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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 10 février 2025 10 minContradictoireFond programmatiqueNumériqueÉducation & rechercheEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

IA : une révolution qui nous veut du bien ? - C dans l’air - l’invité - 10.02.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Sommes-nous face à une révolution industrielle aussi puissante que celle de la machine à vapeur?

  • 1:00RelanceRéponse directe

    Ce n'est pas une révolution?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Ca bouscule ce que nous sommes. Ce que nous apprenons à l'école, par exemple. Qu'est-ce qu'on va dire à nos enfants?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Ce sera nous en mieux grâce à l'IA?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sera le sujet de l'affrontement et du choc des puissances?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    C'est normal qu'on ait peur du progrès, de l'avancée scientifique?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30J.AttaliFait
    « La découverte de l'électricité s'est faite presque en 2 ans et ça a tout bouleversé. »
  • 1:30J.AttaliFait
    « On ne sait pas pourquoi la machine tombe en panne. »
  • 2:30J.AttaliFait
    « Hier soir, j'ai découvert l'application Co-Storm, créée par l'université de Standford. »
  • 3:30J.AttaliFait
    « Dans son état actuel, aucune IA n'est capable de donner le nom du Premier ministre français d'aujourd'hui. »
  • 4:30J.AttaliChiffre
    « Si vous faites une recherche Google, ça coûte 10 fois moins d'énergie et donc d'impact climatique qu'une recherche ChatGPT. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-C'est bien, ça, Charlotte. ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air" pour cette émission spéciale consacrée à l'IA. Les géants de la tech sont réunis aujourd'hui à Paris, jusqu'à demain, pour un sommet mondial consacré à ce qui est en train de bouleverser nos vies et notre quotidien. Faut-il se dire que c'est une chance de rendre l'homme meilleur, plus performant?

Faut-il y voir un péril pour l'humanité, comme le disent certains? On en parle ce soir avec nos experts et nos invités. Pour débuter cette émission, J.Attali est avec moi.

Je rappelle que vous êtes écrivain, président de Attali Associates, auteur de "Histoires et avenirs des villes" chez Flammarion. On va beaucoup parler ce soir de révolution. Sommes-nous face à une révolution industrielle aussi puissante que celle de la machine à vapeur, comme le dit le patron de Google, une technologie plus marquante que la découverte du feu et de l'électricité? - J.Attali: C'est absurde, totalement absurde.

La découverte de l'électricité s'est faite presque en 2 ans et ça a tout bouleversé. Le feu, on ne sait pas quand ça a eu lieu mais ça a été un changement total de rapport au monde, à la nourriture. Là, c'est une minuscule étape dans une révolution qui a commencé il y a 50 ans.

C'est la capacité de prendre des données et, à partir de ça, de faire des choses très bêtes, très rudimentaires, à savoir des corrélations. Ce ne sont pas des causalités. On n'explique pas par une loi ou par une théorie le lien entre 2 faits. tombe en panne.

C'est ce qu'on appelle la maintenance prédictive. On ne sait pas pourquoi la machine tombe en panne. C'est ce qu'on voit avec les avions.

C'est très utile. L'IA permet de prévoir quand il faut, de façon préventive, réparer un avion, un ascenseur, etc. Même chose pour le langage.

De façon très bête et très rudimentaire, on sait que la probabilité qu'un mot vienne après un autre augmente avec le nombre de données qu'on a. Plus on a de données, plus on peut savoir quel mot va venir. - C.Roux: Ce n'est pas une révolution? - J.Attali: Absolument pas.

C'est un continuum. - C.Roux: Je voudrais vous citer un historien israélien.

Il dit que l'IA est fondamentalement différente de toutes les inventions de l'histoire de l'humanité. Les inventions du passé nous ont toujours donné du pouvoir, car aucun outil ne pouvait prendre des décisions par lui-même ou générer de nouvelles idées. Il dit qu'on n'est pas simplement dans la compilation des données mais face à des IA qui peuvent avoir une autonomie. - J.Attali: C'est grotesque.

J'ai toujours trouvé que cet auteur était très surfait. Prenez ce qu'on faisait au temps des augures, quand quelqu'un regardait les entrailles ou la chute d'une plume pour prendre une décision. Qu'est-ce que ça faisait?

Que c'était le hasard qui prenait des décisions. On se fiait au hasard. Là, on se fie à la loi des probabilités.

On n'a rien changé. Ce sont les probabilités qui donnent une décision. Ce n'est rien de plus que ce que nous prédisaient les oracles.

C'est juste une boîte noire beaucoup plus technique. - C.Roux: Pourtant, les grands patrons de la tech ne cessent de sonner l'alerte.

Ils ont fait des tribunes pour dire qu'il fallait faire une pause, que ça allait trop vite. Ecoutez B.Gates. - B.Gates: Moi aussi, j'ai peur.

