Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 15 novembre 2018 21 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSécurité

Benjamin Griveaux : Macron face à la colère - C à Vous - 15/11/2018

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:08FerméeÉludée

    Combien de déclarations de rassemblements Gilets jaunes avez-vous reçues ?

  • 3:33OuverteRéponse partielle

    Les Gilets jaunes sont-ils organisés par des partis politiques ?

  • 4:01FerméeRéponse partielle

    La consigne donnée aux forces de l'ordre sera-t-elle d'évacuer ou de verbaliser ?

  • 4:20FerméeRéponse directe

    Vous ne connaissez pas l'ampleur du mouvement samedi. La France sera-t-elle bloquée ?

  • 5:29OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous craignez des affrontements ?

  • 6:38RelanceRéponse partielle

    Vous n'espérez pas calmer cette révolte à coup de primes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « Je n'ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants. »
  • 6:48InvitéFait
    « Vous n'espérez pas calmer cette révolte à coup de primes. »
  • 8:07InvitéFait
    « Ce que veulent les Gilets jaunes, c'est désintoxiquer la France des taxes et des impôts. »
  • 8:10Invité politiqueChiffre
    « Nous avons baissé le montant des prélèvements obligatoires de 1,1%. »
  • 8:27Invité politiqueChiffre
    « C'est la première fois qu'on passe le déficit en dessous de la barre des 3%. »
  • 11:10InvitéFait
    « Depuis 25 ou 30 ans, on a repoussé les moments difficiles, les choix difficiles. »

Temps de parole

  • Invité57 %
  • Invité 29 %
  • Présentateur9 %
  • Emmanuel Macron6 %
  • Invité 36 %
  • Invité 45 %
  • Invité 53 %
  • Auditeur3 %
  • Invité 62 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le plein de colère, le trop plein, à la une de quasiment tous les titres de presse quotidienne régionale qui mettent en lumière la détermination des Gilets jaunes à la veille de la grande mobilisation, ils l'appellent au blocage de samedi, de la colère, une révolte même pour certains. Et face à eux, un gouvernement qui tente d'éteindre l'incendie avec des mesures au compte-gouttes. Un président, une pompe à la main en couverture de l'Obs cette semaine, bien obligé de reconnaître hier soir sur TF1 que la gronde est profonde et la confiance rompue.

0:29
Emmanuel Macron

Je n'ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants. Et ça, c'est vrai. Et ça me touche moi. Mais si ça me touchait que ma personne, à la rigueur, ce ne serait pas grave. Mais c'est plus profond. Et ce divorce, on le voit dans toutes les démocraties occidentales. Il m'inquiète et je considère qu'il est au cœur de la mission qui est aujourd'hui la mienne. Nos concitoyens, à mes yeux, veulent aujourd'hui trois choses. Qu'on les considère, qu'on les protège, qu'on leur apporte des solutions. Pas des déclarations, des solutions. Et la considération, on ne l'a sans doute pas assez apportée.

Ça veut dire les entendre, gouverner différemment, aller au plus près du terrain, peut-être décider d'une manière différente, pas tout à Paris, en s'exposant davantage, en demandant à nos directions d'administration centrale, aux ministres, à ceux qui les conseillent, d'aller se confronter au terrain. Beaucoup plus.

1:22
Présentateur

Plus de considérations, plus de pédagogie, plus de terrain, changé de style. Est-ce que cela suffira pour en parler ce soir ? Le porte-avions du président Benjamin Griveaux.

1:30
Invité

Emmanuel Macron, le président de la République, est donc intervenu hier soir à la télévision depuis le porte-parole Charles de Gaulle. Le porte-avions. Pardon. Le porte-avions, effectivement. Dans le contexte...

1:42
Présentateur

Le porte-parole du gouvernement. Benjamin Griveaux est notre invité ce soir. Soyez le bienvenu. Bonsoir.

