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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 22 novembre 2020 29 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéÉconomie & entreprisesSanté

J'abrogerai la loi sécurité globale en 2022

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Le deuxième déconfinement est-il pour bientôt ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Pensez-vous que les manifestations d'hier feront faire machine arrière au gouvernement avant le vote de la loi mardi ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous y voyez quand même là une concession ?

  • 6:00RelanceRéponse directe

    Sauf qu'il y a de fortes probabilités que la loi soit votée. Les macronistes ont la majorité à l'Assemblée nationale.

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Vous avez encore l'espoir de faire reculer le gouvernement ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Quelles alternatives au confinement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Il est possible que des députés marcheurs décident que cette fois-ci ça fait trop et qu'ils votent avec nous contre la loi. »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Ce n'est pas parce que des gens sont de droite ou libéraux que pour autant ils n'aiment plus la liberté. »
  • 6:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le texte doit retourner au Sénat, puis il va revenir à l'Assemblée nationale. »
  • 8:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « Si je suis élu en 2022 cette loi sera abrogée. »
  • 16:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La rendre obligatoire, certainement pas, puisque tous les organismes mondiaux de santé disent que ce n'est pas la bonne méthode. »
  • 18:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « L'Union européenne a commandé un milliard quatre cent doses. »
  • 22:00Jean-Luc MélenchonFait
    « J'ai été allié avec les communistes dans deux campagnes. »
  • 24:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Moi je n'ai l'intention de contraindre personne à rien. »
  • 30:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Il y a des jeunes gens qui ont adhéré à ce syndicat, qui étaient de bonne foi, ce sont donc des jeunes gens qui ont été trompés. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le deuxième déconfinement est-il pour bientôt ? C'est la question que se posent les Français. Le gouvernement serait sur le point, en tout cas, de desserrer l'étau.

Pour l'heure, la crise sanitaire a déjà des conséquences pour ceux qui ont perdu leur emploi, malgré les aides financières qui ont été débloquées, sans oublier les conséquences psychologiques que le ministre de la Santé a souligné récemment. En tout cas le retour au monde d'avant est désormais inenvisageable et ce sont des enjeux qui seront forcément très présents lors de la prochaine présidentielle de 2022 à laquelle Jean-Luc Mélenchon, notre invité, est candidat. Bonjour. – Bonjour. – Vous l'avez annoncé il a quinze jours exactement, et je rappelle que vous êtes aussi président du groupe la France insoumise à l'Assemblée nationale.

On va commencer par ce qui s'est passé hier, au Trocadéro, à Paris, hier après-midi, mais aussi dans d'autres villes en France, des milliers de personnes sont venues manifester contre la loi sécurité globale et plus précisément, l'article 24, qui interdit de diffuser des images des forces de l'ordre, avec intention de nuire. Une proposition de loi contre laquelle vous vous êtes mobilisés à l'Assemblée nationale. Pensez-vous que les manifestations d'hier feront faire machine arrière au gouvernement avant le vote de la loi mardi ? – On l'espère toujours, quand on se mobilise, le pire est de ne rien faire.

En tout cas on prépare les esprits à comprendre que quelque chose de grave vient d'être décidé ou va être décidé en vote solennel, mardi prochain, si une majorité se dégage pour ça. Il est possible que des députés marcheurs décident que cette fois-ci ça fait trop et qu'ils votent avec nous contre la loi. En réalité nous sommes passés dans un modèle de régime autoritaire, de surveillance généralisée, et vous allez voir, parce que cette loi est la première d'une série.

Il y en aura ensuite d'autres, en application d'un livre sur la sécurité qui prétend organiser un contrôle de tout le monde, tout le temps, partout. – Le "Livre blanc de la sécurité". – Alors ils appellent ça un continuum de sécurité.

C'est-à-dire vous serez surveillé partout, tout le temps. C'est quelque chose qui, de notre point de vue, n'est pas acceptable parce que le prix qu'on paye dans le viol des libertés individuelles et collectives est considérable. Et au demeurant, le monde entier s'en émeut.

Vous savez que la France a été montrée du doigt par une commission de l'ONU, que plus de 100 organisations en France dénoncent cet usage disproportionné de la surveillance collective. Donc, oui, c'est un moment d'évolution du régime vers quelque chose d'imprévu à quoi personne ne s'attendait : la forme autoritaire. – Alors il y a quelque chose, une notion, qui a été rajoutée : c'est la garantie du droit d'informer.

Ça a été réintroduit par Gérald Darmanin. Est-ce que vous y voyez quand même là une concession ? – Alors, naturellement, ils ont pris peur, je pense, le gouvernement, du scandale qu'ils déclenchaient dans tous les milieux y compris des gens qui n'ont rien à voir avec ma famille politique.

Bon ! Ce n'est pas parce que des gens sont de droite ou libéraux que pour autant ils n'aiment plus la liberté. Donc beaucoup de gens se sont émus et je crois que le gouvernement s'est senti sous la pression et il fait l'erreur de prendre les gens pour des imbéciles, comme souvent.

