Islamisme, Frères musulmans... Comment lutter ? Bruno Retailleau face à Michaël Prazan
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Face à la menace islamiste, y a-t-il un risque d'engrenage pour les musulmans en France ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Le terme islamophobie est-il un concept piégé selon vous ?
- 6:00RelanceRéponse directe
Le Premier ministre a qualifié le meurtre d'Abouakar Sissé d'islamophobe. Partagez-vous ce terme ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Pourquoi le Sénat a-t-il refusé une minute de silence pour Abouakar Sissé ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Votre livre parle de menace existentielle. Pourquoi ce manifeste maintenant ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Urgence Palestine est-il un collectif d'entrisme islamiste ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Esprit libre, la grande émission de débat et de décryptage du Figaro et du Figaro magazine. Un jeudi par mois, nous recevons une personnalité du monde politique et une personnalité du monde intellectuel pour approfondir un grand sujet d'actualité. Et ce jeudi, nous avons le plaisir de recevoir le ministre de l'intérieur, Bruno Rotaillot, qui viendra nous parler de son manifeste contre l'islamisme, ne rien céder.
Et nous avons également le plaisir de recevoir Michaël Prazan, spécialiste des frères musulmans, auteur du du de le Hamas et ses idiots utiles. C'est aux éditions de l'observatoire. Comment ne rien ne céder à l'islamisme ?
Tout de suite les réponses de nos deux esprits libres, Brono Rotayo et Michael Prazan. [Musique] Bruno Rota Michel Prazant. Bonjour.
Bonjour Alexandre. Bonjour Michel Prazant. Bonjour à vous deux. ravi de de vous recevoir et de de faire les les présentations.
Euh une émission dédiée euh à la lutte contre la la menace islamisme. Michel Prisan, vous en êtes un un spécialiste. Euh monsieur le ministre, vous venez de de de de faire paraître euh un manifeste manifeste contre l'islamisme, ne rien céder.
On va en parler pendant cette heure d'émission, mais d'abord question d'actualité. Euh dans votre livre, vous définissez l'islamisme comme une menace existentielle euh pour la France. Le pays est aujourd'hui enillé euh par la mort de de d'Abouakar Sissé euh tragiquement assassiné euh dans une mosquée.
Est-ce que face à cette menace existentielle islamiste, il y aurait une menace existentielle qui pourrait peser de la même nature sur les les musulmans dans dans ce pays ? Ben, je pense que la première chose à faire, c'est de bien distinguer euh la menace. La menace, c'est pas la présence sur le sol français de nos compatriotes musulmans.
La menace, c'est clairement l'islamisme, l'islamisme politique qui professologie en instrumentalisant une religion, mais qui voudrait justement embarquer tous nos compatriotes français, donc musulmans avec eux. Et la première précaution à prendre vraiment et j'essaie de le faire comme ministre d'intérieur, c'est de d'indiquer à nos compatriotes musulmans que la France c'est la République, c'est la laïcité et que moi je me bats comme ministre de l'intérieur mais aussi ministre des cultes comme vous pouvez le savoir pour que chacun puisse avoir cette liberté de conscience, croire ou ne pas croire, mais aussi cette liberté de culte de pouvoir exercer sa foi, la pratiquer de façon sont sereines, calme pour peu évidemment, c'est la limite qu'elle respecte les principes de la République. Et moi, je pense que il faut d'abord poser cette question là parce que précisément la stratégie, une des stratégies de l'islamisme politique, c'est d'embarquer toute cette communauté des musulmans, des croyants musulmans comme s'il n'était pas français, mais d'abord et avant tout euh musulmans.
Euh et et pour le coup euh vous vous avez parlé de de la menace islamiste, mais est-ce qu'il y a il y a un risque euh d'engrenage justement face à cette menace ? Euh euh certains ont qualifié effectivement le le le meurtre de d'Abouakar Sissé de meurtre islamophobe dont le le Premier ministre. Euh est-ce que c'est le cas ?
Est-ce que c'était le bon terme ? En tout cas le terme qu'il fallait utiliser ? Alors c'est un terme que je n'utilise pas.
C'est un terme que le ministère de l'intérieur n'utilise pas. C'est un terme d'ailleurs que les représentants du culte musulman en France n'utilise pas non plus. Nous utilisons le terme d'antiislamisme.
Pourquoi ? Parce que l'islamophobie est un terme précisément forgé notamment par les frères musulmans pour interdire toute critique de l'islam. celui qui en a sans doute le premier, en tout cas le mieux parler, en tout cas beaucoup plus que je ne pourrais le faire, c'est Salman Rugdi.
Euh pour lui, il y avait cette liberté de critiquer une religion comme toutes les religions d'ailleurs parce que on est dans une démocratie mais que évidemment il fallait épargner les fidèles mais que en revanche cette liberté de pensée de critique incluait aussi la critique de l'islam. Et on l'a bien vu d'ailleurs du reste dans euh une organisation qui a été dissoute il y a quelques années euh CCI, c'était euh vous vous souvenez le terme euh d'islamophobie qui avait été retenu et euh cet organisme a été euh dissous pour se reconstituer d'ailleurs en Belgique. Et l'acte antimusulman euh c'est définit exactement les choses.
D'ailleurs, on ne parle pas euh de christianophobie, de judéophobie. On parle d'actes anti musulmans, antichrétien ou euh antisémite. Et je pense que ça c'est très important parce que ce sont des mots qui sont des mots qui sont piégés euh et dans lequel euh on veut finalement confondre la juste critique dans une démocratie de des religions, ce qui est normal.
Et euh en revanche euh pour ce qui concerne la terminologie qu'il faut utiliser, je préfère largement euh anti musulman. Hm. C'était une erreur de la part du du premier ministre de parler d'ignomini islamophobe.
Je pense que en réalité euh il a écrit lui-même ce ce tweet là et il y avait de l'émotion et en il va il a voulu dire exactement ce que je dis d'ailleurs hein. Simplement comme ministre des cultes, ministre de l'intérieur. Ça fait aussi plusieurs années que je suis ces questions là avec une grande attention.
Euh je je pense que en politique, plus qu'ailleurs, mais aussi quand on est voilà attaché à la langue, euh les mots justes sont très très important en matière politique et notamment pour désigner ce qui doit être désigné comme la menace. Euh et quand on fait encore une fois des statistiques, le ministère de l'intérieur en fait, on parle bien entendu d'actes antimusulmans. Michel Praison, sur ce concept d'islamophobie, est-ce que vous partagez le l'is du du ministre de l'intérieur ? parce que c'est un concept piégé et est-ce que vous pouvez nous en faire la la généalogie finalement d'où il vient ce ce concept d'islamophobie ?