1:57
Invité

Bonsoir Benjamin Griveaux. Les organisateurs, les leaders des Gilets jaunes, avaient jusqu'à hier pour déclarer leur manifestation aux préfectures, ou peut-être avant-hier, parce que la loi dit trois jours francs avant la date de l'événement. Combien de déclarations avez-vous reçues ? Savez-vous combien de rassemblements seront prévus samedi ? Je n'ai pas le chiffre. C'est au ministère de l'Intérieur de recoller les chiffres. Donc moi, je n'en dispose pas. Je ne sais pas si les comptes ont été faits ce soir. Ce qui est certain, ce qui a été rappelé par le ministre de l'Intérieur, parce qu'évidemment, il y a deux libertés qui sont constitutionnellement garanties.

La première, c'est la liberté de manifester. Et chacun est libre de manifester en déclarant en préfecture. Et puis, il y a une autre liberté constitutionnelle qui est garantie. C'est la liberté d'aller et de venir. Et la liberté des uns ne doit pas mettre à mal la liberté des autres. Ça veut dire que les forces de l'ordre s'emploieront à disperser les manifestations qui n'auront pas été déclarées en préfecture ? Ça veut dire que quand il y a un trouble manifeste à l'ordre public, quand il y a un risque de dérapage, eh bien, il y aura une intervention. Mais, vous savez, moi, je respecte d'abord la colère des personnes qui vont manifester.

Et je sais aussi pouvoir compter sur leur sens des responsabilités pour ne pas entraver, par exemple, des grands services publics que pourraient être les services d'urgence, les hôpitaux, des voies qui sont indispensables pour permettre, eh bien, au pays de continuer à tourner. Et à leurs voisins, peut-être, qui, eux, ne porteront pas le gilet jaune, eh bien, de pouvoir vaquer leurs occupations. Il y aura des rassemblements dans toute la France, mais vous n'en connaissez pas le nombre. En tout cas, tous n'ont pas été déclarés. Ça prouve bien que ça n'est pas organisé par les partis de droite et l'extrême droite, contrairement à ce qu'a dit le président.

Ça prouve bien qu'il y a ici et là des collectifs de gens inorganisés qui n'ont pas l'habitude de manifester ? – Je ne ferai pas le lien entre le sens de l'organisation des partis de droite ou d'extrême droite et… – Ils savent manifester. – Écoutez, d'abord, les syndicats le font, les partis politiques, plus rarement. On n'a pas vu de mémoire les Républicains défiler dans la rue depuis bien longtemps, sauf à considérer que, quand il y avait la manif pour tous, c'était les Républicains, mais je crois que c'était une organisation citoyenne. Donc là, c'est une manifestation citoyenne dont on considère qu'elle doit pouvoir se tenir.

Les gens ont parfaitement le droit de manifester, mais il faut le faire en respectant les règles communes. – La consigne donnée aux forces de l'ordre, ce sera d'évacuer ou de verbaliser ? – Écoutez, vous savez, il faut aussi un peu compter sur le bon sens des forces de l'ordre et sur l'appréciation de chaque force de l'ordre en fonction des situations auxquelles elles seront confrontées. Moi, j'ai pleine confiance à la fois dans nos forces de sécurité, mais aussi dans le sens des responsabilités de ceux qui ont décidé de porter un gilet jaune samedi prochain. – Pour résumer, Benjamin Grévaud, vous ne connaissez pas l'ampleur du mouvement qui aura lieu samedi.

On ne savait pas si la France sera bloquée. – Je ne le dis pas dans le mar de café, nous verrons. Et en tout cas, je souhaite que ça puisse se faire. Dans le calme et avec le respect, à nouveau, de la liberté d'aller et de venir, de ceux qui auront décidé de ne pas manifester. – On a le sentiment, en tout cas, d'avoir sur le terrain des gens très mobilisés, très déterminés. Voici quelques paroles de gilet jaune.

4:46
Auditeur

– Moi, je bloquerai jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'on est vraiment en colère.

4:49
Emmanuel Macron

– Moi, je ne reculerai pas.

4:50
Auditeur

– On nous prend quelque part pour nous redonner ailleurs. – L'organisation de la manifestation va paraître bon enfant,

4:56
Invité

mais il ne faut pas que ça soit interprété comme de la naïveté ou un manque de détermination, parce que je peux vous dire qu'on a des gens extrêmement déterminés. – Je suis prêt à tout démonter s'il faut. On parle de mai 68, mais là, on est à très peu.

