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InterviewLCP (sur YouTube)· 2 avril 2023 13 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsEnvironnement & énergieTravail & emploi

Eva Sas, députée Écologiste de Paris | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Après le bac, vous avez fait de la philo, mais aussi l'ESSEC, une grande école de commerce, sauf que c'était pas pour devenir une femme d'affaires. Vous l'avez fait "dans une perspective subversive, un peu par entrisme". Ça veut dire quoi ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    C'était une perspective politique, pour changer le système, mais ça ne passait pas par l'engagement ?

  • 1:45OuverteRéponse directe

    Vous avez un côté très méthodique, assez rigoureux... Vous avez votre cahier.

  • 2:30OuverteRéponse directe

    On peut faire cohabiter ces notions sans les dénaturer : utopie concrète et radicalité réaliste ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Votre premier engagement politique était la défense de la semaine de 4 jours. C'est un peu le chômage qui a déclenché votre engagement ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Vous avez rejoint Les Verts en 2000. À l'époque, ce qui a déclenché votre engagement, c'est pas forcément la dimension écologique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:15Eva SasFait
    « J'ai constaté que les ouvriers étaient soumis, et qu'il fallait leur donner les clés pour pouvoir gagner leur autonomie, se défendre, et c'est dans ce sens-là que j'ai voulu connaître le monde de l'entreprise, connaître les clés, les réflexions des actionnaires, de façon à pouvoir les donner à ceux qui en ont le plus besoin, les salariés. »
  • 3:00Eva SasFait
    « Pour être vraiment radical, il faut être réaliste. Il faut savoir comment on va changer les choses. Il faut être dans le concret, dans le détail, maîtriser les outils, et c'est ce que j'essaye de faire. »
  • 3:45Eva SasFait
    « Je me rends compte que toute une génération est laissée de côté, et je cherche des solutions au chômage, et je tombe sur cette tribune, dans Le Monde, je crois, qui défend la semaine de 4 jours et le partage du temps de travail. »
  • 7:00Eva SasFait
    « Je suis expert auprès des représentants du personnel, auprès des CSE. »
  • 9:00Eva SasFait
    « La constitution a été écrite par des hommes et pour des hommes, donc le cas n'est même pas envisagé. »
  • 11:00Eva SasFait
    « Dans d'autres parlements et au Parlement européen, c'est tout à fait possible et prévu. »
  • 12:00Eva SasFait
    « Il y a toujours une forme de mépris et de condescendance. On l'observe dans l'hémicycle, encore plus quand on est une écologiste. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Mon invitée est devenue verte sans être écolo à ses débuts. Elle se définit à la fois comme utopiste et réaliste, ce qui est plutôt rare en politique. Générique ...

Bonjour, Eva Sas. -Bonjour. -Après le bac, vous avez fait de la philo, mais aussi l'ESSEC, une grande école de commerce, sauf que c'était pas pour devenir une femme d'affaires.

Vous l'avez fait "dans une perspective subversive, un peu par entrisme". Ca veut dire quoi ? -J'ai constaté...

Mon père est d'une famille ouvrière polonaise des Ardennes. J'ai constaté que les ouvriers étaient soumis, et qu'il fallait leur donner les clés pour pouvoir gagner leur autonomie, se défendre, et c'est dans ce sens-là que j'ai voulu connaître le monde de l'entreprise, connaître les clés, les réflexions des actionnaires, de façon à pouvoir les donner à ceux qui en ont le plus besoin, les salariés, ceux qui, dans le rapport de force, sont la partie faible. -C'était une perspective politique, pour changer le système, mais ça ne passait pas par l'engagement ? -Comme beaucoup de gens de cette génération, et peut-être encore aujourd'hui, j'étais méfiante des partis politiques.

Pour moi, ils ne changeaient pas le monde et il fallait être dans l'action, au plus près du monde du travail, des salariés, pour rééquilibrer les rapports de force. -Vous avez un côté très méthodique, assez rigoureux...

Vous avez votre cahier. -Absolument. -Vous avez cette méthode, cette rigueur, ça vous a valu d'être trésorière du parti, d'être vice-présidente de la commission des finances à l'Assemblée, et ça ne vous empêche pas de vous revendiquer de l'"utopie concrète", ou encore... de la "radicalité réaliste".

On peut faire cohabiter ces notions sans les dénaturer ? -Oui, je pense que...

Pour être vraiment radical, il faut être réaliste. Il faut savoir comment on va changer les choses. Il faut être dans le concret, dans le détail, maîtriser les outils, et c'est ce que j'essaye de faire.

J'ai plutôt un modèle de cerveau d'expert, j'aime décortiquer les sujets au plus profond, donc maîtriser les outils et changer réellement les choses, pas être dans la déclamation. Pour moi, ça ne s'oppose pas du tout. Pour être radical, il faut être réaliste. -On retrouve ce côté dans votre premier engagement, le premier politique, puisque vous vous êtes présentée aux législatives en 1997, pas sur l'écologie, mais pour défendre la semaine de 4 jours aux côtés de Pierre Larrouturou.

