Guerre en Ukraine : les propos chocs de Nicolas Sarkozy - Nicolas Sarkozy - C à vous - 06/09/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Il est aussi question du conflit en Ukraine dans votre livre.
- 2:10RelanceRéponse directe
Nicolas Sarkozy, en tant qu'ancien président, est-ce que vous ne commettez pas une erreur en allant à rebours de la position d'Emmanuel Macron, de l'État français et de l'Europe ?
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Mais comment on peut faire l'agresseur pour continuer de se battre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:06Invité politiqueFait
« La France a tort de livrer des armes, afflue, continue à l'un des belligérants. »
- 0:10Invité politiqueFait
« Il est illusoire de penser que la Crimée russe jusqu'en 1954 redevienne ukrainienne. »
- 3:57PrésentateurFait
« L'agressé, c'est l'Ukraine. L'agresseur, c'est Poutine. »
- 7:36PrésentateurPromesse
« La France n'a pas à s'aligner sur les intérêts américains. »
Temps de parole
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Il est aussi question du conflit en Ukraine dans votre livre.
Je vous cite Nicolas Sarkozy, page 55. La France a tort de livrer des armes, afflue, continue à l'un des belligérants. Il est illusoire de penser que la Crimée russe jusqu'en 1954 redevienne ukrainienne. Vous affirmez aussi que Vladimir Poutine a commis une faute historique avec ce conflit. Autre extrait sur Volodymyr Zelensky. Je suis lassé d'entendre les discours quotidiens et martiaux du président ukrainien donnant des leçons de morale à toutes les entreprises qui commercent avec la Russie « Dans le Figaro, le 16 août, vous persistez et signez « Nous avons besoin de Vladimir Poutine » et il a besoin de nous avant d'ajouter que le président russe...
Je veux dire, on a besoin de la Russie.
On a besoin de la Russie. D'ailleurs, le réconcil qui a été fait par le Figaro...
Si vous citez, citez le... Exact. C'est pas tout à fait la même chose, d'avoir besoin de la Russie, besoin de Poutine.
Avant d'ajouter que le président russe n'est pas irrationnel, des propos qui ont suscité des réactions d'une grande voix de la gauche, mais également au sein de votre famille politique, Nicolas Sarkozy.
Ce qui m'a choqué, surpris, d'abord, choqué, ensuite, c'est qu'un ancien président de la République perdait une position diamétralement opposée à la position officielle de son pays, la France. Il faut soutenir l'Ukraine. Toute faiblesse vis-à-vis de la Russie, me semble, est une faute. Je ne partage donc pas l'analyse de Nicolas Sarkozy.
C'est une faute pour vous.
Je ne partage pas cette approche. Et Poutine est content.
Samedi dernier, lors d'une rencontre avec des adolescents pour marquer la rentrée scolaire, Vladimir Poutine était interrogé sur votre livre et vos interviews. Une fois n'est pas coutume, depuis plusieurs années, le président russe s'accorde avec un dirigeant européen, en l'occurrence, vous.
Une déclaration qui a à nouveau alimenté la colère de certains collectifs
qui ont, par la même occasion, perturbé vos séances de dédicaces. C'était lundi. Nicolas Sarkozy, en tant qu'ancien président, est-ce que vous ne commettez pas une erreur en allant à rebours de la position d'Emmanuel Macron, de l'État français et de l'Europe ? Non.
Alors, c'est un sujet très lourd dont il faut parler sérieusement. Figurez-vous qu'il y a un demi-million de morts aux confins de l'Europe. Un demi-million. dont la plupart, dont beaucoup, sont ukrainiens. Mais on continue, parce que sur le front du boulevard Saint-Germain, on est très courageux pour envoyer des jeunes ukrainiens mourir. Un demi-million. Deuxièmement, sur Poutine, il y a beaucoup de gens qui parlent de lui, qui ne l'ont jamais rencontré. J'ai eu, je crois, peut-être 80 conversations avec lui, dont certaines extrêmement dures, puisque c'est moi et personne d'autre qui a été à Moscou pour le faire sortir de Géorgie, alors qu'il avait envahi la Géorgie. Dont il n'est pas sorti.
Excusez-moi. Encore aujourd'hui, l'Abkhazie et l'Ossétie sont toujours... Non, excusez-moi, la Géorgie est un pays libre. Si vous voulez rentrer dans le détail, je vous rappelle que l'Abkhazie, c'est la patrie de naissance de Staline, et c'est l'endroit où tous les hiérarques du Parti communiste allaient passer ses vacances. C'est une région complexe. La Géorgie est libre. Alors, il y a le problème de l'Ossétie et de l'Abkhazie. L'Ossétie du Nord et l'Ossétie du Sud. Mais c'est un autre sujet. Si vous voulez un jour, vous m'invitez, on en parlera. Mais c'est moi qui m'y suis opposé. Et en huit jours, les chars russes, qui étaient à 25 kilomètres d'Obilissie, sont sortis.
Sont sortis à 95% du territoire, pas à 100%, je vous en donne acte, mais sont sortis. Et à l'époque, tout le monde était bien content que j'aie pris le risque d'aller à Moscou, et les huit heures de discussion avec Poutine ont été extrêmement dures. Troisième remarque. Dans cette affaire, il y a un agresseur et un agressé. L'agressé, c'est l'Ukraine. L'agresseur, c'est Poutine. C'est vrai.
