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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 28 juin 2026 57 minComplaisantDivertissementAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Comment redevenir une bonne poire | VIP Very Important Paysans

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi parler du loup aujourd'hui ?

  • 30:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les chiffres clés de la viande halal en France ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la ferme à la salle de bain ?

  • 50:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce sujet marketing en Italie vous a-t-il choqué ?

  • 1:00:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les différences entre lait cru et pasteurisé ?

  • 1:10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi la consommation de poire a-t-elle chuté ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 30:00Antoine RobinChiffre
    « En France, 12 millions de personnes quotidiennement, achètent halal, de la viande halal. Ca représente plus de 7 milliards d'euros devant l'industrie du bio aujourd'hui en France, et que c'est plus de 15 % d'augmentation depuis deux ans dans les grandes surfaces. »
  • 31:00Antoine RobinFait
    « On compte pas moins de 40 organismes de certification en France avec des critères de rigueur qui sont un peu variables. »
  • 32:00Antoine RobinFait
    « Le rite musulman exige que l'animal soit egorgé sans étourdissement préalable par un sacrificateur, et avec l'animal tourné vers la Mecque, ce qui pose problème à l'autorité européenne de sécurité des animaux qui dit que l'abattage sans étourdissement génère des souffrances supérieur. »
  • 40:00Fred (animateur)Chiffre
    « En 25 ans, on est quand même passé de 30 000 à 20 000 bergers en France. »
  • 1:40:00Marie PochonFait
    « La disposition qui était présente dans le texte à l'article 21 du projet de loi d'urgence agricole, c'était la possibilité dans le cadre des négociations commerciales de fixer une borne basse pour les producteurs et une borne haute pour les transformateurs ou les distributeurs dans lequel le prix serait négocié. »
  • 1:41:00Marie PochonFait
    « On a vu arriver le dernier jour d'examen, samedi matin, deux députés, Kasbarian, Terlier, des ultralibéraux de la majorité qu'on n'avait pas vus pendant tous les débats agricoles. »
  • 1:42:00Marie PochonChiffre
    « 100 000 agriculteurs en moins ces dix dernières années. »
  • 1:50:00Marie PochonFait
    « Il n'y a pas de corrélation entre le tir d'un loup et une baisse de la prédation. »
  • 2:00:00Marie PochonFait
    « On a le sentiment, nous, écologistes, qu'aujourd'hui, on utilise tous les textes qui passent pour à chaque fois affaiblir un peu le droit de l'environnement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Musique Chaque matin, ils sont debout aux aurores. Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes, pour nourrir chacun d'entre nous. Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des "Very Important Paysans". -Amis des campagnes, amis des villes, bonjour.

Nous sommes très heureux de vous accueillir à nouveau sur LCP pour un nouveau numéro de VIP, "Very Important Paysans", la première émission d'information consacrée au monde agricole. D'ailleurs, dans quelques instants, nous allons recevoir des agricultrices et agriculteurs. Ils nous ouvrent les portes de leur exploitation et partagent leur quotidien.

Mais avant de les retrouver, on va faire un petit tour de table avec mes vip à moi, mes "Very Important Partenaires" honneur aux dames, comme on dit avec Louise. Bonjour Louise. -Bonjour Fred. -Aujourd'hui, vous nous emmenez dans les hauteurs à la rencontre de bergers des Pyrénées. -Exactement, pour parler d'un sujet souvent clivant : le loup. -Et oui, on va parler du loup. -Je vais me lancer dedans. -Bon courage, j'ai envie de dire.

A vos côtés. On ne sait pas s'il a vu le loup ou s'il ne l'a pas encore vu. -Oh là là !

C'est Jean-Baptiste, notre agriculteur. -Il l'a vu, le loup. -Ca le touche directement, on voit bien. -Il n'y a pas de loup dans la Marne. -Si, les loups arrivent jusque dans la Marne et en bordure de la région parisienne. -C'est vrai.

Nous avons de très belles forêts pour accueillir ces loups. Mais en l'occurrence, vous, le loup, ne vous pose pas problème. -Moi, personnellement, tout va bien. -On est d'accord.

En ce moment, vous êtes sur quoi ? -On est plutôt dans la période de moisson. -Ca continue ? -Un période forte.

Et puis, qui dit moisson dit la récolte de nos futurs pains, de nos futurs pâtes, de nos futurs huiles et tout ça. C'est important de faire le lien entre ce qu'on récolte, nous, et ce qu'on va avoir dans nos assiettes. -On ne chôme pas en ce moment dans la famille Vervy.

Très bien. Il y a aussi Olivier. Bonjour. -Bonjour. -Vous venez de Bretagne. -Oui, comme d'habitude. -Mais oui, il paraît. -Je ne sais pas s'il y a des loups en Bretagne.

Aujourd'hui, on va parler plutôt de diversité fromagère. Et en forme pour en discuter. -Bien sûr, vous nous parlerez du fromage avec votre expertise que vous avez de la consommation et de la grande distribution.

Et c'est très important pour nous pour faire le lien. Et enfin, Antoine Robin. "The Antoine Robin". -Ca va Fred ? -The sniper of the VIP. -Est-ce que vous savez que parmi nous, nous avons une médaillée ?

Parmi nous-là, médaillé de quoi ? De qui ? C'est Louise, forcément. -Louise qui a reçu la médaille du Salon de l'agriculture il y a quelques semaines.

Et donc, je voudrais un tonnerre d'applaudissements. Après 18 ans de bons et loyaux services. Depuis l'âge de 18 ans, elle va au salon de l'agriculture. -Depuis l'âge de 18 ans, c'est vrai que je suis très attachée à ce salon. -Ce n'est pas anodin, parce que c'est une médaille pour ceux qui font la promotion et qui portent haut les couleurs de l'agriculture.

Et je suis très fier qu'on ait parmi nous une médaillée du salon de l'agriculture, s'il vous plaît. -Félicitations, Louise. C'est mérité. -Apéro ? -Et ce qui est mérité aussi, c'est le sommaire.

On vous emmène dans les montagnes, à la découverte des bergers, de leurs moutons, de leurs brebis, mais aussi de leur fromage. Nous recevons également Marie Pochon, députée du groupe écologiste et social de la Drôme. Et nous parlerons de la poire, un fruit qui se mange, oui, aussi en été.

Et on vous dira pourquoi et comment. Mais d'abord, que s'est-il passé dans nos campagnes ces dernières semaines ? Antoine Robin a fait le tour des actualités agricoles.

Et c'est notre "Very Important Press". Jingle Quelles sont les nouvelles, Antoine, du côté de nos amis agriculteurs ? -Là, on est en plein été.

On commence. Début des grillades, notamment des merguez. Et parfois, des merguez Halal.

Alors, je sais que le halal est un sujet qui, parfois, divise, clive, mais pas chez nous. Nous, on étudie le phénomène d'un point de vue agricole. Et savez-vous qu'en France, 12 millions de personnes quotidiennement, achètent halal, de la viande halal.

Ca représente plus de 7 milliards d'euros devant l'industrie du bio aujourd'hui en France, et que c'est plus de 15 % d'augmentation depuis deux ans dans les grandes surfaces. C'est un vrai phénomène, et donc, évidemment, on s'y est intéressé. Ce qui est passionnant, c'est qu'il y a de plus en plus de montées en gamme, par exemple une boucherie qui s'appellent Les Jumeaux, à Saint-Denis qui propose du halal de grande qualité.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'évidemment, c'est une filière qui vient d'exploser en très très peu de temps et qui a du mal à s'organiser. On compte pas moins de 40 organismes de certification en France avec des critères de rigueur qui sont un peu variables.

Ce qu'on pourrait reprocher à d'autres labels qui ont aussi du mal à s'installer. Et c'est le cas dans le halal avec des produits estampillés parfois halal qui ne le sont pas vraiment. Premier problème.

Deuxième problème. La souffrance animale, comme vous le savez, le rite musulman exige que l'animal soit egorgé sans étourdissement préalable par un sacrificateur, et avec l'animal tourné vers la Mecque, ce qui pose problème à l'autorité européenne de sécurité des animaux qui dit que l'abattage sans étourdissement génère des souffrances supérieur. Donc évidemment un problème.

