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DébatPublic Sénat (sur YouTube)· 25 février 2023 36 minContradictoireMixteAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieSolidarités & familleCulture, médias & sport

Un monde en doc : Agriculture, monde rural, entre nostalgie et la modernité

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que tout cela a disparu est-ce que aujourd'hui il y a plus de vie dans nos campagnes?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est à ça qu'on a assisté est-ce que c'est ça que montre ce film?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a plus de vie dans les campagnes?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce serait faisable ou est-ce que les demandes et les besoins sont impossibles?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on pourrait y revenir au mouton désherbant si vivre une ou est-ce que ce serait une utopie?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Pierre BonteFait
    « c'est la fin d'une civilisation c'est une civilisation paysanne qui a qui a été la nôtre pendant des siècles et qui s'est effondré »
  • 15:00Benoît BiteauChiffre
    « il y a 20 000 départs en retraite chaque année et 13000 installations »
  • 20:00Estelle de les hachesFait
    « on peut nourrir l'ensemble des habitants de la planète en 2010 avec une agriculture écologique »
  • 25:00Sylvie BrunelFait
    « la France a encore la chance de faire partie du tout petit groupe des pays exportateurs de céréales dans le monde »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] paysan cinéaste un très joli film signé Louis au coin qui nous plonge dans un monde rural qui s'est complètement transformé au fil des décennies et qui n'a plus tout à fait le même visage aujourd'hui pratique agricole vit dans les campagnes est-ce que c'était mieux avant voilà une des questions que nous allons nous poser avec nos invités ce soir et on les accueille bienvenue Pierre Bonte vous êtes journaliste écrivain animateur de radio et télévision grand spécialiste des campagnes françaises pendant des décennies vous avez sillonné tout le pays pour mettre en valeur les petits villages isolés méconnus vous êtes co-auteur avec Céline Blancpain de ces villages qu'on assassine aux éditions le passeur Benoît Biteau bienvenu à vous également vous êtes paysan avant tout et à Grenoble vous êtes également député européen écologistes et vous êtes l'auteur de paysans résistants chez Fayard Estelle de les haches bienvenue vous êtes ingénieur agronome maître de conférence en sociologie et Université de Caen Normandie vous êtes rédactrice en chef de la revue écologique politique vous avez publié vous aussi de nombreux ouvrages sur la transformation de l'agriculture au cours des dernières décennies je vais citer le tout dernier que l'on voit à l'image paysan alternatif semeur d'avenir aux éditions le bord de l'eau Sylvie Brunel bienvenue vous êtes géographe professeur à la Sorbonne vous avez travaillé pendant de nombreuses années avec Médecins sans frontières et actions contre la fin vous êtes spécialiste des questions de développement durable et vous venez de publier nourrir ces sons de maltraités ceux qui nous font vivre chez bûcher Chastel merci à tous les quatre d'être ici on a ici un film qui nous pose face à une vraie réflexion autour de la mutation du monde rural on parlera tout à l'heure des pratiques agricoles mais peut-être attardons-nous d'abord sur les questions culturelles et sociologiques on constate on revoit dans ce film qu'il y avait du travail qu'il y avait du monde qu'il y avait des commerces des jeunes des balles et celle de Léa est-ce que tout cela a disparu est-ce que aujourd'hui il y a plus de vie dans nos campagnes alors effectivement ce monde qui est décrit dans ce documentaire a disparu le monde que nous voyons dans ces images d'archives a disparu et je me permets de dire que j'ai en regardant ce documentaire j'ai trouvé que il y avait une émotion très particulière une nostalgie et vraiment qui conduisait une grande émotion une émotion liée à l'esthétique des mots utilisés des images de la musique aussi j'ai apprécié l'accordéoniste qui nous accompagne tout au long du documentaire et qui décrit la disparition d'un monde voilà donc ce monde a disparu alors est-ce qu'il y a plus de vie dans les campagnes il y en a et il y a beaucoup de paysans ou d'agriculteurs puisque il se nomme paysan ou agriculteurs on y reviendra peut-être qui aujourd'hui s'inspire de cette tradition paysanne qui a disparu sans inspire voilà ne recréez pas ce monde là mais son inspire largement réinvente d'autres pratiques etc Pierre Bonte le