coupe ce circuit, on ne pourra plus refroidir le cœur de central nucléaire. Il en va aussi de notre souveraineté de façon globale notre pays en matière industrielle.

C'est l'histoire d'un combat de salariés et d'élus qui vont tout faire pour sauver leur entreprise. On peut pas se résoudre à voir ce dossier clos tout simplement. Le problème c'est qu'on a un état qui a qui est qui qui est plutôt là pour accompagner les fermetures d'usine que pour se battre et prendre des risques avec nous.

Donc c'est dommage. Retour sur une tragédie qui s'est jouée en 5 actes. [Musique] 300 m de la plateforme chimique où se situe Vancorex via Marie de la Fosse.

Depuis quelques jours, elle est stressée par ce qui pourrait arriver dans sa boîte aux lettres. [Applaudissements] Alors, il y a la nouvelle. Pas de nouvelles.

Non. Bon, on sait pas quand même. Non, on attend.

Anne-Marie redoute de recevoir sa lettre de licenciement. Cela fait 6 mois que son entreprise est en redressement judiciaire et elle craint de faire partie des 400 salariés mis à la porte. Elle a 55 ans.

Depuis plus de 30 ans, elle travaille chez Mancorex. Cette entreprise, c'est une institution dans la région, un haut lieu de la chimie. Edine Grenoble ouverte en 1916 pour fabriquer le gaz moutarde durant la Première Guerre mondiale.

Je suis fier de mon usine moi. Moi je suis contente de travailler dans cette usine. Une deuxième maison c'est toute une vie.

J'ai maison qu'on travaillit dans cette usine mon papa, mon grand-père. J'ai un oncle qui est décédé en 1969 dans cette usine. Ça peut pas finir comme [Musique] ça la gros parce que c'est tous les collègues qui s'il y en a certains c'est certains ça me fait peur.

Je dis comment ils vont faire ils ont des enfants s'il est seul à travailler ça va être compliqué ça va mettre des familles entières dans dans la misère c'est pas possible. Le gouvernement peut pas laisser faire ça. Il peut pas.

Depuis la mise en redressement judiciaire de l'entreprise, une seule offre, celle d'un repreneur chinois. Le problème c'est qu'elle prévoit la suppression de près de 90 % des emplois. En ce cas de février, dans ces bureaux se tient un rendez-vous important, un CSE durant lequel les représentants du personnel tente de limiter la casse.

Mais en sortant, Séverine Deou, la déléguée du personnel et son collègue Denis Carré sont totalement sonnés car l'offre du potentiel acquéreur chinois prend des allures de catastrophe sociale. Bonjour. Bonjour.

Alors, c'est instructif. instructif. Disons que voilà, on a pu avoir des échanges avec eux.

Maintenant, il y a encore beaucoup de zones, beaucoup de de choses sur lesquelles on n' pas de réponse et puis des inquiétudes encore. Il a fait une offre à 54 postes. Elle a pas été améliorée depuis la dernière fois qu'on s'est vu au mois de décembre.

Donc ça veut dire qu'il y aurait pas loin de 400 licenciements. Ce repreneur s'appelle Wanois. C'est un concurrent chinois de Vancorex. un concurrent qui lui a mené une guerre commerciale sans pitié en cassant les prix.

Wanois est bien aujourd'hui un des responsables de la situation qu'on a eu avant Corex. le la quantité de produits qu'il a mis sur le marché européen alors que ça n'existait pas avant, en tout cas pas de sa part sur le secteur européen a fait énormément de mal à Vancorex et pas qu'avantcorex d'ailleurs. Une concurrence féroce ajoutée à un coût du gaz qui a explosé.

Résultat 80 millions d'euros de perte l'année dernière mais pas seulement. Dans sa chute, Vancorex provoque une réaction en chaîne. [Musique] À quelques kilomètres de là, une autre société, Arkema, un client devant Corex.

Depuis un mois, une partie des salariés fait grève car la direction a décidé de supprimer 150 emplois en prévision de la fermeture de Vancorex. [Musique] Éric Jamillon travaille chez Arkema depuis 10 ans et comme beaucoup, il ne comprend pas la précipitation de son entreprise à licencier. Alors ce qui m'a surpris, on va dire, c'est un petit peu l'opportunisme.

Vancorex, ils sont encore en période d'observation donc il y a encore des chances que Vancorex soit sauvé. Nous, on est déjà condamné. Donc il y a déjà ça qu'on comprend pas.

Ça c'est allé trop vite. On a laissé aucune chance à Vancorex ou même Arquema se laisse aucune chance de se retourner. Donc du coup ça c'est très très frustrant.

Aujourd'hui des ateliers comme le clorout, c'est des ateliers qui en 2020 ont tourné en partie pour l'État qui étaient très contents pour le Covid qui ont fourni du chlore, de la soude, de la javelle pour la désinfection et tout le monde nous a remercié. Aujourd'hui, moins de 4 ans après, on nous remercie en nous mettant dehors alors qu'il y a qu'une filière selle à sauver. Le sel, c'est bien cela le nœud du problème.

En arrêtant sa filière selle, Vancorex ne pourra plus approvisionner Archema. Une justification imparable pour le directeur du site. Vous avez ici la matière principale du site qui est en fait du sel, du sel purifié et il s'agit vraiment de la matière première sur nos deux ateliers d'électrolyse.

Avec ce sel, Archema fabrique du chlore, de la soude et du chlorade de sodium. Mais sans le sel de ventorex, tout est remis en question. Ce sel qui vient de pompe clé historiquement en quantité en qualité ne peut pas être remplacé.

Et aujourd'hui l'alternative que nous avons pu trouver c'est un sel purifié allemand qui nous permet uniquement d'alimenter l'atelier chlorate de sodium qui est moins exigeant en terme de des de qualité de sel et surtout qui consomme moins de sel. Exite donc la production de chlore et de soude pour des raisons de qualité de sel, mais aussi pour des raisons de coût. Le sel allemand est trois fois plus cher que le sel de Vancorex, mais les salariés eux ont du mal à avaler la pilule, d'autant que le site fait 30 millions de bénéfices chaque [Musique] année.

Ce jour-là, Séverine de Jou de Vancorex rejoint les salariés d'une dizaine d'autres entreprises chimiques toutes implanté dans la vallée du Rô. Ils viennent protester devant l'usine Archema. C'est important pour nous mais c'est important pour nous tous, je dirais collectivement puisque on est on est tous impactés.

La chimie c'est un grand écosystème et donc quand il y en a un qui tombe, c'est l'ensemble des salariés derrière de toute l'industrie qui vont qui vont être impactés. Donc voilà, on sait qu'il faut se mobiliser collectivement. Bon camarades, on se retrouve à 14h30 pour le départ.

Donc je vous souhaite à tous une bonne manife. Voilà, à tout à l'heure. Merci.