Il fait croire qu'il a amodié son texte. Pas du tout ! Il n'y a rien de changé.

Il faut bien que, à l'occasion de ce genre de sujet, on apprenne un peu du Droit. Le Droit prévoit de toute façon la protection des policiers, elle est déjà assurée. Ce qu'introduit cet article 24, c'est la tentative d'INTERDIRE de filmer, sous une forme ou sous une autre.

Il faut que vous sachiez que, un policier, quel qu'il soit, peut, lorsqu'il a l'impression qu'un délit va être commis, il peut intervenir, même si après il apparaît que le délit n'a pas été commis. Écoutez moi bien, parce que c'est du Droit et c'est très précis. Heureusement, la police a un rôle préventif du délit.

Donc si quelqu'un vous voit, vous, Monsieur Letellier, avec votre téléphone, il peut dire, le policier peut se dire, : "ah monsieur Letellier s'apprête à me filmer, pour le diffuser ensuite, ce qui portera atteinte à mon intégrité psychique." L'intégrité psychique a été introduite dans la loi. Donc ça veut dire qu'à tout moment, n'importe quel policier, à n'importe quel endroit, peut décider de vous interpeller et de vous mettre en garde à vue parce que vous avez filmé. – Sauf qu'il y a de fortes probabilités que la loi soit votée.

Les macronistes ont la majorité à l'Assemblée nationale. La droite les soutient et le Sénat est majoritaire à droite. La dernière étape c'est quoi, c'est le Conseil Constitutionnel ? – Oh !

Il y aura… Le texte doit retourner au Sénat, puis il va revenir à l'Assemblée nationale. Non ! C'est une longue bataille.

On va essayer de convaincre, mais vous savez monsieur Letellier, quand des gens comme moi défendent la voie démocratique du changement radical de la société, il faut bien faire tout le parcours. Donc nous avons le devoir de penser, qu'à chaque étape, on peut convaincre. – Vous avez encore l'espoir de faire reculer le gouvernement ? – Oui, bien sûr !

Et de toute façon… – Par quoi, par des manifestations de nouveau ? – Il y aura des manifestations. Ce n'est pas moi qui les organisent.

Il y aura des interventions dans les Assemblées et puis, pardon de vous dire que on vote en 2022. Donc moi je vous dis, si je suis élu en 2022 cette loi sera abrogée. Et j'espère faire comprendre à mes concitoyens pourquoi il faut remettre de l'ordre dans la police.

Parce que c'est un corps qui a échappé à tout contrôle, y compris celui du ministre. Pendant le débat, pendant trois jours, le syndicat des officiers de police nous a agoni d'injures, un autre syndicat en fait autant, ce n'est pas possible ça. En démocratie, les forces qui exercent la violence légitime sont tenus à une certaine réserve, à ne pas se mêler de la vie politique.

Ceux-là le font. Donc, notamment, je pense qu'il faut dissoudre l'IGPN, le contrôle de la police, pour créer une autre instance, plus neutre, plus impartiale, dans laquelle il n'y ait pas que des policiers. Mais je pense que tout le monde doit réfléchir à ça parce que, voyez vous, à première vue les Français, l'autorité, ils apprécient.

Ce qu'ils n'aiment pas c'est l'autoritarisme. Donc dans chaque cas, l faut faire la part. Qu'est-ce qui est de l'autoritarisme ?

Qu'est-ce qui est de l'autorité légitime ? – Dans quelques jours en tout cas, nous devrions être fixés sur une date de début de déconfinement. Ça c'est un autre enjeu qui concernent vraiment les Français.

Emmanuel Macron doit en dire plus dans la semaine. Les commerçants attendent que l'étau se desserre. Quant au vaccin, si tous les espoirs sont permis, pour l'instant, il n'y en a toujours pas. – L'épidémie continue de reculer. – Une amélioration qu'on constate, on va tous s'en réjouir.

Il ne faudrait pas qu'elle laisse à penser qu'on pourrait baisser, en quoi que ce soit la garde. – Les commerces non essentiels devraient prochainement lever le rideau. Mais avec un protocole sanitaire renforcé.

Premier axe, l'espace entre les clients. Jusqu'ici il fallait 4m². Cette jauge passera à 8 m², par personne. – C'est vraiment catastrophique puisque 8 m² par client, ça voudrait dire que nous devrions travailler en nombre de clients limité et une grosse perte de chiffre d'affaires pour nous. – La date de réouverture, elle, reste incertaine.

Le 1er décembre ou bien le week-end avant, comme le demandent les commerçants pour sauver Noël. – Le black Friday, ou vendredi noir, prévu fin novembre, finalement décalé au 4 décembre, comme le souhaitait le ministre de l'Économie. – Est-ce que, vraiment, vendredi prochain, c'est la bonne date pour organiser un black Friday ?

