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interviewLe Média (sur YouTube)· 3 juin 2025 30 min

AURORE BERGÉ "HAUSSE LE TON" : QUE CACHE LA CONVOCATION DE MÉTA, X ET TIKTOK PAR LE GOUVERNEMENT ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247, et d'activer la cloche. Bonjour, bonsoir pardon à toutes et à tous et bienvenue dans Au cœur de l'ACU, l'émission d'actualité du soir sur le média diffusé du lundi au jeudi à 19h en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur Molotof et sur le médiiaatv.fr.

FR. L'extrême droite, aidée par des médias financés par les milliardaires, cherche à imposer sa vision en muselant la diversité des voix et en bafouant le pluralisme. Pour riposter, le média lance repost, une campagne citoyenne cruciale pour bâtir une chaîne d'information indépendante et populaire.

Sur les réseaux sociaux et la TNT francilienne. Nous voulons porter les voix qui dérangent, celles qu'on ne veut pas entendre ailleurs. Cette bataille pour la démocratie nous concerne tous.

Rejoignez-nous et soutenez la reposte sur campagne.fr. L'actu du jour, c'est Aurore Berger qui convoque les principaux réseaux sociaux au ministère.

Cet après-midi à 14h30, la ministre de l'égalité entre les femmes et les hommes a rencontré les plateformes MTA Snapchat. TikTok, Twitch, YouTube et X en présence de madame Clara Chapas, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique ainsi que de l'ARCOM et de la direction générale de la police nationale en cause de nombreux signalements et dérives observées et persistantes. Aurore Berger souhaitait des explications concernant la prolifération des discours de haine.

La ministre donc de l'égalité entre les femmes et les hommes a décidé plus particulièrement de s'attaquer à la haine sexiste et misogyne, dit-elle. C'est l'affaire de l'influenceur Adé Laurent qui s'est fait connaître par ces par ses vidéos particulièrement agressives et dégradantes à l'égard des femmes qui a mis le feu aux poudre. Mais pourquoi réagir seulement maintenant alors que cela fait des mois que déjà Meta et X par exemple ont expliqué vouloir cesser la modération au nom de la liberté d'expression ?

Est-ce que cette explosion de contenu à caractère misogyne raciste et LGBT femme n'était pas à prévoir ? Mais surtout est-ce que convoquer les gars femmes les réseaux sociaux pardon pour leur remonter les bretelles suffira à régler le problème ? Pour en parler, je reçois sur ce plateau Fadil Brahimi, stratège en influence numérique et autrice du podcast Fad Live ainsi que Bastien Lecerec, juriste et membre de la quadrature du net.

En deuxème partie d'émission, je recevrai pardon Bernard Friot et Alban Baudouin pour parler d'un sujet pas très connu mais très important, la sécurité sociale de la mort. Au cœur de l'acu. C'est tout de suite. [Musique] Bonsoir Fadila, bonsoir.

Bonsoir Fadil Brahimi. Bonsoir Bastien Lec. Bonsoir.

Merci d'être venu avec moi sur ce plateau pour discuter donc de ce sujet hein. On disait Aurore Berger, je vais me répéter, mais a convoqué les réseaux sociaux cet après-midi avec pour but affiché, vous l'avez entendu, de lutter contre la prolifération de la haine en ligne et en l'occurrence de la haine sexiste et misogyne. Alors évidemment, tout ceci est motivé par l'influenceur pornographique Adé Laurent, épinglé par Aurore Berger elle-même auprès de la plateforme TikTok. l'influence l'influenceur pardon s'est fait connaître par des vidéos particulièrement agressives et misogynes mais tout de même il aura fallu attendre un sacré bout de temps pour voir le gouvernement réagir à ces questions hein avec X et Meta qui ont depuis longtemps abandonné la modération des contenus de sur sa plateforme et qui donc forcément peut laisser expliquer cette explosion de contenu aineux sur ces plateformes.

Peut-on donc faire confiance au gouvernement pour réellement lutter contre la haine en ligne ? Fadila, je commence par vous. Alors, si je dis non, on peut déjà plier.