Votre rêve, c'était de travailler moins, en quelque sorte. C'est un peu le chômage qui a déclenché votre engagement ? -C'est exactement ça.

Je sors de mes études en 1993. C'est un pic dans le chômage des jeunes. Je me rends compte que toute une génération est laissée de côté, et je cherche des solutions au chômage, et je tombe sur cette tribune, dans Le Monde, je crois, qui défend la semaine de 4 jours et le partage du temps de travail. "C'est la solution", c'est pragmatique et impactant, et je m'engage dans un mouvement associatif, à la base, Un nouvel équilibre, et on se présente aux élections, en l'occurrence, aux législatives et européennes, mais c'est pour défendre nos idées, des candidatures de témoignage. -Vous avez fait 0,8 %, je crois. -Oui, c'est ça. 0,86.

C'était pour le témoignage, mais on se servait de cette tribune que sont les législatives pour parler du partage du temps de travail. C'était dans l'air du temps. Peu après, c'était les 35 heures. -De fil en aiguille, à travers ce premier engagement, vous avez découvert et vous avez rejoint Les Verts, en l'an 2000, mais à l'époque, ce qui a déclenché votre engagement, c'est pas forcément la dimension écologique. -Vous dites "écologique".

Ce n'est pas forcément la dimension environnementale. Effectivement, Les Verts organisent les états généraux de l'écologie, et je rejoins ces états généraux, et je découvre le programme des Verts, et je le dis souvent, j'étais écolo sans le savoir, car je croyais naïvement, et beaucoup de gens le croient encore, que Les Verts, c'était uniquement l'environnement. J'avais donné priorité, à l'époque, plutôt au social.

Je découvre donc que le programme des Verts, c'est autre chose, c'est le partage du temps de travail, la société du temps libéré, autonomie, responsabilité, solidarité, c'est un projet de société global, qui donne d'ailleurs cette autonomie à l'individu, qui fait en sorte que chacun soit maître de son destin. Donc je me retrouve complètement, en fait, dans ces valeurs et je découvre que le programme social et le programme démocratique des Verts sont étoffés. C'est un projet de société global.

Je m'engage pleinement jusqu'à aujourd'hui. -Ensuite, vous avez eu des fonctions importantes et vous avez aussi été élue aux municipales et députée à deux reprises. Vous avez longtemps refusé de vous consacrer entièrement à la politique.

C'était important d'avoir un métier, pour vous. Pourquoi ? -J'ai un métier, et j'en suis fière.

Je suis expert auprès des représentants du personnel, auprès des CSE. Et...

Pour moi, c'était d'abord et avant tout le gage de l'indépendance en politique. Ne pas dépendre de la politique pour gagner sa vie, ça donne une liberté importante. J'avais constaté dans mes premiers engagements que certains élus changeaient de parti pour garder leur mandat.

J'ai trouvé ça triste. Je voulais pas me retrouver dans cette situation. -Une compromission sur les idées pour garder son gagne-pain. -Oui.

Quand on s'engage chez les verts, c'est pas pour faire carrière en politique. C'est très aléatoire, chez les écologistes. Mieux vaut avoir un métier.

C'est une passion, je l'aime énormément. J'y reviendrai si c'est nécessaire. -Vous étiez dans un cabinet d'expertise qui accompagne les syndicats, qui s'appelle Secafi.

C'est le slogan de ce cabinet qui a attiré un peu votre regard, "Réconcilier l'économique et le social". On dirait un programme politique. -C'est vrai. -Vous avez fait de la politique par votre métier. -C'est un métier engagé, qui vise à donner à la partie faible, aux salariés, aux représentants du personnel, les outils pour se défendre, et non prendre leur place.

C'est ce que j'aime aussi. On leur donne toutes les clés pour qu'ils puissent se défendre et être à armes égales avec le même niveau d'informations que les actionnaires et les patrons. -Il y a un fil rouge dans votre engagement, c'est votre combat pour le droit des femmes.

En 2013, durant votre 1er mandat, vous tombez enceinte, et vous prenez conscience que la situation des femmes députées n'était pas normale. On va réécouter votre prise de parole. *-Il est temps que nos institutions évoluent pour tenir compte de la féminisation progressive des Assemblées.

Or, rien n'est prévu en cas de congé maternité d'une élue. Je vous demande un peu plus solennellement ce soir d'envoyer tout particulièrement un message aux femmes pour leur dire dans la vie politique et cette Assemblée. -Pour bien comprendre ça, il faut savoir qu'une femme députée qui est enceinte peut partir en congés maternité, mais elle sera pas remplacée. -Absolument.