Ma réponse est non. – Black Friday ou pas black Friday, de toute façon, nous on est quand même morts ! Il ne va pas rester grand-chose de nos entreprises d'ici la fin de l'année. – Confinement, crise économique, sociale, la déprime menace le pays. – La santé mentale des français s'est ainsi significativement dégradée entre fin septembre et début novembre. – Face au coronavirus quels sont les vaccins les plus avancée ?

Seuls deux laboratoires ont publié des résultats de leur phase III : le géant pharmaceutique Pfizer et son homologue américain Moderna. Mais au moins huit autres candidats vaccins sont également très avancés. – Pour l'instant on n'a toujours pas de publications scientifiques on a une annonce de type commercial. – L'Agence européenne du médicament a indiqué qu'elle pensait pouvoir donner une validation à un premier vaccin d'ici à la fin de l'année pour qu'il puisse être distribué à partir du mois de janvier. – Alors le déconfinement, on en parle.

Emmanuel Macron va en dire plus mardi soir. Pour l'instant le gouvernement dit "pas de déconfinement total à l'ordre du jour". Pour vous est-ce qu'il faut déconfiner vite ? – Alors, je pense que ce serait irresponsable de se prononcer comme ça, à l'emporte-pièce.

Ce qui est certain, c'est que l'on ne peut pas imaginer une société qui se met elle-même en prison pendant des mois. Et par conséquent, il y a une nécessité, une obligation, de penser des alternatives au confinement comme méthode. Vous savez, le confinement ce n'est pas une invention très moderne, ça date du moyen-âge : il y a une épidémie, pouf ! tout le monde s'enferme. – Donc quelles alternatives ? – Alors les alternatives, la première fois on était sidéré et on a obéi, on a fait ce qu'il fallait.

Maintenant on peut quand même commencer à réfléchir puisque le gouvernement ne prend jamais une longueur d'avance. Ils attendent que les événements soient devant eux pour faire quelque chose. Je vais vous donner un exemple : nous pouvons essayer de faire fonctionner la société au mieux des consignes sanitaires qu'on pourrait avoir, c'est-à-dire travailler par roulement.

On est en train de le faire à l'école, il y a des roulements. Alors évidemment, les jeunes gens qui ne sont pas accueillis dans la salle de classe doivent cependant être accueillis quelque part. Pour ma part je me prononce pour qu'il y ait des études surveillées et donc la réquisition de bâtiments pour ça.

Mais on pourrait imaginer que dans chaque entreprise, à tour de rôle, un jour sur deux, on parte au travail une heure plus tard et dès lors ça soulagerait les quais des transports en commun de cette masse qui s'y précipite pour aller au travail à la même heure. – Une organisation par roulement ? – Et ainsi de suite, oui !

Ensuite, sur les lieux de travail, il faut demander aux salariés eux-mêmes, d'organiser la sécurité sanitaire puisque le gouvernement a supprimé les comités d'hygiène et de sécurité, donc il faut que les travailleurs s'y prennent eux-mêmes. Quant aux petits commerces, et aux pratiques culturelles, pardon les pratiques culturelles si je le fais pas moi, qui va le faire ? Les êtres humains sont des êtres de culture, figurez-vous.

Le petit commerce et la culture doivent pouvoir retrouver des espaces. Alors pour le petit commerce… – Il faut "retrouver des espaces", ça veut dire que pour le petit commerce il faudrait rouvrir là, dès le premier décembre ? – Hé bé oui, bien sûr, on peut le faire !

Alors il faut organiser les files d'attente dans la rue, – Il est urgent pour vous ? – Mais tout va s'effondrer ! Monsieur Letellier, il faut bien comprendre, dans une économie, puisqu'on ne parle que d'économie, on ne parle jamais d'êtres humains, mais parlons d'économie.

Il y a la production, la consommation, ce sont les deux questions qui posent question, parce que le fameux "black je sais pas quoi là", le jour des grandes soldes, la raison principale du succès de ces journées c'est que les gens ont très peu et, ce jour-là, ils en profitent pour faire leurs cadeaux de Noël. Et puis au milieu il y a la distribution. La distribution ça compte et nous voulons un monde, je ne suis pas d'accord avec le Président de la République sur ce point aussi quand il dit, faites-vous livrer.

Non, Non ! On doit pouvoir aller dans un commerce, parler avec des gens, bref, avoir ce lien social. Et donc il faut rouvrir le petit commerce, mais ce n'est pas tout parce que ça peut être l'hypocrisie suprême de dire, "on vous a permis de rouvrir, on fait des files dans la rue, débrouillez-vous ! " Non, ils ont des dettes, des dettes insolvables.