5:10
Auditeur

– J'espère que le gouvernement aura l'intelligence de ne pas essayer de déclencher une guerre civile en faisant en sorte d'opposer deux corps différents, à savoir justement les forces de l'ordre qui exécutent des ordres, et nous. – Il faut que samedi, ils disent « ok, on arrête, on se met autour d'une table et on discute ».

5:27
Invité

– Vous entendez, ça parle de guerre civile, de mai 68. Est-ce que vous craignez des affrontements ? – Moi, j'entends surtout qu'il y a aussi une population silencieuse qui ne portera pas un gilet jaune. Et ça n'est pas une immense majorité dans le pays qui portera un gilet jaune samedi. – D'où mes questions sur l'ampleur de la mobilisation. – Oui, mais à nouveau, moi, je ne lis pas le marre de café, donc nous verrons bien samedi, puisque ce n'est pas une organisation syndicale. Il y a une tentative de récupération par les partis politiques qui est organisée.

Et moi, ce qui m'étonne, c'est que quand on va voir samedi, bras-dessus, bras-dessous, François Ruffin, qui lui considère que l'impôt est utile pour financer les services publics, il nous le rappelle à l'Assemblée nationale chaque semaine, et des gens qui considèrent que l'impôt est confiscatoire par nature. Lequel des deux devons-nous croire ? Lorsque nous verrons Laurent Wauquiez ou Hervé Morin, président de l'Assemblée des régions de France, manifesté, alors que depuis trois ans, ils sont présidents de régions, qu'ils auraient pu intervenir dans le cadre des transports, c'est de leurs compétences dans leurs régions.

Ils ont le niveau maximum de fiscalité environnementale dans leurs régions. Ils auraient pu baisser. Et au fond, quel est le projet politique qui est porté ? Il y a une addition de colère, que j'entends, que le gouvernement entend, et auquel on est attentif, on est à apporter des réponses. Le Premier ministre a fait des annonces hier sur l'accompagnement, que ce soit sur le chèque énergie, sur les chaudières, sur la superprime pour l'achat d'un véhicule moins polluant. Vous n'espérez pas calmer cette révolte à coup de primes. Vous entendez bien que ce ne sont pas des mesures raisonnables, catégorielles ou précises. Vous employez le bon terme. Nous, nous sommes des gens raisonnables.

Parce que quand on dirige le pays et quand on gouverne, on est dans le rationnel, on est dans le raisonnable. Pardon de vous le dire. Et donc, là on a des gens... Ça va bien au-delà que le carburant. Mais je vais vous dire... En ce moment, le carburant, il baisse. Ce n'est pas grâce à vous, mais il baisse. Et pourtant, la colère, elle ne baisse pas. Et donc, Patrick Cohen, quand il monte, vous aurez compris que pour 80% du montant de l'augmentation, c'est lié aux cours mondiaux du pétrole. Ce qu'on est, nous, en train de dire aux Français, c'est quoi ? C'est que vous avez certains qui vous disent, on ne change rien, on continue comme avant.

Et le problème se reposera dans 2, 3, 5 ans, lorsque les pétro-monarchies du Golfe auront décidé d'avoir une production plus faible et les prix monteront. Nous, ce qu'on veut, c'est désintoxiquer l'économie française du pétrole, c'est le gain aussi et la garantie d'une plus grande indépendance vis-à-vis des monarchies du Golfe. Je m'étonne que la droite et l'extrême droite, par exemple, qui volontiers nous donnent des leçons de souveraineté nationale et d'indépendance, préfèrent, elles, la dépendance aux pétro-monarchies du Golfe sur la fixation du prix du baril. – Ce que veulent les Gilets jaunes, c'est désintoxiquer la France des taxes et des impôts.