Les manifestants pensent que l'activité celle d'Arkema a été sacrifiée non pas parce qu'elle n'était pas rentable mais parce qu'elle ne rapportait pas suffisamment à l'entreprise. De la vie générale Arkema regarderait un peu trop son cours de bourse. Vous êtes pas tout seul.

Tous ces actionnaires qu'il y a qui qui s'en mettent dans les poches là faut rien lâcher quand même. Les salariés ne sont pas les seuls à penser qu'Ar Kema aurait pu éviter les licenciements. Christophe Ferrari est le maire de Pontecl.

Il est aussi le président de la métropole de Grenoble et depuis des semaines, il soutient les grévistes. Merci. Bonjour à toutes et à tous.

Ar est pas dans la même situation que P que Vancorex à Vancorex nous avons une cessation de paiement ici a pas de cessation de paiement nous avons une entreprise qui a délibérément utilisé la situation de Vancorex pour draer et pour tout simplement licencier. Nous ne pouvons pas l'accepter. Christophe Ferrari a fait ses calculs.

Si vent correct c'est arqué malessenci des sous-traitants vont fermer des commerçants avec un effet domino. Au total plus de 6000 emplois seraient menacés. L'effet dominaux il est il est ravageur, il est fatal létal.

Il est létal. ça nous mettra ça va nous replonger au pire période je dirais en terme de récession et parce que c'est des emplois mais c'est du chiffre d'affaires. Donc c'est aussi de l'argent qui vient sur ce territoire en terme de développement et qui fait vivre des familles qui fait vivre des commerçants, qui fait vivre d'autres choses.

Donc c'est l'étalez camarad élus et syndicalistes veulent sauver Vancorex mais il ne leur reste qu'un mois avant que le tribunal de commerce ne se réunisse pour décider du sort de l'entreprise. Les camarades, ça fa longtemps. Pour eux une solution existe, la nationalisation temporaire de Vancorex.

On a fait un courrier, voilà, pour demander à être reçu également. J'espère qu'on aura une réponse. Voilà, ce serait bien qu'on puisse aussi aller s'exprimer euh voilà. près de près du ministre pour y parvenir, ils vont devoir donner une portée nationale à leur combat.

Avant de partir en manifestation, allez les camarades, on rejoint derrière. [Musique] En ce mois de février, c'est à Paris qu'il se retrouve. Salut !

Bonjour ! Pour eux, il ne s'agit pas seulement de se battre pour Vancorex, mais pour l'avenir de leur secteur. 20000 emplois dans la chimie serait menacé.

Aujourd'hui, on a l'impression que le gouvernement laisse faire et il faut absolument que il y ait une prise de position pour l'industrie en France. Direction Ber pour faire le pied de gruille sous les fenêtres du ministre de l'industrie Marc Ferat dans l'espoir qu'il les reçoivent. [Musique] Le président de l'agglomération grenobloise est aussi au rendez-vous.

Ça va ? Ouais. Ouais, bien sûr.

Pour eux, l'État doit intervenir non seulement pour les emplois mais aussi parce qu'abandonner la chimie a bien d'autres conséquences. Vancorex est un site classe CVSO. Si l'entreprise ferme, l'usine deviendra une gigantesque friche industrielle et les risques de pollution sont immenses.

Il y a un outil qui permet de gagner du temps, la nationalisation temporaire qui est pas un outil coûteux comparativement à ce qui devrait être fait si on doit dépolluer un site comme ça demain. C'est du bon sens. On demande du bon sens en fait.

La nationalisation coûterait 300 millions d'euros. La dépollution trois fois plus selon l'élu. Le directeur de cabinet du ministre accepte finalement de les recevoir mais après 2 heures d'entretien c'est la douche froide.

Pas question d'envisager une nationalisation même temporaire devant Corex. [Musique] C'est triste d'avoir des cabinets ministériels qui ont cet état d'esprit là qui ne sont pas combatifs, qui ne sont pas euh à l'action pour sauver ce qui est le patrimoine français. C'est voilà, c'est effarant la nationalisation d'une entreprise, un outil déjà utilisé par l'État en 2017 pour le chantier naval de Saint-Nazer au nom de la défense des intérêts stratégiques de la France.

Et dans le dossier Vancorex, on peut parler d'intérêt stratégique. Le fameux sel est en effet essentiel dans des secteurs fondamentaux et pas des moindres. la fabrication du carburant des missiles de la dissuasion nucléaire, l'entretien dans les centrales EDF ou l'utilisation des boosters de la fusée Ariane.

Sans celle, l'autonomie stratégique de la France dans tous ces domaines est menacé. La parole est à monsieur. Le Cavant Corex s'invite à l'Assemblée nationale.

La députée Marie Pochon interpelle le ministre de l'industrie lors des questions au gouvernement. Oui, on parle bien là de notre souveraineté monsieur le ministre. C'est autant de composants chlore, soude, tolonat que nous devrons demain importer d'ailleurs.

C'est du sel que nous cesserons de forer dans la mine dromoise d'Autorive. Sur tout autant de composants, nous deviendrons dépendants d'autres puissances. Que ferez-vous pour sauver cette entreprise ?

Je vous remercie madame la députée. La parole est à monsieur le ministre. Merci madame la présidente.

Madame la députée sur ce sujet qui nous occupe mes équipes et moi-même depuis des mois. Nous avons eu un échange constant avec Framat, avec Arian Groupe et nous nous sommes assurés avec la DGA, avec l'ensemble des services de l'État et surtout avec les entreprises elles-mêmes, madame la députée, que celle-ci avait la capacité à terme de se fournir en France sur les composants essentiels qui venaient de la chaîne de valeur dont Vancorc fait partie. Pourtant, souvenez-vous, le directeur du site d'Arkema nous expliquait qu'en remplacement du sel de vent Corex, il serait obligé d'importer du sel allemand de moindre qualité pour fournir Arian Group.

Alors, une poignée de parlementaires menée par la présidente de la commission des affaires économiques prend le sujet au sérieux. Ce jour-là, elle a convié des experts pour mesurer les conséquences de la fermeture de vent Corex sur notre souveraineté. [Musique] Mais si on a plus de selle, si on coupe ce circuit, on ne pourra plus refroidir le cœur de central nucléaire.

Je sais pas si on a conscience de l'importance de ce sujet. Alors aujourd'hui, on a un ministre, monsieur Marc Feratci, qui nous dit "Il y a pas de problème, hein, il y a pas de souci. Euh des solutions, on l'en a.

Euh même si on ferme Vanc, même si on ferme Arthéma, on peut livrer enlore euh fram et on peut livrer euh Arian coupe. En fait, c'est n'importe quoi. On est dans vent, on est devant une solution qui est complètement incompréhensible.

On est devant du grand n'importe quoi. Sans compter que la disparition du sel français pourrait coûter cher à l'État. Car utiliser le nouveau sel allemand nécessite de requalifier les produits, de faire des tests pour savoir si cela fonctionne, notamment avec les missiles nucléaires.