Ca veut dire laisser son siège vide. C'est une responsabilité, une culpabilité, pour la femme qui part en congés maternité, car elle a l'impression de ne pas remplir son mandat. Je proposais qu'elle puisse être remplacée par son suppléant ou sa suppléante afin de... de concilier, finalement, ce qui est le quotidien, le normal, d'une vie de femme et puis, ce mandat qu'on veut remplir pleinement. -Ca n'a pas été possible. -Non.

La constitution a été écrite par des hommes et pour des hommes, donc le cas n'est même pas envisagé. -Pour changer ça, il faudrait réviser la constitution. -Oui, parce que c'est un article de la constitution qui prévoit où on peut être remplacé par son suppléant.

Ils sont rares et le congé maternité n'en fait pas partie. Nous devons mener ce combat. Nous y arriverons.

A l'époque, nous étions peu nombreuses à être enceintes dans l'hémicycle. Aujourd'hui, il y en a plus grâce à la féminisation et le rajeunissement aussi de l'hémicycle. Donc c'est devant nous.

Je pense qu'il y faudrait accélérer. Cette intervention...

Ma fille a neuf ans. Donc elle date d'il y a neuf ans. -On a vu récemment plusieurs cas de femmes députés enceintes, certaines avec des hautes fonctions comme Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance, donc de la majorité présidentielle.

Et les choses n'ont pas changé ! -C'est un peu triste de voir le temps qu'on met pour des choses aussi évidentes. Dans d'autres parlements et au Parlement européen, c'est tout à fait possible et prévu.

Je trouve qu'on est en retard et qu'il faut avancer plus vite. -Revenons sur le débat que vous avez déclenché à l'époque, il y a eu pas mal de réactions, peu de femmes politiques vous soutiennent et d'autres ont des réactions hostiles, comme Michèle Alliot-Marie : "Pendant qu'on y est, pourquoi pas remplacer "qui se casse la jambe ?" -Il y a un vrai sujet.

Les maladies ne sont pas prévues. -Elle met le doigt dessus. Ca vous a étonnée, ces réactions venant de femmes politiques ? -Ca m'a pas complètement étonnée parce que j'ai observé que le féminisme n'est pas partagé par toutes les femmes.

En particulier, il est moins présent chez les femmes de droite. Il y a une façon, parfois, chez certaines femmes, de vouloir caché l'aspect féminin, le fait d'être enceinte, dans leur action politique. Des femmes qui veulent revenir tout de suite dans l'hémicycle, qui ne veulent pas parler de leur maternité, je trouve ça dommage.

Il faut assumer. Il n'y a pas à avoir honte, à se sentir coupable de vivre sa vie de femme en même temps que nous exerçons notre mandat. On me voit, là. -Vous prenez la parole enceinte, dans l'hémicycle.

Vous êtes allée assez loin en restant présente à l'Assemblée. Vous étiez tiraillée dans ce conflit de loyauté entre vos électeurs et votre futur bébé, votre future famille ? -C'est ça.

On nous a confié un mandat. S'absenter longuement, c'est évidemment une culpabilité pour nous, élus. Et je ne souhaite pas que ça perdure parce que nous n'avons pas à subir cela. -On va passer à notre quiz à présent.

Je vous explique. Je vais commencer une phrase et vous devrez la compléter. On y va ? -Oui. -Le plus dur, quand on est une femme députée, c'est... -Le regard des hommes. -Le regard des hommes ?

Ah, oui ? -Il y a énormément... -Sur votre façon de faire de la politique ? -Il y a toujours une forme de mépris et de condescendance.

On l'observe dans l'hémicycle, encore plus quand on est une écologiste. Il y a cet a priori qu'on va être moins compétentes, que l'on va être plus "hystériques", comme disent les hommes, et qu'il faut toujours démontrer alors que chez les hommes, c'est finalement un acquis. On ne demande pas les mêmes preuves de compétence aux hommes, et c'est encore le cas aujourd'hui. -Pour un député, la semaine de 4 jours, c'est... -C'est inexistant. -Totalement utopiste ? -Non, mais je pense qu'il y a une réflexion à avoir sur la charge de travail, en tant que député.

Je pense que c'est assez inaudible comme débat aujourd'hui. Nous remplissons notre tâche entièrement, mais le partage du temps de travail, il vaut pour tous. Le temps libéré, la société du temps libéré à laquelle nous aspirons, ils doivent valoir aussi pour les élus.

C'est une aspiration de tout un chacun qui vaut aussi pour nous. -Etre subversif à l'Assemblée, c'est... -Là aussi, être à la commission des finances et porter des sujets radicaux...

Je l'ai choisie aussi pour ça, ça ne doit pas être un débat entre experts. Le changement de société que nous souhaitons, il passe aussi par les débats de finances publiques. Une fois de plus, bien maîtriser les outils, pour les renverser et vraiment avoir une société plus juste, plus écologique, plus environnementale et solidaire. -Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation. -Merci.

SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA