Défilé de la France insoumise - Avec Jean-Luc Mélenchon
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:56Invité politiqueChiffre
« puisqu'il y a 70% des gens qui soutiennent la mobilisation, même 50% des gens qui soutiennent les manifestations »
- 12:06Invité politiqueFait
« Il y a l'Europe qui veut nous imposer une ouverture à la concurrence »
- 15:43InvitéChiffre
« un milliard d'euros d'économies. Ça, ça veut dire très concrètement, un véritable plan social, c'est l'équivalent de la suppression de 22 000 postes sur l'ensemble du territoire. »
- 23:13PrésentateurChiffre
« 4 à 6 000 emplois »
- 38:22InvitéFait
« ces professeurs qui commencent leur carrière à 1,3 SMIC, à peine, c'était 2 SMIC dans les années 1980 »
- 47:04PrésentateurChiffre
« Déjà que 40% des chômeurs sont indemnisés, donc ça veut dire que 60% qui ne le sont pas »
- 47:39PrésentateurFait
« la plupart n'ont jamais travaillé »
- 47:47PrésentateurFait
« ils n'ont jamais travaillé et ils décident pour nous »
- 48:24PrésentateurFait
« Cette loi El Khomri, elle annonce une attaque du statut des fonctionnaires »
- 51:52PrésentateurFait
« Nous, les taxis, on est réglementés »
- 52:42InvitéFait
« Aujourd'hui, on a un gouvernement qui veut changer des lois et qui veut adapter des lois au numérique »
- 59:59InvitéChiffre
« il y a une augmentation de la consommation des produits biologiques »
- 1:00:09InvitéChiffre
« Il y a 300 000, voire 600 000 emplois agricoles à créer »
- 1:03:22InvitéPromesse
« je transmets mes voeux très chaleureux pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la présidence de la République française »
- 1:10:07InvitéChiffre
« c'est 47 millions quand même de bénéfices »
- 1:10:42InvitéChiffre
« l'État a mis 170 millions d'euros sur la table pour être propriétaire des usines »
- 1:11:58InvitéChiffre
« C'est environ 100 000 euros par tête de pipe »
- 1:14:08InvitéFait
« Avec la loi El Khomri, demain, tous les salariés ne seront plus soumis à la même loi »
- 1:26:52PrésentateurFait
« C'est à Cazeneuve, c'est à Valls »
- 1:28:20PrésentateurPromesse
« il faut que la motion de censure soit votée »
- 1:30:54PrésentateurFait
« elle est adoptée si l'on a renversé le gouvernement »
- 1:31:30PrésentateurChiffre
« modifiée 22 fois dont 20 sans l'avis du peuple souverain »
- 1:35:35PrésentateurChiffre
« 50% des chômeurs ne sont pas indemnisés »
- 1:35:42PrésentateurChiffre
« il y a 8 millions de travailleurs pauvres »
- 1:35:35PrésentateurChiffre
« Combien de fois va-t-il falloir répéter que 50% des chômeurs ne sont pas indemnisés ? »
- 1:35:43PrésentateurChiffre
« Combien de temps va-t-il falloir répéter qu'il y a 8 millions de travailleurs pauvres ? »
- 1:35:48PrésentateurChiffre
« Combien de temps va-t-il falloir répéter qu'il y a 30 000 enfants qui n'ont pas un toit sur leur tête ? »
- 1:36:12PrésentateurChiffre
« 565 personnes chaque année meurent au travail, un millier au total, si l'on ajoute ceux qui meurent sur leur poste de travail, avec ceux qui meurent des maladies professionnelles. »
- 1:37:11PrésentateurFait
« Vous aurez droit à 300 000 emplois publics de moins, c'est-à-dire moins d'État, la dislocation aggravée de la France, les soins en moins, les enseignants en moins, le savoir en moins. »
- 1:37:53PrésentateurChiffre
« Ceux-là ont prévu 100 milliards de coupes dans les services publics là où nous, nous prévoyons de mettre 100 milliards pour relancer l'action et l'activité. »
- 1:38:04PrésentateurFait
« Ils ont prévu la fin des 35 heures à travailler 39 heures sans augmentation de salaire. »
- 1:38:10PrésentateurFait
« Ils ont prévu la fin du CDI. »
- 1:38:12PrésentateurFait
« Ils ont prévu la dégressivité des allocations chômage. »
- 1:38:16PrésentateurFait
« Ils ont prévu le travail forcé pour les bénéficiaires. »
- 1:41:40PrésentateurChiffre
« Il fallait un et demi degré de plus pour que la situation soit tenable. »
- 1:41:46PrésentateurChiffre
« Il s'en est conclu deux degrés de plus. »
- 1:41:53PrésentateurChiffre
« Dans les engagements de chaque État, ils ont prévu trois degrés et demi de plus. »
- 1:52:13PrésentateurFait
« En 2017, se conclura TAFTA, le traité du grand marché transatlantique. »
- 1:52:27PrésentateurFait
« Auparavant, sera conclu CETA, le traité entre le Canada et l'Europe. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité8 %
- Invité 25 %
- Invité 34 %
- Jean-Luc Mélenchon3 %
- Invité 43 %
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Habituellement, surtout par les temps qui courent, on en trouve dans les boîtes, je veux dire dans les entreprises, dans les associations. Il y a des insoumis d'associations, des insoumis de quoi déjà ? Des insoumis des collectifs, des insoumis dans les syndicats, dans les partis. Et puis en fait, il y a aussi des insoumis tous les jours, tu vois, quotidiens, des insoumis là, là, là, là. Ah ouais, tous les jours ? Mais tu crois qu'on en verra aujourd'hui ? Tu crois qu'il y en a là, sur la place ? Ah ouais ! C'est insoumis partout. Oh les insoumis ! Mais ça fait quoi, un insoumis ? Alors, un insoumis, d'abord, ça se tient. Ah bon ? Et ça bouge, un insoumis ? Ah bah oui ! Ah bah voilà !
Et puis alors, ça en fait du bruit, hein !
Et puis, un insoumis, ça bouge, en fait surtout, ça parle, ça discute, ça marche.
Et puis, ça argumente ! Et aujourd'hui, ça bouge pas, genre comme ça, hein ! Ça défile ! Et on va les voir se succéder ici, défiler, marcher, se montrer, faire les beaux ! Parce que c'est beau, un insoumis ! Oui, c'est beau, un insoumis. C'est très beau. C'est très beau. Je crois qu'on commence par une batoucada insoumise, il me semble, non ? Carrément. C'est parti ! C'est la batoucada insoumise qui arrive par là-bas, on l'entend déjà ! Donc c'est bien ça, ça, hein ! Les orties pour un défilé qui va durer toute la journée. Un jour, ils se présentaient devant vous. Les voilà, je les vois !
Donc, je suis contre la loi travail, en fait, comme l'a montré fortement pendant la démoire de mobilisation. On va avoir aussi, parallèlement, des conditions d'études encore plus difficiles, étant donné que la... Un insoumis, c'est aussi parce qu'on part d'un constat particulier, c'est que, alors que notre mouvement a convaincu les Français,
puisqu'il y a 70% des gens qui soutiennent la mobilisation, même 50% des gens qui soutiennent les manifestations, ce qui est encore un pas en avant vers la conviction et la radicalisation des gens, le problème qu'on a, c'est que ce gouvernement, il va quand même essayer de passer en force, et le système en lui-même lui donne des ressources extrêmement puissantes pour faire passer en force des gens, des choses contre la vie des gens. Et nous, on a besoin de mener la lutte à tous les niveaux. Et on a besoin de mener la lutte aussi au niveau politique, et aussi en menant la bataille des présidentielles.
Ce qu'on pense à travers la France insoumise, c'est qu'on va essayer de rassembler les gens qui ne se sont pas laissés faire, comme nous, pour essayer de changer de société. Et le but de cette campagne, c'est aussi de dire, à travers la France insoumise, qu'on va écrire notre destin collectivement. C'est-à-dire que ce n'est pas trois types dans un bureau qui peuvent faire passer la loi travail, non. Cette fois-ci, c'est, on écrit collectivement notre constitution, on écrit collectivement les règles du jeu qu'on essaye de se définir, et ensemble, on se constitue aussi comme sujet politique.
On croit bien qu'ils vont parler aussi, les cheminots, avec une petite vidéo. En tant que... Allez, tous en aigle, les cheminots !
Les cheminots, le dégrès-socle qu'on nous propose est un véritable recul de nos conditions de travail,
de nos temps de repos. Moi qui suis, en plus, roulant comme Kévin à bord des trains, c'est des réductions sur le temps de repos, c'est des amplitudes allongées.
Il y a un constat de départ, c'est qu'on a une réglementation propre à la SNCF, qu'on essaie de nous mettre un mal, et je pense qu'on peut le transposer comme un copier-coller de la loi El Khomri.
La lutte actuelle, moi, comment je la vois ? Il y a l'Europe qui veut nous imposer une ouverture à la concurrence, on le voit ces derniers jours où il y a eu l'annonce d'un préaccord qui a été signé entre le Parlement européen et la présidence néerlandaise, donc exige la France déjà, sur une imposition de l'ouverture à la concurrence. Et 2023, avec la possibilité de commencer les appels d'offres en 2017 pour le TER et les TET, les cheminots vont être directement impactés par cette loi El Khomri, ne serait-ce que sur l'inversion de la hiérarchie des normes.
Autrement dit, si la loi El Khomri passe, on a beau avoir une convention collective du plus haut niveau possible, avec l'ouverture à la concurrence, admettons, moi qui suis le CED de Toulouse, si la région Midi-Pyrénée fait un appel d'offres qu'une entreprise privée vient, qui coûte moins cher à la région, on va venir nous voir en disant,
mais regardez, maintenant il va falloir faire un accord local, qui sera, voire, en dessous, bien en dessous de la convention collective. Et ça, c'est...
Et pourtant, ils sont maltraités, on leur assène des plans sociaux, on organise des déserts médicaux, et bien, un lanceur d'alerte aussi, et bien, le soin en France relève la tête. Et c'est pour ça qu'ils vont être accueillis ici comme les grands... Le soin, la santé !
Les salariés, il y a 80% de femmes, donc ça veut dire des journées déjà difficiles, parce que c'est 24 heures sur 24 auprès du patient, mais quand on a fini notre journée de travail, il faut attaquer la deuxième journée à la maison, et c'est vrai que c'est des conditions qui sont difficiles. Et bien, c'est Catherine Fayet qu'on voit là,
et elle défilent avec nous !
Une majorité, beaucoup de femmes dans les établissements sont des femmes qui vivent seules, qui assurent la charge familiale toutes seules, et c'est donc pour elles des conditions de vie très difficiles. Ce que vivent au quotidien les personnels dans les services, c'est d'abord un gouvernement qui leur impose, pour l'année 2016, un milliard d'euros d'économies. Ça, ça veut dire très concrètement, un véritable plan social, c'est l'équivalent de la suppression de 22 000 postes sur l'ensemble du territoire. On est à des pourcentages de 10% de l'ensemble des lits qui sont fermés. Voilà ce que c'est aujourd'hui la politique du gouvernement. Alors pour nous, non, tout va pas bien.
Tout va pas bien pour les personnels qui soignent les patients, et tout va pas bien pour les patients et leurs familles qui viennent se faire soigner, en particulier pour ceux qui sont dans la précarité et qui n'ont aucun autre recours que les services publics pour se soigner aujourd'hui. Donc on a beaucoup d'insoumis et d'insoumises partout qui relèvent la tête, et on a aussi tous les jours dans les services des salariés qui disent non.