La question de la dette, Monsieur Letellier, je demande qu'on m'entende, devient le problème politique numéro 1 de l'économie de notre pays. – De l'économie mais aussi des commerçants, ce que vous dites. – Oui, il faut donc faire remonter, ce n'est pas tant d'argent que ça, il faut faire remonter les dettes des commerçants à proportion d'un chiffre d'affaire perdu, vers une caisse centrale de dettes, exactement comme on l'a fait pour la dette de la Sécurité Sociale, et il faut que l'État assume cette prise en charge de la dette, comme il le fait en distribuant de l'argent à l'aéronautique, aux automobiles et que sais-je encore ?

Toutes choses qui à mon avis sont inutiles. – Ça c'est des pistes que vous évoquez, alors vous aviez aussi, dans le passé, dénoncé le manque de masques puis de tests. Maintenant on parle du vaccin, le jour où il y aura un vaccin, est-ce qu'il faut généraliser la vaccination ? – Alors – La rendre obligatoire ? – La rendre obligatoire, certainement pas, puisque tous les organismes mondiaux de santé disent que ce n'est pas la bonne méthode pour qu'un vaccin se répande.

Cependant réfléchissons un instant, d'abord faisons un constat : il y a 5 projets de vaccins qui sont en cours pas un n'est français. Pourtant, nous avons l'institut Pasteur qui est un monument mondial dans ce domaine. – Comment vous l'expliquez ? – Justement, c'est l'effondrement d'une certaine recherche publique et la vision à court terme qui s'est imposée dans les laboratoires.

Nous importons aujourd'hui 80 % de nos médicaments, avant, on produisait 80 % de ce que l'on consommait. Et maintenant je viens sur le vaccin lui-même. – Parce que l'Union européenne pourrait donner son feu vert au vaccin américain Moderna et Pfizer BioNTech.

L'Union européenne a déjà précommandé 1 milliard 400 millions. – Ah ! Oui !

Chapeau ! – Quoi ? – L'Union européenne a commandé un milliard quatre cent doses – Nous sommes en Europe. – Et nous sommes en Europe, donc on est incapable d'en produire nous-mêmes.

Deuxièmement pourquoi a-t-elle fait ce choix, cette dame, sans appel d'offres, alors qu'elle nous oblige, pour acheter quatre radiateurs dans un collège ou un lycée… – Madame von der Leyen. … il n'y a pas d'appel d'offres, il y a une décision unilatérale, les députés européens n'ont pas accès aux conditions dans lesquelles ce marché s'est fait. Alors j'ai deux choses à dire sur le vaccin, si vous le permettez.

Premièrement, c'est une erreur du Président français de ne pas avoir répondu à la proposition des Russes pour mettre au point ensemble le vaccin, puisqu'ils étaient avancés et que nous savons le faire. Deuxièmement, le vaccin n'est pas l'unique issue, pour l'instant le vaccin a rapporté beaucoup d'argent à ceux qui ont des actions dans ces sociétés, c'est le principal résultat. Si on se contente du vaccin peut-être qu'on va commettre une erreur.

Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un virus, il mute tous les ans, donc l'année prochaine il faudra un autre vaccin, comme pour la grippe. Par conséquent, il faut, en même temps, commencer à travailler pour avoir des remèdes pour tuer le virus quand vous l'avez dans votre corps.

C'est ce qu'a commencé à faire l'institut Pasteur de Lille, on n'en entend plus parler, ils avaient demandé 5 millions, personne ne les leur a donné, du point de vue de l'État. – Il faut réinvestir d'urgence dans la recherche publique ? – Mais non seulement réinvestir d'urgence, traiter la recherche publique avec respect et constituer un pôle public du médicament.

Enfin ! Les Français bientôt ne produiront plus rien puisque l'entreprise Sanofi a prévu, en 2024, d'enlever ses derniers centres de recherche en France. C'est insupportable et inacceptable !

Non ? – Voilà les questions, en tout cas voilà les questions. Ce sont les questions qui se posent en tout cas. – Franchement !

La nation qui a inventé le vaccin… – On va cueillir maintenant Frédéric Says, journaliste politique à France Culture qui est avec nous. [Musique] – Bonjour Frédéric – Bonjour Francis. – Alors depuis le début du quinquennat vous portez le fer contre le gouvernement à l'Assemblée nationale, une position qu'il va falloir peut-être quitter pour mener la campagne présidentielle et rester dans la course.

On vous a suivi dans votre quotidien au palais Bourbon cette semaine. [Musique et conversations confuses] – Toi aussi tu y es, toi, donc 4, on est sûr d'en avoir 4. – On entend la séance qui démarre vous n'êtes pas obligés d'y aller physiquement ? – Non, on fait chacun notre boulot, si on était les 17 dans l'hémicycle ce serait la mort.

Donc on tourne d'abord, là comment on va s'organiser ? Honnêtement on n'a pas eu la discussion. Est-ce que moi je dois continuer à être président du groupe ou pas, parce que c'est Mathilde Panot qui est la vice-présidente et qui déjà mène les affaires – C'est avec ça qu'il faut changer et notamment avec votre commandement. – Mathilde n'a peur de rien, donc c'est les autres qui ont peur d'elle. – Une femme ce serait bien bien finalement ? – Oui, moi c'est mon choix. – Vous ne vous êtes pas dit : "un an avant, je lâche" ? – C'était un peu l'idée, il faut que je sois sûr qu'on soit tous d'accord.