sociologue henri-mondra ça avait écrit en 1967 1967 la fin des paysans et il y annonçait la disparition inévitable de toute une classe sociale et même de la civilisation rurale est-ce que c'est à ça qu'on a assisté est-ce que c'est ça que montre ce film pour moi c'est la fin d'une civilisation c'est une civilisation paysanne qui a qui a été la nôtre pendant des siècles et qui s'est effondré en admissait la mécanisation c'est ça c'est le mot fatal la mécanisation de l'agriculture a conduit à une transformation complète du monde rural du monde paysan d'abord à la disparition d'un homme d'une énorme quantité de paysans d'agriculteurs et en même temps le mode de vie des campagnes et le mode de vie des villages a été complètement bouleversé également c'est terrible d'entendre la fin d'une civilisation la fin du monde rural Benoît Biteau vous partagez oui je partage et ça convoque quand on parle de nostalgie des sensations qui font référence à l'émotion au sentiment parce que vous l'avez dit on a tous dans notre généalogie des racines racines paysannes qui étaient enfin 80% de la population a été paysanne moi la remarque c'est le choix du titre paysan cinéaste c'est pas exploitant cinéaste c'est-à-dire qu'on on sent bien l'attachement au mot pays à la notion de paysannerie ça c'est ça c'est c'est quand même quelque chose de fort et je trouve que c'est bien choisi moi je me revendique paysan je refuse de me revendiquer exploitant agricole j'ai beaucoup de mal avec le verbe exploiter d'ailleurs quand on parle de la nature quand on parle des animaux de la terre des hommes j'ai beaucoup de mal et puis c'est nouveau le fait de se revendiquer oui tu as raison quand je faisais mon émission bonjour Monsieur le Maire tous les matins tire Europe 1 dans les années 60 les agriculteurs refusaient ce mot de paysan qui était utilisé comme une insulte pratiquement et pour revenir sur la notion de nostalgie on voit bien quand même que cette nostalgie y compris dans le monde agricole contemporain on joue avec c'est à dire que là on va vivre le salon international de la culture ces prochains jours et qu'est-ce qu'on tente de monter de montrer au Salon International de la culture c'est cette image d'Épinal de la paysannerie qui n'existe plus pourtant et donc on va on va chercher dans l'émotion dans les sentiments de notre généalogie paysanne la tentative de renouer de recréer des liens entre le monde agricole et le reste du monde avec peut-être une nouvelle génération qui va changer la donne Sylvie Brunel d'après les chiffres de l'historien Fabrice Grenard en 1954 les ruraux formaient 41% de la population française en 1975 les ruraux ne formaient déjà plus que 25%. entre 1945 et 1975 les campagnes auraient perdu près de 6 millions d'habitants mais je le disais on assiste à quelques à cette nostalgie dont vous parlez tous qui peut être ferait que on a une nouvelle génération qui reviendrait vers la paysannerie vous le constatez vous le sentez alors dans les nouvelles installations vous savez c'est un monde qui subit aujourd'hui une hémorragie puisqu'il y a 20 000 départs en retraite chaque année et 13000 installations mais dans les nouvelles installations il y a beaucoup de jeunes qui veulent s'installer sur le retour à la terre l'idée de recréer du lien avec le vivant souvent d'ailleurs certains d'entre eux sortent à de très grandes difficultés et ils finissent par renoncer ce qui est dommage à la campagne mais sans être agriculteurs et qui d'ailleurs pratiquent ce qu'on pourrait appeler de la consommation foncière masquée c'est à dire qu'ils prennent des termes et l'inexploitent pas ces terres mais je voudrais juste revenir d'abord sur ce film il y a un mot qui est il y a une phrase qui est merveilleuse il y a une phrase qu'il dit il y a des êtres envers lesquels il faut réapprendre l'attention et je trouve qu'elle est très belle parce que ce dont souffre le monde agricole aujourd'hui qui est très varié en France on a une la grande diversité de terroir de modèle on est à la fois une nation productive mini nation aussi qui fait beaucoup de qualité moi je viens de la Drôme dans la Drôme des montagnes vous avez des éleveurs vous avez des bio en fait il y a dans le film d'ailleurs il est bien précisé qu'il s'agit surtout des agriculteurs d'Île-de-France il y a vraiment une géographie très précise bien sûr alors la géographie de l'Île-de-France aujourd'hui c'est à la fois les grandes plaines céréales mais c'est aussi les maraîchers qui souffrent par exemple de la perte des terres sur le plateau de Saclay donc il y a aujourd'hui dans ce monde agricole un sentiment parfois de ne plus être considéré à sa