Si je prends un M51, une requalification c'est 4/ tirs. 4 ti consécutifs. Un tir de missile, c'est pas simplement le coût du missile, c'est toute la préparation qui va autour.

C'est près de 500 millions d'euros un tir de missile. Donc vous en faites quatre, le calculer vite fait, on est déjà à 2 milliards. Et là, je vous donne juste un exemple pour un produit.

Je voudrais juste faire une remarque, c'est qu'on parle pas de t-shirt ou de bigoui, quoi. On parle de dissuasion nucléaire. Donc euh en l'occurrence euh la souveraineté nationale, elle est absolument essentielle.

Dans leur combat pour sauver Vancorex, les élus vont avoir une d'espoir. Cette fois, c'est le premier ministre en personne qui s'intéresse au dossier. Ce jour-là, François Bairou reçoit une délégation d'élus à Matignon pour parler devant Corex.

Après une heure d'entretien, ils sortent avec le sentiment que le scénario de la nationalisation n'est pas définitivement écarté. L'engagement du premier ministre a été de considérer que effectivement sauver un outil industriel comme celui-ci était effectivement un enjeu très fort pour localement mais aussi pour le pays et que tout devait être fait pour s'assurer que cet outil industriel puisse continuer à vivre. Mais après 15 jours de réflexion, c'est par une lettre adressée aux élus locaux que François Bairou explique.

Cette expertise a démontré que l'activité de Vancorex n'est pas viable selon tous les scénarios étudiés. Dans ces conditions, une nationalisation même temporaire de Vancorex ne saurait être la réponse en l'absence de solution de pérénité identifiée. Tout espoir semble donc perdu jusqu'à un coup de théâtre. [Musique] Nous sommes le 6 mars à Lyon.

Le tribunal de commerce doit statuer sur le sort de vent Corex. Au pire, la fermeture définitive de l'usine, au mieux la reprise par l'industriel chinois. Pourtant, Séverine De a l'air détendu.

La nationalisation a certes été écartée, mais avec d'autres, elle a élaboré un plan B pour sauver Vancorex. On peut pas se résoudre à avoir ce dossier clos tout simplement. La veille, elle a déposé un dossier au tribunal qui pourrait bien changer l'ordre des choses et elle veut être sûre que l'administrateur judiciaire a bien pu le consulter.

J'imagine que vous Oui. Et du coup, ça veut dire qu'on va pouvoir accéder à la procédure. Bah oui, comme tous les autres camp, [Musique] c'est un coup de théâtre. 22 salariés aidés par la métropole de Grenoble ont préparé dans le plus grand secret un plan pour reprendre vent correct en société coopérative.

Ils doivent encore rechercher des entreprises partenaires. Mais le tribunal va-t-il leur laisser le temps de concrétiser leur projet ? À la sortie de l'audience, tous les espoirs sont permis.

La période d'observation est prolongée pour 6 mois avec un rendu avec une un une audience intermédiaire au 3 avril. Donc on aura probablement pas au 6 mois mais en tout cas il y a un délai au moins jusqu'au 3 avril pour étudier les offres qui auront été concrétisées dans dans le temps. Donc c'est plutôt positif.

C'est plutôt positif. On aurait un peu plus longtemps mais on va mettre à profit ce temps pour concrétiser notre offre. C'est donc une course contre la montre qui commence.

Séverine Deou et tous les participants au projet de coopérative disposent de moins de 4 semaines pour réunir les fonds et proposer au tribunal un projet de reprise viable. [Musique] Un mois plus tard, nous retrouvons une Séverine de jou sourire pour ce deuxième passage devant les juges. Vous avez bien travaillé, hein.

On a eu tout un tas de rencontres, tout un tas de réunions avec à la fois des collectivités, des entreprises, des investisseurs et cetera, des banques. On a travaillé aussi beaucoup en interne parce qu' bah il faut aussi voilà notre offre elle porte sur des choses concrètes, une organisation, voilà comment est-ce qu'on remonte les ateliers, organise les services et cetera. Voilà, donc on on bosse nonstop depuis un mois euh mais voilà, on est très très très content de ce qu'on a réussi à réaliser.

Le défi est immense. Il faut réunir 60 millions d'euros pour faire fonctionner l'entreprise la première année. 120 millions en tout.

Séverine et les porteurs de projet ont obtenu des promesses de différentes banques qui se disent intéresser. Il y avait BNP Paribas, société générale, banque populaire et un appui de taille. Olivier Ste, un entrepreneur grenoblois, membre du MEDEF et ancien référent macroniste de l'Iser qui se lance avec eux.

Il sera alors si la coopérative est montée. Bonjour. Tous ici pensent réussir à convaincre le tribunal que leur projet est viable.

Pour preuve, un cabinet de conseil prestigieux leur a donné son feu vert. Il y aura le cabinet BDO qui sera présent qui va dire que ça va être tendu mais qu'on va y arriver. Euh et très clairement aujourd'hui, je pense qu'on a les engagements de tout le monde pour construire un plan qui marche.

Et pour cause, en plus des 40 millions d'euros de promesses de prêt, ils ont un atout de poids. Un industriel indien prêt à damer le pion aux chinois en investissant dans Vancorex. On a 10 ou 20 millions de de capitaux, 10 millions qui sont quasiment assurés de capitaux privés et on a on est en discussion avec des investisseurs qui sont malheureusement des investisseurs étrangers pour 10 millions supplémentaires.

Donc aujourd'hui, on a les si tout le monde tire ses engagements et le premier, on va y arriver et dans 4 semaines, on aura les financements. 4 semaines supplémentaires. C'est le temps nécessaire qu'ils vont demander au tribunal de commerce pour réunir ses fonds.

Car à ce stade, tous ces engagements ne sont que des promesses. L'offre de reprise chinoise via sa filiale hongroise de Borossem, elle est bien ferme. Mais en conservant qu'une petite partie de l'activité, elle ne garde que 50 salariés.

Monsieur Butillon, maître le goût, madame Sixier. L'audience va durer près de 2 hees. Séverine Dejou et Olivier Sixt, entendu comme porteur de projet, n'assisteront pas aux conclusions.

Seuls les délégués du personnel sont autorisés à entendre les premières impressions de l'administrateur et des juges commissaires. Débré au fond. Ouais.

Et ces conclusions provisoires rapportées par l'un de leurs collègues, je sais pas, sont très inquiétantes. C'est violent. Tout le monde est pour l'offre de Kem qui ?

Tout le monde. Tout le monde. Tout le monde.

Et pourtant, ils sont tous en train de dire que que l'offre de Ben, donc c'est c'est catastrophique. C'est insouffisant. Néanmoins qu'ils ont les sous et ils ont la technologie.