Euh non, ce qui ce qu'il faut surtout remarquer en fait aujourd'hui, c'est que depuis la réglementation en février 2024 avec le DSA qui a donné en fait un cadre réglementaire au niveau européen et surtout qui donnait en fait la possibilité aussi à chaque pays d'avoir à la fois des référents mais de pouvoir en fait agir. On peut dire que tout simplement qu'on n pas réellement sonné l'alerte auprès des des de toute cette plateforme qui se doivent régulièrement, c'est indiqué en fait dans le cadre réglementaire, donner des éléments de preuve que pas simplement, je dirais de devoir interdire d'être proactif hein, mais d'avoir en fait non seulement une vigilance sur ce qui se passe et les évolutions parce que comme vous le savez les tendances bougent, les hashtags changent aussi évolue et tout ça, ça c'est d'une part et d'autre part d'être de de faire un état des lieux, bah des signalements, combien combien de personnes ont été signalées alors en plus d'autant plus que la France est vraisemblement le pays qui signale le plus en Europe. En tout cas, les Français sont très actifs et on a rien eu de tout cela.

Et pourtant, à la clé, je vais aller euh très rapidement, mais il y a quand même une sanction qui est normalement prévue. Donc non seulement on n' pas réclamé finalement un bilan de manière assez euh régulière, euh je n'ai pas la cette notion de régularité, hein, mais on peut dire quand même que ça fait un an et demi qu'il y avait rien eu du tout et donc il y a pas eu non plus de sanction. Donc, est-ce qu'on peut faire confiance ?

Et bien, moi, je dirais que j'auraiis confiance lorsque je les verrai réellement agir dans ce sens-là puisqueaujourd'hui, on a aucun chiffre. Oui. Donc Bastien, tu veux peut-être ajouter quelque chose hein.

Est-ce qu'on peut faire confiance au gouvernement sachant qu'en fait ils ont déjà des outils pour lutter ? Ça fait un moment qu'ils auraient pu le faire. C'est ça.

Et et notamment le gouvernement français a des outils. L'Union européenne s'est doté d'outils. Vous avez rappelé le le DSA, le digital services exact euh ou règlement sur les services numériques.

Mais en réalité, on a on pourrait aussi avoir d'autres outils pour sortir de ce modèle économique des des de ces gens de l'internet qui font du beurre sur la prolifération de ces contenus. Et c'est un peu paradoxal de réclamer plus de modération à des acteurs qui vont gagner plus s'ils mettent en avant ces contenus problématiques. Et on on est un petit peu face à une instrumentalisation d'un problème réel qui est la toxicité de ces de ces réseaux sociaux mais dont la réponse apportée est plus d'autoritarisme, plus de censure.

Ce matin, Aurore Berger par exemple était très contente que pour réguler les sites pornographiques, on demande aujourd'hui aux internautes de vérifier leur âge et comment on fait de la vérification de l'âge avec de l'identité numérique, donc en mettant à mal l'anonymat sur internet et en exigeant des internautes qu'il s'identifie auprès d'un tiers, pas nécessairement le le site pornographique. Donc on voit très bien ce qu'a en tête le gouvernement à travers ces ces sorties, ce ce discours-là. Et on est face à un faux dilemme parce que si on se présente comme rejetant cette censure autoritaire décidé par le gouvernement ou par la police, c'est pas à Nounin qu'on ait la DGPN qui soit au côté de l'Arcom pour donc la direction générale de la police nationale au côté de l'ARCOM face au au au à ses plateformes, à ses réseaux sociaux.

Donc si on s'oppose à cette mesure autoritaire, on serait taxé de organisation ou individus qui serait d'accord avec ces problèmes alors que pas du tout. Et pour réguler ces ces contenus, on a d'autres d'autres manières de faire mais qui ne sont aujourd'hui pas mis sur la table. Et l'autre manière de faire, c'est casser ce monopole qu'ont les plateformes sur leur communauté.

Puisque pourquoi les gens restent sur X, sur MTA ? Parce que les communautés sont là et on on pourrait avoir d'autres règles pour briser ces silos, briser cette ce monopole et obliger ces plateformes à s'ouvrir vers d'autres d'autres plateformes qui ne poursuivraient pas euh des intérêts économiques. Ça s'appelle l'interopérabilité des réseaux sociaux.

C'est ce que la quadrature réclame depuis des années et c'est un rempart pour sortir de ce dilemme censure versus prolifération de contenu problématique. Alors justement nos puisqu'on pose la question donc qu'est-ce que pourquoi agir maintenant ? Nos reporters Lisalap et Andre Manivit se sont rendus au ministère de l'égalité entre les femmes et les hommes et ils ont eux-mêmes demandé à Aurore Barger ce qu'elle comptait faire concrètement contre la haine misogine sur les plateformes.