juste valeur et à tout ce qu'on met en oeuvre pour répondre aux attentes de la société les agriculteurs les paysans sont engagés dans cette transition écologique ils savent que les attentes de la société aujourd'hui c'est la préservation des milieux des paysages des patrimoines et au salon de l'agriculture il y a à la fois cette dimension patrimoniale des terroirs mais il y a aussi toute la modernité quand vous allez sur les stands de lances du Cirad des affaires vous voyez des gens qui [Musique] [Musique] des rapports domination des logiques des lobbies donc là il y a quand même une question politique il faut se poser et qui à mon avis importantes et peut-être pour juste terminer ce foisonnement d'initiative qui est salué au salon de l'agriculture à côté alors en même temps quoi habite coexistent aussi au salon de la culture les races on voit de disparition dans un dimension un peu de folklorisation il faut le dire et puis cette modernité triomphante voilà avant d'en venir aux questions écologiques agriculture je voudrais qu'on revienne sur ce film qui dépend aussi un tableau assez rose de la campagne un peu idyllique mais parfois par petites touches par bribes on sent dans quelques extraits que sur le plan social les pratiques n'étaient pas vraiment parfaites loin de là regardez travailler bénévolement alors c'est la tradition moi et les copains enfin je me suis retrouvé au lycée agricole nous étions tous oui un petit peu taillage les corvéables à merci c'est pour ça que par la suite comme mon fils est venu m'aider je me je me suis fait une obligation de le rémunérer de manière à ce qu'il soit autonome qui sache gérer son argent alors que mon père lui avait grandi et avait été élevé de cette manière là et il reproduisait le schéma qu'il avait connu familial en fait qui ont rendu possible confort aussi de la jeune génération qui n'avait pas envie de travailler comme travailler leur père et leur grand-père bon habiter c'est l'histoire de de cette hémorragie ou de la disparition de ces paysans c'est c'est ce qui est là c'est d'après karité c'est la pénibilité du travail qui fait que les jeunes qui avaient passé leur enfance corvéable à merci à travailler sans rémunération avec papa et parfois grands-papa parce que souvent il y avait les trois générations qui cohabitaient et j'ai encore un voisin ou les trois générations cohabitent encore a fait fuir les enfants des agriculteurs de ce monde-là parce que c'était à la fois pénible précaire et donc ils ont quand même tué la vie de campagne mais on peut pas leur en vouloir quand on voit les conditions dans lesquelles il travaillait mais ce qui est intéressant c'est je reviens sur ce mouvement des néopéisans quand même c'est que aujourd'hui tout ça est évacué on a on a les moyens de faire revenir des néopiants et l'avantage de ces néo paysans parce que je pense que ça c'est une vraie chance c'est qu'ils arrivent avec une autre culture ils arrivent avec les attentes sociétales les attentes citoyennes et ils développent des projets agricoles qui sont qui sont en conformité avec les attentes sociétales mais qui ont intègre les dimensions sociales modernes qui n'existait pas cette époque-là et donc ils ont l'endurance de ces générations là mais ça ça se travaille mais moi j'ai du mal moi Pierre j'ai du mal à jeter moi j'ai cinq enfants et quand je les vois dynamique comme ils sont je me dis que finalement on peut pas jeter la pierre et dire que que que les jeunes d'aujourd'hui ne sont que dans l'oisiveté dans c'est c'est déjà très énergies très endurants moi j'ai un fils qui est paysan quand je le vois bosser ça me fait rêver et ça me renvoie d'ailleurs sur mes jeunes années et je pense qu'il a il y a rien à enfin il aurait pas souffert dans cette période là parce qu'il a il a cette résistance physique et c'est la volonté les codes sociaux d'aujourd'hui quand même il faut pas mais bien sûr et d'ailleurs c'est c'est si on veut redonner de l'attractivité à l'agriculture il faut il faut payer la main d'oeuvre moi on me dit souvent on a du mal nous les agriculteurs à trouver de la main d'oeuvre pour venir nous seconder sur nos structures moi j'ai jamais eu cette difficulté là enfin je parle de moi ma propre expérience tout simplement parce que le salaire que je proposais descend et donc si on rémunère bien il y a pas de raison que les jeunes ils viennent passer s'intéresser il y a un vrai mouvement avec une envie de retour à la terre il faut juste l'accompagner et où je où je rejoins c'est le verrouillage quand même du syndicat majoritaire qui veut pas sortir de de l'installation en dehors de la famille qui veut rester dans des logiques