Nous, ils disent que c'est l'offre, elle est socialement elle est magnifique, que que il y a beaucoup d'ambitions, on applaudit vraiment le travail qui est effectué. Néanmoins, il y a pas des finances, il a pas l'assurance, c'est que des promesses. Donc du coup, ils peuvent pas prendre le risque parce que 4 semaines au vu des finances qui restent qui restent, ça va être le tribunal se donne tout de même encore une semaine pour réfléchir.

Les juges peuvent-ils encore changer d'avis ? [Musique] Une semaine plus tard, la décision tombe. L'industriel chinois Wanoa est choisi.

Sur le parking devant Corex, il y a comme un air de cérémonie funèbre, la fin d'un site industriel plus que centenaire où beaucoup ici ont eu un père, un oncle qui a travaillé. Aujourd'hui, c'est 120 ans qui vont donc s'écrouler et j'ai une pensée pour mon père aujourd'hui. Excusez-moi.

Alors oui, le temps nous a manqué. Comment cela est-il possible en 2025 dans ce pays que l'on soit réduit à ce que ça soit les territoires qui se mobilisent ? pour tout simplement sauver l'industrie de ce pays.

Alors que nous sommes soumis à des situations géopolitiques insupportable, des attaques de de la Chine sur tous nos produits, sur tout notre tissu industriel, il n'y aura plus aucun discours crédible en matière de réindustrialisation de la France aujourd'hui. En tout cas, je n'en croirai aucun. Une colère, le sentiment qu'on brade 100 ans de recherche et de brevet et de procédé à un concurrent chinois.

Une partie de l'héritage de Ron Poulin et de Rodia et l'impression que les représentants de l'État ne les ont pas écouté. [Musique] Eux, ils se sont toujours basés sur les études de Vancorex, celles qui ont mené à la faillite. Ils se sont basés sur les études de Vancorex et sur les dir de notre PDG. qui a été mis là au mois de mars dernier juste pour fermer la boîte et ça franchement c'est inadmissible là ils ont pas fait leur travail et Denis sont comme 400 salariés licenciés mais ils ne baissent pas pour autant les bras avec les partenaires rencontrés lors de leur reprise avorté il préparent un plan pour racheter les activités abandonnées par les Chinois convaincu que la chimie française a encore un avenir la chute d'une filière française reporte Reportage de la rédaction de LCP réalisé par Céline Crespi et Pierre Deoin l'histoire, vous venez de le voir, d'une usine chimique grenobloise qui passe sous pavillon chinois une reprise synonyme de casse sociale puisqu'environ 10 % seulement des emplois devraient être préservés.

L'histoire aussi de l'abandon de la production sur notre territoire de composant stratégiques, vous l'avez vu, pour le nucléaire civil et militaire français. De quoi s'interroger plus au-delà aujourd'hui dans ce débat d'OC à propos du sujet on ne peut plus stratégique que constitue la préservation de notre souveraineté industrielle. C'est ce que nous allons faire avec nos invités présents maintenant sur ce plateau de débadoc.

Aurélie Trouvé pour commencer. Bienvenue à vous Aurélie Trouvé. Bonjour.

Nous vous avons vu assez longuement d'ailleurs à l'œuvre dans ce documentaire. À propos de ce cas Vancorex, vous êtes député les filles de Sens depuis 2022. est depuis octobre dernier présidente de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Vous êtes aussi ancienne coprésidente et porte-parole d'attaque. Jean-Claude Maillet est également avec nous. Bienvenue à vous.

Vous êtes ancien secrétaire général du syndicat force ouvrière pendant 14 ans. Un bail. Et aujourd'hui vice-président du Finkfunk Syopia.

Et puis enfin avec nous Pascal Perry. Bienvenue à vous Pascal Perry. Euh vous êtes géographe, économiste et éditorialiste économique chez nos confrères de LCI.

Vous êtes l'auteur de nombreux ouvrages dont celui-ci Génération Farniennent. Pourquoi tant de Français ont perdu le goût du travail ? Et c'est un ouvrage qui est disponible aux éditions l'Archipel avec et après ce documentaire, ce cas Vancorex, dramatique sur le plan social mais aussi dramatique sur le plan stratégique et c'est notre sujet d'aujourd'hui.

J'aimerais comprendre ce que vous avez tiré comme leçon, ce que vous avez compris de ce cas au regard de notre sujet du jour qui est la souveraineté industrielle française. Qu'est-ce que ça nous raconte cette affaire Vancorex ? dans ce cadre là, ça raconte une capitulation de la part de ce gouvernement et et de tous les gouvernements précédent.

En réalité, capitulation en matière de souveraineté industrielle. Et c'est pas seulement la chimie hein, c'est aussi l'acier par exemple. C'est-à-dire c'est des productions de base qui ont des répercussions sur l'entièreté de l'industrie et qui sont des des actifs stratégiques.

La chimie, ça a été dit dans le reportage, le sel, il sert à la dissuasion nucléaire. Souvenez-vous du président Macron qui dit "Nous voulons une dissuasion nucléaire 100 % française de bout en bout." Il a raison.

Mais en fait, ce sont des mots et les actes sont absolument contraires à son discours puisque dans ce cas précis, ça remet en cause justement la souveraineté nationale en matière de dissuasion nucléaire puisque pour les missiles ou pour les fusées euh qui font partie de l'armement français et bien il faudra sans doute s'approvisionner en selle et bien à l'étranger en plus avec des coûts bien supplémentaires. Donc ça n'a même pas il y a même pas de rationalité budgétaire. En réalité, je crois que ce gouvernement et le président Macron sont pris dans un dogmatisme néolibéral absolument terrible pour la production réelle.

J'ai envie de vous dire quelque part bah il a son habit de banquier de Rothschield, c'est un financier le président Macron, mais il ne comprend pas que la production réelle, elle est absolument indispensable. D'autant plus avec ce monde qui est basculé par par la par la politique économique de Trump. On l'a bien compris et on a compris la fin de l'histoire.

On a on a parcouru euh tout chemin qu'on essayé de de parcourir à la fois euh les élus euh syndicaux, un certain nombre de de responsables de collectivité locale, les forces actives de ce bassin d'emploi Grenoblois pour sauver l'entreprise. Au final, c'est bien une entreprise chinoise qui va racheter l'entreprise et qui va conserver seulement 46 salariés sur les 450 salariés que comptait cette entreprise. En travaillant le dossier, j'ai découvert qu'en réalité cette entreprise n'était pas française, elle était thaïlandaise via d'ailleurs une filiale hongroise.

Oui. Est-ce qu'on aurait eu le même débat ? Est-ce que vous m'auriez tenu le même discours si une entreprise thaïlandaise par exemple, comme c'était le cas avant, avait repris ce site et avait conservé l'ensemble des emplois.