Et il y a un autre cas aussi qui est assez surprenant celui-là, c'est qu'on a du mal avant Noël pour les familles musulmanes qui souhaitent manger halal de trouver du foie gras halal. Savez-vous pourquoi ? Parce que le gavage est considéré par de nombreux théologiens musulmans comme incompatible avec l'éthique de l'islam.

Et là aussi, on voit qu'il y a encore pas mal de choses à régler, mais quand même, c'est un phénomène que les grandes surfaces commencent à prendre en considération et on voit de plus en plus des rayons entièrement consacrés au halal. 12 millions de personnes en France mangent du halal quotidiennement. -Vous allez nous parler cosmétique, je crois, c'est ça ? -Vous connaissez le concept de la ferme à la salle de bain ? -Halal ? -Ils rient. -De la ferme à la fourchette, je connaissais. -Les Anglais appellent ça "the farm to the bathroom".

C'est une tendance extrêmement lourde dans le monde agricole. La diversification vers des produits cosmétiques issus du monde agricole. Par exemple le lait d'ânesse. -J'adore.

Moi, j'ai des savons au lait de chèvre, par exemple. -On en parlera peut-être tout à l'heure. -Fred est toujours en pointe. -C'est la filière des plantes à parfum.

C'est mobilisé sur 10 000 exploitations sur plus de 62 000 hectares en France. Et près de 40 % sont engagés en bio. C'est une vraie tendance entre, évidemment, Phyto abeillessence qui produit des cosmétiques à base de miel, l'abeille noire.

Dans le Doubs, une agricultrice cultive des roses anciennes et des plantes médicinales qu'elle transforme elle-même en déodorant et en soin. Et surtout, ça permet évidemment, on prend l'exemple d'un lait d'ânesse vendu directement à la ferme, c'est 10 à 20 fois la valeur d'un lait brut. Donc c'est une vraie source de diversification pour l'agriculteur, encore un peu négligée, mais là encore, on sent que les filières sont en train de s'organiser. -Il y a même une journée par an qui est dédiée à la rencontre entre professionnels de la cosmétique et de l'agriculture pour lier ces secteurs. -Et puis les valeurs, les pépins de tomate sont antioxydant, donc pour nous qui rentrons dans l'âge, ce serait pas mal qu'on commence à l'utiliser. -C'est important parce que ça participe des diversités des revenus agricoles.

C'est ces petits ruisseaux qui ramèneront des euros dans les ferme, ma chère Fred. -Donc, de la ferme à la salle de bain. -C'est noté.

On va faire notre commande. Et de la ferme, vous emmené en Italie, où là, je ne suis pas très contente, mais ça va faire plaisir à ces messieurs. -C'est sans doute l'information la plus taboue dans le monde agricole.

J'en parle à Jean-Baptiste, à qui j'ai posé la question. J'ai vu passer sur les réseaux l'histoire d'un concessionnaire italien, dans les Pouilles, qui a décidé d'avoir recours à des méthodes marketing, j'allais dire, d'un autre âge. Je vous demande de regarder un extrait. -Allez, c'est parti.

On va en Italie, les amis, pour du matériel agricole. *Musique Et voilà comment on vend des machines agricoles en Italie. Bravo... -Le plus heureux, ça a l'air d'être Antoine. -J'ai appelé... -Olivier apprécie aussi beaucoup. -D'abord parce que j'ai vécu longtemps en Italie.

Mais effectivement, j'avais l'impression de revenir dans les années...

J'ai appelé le concessionnaire pour savoir si ça lui permettait de vendre de plus de tracteurs. Et donc, je dis, si ça marche en Italie, pourquoi on ne ferait pas la même chose avec un certain Jean-Baptiste ? -Ah oui, si on prend un homme, pourquoi pas.

Mister agriculture l'année prochaine, on l'a présenté. -Pour vendre des pâtes ou du matériel agricole. Il a un tel succès auprès la gente féminine. -Mais tu as raison, dans une ferme, le commercial doit aussi convaincre madame pour dire : "Je peux acheter ça ou la caravane." Peut-être, oui. -C'est quelque chose à essayer.

Merci pour ces informations diverses et variées. -Très diverses et variées. -Merci beaucoup Antoine.

Sans transition aucune, ils sont plus de 20 000 en France et on est tous heureux de les croiser sur nos petits trous de montagne, un bâton à la main quand ils emmènent leurs troupeaux pâturer. Ce sont nos bergers. Et oui, on va parler tradition, les fromages avec notre premier "Very Important Produit".

Jingle Et pour parler de ces bons produits, nous recevons Eugénie Schaff, chevrière dans le Puy-de-Dôme. Bonjour. -Bonjour. -Merci d'être avec nous. -On dit chevrière, Fred ? -Eh bien, justement, j'aimerais bien qu'on pose la question à Eugénie. -Chevrière, oui. -Et bergère, du coup... -Et bergère pour des brebis. -D'accord, OK, donc nous recevons une chevrière. -On entend tellement de trucs ! -Oui, c'est fou, c'est dingue, restez avec nous, vous allez apprendre plein de choses sur ce métier de chevrière.

Et celui d'Eugénie qui vit dans le Puy-de-Dôme, c'est une région que je connais bien, un département. Vous êtes où dans le Puy-de-Dôme ? -Alors nous on est à Sugères, c'est sud-est de Clermont-Ferrand. -Oui c'est ça, du côté d'Issoire. -Tout à fait. -Un coin magnifique qu'on aime beaucoup.

Mais c'est une région où on croise plutôt des troupeaux de vaches. Moi, j'ai rarement vu des chèvres, même là-bas. -C'est ta région, Fred. -Oui, c'est ma région. -Un département, effectivement, où on a énormément d'AOP en fromage de vache.

On a le Saint-Nectaire, le Bleu d'Auvergne. -Le Cantal. -Du Cantal, du Salers...

Donc, c'est vrai, mais on a à peu près 80 exploitations de chèvres et de brebis. On a encore moins de brebis, effectivement, dans le Puy-de-Dôme. Et on a même créé une association qui s'appelle Cabrioles 63 pour fédérer ces éleveurs et pour qu'on ait un petit peu plus, de poids quand on veut négocier un petit peu des financements, des choses comme ça.

Et aussi pour éviter que les éleveurs soient isolés et qu'on puisse s'entraider et puis aider les nouveaux installés aussi. -Alors, vous avez eu une première vie professionnelle avant de devenir chevrière en 2018. Qu'est-ce que vous faisiez avant ? -J'étais responsable hygiène, sécurité, environnement dans l'industrie agroalimentaire.

J'avais déjà un pied un peu en fromagerie. -Vous êtes top au niveau des contrôles, aujourd'hui. -Ils rient. -Le contrôleur il rentre même pas... -L'auditrice, c'était moi, à la base.

Les contrôles par la DDPP, ce n'est pas un problème. -Vous rêviez de grands espaces, en fait. C'était ça, l'idée ?

Vous en aviez un peu marre d'être enfermée ? -J'ai grandi en campagne. Alors, dans ma famille, mes parents n'étaient pas du tout agriculteurs.

Et pourtant, plus j'y repense, ça paraît une évidence pour moi aujourd'hui de faire ce métier-là. Après avoir été sept ans dans l'industrie, envie d'autre chose, d'un autre rythme de vie. Je ne me voyais pas élever mes enfants avec le rythme de vie que j'avais.

Beaucoup sur les routes, de la pression aussi sur les épaules. -Mais le rythme de vie d'un agriculteur n'est pas très enviable et qu'on a peu l'occasion de mener une vie de famille stable, équilibrée. -Moi, j'ai trouvé un équilibre qui, aujourd'hui, me va bien pour moi, pour mes enfants. -On va vous voir, justement, dans cet équilibre, dans votre environnement naturel.

On a des extraits à vous montrer d'un reportage qu'on a fait sur vous. -Les levées de soleil le matin, quand je commence à travailler, sont absolument magnifiques. C'est ce qui m'a donné envie de me lancer dans l'agriculture.