de grandes structures il y a un verrouillage au regardons aujourd'hui les comment sont tenues la MSA mutualité sociale agricole les affaires les banques les Chambres d'agriculture fermé qui ne voudrait pas accueillir les néo-pellions le verrouillage par le syndicat majoritaire et en train effectivement de de tuer des initiatives de ces jeunes qui veulent revenir à la terre et et tout ça va et là je reprends ma casquette d'élus tout ça va jusqu'au politique publique quand je lis des propositions d'évolution des politiques publiques qui a la virgule près sont les éléments de langage que j'ai pu lire dans les textes rédigés par ce qu'on appelle le Copa et la COGECA c'est-à-dire le syndicat majoritaire à l'échelon européen moi ça me fait frémir c'est à dire que il y a un vrai mouvement de fond et on n'est pas en capacité de mettre les politiques publiques pour revenir à de l'installation et il est pas question de de proposer aux jeunes de vivre comme vivait ces gens-là ils font intégrer les dimensions sociales la modernité on les agriculteurs quand ils viennent chez moi qui visitent ma ferme le premier truc qu'il est surprend c'est que malgré ma conception de l'agriculture c'est la modernité du matériel que j'utilise parce que je ne suis pas nostalgique de la pénibilité de la précarité oui il y a un adage qui dit l'exploitation familiale c'est l'exploitation de la famille moi j'ai connu quand j'étais petite la cueillette du véritable à l'aube évidemment il n'était pas question d'être payé on avait toujours les chevaux et puis il faut bien dire que la modernité c'était appliquée des calendriers de traitement parce que on connaissait les contaminations bactériologiques donc on appliquait ce que demandait le technicien de la coopérative agricole et on a fait le sentiment d'une victoire aujourd'hui le monde agricole est Benoît l'a dit comme Estelle c'est un monde extrêmement pluriel extrêmement varié mais il a un problème parce que souvent on voudrait leur envoyer justement au passé à la pénibilité on lui dit la binette alors que au contraire pour faire face aux enjeux qui sont des enjeux extrêmement complexes on passe à des écosystèmes très complexes dans l'agroécologie dans l'agriculture de précision et donc là il faut des connaissances et puis en fait il faut associer tout ça parce que ce qu'on se présente on se rend compte c'est que dans les projets alimentaires territoriaux vous savez à l'échelle des territoires moi j'ai accompagné celui de Saint-Malo Cancale il y avait la place pour les AMAP mais il y avait aussi la place pour Prince de Bretagne qui avait la place pour le maraîcher bio que finalement c'est pas les mêmes et sauf qu'aujourd'hui le consommateur et ben il se sert la ceinture on se rend compte qu'il y a des normes problèmes de pouvoir d'achat que les magasins paysans ont très bien marché lors du premier confinement les gens se sont précipités et puis qu'au troisième confinement les gens ont recommencé à retourner vers les supermarchés qu'aujourd'hui Carrefour mise sur le discount alimentaire avec même du hard discount qui vient du Brésil donc en réalité la vraie question c'est le respect qu'on doit à cette profession à ce métier à toutes les compétences qu'ils demandent la reconnaissance de tout ce qui met en oeuvre pour répondre à nos attentes et puis une rémunération digne une rémunération juste parce qu'on peut pas demander à l'agriculteur ou aux paysans d'être parfait sur le plan social sur le plan environnemental de cocher toutes les cases et puis après aller acheter des poulets et des pommes à portée merde c'est pas possible ça il y a un autre sujet sur lequel ce film pourrait nous rendre nostalgique de la campagne d'antan c'est le sujet écologique il y a notamment un passage très marquant même marrant j'ai envie de dire qui nous rappelle à quoi servait les moutons par exemple regardez les boutons ont été pas tués dans les champs de chaumes et voilà le berger qui revient avec le troupeau de moutons parce qu'à l'époque il y avait pas de produits chimiques c'était les moutons qui qui mangeait les herbes qui poussaient dans le champ de blé ça ça remplace le désherbant chimique les moutons avaient un rôle écologique [Musique] ce jour on employé produit chimiques que ça a été la fin des moutons de la ville Pierre Bonte j'ai appris que les moutons pouvaient servir de désherbant et pouvait remplacer les désherbants chimiques quand on voit ça on se dit dommage quand même non ça c'était des pratiques écologiques qu'on aimerait retrouver peut-être mais les animaux ou bien sûr c'est eux qui rythmaient la vie des paysans et de tous les villages les moutons les chevaux