Est-ce qu'on en serait aujourd'hui à parler du CAV en Torex si ça avait été ? Tout à fait. Parce que en fait la différence c'est que Wanoa c'était le principal concurrent en fait de Vancorex et Wanois c'est un géant mondial qui veut absolument avoir le monopole dans le monde ou le quasi monopole de production du chlore et des dérivées du chlore.

Bon et vous savez quoi ? Ce qui est le plus hallucinant dans cette affaire, c'est que le gouvernement a accepté que Vancorex non seulement soit vendu à Wanois et donc que Wanois puisse poursuivre son projet de monopole sur les dérivés du chlore, hein. C'est la moitié de la chimie dans le monde, hein.

Mais en plus, il y a eu la vente pour 1 € symbolique de tous les brevets de 80 ans de recherche à Vancorex et en France sur les dérivés du chlore. Pourquoi ? Pourquoi le gouvernement a laissé faire ça ? incompréhensible et je le dis c'est c'est catastrophique et et vraiment ce sont des des répercussions terribles et ça mettra des années à à remonter la pente hein.

Qu'est-ce qu'elle vous inspire ? Que vous inspire ce cas d'école Vancorax que nous avons choisi aujourd'hui pour parler de la souverain parce qu' est détruit c'est monopole d'une entreprise monopole d'une entreprise chinoise qui a en même temps sur le marché cassé les prix. C'est comme ça que mon Corèx ça a eu des difficultés des difficultés financières mais c'est aussi la fin selon moi c'est c'est significatif de ce qu'on a appelé certains ont appelé la mondialisation heureuse quoi hein ça fait des années que et c'était une des raisons de la désindustrialisation dans notre pays où on a dit finalement pourquoi produire en France on va aller produire en Chine ou au Vietnam ou ailleurs c'est beaucoup moins cher les consommateurs en bénéficieront hein et ça c'est on voit bien qu'on arrive à la fin de ce système.

On arrive à la fin. Alors, non seulement avec ce qui se passe aux États-Unis, mais on voit bien que la nécessité d'un protectionnisme revient. Alors après, est-ce qu'il faut qu'il soit national, ce qu'il faut européen, ça c'est un autre débat.

Ça vous ça vous embêtait de voir cette entreprise sous pavillon thaïlandais précédemment où il y avait pas les mêmes risques stratégiques c'est même pas uniquement ça c'est que c'est une entreprise stratégique et on a des moyens enfin rappelez-vous le décret Montbourg qui a depuis été complété main et main de fois et l'activité faisait partie des entreprises dans lesquelles l'État peut intervenir d'une manière ou interdire ou intervenir d'une manière ou d'une autre et là on a bien vu que l'État n'est pas intervenu il y compris s'il y avait des problèmes financier. D'ailleurs, c'est bien expliqué dans le documentaire, le fait de devoir dépolluer par exemple le le site si l'entreprise fermée, ça coûterait beaucoup plus cher qu'une intervention de l'État. Je parle même pas de nationalisation temporaire, d'une intervention d'une intervention de l'État même temporaire sans que ce soit une nationalisation.

Non, c'est que c'est un secteur sensible comme ça a été dit et un secteur sensible, on peut pas faire n'importe quoi. Dans la peau du de l'ancien leader syndical que vous êtes, euh est-ce qu'il est euh préférable de voir une entreprise reprendre la totalité ou presque des salariés pour ne pas tomber dans le cas de figure vécu aujourd'hui par les salariés de Vancorax ? Bien sûr dans dans l'absolu.

Oui, mais là en fait euh ce que ce qu'a dit Aurélie en fait, c'est non seulement euh une prise en main d'un concurrent en fait sur l'entreprise et en plus il récupère les brevets. Enfin, attendez, c'est quand même incroyable ça hein. On on a on ne protège même pas notre savoir-faire quoi.

Et ça c'est pas acceptable. Pascal Perry, votre regard sur ce qu'avant correct. D'abord premier point, le sel n'est pas un élément absolument stratégique du nucléaire.

Euh la question c'est pas tellement celle de la production, c'est plutôt celle de l'accès. Et manifestement, on nous dit à l'échouvernemental que des solutions alternatives en matière d'approvisionnement ont été trouvées. Je prends acte.

Je ne sais pas si c'est vrai ou faux, mais en tout cas, je veux replacer le débat dans son contexte. C'est ce que dit en tout cas le ministre de l'industrie Marc Ferat dans ce film que nous voir. Absolument. on ferme pas le on ferme pas l'industrie nucléaire française.

La deuxième chose, c'est que en effet la Chine pratique ce que les économiste appelle une politique de prix prédateur. C'est que en réalité ce sont des prix qui sont en dessous du coût de production. Alors elle assume ses pertes mais son objectif c'est de gagner des parts de marché, d'arriver dans une situation de monopole.

Elle l'a fait avec les métaux précieux, elle essaie de le faire avec les véhicules, les voitures électriques notamment. Elle le fait dans d'autres secteurs pour gagner des parts de marché, c'est-à-dire une position de marché très dominante qui lui permettra ensuite de régler un l'assortiment de les prix, c'est-à-dire de gouverner le marché. Et ça, il faut absolument euh l'éviter.

La traduction en France, c'est que malheureusement c'est un redressement judiciaire. Vous savez ce que c'est qu'un redressement judiciaire ? C'est quand il y a un défaut de paiement.

Donc on a en France une boîte et là c'est le droit des procédures collectives. On a en France une entreprise qui est dont l'activité est structurellement déficitaire. Qu'est-ce qu'on fait là ?

C'est un vrai cas de conscience politique. Alors est-ce qu'on nationalise toutes les boîtes qui sont en difficulté ? Si on fait ça, on va y investir une partie de l'argent public.

Ça a été une des solutions avancer pour régler ce cavalor. On l'a vu aussi dans dans le documentaire. Mais la nationalisation elle change pas les fondamentaux de gestion.

Le fondamental de gestion là qu'est-ce que c'est ? la compétitivité et c'est un des sujets qu'on a oublié de traiter en France depuis une quarantaine d'années puisqu'on doit parler de désindustrialisation. La désindustrialisation, elle commence vraiment en France dans les années 80.

Moi, j'étais jeune homme, j'ai suivi les événements de la sidérurgie, du textile et on a pris acte de l'aluminium. On a pris acte si vous voulez en France comme et c'était une décision politique plutôt assumée à gauche d'ailleurs par le gouvernement de François Mitteran et de Laurent Fabus. On n'est pas compétitif, on va fermer nos grands centres de production et on va procéder à un accompagnement social du chômage.

Moi, j'ai vu des gens à 52 ans en prède, Jean-Pierre, 52 ans en situation de prètraite dans les mines et on leur disait 46 dans les mines et on leur disait "C'est fini pour vous les les femmes qui continuaient de travailler dans la famille, allaient travailler le matin dans le secteur des services et les les hommes restaient à la maison." C'était en plus désespérant sur le plan humain et à la différence des Allemands qui ont choisi de consacrer l'argent public à restructurer leur industrie, on a pris acte du fait que dans une société très heureuse, des loisirs et des services, on allait laisser la sale industrie aux autres. Bah le résultat, on l'a sous les yeux.