C'est ça qui remonte du terrain que vous avez entendu. – Nous avons baissé le montant des prélèvements obligatoires de 1,1%. Ce n'est pas assez, mais c'est la première fois que ça arrive depuis bien longtemps dans notre pays. Ça va prendre du temps, parce qu'à chaque fois qu'il y avait un problème ces 30 dernières années, on crée une dépense nouvelle et l'année d'après, un impôt nouveau. C'est la première fois qu'on baisse, qu'on appelle à la responsabilité vis-à-vis des générations futures. C'est la première fois qu'on passe le déficit en dessous de la barre des 3%. Parce que nous avons trop dépensé et sans doute pas de la meilleure des manières. Mais ça prend du temps.

Et les colères qui vont s'exprimer samedi, elles sont le fruit des 18 derniers mois ou elles sont le fruit des 30 dernières années ? Personne ne croira raisonnablement. Elle s'adresse évidemment à Emmanuel Macron. C'est nous qui sommes en responsabilité. On n'est pas en train de se défausser. – Et la dépense publique continue de monter. – Mais considérer qu'il n'y a que la question du carburant, non. Derrière, il y a je crois une angoisse plus profonde de peur de déclassement, de peur de, au fond, considérer que nos enfants vivront moins bien que nous. Et c'est ça qui est insupportable pour une majorité de Français.

C'est qu'en Europe, pas qu'en France d'ailleurs, en Europe occidentale, toutes les grandes démocraties reposent sur un contrat assez simple. C'est que la génération qui suit vit mieux, vivra mieux que la génération actuelle. Ce contrat-là, il est rompu. Et c'est de la confiance, c'est de l'optimisme qu'il faut remettre dans le système pour que les parents pensent que leurs enfants, demain, vivront mieux qu'eux. C'est pour ça qu'on investit dans l'éducation, dans les compétences, dans la petite enfance, parce que c'est en investissant dans la génération d'après qu'on évitera d'avoir le nez rivé sur la prochaine élection, mais sur la prochaine génération.

– Ce ne sera pas très facile, Benjamin Grégo. – Non, ce sera difficile. – Il y a une cassure, une rupture de confiance d'une partie des Français avec leur gouvernance. C'est ce qu'a admis Emmanuel Macron hier soir sur TF1. On l'a réentendu il y a quelques minutes. « Je n'ai pas réussi », a-t-il dit. « Normal », a commenté Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR ce matin sur RTL. « Normal », le président a tout fait pour diviser les Français. Écoutez-le. – Peu de présidents de la République ont clivé autant que lui, avec le camp du bien, le camp du mal.

Souvenez-vous, un certain nombre d'oppositions, le monde nouveau, le monde ancien, avec les actifs contre les retraités, avec ceux qui sont convenables, les lépreux, ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, les Européens, les vrais Européens et les nationalistes. Il y a quelque chose comme ce que l'on appelle du manichéisme, c'est-à-dire le camp du bien et le camp du mal. – Le bien, le mal, les vrais Européens, les nationalistes, il n'a pas tort. Il clive Emmanuel Macron. – De la part de Bruno Retailleau, c'est ça vous remet. Regardez aujourd'hui le monde. Il nous annonce qu'en 2020, vous avez la moitié des maires qui n'ont pas l'intention de se représenter. Pourquoi ?

Parce qu'il trouve que ça devient très difficile, y compris dans le rapport à la population. Parce que le lien de confiance, que ce soit avec le Président de la République, avec le gouvernement, avec vos parlementaires ou avec les élus locaux, alors que les maires étaient ceux en qui nos compatriotes avaient le plus confiance, c'est que ça s'est dégradé. Et ça s'est dégradé, cette relation de confiance, parce que le sentiment, ce que disent les maires, ce que dit cette étude présentée par le journal Le Monde et préparée par le Cévi-Pof, c'est qu'il y a des demandes individuelles auxquelles ils ne savent plus répondre, plus faire face. Pourquoi ?