On a beaucoup dit que l'ayatola Roménie l'avait popularisé. Oui. Alors monsieur le ministre a rappelé l'événement fondateur d'une certaine manière euh qui est les le livre de Salman Rogi qui lui a valu une fatoie et que d'ailleurs j'ai rencontré il y a 3 jours puisque j'étais avec lui à Montréal à un salon du livre.
Euh il a failli en mourir il y a très peu de temps. Aujourd'hui effectivement euh il est borgne et voilà la menace en fait qui pèse sur une certaine forme de liberté d'expression et sur le fait de critiquer la religion. Et c'est vrai que le terme islamophobie euh est une forme de manipulation qui a permis à la fois d'amalgamer et c'est très curieux pour des gens qui souvent nous mettent en garde contre les amalgames, la critique d'une religion et une haine raciale.
Et donc l'islamophobie euh laisse entendre qu'au fond toute critique de la religion islamique ou musulmane serait en réalité une haine raciale. Donc oui, c'est l'un des leviers sur lesquels appuie les frères musulmans. Alors le mot est très ancien mais c'est un peu comme l'anciémitisme, il a subi disons des variations de sens assez assez différentes et puis il a été popularisé à partir des des années 80 à partir d'ailleurs de l'implantation des frères musulmans en Occident et particulièrement en France.
Et c'est eux qui l'ont popularisé. Mais vous savez, Gramchi le disait très bien avant moi, les batailles politiques commencent par des batailles sémantiques. Et je crains que de ce point de vue-là, parce que le mot s'est inscrit dans l'Union européenne, à l'ONU, différents pays aujourd'hui qui ne sont pas nécessairement soupçonnables de complaisance avec l'islamisme au sens le plus large adopté.
Et donc il y a des batailles sémantiques qui ont été gagnées par les frères musulmans et je crains que ce soit en passe d'être le cas concernant le mot islamophobie. Alors évidemment derrière il y a tout un déploiement de de de sens c'est-à-dire l'interdiction du blasphème et d'autres choses qui sont effectivement très dangereuses dans une société qui n'est pas communautarisée comme la nre. L'accusation d'islamophobie, est-ce que c'est quelque chose qui peut tuer aujourd'hui ?
Alors, il y a nécessairement, vous savez, on est dans une société qui est très polarisée, qui se radicalise de part et d'autre. Donc oui, il y a certainement au sein d'une frange de la population ou des populations une haine ou une crainte puisque c'est le sens littéral du mot euh de l'islam. Mais d'ailleurs nous avons Non, non, mais je je disais même du point de vue des radicaux, est-ce que c'est euh on a vu l'affaire Samuel Patti, il avait été accusé d'être d'être islamophobe.
Donc c'est un concept de qui qui faut manier avec précaution puisqu'il peut avoir des conséquences tragiques. C'était bien entendu et puis ça ça commence aussi avec les attentats parce qu'il y en a eu plusieurs contre Charlie Hebdo qui évidemment subissait le même type d'anathème. Et donc on veut mélanger les choses.
On veut mélanger à la fois le droit légitime de critiquer ou de moquer une religion et puis la haine une forme de haine raciale alors que la religion est n'en est pas une bien entendu. Et tout cela crée des crises passions dans la société et des phénomènes de violence. Bruno Rotaillot, on va parler de de de votre livre mais encore une question d'actualité.
Malgré tout, sur cette ce drame Abouakar Sissé, l'Assemblée nationale a fait une minute de de silence en sa mémoire pour lui rendre hommage hier, enfin c'était mercredi. Et le le Gérard Lé a annoncé aujourd'hui que le Sénat refusait de de faire une minute de silence. Est-ce que c'est le la bonne décision ?
Comment vous interprétez cette cette décision là ? Bah, vous avez là le tempérament de deux chambres différentes et c'est ce qui est beau dans la démocratie bicamérale. Bicamérale, ça suffit de deux chambres.
Le Sénat, chambre haute et l'Assemblée nationale, chambre basse avec des tempéraments. L'Assemblée nationale beaucoup plus éruptive qui représente donc des électeurs et qui représentent directement une population, le Sénat des grands électeurs. Donc vous avez de deux caractères.
Je veux pas me prononcer, je suis membre du gouvernement. Donc c'est l'affaire des assemblées. Euh évidemment, j'ai été sénateur et président de groupe au Sénat pour le dire complètement.
Je pense que le point de vue du président du Sénat euh c'est que ça peut ouvrir une forme de boîte de pendaire euh et de logique de de repentance à non plus finir puisque on peut pas en plus quand on connaît bien Gérard Arché franchement on on peut pas l'accuser d'être insensible à à ses crimes et à ses meurtres. Et c'est vrai que Abouakar Sissé et j'ai rencontré un certain nombre de personnalités du culte musulman ce matin. J'avais une réunion avec eux.
On n'imagine pas d'ailleurs la portée d'un point de vue émotionnel que ce ce crime abominable a pu avoir parce que euh c'était un un jeune musulman, il était dans un lieu de prière euh et malheureusement c'était aussi le jour le vendredi de la grande prière et il y a eu un un choc considérable, un traumatisme considérable, beaucoup plus qu'on peut l'imaginer, pas tellement vis-à-vis de de l'auteur, mais c'est la victime qui compte et et je pense que il faut pas le banaliser et que ça a été ressenti vraiment de façon cataclysmique chez nos compatriotes musulmans. Maintenant, j'ai entendu le discours de Yan Ball privée, j'ai rien en retiré hein, elle a beaucoup insisté sur l'unité française et c'est ça qui est important. Vous savez euh les islamistes veulent fracturer euh la France et la société française.
Et malheureusement, vous avez un groupe politique parlementaire à l'Assemblée nationale qui cherche non seulement à hystériser le débat, à violenter le débat, mais aussi à fracturer, à diviser la France. Moi, je l'ai bien vu avec les insoumis qui depuis ce weekend, ils ont réagi beaucoup plus tard d'ailleurs que je l'ai réagi. J'avais réagi moi dès le vendredi, monsieur Mélenchon, c'était 24 heures après, madame Panot et cetera.
Mais tout de suite, ils se sont jetés sur l'événement pour l'instrumentaliser, pour le récupérer en me reprochant de réagir trop tard. Mais en réalité, tout ça n'est qu'un prétexte. euh un prétexte précisément pour se jeter sur l'événement, l'utiliser pour draguer le vote musulman, pour faire du communautarisme.
Ils abîment la France. Ils abîment la France aussi comme un de leurs membres et d'autres aussi. C'était lors de la manifestation dimanche qui en a appelé car pratiquement à la sédition puisque il en a appelé cet individu à constituer des brigades populaires, des milices privées.