C'est une promesse extraordinaire d'utiliser l'IA pour donner des tuteurs individuels aux gens, pour aider la recherche médicale. Ca accroît la productivité. Ca va nous laisser du temps libre.

C'est une question philosophique qui se pose: comment allons-nous passer notre temps? Il manque tellement de médecins, d'enseignants...

Comment va-t-on travailler ensemble? - C.Roux: C'est ce qui est un peu vertigineux.

C'est de se dire que ça va tellement révolutionner nos modèles, l'emploi... - J.Attali: Tous les jours, il y a des choses nouvelles.

Ca a toujours été le cas. Ca s'est un peu accéléré. On peut se demander si on va utiliser l'IA pour permettre d'avoir des vidéos pornographiques plus facilement... - C.Roux: Certains s'en servent déjà! - J.Attali: Il faudrait brider ces techniques pour ce qui est le mal, l'économie de la mort, et le développer pour l'économie de la vie.

L'IA, c'est une étape dans une évolution très longue. Tous les jours, je découvre des applications passionnantes. Hier soir, j'ai découvert l'application Co-Storm, créée par l'université de Standford.

Vous posez une question et ça vous donne une étude avec toutes les références bibliographiques en 30 pages remarquablement bien faites, où il n'y a pas beaucoup d'erreurs. - C.Roux: Ca bouscule ce que nous sommes.

Ce que nous apprenons à l'école, par exemple. Qu'est-ce qu'on va dire à nos enfants? On voit que nos enfants l'utilisent déjà dans l'apprentissage.

Il y a une philosophe citée par "La Tribune", qui explique qu'on a proposé à des élèves de choisir entre demander à une IA et demander à un camarade de classe, ils choisissent tous l'IA. Comment va-t-on continuer à apprendre? Ca nous bouscule! - J.Attali: C'est bien, même s'il y a un enseignement par les pairs plus que par les profs.

Il est vrai que les enfants savent utiliser ce qui est nouveau. Ce qui vient après l'IA, qui n'est qu'une toute petite étape dans une évolution longue, qui est l'automatisation de la manipulation de l'information, qui a commencé sous B.Pascal, c'est l'industrie de la simulation numérique.

On peut faire une copie virtuelle d'une ville, par exemple, d'un moteur, pour essayer d'avoir des maquettes virtuelles. Ce qu'on voit d'ailleurs dans les jeux vidéo. Les enfants sont mieux placés que les adultes pour savoir ce que c'est. - C.Roux: Il faudra changer la manière et peut-être même la matière de ce qu'on va leur apprendre? - J.Attali: Je pense qu'ils vont apprendre eux-mêmes plus qu'on ne va leur apprendre.

Il est fondamental que ce qu'on appelle l'IA...

L'étape d'après est beaucoup plus importante. On va leur apprendre ce qui vient après. Si on ne veut pas avoir un train de retard, le train d'après, c'est tout ce qui est l'imitation de la nature, le biomimétisme.

Faire des copies virtuelles, c'est l'étape préparatoire au fait d'avoir des copies non virtuelles de ce qu'on voit dans la nature. Beaucoup de choses sont faites en copie de la nature. - C.Roux: Ce sera nous en mieux grâce à l'IA? - J.Attali: Ce sera mieux pour nous.

Ca ne va pas prendre des emplois. Ca va prendre les emplois de ceux qui ne les utiliseront pas, de ceux qui ne sauront pas l'utiliser. Si les gens ne savaient pas lire au Moyen Age, on pouvait le comprendre car il n'y avait pas l'imprimerie.

C'était difficile, il n'y avait pas de livres. A partir du moment où il y a eu l'imprimerie, ça a pris des emplois uniquement à ceux qui ne savaient pas lire. Ca va nous forcer à avoir des compétences complémentaires.

On fera beaucoup mieux. La créativité sera plus grande. Dans son état actuel, aucune IA n'est capable de donner le nom du Premier ministre français d'aujourd'hui.

Elles ont été pratiquement toutes chargées avec les données qui se sont arrêtées mi-2023. Donc elles ne savent pas ce qui se passe après. On est loin d'avoir quelque chose de... - C.Roux: Est-ce que ce sera le sujet de l'affrontement et du choc des puissances?

Ce sujet de la maîtrise de cette technologie? Ou ça restera l'énergie, les frontières... - J.Attali: C'est un outil.

Va-t-on la mettre au service de l'aggravation de la crise climatique que l'on voit aujourd'hui? Si vous faites une recherche Google, ça coûte 10 fois moins d'énergie et donc d'impact climatique qu'une recherche ChatGPT. Donc ça va aggraver la crise climatique.

C'est un enjeu. La confrontation des puissances, qui va utiliser l'IA, les techniques digitales...

Les conflits de puissance, l'énergie, les rapports humains, les cultures, ça reste les grands enjeux. - C.Roux: C'est normal qu'on ait peur du progrès, de l'avancée scientifique?

C'est humain? - J.Attali: Non, c'est assez français.