Parce que depuis 25 ou 30 ans, on a repoussé les moments difficiles, les choix difficiles. Le choix qu'on a fait là, écoutez, ça date de 1998, la question de la fiscalité écologique. Ça a duré deux ans et ils ont plié bagage en 2000 face à la montée des mécontentements. On n'en serait pas là aujourd'hui. Si on avait pris à bras le corps ces sujets difficiles sur la question de l'emploi, sur la question de la mutation de notre modèle économique, sur la question de la transition écologique. Et donc, quand on fait des choix difficiles, ça prend du temps. Et ce que dit Bruno Rotaillot, c'est au fond, il faudrait revenir au système d'avant. Non, il n'a pas dit ça.

Il parlait de l'attitude du président de la République et ses paroles qui ont pu paraître divisées les Français. Qui monte ? Qui a inventé la France des villes qui irait bien partout et la France des campagnes qui irait mal partout ? Quand on sait que dans des centres-villes, il y a des situations terribles. Et quand on sait que Bruno Rotaillot, les Républicains, ce sont eux qui ont mis ça en place depuis un an. Qui a mis en place cette dialectique considérant que vous avez d'un côté les métropoles et de l'autre le monde rural et qui organise la fronde ?

Qui est-ce qui veut antagoniser les collectivités locales avec l'État en faisant en sorte que le Premier ministre, lorsqu'il va s'exprimer à l'Assemblée des maires de France, le fasse en fin d'après-midi lorsque les maires quittent la salle ? Qui refuse d'envoyer l'invitation du président de la République aux 1500 maires à venir à l'Élysée ? L'Assemblée des maires de France.

12:31
Présentateur

Donc ce n'est pas Mme Macron qui fiche, c'est les Républicains.

12:33
Invité

Ce n'est pas ce que je dis, mais ce que je dis aussi, c'est qu'ils ont vécu de ces clivages pendant très longtemps et qu'ils seraient ravis d'y revenir. Le clivage gauche-droite, c'est la paresse de la pensée politique. Ils y en ont vécu pendant 30 ans. On ne connaît pas encore, évidemment, vous avez raison, ni nous, ni vous, l'ampleur de la mobilisation de samedi.

Il n'empêche qu'on aura sûrement, sur place, dans cette carte de France avec plein de ronds-points jaunes, on aura évidemment beaucoup de gens qui manifestent peu ou pas, peut-être pour la première fois, et qui se retrouveront à essayer de bloquer, comme on leur explique dans des tutos assez précis, comment bloquer, quand on est piéton et à plusieurs, un rond-point. Est-ce que vous savez si le ministère de l'Intérieur, par exemple, va donner des consignes particulières, puisque CRS et Forces de l'Ordre seront pour la première fois face à ces manifestants nouvelles manières ? D'abord, on aura des situations qui s'apprécieront au cas par cas. Bien sûr.

Parce que vous avez des points de blocage pour la circulation qui sont des points dits essentiels, qui permettent l'accès, ce que je disais tout à l'heure, à des infrastructures importantes ou à des services publics importants. Quand j'ai entendu, par exemple, que dans certains de ces tutos, on expliquait comment bloquer, y compris des voies ferrées, alors, quand on est favorable à la transition écologique et qu'on bloque le train pour contester l'augmentation des carburants, là, on peut considérer qu'on est sans doute un peu hors-sujet.

Et donc, ce sont sur ces points-là où il y aura une grande vigilance et où les forces de l'ordre pourront être amenées à intervenir pour permettre une circulation normale dans l'accès des grands services publics. Sur les autres, à nouveau, il faut faire un peu de bon sens. Il faut faire un peu confiance aux forces de l'ordre qui, sur le terrain, ont l'habitude d'être confrontées parfois à des personnes qui sont violentes. Et de ce que je vois, il y a de la violence dans les mots, mais je ne suis pas certain qu'il y ait de la violence dans les actes.

Vous savez, nos forces de l'ordre, elles ont été confrontées ces derniers temps à des manifestations où on a des black blocs qui sont des phénomènes nouveaux, d'ultra-violence, avec une volonté de casser, de détruire, de faire mal. Ils ont été confrontés et mis à grande épreuve lors des événements à Notre-Dame-des-Landes. Et donc, on peut faire confiance à leur professionnalisme.