Ils ont chassé là encore dimanche un député socialiste, Jérôme Gadge, député de gauche parce que il appartient au PS qui est un parti sioniste avec évidemment des relances antisémites concernant Jérôme Gadge. Donc on est en France et on tolère ça. Moi moi voyez, je suis stupéfait finalement de ce que les débordements de ce parti là, de ce groupe politique, des débarement qui sont constants en terme en terme de violence, en terme de de profanation républicaine, si j'ose dire, je suis incroyablement surpris du fait que finalement dans les médias, on en parle assez peu. devient banal et bien pour moi ça ne sera jamais banal parce que la République ça n'est pas le communautarisme parce que la France c'est justement ce qui peut conjuguer c'est d'ailleurs le notre pays et et c'est ce qui est beau c'est cet effort sans cesse recommencer qui permet de conjuguer ce qu'il y a de plus particulier dans un homme ou une femme et de plus universel dans dans toutes les femmes et dans tous les hommes.
Et ils trahissent en réalité l'idéal français et l'idéal républicain. Michel présent, votre livre s'intitule le Has et ses idiots utiles et il y a justement tout un passage sur la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon euh dans ce livre. Euh est-ce que vous abondez pour le coup dans le sens du ministre de l'intérieur et est-ce que vous vous parleriez d'une véritable stratégie euh islamo-gauchiste qui s'est encore déployée ce dimanche ?
Oui, bien sûr. C'est il s'agit de de de cliver, de communautariser euh la France, d'opposer les communauté entre elles euh avec un calcul politique qui avait d'ailleurs été inspiré, je crois, à Jean-Luc Mélenchon par Éric Cocrel qui est en gros voilà, il a manqué une marge d'électeur euh pour passer le cap du second tour et euh les banlieux votent très majoritairement, très massivement quand elle vote pour la France insoumise, sauf qu'elle ne vote pas. Donc l'idée c'était de d'amener des populations ciblées vers les bureaux de vote et de fournir à la France insoumise et à Jean-Luc Mélenchon la marge qui lui avait manqué.
Et de ce point de vue-là, il faut bien le reconnaître, ça fonctionne. C'est-à-dire que il y a plusieurs leviers sur lesquels on peut appuyer, notamment taper sur les juifs pour cliver et antagonist créer un antagonisme entre juifs et musulmans. Malheureusement euh à travers d'un certain nombre de disons de de marqueurs, de ressentiments et autres de de peut-être aussi de compétition social ou culturelle.
Ça ça fonctionne évidemment la guerre à Gaza fournit de l'avez écrit après le le 7 octobre en réaction à ce qui ce qui se passait. Est-ce que ça a été un un tournant ce ce 7 octobre ? C'était en tout cas un accélérateur, mais je il me semble que le le pli avait été pris déjà avant.
Et après, il y a aussi la trajectoire personnelle de de Jean-Luc Mélenchon qui était très pour au Charlie qui avait fait une homélie déchirante à l'enterrement de Charp, qui était très opposé à l'islamophobie enfin très opposé à l'utilisation du terme d'islamophobie, opposé au voiles et puis là c'est un changement à 100 180°. Mais il y a peut-être aussi chez lui la la révélation de d'un ressentiment. Vous savez, c'est un homme très orgueilleux, très vaniteux.
Je crois le fait que il a été exclu ou expulsé de la manifestation Nagerre contre euh en hommage à Mir Knol, vous souvenez cette rescapé la Choa qui avait été euh brutalement assassinée. Tout ça a marqué chez lui une forme de ressentiment à l'égard des juifs ou de la communauté juive. Donc, il y a aussi une forme sans doute de sincérité au-delà de son cynisme qui est incommentable.
Vou dire bah probablement oui, euh je ne vois pas d'autres explications. Le cynisme n'explique pas tout, je crois. Après, je ne lis pas dans le cœur des euh des gens ni dans les âmes, mais enfin on en est là.
Et effectivement, il y a comment dire un un renversement euh qui permet d'être en étant antisionniste antisémite à bon compte et de se dire qu'on est du bon côté du manche. Donc ça nourrit aussi ou ça alimente disons des des des soutiens au sein de la jeunesse ou du moins d'une certaine jeunesse. Bruno Retaillot, dernière question d'actualité mais qui au cœur en réalité de de votre livre. vous avez annoncé votre décision de euh de dissoudre le collectif Urgence Palestine qui était né justement euh après le 7 octobre.
Pourquoi euh cette décision et euh est-ce qu'il s'agit de de d'un collectif d'entrisme islamiste pour poser clairement la question ? Je la poserai pas de cette façonlà parce que bien sûr je confirme, j'ai décidé, ça fait plusieurs mois que nous y travaillons. Dissoudre un mouvement de fait ou une association en France, ça ne se fait pas comme ça.
Et heureusement d'ailleurs parce qu'il y a des règles, il faut respecter. Il faut accumuler un certain nombre de preuves et nos services ont accumulé ces preuves. Et ça m'a permis hier de franchir une étape, c'est-à-dire d'envoyer un courrier pour enclencher la procédure, notamment la partie contradictoire.
Donc il y a plusieurs mouvements qui vont être dissous, notamment la jeune garde et évidemment Urgence Palestine. Non, il faut il faut des faits grave, il faut des faits de violence, de l'antisémitisme, l'apologie aussi vis-à-vis du terrorisme qui est un délit, le délit d'apologie pour le terrorisme. Vous vous rendez compte ?
Je n'ai aucune obsession mais je je note quand même au passage que les insoumis dont je vous parlais il y a quelques instants il y a quelques mois avait déposé à l'Assemblée nationale une proposition de loi visant à abroger le délit d'apologie de terrorisme. On a eu depuis Mohamed Mera Toulouse en 2012 en France 274 morts et plus de 800 blessés qui souffrent au moment où je vous parle encore dans leur chair. Il m'a été donné puisque c'était le 10e anniversaire de la commémoration des assassinats de des meurtres terroristes de 2015, 10e anniversaire de rencontrer des familles qui ont perdu les les leur elles souffrent énormément.
Le temps n'a rien arrangé à l'affaire. Donc vous vous rendez compte. Donc bon voilà Urgence Palestine effectivement et dans notre collimateur pour des faits graves pour des faits graves que je que j'ai rappelé de violence, d'antisémitisme, d'apologie pour le terrorisme.
La République ne doit de ce point de vue- là rien laisser passer. Et depuis que je suis ministre de l'intérieur, y compris lorsque des parlementaires qui pour autant ont cette bannière bleu, blanc rouge parfois qu'ils arborent, bien je ne laisse rien passer pour des tweets et cetera. Je signale systématiquement par l'article 40 à l'autorité judiciaire chaque dérapage.
Michel Prison, je sais pas si vous vous connaissez ce collectif Urgence Palestine, si vous connaissez peut-être euh nous en dire plus si pour vous c'est un faet de l'islamisme, est-ce que c'est une stratégie ? Est-ce que un certain nombre d'lamistes se utilisent des collectifs, des associations pour finalement faire avancer leur leur propre agenda politique en France ? Oui.