Aujourd'hui, j'ai la chance de pouvoir vivre au rythme de mon troupeau, au rythme des saisons. Cloches --- Venez ! Bêlements -Ce sont des chèvres de race alpine.

C'est la race chamoisée parce qu'elles ont une robe très proche de celle du chamois. C'est une race bien adaptée à nos climats, mais quand même un petit peu sensible à la pluie, au vent. C'est un peu des princesses. -Moi, Eugénie, j'avais l'impression d'être dans "Manon des sources".

Vous pouvez nous refaire le petit cri pour appeler les chefs ? -Et les boucles d'oreilles en toutes circonstances. Dans les champs, on est toujours...

Magnifiques. -Oui, bien sûr qu'on est magnifiques. -Je ne dis pas le contraire. -Aujourd'hui, vous avez 60 chèvres, deux boucs reproducteurs et une quinzaine de chevrettes.

On les a vues sur ces images. Vous transformez le lait de vos chèvres en fromage. On en a quelques-uns sur la table.

Quel type de fromage c'est ? -Alors moi, je fais plein de choses. Alors je fais du lactique, qui est le fromage de chèvre classique qu'on voit très fréquemment.

Donc du frais au crémeux en passant aussi par les secs, les mi-secs. -C'est ce qu'on voit là sur le plateau actuellement. -Je fais des lactiques cendrés aussi.

Donc à l'image du Valençay, par exemple. J'ai des petites subtilités. J'ai un petit fromage cendré au noix qui est un petit peu un des premiers produits phares de l'exploitation. -Le Valençay, c'est celui en forme de pyramide, mais coupé.

Napoléon qui revient des campagnes d'Egypte. -Encore lui ! -Et qui a pris une grosse défaite, une grosse branlée, il arrive avec son sable et donc coupe le haut du Valençay.

Donc vous en faites un équivalent. -Voilà, tout à fait. -Vous dites que vous faites du lactique du plus frais au plus affiné, mais vous ne donnez pas de nom à vos fromages.

Je n'entends pas de crottin de, de bûche, de machin, etc. Vous n'avez pas le droit, il n'y a pas d'appellation ? -On n'a pas d'AOP, donc on est un peu libre, finalement, sur l'appellation de nos produits.

Alors moi, je m'inspire de mes proches. Je fais des petites bouchées apéritives qui s'appellent les volcans d'Adèle. On est dans le Puy-de-Dôme et Adèle, c'est ma plus grande. qui est née avec le troupeau.

J'étais à la maternité, mon troupeau était en train de naître. Donc elle adore quand je raconte cette histoire. Et elle a grandi avec le projet. -"Bouchée apéritive", vous vous adaptez au snacking, à la demande actuelle, c'est ça que vous voulez dire ? -Voilà, c'est un petit bouchon apéritif.

C'est ce qu'il y a sur le plateau. Et alors ça, c'est un produit qui...

Il fonctionne. -Oui, parce que c'est un snacking salé, pratique. -J'ai un client... j'en vends à peu près 10 kilos par semaine. -Tous au lait cru ? -Oui. -Olivier, là, on parle de fromage fermier au lait cru.

Dans nos supermarchés, on est plutôt sur du pasteurisé. Mais finalement, on ne sait pas trop s'y retrouver. On perd un peu notre latin.

Comment on fait pour choisir son fromage ? Et quelles sont les différences entre du lait cru, du pasteurisé ? Le pasteurisé est moins bon ? -Tu as un spécialiste du contrôle sanitaire. -Ils rient. -Donc si tu le plantes, t'en prends une. -Alors expliquez-nous les différences, Olivier. -Alors c'est certain, chère Fred, que quand on voit la diversité du plateau fromager français, ces 1 200 références, on peut s'y perdre.

Alors finalement, comment choisir, quel que soit le lieu, qu'on soit en drive fermier, en magasin de producteurs, en grande distribution. Le premier repère, c'est, vous l'avez dit, le lait. à savoir, est-ce qu'on choisit un lait pasteurisé ou au lait cru ?

Alors la pasteurisation, c'est tout simplement éliminer un certain nombre de bactéries. Ca fera faire un fromage qui sera plus régulier, mais aussi plus industriel et quelque part qui perdra sans doute un peu le goût de son terroir. Deuxième choix, un fromage au lait cru.

A ce moment-là, on a autre chose, on a une méthode de fabrication toute personnelle qui va directement au producteur. C'est aussi une rémunération du producteur des fois qui est meilleure. Donc le lait qui est le premier repère nous amène à un deuxième repère, les signes de qualité.

Il y a 57 appellations d'origine protégée en fromage aujourd'hui en France. Alors vous les connaissez, Comté, Roquefort, Abondance, Saint-Nectaire. Et ce qui est important, c'est que ces 57 AOP sont de véritables merveilles.

C'est un trésor patrimonial français en termes gustatifs qu'il convient de protéger. Donc je dirais à nos téléspectateurs, quand vous pouvez, essayez de regarder s'il y a la pastille AOP parce que c'est du patrimoine français. Troisième repère, fermier.

Fermier, ce qui veut dire finalement un fromage avec lequel le producteur a pensé à donner son caractère, son terroir, son image, son goût, une qualité gustative. Donc je dirais que quand on doit choisir un fromage aujourd'hui, on pense au lait. Pour moi, plutôt du lait cru.

Pour moi, plutôt une AOP, sauf si c'est le fromage de madame. Et puis derrière, évidemment, un fromage fermier parce qu'on doit soutenir aujourd'hui la ferme. Et les fromages en vente directe, l'agriculteur, l'éleveur reçoit bien plus, aux environs de 25 à 30 euros de valeur ajoutée.

Il faut les soutenir. -Combien vous vendez vos fromages ? Le nerf de la guerre, c'est toujours le prix. -Et le coût de production. -Entre un fromage pasteurisé et ce que vous faites, vous... -Moi, j'ai beaucoup de fromages différents.

Donc, je vais avoir ce que j'appelle un peu des produits d'appel, donc le petit crottin, la brique de chèvre, qui est vraiment le fromage classique que les gens achètent, que je fais plutôt en quantité. Je vais être sur des prix entre 3 euros et 4,50 euros. -Et vous pouvez nous rappeler tout le travail qu'il y a derrière la vente directe aussi, parce que c'est mieux rémunéré.

On le présente souvent comme la situation idéale, mais c'est aussi beaucoup travail derrière. -Je pense que si on compte le nombre d'heures de travail, c'est sûr que derrière, non, ce n'est pas forcément rémunéré au prix juste. -On est producteur, artisan, commerçant. -On fait toutes les casquettes.

Et je suis toute seule sur l'exploitation. -Avec des enfants...

Vous arrivez encore à trouver de l'équilibre pour tout ça. J'ai une question. En général, on voit les chèvres et les moutons en transhumance.

Vous, c'est le cas ? -Je ne fais pas d'estive. J'ai la chance d'avoir toutes mes parcelles autour de la ferme.

J'ai 15 hectares de prairies naturelles. Donc c'est vraiment des prairies, ça fait 60 ans qu'elles n'ont pas été labourées, on n'est pas à une très grande altitude, on est à 650 mètres d'altitude, mais par contre on a un foin de moyenne montagne, beaucoup de fleurs, pour faire un foin de super qualité, et puis en pâturage, pour les chèvres, c'est excellent. Et on tourne sur les 15 hectares tout autour de la ferme.

Donc, on n'a pas besoin de partir dans les estives. Par contre, on a vue sur le plateau du Sancy de la ferme. -Louise, j'aimerais que vous nous parliez d'une histoire qui n'est pas toujours si simple parce que les chiffres parlent d'eux-mêmes.

En 25 ans, on est quand même passé de 30 000 à 20 000 bergers en France. Et l'histoire que vous allez nous raconter résume bien les difficultés de ce métier. Et c'est notre "Very Important Personne".

Jingle -Fred, aujourd'hui je vous raconte l'histoire de Marion Ossiniri et à travers son histoire, c'est celle de tous les bergers de zones de montagne. Marion, elle est bergère en Valais d'Aspe, dans les Pyrénées, elle a 400 brebis avec son mari qu'elle amène en estive au beau jour. Et puis pour Marion, la montagne, comme pour beaucoup, c'est toute sa vie, c'est là où elle a grandi, là où elle a élevé ses enfants, la voilà, et puis là où elle se sent dans son élément.