14:40
Présentateur

L'une des réponses proposées par le Président à cette grogne, c'est une autre façon de gouverner. Plus de considérations, plus de terrain, plus de pédagogie. On a rarement vu le Président s'exprimer autant dans les médias. Quatre interventions en moins de deux semaines sur Europe 1, France 3, CNN, TF1. Des exercices de pédagogie maîtrisés qui ont été balayés par ces échanges directs, parfois musclés, avec des Français au moment de son itinérance mémorielle.

15:02
Emmanuel Macron

Je suis un militaire LR et j'y reste. J'espère qu'en 2022, on aura un LR qui sera au pouvoir. Eh bien, écoutez, j'espère. Donc, si c'est le cas, ça ne sera pas moi.

15:13
Présentateur

Pourquoi vous nous massacrez ? Pourquoi nous ? À peine 2000 avec mon mari, on nous baisse encore les retraites.

15:18
Emmanuel Macron

Non, on ne massacre personne.

15:19
Présentateur

Alors, pourquoi on nous baisse nos retraites ? On n'a pas 1200 chacun.

15:21
Auditeur

Avec ma retraite, je ne peux pas payer des pneus rutilantes comme Brivée. Je comprenez, ma femme, elle met des petits jeans troués.

15:28
Emmanuel Macron

Oui, mais c'est vrai. Ce qu'on retient quand même, c'est qu'à chaque fois que le Président rencontre des Français,

15:42
Présentateur

il se fait engueuler. Malgré tout, il a assuré à ses conseillers qu'une bonne formule avait été trouvée. Le bilan qu'on tire de tout ça, c'est qu'on va le faire plus souvent. Il va vraiment y avoir d'autres roadtrips aussi agitées que ça ?

15:53
Invité

D'abord, si à chaque fois il se faisait engueuler, vous n'auriez pas, dans quatre passages, mis deux fois le même, qui est un militant LR. Vous auriez trouvé plein de Français qui auraient… Il y en avait beaucoup. Il y en avait beaucoup.

16:02
Présentateur

Ça aurait duré plus longtemps.

16:04
Invité

Il y a aussi des Français qui, sur son passage, ont été plus agréables à son endroit. Et la scène que vous venez de passer à l'écran que je vois, alors je ne sais pas si les téléspectateurs la voient, quand il est dans l'usine et qu'il se fait alpaguer par un syndicaliste et que les ouvriers…

16:19
Présentateur

On l'a expliqué là.

16:20
Invité

Non, non, mais c'est important aussi. Il était isolé. C'est pour montrer aussi que, je ne vous dis pas que des pétales de roses sont déversés sur le passage du président de la République depuis un an et demi. Ce n'est pas vrai. Mais qu'un président de la République qui resterait planqué à l'Élysée, qui n'irait pas parler directement à tous les Français… Mais ce n'était pas l'objectif. On pourrait lui en faire le reproche.

16:40
Présentateur

Ça a brouillé le message de cette itinérance.

16:41
Invité

Je ne crois pas. Vous savez, quand vous faites une itinérance par définition, vous n'allez pas… Alors, vous pouvez choisir d'avoir des lieux de mémoire. Bien sûr. Enfin, écoutez, il est dans le pays depuis 18 mois. Vous croyez qu'il vit où ? À l'écart du pays ? Enfin, est-ce que vous pensez sérieusement qu'en traversant une région qui a été frappée par la désindustrialisation, qui a un vote d'extrême droite avec des taux records, il n'allait pas être interrogé sur ces sujets-là ? Il n'allait pas être même parfois interpellé de manière un peu rugueuse ? Évidemment qu'il le savait.

Et que lorsqu'on va rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie dans le cadre du centenaire, il y a les événements officiels dans les cimetières, etc. Et puis il y a aussi les déambulations. Et il a voulu mettre l'accent aussi sur ces éléments-là qui sont partis.

17:25
Présentateur

Il a voulu conseiller de continuer à les faire engueuler par les Français.