Céline Boussier, insoumise, professionnelle du médico-social. J'ai accompagné pendant des années des enfants et des jeunes adultes en situation de handicap. J'ai dénoncé en 2013 des faits des dysfonctionnements dans la prise en charge des enfants et des jeunes. Les dysfonctionnements étaient multiples, des enfants attachés, surmédicamentés, assis sur des seaux en glisse de toilette, surmédicamentation, bref, tout un tas de choses qui faisaient que la prise en charge était possible à mes yeux. J'ai prévenu l'agence régionale de santé de l'Égypte-Pyrénées, puisque c'est elle qui représente l'État de santé dans la région. Et puis j'ai prévenu tout un tas d'élus locaux.
L'ARS, suite à mon signalement, a fait un rapport. Elle a fait ce rapport, mais elle n'a pas déposé plainte, alors qu'elle était obligée de le faire. Suite à ça, il y a eu une émission du 19 janvier 2014. Ils ont interdit ces centres qui maltraquent les enfants handicapés. Et en voulant faire mon devoir de lanceur d'alerte, de citoyenne, de professionnelle, parce que j'étais obligée de le faire. Parce que nous, dans notre branche, il y a la loi qui nous oblige à dénoncer. Je me suis retrouvée très vite confrontée à l'EMERTA, que connaissent tous les lanceurs d'alerte.
Ce mouvement de la France insoumise, c'est le seul aujourd'hui, en France, concrètement, à pouvoir enfin rendre ces lettres de noblesse à l'humain, tel que je le conçois et tel que plein de gens autour de moi peuvent le concevoir. Et c'est l'humain avec un grand H. J'aperçois même des pandas insoumis. Alors, ce que je vais vous présenter, il lutte contre les fermetures d'usines, il lutte contre la désindustrialisation de la France, il lutte contre les trahisons de Hollande et de son gouvernement. Je parle des hackers, je parle des gangs menés par Lionel Buriello.
On a déjà eu la première trahison qui était les promesses de Sarkozy lors de la fermeture de Gandrange. Et François Hollande est venu, est monté sur une camionnette et nous a promis aussi qu'il défendrait l'acier, l'acier Lorrain, et qu'il ferait tout pour sauver notre filière liquide suite à l'annonce par Mittal de nos fourneaux, de notre acierie, de notre agglomération Lorraine. Donc, effectivement, on y a cru. C'était un homme politique en campagne, socialiste. On a voté pour lui. J'ai voté pour lui. Et de suite, on a de suite compris qu'arrivé au pouvoir, le dossier Florange n'était pour lui pas une priorité.
Et pour peu, c'est que le 31, le 1er décembre, pardon, 2012, son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en l'occurrence, nous annonce très clairement qu'il a trouvé un compromis avec le groupe ArcelorMittal. Donc, on a vite compris que la question de la nationalisation a été bottée en touche. En plus de ça, avec la loi El Khomri qui demain vont faire travailler les salariés qui l'ont élu 60 heures par semaine, qui vont faire travailler nos apprentis, donc nos gamins, 12 heures par jour. Enfin, voilà, un accord entreprise qui va se substituer à la loi et aux accords de banche. Enfin, voilà, c'est lamentable. En fait, il n'y a plus de mots.
On parle de trahison, mais très objectivement, j'ai envie de dire vivement la fin. Franchement, vivement la fin. Ce n'est pas pour faire de la lèche à Jean-Luc Mélenchon. Je crois que mine de rien, c'est une personne qui, depuis 2012, ne nous a jamais oubliés. Et c'est très sincère quand je dis ça, parce que c'est une personne aussi sincère et loyale. Le candidat politique de la classe ouvrière, c'est lui. Il n'y en a pas deux. Alors, vous pouvez commencer
à descendre, puisque nous allons vous accueillir ici, ces insoumis vachement intelligents. Vachement intelligents. Parce qu'ils ont compris une chose très importante, c'est que l'énergie n'aurait jamais dû devenir ce qu'elle est devenue, c'est-à-dire une marchandise. Ils ont la conscience, tous chercheurs, syndicalistes de ces boîtes, de grandes boîtes de l'énergie. Ils ont tous la conscience que l'énergie, c'est quelque chose qui doit appartenir à tous, qui doit être pensé avec tous. C'est donc nécessairement une convergence des luttes sociales et environnementales qui doivent ici permettre de comprendre le secteur de l'énergie et de comprendre la nécessité d'être insoumis dans ce secteur.
Les voici.
On a décidé de faire passer une loi de transition énergétique qui n'en est pas une en fait. Parce que la transition énergétique, la transition écologique, elle est inéluctable.
Il va falloir y arriver. Le problème, c'est que ce qu'on nous propose, c'est une réelle transition sociale. C'est-à-dire que tout ce qui appartient au peuple,
on le reprend et on le donne à des intérêts privés. Ils s'apprêtent actuellement à privatiser la plus grande source d'énergie renouvelable en France qui est les barrages hydrauliques. La transition sociale, elle se fait en remplaçant des salariés qui travaillaient pour le service public par des salariés du privé. Par exemple, à EDF, là, dans les deux prochaines années, on supprime
4 à 6 000 emplois. Ça ne veut pas dire qu'il y aura moins de boulot
ni moins d'énergie à fabriquer. Ça veut dire tout simplement qu'on a décidé de faire autrement et sans le peuple, sans leur consentement, sans les citoyens.
Bonjour, je m'appelle Nathalie Cambord, je suis syndicaliste. Je travaillais pour Nexus, une filiale de EDF spécialisée dans le photovoltaïque. Nous avons déposé 17 brevets, dont le PIPV. Nous avons développé des panneaux intégrés aux fenêtres et M. Lévy a pris la décision arbitraire de fermer en septembre 2015. Avec les camarades, nous avons organisé la lutte avec l'appui de Jean-Luc Mélenchon qui a accepté d'être le président du comité de soutien. C'est donc naturellement que je rejoins la dynamique lancée par Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise.
Pour moi, ça a du sens car il est le seul à défendre les intérêts des ouvriers, malmené par un gouvernement félon qui a détruit tous les acquis gagnés par les forces de progrès. Je suis certaine et convaincue que l'on se retrouvera le 14 juin dans la rue.
L'énergie qui est un bien public est devenu aujourd'hui un bien marchand, ce qui est déjà une faute grave. Ensuite, il est complètement absurde quand on voit la consommation d'énergie de la planète ou même de la France de prétendre que l'on veut relancer la croissance en même temps qu'on veut économiser l'énergie. C'est simplement impossible. Il faut avoir l'énergie qui est la plus intelligente, la plus propre et qui fait le moins de dégâts possibles puisqu'on fera toujours des dégâts dès le moment où on veut prendre quelque chose pour en faire de l'énergie.
Et de ce point de vue, bien évidemment, la première chose à abattre, c'est l'énergie nucléaire dont nous sommes complètement drogués en France. Si chaque petit village pouvait avoir ces deux ou trois éoliennes qui lui suffiraient pour sa consommation, le gouvernement n'aurait pas prise sur ces petits villages. C'est peut-être ça aussi l'insoumission.
Merci à vous les insoumis de l'énergie. Merci. Alors, être insoumis, c'est refuser la domination et la domination, vous le savez, elle s'exerce encore et toujours, particulièrement, sur une moitié de l'humanité, sur les femmes. persistance du système patriarcal, résurgence des idées réactionnaires, mais aussi politique d'austérité, politique de casse sociale qui font des femmes toujours les premières victimes. Eh bien, tout cela suppose des gens qui se battent, ils sont là, ils et elles sont là, avec en particulier José Pépin, militante du droit à l'avortement, et Delphine Beauvois, auteure et enseignante féministe.
Elles nous rejoignent, ils nous rejoignent, rejoignez-les également sur scène.
Bonjour, je m'appelle Delphine Beauvois, je suis enseignante et par ailleurs auteure de littérature de jeunesse. J'ai écrit deux livres de jeunesse qui tentent de déconstruire les stéréotypes sexistes, car mon engagement aujourd'hui dans la France insoumise repose avant tout sur le combat féministe. Nous sommes, nous les femmes, encore et toujours, malheureusement, les premières victimes des politiques d'austérité menées par le gouvernement français sous l'impulsion de la Commission européenne.
en témoigne notre mobilisation forte contre le projet de loi El Khomri, car nous savons que nous allons encore une fois de plus payer cher la note que tous ces emplois précaires qui vont être multipliés, ce temps de travail rallongé, ce temps de travail fracturé, ce sont à nouveau les femmes qui vont subir de plein fouet l'ensemble des réformes qui sont contenues dans le projet de loi El Khomri. Un des éléments qui me motive
également à être parmi vous, c'est que je prône
depuis bien longtemps la VIème République, le changement institutionnel, parce que les femmes sont toujours les grandes absentes des décisions politiques, et qu'il y a bon nombre de choses à changer en ce qui concerne les statuts des élus, le nombre cumul des mandats dans le temps et dans les postes,
et également parce que je pense qu'une constitution digne de ce nom doit pouvoir se doter du droit à l'avortement, en tout cas ce droit-là
doit être constitutionnalisé, car on a vu sous Sarkozy mais encore sous ce gouvernement plus particulièrement les attaques frontales menées par l'extrême droite, je pointe les déclarations de Marion Maréchal-Le Pen qui veut supprimer les subventions au planning familial, Marine Le Pen qui veut dérembourser l'avortement,
donc en gros l'empêcher. Je pointe toutes ces réflexions sexistes, le harcèlement qu'on peut voir aujourd'hui
partout dans le travail, mais également en politique, et il est temps que cela cesse, il est temps que l'égalité ne soit pas seulement sur le papier, qu'elle soit réelle, et en tout cas, je ne lâcherai rien, je resterai cette femme en colère qui sera dans la rue, qui sera de toutes les mobilisations qui nous permettront d'avancer vers l'égalité.
Bien. Après cette femme en colère qui ne lâchera rien, vous savez qu'on a avec nous des comédiens et des comédiennes insoumis également, alors un petit intermède par Laurie Marzougui, comédienne insoumise, si l'intermède veut bien arriver. Sinon, c'est vous les insoumis qui faites l'intermède !
On ferme ! Cri du cœur des gardiens du musée, en musée, cri du cœur agréfé, à rafistolé, cri d'un cœur exténué, on ferme ! On ferme la cinémathèque et la Sorbonne avec, on ferme ! On verrouille l'espoir, on cloître les idées, on ferme ! ORTF bouclé, vérité séquestrée, jeunesse baïonnée, on ferme ! Et si la jeunesse ouvre la bouche, par la force des choses, on la lui fait fermer ! On ferme ! Mais la jeunesse à terre, matraquée, piétinée, gazée et aveuglée, se relève pour forcer les grandes portes ouvertes, les portes d'un passé mensonger, périmée, on ouvre ! On ouvre sur la vie, la solidarité et sur la liberté de la lucidité !
Un poème de Jacques Prévert, mai 68. Alors, il faut aussi comprendre qu'il y a un combat, le combat non seulement féministe, mais aussi antifasciste, qui n'est absolument pas un à-côté de la lutte pour l'égalité et pour la liberté. Alors on va aller voir, ces insoumis, qui tous réagissent, résistent à la violence du Front national, lorsqu'il gouverne, à la violence des atteintes fascistes, lorsqu'elle casse les corps. Alors, venez, venez les antifascistes, venez, approchez-vous, parce que l'antifascisme, c'est le cœur battant de l'insoumission.