Mais comment on peut faire l'agresseur
pour continuer de se battre ? Si on proposait de mettre la livraison d'armes ? Non, mais non. Si on y va par slogan, vous continuez le débat, on fait la guerre sans l'affaire, des bêtises comme ça, qu'est-ce que ça veut dire ? On ne sait même pas quel est le but de guerre. Donc, il y a un agresseur et un agressé, Poutine est l'agresseur, l'Ukraine est l'agressé, et il faut aider l'Ukraine. Là, je pose des questions. Pas besoin de me faire insulter pour poser des questions. Il est gentil, M. Jospin, de sortir de sa retraite, donner des leçons. S'il y connaissait quelque chose, ça se saurait.
En l'occurrence, je pose la question, est-ce que l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN favorise la paix ou pas ? C'est une question noble, ce n'est pas une question stupide. Ma réponse, c'est non. Mais, ce n'est pas une surprise, puisqu'en 2008, avec Angela Merkel, on s'y est opposé. Pourquoi on s'y est opposé ? Parce que quand vous agitez la muleta sous le museau du taureau, il ne faut pas s'étonner qu'ils foncent. Donc, je suis pour qu'on donne des garanties de sécurité à l'Ukraine, pays qui doit rester neutre, parce que l'Ukraine est un pont entre le monde slave, la Russie, et nous.
Mais quel territoire ukrainien ?
Attendez, je vais y venir. Deuxièmement, est-ce qu'il faut faire rentrer l'Ukraine dans l'Europe ? Ça me rappelle l'affaire de la Turquie. C'était magnifique. De Hollande à Chirac, ils étaient tous d'accord pour faire rentrer la Turquie dans l'Europe. Est-ce que ça fait progresser la paix ? Non. Parce que si vous faites rentrer l'Ukraine dans l'Europe, vous renforcez l'Europe américaine, puisque les pays de l'Europe de l'Est sont sous domination américaine, je suis pour une Europe indépendante. Et nous n'avons pas les mêmes intérêts en la matière que les Américains. poser ces questions-là, c'est quand même pas un scandale. On doit y réfléchir.
Est-ce qu'on pourrait les poser au peuple ukrainien ? Qu'est-ce que vous faites de la volonté des peuples dans cette histoire-là ? Alors, très bien. Et volonté qui a sans doute évolué avec l'agression du voisin russe. Il n'est pas question de trouver un accord sans que les Ukrainiens disent ce qu'ils veulent. En l'occurrence, d'ailleurs, les Ukrainiens, c'est les Américains. Parce que vous retirez le soutien américain et vous n'avez malheureusement plus la force nécessaire pour défendre l'Ukraine. Les Ukrainiens, oui. Mais pour gagner une guerre, l'issue d'une guerre, c'est simple. Soit vous exterminez l'adversaire, soit vous faites un compromis. Il n'y a pas de troisième solution.
C'est assez simple. Un compromis territorial, donc. Attendez, un compromis. Exterminer la Russie. Deuxième puissance... Enfin, pas l'exterminer, la repousser hors des frontières ukrainiennes. Non, non, non, non. Non, non, non. Ce n'est pas comme ça que ça se passera. Parce que pour eux, la Crimée, c'est russe. On peut en discuter jusqu'à plus soif. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. C'est la deuxième puissance nucléaire du monde. Si vous voulez qu'on danse au beau d'un volcan et qu'on déclenche une guerre nucléaire tout simplement pour avoir une bonne image et dire on est généreux, on est courageux, c'est naturellement courageux au café du flore. Pas courageux d'aller au combat.
Donc, soit il y a un nantissement, soit il y a un compromis. Le compromis, quel peut-il être ? Excusez-moi. Le premier à avoir parlé du compromis, c'est le président ukrainien. Au début du conflit. Qui lui-même a dit, ben non, faisons un référendum. Bon. L'affaire de l'OTAN, qui s'est opposé à l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN à la dernière réunion ? C'est qui ? C'est M. Biden. Je ne suis quand même pas le seul à penser ça. Pour que les choses soient claires, Nicolas Sarkozy. C'est des questions essentielles. Est-ce qu'il faut que la France cesse de livrer des armes à l'Ukraine ? Non. Je pense que la France doit être aux côtés de l'Ukraine, mais que la France a une voix singulière.
La France n'a pas à s'aligner sur les intérêts américains. Et permettez-moi de vous dire, pour conclure, il y a deux vainqueurs dans ces conflits. Il y a les Chinois, qui voient tous les briques se ranger derrière eux. Il y a les Américains, qui vendent leurs armes. Donc, le prix d'énergie, quand le prix d'énergie augmente, c'est le prix du gaz de chiche chez eux qui devient rentable. Et sur les céréales, c'est eux qui les vendent au monde entier. Donc, l'intuition première du président Macron, de maintenir le dialogue... ...était la bonne. ...était la bonne. Mais, après, juste un mot. On peut ne pas être d'accord avec moi ? D'autres sujets à vous soumettre.
Mais, je sais bien, c'est gentil, mais je peux revenir demain, si vous voulez m'inviter. Mais, c'est des sujets sérieux. On doit les traiter à fond. On doit avoir ce débat. On ne peut pas continuer à faire la guerre en disant simplement, plus d'armes, plus de morts, plus d'opposition. On en sort comment ? Comment on en sort ? C'est la question que j'ai posée. Je ne regrette pas de l'avoir posée. Monsieur Larcher n'est pas d'accord. Très bien. Il a le droit. Je ne prétends pas dire la vérité. Je prétends, j'affirme, que c'est un débat sérieux qui devrait être mené au bout.
Et que défendre l'Ukraine et son indépendance et son intégrité territoriale, c'est proposer une solution qui ne soit pas plus de morts et l'extermination d'un des deux bellichants.
Nicolas Sarkozy