était d'ailleurs dans le le titre de de mon livre, les idiots utiles. Vous savez, c'est une expression qu'on attribue à Lénine euh et qui euh définissait ou désignait en Occident les relais volontaires ou manipulés des mensonges et de l'idéologie de l'URSS en son temps qui étaient des grands intellectuels parfois ou des journaux ou des militants. Et donc on a ici beaucoup de relais des frères musulmans en France.
Alors, il y a évidemment la maison mère qui s'appelait Naguer Louief qui est qui est devenue ensuite les musulmans de France parce que le vent a tourné à partir des années 2000-2005. Donc ils ont voulu être apparaître de manière un peu moins visible comme étant lié au frères musulmans. Et puis ce qu'a fait l'UIF immédiatement dès qu'il s'est installé en France en 1980, c'est déployer un réseau associatif considérable euh à la fois d'aides scolaire évidemment d'organisation d'associations culturelles et culturelles.
Bref qui a déployé comme ça beaucoup d'associations. Et ces associations sont Urgence Palestine en fait partie sont celles qui dans les universités alors que ce soit Justice Students for justice in Palestine qui a été constitué dès le 7 ou le 8 octobre où où l'EMF les étudiants musulmans de France qui sont directement affiliés à la centrale des frères musulmans on voilà ont réussi à embarquer des gens peut-être un peu moins militant un peu moins informés et et tout cela a créé le chaos qu'on a connu dans certaines universités, mais pas seulement en France, évidemment à Colombia, tout ça étant évidemment lié. Mais aujourd'hui, comment dire les frères musulmans, c'est avant tout une idée et cette idée, elle est par nature dématérialisée et elle s'exprime non plus nécessairement dans des organisations ou des associations très clairement constituées et reliées à une centrale qui est l'UF, les frères musulmans ou autres.
C'est une idée qui se déploie euh via euh euh des animateurs, des influenceurs sur internet. Atmosphère, est-ce que vous pourriez euh reprendre ce terme ? Ou au moins parler d'islamisme d'atmosphère.
Oui, enfin je je je souscris à cette à cette idée-là. Effectivement, on le voit bien d'ailleurs. Et puis tout le monde n'est pas comment dire relié organiquement aux frères musulmans.
Ces jeunes femmes qui se mettent à porter le voile le font parfois innocemment. euh pensant souscrire euh un impératif religieux et et elle ne voit pas que tout ça sert la stratégie des frères musulmans qui veut absolument marquer l'espace public euh pour montrer et compter ses forces et en même temps gagner en influence parce que c'est une forme de prosélitisme aussi. Et la loi contre le voile à l'époque l'avait très bien compris.
Enfin la la la loi contre les signes religieux l'avait très très bien compris. Le voile, c'est toujours le le premier marqueur quand les frères musulmans tendent à s'imposer dans un pays. À mon avis, il y a trois grands leviers lorsqu'il s'agit, si vous voulez, de gagner une influence dans les pays où les musulmans sont minoritaires.
Le premier, c'est la victimisation. Et la victimisation via le terme d'islamophobie en est, c'est évidemment et ça c'est fondamental parce que c'est déjà dans le le le le manifeste en 50 points de Hassan Albana en 1936. en Égypte, c'est-à-dire vraiment le fondateur des frères musulmans, c'est le voile, l'importance du voile et surtout l'importance, le symbole que représente la question des femmes dans cette idéologie.
Et puis euh les l'autre marqueur, c'est évidemment l'interdiction du droit au blasphème. Après à côté de ça, il y a un certain nombre disons de de d'éléments qui servent à une forme d'agite propre, réclamer du halal, réclamer des salles de prière, bref tout faire pour à la fois utiliser, comme l'a très bien dit d'ailleurs Bruno Rotaillot dans son manifeste ce qui fait notre spécificité, notamment celle de notre laïcité pour la retourner contre nous et d'une certaine manière ça ça fonctionne. Ce sont des gens qui sont intelligents, qui sont motivés, qui sont pros élites et qui croient en ce qu'ils font.
J'avais interviewé Marmud Roslan qui était le porte-parole des frères musulmans en Égypte en 2012 et il me disait quelque chose qui donne à réfléchir. Il me disait "Vous les occidentaux, vous avez cru dans le communisme et vous pensiez que pour qu'il fonctionne, il fallait qu'il qu'il ait conquis la planète." Et ensuite, vous avez opté pour le capitalisme et vous vous avez pensé que pour qu'il fonctionne, il fallait que le monde soit entièrement capitaliste.
Pourquoi voudriez-vous que nous qui pensons que notre idéologie est la meilleure pour le monde nous fass nous pensions autrement ? Bruno Rotaillot, ce livre Ne rien cédé manifeste contre l'islamisme. C'est un discours que vous avez prononcé à Londres.
Pas c'est plus modeste qu'un livre. C'est c'est un manifeste. C'est un manifeste.
Voilà. Exactement. que j'ai prononcé parce que j'avais été invité à Londres par un sing tank qui invite beaucoup notamment en Europe et au-delà d'ailleurs et c'est à partir du discours que j'ai prononcé que nous l'avons traduit aux éditions d'observatoire sous cette forme de manifeste.
Vous avez tout de même choisi du coup de le traduire euh de le publier. Euh donc la la question c'est pourquoi maintenant ? Pourquoi ce manifeste ?
Pourquoi ce cette volonté d'affirmer que c'est un un combat prioritaire ? Et est-ce que d'ailleurs selon vous c'est le combat prioritaire aujourd'hui pour pour la France ? C'est c'est pas seulement selon moi, je me souviens très bien un une des grandes directions du ministère de l'intérieur qui est la direction des renseignements territoriaux.
Son directeur faisait dans un journal du soir il y a quelques mois une interview et le journaliste lui avait demandé quelles sont les menaces qui pèsent sur le pays. Il en avait retenu deux. Deux.
Ce n'est pas moi qui l'ai nommé à ce poste d'ailleurs hein. Il avait retenu le narcotrafic et l'islamisme. Je pense que c'est toujours le cas.
Je pense que beaucoup de Français croient que en réalité on en a terminé avec le djihadisme dans sa forme violente, les attentats. Certainement pas. On on le voit bien, on l'a vu en Autriche, on l'a vu en Allemagne, on l'a vu, on on le voit on l'a vu en Inde sous une forme qui qui est sans doute un peu différente, mais on en a pas terminé.
Demain, il peut y avoir un attentat. On s'est réarmé. Hm.
Est-ce que la menace, elle est simplement une menace de basculer dans la violence ou est-ce que c'est une menace tout simplement culturelle de changement de régime, de changement de valeur ? Euh exactement Hugo Micheron, lorsque il y a quelques années, il avait interrogé dans leur cellule de prison un certain nombre de terroristes, il lui disait qu'en réalité cette action violente n'avait pas abouti était contreproductive. Exactement. et qu'il faudrait sans doute euh jouer avec le temps avec d'autres formes précisément d'action.