Ils sont attaqués, attaqués en justice par le Front national, et ils se défendent, et leurs avocats les défendent, et ils vont se présenter ici devant vous.
Alors ici, on est à Ayange, une ville dirigée par le Front national depuis 2014, et moi, je suis président d'une association citoyenne Ayange Plus Belle Ma Ville. C'est une association qui se réclame indépendante sur le plan politique, c'est-à-dire qu'aucun parti n'a d'ascendance sur nous. Notre objectif, il est simple, il est de rassembler les Ayangeois autour des valeurs de démocratie, autour des valeurs de solidarité, de vivre ensemble.
Alors nous, on dénonce clairement la méthode de gestion de Fabien Angelman, le maire de Ayange, qui gère la ville en fait pour son électorat, à grands coups de clientélisme, à grands coups de populisme, avec chaque fois des provocations qui sont lancées en direction des citoyens de confession musulmane. C'est un islamophobe convaincu qui est proche de sites d'extrême droite. Depuis deux ans, la ville, elle est déchirée. Ici, entre les partisans, les ex-partisans qui n'ont pas attendu six mois pour déchirer leur carte du Front National, le personnel municipal, il est opprimé, les associations, elles sont terrorisées, il y a un vrai chantage qui est exercé.
Notre lutte, elle est complètement une insoumission parce qu'ici, on fait face à des pressions qui sont folles, des pressions judiciaires. Le maire porte plainte contre nous, au frais du contribuable, bien sûr, il fait voter des mesures de protection fonctionnelles pour que la ville prenne en charge les frais de justice. Quant à nous, nous sommes obligés de nous présenter au tribunal avec un avocat et c'est le cas en ce moment. Je suis moi-même poursuivi pour avoir qualifié sur Facebook, avoir commis ce crime de qualifier sur Internet le maire de Hayange d'apprenti dictateur. Aujourd'hui, le Front National a une nouvelle affiche qui s'appelle La France apaisée.
Moi, je vous dis qu'à Hayange, on est aux antipodes de ce que pourrait représenter l'apaisement.
Et c'est pourquoi je vous demande, non seulement...
Je m'appelle Abdelkarim Bari, je viens de Guinée-Conakry,
j'ai 20 ans. Quand je suis arrivé en France en 2012, je terminais isolé et étranger, mais je n'étais pas franceuse.
On m'a fait subir un test aussi qui disait que j'avais entre 17 et 18 ans. Et là, du coup, depuis ça, c'est très, très, très difficile pour moi. Je vais réussir à étudier dans ce lycée, à avoir mon diplôme. Actuellement, je travaille. Ce que j'attends de la France, qu'elle accepte tous ces menaces qui sont là, avoir un toit, une scolarité et les papiers pour pouvoir intégrer le monde du travail, être autonome. Et j'aimerais bien aussi qu'on arrête les tests aussi. Je remercie tous ces citoyens qui nous aident et qui continuent à nous aider. Vive la France et vive la République.
Nous, on travaille sur le contrôle au faciès. On voudrait que ça cesse. On voudrait que ça change à ce niveau-là puisque nous, on est entre guillemets
et population de la diversité et on subit régulièrement ces cérémonies de dégradation qui ne sont plus supportables. L'article 78.2, c'est l'article qui encadre en tout cas les palpations sur la voie publique.
Et donc, on voudrait qu'on modifie cet article pour que les policiers puissent agir de manière beaucoup plus, je dirais, sérieuse, rigoureuse et qu'on arrête de soupçonner systématiquement les Noirs et les Arabes d'être dédélicrants en puissance. On souhaite également qu'il y ait de la formation pour les policiers. On souhaite également qu'il y ait un formulaire
de contrôle, qu'il y ait une trace quand on est contrôlé parce qu'aujourd'hui, un citoyen français peut être contrôlé et garder au commissariat pendant 2, 3, 4 heures et ressortir sans aucun document qui atteste que cette personne a subi un contrôle, a eu une vérification et qu'on n'a strictement rien à leur reproche. À l'heure actuelle, on peut dire que le combat que nous menons est essentiellement dirigé contre la politique gouvernementale car ce que nous avons à reprocher, ce n'est pas que les choses ne s'améliorent pas suffisamment ou suffisamment vite. Non.
Ce que nous avons à reprocher, notamment en matière d'accessibilité, c'est que le gouvernement a pris des dispositions législatives et réglementaires qui vont à l'encontre du processus d'accessibilité qui avaient été mis en place ces dernières années, même avec parcimonie. C'est un véritable retour en arrière. Le gouvernement est sensible aux doléances des propriétaires ou des exploitants d'établissements recevant du public, privés bien sûr, mais aussi publics, et il est aussi très sensible aux doléances des lobbies de l'immobilier de tout poil.
Bravo à eux, les insoumis pour l'égalité. Alors les insoumis, qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes timides ou vous êtes fatigués ? Pourquoi vous ne montez pas défiler ? On vous demande de monter, défiler avec les insoumis, ne les laissez pas seuls sur scène puisque vous êtes tous des insoumis et que tout le monde doit défiler aujourd'hui. C'est vos combats, c'est nos combats, nous tous, on vous attend sur scène également. C'est aussi pour l'éducation, pour l'égalité et dans le domaine de l'éducation.
Ce sont des enseignants, ce sont des parents d'élèves, ce sont des éducateurs spécialisés, ils sont totalement révoltés par le quinquennat Hollande, le quinquennat fait de tous les mensonges, de toutes les promesses non tenues, politiques d'austérité prolongées, réformes injustes, inégalitaires, imposées, si pour dire leur volonté d'un autre monde, d'une autre école, d'une autre éducation, faites d'égalité et d'émancipation, je vous demande de les accueillir et de les rejoindre, les éducateurs insoumis.
On arrive au terme d'un quinquennat de mensonges
sur les questions éducatives, Hollande avait promis la priorité à l'école et on constate après 4 années les conséquences de l'austérité, on le voit avec les classes surchargées, on le voit avec les lycées professionnels qui ont fermé, on le voit avec la paupérisation de la condition enseignante, ces professeurs qui commencent leur carrière à 1,3 SMIC, à peine, c'était 2 SMIC dans les années 1980, quinquennat aussi de brutalisation avec des contre-réformes, je pense à la réforme des rythmes scolaires, je pense à la réforme du collège qui sont imposées à toute force de façon totalement précipitée et puis qui rencontrent l'opposition des enseignants, de leurs organisations syndicales, de bon nombre de parents d'élèves.
Pourquoi ? Parce qu'elles construisent une école territoriale, une école dont les conditions d'apprentissage, d'accès vont varier en fonction des situations locales. Alors à l'école aussi est arrivé le temps de l'insoumission. Il faut rompre avec la politique que la droite a installée et que François Hollande a poursuivi. La campagne de la France insoumise, elle doit être l'occasion de reformuler le projet politique d'une école de l'égalité et d'une école de l'émancipation.
Une école qui accorde à tous les élèves, quel que soit l'établissement dans lequel ils sont scolarisés, le savoir, la même culture, une école qui permette à chacun d'accéder à la qualification, une école qui forme des citoyens, des consciences émancipées, des consciences libres, des consciences autonomes, celles de ceux qui demain auront leur mot à dire dans la future 6e République que nous voulons construire. L'éducateur spécialisé et le travailleur social y travaillent à refaire le lien avec toutes les personnes qui sont en rupture pour X raisons. Actuellement,
on est attaqué à deux endroits dans le travail social. D'abord, on est attaqué au niveau des métiers. On veut ratiboiser les métiers pour diminuer leur nombre sous prétexte qu'on serait plus employable et que la société ait une lecture plus claire de ce qu'on fait. C'est faux. Deuxièmement, on est attaqué au niveau du financement
du travail social. La loi Ecombrie, c'est très simple. C'est la remise en question d'un principe fondamental
du droit du travail. C'est la hiérarchie des normes qui permet aux travailleurs unis de se battre pour leurs conditions de travail. Pour moi, cette journée, c'est la journée des insoumis. Et un mot synonyme d'insoumis, c'est le mot émancipé. Ce qu'on a besoin maintenant et de manière nécessaire, de manière vitale, c'est une politique d'émancipation. Et si je suis là aujourd'hui, si les travailleurs sociaux
sont là aujourd'hui, c'est qu'on a besoin pour 2017 de mettre au pouvoir une force émancipatrice. Ils sont nombreux les enseignants, c'est vrai. Et tant mieux ! On est honte que la place déborde. Mais pour ceux qui voudraient mieux entendre et ceux qui se trouvent du côté de Jean Jaurès, on vous demande si vous le voulez bien de vous déplacer du côté de Stalingrad vers la place vers laquelle, c'est-à-dire de l'autre côté de la place, vers laquelle, on suit mon regard, vers laquelle il y a une sonorisation meilleure. Voilà. Donc si vous voulez mieux entendre ce qui se passe ici, vous pouvez aussi vous décaler vers Stalingrad et vous entendrez mieux la chute, Sarah !
Et vous entendrez justement Jacques Weber, autre comédien insoumis, pour une belle lecture.
Il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie,
que nous n'avons rien à faire au monde, que nous parasitons le monde, qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde. Mais l'œuvre de l'homme vient seulement de commencer. Et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée au coin de sa ferveur. Et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force. Et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête. Et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre terre, éclairant la parcelle
qu'a fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite.
Alors merci à ces comédiens insoumis. Merci pour toute cette beauté. Des comédiens qui sont, comme vous le savez, bien souvent intermittents. Ils sont, avec les précaires, les chômeurs, les premières victimes de ce monde du travail transformé en jungle. Ils défendent leur droit à être payés dignement pour leur travail, à être sécurisés dans son emploi, à être protégés quand on n'en a pas. Ce sont les militants associatifs et les syndicalistes précaires, chômeurs, intermittents. Je vous demande de les accueillir bien fort. Je suis Denis Gravouille, je suis secrétaire général de la CGT Spectacle, en fait, Fédération du spectacle, du cinéma, de l'audiovisuel et de l'action culturelle.
Et nous sommes effectivement en lutte. En ce moment, on parle beaucoup du dossier intermittent du spectacle, notamment depuis qu'on a signé un accord le 28 avril que nous voulons absolument voir mis en œuvre qui crée des droits nouveaux pour les artistes et techniciens intermittents. Il y a des vrais débats à avoir sur, à notre sens, à partir de ce qu'on connaît dans nos secteurs, sur, évidemment, les questions d'emploi, quelles que soient les secteurs d'activité, mais c'est valable pour des professionnels qui soient en CDI ou qui soient intermittents dans nos secteurs. On a besoin de bosser. Ça, c'est une vraie question.
Donc, quelle politique pour faire en sorte que tout le monde ait du boulot ? Ça veut dire aussi pour nous quelle politique culturelle à un moment où les budgets culture sont savrés au niveau national ou au niveau de certaines collectivités locales. Et c'est un enjeu pour la présidentielle, j'en suis persuadé. Et puis, au-delà de ça, en termes de droits sociaux, puisqu'on se bat pour les droits des intermittents du spectacle, comment on fait pour que tous ceux qui sont dans la discontinuité de l'emploi aient des droits sociaux
à la hauteur qui compensent la précarité ? Évidemment, on veut travailler, on veut que les festivals d'été se passent le mieux possible, mais on n'hésitera pas à dire,
si l'accord du 28 avril n'est pas mis en œuvre, à appeler à la grève dès le mois de juin, dès le 1er juillet, pour faire en sorte que nos droits soient respectés.