C'est dévorant une campagne, surtout les six derniers mois, je ne vois pas bien comment je peux faire les deux. Parce que ça n'a l'air de rien mais ici ma chance c'est l'équipe. Vous avez vu, c'était le moment de gloire quand on a eu ça. – Ça ne vous effraie pas de le voir partir bientôt en campagne ? – Ah !

Ah ! À L'Élysée ! – Allez !

En route ! – Est-ce qu'il y a quelque chose ici, qui matérialise cette future campagne ? – C'est ma Marianne, magnifique, vous lui voyez les cheveux défaits, comme c'est le cas ici, c'est la femme du peuple Et puis évidemment il y a le symbole suprême, c'est le bonnet phrygien, c'est une Marianne insoumise qui est là. – Si au moins on apporte ça, c'est déjà important, faire entendre cette indignation et puis, comme disait Jean-Luc, ce n'est pas tellement une campagne d'un rejet, c'est celle d'un projet, ce qu'on veut faire. – C'est vous qui êtes chargé de chercher des partenaires ? – Pas du tout, oh non, moi je suis un des 17 du groupe. – Le fait d'avoir commencé la campagne plus tôt que prévu c'est une manière de dire, d'être un peu positif, quoi !

On ne peut pas faire une campagne pour peindre noir sur noir. Non ! Même si ça va très mal. – Bon il y a encore des choses à organiser d'ici la présidentielle de 2022.

Ça tombe bien Fédéric Says est là pour vous en parler. – Et avec un contexte de crise sanitaire, comment vous allez faire une campagne présidentielle avec la crise sanitaire. Quand est-ce que vous allez démarrer votre campagne ? – On peut déjà dire qu'on a démarré en annonçant la candidature, en recueillant sur le site "noussommespour.fr", on est à 180 000 signatures aujourd'hui.

Donc la mécanique est mise en mouvement, mais vous avez raison et c'est une des raisons qui m'a conduit à partir plus tôt que ce que j'avais fait les deux fois précédentes, avec deux mois. Parce que personne ne sait faire une campagne en période de confinement, donc il va falloir improviser. Là on a démarré, ça a été plus vite que prévu donc on est obligé d'accélérer, de revoir notre dispositif.

Samedi prochain je vais faire le premier meeting numérique en ligne. On va voir ce que ça donne, on s'est entraîné déjà une fois. Je pense qu'il va falloir beaucoup inventer et recourir à des méthodes inattendues. – Le retour de l'hologramme ? – Alors l'hologramme il sera… Si vous voulez je peux faire l'hologramme ce n'est pas le plus difficile, le plus difficile c'est que les gens puissent venir.

Nous, dans notre famille, on a besoin de se retrouver, vous savez on est… – Si c'est numérique comment vous allez faire revenir les gens ? – Eh bien là, ils vont être regroupés, ils vont avoir le bonheur de savoir qu'ils sont, je ne sais pas moi, dix ou vingt mille. Pourquoi ?

Parce que nous nous sommes les têtes dures, voyez, les insoumis, les rebelles, donc dans la société on est très éparpillé et soudain on se retrouve en force, ça donne du courage, de l'allégresse. Ce qui est sûr c'est qu'on ne peut pas faire une campagne autrement que positive avec des lignes d'horizon… – Vous en avez fini avec le dégagisme, le "qu'ils s'en aillent tous" qui était le titre d'un de vos livres – Plus que jamais ! – "Nous sommes pour" c'est plus positif. – Alors "Nous sommes pour", il faut partir d'une construction positive. – C'est quoi ?

C'est : Nous sommes pour le dégagisme ? – Attendez ! Il faut que les gens s'accordent sur ce qui est important.

Je pense que si on se contente de faire une coalition de gens qui ne veulent pas de machin qui ne veulent pas de truc, ça ne va rien donner pour le pays, ça fait déjà trois fois qu'on vote comme ça au deuxième tour. Et puis pour le projet qui est le nôtre, il est quand même une "rupture" avec le système dans lequel nous vivons, vous me direz : il est en train de se rompre tout seul, mais il faut qu'il y ait donc une adhésion à nos idées : la 6ème République, pour que les gens puissent intervenir, la planification écologique, le partage, bref, ce sont des idées qui sont en rupture avec le monde dans lequel on est. C'est ça qu'il faut construire, alors, dans ces conditions, je suis obligé de travailler autrement mais ça ne veut pas dire que la perspective change.

Pardon M. Letellier, mais oui il y en a vraiment pas mal à dégager ! – Et en parlant de meetings, il y a eu une époque où il y avait encore des meetings, ça se passe en 1997, c'est une archive que j'aimerais qu'on regarde ensemble, c'est au congrès de Brest – Ah !