Or, moi je pense que il y a ce djihadisme terroriste. Il y a aussi ce qu'on peut appeler le séparatisme. Alors, le séparatisme euh il a une visée, c'est de créer des petites contreciétés islamiques un peu partout sur le territoire pour séparer finalement euh nos compatriotes musulmans de la communauté nationale.
Et puis il y a pour moi, c'est la matrice idéologique d'ailleurs des frères musulmans, il y a pour moi, après le djihadisme violent, après ce séparatisme, l'entrisme. L'entrisme c'est très différent. Il est beaucoup plus difficile à combattre.
Il est parce qu'il est beaucoup plus insidieux. L'agenda elle-même, la matrice d'ailleurs, ce sont les frères musulmans avec Albana qui ont créé vraiment la matrice de l'idéologie politique de l'islamisme. Et cette matrice, elle reste la même.
Il s'agit de faire basculer tout un territoire, pas seulement un petit bout de la société française, mais l'ensemble de la société française sur son territoire d'origine dans la charia. C'est son agenda. mais dans une temporalité qui est très très longue avec toujours cette idée de l'infériorisation de la femme avec de l'antisémitisme et cetera et cetera.
Mais les moyens sont différents. Les moyens c'est la subversion, c'est la dissimulation. C'est un discours très lisse, très arrangeant en réalité et qui va s'approprier nos valeurs de liberté, de tolérance pour les retourner contre nous.
Et ça ça peut faire du mal. Euh en réalité, il y a une organisation assez petite, une confréerie secrète pyramidale qui cherche à contrôler et à entrer, c'est pour ça qu'on parle de l'entrisme, euh des centaines d'associations sportives, culturelles, sociales, des listes au municipales, des lieux de culte aussi. Mais c'est un mouvement antiépublicain, subversif dans dont il faut évidemment se méfier.
Pour moi, c'est une vraie menace parce que c'est une menace encore une fois parce qu'elle est subversive qui se dissimule et qui utilise notre langue. J'ai pris et je crois que je l'ai noté il me semble dans le dans le petit manifeste, c'est Alcardouille il y a une oh c'était il y a une vingtaine d'années je pense hein qui avait eu d'ailleurs cette phrase qui est très révélatrice qui dit tout d'ailleurs de la stratégie des frères musulmans. Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons.
Avec nos lois coraniques, nous vous dominerons. C'est donc l'utilisation de nos propres valeurs retourné comme un gant. Et euh contre notre société, ils utilisent la langue de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, mais dans un autre sens pour essayer de nous tétaniser et pour essayer justement d'infiltrer toute la société française de façon très très méthodique.
Michael Prado, est-ce que vous souscrivez à cette définition ? Vous faut rappeler que vous êtes le spécialiste des frères musulmans en France. peut-être un rappel historique finalement comment pas théoricien he je suis comment comment s'installe historiquement peut-être cette cette idéologie effectivement ce que ce qu'a dit le ministre de l'intérieur en quoi peut-être elle se distingue d'une idéologie salafiste ou djihadiste qui déboucherait directement sur la violence parce que vous allez nous le dire mais je crois que les frères musulmans n'excluent pas la violence pour autant ils ont une autre stratégie mais ils exclut pas la violence quand c'est nécessaire à leur à leurs yeux Ils adaptent leur stratégie en fonction des territoires visés et des situations du moment.
Euh dès 1928, lors de la création en Égypte euh Parassan Albana qui était un enseignant euh de la confréerie des frères musulmans, il le constitue euh son mouvement politique euh en comme un parti politique et d'ailleurs qui est très inspiré euh des mouvements fascistes européens à l'époque dans sa structure, dans ses slogans, dans disons la fonction attribuée au chef et en même temps, il crée un organe souterrain clandestin qu'on appelle l'appareil secret qui lui est d'ailleurs en partie financé à l'époque par le Parti national socialiste, les nazis allemands. D'ailleurs, ça fait c'est toujours assez savoureux d'entendre dire qu'il serait de gauche. Bon, c'est un parti ou un mouvement qui est structurellement inspiré par évidemment une vision très fondamentaliste de l'islam et une lecture très littérale du Coran. et en même temps par euh des mouvements politiques euh fascistes, nazis en l'occurrence.
Et donc en Égypte, il va tenter de gagner le pouvoir via son parti politique. Et puis quand ça achope, et bien on provoque des attentats terroristes. Les frères musulmans ont assassiné de premier ministres en Égypte.
Ils ont toujours marché sur ces deux jambes là, sachant par ailleurs qu'on veut toujours, on essae ou parfois on croit distinguer des groupes très violents, terroristes comme Al-Qaïda des frères musulmans. En réalité, les fondateurs d'Al-Qaïda sont tous issus des frères musulmans. Donc c'est une vision djihadiste du frèisme qui avait d'ailleurs été en son temps théorisé par le la grande figure des frères musulman qui est Saïd Koutp et et voilà lorsque ça chope d'un point de vue politique ils peuvent basculer directement dans la violence et puis Daesh est une métastase d'Al-Qaïda née en Irak et cetera.
Donc on on a toujours les les les deux mouvements qui alternent encore une fois selon les situations. Mais vous citizz Alkaradaoui qui était effectivement le grand émir des frères musulmans qui euh euh dictait un certain nombre de préceptes depuis le Qatar, depuis la chaîne Alzzira où il avait une une émission qui s'appelait la charia et la vie. Euh, il avait dit voilà concernant l'Europe euh nous opterons davantage pour le prêche que pour le glève.
Mais tout ça peut changer euh encore une fois selon les époques. Alors en ce qui concerne les salafistes, il n'y a pas de différence. L'islam des frères musulmans est un islam salafiste, mais les salafistes sont venus très tard à la question politique.
Ils avaient opté pour le prêche dans le cas des quiétistes et puis pour le djihad dans le cas des des plus combattants. La seule différence en réalité qu'il y a entre les frères musulmans et les et les salafistes, c'est ce que monsieur le ministre notait tout à l'heure, c'est-à-dire la question du du temps du temps long sans doute. Ils s'inscrivent effectivement ils sont peut-être un peu plus pressés.
Voilà, les frères musulmans jouent sur un temps long. Il faut que vous savez la principale référence et on le lit dans la charte du Hamas notamment, ce sont les croisades. Et les croisades pour ce qui concerne le conflit avec Israël, ils s'articulent où ils prennent exemple avec la trêve de Ramla en 1192 où il y avait eu un accord entre Saladin et Richard Cœur de Lyon.
Ça a duré ce que ça a duré. On peut faire la même chose avec Israël, mais pour eux, ils n'y a ils n'ont aucun doute. Un jour, les Juifs finiront par cette terre comme Naguer les croisés où ils seront exterminés.
Et donc, ils s'appuie sur ce temps long. Il faut donner du temps au temps, il faut travailler les populations, il faut clientéliser. Pour ça, souvent, ils usent de de de l'aide sociale.