Responsables, alors qu'on prend vraiment des responsabilités, ce n'est pas normal. Ça fait plusieurs semaines qu'on essaye de leur faire retirer la loi El Khomri. Ils ont l'air d'insister, ils font les sourds. Il faut vraiment taper du coin sur la table pour qu'ils arrêtent ça. La lutte qui a été engagée a été de dénoncer en période de festival du film aux festivaliers la précarisation des emplois dans l'hôtellerie, restauration et notamment dans les palaces de la Croisette.
Aujourd'hui, on demande à des salariés de venir travailler pour une heure, deux heures, trois heures, une journée et derrière ces contrats journaliers, il y a des salariés qui vivent de façon très dure cette situation parce qu'ils ne savent pas en fin de mois s'ils vont arriver à payer leur loyer, s'ils vont arriver à payer l'anglure pour les enfants, s'ils vont arriver à pouvoir vivre correctement de leur métier.
Cette journée du 5 juin, on sera tous là
pour leur montrer qu'on n'est pas soumis à leur loi et aussi au patronat qui se fait beaucoup d'argent, sans qu'ils pleins les poches et nous, plus ça va, plus on va bosser et plus on va galérer et plus on n'aura pas d'argent et on a aussi nos enfants, il faut se battre pour eux. Moi, ma vie, elle est faite mais moi, je veux qu'à l'avenir, les enfants, ils n'aillent pas à l'école pour rien et qu'ils n'aient pas d'emplois précaires et puis qu'ils travaillent la nuit comme le jour et qu'ils soient réconpréhensés pour la juste valeur de leur travail.
Aujourd'hui, ce qui fait la richesse d'un pays, ce sont les salariés qui travaillent et l'insoumission, c'est défendre aussi son travail, son métier, son entreprise par rapport à des employeurs qui, eux, le détruisent.
En 2014, il y a eu une négociation entre les partenaires sociaux. Dans ces discussions, il avait été dit que Pôle emploi pouvait se servir sur nos comptes en banque. Nous avons été devant le Conseil d'État et donc le Conseil d'État a dit effectivement c'était illégal. Déjà que 40% des chômeurs sont indemnisés, donc ça veut dire que 60% qui ne le sont pas, qui n'ont rien, parce qu'on parle du RSA comme si c'était quelque chose qu'on nous donnait et que c'était super la vie de vivre avec 480 euros. Ben non, c'est pas vrai, c'est pas super. il y a des gens qui ne vivent même avec rien, qui ont zéro, des gens qui sont aussi près de la retraite, qui ne touchent rien.
Donc il est peut-être temps que nous tous chômeurs précaires soyons dans la rue pour défendre nos vies, parce que effectivement, ces gens-là n'ont jamais travaillé, la plupart n'ont jamais travaillé, en tout cas ceux qui nous gouvernent, ceux que je connais là, les Valls, les Hollande, les El Khomri et compagnie, ils n'ont jamais travaillé et ils décident pour nous, ils décident de nos vies et il est temps que nous les chômeurs soyons représentés dans les instances qui nous concernent. À un moment, il faut se dire les choses, nous faisons de la politique et il faut continuer. Elle a bien raison. Il y en a d'autres qui s'y connaissent en termes de précarité.
Ce sont les territoriaux, les services publics locaux, eh bien, nous allons les accueillir, ils sont insoumis, ils se dressent en particulier à l'occasion du mouvement contre la loi El Khomri parce qu'ils ont senti le vent tourner. Cette loi El Khomri, elle annonce une attaque du statut des fonctionnaires, notamment au premier rang desquels les fonctionnaires territoriaux et ils vont nous le dire ici car les insoumis sont parmi eux. Effectivement, les territoriaux aujourd'hui
sont en lutte depuis un petit moment. Ça ne doit pas être qu'aujourd'hui.
On nous dit que ça ne nous concerne pas, c'est faux. Les heures supplémentaires nous concernent, même nous, fonctionnaires. Donc, on est là pour ça, pour dégager cette loi.
On a besoin
et c'est ce qui fera notre force, tout simplement. C'est le ventre ! C'est le ventre ! C'est le ventre ! Et puis, c'est de nous représenter, c'est d'être présent. On sait que nous, on sera derrière lui, on le pousse. Les voilà,
Farida Amrani, Didier Dumont. Alors, qu'est-ce que c'est que ça, l'ubérisation ? L'ubérisation, c'est ce machin capitaliste qui permet à des multinationales d'exploiter des travailleurs soi-disant indépendants, sans avoir d'obligation sociale, sans avoir d'impôts à payer. Alors ici, nous allons accueillir qui refusent de se soumettre à la déréglementation, qui défendent leur métier, qui défendent le système, le modèle social français. Ils ont récemment déclaré leur soutien à la grève, ils s'engagent également dans la bataille de 2017. Ce sont, avec Fethi Gara et Zila Mohamadi, les taxis... Ce n'est pas possible. Si un jour, on n'a pas de social, c'est la violence qui va monter.
Nous, les taxis, on est réglementés. Nous, les taxis, on adore notre métier. Nous, les taxis, on est en train de mourir à petit feu et personne ne nous entend notre voix. Nous, on soutient M. Mélenchon parce que pour l'instant, c'est la seule qui nous soutient. Il fait un pas vers nous, on fait dix pas vers nous. Je veux qu'un jour, vous vous tente parce que là, ce n'est pas la mort des taxis, ça va la mort de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres métiers et je crains la violence.
Je m'appelle Fethi Gara, je suis taxi parisien depuis 2000 et je suis un taxi insoumis. Pourquoi insoumis ? Parce qu'aujourd'hui, notre profession a subi une déréglementation qu'on n'a jamais vue par avant. Aujourd'hui, on a des lois, on a l'impression que c'est n'importe qui qui fait n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment. N'importe qui peut s'improviser taxi et ça, c'est impossible. Aujourd'hui, on a un gouvernement qui veut changer des lois et qui veut adapter des lois au numérique et ça, ce n'est pas possible. Nous, ce qu'on demande, c'est le contraire, c'est au numérique, de s'adapter, de se mettre en conformité avec les lois.
C'est une profession qu'on aime tous, que ce soit moi, ma collègue, tout le monde, on adore notre profession et avant, on n'avait pas ces problèmes-là. Aujourd'hui, on est insoumis et on va continuer à l'être. On est laissé, vraiment, on est laissé pour compte par la majorité de la classe politique. On n'en peut plus, tout le monde nous enfonce. Aujourd'hui, on a trouvé qu'il y a M. Jean-Luc Mélenchon qui n'hésite pas à parler du taxi chaque fois qu'il est sur un plateau de télé. Alors nous, on y sera le 5 juin pour revendiquer notre cause et pour soutenir Jean-Luc Mélenchon.
Merci, les taxis. Alors, il n'y a pas que les métiers qui sont menacés, il y a notre écosystème tout entier qui est menacé par des choix politiques fous pour la vie humaine. Et s'il y a bien une situation dans laquelle l'insoumission est le plus urgent des devoirs, c'est bien celle qui consiste à défendre notre écosystème. Et on a de la chance. Il y a des insoumis parmi nous, ceux qui défendent l'écosystème, ils sont là, ils se dressent contre les grands projets inutiles et imposés, Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivins.
Ce qu'on appelle la lutte du Tisse. La lutte a duré à peu près un an et demi, en tout cas sur le terrain, et on sait comment ça s'est terminé puisque le 25 octobre 2014, un jeune manifestant de 21 ans, Rémi Fraisse, a été tué par une grenade offensive lancée par un gendarme. C'est une lutte de résistants, d'opposants qui décident d'utiliser leur droit à résister à l'oppression et qui décident de désobéir pour alerter et pour défendre un intérêt général collectif qui est supérieur aux décisions qui sont prises unilatéralement par des autorités publiques qui ne représentent qu'une minorité. Le combat contre ce mauvais projet révèle en fait la crise de notre démocratie.
La crise de la démocratie représentative, lorsqu'on voit des élus qui, sans même connaître le dossier à fond,
continuent à le soutenir contre vents et marées. Le dossier est fondé sur des mensonges et sur l'idée que le bon peuple l'avalera quoi qu'il arrive. Mais ça fait un moment que les citoyens savent lire, écrire et compter et que donc ils demandent des comptes. Et puis ce qu'il y a de formidables dans cette lutte, c'est qu'elle ouvre, je crois, de nouveaux chemins pour l'avenir. Elle oblige
à une réflexion sur le modèle de développement qu'on voudrait, sur la préservation de la planète, la préservation des ressources. Et je crois surtout qu'elle dit très clairement à tous ceux qui veulent arriver au pouvoir demain qu'il faut désormais tenir compte des citoyens et que les citoyens ont une envie extraordinaire de politique.
Je pense que c'est cela le plus beau message d'espoir de la lutte de Notre-Dame-des-Landes. Un petit peu comme aussi ce qui se fait
à Nuit debout, c'est une nouvelle manière de penser l'avenir et de penser la politique.
Vous êtes ici en Arnèche dans une terre de résistance. C'est sur ce territoire de Berguet-Quarun qu'a démarré la lutte contre l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Ce n'est pas possible qu'aujourd'hui on continue de vouloir chercher des hydrocarbures qui contribuent très fortement aux gaz à effet de serre, qui polluent la planète et qui amènent le réchauffement climatique. Il est urgent de changer de politique. Et donc, aujourd'hui, le seul qui permet de réfléchir à une nouvelle orientation, c'est Jean-Luc Mélenchon.
C'est pour cela qu'avec lui, j'ai envie de construire cette alternative citoyenne, une nouvelle république, l'éco-socialisme pour pouvoir transmettre la planète aux générations futures, pour qu'elles puissent y vivre et construire leur vie dans le bonheur. Et donc, c'est pour cela que je donnerai à Jean-Luc Mélenchon mon parrainage. Et j'appelle tous mes collègues maires et en particulier ceux des petites communes de donner leur signature pour Jean-Luc Mélenchon afin que la démocratie s'exprime et qu'enfin, un nouveau projet politique qui donne sa place à tous et qui protège la planète voit enfin le jour. Bien, maintenant, un intermède d'une comédienne insoumise, Delphine Lacouque.
Généraux traîtres, Regardez ma maison morte, Regardez l'Espagne blessée. Mais de chaque maison sort un métal ardent en guise de fleurs. Mais de chaque blessure de l'Espagne sort l'Espagne. Mais de chaque enfant mort sort un fusil avec des yeux.
Mais de chaque crime naissent des balles qui trouveront un jour la place de votre cœur. Vous demandez pourquoi ma poésie ne parle pas du songe, des feuilles, des grands volcans de mon pays natal ? Venez voir le sang dans les rues. Venez voir
le sang dans les rues. Venez voir le sang dans les rues. Mais que vois-je ? La fermière et ses trois poulets et trois poulets bio, bien sûr, et pas les poulets au chlore promis par le taffeta, n'est-ce pas ? Non. Alors aujourd'hui, nous allons accueillir les insoumis de l'agriculture, les beaux paysans ambieux et ingénieurs engagés contre les OGM, contre les pesticides, celles et ceux pitables. Les voici.
L'agriculture productiviste et calamiteuse entraîne des dangers pour les hommes qui la conduisent, c'est-à-dire pour les agriculteurs eux-mêmes, pour les consommateurs qui utilisent ces produits. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs s'il y a une augmentation de la consommation des produits biologiques. Et puis, évidemment, parce qu'il faut changer de modèle agricole, aller vers des fermes plus petites, une agriculture paysanne qui serait davantage créatrice d'emplois d'agriculteurs. Il y a 300 000, voire 600 000 emplois agricoles à créer. C'est pour ça qu'on aime bien ce slogan, nous à la Confédération Paysanne, dont je suis aussi membre, 10 petites fermes valent mieux qu'une grosse.