Mais depuis quelques années, les contraintes s'accumulent, la pression touristique bien sûr, le changement climatique aussi, et la prédation. En plus de l'ours, dans les Pyrénées, depuis quelques années, le loup rôde, il attaque parfois et il inquiète beaucoup. Dernièrement, Marion et ses collègues de la vallée de l'Ouzum, ont été amenés à se défendre contre des attaques répétées de la part d'un loup.

Comme leur autorise la législation, ils ont effectué des tirs de défense. Donc c'est des tirs pour éloigner ou neutraliser un loup qui s'attaque directement au troupeau. Ils ont été une vingtaine d'éleveurs à se relier jour et nuit sans jamais réussir à avoir ce loup.

Et comme l'exige la réglementation, ils ont au préalable déclaré à l'administration qu'ils allaient faire ces tirs pour les prévenir. -Qu'est-ce qui est arrivé à ces éleveurs ? -Ils ont tous reçu un courrier, une convocation au tribunal suite à la plainte de trois associations animalistes et écologistes.

En fait, c'est une habitude. Maintenant, ils ont pour consigne de porter plainte systématiquement dès qu'un tir est opéré, même si c'est dans le respect de la loi. -D'accord. -Alors aujourd'hui, Marion et ses collègues, ils se sentent usés, démunis et surtout incompris parce que ce sont eux qui sont dans la montagne avec 400 brebis à protéger seuls, eux qui connaissent la boule au ventre la nuit de peur qu'une attaque ne survienne et encore eux qui connaissent le traumatisme le matin de retrouver leur bête dévorée. -Mais l'idée, ce n'est quand même pas d'éradiquer le loup. -Non, bien sûr que non.

Le loup est revenu dans notre pays quand il n'aura plus besoin d'attaquer des proies faciles, c'est une bonne chose pour les équilibres naturels. Il a toute sa place dans nos montagnes. Mais il faut permettre aux bergers de se défendre pour exercer leur métier en toute sérénité.

Métier qui existe depuis toujours et qui rend service, niveau écologie, économie et social dans les montagnes. -Ca va être quoi la suite pour ces éleveurs ? -Eh bien, l'audience a eu lieu ces débuts de mois, donc le verdict du juge est attendu d'un moment à l'autre, peut-être qu'il sera sorti quand paraîtra l'émission.

J'ai eu les éleveurs au téléphone, ils sont sereins, ils sont sûrs d'avoir fait ce qu'il fallait et ce qu'on leur demandait pour protéger leurs troupeaux dans le respect de la loi, donc affaire à suivre. -Pourquoi il y a des rouges et des bleus ? -Souvent, ils montent en estive les troupeaux de plusieurs élevages, donc c'est pour reconnaître quelle brebis appartient à qui. -Ca promet un débat passionnant tout à l'heure avec la députée Marie Pochon. -Il faut en parler, mettre les pieds dans le plat, et essayer de concilier la nature et les activités humaines, et c'est pas si simple. -Vous avez des loups, vous ? -Il n'est pas loin.

Il y a des zones par rapport à la prédation. On est passé en zone 2 depuis l'année dernière. La présence du loup est avérée dans le Puy-de-Dôme.

Dans mon secteur, il n'y a pas encore eu d'attaque. Mais oui, il y a des traces du loup. Il arrivera de toute façon également dans notre secteur.

On ne sait pas quand, mais il se déplace et ils arriveront. Après, voilà, on...

C'est un gros débat. Je suis très partagée parce que je suis pour aussi cette réintroduction et cet équilibre écologique qui est important. Et c'est vrai que sur des grands troupeaux, quand on a 3 000 bêtes, on se fait prélever une quarantaine de brebis, c'est dommageable.

Mais quand on a 60 chèvres et qu'on se fait prendre cinq chèvres, c'est compliqué. -Et encore, il ne dit pas : je prends 10 %. Quand il va arriver, il va "faire plaisir", il va faire peur à tout le monde. -Il va stresser le reste du troupeau. -L'impact peut être plus fort chez toi. -Merci beaucoup, Eugénie, d'être venue nous voir sur le plateau de VIP.

On aurait aimé parler avec vous. -Et merci pour tous les fromages. On va se régaler. -Bon retour et bonne continuation, bien sûr, avec vos chèvres dans le Puy-de-Dôme.

L'agriculture, vous le savez, c'est forcément politique. Alors, quelles sont les actions de nos élus en faveur de l'agriculture française et de ses acteurs ? On ouvre le débat dans VIP tout de suite.

C'est notre "Very Important Politique". Jingle Et aujourd'hui, nous recevons Marie Pochon, députée écologiste de la Drôme. Bonjour Madame Pochon. -Bonjour. -Merci d'être avec nous. -Tout va bien. -Tout va bien se passer.

Vous allez voir que le débat va s'ouvrir assez vite. Mais d'abord, faisons connaissance. Vous avez 36 ans, vous êtes une jeune députée de la Drôme, un département magnifique et très agricole.

Et vous êtes d'ailleurs la fille d'un père qui est maire et d'une mère viticultrice en bio. C'est bien ça ? Et vous représentez également le groupe écologiste sur une terre qui est très rurale.

C'est assez étonnant. On va en parler. Mais pour mieux vous connaître, on va vous proposer un petit portrait chinois.

C'est une tradition dans la famille VIP. J'ai envie de vous demander, si vous étiez un animal de la ferme. -Là comme ça je penserais à des poules tout simplement parce que j'en ai installé récemment là où j'habite aujourd'hui et que je trouve que c'est un animal très calme, très agréable à vivre tout simplement et puis très agréable parce qu'on trouve toujours dans leur petit nid des oeufs chaque matin, je trouve ça plutôt sympa et ça demande très peu d'entretien. -C'est vrai.

La poule pour vous, Marie Pochon. -Julien Denormandie, c'était le cochon. On change d'ambiance. -Si vous étiez un aliment fétiche de la ferme ? -L'abricot, parce que c'est mon fruit préféré.

On en cultive des très bons dans les Baronnies provençales, notamment dans la Drôme. -C'est vrai. -Avec une IGP qui est montée récemment et qui a besoin de soutien également pour cette filière.

Et je trouve que c'est un fruit délicieux et qui peut se déguster à la bonne période, pile au moment où on a envie de manger des fruits, justement. -Exactement, puis on est dans la saison de l'abricot, ça commence à arriver tout doucement et on va se régaler bien évidemment. -Une filière qui monte en gamme, on a souffert pendant des années. -Exactement.

Je le disais, vous êtes née dans la Drôme, votre papa a été maire et votre mère...

Est toujours, Il est toujours maire et votre maman est toujours viticultrice. -Non, elle vient d'arrêter, elle est à la retraite. -Donc vous êtes tombée dans ce milieu-là, très, très rapidement.

Je veux dire, ce sont vos racines. Mais l'écologie, c'était une évidence pour vous ? -Je ne crois pas que quand j'ai grandi, ce fut une évidence.

Quand on grandit dans le milieu agricole, dans une ferme et entouré de la nature, de la campagne, etc., forcément, on a une relation à la nature qui peut être différente d'autres enfants. Ca, j'en suis assez persuadée.

Mais pour le coup, mon engagement écologiste est venu bien plus tard, au cours de mes études, où j'ai rencontré un certain nombre de personnes dont je voyais qu'elles partageaient la même vision du monde. Mais sans doute que cette vision elle se construit au travers également, bien évidemment, d'expériences passées, du travail de ma maman, elle m'a toujours beaucoup inspirée. J'ai toujours trouvé cette femme très forte et très courageuse de s'engager dans un milieu qui est extrêmement masculin.