L'Égypte a du mal à se séparer d'eux parce que sans eux, ils jouent quiment le rôle de de sécurité sociale et ils ont fait à peu près la même chose partout où ils se sont implantés et et en France aussi d'une certaine manière. En France aussi, monsieur le ministre, on sait que vous avez un rapport sur le l'influence des des des frères musulmans en France. Quand est-ce que vous comptez le publier ?
Est-ce que vous comptez le publier ? Parce que je crois que vous vous c'est c'est vous aviez cette cette intention là. Pourquoi attendre et et sans dévoiler ce qu'il y a dans ce rapport ?
Quel est l'ampleur de de la menace en France ? Je compte le dévoiler dès que ça sera possible. C'est un rapport qui avait été commandé par trois ministres affaires étrangères, ministre des armées et ministre de l'intérieur.
Donc il faudra que dans un premier temps, puisque pour le classif déclassifier, il faut enlever un certain nombre de noms d'organigrammes que nos services ont pu réaliser et qui n'ont rien à faire dans le débat public. Moi, je souhaite le mettre dans le débat public parce que le problème de de l'idéologie des frères musulmans, c'est que ils utilisent la dissimulation. Et précisément la meilleure antidote de la dissimulation, c'est une forme de transparence.
En tout cas, il faut que ce soit dans le débat public et j'espère que dans le courant du mois de mai, les trois ministères se mettront d'accord et que on pourra précisément le publier. C'est mon souhait. Je pense que c'est absolument nécessaire.
Vous savez euh il fait les constats que nous faisons, il fait ce constat justement que c'est très difficile de de lutter contre les frères musulmans parce que la structure même n'apporte pas grand-chose parce que il ne s'y passe pas grand-chose si je dis enfin il si s'il y a une tête il y a un cerveau mais on n pas les armes en terme de droit pénal juridiques pour pouvoir taper cette structure là en freant c'est une nébuleuse en réalité plus qu'une structure je pense très hiérarchisé Je pars sous votre contrôle. Je je pense le rapport quand même un peu plus précis. Le rapport nous dit "Il y a quand même une confréie secrète de quelques centaines un peu plus de 1000 individus qui sont le haut de la pyramide.
Mais il y a quand même cette idée d'une organisation pyramidale et ensuite effectivement une une sorte de constellation. En revanche, on peut taper la constellation. C'est ce que nous faisons très régulièrement.
Il y a une notamment à Châouinon où il y a un institut de formation l'IESH si je ne trahille pas le l'acronyme euh a été l'Institue européen des sciences humaines. Des sciences humaines, un joli nom. Voyez, vous dites il a rien d'européen et très rien de sciences humaines.
Si je enfin en tout cas dans parler des sciences humaines d'ailleurs que c'est un lieu de c'est ce que nous avions fait avec Oest d'ailleurs quand il y a eu la rupture du contrat. Alors, le juge administratif pour l'instant a cassé la décision de l'État du préfet, mais très franchement quand on connaît quand on voit les reproches qui étaient fait à l'institut à au lycée à Veres, vraiment les bras en tombent. Bon, je parlais l'autre jour, j'étais dans le gare, donc le préfeté plusieurs écoles coraniques ces deux dernières années.
Donc, on parvient quand même à à contenir. Mais le problème, l'entrisme dans des clubs de sport, dans d'autres associations sociales et cetera. Ce qui me fait un peu peur moi aussi, c'est que nous sommes à un an à peine des élections municipales et je sais parfaitement que il va y avoir des volontés d'entrer dans des listes municipales avec un discours qui est très clair et que euh ces gens-là vont tenir à droite comme à gauche.
Écoutez, vous nous prenez deux ou trois et puis nous on vous apporte un paquet de voix de nos quartiers. Et c'est ça qui est terrible et c'est un un danger qui est un danger global. Donc le rapport établit parfaitement le caractère anti-républicain, le caractère subversif.
Il établit la menace et il expose un certain nombre de moyens pour y remédier. Le premier de ces moyens du reste, c'est la connaissance. Voilà, c'est la transparence.
Dire les choses telles qu'elles sont dans le grand public pour que nous sommes dans une démocratie. Ce soit connu, ce soit su, ce soit débattu, ce soit discuté. Euh bah justement, c'est ce que nous faisons ici.
On essaie de faire œuvre de de de pédagogie. On va voir aussi précisément quels peuvent être les moyens de l'État au-delà du du combat intellectuel. Mais euh pour continuer à à à expliquer le le phénomène, monsieur Rotayo a parlé de l'exemple de de Château Chinon, mais il y en aurait d'autres avec un institut de sciences humaines.
Euh est-ce qu'il y a une forme de porosité aujourd'hui euh entre les frères musulmans et le wisme qu'on peut voir dans dans certaines universités en France ? Oui, bien sûr. Et d'ailleurs, le wisme, à mon sens, a préparé le terrain euh à ce qui a ensuite euh ce qui s'est passé dans les universités à partir du 7 octobre et cetera.
On voyait bien que dans la litanie ou la collection des minorités discriminées, les juifs étaient exclus par exemple, ils étaient passés de super victime après la guerre à super dominant aujourd'hui sans transition d'ailleurs. Donc il y avait déjà une fibre que je ne dirais pas clairement antisémite mais enfin qui posait question de de ce point de vue-là. Dans le wisme, il y a des choses qui sont tout à fait pensables et discutables.
Euh tout est question de curseur à mon avis. Mais là effectivement, on est allé euh très loin euh et tellement loin d'ailleurs qu'on a fabriqué un monde qui à mon sens n'existe pas euh en réalité et qui crée chez certains individus peut-être pas très éduqués ou euh comme ça peut être le cas dans certaines universités, un sentiment un peu oui de de d'être discriminé, obsidional ou je ne sais pas et on se fabrique comme ça des ennemis et les juifs en font partie. Donc il y a eu le walkisme à mon avis a été un accélérateur, on l'a bien vu hein dans les manifestations un peu délirantes sur la situation à Gaza euh des transgenres ou des associations LGBTQ. paradoxe pr ce qui était étonnant parce que ce serait probablement les premières victimes si demain musulmans prenement rappeler que le leur ramasse et ça ne se fait pas défenestrait des homosexuels.
Oui, bien sûr. Et et juste pour ajouter, moi je pense que le wisme a offert un un ter, les choses sont différentes, on peut pas les mélanger, mais a offert, je pense, un contexte favorable avec cette idée de victimisation, cette idée de domination et une idée très manquéenne où il y a les bons et les méchants, enfin il y a le camp du bien et le camp du mal. et et ça, je pense que ça alimente aussi les les deux mouvements se sont alimentés de point de vue euh vous n'êtes pas ministre de l'enseignement supérieur mais je vous pose quand même la question, vous êtes ministre de l'intérieur, comment on fait pour éviter que les les universités soient noyauté et est-ce qu'il est bien nécessaire aujourd'hui d'accueillir des chercheurs américains qui sont très probablement pas des des prix Nobels de médecine puisque les les crédits qui sont coupés dans les universités américaines visent précisément les départements de sciences humaines nouveau, qu'est-ce que c'est bien raisonnable de les accueillir en France aujourd'hui ?