Je suis tout à fait conscient, évidemment, que cette politique de transition agricole, elle est totalement incompatible, voire même illégale, avec les traités européens actuels. D'où la nécessaire des obéissances à l'égard de ces traités qu'il faut conduire.
Je pense qu'on peut vraiment créer de l'emploi en travaillant la terre autrement, en réinstallant des jeunes agriculteurs, des producteurs, qui vont travailler le sol de façon, avec des moyens naturels, mais aussi qui vont faire du commerce de proximité. Il y a des marchés bio qui se développent de plus en plus, des amaps. Il y a un tas d'initiatives. Quand on va recréer des emplois agricoles dans le milieu rural, on va recréer aussi d'autres emplois. On va avoir besoin d'artisans. On aura besoin de petits commerçants, d'artisans, mais de services aussi. On va avoir besoin de la poste, de professeurs des écoles, de créer des écoles, des cantines, etc.
La question des OGM et des pesticides, c'est centrale. C'est une question centrale parce que c'est à cheval sur de nombreux domaines. C'est une question, ça pose des questions environnementales, ça pose des questions sanitaires, ça pose des questions en termes de politique agricole et en termes de politique de recherche également. On prétend toujours que finalement, on peut continuer à polluer parce qu'on aura toujours des solutions qui sortent des laboratoires pour résoudre les problèmes causés, problèmes sanitaires et environnementaux causés par les technologies d'hier. Donc on est toujours dans cette même fuite en avant.
Et on nous dit, ben voilà, on va dans le laboratoire travailler pour trouver des solutions pour résoudre les problèmes agricoles, par exemple. Comme si une solution à un problème agricole pouvait venir d'un mec en blouse blanche dans un laboratoire en vase clos qui n'a jamais rencontré un paysan de sa vie. La recherche est un bien public et pour que cette recherche soit un bien public, il faut faire en sorte qu'elle redevienne un outil au service des citoyens. C'est un scandale sanitaire. Et tout ça pour des questions de conflit d'intérêt parce que les études sont faites par des laboratoires qui sont rattachées directement aux firmes qui promeuvent ces produits.
On est loin du compte, il faut tout effacer l'ardoise, il faut tout recommencer. Bravo. Alors voilà, vous avez compris, le secret, le trésor des insoumis, c'est qu'ils sont solidaires. Et ils sont solidaires aussi par-delà les frontières. Où qu'ils soient, on les reconnaît. Alors aujourd'hui, on a la chance d'avoir 20 représentants de 20 pays qui vont défiler avec nous, qui sont des nôtres et parmi eux, des camarades grecs, peuple insoumis parmi les insoumis. Et on va d'ailleurs entendre Zoé Constantopoulou, l'ex-présidente du Parlement grec qui s'était opposé au diktat européen. Et voilà.
À partir de la Grèce et de la part du peuple grec, un peuple victimisé aussi bien par ses créanciers mais aussi par ses propres gouvernements, je transmets
mes voeux très chaleureux pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la présidence de la République française. Jean-Luc a toujours été et continue à être un vrai combattant de la démocratie, de la souveraineté populaire, des droits des peuples et des individus à la liberté, à la dignité, à la prospérité. Il sait bien que la dignité se trouve dans la lutte. La dignité ne se trouve pas dans la soumission. La dignité ne se trouve pas
dans la capitulation ni dans la victimisation des peuples et des sociétés entières. Jean-Luc Mélenchon s'est mobilisé dès l'été dernier en solidarité au peuple grec. Il a pris une initiative très importante pour créer un nouveau forum pour démentir la doctrine de l'impasse totale et pour prouver
qu'il y a une autre voie pour l'Europe, pour les peuples européens. Jean-Luc sait bien, par expérience, que la désobéissance au dictat
antidémocratique est un acte souverain des peuples. Il sait bien
que la résistance aux mesures antisociales, inhumaines, est un devoir social de tous et de toutes. Que la lutte contre ce régime inhumain, autoritaire et totalitaire qui s'installe progressivement à travers l'Europe par le biais
des mémorandats mais aussi par le biais des conventions transatlantiques comme la TTIP
est un devoir démocratique de tout être humain, de chacun et de chacune. Votez pour Jean-Luc Mélenchon pour dire que la souveraineté du peuple
est non négociable, que la démocratie est non négociable, que nos vies, notre dignité, nos droits sont non négociables. Notre avenir passe par la lutte, notre victoire passe par la lutte. Jean-Luc, je te souhaite de bonnes et de belles luttes, de bonnes et de belles victoires. Des victoires qui montreront que notre avenir ne passe pas par la soumission, notre avenir passe par l'insoumission et la revendication.
Bravo les internationaux, bravo les insoumis du monde. Alors, Sophie de la Rochefoucauld, qui emmenait tout à l'heure le cortège des intermittents, va dire un poème de Neruda.
Lève-toi avec moi.
Nul n'aimerait plus que moi demeurer sur l'oreiller où tes paupières veulent pour moi mûrer le monde. Je voudrais, là, laisser aussi dormir mon sang enlacé avec ta douceur.
Mais lève-toi, lève-toi. Avec moi, lève-toi. Partons ensemble nous battre corps à corps contre l'étoile de cette ville araignée,
contre un système expert à répartir la faim, contre la planification de la misère. Et toi, mon astre, auprès de moi, né depuis peu de mon argile, ayant trouvé déjà la source que tu caches, on te verra au cœur du feu, auprès de moi, les yeux brillants, brandir farouche, mon drapeau. Mon ennui, c'est la finance. Ça vous rappelle quelque chose ? Eh bien, ils sont des centaines, ils sont des milliers à être aujourd'hui sacrifiés sur l'autel de la finance avec la complicité du gouvernement et de Hollande.
Ce sont des milliers de travailleurs licenciés quand les patrons se payent plusieurs SMIC par jour, quand les actionnaires se remplissent les poches de dividendes et que les boîtes font du profit. Alors, ils sont insoumis, eux aussi. Ils refusent d'IMS, d'Argo Wiggins et tous les autres qui, avec nous tous ensemble, tous ensemble, déclarent la guerre à la finance et aux patrons voyous.
ELSE est un fonds de pension qui a racheté il y a à peine un an. Et ce qui nous inquiète d'autant plus, c'est que nous sommes au terme des négociations et qu'aujourd'hui, au terme d'un marathon de trois mois de négociations, nous nous aperçons que ce n'est qu'un simulacre de négociations. En fait, les moyens aujourd'hui sont carrément en dessous de ce qu'on peut espérer d'une boîte qui fait ses 3 milliards de chiffre d'affaires et c'est 47 millions quand même de bénéfices. Tout ce qui se passe par ailleurs avec la loi Alcombrie et la mobilisation générale qu'il y a aujourd'hui en France contre la loi travail, c'est quelque chose qui est très prochainement. C'est actionnaire majoritaire.
C'est-à-dire que l'État a mis 170 millions d'euros sur la table pour être propriétaire des usines. Moi, je suis rentré en 88 tant que tu fais le compte, ça fait environ 28 ans. Pas de chose près. Donc, on est rentré ici dans l'usine qui n'était pas aussi grande que ça. On a investi au fur et à mesure du temps. Les bâtiments où on est à l'instant-là, c'est des bâtiments qui datent de 97. Donc, voilà, on a vu évoluer l'outil, moderniser, tout ça. D'ailleurs, on a encore investi récemment, juste 10 mois avant l'annonce de fermeture, une nouvelle coupeuse pour entendre dire qu'on fermait la boutique.
Donc, il y a un peu de la colère qui s'exprime auprès des salariés et aussi de la compréhension auprès de la population. Aujourd'hui, si on redémarre dans l'état actuel, c'est 320 salariés et tous les emplois à côté, les transports, la filière bois, c'est plus de 1000 salariés. La loi El Khomri, on va dire, c'est une continuité de la politique du gouvernement parce que nous, quand on annonçait la fermeture le 10 avril 2014 à 7h45, juste avant l'ouverture de la bourse, ce que ça veut dire, on est dans le cadre de la loi Annie. La loi Annie, c'était, on enclenche une réunion, 4 mois après, c'est terminé, il n'y a plus rien à voir. Les patrons ont évolué.
Ils ont fixé un barème de licenciement par tête de pipe. C'est environ 100 000 euros par tête de pipe. Ça, c'est calculé. Il n'y a rien à négocier. Tu bouges un curseur. Mais nous, ce qu'on voulait, c'est juste un job. Aujourd'hui, on est payé, on n'est pas encore licencié, nous, les amis. On est payé comme si nous avons travaillé, on est payé pour se battre par l'entreprise. On ira jusqu'au bout.
Alors, j'ai parlé de patrons voyous, mais certains pensent que ce sont d'autres les voyous. Vous savez, les syndicalistes, ils bloquent le pays. Ils séquestrent leur pâchir des chemises. Mais non, non, ce ne sont pas des voyous, ce sont des insoumis. Et ils sont aujourd'hui avec nous. Je vous demande de leur faire un accueil bien chaleureux. Karine Monsegu, Mehdi Kémoun et François Hamant de Air France. Mickaël Vamène et ses amis, les Goudiers. Donc ici, nous sommes à Boubigny, au pied du tribunal correctionnel, où les collègues qui,
après avoir été licenciés parce qu'ils avaient osé s'attaquer au symbole, les chemises déchirées à Air France étaient le symbole du pouvoir, le symbole du refus, le symbole de salariés qui redressent la tête, eh bien, on a aujourd'hui l'appareil judiciaire qui est en route, qui cherche à intimider, faire peur, criminaliser l'action syndicale.
Air France, c'est avant tout une catastrophe sociale et le point d'orgue, c'était le 5 octobre, jour dite de la chemise arrachée, où la direction a été prise à partie par l'ensemble des salariés qui ne supportaient plus ces plans de destruction d'emploi, de licenciements déguisés, puisque les plans de départ volontaire, ce sont avant tout des plans sociaux
et des licenciements déguisés.
Ils ne supportaient plus, ils ont voulu dire à la direction qu'ils étaient incapables de les entendre et c'est pour ça qu'on est arrivé à cette chemise déchirée et on n'a surtout pas parlé dans les médias de tous ces salariés qui ont souffert, qui se sont même suicidés avec des conditions de travail complètement dégradées. Voilà, donc on limite la lutte des salariés de nos jours à du textile, sans parler des vrais problèmes qui touchent aujourd'hui les salariés et la loi El Khomri, c'est le point d'orgue de ce scandale.
Avec la loi El Khomri, demain, tous les salariés ne seront plus soumis à la même loi, ils sont soumis avant tout à des accords d'entreprise, donc moins dix ans et en fonction des forces syndicales qui seront dans les entreprises, ce sera une véritable catastrophe sociale encore et donc il est temps de dire stop et il est temps que l'ensemble des citoyens se réveillent et deviennent des insoumis. En marge de ces mouvements de syndicalistes et de militants, il y a aussi les mouvements politiques
dont Jean-Luc Mélenchon qui affiche un soutien sans faille à ces secteurs-là. Je pense que c'est une des initiatives qui vont dans le bon sens, qui vont dans le sens du rétablissement d'un rapport de force en faveur des citoyens, en faveur des salariés et contre des intérêts qui ne sont pas les nôtres.