comme le disait dans 10 ans le film on vivait au pas du cheval où il est au rythme du cheval et ça ça donnait aussi cette calme ce qui fait aujourd'hui rêver les jeunes quand ils voient ce genre de film c'est ça c'est cette impression de d'innocence c'est impression de calme était réel mais qui se payait quand même très cher par des efforts physiques considérables par des journées très très longues de prématuré un vieillissement prématuré les deux cassés ce qu'on appelle l'applicatures les gens qui qui étaient cassés prématurément une forme d'asservissement aussi des jeunes qui devait absolument reproduire le modèle traditionnel donc ce bonheur qui émane de certaines images ou bien dire qui se payaient très cher voilà et aujourd'hui bon la vie la vie a complètement changé on peut pas tout à fait comparer sur cette histoire d'immobilisme je suis pas tout à fait d'accord avec l'idée selon laquelle ce monde qui a disparu était un monde immobile voilà je vois des tas de pratiques inventives dans ce film dans ce documentaire sur lesquels s'appuie aujourd'hui les néopisants alors on l'a des adaptant au goût du jour en les articulant avec des techniques modernes etc donc voilà c'est pas pour idéaliser le monde d'avant c'est pas pour dire que c'était pas un travail pénible mais je voudrais pour revenir sur cette idée de pénibilité de travail effectivement dans ces nouveaux systèmes c'est jeune qui s'installe paysan boulanger dans des systèmes différents oui on réinvente une vie sociale etc mais pour revenir juste une dernière chose sur cette agriculture productiviste c'est pas l'objet du film mais c'est ce vers quoi on est allé l'exploitation du travail les rapports de domination c'est à dire que oui il y a plus cette hiérarchie propre à la société paysanne le père c'est un autre extrait du film qui dit à son fils faut faire comme si d'ailleurs le fils lui dit ben je vais aller travailler à la banque et puis finalement il revient mais on avait une relation sociale à l'époque là encore je n'idalise pas là aujourd'hui cette dépendance cette structure hiérarchique familiale voilà les générations vivaient ensemble voilà elle elle a été cassée de cette question écologique sur laquelle nous sommes partis avec cet exemple d'être un peu anecdotique des moutons mais est-ce que typiquement on pourrait y revenir est-ce que ce serait faisable ou est-ce que les demandes et les besoins sont impossibles et ben c'est là-dessus que j'aimerais vous entendre c'est-à-dire qu'au motif de pénibilité de précarité dont on parle depuis le début de l'émission on a acheté l'eau du bain et le bébé avec c'est à dire qu'on a on a dit ça c'est plus possible et on est on a c'est un phénomène de balancier on était de ce côté là du balancier et avec un effet de balancier on a considéré que les productions à base d'engrais de synthèse de pesticides et de mécanisation c'était la réponse et donc on a oublié toutes les toutes ces pratiques étaient certes empiriques étaient certes mais peut-être pas adapté à la masse qu'on attendait mais si on avait fait autant d'efforts de recherche sur pour expliquer les les ressorts agronomiques qui a derrière des mélanges d'espèces derrière la présence de et derrière la présence d'armes derrière la biodiversité derrière le respect du sol et de ça mon père il le dit c'était magique on a porté de l'azote on avait des pesticides c'était magique et moi je suis pas en train de mettre des têtes sur le bûcher la première tête à mettre sur le bûcher ce serait celle de mon père et je l'adore donc j'ai pas envie de faire ça c'est pas du tout mon propos je suis pas en train de chercher des responsables l'engrais chimique de l'agriculture intensive productiviste industrielle à base de pesticides d'engrais de synthèse et d'irrigation avec des sommences certifiés les journaux titrer l'exemple d'une réussite par exemple donc bien sûr qu'il était là on change de logiciel et on est en train de changer de logiciel quand il y a des débats autour de mon livre par exemple il vient écouter les anciens collègues ou les nouvelles générations qui justement m'attaquent en disant mais mais tu veux revenir en arrière tes nostalgique c'est pas ça le propos c'est que si on avait mis autant d'efforts si on avait fait autant d'efforts sur la compréhension scientifique de ce qui faisaient que des pratiques étaient pertinentes aujourd'hui elle serait probablement l'histoire l'écrire à pas mais on est encore en train de l'écrire avec justement c'est néo paysans on serait probablement aussi productif aussi performant en termes de souveraineté alimentaire les scientifiques le disent les scientifiques mais je vais finir