Moi, moi je pense que dans la procédure, on a une procédure en France sur les passeports talents. Moi je pense que en matière de chercheur, en matière de d'enseignement supérieur, on devrait d'abord choisir les matières dont on a le plus besoin dans un contexte national. Et moi je pense que aujourd'hui on a besoin beaucoup notamment d'ingénieurs, voyez, on a besoin sur les sciences dures euh parce que c'est notre intérêt, c'est à nous de choisir.
C'est pas on peut pas nous avoir accueillir tout le monde, il via chercheurs et chercheurs. Mais en tout cas pour les militants, il faut distinguer. C'est ça le problème de l'université aujourd'hui qui est cette liberté bien entendu.
C'est la source depuis le bien sûr académique, c'est la source de l'université depuis le Moyen-Âge. Je crois qu'on y est attaché. Mais le problème c'est que il faut pas qu'on ventre le savoir et le militantisme.
L'idéologie. L'idéologie corrom le savoir. Et à partir de là, on ne peut pas faire avancer les choses.
Donc là aussi, on a une procédure, il faut qu'elle soit suivie et il faut que il y ait vraiment un libre un choix très strict qui soit observé. par ailleurs sur l'université, je je le dis souvent parce que euh nous force de l'ordre quand on a on était confronté à Strasbourg, Sciences Poau et cetera, dans des universités à des occupations par des minorités et moi je trouve ça terrible. Le problème, c'est que je je ne peux pas moi euh avec les forces de sécurité intérieure, les forces de l'ordre, faire dégager des individus sans que le président de l'université euh me les demander formellement et et requis cette euh la force publique.
Euh Bruno Rota justement, venons-en aux solutions. Vous avez dit que la première chose, c'était le combat intellectuel et de de dire la vérité, de faire les les les bons constats. Dans votre manifeste, vous parlez aussi de la question de l'état de droit.
État de droit selon vous dévoyé, est-ce qu'il faut très clairement le le faire évoluer et comment pour faire face au nouveau types de menaces qui qui nous concernent ? Ce que j'ai voulu dire plus généralement parce que il y a deux plans, il y a il y a deux temporalités. Il y a la temporalité de de l'immédiateté.
Quand il y a une menace, il faut réagir. Donc il faut faire la transparence, discuter, voir un peu quelle disposition législative on peut adopter. Bon, ça c'est euh le le temps court et malheureusement nous sommes comme ministre souvent attachés très court au piquet de l'instant.
Et puis il y a les causes et pour moi les les causes sont beaucoup plus profondes à traiter. Euh c'est Alouris c'est dans les années 2004 ou 5 ou 6 avait visé euh l'Europe parce que c'était dans l'Occident le ventre mou le ventremou parce qu'il y a un grand vide. Et quand je quand je dis que on a parfois finalement à partir de ce que nous sommes, nous avons oublié ce que nous étions, notre propre identité, notre civilisation, mais y compris en matière de droit, on a aujourd'hui, je trouve cédé à l'empire des droits individuels, au mépris du cadre commun, de l'intérêt général.
Moi, je l'éprouve souvent quand par exemple la Cour européenne des droits de l'homme m'interdit euh de renvoyer des des individus qui sont dangereux, qui ont pu même commettre sur le seul français des crimes parce que si je les renvoie euh dans leur pays d'origine, il pourrai risquer de ne pas avoir un procès équitable. On voit bien que là, il y a un cadre juridique qui est devenu fou. C'est écrit nulle part, si j'ose dire.
Ce sont des jurisprudences qui nous imposent cet état de fait. Et et moi je pense qu'il faut là encore, j'ai beaucoup aimé l'expression du curseur. Euh quand j'étais parlementaire dans les années bah 2010, je présidais un groupe au Sénat et il a fallu que le curseur on le déplace.
Euh il y a deux pôles, il y a la sécurité, la protection des Français, c'est ma mission commistre de l'intérieur et il y a la liberté. Et il y a liberté, les libertés publiques. Et bien quand il y a une menace, on doit être capable justement de faire varier ce pôle.
Or aujourd'hui on est embarqué pas seulement par la CODH mais par ce qu'on appelle la justice administrative. Vous parliez du d'AvOS tout à l'heure le laisser à comment on fait pour éviter ce type de décision on est embarqué dans dans un mouvement qui exalte les droits individuels au mépris du droit collectif. Donc je pense moi qu'il faudra revoir un certain nombre de choses.
Alors là je parlais par exemple de la question migratoire. Je pense qu'il faudra changer de constitution, pas changer de constitution mais la constitution notamment sur l'article 11 pour permettre aux Français de se prononcer sur la politique migratoire parce que dès lors qu'il y a une décision référend référendaire, le Conseil constitutionnel n'y touche pas. elle s'impose comme la norme.
Donc je pense que c'est ce que j'ai voulu dire, il faut faire en sorte que on articule mieux l'état de droit et la souveraineté nationale. La majorité, c'est la question de la démocratie. Jacques Juliard avait une très belle expression.
Il avait parlé de la démocratie sans le peuple. Donc là encore curseur équilibre. Il est évident que la majorité, c'est-à-dire la souveraineté nationale, ne peut pas écraser le droit, y compris le droit des minorités, mais à l'inverse, le droit ne peut pas méconnaître la volonté de la démocratie.
Donc c'est un équilibre qui est fondamental et il faudra, je pense dans les années prochaines, je pense que ce sera une des grandes questions de 2027, exactement, est-ce que ça sert à quelque chose de vouloir le pouvoir si le pouvoir n'a plus le pouvoir ? Aujourd'hui, les gouvernements sont souvent ligotés par ces jurisprudence qui ont qui sont sortis même des traités et qui sortent parfois de la constitution ou des écrits où on ont on des jurisprudences qui sont très créatives finalement et qui font le droit. Donc séparation, l'état de droit, c'est quand même la séparation des pouvoirs.
Donc voilà, le juge interprète la loi mais ne fait pas la loi. Il peut être se contenter même d'être la bouche de la loi, ce qui est des instit comme dissolement. Euh Michel Prazan, vous avez observé le le combat contre les frères musulmans dans d'autres dans d'autres pays.
Comment ça s'est passé dans d'autres pays ? Est-ce queon peut s'en inspirer ou est-ce que justement il faut éviter de s'en inspirer ? Parce que placer le curseur là où l'a placé par exemple l'Égypte, on suppose que pour la démocratie, c'est pas la meilleure chose à faire.