Ça c'est un congrès, oui. – Voilà, vous briguiez la tête du Parti Socialiste, à l'époque vous en faisiez partie et voici ce que vous disiez aux militants socialistes. – Il me dit, le Président Mitterrand, "ne cédez jamais !

Marcher votre chemin." Je marche Monsieur ! – François Mitterrand qui, en son temps, avait réussi l'union de la gauche, qu'est ce qui vous manque, vous pour y arriver ?

Ça ne marche toujours pas ! – François Mitterrand à été le constructeur à l'intérieur d'une toute autre époque. À l'époque il y avait des syndicats extrêmement puissants, dans toutes sortes de corporations, les rapports sociaux n'étaient pas explosés comme ils le sont aujourd'hui et puis il y avait des forces politiques considérables. – Mais vous, vous n'avez aucune responsabilité dans le fait de ne pas y arriver ?

Vous avez entendu Arnaud Montebourg qui dit, "Il faut que Jean-Luc Mélenchon fasse des gestes pour qu'on aille vers lui". – Voilà, alors oui, je suis preneur de tous les conseils et surtout que ceux qui me conseillent mettent la main à la pâte, pourquoi ? J'ai fait la proposition en 2018 et je l'ai refaite en 2019 : d'une fédération populaire, mais tous ces gens se sont dit : "Oh !

Mélenchon… on verra une autre fois", et alors ils ont eu des paroles très disgracieuses contre mon idée. Donc j'ai bien vu qu'ils n'en voulaient pas, puis, j'ai vu qu'ils avaient tous l'intention d'avoir une candidature à l'élection présidentielle, alors je me suis senti en quelque sorte moralement dégagé et je me suis avancé, de manière à créer un horizon, une dynamique. Voilà !

C'est ça que j'essaye de faire. Maintenant, bienvenus à tous ceux qui veulent travailler ensemble, mais… – Arnaud Montebourg, par exemple ? – Mais, évidemment, Montebourg.

Il a des idées très intéressantes, il y en a d'autres sur lesquelles on diverge e t puis certaines sur lesquelles on converge. Je viens de voir, qu'aujourd'hui, il se prononce, à son tour, sur une position qui m'a valu d'être bien brocardé un temps, c'est pour l'annulation de la dette publique auprès de la Banque centrale européenne. C'est un atout essentiel, qu'un homme comme lui, vienne abonder une idée sur laquelle j'ai été un temps isolé. – Un mot rapide sur le Parti Communiste, vous avez fait campagne avec eux la dernière fois, à la présidentielle exactement.

Cette fois-ci leurs dirigeants disent, "nous voulons avoir un candidat" et ils laissent même entendre que, sans eux, vous Jean-Luc Mélenchon, vous ne disposerez pas des 500 signatures de maires parce qu'ils ont un réseau d'élus évidemment. – Nous verrons ! Mais, de toute façon je me battrai. – Sans eux vous ne pourrez pas avoir les 500 signatures ? – Écoutez !

Que les choses soient bien claires, j'ai été allié avec les communistes dans deux campagnes. Nous l'avons fait d'une manière finalement très fraternelle et notre façon de voir le monde, à partir des biens communs, est assez voisine, donc j'espère les convaincre que nous pouvons faire, encore une fois, équipe ensemble. – Sur les 500 signatures vous avez besoin de leur réseau d'élus ? – Nous avons besoin de tout le monde, mais nous avons appris à nous débrouiller par nous mêmes, et par conséquent, quelle que soit la situation, rien ne nous fera renoncer. – Sur le fond ? – Traverser les montagnes en creusant des tunnels avec nos ongles, vider la mer avec nos mains, nous ferons tout ce qui est nécessaire. – Sur le fond de votre programme, vous dites : "je vais bousculer la fiscalité des ménages, neuf ménages sur dix ne paieront pas plus d'impôts, mais 10 %, les plus riches, paieront davantage d'impôts." Alors ce système évidemment, il fonctionne si aucun de ces ménages les plus riches ne va à l'étranger, on sait que ça arrive parfois que les ménages les plus riches aillent à l'étranger.

Comment comptez-vous les contraindre à rester en France, est-ce que vous envisagez, par exemple, bloquer, un contrôle des capitaux ? – Moi je n'ai l'intention de contraindre personne à rien. – Ça ne marche plus, votre système. – Après, la Loi c'est la Loi.

Je prendrai modèle sur les États-Unis d'Amérique qui ont créé un impôt universel, c'est-à-dire : où que vous soyez dans le monde, si vous êtes Américain, vous payez la différence entre ce que vous donnez à l'État dans lequel vous êtes, c'est quand même normal, et ce que vous devriez donner si vous étiez Américain. – Est-ce que ce n'est pas un peu impérialiste, vous avez souvent critiqué l'impérialisme nord-américain, imposer sa loi à l'étranger ce n'est pas de l'impérialisme ? – Cet impérialisme, ça ne l'impose pas aux Français, ça serait de l'impérialisme s'ils l'imposaient aux Français, ils l'imposent aux citoyens américains. – Vous, avec les Français. – Et bien nous, nous l'imposerons aux citoyens français. "On n'emporte pas sa patrie à la semelle de ses chaussures", disait Danton.