Mais je pense que derrière la condamnation des Gaudiard, on a surtout un État qui ne s'attendait pas à une telle réaction solide. C'est tout cet élan de solidarité, cette générosité des gens avec des comités de soutien qui se sont créés. Moi, j'ai tourné partout en France, j'ai vu se dire que si on est tous main dans la main, on est bien plus nombreux qu'eux et bien plus nombreux qu'eux et beaucoup plus puissants. On les fera tomber de toute façon, on n'a pas le choix. Ils nous ont livré une guerre, on va mener cette guerre jusqu'à son terme et jusqu'à une victoire.
Et je pense qu'aujourd'hui, ceux qui font passer les manifestants pour des violents, des dangereux, des criminels, c'est eux les criminels. Le 49-3, c'est un acte criminel. Le fait de soulever de la gueule des gens aujourd'hui, de dire que la CGT n'est pas responsable et irresponsable, non, c'est le gouvernement qui est irresponsable. Moi, je suis fier aujourd'hui d'appartenir à cette CGT, je l'ai toujours été. Et d'autant plus, c'est qu'aujourd'hui, on a enfin entendu depuis trois mois et on va faire une grève générale le 14 juin.
De toute façon,
le 5 juin, c'est une des alternatives qui, à mon avis, doit amener des millions de Français à réfléchir sur leur avenir. Pour gagner, il faut lutter. Voilà.
Vous l'avez entendu, pour gagner, il faut lutter. Et vous l'avez entendu aussi, nous sommes plus nombreux qu'eux. Nous formons France, nous allons entendre un petit intermède de Yvan Le Bolloc tiré de cette célèbre chanson Ma France.
Picasso tient le monde au bout de sa palette. Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes. Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes de dire qu'il est temps que le malheur succombe. Leur voix se multiplie à n'en plus faire aucune, celle qui paye toujours vos crimes, vos erreurs, en remplissant l'histoire et ses fausses communes que je chante à jamais celle des travailleurs. Ma France. Vous savez quelle est la différence entre un con et un voleur ? Non ? Un voleur, de temps en temps, ça se repose.
Moi, je ne suis pas un voleur. Ah non, moi, je suis un insoumis.
Non, non, pas un insoumis. Casse-toi, pauvre con. Je suis un insoumis parce que je suis innocent. La justice, par exemple, elle veut me soumettre, mais moi, je ne veux pas parce que je suis un innocent. Ah si, je suis innocent. Ah, je suis innocent, je le jure sur la tête de Juppé. Eh oh, la gauche, il y a quelqu'un ? Je suis tout seul. Ce n'est pas grave. J'irai jusqu'au bout, dans le mur. Car je suis un insoumis, moi aussi. François, au pied ? Oui, c'est Colène, j'arrive. Excusez-moi, il y a la reine-mère qui est en train de m'apprendre à fouetter en ce moment. François Hollande, 49.3, nuance de gré ou de force. Très de plaisanter.
Je pense que s'ils sont soumis, les hommes sont des sujets. Alors que s'ils sont insoumis, les hommes deviennent des citoyens.
Je pense que tout le monde a bien compris maintenant ce que c'était qu'un insoumis ou une insoumise. Ils vont nous rejoindre, ceux qui ont défilé, ils vont nous rejoindre sur scène. Charlotte, tu l'as dit, les insoumis, ils viennent aussi des partis. Nous rejoindrons aussi des militants et des responsables de partis qui s'engagent dans la France insoumise. Alors, Rafi Knouch et Daniel Obono, des militants qui seront là avec nous. Et Brigitte Dionnet, les insoumis qui ont quitté le parti socialiste, et oui, pour former la nouvelle gauche socialiste. Eh bien, sachez que je vois des gens absolument partout.
Soit allumer le fanal du combat qui cause est politique, il suffit d'avoir du courage pour qu'ils deviennent contagieux. Il suffit de vouloir qu'eux qui sont venus de loin, à ceux qui n'ont pu venir, à ceux qui ont... Parce qu'ils n'étaient pas assignés à résidence, qu'ils n'avaient pas reçu leur habituelle lettre de caché, Hugo Poitvin, Hugo Melchior, de pouvoir affirmer leurs opinions et de les défendre. Passer des encerclés, les larroyants aux lacrymaux, les têtes dures, bien matraquées, les flashballés, les condamnés à la prison ferme, les assignés à résidence, les lanceurs d'alerte, les résistants aux grands travaux inutiles.
Salut à la France des Outre-mer et à celle de l'étranger qui, à cette heure, s'unit à nous de cœur et d'esprit. De nos... Vient sur nos lèvres le goût d'un monde neuf. Et maintenant, de nouveau, nous sommes en chemin et c'est en cheminant que s'ouvre le chemin selon le mot du poète Machado. Notre rassemblement veut porter bien des messages. Que je sois à cette heure davantage que jamais, d'abord et surtout votre porte-parole. Le premier des messages que nous avons à adresser aux puissants et aux importants, c'est que nous sommes à cet instant un bataillon à l'intérieur de cette grande mobilisation contre la loi El Khomri. Salut aux syndicalistes insultés par les médiacrates.
Salut aux insoumis, aux grévistes qui perdent leur salaire et se dévouent pour le bien public. Le salut du cœur à cet homme dans le coma à l'hôpital, à celui des nôtres sauvagement piétiné par un automobiliste qui l'a plongé dans le coma à fosse-sur-mer. Quoi qu'on en dise et quoi que vous en pensiez, je veux redire ici que notre parti pris permanent est celui de la non-violence, le refus de transformer notre puissante mobilisation en fournissant les prétextes à ceux qui en ont besoin pour nous décrier. Et je dis, je dis à ceux qui ont l'honneur de porter l'uniforme et nos couleurs, on se déshonore en faisant un tir tendu, on se déshonore en frappant à terre.
À vous autres, à vous autres tous, je dis que nous sommes les non-violents, on se déshonore en cherchant à blesser ou à tuer parce qu'on veut y mettre le feu quelqu'un qui porte l'uniforme et qui obéit. C'est à ceux qui donnent les ordres qu'il faut demander des comptes. C'est à Cazeneuve, c'est à Valls. Il est temps que ceux-là desserrent la main qu'ils tiennent sur nos gorges. Il est temps qu'ils cessent de s'obstiner et de vouloir caporaliser tout ce pays. Il est temps qu'ils retirent cette loi qui ne sert au bout du compte que quelques intérêts privés.
Je dis bien quelques intérêts privés, ceux de la petite secte non-représentative du MEDEF, car il n'est qu'une petite partie du patronat qui réclame cette loi indigne. Il faut retirer cette loi. Il est temps de renvoyer Cazeneuve se calmer chez lui. Il est temps de permettre aux pays, aux inondés et à ceux qui sont en lutte de pouvoir se préoccuper totalement de la solidarité. Pour cela, il faut cesser que les 40 obstinés du gouvernement nous prennent tous à la gorge et veuillent nous imposer de force une loi dont personne ne veut, ni le peuple, ni les parlementaires. il faut que la motion de censure soit votée.
Non parce que nous l'aurions voulu, mais parce qu'ils ont décidé que c'était ou bien la motion de censure ou bien la loi El Khomri. Alors comme nous ne voulons pas de la loi El Khomri, assez de posture parlementaire, votez la loi de censure. Vous autres, entendez les appels que nous lancent ceux qui organisent notre combat. Mettez votre point d'honneur le 14 juin à répondre à l'appel des centrales syndicales du Front du Refus, la CGT, Force Ouvrière, Sud, les organisations étudiantes. Vous connaissez tous les raisons qui nous opposent à cette loi qui pour finir n'a d'autres conséquences que de pourrir davantage la vie du commun qui tâche de vivre dignement de son travail.
Mais ce n'est pas que la loi que nous rejetons, c'est le monde qui va avec cette loi. Ce monde, ce sont les faces de pierres anonymes de la Commission européenne qui a demandé en 2014 et réitéré sa demande en 2015 que cette loi soit votée en France, qu'il l'a demandé en Belgique, qu'il l'a demandé en Italie, qu'il l'a demandé en Espagne. Il n'y a pas de loi travail, il n'y a pas de loi El Khomri, il y a la loi de la Commission européenne. Et voilà pourquoi vous ne ferez rien de bon si vous ne m'entendez que vous ne m'entendez.
On ne peut rien faire de bon et de juste pour le monde du travail sans commencer d'abord par sortir des traités européens ceux qu'ont négocié Sarkozy et signé Hollande. Le monde de la loi El Khomri, c'est le monde du 49-3, exemple unique au monde où une loi est réputée adoptée du moment qu'il n'y a eu pas de discussion sur les amendements, aucun débat parlementaire ni aucun vote. Bref, elle est adoptée si l'on a renversé le gouvernement. Le 49-3, c'est la quintessence de la monarchie présidentielle au service du capitalisme absolu. C'est pourquoi vous ne ferez rien de bon si vous ne sortez pas de la constitution de la 5ème république modifiée 22 fois dont 20 sans l'avis du peuple souverain.
Vous ne ferez rien de bon si vous n'instauriez pas le référendum révocatoire qui vous permet de contrôler vos élus tout au long du mandat et de les renvoyer à la maison quand ils vous trompent. Ah ! Le monde de la loi El Khomri, c'est le monde sans règle et c'est ce monde sans règle qu'ils appellent la liberté. Mais entre le faible et le fort, entre le patron et l'ouvrier, c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui protège. Mes amis, ce monde sans normes est un monde où les plus forts dominent. Ce monde sans normes où chacun fait sa petite popote paraît-il selon son goût. C'est en toute chose qu'ils veulent l'introduire.
Depuis la réforme du collège qui fait que nulle part en France nos enfants n'auraient la même éducation alors qu'ils aspirent au même bonheur. Jusqu'à l'hôpital où l'on va compter ce qu'il est possible de faire d'après les actes médicaux que l'on peut poser et prouver. Regardez ce monde. Ce monde, c'est le monde de la souffrance au travail.
Ce monde, c'est celui où l'on passe son temps à opposer l'un à l'autre dans tous les gestes du travail, à évaluer sans cesse, à contrôler sans que personne ne fasse jamais ce constat, que ceux qui sont partisans du moins d'État ont créé partout plus de bureaucratie, plus de paperasse, plus de contrôle et personne ne contrôle ni n'évalue le temps perdu à ces méthodes qui font que le travail, qui bien sûr a toujours été une peine, est aussi une œuvre et le résultat d'un groupe humain qui doit d'abord connaître entre lui-même pour être au maximum de ses possibilités. La coopération et pas la compétition. La confiance et pas la méfiance.
Alors, oui, vous ne ferez rien de bon si vous ne libérez le travail dans l'entreprise des contraintes dans la bureaucratie, de l'exigence permanente des financiers qui veulent que vous crachiez des résultats à deux chiffres pour les taux de profit, là où il suffirait de faire son travail bien, c'est-à-dire au rythme auquel la nature et la coopération entre les êtres humains appellent l'œuvre. Il vous parle d'emploi et jamais du travail, sinon comme une servitude. Et quand il vous parle du travail, il ne vous parle jamais des métiers.
Et vous avez des macronades qui sont alors possibles, qui s'imaginent que n'importe qui peut être coiffeur, que n'importe qui pourrait être boulanger, n'importe qui pourrait être taxi, n'importe qui pourrait être enseignant. Non, ce sont des métiers et c'est la personne qui en est dépositaire dans ses divers aspects. Elle l'intègre dans sa chair, son sang, son esprit, ses mains, sa pensée. Encore ne vous ai-je parlé que de la souffrance au travail, mais il y a celle que l'on voudrait honteuse et cachée, celle du chômage.