Dans les produits qui concernaient cette entreprise Vancorex, la Chine est une est une est en surcapacité de de production. Et pour revenir sur ce que vous disiez à l'instant l'un et l'autre d'ailleurs hein, aujourd'hui et en 10 ans hein, la Chine a capté la moitié de la production mondiale, de la chimie hein. Voilà.

Là, vous êtes en situation de domination de marché. Là, c'est vous qui faites le prix. Oui.

Avons-nous capitulé sur ce thème de la souveraineté industrielle ? Pascal Péri vient de nous brosser très rapidement une partie de l'histoire et l'évolution industrielle française depuis les années 80. Est-ce qu'aujourd'hui en 2025 vous dites aujourd'hui oui, nous avons capitulé en ce qui concerne la préservation de notre souveraineté industrielle ?

Attention, nous c'est les gouvernements successifs sous Macron et je dirais même en partie sous Hollande he faut se rappeler Florange par exemple et l'acier un des haut fourneaux qui ferme hein. Donc oui, ces gouvernementsl ont capitulé mais pas les Français. D'ailleurs, heureusement sur Vancorex, il y a des gens qui se battent.

Il y a des euh syndicats de salariés qui se sont battus pour euh porter un projet de reprise que je considéris que nous considions comme viable. Et je je le dis, le gouvernement a cette responsabilité-là de ne pas l'avoir soutenu. Au dernier moment, ce sont d'ailleurs par le biais des syndicats de salariés qu'un investisseur indien a été trouvé.

Ça n'a même pas été examiné par le tribunal de commerce. le gouvernement aurait pu par le biais du procureur euh faire appel pour laisser le temps au salariés euh ou à cet investisseur de faire un tour de table financier. Voilà.

Et bien ça n'a pas été fait. Donc oui, il y a une responsabilité immense de ce gouvernement comme de gouvernement précédent. les moyens ne sont pas mis justement pour préserver cet outil industriel et le transformer.

Et là, je le dis aussi, il y a un projet actuellement euh qui se travaille de chimie verte pour tenter justement de de maintenir de l'activité sur ces sites là-bas. Mais ça vient pas du gouvernement, c'est parce qu'il y a encore heureusement des salariés, des industriels qui se battent pour ça. Donc oui, je le dis, c'est pas les Français qui capitulent, c'est les gouvernements.

Et ensuite, je voudrais Non, mais est-ce qu'il y a pas eu un sursaut ? Euh tout tout ce que j'ai pu lire sur le sujet disent aujourd'hui, attention, il y a eu un sursaut après la crise de la COVID-19 notamment, une prise de conscience évidemment des Français, mais aussi des gouvernants français. Les gouvernements, c'est trop Est-ce que ça a été le cas ?

C'est trop vite passé là là. Je je vais vous dire un chiffre qui met tout le monde d'accord. La part de l'emploi industriel dans l'emploi total n'a jamais été aussi faible en France.

Voilà. Donc on peut nous endormir avec tous les mots de réindustrialisation et c'est un fait. D'accord.

Il a un petit biais statistique trouvé c'est que on a sorti de l'industrie tout ce qu'on appelle les éléments support qui étaient comptabilisés dans l'emploi industriel précédemment. Les services qui sont pas directement liés à la production. Oui, les services vous on les a sortis.

Mais non mais là je vous prends les chiffres à périmètre consent parce que j'y ai travaillé. Ouais de métier vous l'avez pas dit mais il se trouve que voilà je suis enseignant de chercheuse en économie et que je travaille encore avec des collègues en économie et on a bien montré que à périmètre constant et je suis d'accord il faut faire attention à ça. Il y a bien un emploi industriel qui n'a jamais été aussi faible.

Et ce que je ce que je constate ce que nous constatons tout groupe politique confondus hein dans la commission des affaires économiques, c'est que s'effondre l'acier, la chimie, l'automobile, euh l'aéronautique, même le spatial est en difficulté. Donc donc c'est pas enfin vous voyez à un moment donné c'est il faut bien qu'on vive concrètement et de quelque chose. On va pas laisser tous les autres pays du monde produire à notre place quand même.

On va pas uniquement être un pays de plateforme logistique, voyez. et on est est-ce que nous avons capitulé depuis ce sujet malgré la crise de la COVID et la prise de conscience euh c'est qu'on a pris du retard en fait vous avez des ps entiers de ou quasi entiers de l'industrie qui ont disparu, vous reconstruisez pas ça en en en 2 ans ou 3 ans. En plus, il a la nécessité aujourd'hui d'avoir une dimension européenne sur plein de dossiers.

On en est loin encore. Oui. Oui, on va y revenir mais on en est loin encore même dans des dossiers comme l'intelligence artificielle.

On est en retard par rapport aux Chinois, on est en retard par rapport aux Américains. Donc il y a il y a vraiment un gros un gros un gros travail à faire. Mais regardez, on parle tout le monde dit situation géopolitique nécessite qu'on produise plus d'armement en France.

Bah aux interrogés les entreprises d'armement, ils n'ont aucune commande de l'État. Tout à fait. Ils sont tous prêts à à travailler.

Ils n'ont aucune commande. Donc voilà. Donc entre le discours et la réalité, il y a quand même un faossé quel pé sur sur la réindustrialisation qui qui est un un dossier qu'on a sur la table pour au moins deux générations.

Il faut admettre cette idée. Jean-Claude Mailler a raison. Une fois qu'on a désindustrialisé, la désindustrialisation, ça descend par l'ascenseur et la réindustrialisation, ça remonte par l'escalier.

Vous voyez la formule, elle est extrêmement parlante. Autrement dit, ça prend beaucoup de temps. Parce que parce que l'industrie, c'est une activité très intense en capital.

Il faut mettre beaucoup d'argent sur la table. C'est intense en savoir-faire. Quand vous vous rendez compte qu'on a fait venir des soudeurs canadiens pour nos centrales nucléaires quand même c'est un monde.

Et puis pendant ce temps-là, vous savez l'économie c'est une cinétique, ça avance. C'est que les concurrents n'attendent pas. Donc on a dans les années 80 90 et alors jusqu'à ce jour délocalisé une partie de nos productions en disant on va faire le bonheur des consommateurs là.

Voilà, il faut acheter toujours moins cher. On accablait les les salariés, on fermait des entreprises, on accablait les salariés, on charge les contribuables parce que le chômage, c'est un coût quand même hein, la sous-activité, c'est un coût. Et puis on s'est dit, le problème est réglé.

Mais eux, ils ont avancé. Les Chinois aujourd'hui, tous ceux qui observent la Chine aujourd'hui vont vous dire que non seulement ils copient très bien, mais ils inventent. C'estd la Chine n'est plus simplement l'atelier du monde, c'est le laboratoire du monde.