Eh bien, avec moi, ce sera vrai, où que l'on aille dans le monde, eh bien, on devra rester lié à sa patrie. Alors je sais que des Français de l'étranger m'ont dit, mais votre idée pourquoi pas, mais nous ici on paye les frais de scolarité de nos enfants. Alors c'est une question qu'il faudra traiter pour prendre en charge les frais de scolarité des petits Français dans le monde entier. – En juin prochain les régionales, rapidement, est-ce que vous êtes pour un vote par correspondance par la poste ou un vote par internet. – Alors on n'a pas délibéré encore ensemble, vous me prenez un peu de court.

Je vais vous dire ma conviction personnelle, je suis contre. – Internet et par correspondance ? – Non, je suis contre pour une raison que tout le monde peut comprendre, le principe du vote démocratique, c'est le secret, chacun vote comme il l'entend, ce qui n'est pas forcément l'opinion de son conjoint ou de ses enfants en âge de voter. – Là-dessus vous êtes d'accord avec Gérald Darmanin. – Pour que le secret soit préservé, il faut donc que l'on aille soi-même voter.

Deuxièmement le vote par correspondance a été supprimé à un moment donné, parce qu'il était une telle occasion de fraude que c'en était une honte. Et je rappelle qu'aux dernières élections, 24 % des bulletins de vote des Français de l'étranger n'ont pas pu être pris en compte parce qu'ils ne correspondaient pas aux normes sûres, donc moi je suis contre. Et peu m'importe de savoir, je ne veux pas fuir votre incise, avec qui je suis d'accord, ce qui compte, quand une idée est bonne, c'est qu'on la mette en œuvre et, quand elle est mauvaise, plus il y a de monde pour la combattre mieux on se porte. – Une dernière question, demain débute le procès pour corruption de Nicolas Sarkozy.

Alors vous pouvez être très offensif avec certaines personnalités de droite mais pour Nicolas Sarkozy, au fur et à mesure de vos déclarations, vous êtes plutôt modéré avec lui, comment ça se fait ? – Je ne sais pas de quoi vous me parlez, alors ! – Vous dites, il est intéressant, c'est quelqu'un qu'on écoute. – Quand M.

Sarkozy était Président de la République, je l'ai combattu politiquement, moi, mes combats politiques n'intègrent pas de haine personnelle, ni de mépris pour les gens que je combats, je combats leurs idées et leurs pratiques, voilà ! Après ce procès, je n'en pense rien, je suis comme tout le monde, j'attends de voir ce qui sera dit à cette occasion. Il a fait plusieurs émissions de télévision où il a paru très indigné de ce qui lui était reproché.

D'autres disent "bah, il y a bien du culot", je n'en sais rien et puis honnêtement, je n'ai pas l'intention d'être le commentateur judiciaire de la planète entière parce qu'il y aurait du travail. Par contre… – Un ancien président jugé pour corruption, ça n'est pas anodin. – Eh, bien oui, bien sûr !

Donc voilà, je ferai comme vous, je regarderai et puis je me ferai une idée, mais je ne suis pas d'accord quand un procès commence, pour qu'il y ait une sorte de tribunal, comme ça, de gens qui décideraient qu'il est coupable avant même qu'il ait été jugé. S'il doit l'être, il le sera, il se défendra. Voilà ! – Merci Frédéric.

Jean-Michel Blanquer le ministre de l'Éducation nationale se retrouve, lui, au cœur de révélations sur "Avenir lycéens" créé en 2018, un syndicat lycéen créé de toutes pièces par le ministère de l'Éducation nationale. Cette structure a bénéficié d'aides publiques, c'est Médiapart puis Libération qui ont sorti l'information, et vous demandez, vous, la France insoumise, une commission d'enquête parlementaire sur cette affaire, pourquoi, pour d'abord entendre Jean-Michel Blanquer ? – Alors mon collègue Michel Larive, député insoumis de l'Ariège, a pris l'initiative de cette commission d'enquête et je lui ai dit tout de suite mon accord ainsi que celui de tous les députés insoumis.

Il y a des communistes qui ont signé, il y a un socialiste qui est avec nous dans cette affaire. C'est gravissime, ce ministre de l'Éducation nationale, qui est déjà un grand destructeur de l'école avant qu'il soit ministre, puis depuis qu'il est ministre, c'est un ami de l'école privée, bon il a nommé un directeur de cabinet qui est un pur et simple porte-parole du secteur privé. Cet homme, c'est déjà assez problématique, il s'en prend à la recherche libre à l'université française, tous les chercheurs quelles que soient leurs opinions, – Vous l'avez dans le collimateur, c'est l'occasion de le coincer ? – Pas seulement, là c'est gravissime parce qu'il y a une responsabilité morale à l'égard de la jeune génération.