Combien de fois faudra-t-il encore supporter qu'on vienne montrer du doigt à tous ces gens qui ne demandent qu'à bien faire et à se rendre utiles, qui sont riches de tant de qualifications, d'amour et de dévouement pour les autres ? Combien de temps va-t-il supporter qu'on les montre du doigt, qu'on les espionne, qu'on les surveille, qu'on les appelle au téléphone, qu'on les contrôle par Internet, même quand ils n'ont pas les moyens de se payer l'abonnement ? Combien de fois va-t-il falloir répéter que 50% des chômeurs ne sont pas indemnisés ? Combien de temps va-t-il falloir répéter qu'il y a 8 millions de travailleurs pauvres ?
Combien de temps va-t-il falloir répéter qu'il y a 30 000 enfants qui n'ont pas un toit sur leur tête ? Comment allons-nous faire entendre la clameur du monde du travail, de ceux qui veulent faire et qui disent qu'il y a une discussion à avoir, non pas sur la meilleure manière d'essorer le tout venant, mais sur les conditions qui font que 565 personnes chaque année meurent au travail, un millier au total, si l'on ajoute ceux qui meurent sur leur poste de travail, avec ceux qui meurent des maladies professionnelles ? Voilà la discussion qu'il faut avoir sur le travail. Comment peut-on en faire plutôt un lieu d'épanouissement et de bonheur plutôt qu'un lieu de souffrance et de peur ?
Que de cette place, notre appel aille au plus loin dans chaque maison et dans chaque esprit. Écoutez les gens, si vous reproduisez plouf et chocolat qui gouvernent ce pays, jamais ils ne s'arrêteront sur cette pente, mais si vous ramenez le loup dans la bergerie de nouveau, vous aurez droit à 300 000 emplois publics de moins, c'est-à-dire moins d'État, la dislocation aggravée de la France, les soins en moins, les enseignants en moins, le savoir en moins. Vous aurez encore plusieurs milliards offerts au MEDEF. voilà ce que vous réserve le bon M.
Juppé ou bien celui qui est là et qui attend son heure dont vous devez vous rappeler qu'il est de loin le plus dangereux parce qu'il est le plus déterminé, M. Sarkozy, dont vous avez déjà eu l'heure d'œuvre. Ceux-là ont prévu 100 milliards de coupes dans les services publics là où nous, nous prévoyons de mettre 100 milliards pour relancer l'action et l'activité. Ils ont prévu la fin des 35 heures à travailler 39 heures sans augmentation de salaire. Ils ont prévu la fin du CDI. Ils ont prévu la dégressivité des allocations chômage. Ils ont prévu le travail forcé pour les bénéficiaires.
Et encore, si ça ne suffisait pas, une fois que vous aurez été bien pressés, voici le champion du monde de la glande lacrymale, M. Pierre Gattaz, qui vient vous dire qu'au-delà de toute loi, il vous appelle à faire preuve de bénévolat dans l'entreprise. Pauvre diable, compte-y. Et pourtant, quand nous voyons cet énorme gâchis, je suis sûr que comme moi, vous vous dites « Mais puisqu'il y a besoin de moins de travail pour produire davantage de biens, n'est-il pas temps de réorganiser de fond en comble la civilisation humaine ? » Et voici ce que j'ai à vous dire de plus important que tout au-delà du moment que nous vivons. il y a tant à faire. Il y a tant à faire parce qu'il faut tout changer.
Il faut tout changer parce que nous sommes d'abord et avant tout, quels qu'aient été nos votes, quelles que soient nos appartenances politiques, nous sommes des êtres humains. Et l'humanité s'est mise elle-même en danger sous les coups du capitalisme et du productivisme. Aujourd'hui, je veux dire qu'à notre façon, à nous autres, les têtes dures, le monde du travail, nous célébrons la journée de l'environnement car le 5 juin est la journée de l'environnement. À cette heure, à Bure, défilent les lanceurs d'alerte et les militants de l'antinucléaire contre le site d'enfouissement des déchets. Je leur adresse votre salut depuis cette place.
Oui, il faut sortir du nucléaire, non pour jeter la pierre à ceux qui croyaient bien faire, ni pour culpabiliser ceux qui sont au travail aujourd'hui. Il le faut parce que nous savons que c'est dangereux et nous savons que quand le danger se concrétise, alors il est extrême quand bien même ne se serait-il rien passé auparavant. C'est dangereux parce que le changement climatique nous met en danger lorsque l'on voit, vous le savez, un tsunami passer. Ce n'est plus sur des cabanes de pêcheurs mais sur des centrales nucléaires.
Quand le niveau de la mer monte et que le vent souffle plus fort, qu'il y a des creux de 7 mètres et en vent de 140 km à l'heure, alors la centrale de Blaille à 50 km de Bordeaux est en danger. Hommage à l'ingénieur électronucléaire qui a su arrêter la machine en 1999. Hommage aux bons travailleurs du service public qui ont su nous tirer tous à faire ce jour-là. Mais c'est fini, il ne faut plus prendre ces risques. La COP 21 nous a tous mis en alerte. Écoutez-moi où que vous soyez. Nous sommes heureux qu'il y ait eu un texte signé ce jour-là. Mais ne vous y trompez pas, il fallait un et demi degré de plus pour que la situation soit tenable. Il s'en est conclu deux degrés de plus.
et dans les engagements de chaque État, ils ont prévu trois degrés et demi de plus. Ce qui signifie que la catastrophe est assurée et que dès maintenant, nous devons prendre nos dispositions pour changer la civilisation humaine. Nous devons et nous pouvons passer au 100% d'énergie renouvelable. Nous avons les ingénieurs, les techniciens et peut-être bien d'abord ceux des DF pour commencer. Mais combien d'autres qui sont prêts à se mettre au travail et organiser cette relève ? Non pas en 10 ans ou en 20 ans, mais en très peu de temps. Nous devons ouvrir les parcs de machines dans la mer et sur la mer qui nous permettent de remplacer celles qui sont à terre et les centrales nucléaires.
Nous sommes capables de le faire. Ce pays contient la richesse intellectuelle qui permet de le faire. Il faut en finir avec ce modèle. Il faut adopter en France, avant toute autre nation, la règle verte que nous introduirons dans la Constitution et qui dit « Dorénavant, nous ne prendrons pas plus à la terre que ce qu'elle est capable de reproduire. » Mes amis, la dette publique, la dette privée, ce n'est rien, rien du tout, un jeu d'écriture. Mais la dette écologique est irréversible.
Il ne suffit pas d'arrêter de dégrader, il va falloir réparer et il va falloir être sobre et changer toutes nos manières de faire, non seulement à la manière de produire, non seulement à la manière d'échanger, mais aussi à la manière de consommer et de cesser de confondre. La consommation est le paraître, le paraître est l'être. Regardez ces inondations dont on vous parle. N'est-il pas tant de mettre un terme à l'extension sans fin de l'urbanisation qui imperméabilise les sols ? N'est-il pas tant de pratiquer une autre agriculture que celle qui transforme la terre en une toile cirée ?
Il faut en finir avec l'agriculture productiviste et les petits perroquets qu'on nous amène à la télévision pour débiter leurs imbécilités. Nous n'avons que faire des gros agrariats et de leurs petits griots qui font comme s'ils n'étaient pas en train d'empoisonner la terre. l'eau, l'air et se tuer leur propre santé les premiers. Il faut tourner cette page. Il faut changer la matrice productive de la patrie des Français. Il faut la changer par la méthode de la planification écologique. C'est-à-dire combiner la formation des personnels, le changement des machines, les modes de consommation tout en même temps. Voilà en quoi consiste la première tâche de la révolution citoyenne.
Elle consiste à reprendre le contrôle sur notre destin d'être humain. Cela consiste à porter pour drapeau et mot d'ordre commun l'intérêt général humain. Il faut pour chaque pays il faut un programme qui soit un programme pour la planète. Tout le reste n'est que bavardage et perte de temps. Nous avons perdu un quinquennat concernant le nucléaire. Nous avons perdu un quinquennat concernant les pesticides. Nous avons perdu un quinquennat concernant le changement des méthodes de l'agriculture et combien d'autres choses. Il faudra mettre les bouchées doubles car il faudra faire en cinq ans ce qu'il aurait été souhaitable de faire en dix.
Eh bien alors, vous m'avez entendu, vous avez compris le niveau d'exigence. C'est pourquoi 2017 doit être vécu par vous qui, comme moi, croyez que la démocratie est le commencement et la fin de toute chose. Vous qui pensez, comme moi, que les bulletins de vote sont les balles de nos fusils. Vous qui pensez, comme moi, que c'est ce grand changement qu'il faut faire et qu'on ne peut l'obtenir sans convaincre le très grand nombre. Vous avez compris le niveau d'exigence de cette campagne et vous comprenez pourquoi il faut partir de loin pour convaincre tête par tête, cœur par cœur.
Écoutez-moi, ce n'est pas le temps des programmes minimums, des plateformes convenues entre des États-majors qui se lâchent les ans une ligne en échange d'une virgule pour l'autre. Ce n'est pas le temps des candidats champignons qui surgissent après la rosée médiatique, ni des candidats passe-murailles qui gênent le moins tout le monde et dont on se dit qu'à la bonne tête et au fable timbre de sa voix, on devine qu'il n'encombrera personne. Il faut du caractère, de la volonté pour défier ces lobbies immenses qui sont d'ores et déjà mobilisés contre nous, qui ne s'arrêtent devant aucune méthode de combat.
La diffamation, l'insulte, la raillerie, l'assil qui passe toujours sur l'armure, femmes et hommes, quand vous êtes montrés du doigt comme syndicalistes, comme associatifs, comme exagérés, comme énervés. Et nous sommes tous à la fois et nous sommes fiers de l'être. Je vous appelle à une campagne qui n'est pas seulement faite pour témoigner. Je vous appelle à une campagne pour conquérir le pouvoir. Je vous appelle à une campagne victorieuse. Et pour qu'elle soit victorieuse, il faut qu'on s'y implique tous. Il n'est pas possible de changer depuis le sommet par un homme ou par une femme une situation comme celle que nous avons à changer.
Il faut que chacun d'entre vous, chacune d'entre vous, à son poste de travail, dans son rôle de la société, vous soyez les révolutionnaires qui vont transformer la vie et changer la société de fond en comble. Alors, chacun pensera comme il le veut. Mais quand vient à une élection et qu'en plus c'est une élection présidentielle, c'est comme quand commence un match de foot, ce n'est pas le moment d'aller jouer au volet. Eh bien, si c'est une élection présidentielle, il fallait commencer par régler le problème le plus simple, trouver un candidat. Mais voici, pour pouvoir commencer le travail, pour pouvoir commencer le travail. Ce travail est un travail de conviction.
nous croyons à la démocratie, nous croyons qu'il nous faut non pas une armée de supporters ou de groupies ou de soldats de plomb de je ne sais quelle improbable organisation partidaire. Nous avons besoin de millions d'hommes et de femmes conscients, éduqués, qui savent où nous allons et quelle est l'ampleur de la tâche à accomplir. C'est cela que vous allez faire, mes amis, avec toute votre force d'enthousiasme. Je ne vous demande pas de m'épouser ni de supporter mon caractère qui n'est pas si terrible qu'on veut bien le dire. Mais je vous appelle à devenir celles et ceux qui vont faire bouger les lignes autour d'eux.