là dessus mais je voudrais entendre aussi et moi je je dis que que aujourd'hui on a on a une autre voix qui qui remet le balancier au centre et c'est ce que dit mon père il dit mais il est pas en train de chercher des responsables des coupables et des têtes à mettre sur le bûcher il est en train de vous de vous expliquer que au moment où on l'a fait il y avait des choses qu'on ne connaissait pas la dangerosité des pesticides sur la biodiversité sur le climat sur la santé mais aujourd'hui avec les éléments de connaissance dont on dispose est-ce que on peut continuer comme ça pour les générations futures ce que on est en ce dont on doit parler aujourd'hui c'est de l'avenir c'est pas de refaire l'histoire c'est de parler de demain et demain est-ce qu'on pourrait y revenir au mouton désherbant si vivre une ou est-ce que ce serait une utopie alors d'abord il faut savoir que les brebis les moutons sont encore très présents en France c'est la plus ancienne AOP français celle du roquefort donc dans l'Aveyron vous avez donc encore des moutons qui jouent un rôle essentiel justement pour maintenir la biodiversité florale dans les causes dans les pâtures moyenne montagne d'abord le premier problème c'est le retour du loup et les éleveurs ont beaucoup de mal face à cela on se retrouve avec des gens qui vivent dans l'angoisse parce qu'avant c'était des agneaux qui pâturer dans la montagne avec les brebis aujourd'hui il y a des dérochements dramatiques le deuxième c'est le par exemple l'agro pastoralisme des Cévennes qui était inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO c'est un paysage qui est lié à ce travail humain aujourd'hui ce sont des paysages qui sont en souffrance bien sûr le changement climatique mais aussi la plus grande difficulté et puis la société elle n'est plus tout à fait prête à accepter récemment il y a une éditrice très connue qui a attaquait en justice un éleveur bio qui voulait s'installer à côté de chez elle il a dit elle a dit non non il va y avoir des mots je vais avoir des nuisances et donc on se rend compte que c'est difficile aujourd'hui d'accepter la réalité et en terme de technique agricole est-ce que nous on pourrait encore se suffire par exemple pour prendre l'exemple du mouton mais il y en a alors il y a aussi sur tout le fait que on est dans une société où la fin est extrêmement présente c'est à dire qu'aujourd'hui vous avez 10 millions de Français qui souffrent de sous-alimentation vous avez un milliard de personnes dans le monde que ça soit la pandémie la guerre en Ukraine laflation les coûts des intrants font que aujourd'hui le prix de la nourriture est devenu quelque chose d'essentiel et on se constate que on a incité beaucoup de paysans français à se tourner vers le bio ils l'ont fait avec beaucoup d'enthousiasme des techniques très complexes et puis aujourd'hui il y a des déconversions c'est-à-dire qui retournent au conventionnelles parce qu'ils n'arrivent pas à vendre leur lait bio leurs œufs bio alors quand les pouvoirs publics les cantines les municipalités jouent le jeu et accepte justement d'acheter au prix rémunérateur et bien ça a toute sa place maintenant il faut pas oublier que la France a encore la chance de faire partie du tout petit groupe des pays exportateurs de céréales dans le monde que en Afrique du Nord on a des pays qui sont très fortement importateur ou le prix de la nourriture conditionne la paix sociale et que c'est aussi une chance pour nous de pouvoir allier la quantité et la qualité je pense qu'il faut pas opposer les modèles on doit les associer je crois que sur l'opposition des modèles on n'est pas d'accord je me suis exprimé là-dessus je pense que je pense que les modèles et coexistent pas et après je la question de la fin dans le monde puisque finalement est-ce que les moutons à type d'exemple est-ce qu'on peut revenir alors revenir ou réinventer des pratiques écologiques oui oui Olivier de shooter en 2010 le rapporteur spécial devant les Nations unies à présenter un rapport qui dit qu'on peut nourrir l'ensemble des habitants de la planète en 2010 avec une agriculture écologique voilà on le sait maintenant alors il y a 40 ans 50 ans au moment de cette révolution silencieuse qu'on connait les paysans je ne sais pas on était dans une autre époque au sortir de la guerre etc aujourd'hui oui comme l'a dit mon collègue en face tout à l'heure on a les connaissances scientifiques voilà simplement la recherche agronomique elle regarde d'ailleurs en quelque sorte elle se concentre pas sur on exporte du blé mais on apporte des protéines au bout du bout la balance commerciale assez nul la seule richesse de la balance