Elle n'avait pas du tout fait les études pour devenir agricultrice. Ce n'était pas le projet de sa vie, elle s'était installée à Grenoble pour être kiné, et c'est quand mon grand-père a laissé sa ferme qu'elle est revenue là où j'ai grandi, pour s'installer, et j'ai trouvé ce parcours très courageux, de monter sa cave, de commencer à vinifier. Bien évidemment que ça construit en tout cas une relation aux vivants qui est forcément différente. -On oppose souvent agriculture et écologie, vous alliez les deux côtés par votre parcours personnel et votre parcours politique, comment vous alliez ces deux côtés personnellement ? -Je considère qu'il n'y a rien de plus commun que les questions agricoles et les problématiques écologistes.

Je me désole de voir ce débat très caricatural avec l'engagement de personnes, d'agriculteurs, dans un discours très anti-écolo. Et parfois, ça conduit à une construction identitaire de certains agriculteurs, pas de tous. -C'est les premiers écologistes, les agriculteurs, en général.

C'est eux qui ont le rapport direct à la terre. C'est leur matière première, c'est leur principal actif. En général, ils en prennent soin. -J'en connais beaucoup, des premiers écologistes.

Un coup, c'est les chasseurs. Un coup, les agriculteurs. Il y a plein de gens attachés à l'écologie dans ce pays, et bien plus que de gens qui votent pour l'écologie ou qui sont sympathisants écolo.

Par contre, il y a certains agriculteurs qui aujourd'hui se construisent identitairement contre l'écologie, et ça, ça me désole, car c'est pas comme ça qu'on va pouvoir construire un avenir pour notre agriculture et pouvoir produire demain. Et dans l'autre sens, je pense que les écologistes, comme mouvement politique, ont pu faire des erreurs en termes d'incarnation, de discours et ça j'en suis bien consciente. Pour autant depuis que j'ai députée, j'ai jamais croisé autant d'écologistes partout dans la campagne, d'écologistes agriculteurs, de personnes qui sont engagées dans des dynamiques d'agriculture durable, d'agriculture qui soit utile au territoire, non seulement en termes de productivité et de rentabilité mais qui soit également utile au territoire et durable pour les sols, pour l'eau, etc.

Et je crois que c'est le but de tout agriculteur aujourd'hui, c'est d'avoir du sens dans son travail. Ce n'est pas le cas tout le temps, ni pour tous. -Certains se construisent contre l'écologie.

Pour être clair, est-ce qu'il y a des secteurs, des filières agricoles qui sont plus, selon vous, en retard et qui se construisent plus contre l'écologie ? Lesquelles ? Mais ça, on les connaît, et ce n'est pas à moi de les édicter en tant que députée.

C'est les scientifiques qui font leur travail, c'est l'INRAE, des instituts, effectivement, qui mènent des études sur la durabilité des systèmes agricoles. Et il y en a certains qui sont plus durables que d'autres. Tous les modèles qui sont aujourd'hui dépendants d'intrants, d'engrais, ou d'alimentation qui vient de... -Attention, vous êtes en train de parler de la majorité des agriculteurs en France. -Tous les modèles qui sont aujourd'hui dépendants... -C'est pas si grave les intrants chimiques. -Vous énervez notre agriculteur. -Il faut quand même se rendre compte que depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, on a plus financé l'effort de guerre russe en achetant leur engrais qu'on a financé l'armée ukrainienne.

Et il y a un moment où ce n'est pas les agriculteurs qui sont fautifs. -Merci de le dire. -Mais bien évidemment que ce n'est pas eux qui sont coupables là-dedans.

C'est une question de modèle, un modèle porté par la puissance publique et dans lequel on entraîne des agriculteurs qui pourraient faire autre chose. Mais il faut les accompagner. C'est des caps posés à notre agriculture que moi, je crois être pas les bons.

Je ne défends pas les politiques agricoles menées par ce gouvernement, tout simplement parce qu'on est en train d'y perdre en matière de biodiversité, en matière climatique, en résilience en eau, d'autonomie stratégique et de souveraineté puisqu'on est dépendant du monde entier pour l'ensemble de notre alimentation et on est en train d'y perdre en matière d'agriculture. 100 000 agriculteurs en moins ces dix dernières années, ça devrait être un cri d'alerte pour tout le monde et on est en train de continuer à foncer dans le mur. Oui, je crois que moi mon travail en tant qu'élue c'est d'assurer qu'on puisse produire demain, assurer notre souveraineté alimentaire c'est-à-dire notre capacité à nous nourrir demain et c'est ce que j'essaye de faire dans cette assemblée. -L'actualité agricole, c'est bien sûr la loi d'urgence votée récemment par les députés.

J'aimerais qu'on regarde votre intervention sur le sujet, mardi 2 juin à l'Assemblée. -Une grande loi de réconciliation, l'appelez-vous. Ce samedi, aux dernières heures d'examen du texte, vous avez fait supprimer, avec le soutien amical des députés du Rassemblement national, décidément des bons paillassons macronistes, la seule disposition intéressante de ce projet de loi : les tunnels de prix.

Madame la ministre, j'avais abordé ce texte avec un sincère espoir qu'il vienne protéger notre marché intérieur des produits qui ne respectent pas nos normes, qu'il assure aux producteurs des revenus dignes, qu'il assure aux enfants français de pouvoir se nourrir sainement. A la fin, il n'y reste qu'une obsession, celle de détruire l'environnement. -Alors, on va parler des tunnels de prix.

Vous pouvez nous expliquer ce que ça veut dire ? -Globalement, la disposition qui était présente dans le texte à l'article 21 du projet de loi d'urgence agricole, c'était la possibilité dans le cadre des négociations commerciales de fixer une borne basse pour les producteurs et une borne haute pour les transformateurs ou les distributeurs dans lequel le prix serait négocié. On ne pourrait pas aller en dessous, ni au-dessus.

Ca, c'était les dispositions de l'article 21, dans lequel subsistaient certaines dérogations possibles. Tout cela était à titre expérimental. Donc, au sens de mon groupe il n'allait pas assez loin.

On se bat depuis plusieurs années, pour des prix rémunérateurs plancher, la borne basse, globalement, sans définir forcément une borne haute, mais pourquoi pas, c'était la proposition du gouvernement. Ca allait plutôt dans le bon sens, même si ça restait trop faible, puisque ça laissait à un trop grand nombre de filières la possibilité de pouvoir y déroger, et donc de ne pas pouvoir rémunérer dignement les agriculteurs, ce qui nous posait question. -Aujourd'hui, ces tunnels de prix auraient au moins une vertu, et ça ce sont les économistes qui le disent, c'est d'amener une possibilité de fluctuation qui ne jette pas les gens les uns contre les autres.

Et surtout d'assurer un plafond qui serait actualisé en fonction d'un certain nombre d'indices. Et vous êtes battue alors pour le garder ? -On était plutôt favorable à cet article.

Le gouvernement a profité de l'adoption à l'article 19, la veille d'un amendement fixant pour la borne basse un prix rémunérateur, qu'il ne puisse pas descendre en dessous des coûts de production. Enfin, tout ça est du bon sens ce qu'on a pu faire adopter à l'article 19. Pour autant, le gouvernement s'est réveillé le samedi matin avec l'idée de jeter par la fenêtre les tunnels de prix, de se dire que de toute façon, ça ne servait plus à rien de parler de revenus parce qu'on avait établi cette borne basse. -Qu'est-ce qui s'est passé selon vous pour le présenter puis le retirer ?

Brouhaha -C'est les grandes surfaces qui ont fait pression ? -Je pense qu'il y a eu des coups de fil qui se sont passés pendant la soirée ou jusqu'au lendemain. Pour vous dire comment ça s'est passé, on a vu arriver le dernier jour d'examen, samedi matin, deux députés, Kasbarian, Terlier, des ultralibéraux de la majorité qu'on n'avait pas vus pendant tous les débats agricoles.

Ils ne travaillent pas sur les questions agricoles. Juste pour défendre cet amendement de suppression de l'article sur les tunnels de prix, en service commandé par Mme Gennevard et sans doute par d'autres acteurs industriels, n'avaient aucun intérêt à voir ces tunnels de prix s'établir, même de manière expérimentale et même avec plein de dérogations possibles. -Quand on vous écoute, formidable.