Prenez un domaine comme comme l'aéronautique que je connais mieux que les autres, les Comacrient des avions chinois. Bah, il y a eu évidemment des coopérations avec Airbus. On a transféré un certain nombre de savoir-faire, ce qui était normal, hein, dans le cadre d'une d'une coopération.

Mais aujourd'hui, ils vont être capables de faire aussi bien sinon mieux à des coûts de production qui ne sont pas les nôtres. Le marché. Donc, on a baissé le pavillon pour répondre à ma question.

Donc pour répondre à votre question, il faudra une génération pour réindustrialiser ce pays. Il faudra donner de la visibilité. Mais est-ce qu'on a franchi quelques escaliers, quelques marches de l'escalier dont vous parliez tout à l'heure depuis la crise du Covid, depuis la feralstom 2014 ?

Oui, il y a des secteurs dans lesquels nous sommes en situation de reconquête. J'admets que c'est extrêmement timide et comme on est au tout début, la la courbe est est fine et complexe à observer. Qu'est-ce qu'on reconquiert ?

Bah dans le domaine aéronautique, on est par exemple très fort. C'est celui qui va pour l'instant pas trop malus au dans le domaine de la défense à fran à l' et cetera euh euh y compris euh euh les fonderies de tard enfin des des entreprises. Ce cet écosystème Oui.

Non, le transfert de technologie de l'industrie française, c'était le cas d'Airbus vers la Chine. Vous allez voir que dans les années à venir, on va avoir la on va demander l'inverse. On va quand des Chinois investiront en France, on va leur dire "Mais faites-nous des transferts de technologie." On se retrouve aujourd'hui dans une situation de pays émergent d'une certaine manière, hein.

Donc et pour remonter ça, il va falloir du temps et il faut une dimension européenne. On aura beaucoup de mal. Sinon, quand on parle de souveraineté industrielle, on pense aussi à la dimension stratégique.

Oui. Euh Bancorex alimentait une partie évidemment du nucléaire, une toute petite partie, dites-vous. Mais ouais.

Non, c'est pas c'est pas central. Non. Bon, mais en tout cas, il y avait cet enjeu.

Il y avait cet enjeu. Est-ce que aujourd'hui il y a matière à hiérarchiser la souveraineté industrielle, à la à la catégoriser par exemple en fonction des des intérêts stratégiques de notre pays ? Euh, on peut hiérarchiser les choses et comment dans votre esprit quelle est la hiérarchie en matière de de souveraineté industrielle en la matière ?

Alors, justement, je voudrais reprendre votre terme hiérarchie, reprendre celui de Pascal Perry, de la visibilité. En réalité, on ne retrouvera pas de souveraineté industrielle sans planification. Hm.

Et on l'a pas cette planification. Non, on l'a pas. D'ailleurs, on a un premier ministre qui a été au commissaire au plan mais qui n'a jamais sorti de plan réellement.

Ça continue euh et ça continue. Il y a pas de plan mais je veux dire, il y avait un plan relance 2030 annoncé par euh en 2020 parance 2030 à l'époque par le chef de l'État. Vous savez ce que disent tous les experts, c'est un milliard par un milliard par là.

Il y a pas de ligne directrice, il y a pas d'objectif. prioritaire, on sait pas où on va. Il y a pas de plan.

Or, vous parliez des autres pays. Par exemple, l'Allemagne, ils ont prévu plusieurs centaines de milliards d'euros d'investissement dans les années à venir. Nous, que dalle.

Austérité budgétaire, austérité budgétaire, austérité budgétaire. En attendant, les autres pays sont en train d'avancer. Nous non.

Par exemple, il faudrait faire une vaste décarbonation de l'économie. et bien euh les budgets qui servent à cette décarbonation, à la transition écologique absolument indispensable hein pour tenir bon en matière industrielle et bien ces investissements sont sucrés. Voilà le voilà le problème.

Et donc je vous le dis, oui c'est possible et vous avez raison, ça prendra du temps. Mais la première chose à faire c'est un plan discuter avec des hiérarchies, des priorités. Il faut euh des moyens budgétaires, mais c'est des moyens budgétaires qui évidemment rapporteront sur le long terme parce que vous savez perdre la souveraineté industrielle coûte cher.

Ça n'a c'est même pas estimable. Ça veut dire qu'on on se sur Arcelor Mital, vous aviez un des responsables syndicaux qui m'a dit ceci qui m'a dit "Vous rendez compte, il y a de l'acier partout autour de vous. H imaginez que demain et bien on doiv importer de l'acier produit ailleurs avec des prix qui feront le yoyo dont on dépendra complètement et donc tout ce qui est autour de nous aussi dépendra de ce sur le nickel par exemple.

Exactement. Voilà ce qui voilà ce qui va se passer. Et dans Arceller orital il y a Harcelor hein ce groupe avec français il y a Mital.

Mital, c'est Indien et c'est lui qui détient la majorité de du capital de de l'ensemble, hein. Là, vous êtes là, vous êtes sur une activité qui est très intense en capital. C'est vrai qu'en France, il faut l'admettre pour de bonnes raisons, je défondrai.

Euh on s'est imposé des contraintes de production, production à l'arc électrique. On a plus recours au charbon comme les Indiens, comme les Chinois, mais à l'évidence, on le regarde comme une réalité qu'on peut regretter. Les Indiens et les Chinois produisent de l'acier matière première beaucoup moins cher que la nôtre parce que ils produisent dans des conditions sociales et environnementales qui ne sont pas les nôtres.

Alors qu'est-ce qu'on fait ? Bah vous avez l'un et l'autre déjà évoqué la question. On se protège.

C'estd que se protéger c'est pas scandaleux. Dans un monde où tout le monde se protège et nous où européens on reste fenêtre et portes ouvertes au monde externe, on nous sommes vulnérables. Donc on se protège, on impose des conditions de production pour avoir accès à notre marché.

Notre capital, c'est quoi Jean-Pierre ? C'est notre marché. 450 millions de consommateurs qui ont de l'argent.

Euh c'est c'est pas rien. C'est c'est le premier marché sollevable du monde. Et vous parlez bien sûr du marché de l'Union européenne.

Bien sûr pour y avoir accès pour le marché des 27 pour y avoir accès, bah vous payez vous payez de façon directe ou indirecte par une contribution environnementale sociale, ça s'appelle de la fiscalité. Vous venez investir chez nous à nos conditions à défaut. Vous restez à la porte.

Jean-Claude Mali aujourd'hui en 2025 avec la Chine, les États-Unis qui s'imposent de plus en plus comme les futurs acteurs principaux de la deuxème partie du siècle, est-ce qu'il faut encore raisonner souveraineté industrielle française ou est-ce qu'il faut est-ce qu'il est urgent de raisonner comme souveraineté industrielle européenne ? Non, la dimension européenne est indispensable aujourd'hui, il compris. On voit très bien d'ailleurs que si Airbus ça marche, c'est aussi parce que il y a une dimension européenne historiquement sur Airbus.