commerciale de la France c'est ce que j'appelle les produits de luxe alors je peux pas fâché moi je suis pas fâché avec un verre de cognac ou un verre de bordeaux je suis pas fâché du tout avec ça mais c'est bien sûr à boire avec modération bien entendu mais c'est ça la vérité de la balance commerciale excédentaire de la France mais quand on regarde sans cloisonnement effectivement on export décennale on est porte on apporte des protéines et c'est là que que sans faire de géopolitique à deux balles on voit toute la vulnérabilité qui a créé sur fond de guerre en Ukraine c'est logique de spécialisation des zones de la planète donc l'instrumentalisation de la guerre en Ukraine l'instrumentalisation de la sécheresse moi je peux plus le supporter ça parce que justement c'est précisément le modèle dans lequel on est aujourd'hui qui nous rend vulnérable dans des contextes géopolitiques comme l'Ukraine dans des contextes climatiques comme celui qu'on traverse et on doit réinventer une agriculture qui n'est pas spécialisée où on spécialise spécialiste plus des zones de la planète justement pour atteindre la souveraineté alimentaire et je vous invite à rester sur la définition intrinsèque de la souveraineté alimentaire celle portée par la Via campézina qui a été reprise par l'ONU parce que tout le monde en parle mais la définition qu'on donne certains c'est pas tout à fait la vérité un autre bouleversement que montre ce film c'est celui de notre rapport à la terre et au vivant quand on mange une viande ou un légume c'est à peine si on séduit il vient un steak sous cellophane je suis pas sûr que nos enfants des villes sachent très bien à quelle partie de la bête il correspond il y a quelques décennies la bête était abattue par ceux qui allaient la manger ou presque avec tout ce que cela pose aussi comme question peut-être sur la souffrance animale on regarde un dernier extrait on en parle après au-delà des avantages à produire localement manger un animal que l'on peut nommer par son prénom créer un rapport concret au vivant une autre sensibilité au monde [Musique] les maillons de la chaîne de production agricole était présent sur le même territoire francilien il n'est pas seulement question d'animaux pour se nourrir mais de toute une filière qui faisait des producteurs des voisins des consommateurs et il est fort ce passage Pierre Bonte je répète les mots que l'on vient d'entendre manger un animal que l'on peut nommer par son prénom créer un rapport concret au vivant une autre sensibilité au monde c'est presque une question philosophique mais ce rapport au vivant à terriblement changé aussi terriblement moi j'ai toujours été étonné dans les rencontres avec les paysans de cette époque l'affection qu'ils avaient pour les animaux il y avait un lien très très fort mais en même temps il va pas de sensible riz là-dedans c'est à dire que il n'avait aucun scrupule comme on l'a vu à tuer le cochon on a parmi les images je vous ai épargné les images Terry de saigner et de comment dire dépouiller le lapin de sa peau bon la mort la vie vous voyez tout ça c'était du quotidien et c'était admis si vous voulez qu'il fallait mourir pour vivre et pour et pour nourrir et mais au fond de même il y avait un grand attachement à alors à leurs animaux et et aujourd'hui ça paraît même pas vrai quand vous élevez vous je suis sûr que Benoît va lui dire quand on est éleveur on aime ses bêtes aujourd'hui et d'ailleurs leur bien-être joue un rôle essentiel dans votre bien-être il faut que c'est bête aille bien sauf qu'en ce moment il y a la tuberculose bovine il y a la peste porcine à la grippe aviaire et l'énorme sanitaire sont colossales donc ça on pourrait plus le faire vous savez il y avait des abattoirs itinérants on avait essayé de les recréer ils sont ils ont dû lâcher l'affaire on y arrivait pas mais on y revient quand même à cette idée de produire local de manger local là aussi on dirait qu'il y a même une certaine nostalgie de retour au local c'est vrai chez les jeunes et de retour à la proximité et et un besoin est de retour à la nature donc évidemment et je crois que oui on peut on peut y revenir mais ça va être difficile parce que il y a des forces contraires énormément puissantes qui vont vers la facilité vers surtout le le l'argent si vous voulez le gain qui font que se reconvertir à la terre aujourd'hui c'est c'est savoir qu'on va pas gagner beaucoup d'argent quand même on va travailler 15 heures par jour pour gagner à peine le SMIC c'est bon tu as tout à fait raison mondiale qui veut que les prix soient extrêmement bas c'est pas l'état qui va pouvoir changer les revenus du paysan à ce niveau-là et