Vous êtes derrière la veuve et l'orphelin, aider les agriculteurs dans la grande précarité, faciliter la transition agro-éco, vous battez le pavé, vous installez les jeunes agriculteurs, et pourtant ils ne viennent pas voter pour vous. Il est où l'hiatus ? Qu'est-ce qui ne va pas dans la méthode ? -C'est difficile de dire ça pour moi. -Vous travaillez pour un groupe parlementaire les écologistes.

On se dit que normalement, quand on vous écoute, il serait totalement naturel que les agriculteurs, dont Jean-Baptiste, votent pour vous naturellement. C'est ça que je ne comprends pas. Problème d'incarnation ?

Je ne pense pas que la politique se joue au mérite. Je pense qu'on a un certain élus qui ne méritent pas trop de l'être, qui n'ont pas beaucoup travaillé pour l'être. Mais chez les écolos ou ailleurs ? -Non, de manière générale, dans la vie politique, il y a des gens très sérieux, qui font très bien leur travail et qui perdent aux élections.

Parce ça ne se joue pas là-dessus. Alors il y a les ingérences et l'IA qui arrivent en plus, mais la manière dont se jouent les campagnes, elles sont très nationales, autour de figures politiques très médiatisées. C'est une construction de communication qui ne dit pas grand-chose finalement de l'adhésion à des idées ou à un autre.

Qui pourrait décrire le programme du RN, typiquement en matière d'économie, de politique agricole ? Moi j'ai du mal à voir. Et en vérité, ce n'est pas forcément clair.

Pour autant, ils ont du succès, je ne vais pas le nier. Même dans ma campagne et dans toutes les campagnes de France, et d'autres endroits, je constate cela. Bien évidemment, j'essaye de porter un discours qui vient de là où j'ai grandi, de là où je suis élue, d'une écologie rurale, populaire, et je crois que ça parle à un certain nombre de personnes.

Est-ce que ça suffira ? Je ne sais pas. On est un certain nombre d'élus à le faire.

On a plein de maires ruraux, plein de personnes qui s'engagent, qui ne portent pas forcément l'étiquette écologiste sur le front parce que c'est de plus en plus difficile également de se dire écologiste dans nos campagnes, il faut le dire aussi. Mais par contre, moi j'en rencontre tous les jours des élus, des militants, des citoyens qui pensent à l'écologie quand ils oeuvrent et il sont plein dans nos campagnes. -On va faire entrer le loup dans la bergerie, si vous voulez bien, puisque effectivement, le loup fait partie aussi de cette loi.

Une loi qui assouplit le cadre légal de la lutte contre le loup, notamment en supprimant l'autorisation préalable pour les tirs de défense. Vous en pensez quoi ? -Moi, j'ai regretté.

J'ai beaucoup pris la parole lors de cet article, mais sur tous les articles. -Ils rient. -Mais effectivement, sur cet article-là, puisque c'était un article qui visait seulement à faciliter les tirs et finalement la régulation de l'espèce loup, sans penser l'ensemble des mesures de protection qui devraient, à mon sens, y être associées. -Il y en a beaucoup déjà.

En dix ans, on a considérablement progressé. -Il y en a beaucoup, mais il n'empêche qu'on est dans une loi agricole, c'est-à-dire que notre enjeu, là, ne devait pas être la préservation ou non d'une espèce protégée, ça devait être la protection des cheptels. On est dans une loi agricole.

Sinon, on aurait fait un texte sur les espèces sauvages protégées et on aurait réfléchi à ce qu'on fait de ces espèces. Là, on était sur un texte agricole. Et pour autant, on n'a pas parlé protection des cheptels.

On a parlé tir de loup. C'est des sujets un peu différents. Bien malheureusement, peut-être.

Mais en tout cas, il n'y a pas de corrélation. Et ça, c'est les scientifiques qui le disent. Malheureusement, on a trop peu de recherches sur ces questions-là.

Mais des chercheurs travaillent sur ces questions-là en France. Ils nous disent qu'aujourd'hui, il n'y a pas de corrélation entre le tir d'un loup et une baisse de la prédation. Aujourd'hui, la baisse de la prédation, la baisse des attaques, on la voit corrélée à l'installation des mesures de protection.

Berger, barrière, chien de protection, c'est des choses qui sont dures pour les éleveurs. Ca prend un espace financier, moral énorme que de gérer des chiens de protection, que de gérer le barriérage, etc. C'est d'autres pratiques agricoles.

Et effectivement, c'est extrêmement lourd pour les éleveurs. Et je peux le dire, je viens de la Drôme. C'est un territoire prédaté depuis déjà plus de 20 ans.

Donc tous les élevages se sont adaptés par chez moi. Il n'empêche que c'est là où les pertes ont stagné ces dernières années, alors qu'elles explosent sur le front de colonisation, là où les troupeaux ne sont pas protégés. Et donc, effectivement, moi je pense qu'il faut appliquer ce qui marche.

Ca ne veut pas dire être opposé au tir, mais qu'il faut y associer l'ensemble des outils qui marchent. -J'ai une dernière question. Sur l'un des principaux enjeux qu''est l'eau.

Le problème de l'eau, avec là encore un assouplissement de la réglementation sur les zones humides et sur les fameuses méga-bassines. Rapidement, vous pouvez nous expliquer ce que vous en pensez, vous, de cet assouplissement de la loi ? -Là, on a eu plusieurs assouplissements, dans le projet de loi d'urgence agricole qui sont sur le stockage de l'eau en matière quantitative et même sur la qualité de l'eau sur les zones de captage pour l'eau potable qu'on a au robinet.

Et puis, un article également sur les zones humides dont on peut questionner aussi la présence dans un texte agricole. Mais bon...

On y fait passer un certain nombre de choses. C'est sans doute les articles les plus compliqués d'un point de vue du droit environnemental. Et on a le sentiment, nous, écologistes, qu'aujourd'hui, on utilise tous les textes qui passent pour à chaque fois affaiblir un peu le droit de l'environnement, puisque c'est ce qui s'est passé sur le PGL simplification. -On n'est pas allé trop loin ?

Ce n'est pas un rééquilibrage ? -Moi, je n'en suis pas. Quand je vois les prévisions climatiques, quand je vois les prévisions en termes d'effondrement du vivant, je ne sais pas si on va assez loin, en vérité, en la matière.

La France n'a jamais respecté l'accord de Paris. On ne le respecte toujours pas. Et a priori, on ne va pas le respecter demain.

Et sur l'effondrement du vivant... -Sur la question de stockage. -Toutes ces questions-là vont ensemble, en fait.

Tout ça est interconnecté. La question du stockage, c'est aussi le grand cycle de l'eau. Comment on ralentit l'eau, 'est ça, notre sujet.

On a beaucoup artificialisé, etc. Et donc, aujourd'hui, on a des sols qui n'absorbent plus l'eau, qui n'infiltrent plus l'eau, et l'eau va plus vite. On n'arrive plus à la stocker.

Alors que les conditions climatiques ont changé, l'eau tombe moins. Et par ailleurs, elles tombent plus au même moment. C'est moins équilibré sur toute l'année.

D'où cette incitation au stockage. Moi, je ne suis pas contre le stockage. Je pense que c'est une bonne idée.

Je pense que c'est très bien d'avoir des retenues collinaires, etc. Et les écologistes ne sont pas opposés au tout stockage. C'est pas ça le... -Oh, oh.

On a eu Benoît Biteau il y a peu il disait pas exactement ça. -On est opposés aux méga-bassines, au fait d'aller forer de l'eau dans des nappes pour remettre l'eau en surface, ce qui est contraire au bon sens. Mais pas aux retenues collinaires.

Pour moi, c'est à deux conditions. Que les pratiques agricoles qui bénéficieront de ce stockage mettront en place des pratiques qui iront vers la sobriété, en tout cas. Ca, c'est la première condition.

La deuxième, c'est celle du partage de l'eau. C'est de s'assurer qu'une retenue collinaire va bénéficier au maximum, soit d'agriculteurs, mais à d'autres usages potentiellement, tourisme, autres, ou des FCI. Il peut y avoir plusieurs usages à une retenue collinaire.

Et donc, à partir du moment où ces deux conditions sont remplies, à mon sens, on peut ne pas s'y opposer. -Merci beaucoup, Madame la députée écologiste de la Drôme, Marie Pochon, d'être venue nous voir, nous exposer votre vision de l'agriculture française. A bientôt.