Donc elle est déjà en route cette souveraineté industrielle européenne dans les conditions. Comment voulez-vous décider ? Enfin bon, je rappelle que l'Europe l'Europe très élargie un grand marché Airbus comme un exemple c'est une volonté aussi des Américains au départ.

Ils n'ont jamais voulu d'une Europe forte. Ils ont préféré avoir une Europe grand marché. Faut jamais oublier ça y compris par rapport à la situation actuelle.

Ceci étant, rien n'interdit aujourd'hui au niveau européen de faire ce qu'on appelle des coopérations techniques renforcées. Quelques pays ensemble peuvent décider d'aller d'aller plus loin. Peut-être que avec l'Allemagne ça va s'arranger euh dans les semaines à venir, espérons-le en tous les cas.

Mais la dimension européenne est indispensable. Y compris sur le protectionnisme. C'est pas une raison non plus protectionnisme au niveau européen, y compris des taxes et des fiscalités au niveau européen, des exigences.

Écoutez, il faut se protéger sinon on est vraiment des grands naïfs quoi. Les Chinois se protègent, les Américains se protègent encore plus qu'avant. Donc une Europe qui soit une Europe décisionnelle certes, mais qui sait se protéger et qui sait être le troisème concurrent mondial.

Sinon, on voit entre les États-Unis et la Chine, on va vraiment être en très mauvaise posture. Selon vous aussi, c cette thématique de la souveraineté industrielle, on doit la traiter maintenant dans les années qui viennent forcément à l'échelle européenne. Bah, en tout cas, en matière de protection, de toute façon, la politique commerciale, elle est elle est une prérogative de l'Union européenne.

Maintenant, je considère que le gouvernement n'y met pas les moyens qu'il faut. C'est-à-dire que là, il faudrait taper du point sur la table de façon très forte. Je rappelle aussi que le commissaire en charge de tout ça, il s'appelle Stéphane Séjourné.

Il est l' envoyé par la France. Euh, je veux dire, y compris le PDG d'Arcorital dit "Mais que fait-il ?" euh on a un vrai problème par exemple sur l'acier, il est urgent de protéger davantage et malheureusement on a un gouvernement qui au contraire au lieu de d'appeler à plus de protectionnisme solidaire hein euh et bien dire "Ah bah non, il faut multiplier les accords de libre échange.

Éric Lombard appelle à un accord de libre échange industriel avec les États-Unis. Tout sauf ce qu'il faut faire en fait. Il faut nous aussi mettre des protections intelligentes, diversifier les partenariats, discuter avec la Chine pour voir voilà comment on peut aussi trouver des accords équilibrés, négocier, s'adresser au sud global.

Bon voilà et tout ça pour moi n'est pas fait et je finirai en disant que maintenant nous on a un devoir de parlementaire face à ce gouvernement. Bon, moi j'ai demandé une commission d'enquête et pour l'instant elle est signée, y compris par euh des députés euh de droite pour que nous fassions toute la lumière sur la responsabilité du gouvernement vis-à-vis euh vis-à-vis de la la chute de Vancorex. Bon, euh il faut aussi je je compte porter et j'espère que nous serons nombreux à la porter une résolution pour plus de protection aux frontières européennes.

Donc dans ce pays, il y a aussi une Assemblée nationale qui doit faire son travail d'opposition. Ouais. Voilà. d'opposition à à voilà à cette politique gouvernementale qui pour moi est très néfaste.

On parlait d'hérarchiser tout à l'heure, peut-être à une manque de planification, dites-vous, du côté du du gouvernement, de hiérarchiser les secteurs Oui. à privilégier en matière de souveraineté industrielle, ça serait lesquels à vos yeux ? Pour moi, il y a deux questions à se poser.

D'abord, le plan. Je suis favorable à l'idée du plan géographe et planification, ça a permis d'aménager le territoire. Donc ça marche aussi en économie.

La deuxième chose, faut se poser une question simple. Quelles sont les souverainetés auxquelles je ne veux pas renoncer ? Ouais.

C'est on choisit ses dépendances. On peut pas être indépendant sur tout. Il y a des éléments qui me paraissent absolument essentiels.

D'abord, d'abord enfin dans mon esprit, je vous donne les miens, hein. Moi, pour moi, c'est d'abord la souveraineté alimentaire, ensuite c'est la souveraineté énergétique, c'est la souveraineté en matière de santé. C'est trois sujets qui de mon point de vue ne sont pas négociables.

Et donc on se dit voilà, on a du temps, on a du capital, euh il y a une volonté sur une génération l'équivalent de 25 ans, et bien nous allons travailler pied à pied à consolider ces trois souverainetés. Il y a celle sur la défense nationale évidemment qui ne se discute même pas puisqu'elle est c'est la c'est c'est la base la sécurité des des frontières et même au-delà des frontières. Mais au moins sur ces quatre sujets, on se dit qu'on ne peut pas dépendre des autres.

C'est-à-dire que on ne peut pas accepter une dépendance à l'égard de tiers qui sont parfois des manipulateurs qui nous roulent dans la farine avec des politiques de prix qui sont insincères, qui utilisent nos règles de concurrence et au fond, on a en face de nous des gens qui utilisent la démocratie comme des ennemis de la démocratie et qui en profitent. Et ça c'est inacceptable pour tout à la fois quelqu'un qui fait de l'économie et qui en même temps est républicain. Dernière question.

Les syndicats les syndicats européens euh au niveau européen euh ont un avis particulier sur la la question. Ah ils sont non la Confédération européenne des syndicats sur ces questions-là. Oui oui est partisan d'une meilleure coordination européenne y compris sur l'aspect industriel bien entendu.

Ça c'est un il porte ça au niveau européen l'ensemble des syndicats hein. Je rappelle que cette confédération qui est peu connue rassemble d'ailleurs la quasi totalité des syndicats français font partie de la Confédération européenne des syndicats. Ça sera le mot de la fin.

Jean-Claude Mailli, merci vraiment à tous les trois d'avoir participé à cette émission après ce documentaire de la rédaction de LCP consacré euh Vancorex, hein, cette entreprise qui a donc été reprise par son principal concurrent, il est chinois avec au final malheureusement 46 emplois seulement préservés sur ce site Grenaoblois sur les quelques 450 salariés qui étaient employés jusqu'à maintenant dans cette entreprise. Vos réactions, ça sera sur hashagdbadog. Merci à féliciter Gavalda, Yasmine Benaissa qui comme à l'accoutumé m'ont aidé à préparer cette émission puis moi je vous retrouverai pour un prochain les Bradoc.

Ça sera bien sûr avec son documentaire et son débat. À très bientôt. [Musique]