sur ces questions aussi de souffrance animale parce que j'ai pas remontré les images mais enfin il y a des méthodes c'est difficile à voir aujourd'hui on peut pas être nostalgique de pratique d'abattage qui sont juste voilà aujourd'hui je pense pas que vous avez tout le temps il y a des efforts à faire c'est c'est on parlait tout à l'heure d'écologie moi je peux pas m'empêcher d'associer l'écologie avec l'élevage c'est-à-dire que l'élevage c'est aussi un moyen de faire de l'écologie parce que on a parlé des feux de forêts l'été dernier et bien s'il y avait eu des élevages pour entretenir des pare-feu des choses comme ça les feux de forêt aurait été sûrement moins dramatique quand on parle de zone à fort en jeu de biodiversité comme les prérés résumés comme les zones de montagne dont tu as parlé ici déjà tout à l'heure l'élevage est un contournable pour entretenir ses espaces de biodiversité donc on ne peut pas renoncer aux activités d'élevage et après plus de façon plus personnelle dans la relation que que dans le lien qui évoqué pierre moi je dis que la relation avec l'animal parce que quand on est éleveur on a l'impression qu'on que nous on élève les animaux et bien moi je prends le contre-pied de ça et je dis que quand on est éleveur on est dans un lien qui nous élève nous c'est à dire que la relation avec les animaux élèvent aussi l'éleveur et même si effectivement un moment donné il y a de temps en temps une conduite à l'abattoir la relation avec ses animaux là nous élèves même si on sait parfois que ça finit à l'abattoir et c'est peut-être ça qu'on doit réapprendre on doit réapprendre la relation à la vie mais aussi à la mort et c'est peut-être ça le le lien moi je suis éc et je revendique que l'élevage ne doit pas disparaître si on veut relever le défi écologique le défi climatique parce que l'élevage est aussi un outil pour relever le défi climatique et le défi de la biodiversités de lien entre les animaux et les éleveurs mais ça pose plus globalement et on le voit très bien dans ce documentaire la question du lien social globalement il y a une très jolie phrase dans le documentaire qui dit alors je sais plus à quel moment que l'espace public de ce monde qui a disparu était habité et moi j'ai trouvé que c'était on pourrait retenir cette phrase l'espace public était habité parce qu'il y avait de la vie alors avec tout les limites de la cohabitation intergénérationnelle et on va parvenir en arrière et la pénibilité etc mais il y avait de la vie je pense que quand même ce qui a changé est-ce que ce qu'essaye de de retrouver tous ces jeunes dont le réalisateur lui-même qui retourne on a plus le temps il faut prendre le temps enfin et la vie la relation sociale l'agriculture entraîner la chute la destruction du village et de la population venue la population locale et c'est ça l'agriculteur aujourd'hui moi je conviens de fois je les ai entendu dire mais on est tout seul aujourd'hui on vivait autrefois entre nous on se retrouver en allait ensemble pour la moisson pour le battage etc il y avait une vie collective une vie sociale formidable dans les plus petits villages aujourd'hui 30 ans 40 ans après souvent on me dit je suis tout seul on est deux agriculteurs on est voyez il y a une sorte d'abandon social dans lequel se retrouve l'agriculteur et donc peuvent souffrir aussi les jeunes qui aujourd'hui décident de revenir dans ces villages dans le mal-être dans le mal-être des agriculteurs l'isolement l'isolement c'est c'est c'est moi je préconise nourrir ses sons maltraités ce qui nous font vivre l'instauration d'un service civique agricole je pense que les jeunes il faut les renvoyer dans les campagnes chez Benoît chez tout l'ensemble des différentes formes d'agriculture pour qu'ils apprennent à réparer la planète parce que être au contact de la terre et du vivant on travaille avec le vivant on travaille avec le temps on est obligé de trouver des réponses face aux infestations parasitaires on est obligé de trouver des réponses pour démarcher la fluctuation des prix le coût des intrants il faut préserver les sols il faut replanter des et c'est compliqué tout ça mais au moins on agit concrètement il y a beaucoup de paysans qui disent je fais le plus beau métier du monde ils le disent toujours et on s'arrêtera sur cette belle phrase et cette belle proposition merci merci à tous les quatre d'avoir participé à cette émission merci à vous de l'avoir regardé vous savez comme chaque année publique c'est na sera très mobilisé pour le Salon de l'Agriculture nous y serons évidemment tout au long de la semaine merci merci à vous de nous avoir suivis à très bientôt [Musique] [Musique]