Bon retour dans la Drôme. -Merci beaucoup. -Vous savez qu'il y a un fruit qui porte mon prénom ?

La Fred. Ca vous dit quelque chose ? C'est quoi, votre avis ? -La poire. -Mais oui, c'est la poire.

J'ai toujours été une bonne poire. -Ils rient. -Elle est bien juteuse, la Fred. -Dit le "boomer". -Ils rient. -Allez, bim !

Eh oui, la poire, on l'aime bien en France. Sachez qu'on en mange près de six kilos par an et par personne. Etonnamment, c'est un fruit en crise.

Sa consommation a chuté de 20 % en 20 ans. Pourtant, certains mettent tout en oeuvre pour lui redonner son succès d'antan. On voit ça avec notre deuxième "Very Important Produit".

Jingle Et pour en savoir plus sur ce fruit qu'on adore, nous accueillons Lise, productrice de poire dans la Sarthe. Bonjour Lise. -Bonjour. -Soyez la bienvenue. -Merci. -Vous êtes venue avec de très très belles poires et des variétés que vous allez nous faire découvrir parce qu'il y a aussi une saisonnalité dans la poire.

On peut en manger l'été et ça vous allez nous expliquer pourquoi. -On dit pommiculteur, "poiricultrice". -On dit Pommiculteur.

Pommiculteur c'est le producteur de fruits à pépins. Ca va pour la poire et pour la pomme. -Vous avez appris encore, ça fait un deuxième mot. -Exactement.

Après chevrière... -Le premier de la classe. -Alors ma chère Lise, vous avez 44 ans et vous avez toujours vécu dans les vergers, c'est ça ?

Vous êtes tombée dans les pommes très jeune, c'est l'idée ? Racontez-nous un petit peu. -C'est ça.

Ma grand-mère est née sur l'exploitation. Mais déjà avant, il y avait ses parents et ses grands-parents. Et donc avec mon frère, on est tombé dedans quand on était petit, c'est le cas de le dire, et on a grandi dans ce milieu-là, dans les vergers, avec nos parents. -Cinq générations ? -Cinq générations, exactement.

Et la sixième est en route ? Alors pas moi, mais mon frère a... -Ah parce que sinon c'était l'annonce !

On aurait fêté ça sur le plateau ! "Alors mon chéri, je te le dis en direct..." -Voilà, six générations qui travaillent. -Mon frère a un petit garçon qui est très intéressé par le métier. -Donc l'avenir est plutôt assuré.

Lise, faire ce métier, ça a toujours été une évidence parce que votre famille était pommiculteur. Comment c'est venu, cette vocation ? -Pas du tout.

Je voulais être vétérinaire. C'est des animaux qui m'intéressaient. Et puis finalement, ça m'a rattrapée sur le tard.

J'ai fait des études dans le milieu agricole quand même. Et à la fin de mes études, j'ai préféré revenir travailler avec mes parents et mon frère qui étaient déjà en place. C'est souvent le cas chez nos invités.

Ceux qui descendent de famille d'agriculteurs partent comme s'il y avait une crise d'adolescence. "Je ne ferais pas ce métier", pour finalement être rappelé par l'élevage ou de l'arboriculture. C'était le cas pour vous. -Tes parents t'encourageaient à revenir ou "va voir ailleurs"... ? -Non, nos parents nous ont laissé faire ce qu'on voulait.

Mon frère, depuis petit, c'était écrit, il voulait faire des pommes comme papa. Moi, je voulais faire autre chose. Mais on a un cadre de vie idyllique.

J'ai aussi des chevaux. Et c'est vrai que ça nous permet d'allier un peu toutes nos passions et puis aussi le goût de vivre à la campagne, dans un milieu plutôt sympa. Donc, c'est ça qui m'a rattrapée et qui m'a fait rester après. -On peut vous comprendre.

Alors, c'est à 24 ans que vous décidez de rejoindre l'exploitation. C'était il y a vingt ans, à cette époque, les poires n'étaient pas cultivées par la famille. -Non, exactement. on n'avait qu'un verger de pommiers, avec pas mal d'espèces, pas mal de variétés. -Un grand verger ? -On avait un grand verger déjà, on avait eu 90 hectares.

Et puis, il y a une dizaine d'années, on a cherché à essayer de se diversifier, comme beaucoup de producteurs, parce que d'être monoculture, ce n'est pas toujours facile en cas de problèmes divers. Et on s'est orienté vers la poire, mais pas n'importe quelle poire. Nous, on a choisi la poire parce qu'il y avait la variété Angys qui se développait à ce moment-là et qui nous semblait vraiment très intéressante. -Pourquoi ? -Parce que déjà, gustativement, c'est une poire exceptionnelle.

C'est des arômes, un parfum... -Pas très objectif. -Ils rient. -Arrête, j'ai envie de la croire. -C'est celles qui sont un peu dorées, grises. -Donc elles sont là, ces poires d'Angys.

Et elles sont récoltées à quelle période de l'année ? -L'Angys, c'est une variété cueillie aux mois de septembre-octobre et qui a la particularité de pouvoir se conserver très longtemps. On les stocke dans les frigos.

D'ailleurs, si vous la mangez en septembre-octobre, vous allez la trouver immangeable parce qu'elle a besoin d'avoir une période de maturation pour développer ses arômes. -La meilleure période pour la manger, c'est ? -A partir du mois de décembre jusqu'à maintenant.

Elles sont stockées en frigo. -Mais quand je l'achète. -Quand vous vous l'achetez, vous la stockez dans votre cuisine quelques jours et puis la manger. -Et la manger vite quand même, parce que ça se gâte comme on dit. -Oui, mais c'est une poire qui se conserve bien, même à la maison.

Si vous ne les achetez pas si mûres, vous pouvez les laisser mûrir quatre, cinq, six jours avant de pouvoir les consommer. Ca permet d'étaler aussi dans le temps la consommation. -Lise, vous avez choisi de cultiver cette variété spéciale, l'Angys, l'ancienne Angélys.

Mais on s'y perd un petit peu dans ce qu'on appelle la sélection variétale. Pourquoi est-ce qu'il est nécessaire de créer de nouvelles variétés ? Comment ça se passe ?

JB, vous allez nous éclairer. C'est notre "Very Important Pratique". Jingle -Vous éclairer, on est déjà sous les projecteurs, donc je ne vais pas faire plus que ce qu'il y a.

Et puis, surtout, je ne vais pas faire mieux que notre productrice. Mais je vais rappeler, on mange les poires, on fait ses courses, on se dit : "Tiens, il y a des poires, super". Juste dire que la sélection pour obtenir une poire, une nouvelle variété, c'est entre 15 et 20 ans.

Et je vais essayer de vous expliquer pourquoi. Parce que c'est long, le vivant, c'est très long. Alors, quand on pense sélection, des fois, on va parler greffage.

Je ne sais pas si... -Oui, on connaît.

Ca, ce n'est pas une nouvelle variété. -Au départ, il faut jouer au papa et à la maman. C'est-à-dire qu'il va falloir faire la sélection.

On va justement intervenir entre les étamines des fleurs femelles qu'on va retirer, et puis on va aller déposer le pollen, sur une nouvelle fleur, et c'est ce qui va composer un croisement, et ça va nous donner un nouveau fruit. Et de ce fruit-là, on va en retirer des pépins, on va le planter et puis on va attendre de voir ce qui se passe. Et on va du coup découvrir dans cette sélection, ce croisement, par exemple, si toi, Antoine, avec Louise, par exemple, qu'est-ce que ça va donner ?

Donc là, c'est pareil. -On ne veut pas savoir. Qu'est-ce que ça va donner ?

On va avoir cette sélection. Et il faut attendre que l'arbre repousse et que l'arbre commence à faire des fruits. Et là, ça va durer huit ans déjà avant d'avoir les premiers fruits.

Et seulement là, tu vas savoir si la poire, elle est grosse, petite, dans le gabarit, juteuse... le sucre, pas le sucre, si elle s'abîme, si elle résiste aux maladies.