17:28
Invité

Moi, je pense qu'un président de la République au milieu des siens, c'est mieux qu'un président de la République caché. Et que ses deux prédécesseurs ne pouvaient pas faire cet exercice à moins d'avoir un cordon sanitaire de policier autour d'eux, que lui le fait et que c'est important de pouvoir entendre ce que les Français ont à nous dire. Alors, Babette parlait à l'instant de la nouvelle communication citantée d'Emmanuel Macron. L'Express consacre cette semaine un dossier au rôle de Brigitte Macron, transgressive et rassurante à la fois, je cite. La première dame n'a pas de rôle officiel, elle est très présente aux côtés du président.

D'après un récent sondage à RIS Interactive, 85% des Français placent son implication auprès de son époux comme sa principale qualité pour 62%. Elle est plutôt donc un atout pour le président. Parmi ses sujets de prédilection, le handicap, l'égalité femmes-hommes, mais aussi l'enfance maltraitée. Elle était donc ce matin aux côtés de Marlène Chappat et de Jean-Michel Blanquer au collège des Petits-Ponts à Clamart dans les Hauts-de-Seine pour évoquer la lutte contre le harcèlement à l'école. Et nos reporters, Camille Ballant et Chloé Ambiel, y étaient. Le harcèlement, c'est quoi ? Ça se manifeste par quoi ?

18:32
Auditeur

C'est des mots, ça m'aide beaucoup, c'est des gestes aussi. On peut même être mort à cause d'un harcèlement des fois.

18:38
Invité

Madame Macron, en tant qu'ancienne professeure, quelle a été votre expérience du harcèlement scolaire ? C'est l'heure de vie de classe où tout se passait. Parce que je prenais en règle générale, je ne prenais pas toujours les filles et les garçons ensemble. Et la parole se libérait. Et quand elle ne se libérait pas, c'est à ce moment-là que je voyais quand un élève était gêné, empêché de parler. Et après, j'essayais de le prendre entre quatre yeux. Et j'essayais aussi de gérer directement avec le harceleur. Et à partir du moment où il est identifié, souvent il se calme. Madame, je suis un grand gestion envers vous. Je vous admire vraiment.

Je veux aussi vous dire que le président ne peut pas être là aujourd'hui. C'est pas grave, vous êtes là. Il inaugure un TGV au Maroc. Et donc, il est complètement avec nous, présent. C'est une cause qui lui est très à l'heure. Ça, tu vas voir mon grand-mère. Voilà, donc on mesure sa popularité, y compris auprès des plus jeunes. Alors on dit que c'est une des rares qui parle cash à son mari, que son point de vue compte beaucoup pour lui, que sa popularité, sa présence, son empathie adoucit l'image du président. Est-ce que vous pensez qu'elle pourrait avoir influencé le changement de ton du président ces derniers temps ?

Tout ça, je ne sais pas, ça appartient aux échanges qu'ils ont dans un cadre privé. Donc, ce n'est pas à moi. Vous l'avez remarqué, le changement. Mais à l'évidence, elle est assez cash, Brigitte Macron. Et là, c'est la parole et ce sont les mots d'une enseignante qui a exercé ce métier pendant de très nombreuses années et qui a conscience que la question du harcèlement scolaire, enfin moi, je pense qu'on a tous été très bouleversés par la vidéo de ce petit garçon la semaine dernière qui a fait le tour du web où on a un petit garçon de 7 ans.

Moi, je suis papa de deux enfants, qui ont 6 et 4 ans, petit garçon de 7 ans qui dit qu'il veut mettre fin à ses jours parce qu'il s'est tapé à l'école et que son petit frère se fait taper. C'est juste insupportable. Et ça touche tous les milieux. Parce que beaucoup pensent que, finalement, ça ne concerne que quelques établissements scolaires dans des zones défavorisées. Ça touche tous les milieux. Et on y a tous et toutes été confrontés. Oui, Jean-Michel Blancard a dit. Donc, elle apporte ces engagements qui sont des engagements sincères parce qu'ils ont des engagements qu'elle avait souvent bien avant le fait que son mari soit devenu président de la République.

20:49
Présentateur

Merci, Benjamin Griveaux. Vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité ?

20:53
Invité

Avec grand plaisir.