Nous n'avons aucun autre moyen que nous-mêmes, mais c'est le moyen le plus puissant parce que nous sommes les plus nombreux du moment que la rébellion rentre dans les têtes et dans les cœurs. C'est pourquoi nous avons créé la France insoumise. Elle n'appartient à personne. Et je demanderai qui que ce soit qui la rallie ensuite ou qui vienne ajouter ses forces à celles qui s'y trouvent déjà, de respecter scrupuleusement l'autonomie et l'indépendance de ceux qui ont décidé de participer à la France insoumise. À partir de quoi cette force nouvelle, l'année 2017, va être une année à mince égare tout à fait décisive. Il est heureux que l'élection tombe cette année-là.
Oui, il est heureux qu'elle tombe là, car c'est une chance de pouvoir régler par la démocratie et les bulletins de vote, ce qui sinon finira par se régler d'autres façons dont nous ne voulons pas. Écoutez-moi, en 2017, se conclura TAFTA, le traité du grand marché transatlantique. transatlantique. Auparavant, sera conclu CETA, le traité entre le Canada et l'Europe. Et le petit monsieur qui vous préside et vous a déjà tant menti, a déjà dit aux Canadiens qu'il était d'accord pour que l'on signe aussitôt que l'on pourrait le traiter avec le Canada.
Dans ce traité, le capital décide qu'il ne répond plus à aucune autre loi qu'à celle des tribunaux d'exception dans lesquels se feraient les arbitrages. C'est-à-dire que c'est la fin de la démocratie. Ça ne sert à rien de voter des lois. C'est-à-dire comme ils sont en train à court terme. À court terme. Il faut que nous regagnons le temps long celui de la décision où l'on prend son temps, où l'on s'assure de ce qui est bon. Il faut reconquérir le temps long qui ne connaît pas l'investissement du capital qui veut récupérer immédiatement ses mises.
Le temps long, mes amis, le temps long de la sonde Rosetta qui fait 600 000 km dans l'espace infini avant de faire le tour d'une patate gelée et poser dessus une petite goutte qui va examiner ce qui se passe sur la glace de cette patate. L'esprit humain, les cycles de l'invention, les cycles de l'expansion humaine, ceux de la nature sont ceux du temps long. Le temps long est la propriété collective des générations et nous en sommes dépositaires. À bas le temps court du capital, vive le temps long de la démocratie, le temps long de l'écologie, le temps long de la réversibilité des décisions. Je sais qu'il y a dans cette foule des esprits amis qui nous regardent.
Ah, quel bonheur c'est pour moi et pour nous tous ici mais pour vous aussi chacun, j'en suis sûr, qui avez fait l'effort de vouloir venir quand bien même on vous avait annoncé qu'il pleuvrait à vert ce qui ne se produira pas. Vous avez voulu être là et du seul fait de notre force et de notre rassemblement, nous sommes déjà en train de convaincre.
Car la force va à la force et ceux qui se sentaient démunis ou seulement engagés dans un combat savent qu'il existe un fanal qui peut les rassembler, un drapeau autour duquel se grouper, une finalité pour transformer toute cette énergie en un programme politique qui porte la France dans son rôle et son destin, sa responsabilité devant l'humanité universelle, non pas parce que nous serions des chauvins ou des nationalistes exaltés, mais parce que nous sommes un pays développé, éduqué, où nous disposons de la ressource humaine et technique qui nous permet non seulement de développer d'autres procédés de production, mais de les mettre à disposition de toute l'humanité, de ceux qui n'ont pas les masses éduquées dont nous disposons, ceux à qui nous avons pris les matières premières et à qui des fois nous volons la matière grise, la France splendide, la France des rébellions et des révolutions, la France du savoir, de la science, des arts, de la culture qui nous rend chacun meilleur parce que toutes ces choses que je viens de nommer sont les seules richesses qui, plus on les partage, plus elles se développent.
Notre campagne qui commence là, déjà, aura convaincu celle-ci, celui-ci qui est venu pour voir quels étaient nos visages et ils ont vu ce défilé des insoumis, ils ont vu ses camarades, ils m'entendent parler et ils ont bien compris que c'est calomnie de croire que l'un seul d'entre nous ait pensé qu'à lui seul, il ferait quoi que ce soit sans cette multitude organisée. Je m'honore d'être accepté par vous comme votre porte-parole. Il n'y a pas de plus grand honneur, de plus grand bonheur, de plus grand accomplissement pour un militant, un intellectuel et un élu. Oui, la marche est haute. La marche est haute. Je sais que tu es là, Marie-Georges Buffet. Je sais que tu es là, Clémentine Autain.
Tu es là, Christian Audouin. Tu es là, Lim Van Ock. Vous êtes là, mes camarades de mon cher parti de gauche qui portaient sur vos épaules souvent tout seuls toute la charge du poids du travail à accomplir. Je sais, toi, Marie-Georges, Toi, Clémentine, que vous réfléchissez, que vous vous interrogez, j'admets, je reconnais, je respecte votre réflexion. Et je vais dire au-delà, je respecte ceux qui croient qu'il existerait je ne sais quel martingale que l'on trouverait dans les obscurs conciliabules de je ne sais quel primaire d'amnistie générale.
La sortie écoutez-moi, il n'y a pas d'autre issue que de convaincre à ceux qui vous disent que c'est par un arrangement et par surprise en se groupant comme un troupeau affolé derrière les moins-disants les plus usés, les derniers arrivés que nous trouverions notre chemin. Non ! C'est en portant nos idées et en convainquant un par un, une par une, que nous allons avancer pour finir gagné. Et tout le monde est bienvenu dans cette bataille. Et je me porte le garant que ce rassemblement peut s'opérer. Je le nomme fédération car il faut fédérer le peuple d'abord sans arrangement ni compromis sur son dos. Fédérer le peuple, les énergies, les volontés. vous êtes tous bienvenus.
Je ne me soucie pas ni aucun d'entre nous à cette tribune de votre carte de parti ni même de ce que vous avez voté jusqu'à présent car il faudra bien qu'il y en ait qui changent d'avis pour qu'on arrive à gagner. La marche est haute si j'ai eu l'audace de m'avancer comme d'autres le font dans leur lutte syndicale ou associative ou sur le terrain. de l'immense courage des lanceurs d'alerte. Si j'ai eu cette audace je l'ai trouvée dans les 4 millions de voix qu'il a été possible de fédérer une première fois il y a 5 ans. Je présente devant vous le poids de l'expérience. Oui, de l'expérience.
Mieux vaut pour vous avoir des porte-parole un peu rusés et malins plutôt que des poulets de l'année je dis à la jeune génération que l'utopie que nous lui proposons ce monde neuf que nous l'appelons à construire il tirera tout de l'invention dont elle fera preuve le moment venu quand nous allons l'appeler à tout changer et qu'elle aura par son travail à l'école ses diplômes ou son savoir-faire toute son énergie projetée dans la transformation du monde. Mais nous amènerons le meilleur du monde dont nous venons.
Écoutez-moi jeunes gens je viens d'un monde où respirer ne rendait pas malade où le printemps n'était pas synonyme d'allergie mais parlait d'amour je viens d'un monde où l'air n'était pas un poison asphyxiant où l'eau n'était pas celle d'un cloaque où l'on pouvait nager sans commencer par se vacciner où l'on allait à la plage parce qu'il y en avait et qu'il y en aura bientôt plus sans passer par un tapis d'algues vertes et sans nager au milieu des sacs plastiques.
Ce monde beau ce monde de lumière nous le ferons mettre de nos mains non pas pour les deux milliards que nous étions lorsque je suis né mais pour les sept milliards que nous sommes bientôt bientôt dix bientôt onze un monde humain un monde doux un monde de tendresse aussi comment se fait-il qu'alors que nous sommes si éduqués sur la planète entière comment se fait-il qu'après tant de gens passés à l'école comment se fait-il que la mer soit devenue un cloaque comment se fait-il que vous ayez tout dégradé comme vous l'avez fait comment se fait-il que même dans le silence de la nuit il résonne de la clameur immense de la souffrance des animaux que vous avez transformés en choses nous avons été quatre millions nous devons être huit un pour un chacune d'entre vous chacun d'entre vous a pour tâche d'en convaincre un ou une qui n'avait pas été votée ou qui a voté croyant bien faire et qu'il est possible de convaincre de mieux faire un pour un ne doutez pas de vous vous êtes le nombre vous êtes la force vous êtes irrépressible quand bien même vous fait-on subir ce qu'on vous fait subir en ce moment et qui ne vous a pas arrêté ni moi non plus d'ailleurs rien ne nous fera jamais céder et ceci pour une raison qu'ils n'ont toujours pas compris c'est que la lutte est notre dignité et que nous sommes pleinement accomplis en tant qu'être humain quand nous pensons notre futur le coeur de cette campagne ce sera son programme c'est pourquoi il faut tant de temps c'est pourquoi vous-même vous devrez vous pencher sur ce programme faire des propositions ici il y a Jacques Généreux et Charlotte Girard qui sont les deux maîtres d'oeuvre avec 14 autres camarades de cette préparation nous partons de l'humain d'abord et nous l'enrichissons des expériences des choses apprises des choses peaufinées ah je nous vois je nous vois sans gentou je sais que nous pouvons le faire je nous vois portant notre patrie aux avant-postes de l'humanité nous entrant en mer nous assumant notre destin deuxième pays du monde pour la contribution individuelle à la conquête de l'espace je sais que vous ne le savez même pas c'est moi qui vous le dis nous allons être bientôt les plus nombreux en Europe notre peuple est éduqué comme il ne l'a jamais été de toute son histoire un capital immense est accumulé ne vous souciez pas de l'argent je m'en débrouille rêvez rêvez fort pensez fort imaginez fort désirez fort et cela suffira je vais faire comme à l'accoutumée et je vais vous lire des vers avant que nous nous séparions ce sont les vers d'une poétesse brésilienne je dis le Brésil parce qu'en ce moment il s'y pratique un infâme coup d'état et comme dans toute l'Amérique latine où bien sûr nous avons commis des erreurs on sait bien que les autres n'en commettent jamais nous savons bien que nos régimes sont toujours détestables comparé à ceux qu'ils adorent celui du Qatar de l'Arabie Saoudite et des autres modèles de civilisation qui nous sont proposés à cette Amérique latine sœur à ces peuples du Maghreb avec qui nous avons tant de parentèles en commun à ces Français des cinq continents à la patrie non occidentale mais universaliste des Français du peuple en France à notre plus longue frontière avec le Brésil voici des vers d'espérance et qui vous montrent ce qu'il ne faut pas faire en même temps que ce qu'il faut faire il meurt lentement il meurt lentement celui qui ne voyage pas celui qui ne lit pas celui qui n'écoute pas de musique celui qui ne s'est pas trouvé grâce à ses yeux celui qui rêve d'être milliardaire ce qui est obscène il meurt lentement celui qui détruit son amour propre celui qui ne se laisse jamais aider il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins celui qui ne change jamais de repère ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements ou qui ne parle jamais à un inconnu il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotion celle qui redonne la lumière dans les yeux et répare les cœurs blessés vis maintenant risque-toi aujourd'hui agis tout de suite ne te laisse pas mourir alors lentement ne te prive pas d'être heureux voilà à vous tous ce que nous allons ramener dans notre cœur ne doutez pas de vous ne doutez pas de votre pays et pour le célébrer chantons ensemble l'hymne des premiers insoumis ceux qui ont conquis notre liberté la marseillaise et puis ce sera le chant du monde du travail l'international ça coûte de se séparer ça coûte allez au courage, au boulot salut !
Sous-titrage Société Radio-Canada
Jean-Luc Mélenchon