Que penser d'un ministre de l'Éducation nationale qui manipule des jeunes lycéens pour leur faire créer un syndicat, en sa faveur, pour soutenir sa politique ? Vous savez, il y a des jeunes gens qui ont adhéré à ce syndicat, qui étaient de bonne foi, ce sont donc des jeunes gens qui ont été trompés et roulés. Quant aux autres, ils ont pris d'entrée de jeu les mauvaises habitudes, ils ont reçu une somme considérable, alors que les vrais syndicats lycéens ne recevaient pas du tout les mêmes sommes, voire moins et, avec cet argent, ils ont plutôt fait la fête que le syndicalisme.

Donc c'est très grave moralement. – C'est très grave moralement et vous demandez que tout soit clarifié dans une commission d'enquête. – Pour clarifier et s'il s'en allait, on n'en serait pas chagrin, on n'en serait pas chagrin du tout. – Si Blanquer s'en allait… – Ah bah tant mieux parce que ça ça fait trop, quoi !

Vous ne vous en rendez même plus compte, mais quand un ministre de l'Éducation nationale prend à partie la recherche en sociologie et l'accuse de tracer une ligne politique, c'est du jamais vu. Quand il crée de ses propres mains, pour manipuler des jeunes gens, – Quand vous dite qu'il s'en aille, il faut qu'il s'en aille après avoir été entendu ? – Oui, oui, bien sûr, mais s'il s'en allait tout de suite ça nous soulagerait. – On va terminer par un autre homme, c'est Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, avec lequel vous en tiriez bien plutôt à l'Assemblée nationale, qui va se lancer dans… – Mais jamais de la vie, mais qu'est-ce que vous racontez ?

Je l'ai combattu, si vous lui dites ça, le malheureux… – Oui mais ça se passait bien. – Ah ! Sur le plan humain ? – Oui. – Ah ben oui bien sûr ! – Il va se lancer dans l'adaptation de son roman "Dans l'ombre", comme série télévisée, c'est l'histoire qui raconte une campagne présidentielle.

Est-ce que vous allez regarder ça en disant que ça pourrait vous donner des idées pour votre campagne à vous ? – Il faut toujours faire son miel de tout. Non !

Il a une bonne plume, il a écrit quelques romans policiers plutôt bien écrits, c'est un homme qui a une certaine élégance personnelle. On s'est mis quelques rudes ramponneaux… – Sur la réforme des retraites. – Ah ben oui !

Pour ne citer que ça ! On s'est bien combattu, mais je pense que c'était dans une forme, sur le plan humain je le précise, de respect mutuel. Après, le dernier épisode a été spécialement calamiteux, c'est la période du confinement où visiblement il ne planifiait rien, mais ça n'empêche que je suis capable d'admirer sa manière d'écrire ou de parler avec une certaine élégance. – Vous le regrettez un peu, comme Premier Ministre ou pas ? – Pardon ? – Est-ce que vous le regrettez comme Premier Ministre ? – Mais ce n'est pas mes affaires, c'est la droite. – Vous pourriez le regretter. – Non parce que c'est la règle du jeu, c'est le Président de la République qui désigne, alors le Président de la République désigne des hommes de droite comme premier ministre, c'est normal, il fait une politique de droite et même d'extrême droite. – Une dernière petite question parce qu'il va être question dans quelques jours d'une loi qui était contre les séparatismes qui va s'appeler maintenant le renforcement des principes de laïcité.

Mais il y a une prise de position hier d'Anne Hidalgo, maire PS de Paris, qui demande à certains à gauche, à Europe Écologie-les Verts, à la France insoumise, de clarifier leurs ambiguïtés sur les valeurs de la République. Est-ce que ça vous a étonné cette prise de position ? – C'est choquant mais j'ai pris l'habitude, le PS est inguérissable, il faut qu'il fasse la leçon à tout le monde.

Qu'est-ce que ça veut dire ambiguïté ? Nous sommes parfaitement clairs sur le sujet de la République, nous autres les Insoumis. Mais elle, par contre, ne l'est pas, elle est ambiguë, parce qu'elle subventionne tous les ans des crèches confessionnelles, parce qu'elle est allée à la bénédiction de Paris au Sacré-Cœur et puis quoi encore ?

Donc, c'est, vous savez ce genre de personnage qui se donne une posture et fait la leçon à tout le monde. Nous allons avoir une loi et nous verrons où sont les hypocrites parce que nous, nous allons proposer qu'on aille au bout de la laïcité dans notre pays républicain. – On y reviendra un peu plus tard, ce n'est pas aujourd'hui, on n'a pas le temps. – Mais c'est dommage ! – Merci Jean-Luc Mélenchon d'avoir accepté notre invitation à "Dimanche en politique". – sous-titrage : Le crayon d'oreille -