Donc, c'est un petit peu long, on va dire, et c'est pour ça, qu'on arrive à un temps long de sélection. Et une fois qu'on a découvert cette poire qui nous intéresse, c'est là qu'on va faire le travail de multiplication et faire le greffage. Et à partir de là, on va pouvoir multiplier cette variété.

Mais on aura fait beaucoup de...

Justement, dans votre croisement, peut-être que rien ne sera intéressant, et on va tout mettre à la poubelle. C'est pareil dans les poires. Donc c'est des travaux extrêmement longs, et c'est comme ça qu'on fait évoluer la génétique dans cette production.

Donc on résume, pollinisation, sélection, greffage, et après c'est parti. Mais du coup, quand vous mangerez une poire le prochain coup, vous vous direz : "Ca fait déjà un moment qu'ils ont réfléchi sur le sujet." -Ca a été fondamental, avec les changements climatiques, il faut revoir certaines variétés.

On risque de perdre sa production car elle ne résiste plus aux nouvelles conditions climatiques. Dans le monde de la pomme de terre, on appelle ça des obtenteurs. Et donc, parfois, c'est 15 voire 30 ans de test avant de trouver les bonnes patates.

Et idem pour la poire et la pomme. -Il paraît qu'encore plus dans la poire, vous avez peu de choix variétal. Un producteur me disait que ça manquait de choix variétal pour proposer différentes poires aux consommateurs. -Depuis quelques années, il y a de nombreuses variétés de poires qui arrivent sur le marché.

On parlait tout à l'heure de l'Angys, mais il y a aussi la Fred, il y a aussi Cutie. -La fameuse, c'est la meilleure. -Elle est vraiment juteuse ? -Oui, elle est juteuse.

C'est une poire croquante. Des fois, c'est un peu déstabilisant parce qu'on a l'habitude des poires tendres. Et Fred, c'est une poire croquante, presque comme une pomme.

Et elle est très aromatique. -J'en étais sûre. C'est une bonne sélection variétale, du coup. -Dans les pommes, on parle de pommes à couteau ou pommes à compote, les poires, c'est pareil ?

C'est que des poires à couteau ou est-ce qu'il y a une variété ? -La golden qui est un peu le... -Oui, alors la golden de la poire, ça serait la William ou la Conférence, voilà, c'est les variétés de poires plutôt pour la William. -Elle n'a pas fait de bien à la filière, la William, parce qu'elle est souvent... -Son problème, c'est que c'est une poire, très bonne si elle est mangée au bon moment, mais il faut...

Elle se gâte très vite. C'est l'avantage de ces poires-là, c'est qu'on a un peu plus de temps pour les consommer une fois achetées. -Mais du coup, ça coûte plus cher ?

Une Angys, par exemple, est-ce qu'elle est plus chère qu'une William, une Fred ? -C'est toujours l'argent. -Mais toujours !

Il y a que ça qui m'intéresse. -C'est la rémunération à la productrice. -Elles coûtent un peu plus cher car c'est des variétés marketées pour les faire connaître, on fait de la publicité, on fait de la communication. -Combien, vous avez une idée ? -Le producteur, on va toucher entre 80 centimes et un euro du kilo en fonction des années.

Ca va varier. -Ce qui n'est pas foufou non plus. Ce qui, c'est quand même beaucoup mieux qu'une William. -Ca dépend.

On récolte combien de poires ? -Sur un hectare, on récolte entre 40 et 50 tonnes de poires. -Et au supermarché, on les retrouve à quel prix ? -Trois euros le kilo en général. -D'accord.

Pour combien ? C'est quoi la moyenne d'un kilo de poires en supermarché, Olivier ? -C'est entre 2,50 et 4 euros on en trouve aussi... -Oui, vous avez raison.

Pour moi, c'est plutôt quatre. -Est-ce qu'il y a des concurrents étrangers sur la poire qui viennent vous embêter ? -C'est un problème de la poire.

Entre la fin des années 90 et les années 2010, la France a perdu presque les trois-quarts du verger. Depuis les années 2010, justement, avec ces nouvelles variétés, on arrive à replanter et on redonne un peu d'engouement à la poire en France. En France, on importe énormément de poires de nos amis de l'étranger. -En l'occurrence ? -La Belgique, les Pays-Bas et l'Italie. -On dit que la poire est un produit en crise.

Vous confirmez ? -C'était pour moi un produit en crise. Là, avec ces nouvelles variétés, je pense que le producteur a une belle carte à jouer avec elles. -Après le passage sur VIP... -Merci beaucoup, Lise, d'être venue nous voir et nous parler de vos belles poires et de cette Angys qu'on va goûter, justement.

Et de la Fred...

On ne la mange pas, interdit. On va déguster, bien sûr, vos poires et puis le fromage de notre chevrière, Eugénie. Entre la poire et le dessert, on dit, ben voilà, on y est presque.

Et le fromage. C'est la fin de cette émission qui se termine avec beaucoup de gourmandise et des produits français. Merci beaucoup, mon cher ami, que nous aimons mettre en valeur dans cette émission.

Et c'est important. Oui, l'agriculture française n'a pas fini de nous surprendre. Avant que vos bouches soient pleines, un petit tour de table.

Olivier, qu'est-ce qui vous a marqué aujourd'hui ? -Ce qui m'a marqué incontestablement, c'est de voir la filière fromagère s'adapter au phénomène aujourd'hui qu'est le snacking. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on mange en 20-30 minutes, on mange debout.

Et il faut que les filières agricoles sachent s'adapter à un snacking salé, un snacking sucré. Et visiblement, dans le chèvre, notre productrice produit un petit fromage de chèvre qu'on prend à la main et en bouche donc à côté d'une petite tomate cerise, à côté d'un peu de mâche, à côté d'un peu de... -Coupez-le.

C'est bon, arrête. -Le saucisson, ça fait le job. -Merci.

Antoine, qui en a plein la bouche, du fromage et de la poire. -VIP, vous savez, c'est le savoir-faire, et surtout le faire savoir, et pour ça, il y a nous en plateau mais il y a aussi l'équipe en coulisses. Je pense aux équipes du rédacteur en chef, qui n'était pas issu du monde agricole, qui s'appelle Antoine Gaveau, et qui a formidablement conduit cette émission sur cette première saison.

Donc qu'on se le dise, vive VIP, et que ça continue longtemps. -Merci beaucoup, mon cher Antoine. Jean-Baptiste. -Des super productrices.

C'est le petit truc que je retiens, en poire et en fromage. -C'est ça. -Un univers pétillant, en tout cas des personnalités pétillantes.

Ca, ça fait plaisir aussi de voir... -Des femmes passionnées par leur métier. -Elles en parlent très très bien. -Bravo pour la qualité. -Merci beaucoup, ma chère Lise.

Merci à Eugénie aussi, à toutes les productrices que nous recevons. Et puis Louise, médaillée, récompensée. Oui. -C'était la même chose que Jean-Baptiste.

Moi, je voulais rendre hommage aux agricultrices parce qu'on ne se rend pas compte. Gérer leur exploitation, les enfants, les accoucher, être remise sur pied le lendemain de l'accouchement. C'est des super women.

Pas des princesses. -Oui, c'est ça. Merci beaucoup, ma chère Louise.

Merci à toutes celles et tous ceux qui aident à préparer cette émission. Merci à la bande de VIP, à nos invités. Et puis, bon appétit, bien sûr.

Et c'est le dernier numéro de la saison. On a été ravis de vous ouvrir les portes des exploitations de nos agriculteurs et de nos agricultrices et de cette agriculture qui a le mérite d'exister et qu'on a envie de défendre. Et bien sûr de recevoir sur notre plateau.

Passez un très bel été. Il y a des rediffusions qui sont prévues. Vous pouvez nous retrouver en replay sur les réseaux de LCP. -Mangez français ! -Mangez français !

Et à très bientôt. Prenez soin de vous. A bientôt, les amis.

Et vive l'agriculture française ! Au revoir. -Délicieuses.

Générique de fin

Comment redevenir une bonne poire | VIP Very Important Paysans — Marie Pochon · Pourquijevote