Mais mais effectivement, comment vous vous situez dans ce dans ce débat sur l'état de droit ? Et est-ce qu'il y a malgré tout des choses à apprendre des des pays qui ont affronté encore plus durement les frères musulmans que que nous ? il est sans doute plus facile de de le faire dans des pays qui sont déjà musulmans.
Enfin, on a vu là que les Émirats arabes unis, par exemple, la Jordanie, ça la Jordanie. Donc là, il y a il y a il y a à la fois une une aisance à distinguer, si on veut, le bon grain de livret et en même temps des mesures qui sont plus répressives que cela ne pourrait l'être en France parce que le droit n'est pas le même. Je me souviens que dans le courant des années 2010-25, la Grande-Bretagne a mis les frères musulmans sous surveillance.
Ça n'a pas accouché de grand-chose. Euh vous savez quand j'étais au K, donc les frères musulmans sont aujourd'hui présents dans 80 pays à peu près, voire un peu plus dans le monde et je discutais avec les membres du bureau de la guidance. La bureau de la guidance, c'est 15 personnes qui dirigent à la fois nationalement en Égypte, mais aussi les directives internationales de ce qu'est la confréerie.
Et euh je voyais bien qu'ils étaient très marqués par leur culture, par leur environnement immédiat, par et je je leur demandais "Mais comment vous faites avec les pays qui ne sont pas musulmans ou majoritairement musulmans ?" Et il me disait "Nous sommes des pragmatiques. Euh nous ne savons pas comment faire dans ces pays-là.
Donc euh nous déléguons euh la marche à suivre aux gens qui sont des nôtres et qui eux sont nés dans ces pays et savent comment faire." Donc, ce sont aussi des pragmatiques et on peut évidemment démanteler le réseau associatif en France constitué et c'est pas une masse à faire hein, il y a il y a beaucoup beaucoup d'associations. Je rappelle d'ailleurs que la RAM qui est ce grand rassemblement du bourgette où les printemps des frères musulmans avec son pendant à Lille rassemble 100000 personnes.
Donc ça c'est des choses sur lesquelles on peut on peut agir mais très rapidement ils trouveront la parade pour se pour être beaucoup moins visible identifiable et délivrer ce même discours, ce qui est déjà en cours actuellement. Mais je voudrais aussi vous donner peut-être un témoignage personnel qui est loin des frères musulmans parce que moi-même j'ai été prof en banlieu pendant une dizaine d'années et je me souviens qu'à l'époque on nous disait l'école est la solution. Et bien moi je pense que l'école est aussi fait partie du problème.
Je me souviens de de de Manuel Scolaire Aier en 2005 où vous aviez un discours de Ben Laden qui était présenté comme le nouveau Tegevara et c'est pas c'est pas non plus si vous voulez des des ouvrages de contrebande euh avec des marqueurs antisémites contre Bernard Livi très clair avec d'ailleurs des approximations ou des erreurs historiques concernant ce point en particulier. Et je me souviens que quand je surveillais le le bac français, alors c'est il y a il y a cette prédation idéologique qui s'exerce sur les élèves et euh et c'est ces manuels dont je parle, c'est pas des manuels euh de classe générale, c'est des manuels de classe technique euh dont les classes, en tout cas quand j'y étais étaient non pas majoritairement mais exclusivement composé de de minorités. Euh et lorsque je surveillais le bac français d'une de ces classes, on avait donné en lettre le texte de la chanson Lili de Pierre Per, Pierre Peret pour qui j'ai un immense respect.
Mais enfin, ça donnait quand même un sentiment d'une France raciste, d'une exclusion par nature de de ses élèves. Tout ça nourrissait du du ressentiment. Et je le disais à monsieur le ministre avant d'entrer, lorsque ensuite nous surveillons, enfin nous corrigions les épreuves du bac français, on était enfermé dans une salle pendant toute une journée et à la fin de la journée, parce que j'étais en scène Saint-Ni, quelqu'un entrait dans la salle et mettait sans dire un mot au tabot + 4.
Donc on leur a menti, si vous voulez, on leur a menti durant toute leur scolarité, tout ça pour ne pas baisser dans les classements mondiaux de de de l'école. Et puis après évidemment il n'avait pas d'autres issu parce qu'il n'avait pas le niveau pour aller disons dans des secteurs prestigieux de l'université et il se déversait ensuite dans euh les instituts ou les les départements de sociologie où là on en remettait une couche si vous voulez sur la victimisation sur une certaine politisation de de la vision des choses du monde et de la France en particulier. Donc on peut pas faire comme ce que fait Trump, ce qui est absolument intolérable avec Harvard ou autre, mais euh il y a la matière à penser sur la manière aussi dont on veut éduquer euh euh nos enfants, nos élèves et nous voulons tous faire société et tout cela crée en réalité des divisions en notre sein, dans nos sociétés et qu'on aimerait voir non pas séparer, communautariser, mais enfin unifié et vivre en harmonie.
Alors, il nous reste 50 secondes. Monsieur le ministre, est-ce que l'école fait partie du problème ? Et enfin, peut-être si on a le temps, est-ce que cette question des frères musulmans est aussi indissociable de la question de l'immigration ?
Vous vous avez dit tout à l'heure qu'il faudrait sans doute un référendum sur l'immigration. Ce que je veux dire simplement pour conclure l'école bien entendu, il faut traiter les causes et je pense que les deux grandes causes, il y a une responsabilité qui est la notre vide que nous avons laissé et dans lequel s'est engouffré le totalitarisme islamiste. Un vide, on a donné comme modèle un modèle consumériste très matérialiste qui ne donne pas de sens et je pense que chez beaucoup de jeunes ça pose un problème.
Il y a donc le vide qu'on a laissé et la haine de soi. On a tellement dit en classe et ailleurs à plein de jeunes à cette nouvelle génération, y compris d'ailleurs mais pas que issu de l'immigration que la France pour être aimable devait d'abord se reconnaître coupable. Là encore je crois que c'est Juliar disait voilà cette histoire qu'on a offert à ces jeunes qui était une histoire lacrimale et pénitentelle.
Comment voulez-vous attirer à nous euh ces jeunes qui sont sur la voie parfois du la sécession en leur disant que la France c'était abominable ? Donc il y a un réarmement culturel et c'est là que si on veut traiter les causes, c'est comme cela qu'on affrontera le mieux l'islam en en nous renforçant nous-même sans leur laisser ce vide et en arrêtant ces espèces de de rites pénitels où à chaque fois on nous objecte que la France est ce qu'il y a de plus abominable, que le monde est produit alors que non, la France est belle et que on a offert au monde entier les plus grandes conquêtes philosophiques, artistiques et cetera et cetera. Merci Bruno Rota.
Merci Michael Prasant, c'était passionnant. Merci d'avoir été là. On se retrouve le mois prochain avec un numéro un nouveau numéro d'esprit libre.
Bruno Retailleau