Je vous laisse regarder ce petit magnéto. La ministre de l'égalité famore Berger a convoqué les grandes plateformes des réseaux sociaux aujourd'hui TikTok, YouTube Facebook pour dénoncer les violences faites aux femmes par des influenceurs aux millions d'abonnés. Ces stars d'internet mettent en ligne des vidéos qui font clairement la propagande de la culture du viol.

On voit des violences et sexuelles sur des femmes dont des mineurs, la promotion de relations avec des mineurs aussi ou encore des théories sur les femmes inférieures aux hommes avec comment pouvoir les contrôler. On le sait, on l'a vu aux États-Unis, l'augmentation des discours masculinistes va de paire avec le développement des discours d'extrême droite et fasciste. Puis comment combattre la culture du viol sur internet quand elle est omniprésente dans nos médias ou encore au cinéma ?

On se rappelle d'Emmanuel Macron qui avait soutenu Gérard de Pardieu. Pour ne citer que cet exemple, on est allé questionner Aurore Berger. Moi, le point de départ c'était oui les contenus de haine.

Et dans les contenus de haine, les femmes sont les plus visées par les contenus de haine. Que ce soit sur la question de l'hypersexualisation, que ce soit sur le fait qu'on ramène les femmes à un corps, à une marchandise, qu'on dise à nos enfants dès le plus jeune âge que la sexualité n'est que de la violence ou n'est que de la domination. Mon point de vue n'est pas encore une fois un point de vue moral.

Je ne suis pas là pour dire il faut ou il ne faut pas regarder ses contenus. Je suis là pour rappeler le cadre légal et la manière avec laquelle la France entend faire respecter ce cadre légal qui s'applique à nos plateformes quandbien même elles ne sont pas françaises parce qu'elles opèrent en France. Nous avons changé la règle sur la question de la pornographie.

C'est ce travail collectif qu'on doit faire. Ce qui était important, c'est que les plateformes soient convoquées, qu'elles prennent la mesure de la nécessité de cette convocation, qu'elles viennent toutes, qu'elles donne des réponses qui soient des réponses claires. Donc elles donneront des réponses par écrit sur le nombre de modérateurs qui sont disponibles en langue française et francophone.

Elles donneront des réponses par écrit sur combien d'infractions faut-il pour être bannie et banis définitivement. Elles donneront des réponses par écrit sur la question de la monétisation des comptes parce qu'on sait que derrière cela, c'est aussi une industrie au sens budgétaire, au sens financier. Et c'est bien le problème quand on a des comptes qui sont suivis par des millions et des millions d'utilisateurs.

Elles s'inscriront dans un cadre plus collectif, ce qu'elles ne faisait pas aujourd'hui de manière à ce qu'un utilisateur banni sur un compte, crée des alertes sur les autres comptes pour vérifier s'il publie la même chose. parce que s'il publie la même chose, il n'y a pas de raison encore une fois que ça ne soit pas appréhendé et que la sanction soit différente. Fadila, les gens l'ont pas vu à l'antenne, vous tquz un petit peu à l'entente des réponses d'Aurore Berger.

Euh ça sonne comme des mesurettes pour vous ce que propose euh la GR. C'est pas tellement des mesurettes. Je suis quand même assez consciente que nous sommes sur une opération de communication politique euh avant tout, on va quand même pas se le cacher.

Euh et euh on gouverne pas et on dirige pas en fait les algorithmes par indignation et euh par je dirais opération un peu alors oui auquel l'influenceur AD était Laurent c'est AD Laurent. Bon voilà. Est-ce que le fait d'avoir arrêté un influenceur sur une plateforme, est-ce que c'est ça résout le problème ?

On a parlé du droit tout à l'heure. Il y a un autre élément, ça reste aussi la pédagogie parce qu'on sait très très bien comment c'est très volatile le numérique. Un influenceur sur une plateforme, il est banni d'une plateforme, il va aller sur une autre plateforme et une plateforme peut-être naissante qui fait pas partie des plateformes qui étaient autour de la table et cetera.

Donc ça veut dire que le droit ne suffit pas. une action sur un influenceur ne suffit pas non plus et qu'il y a il y a un travail régulier qui doit être fait. Alors peut-être aussi que là mo on va dire que je fais de la politique politicienne en disant ça.

Mais il y a de la pédagogie à faire autour de de la violence et de de enfin tout t tous les qu'elle a cité. Ensuite euh quand a elle a demandé euh le nombre de modérateurs, on sait tous que toutes les plateformes, en tout cas Meta et X ont décidé justement de licencier des plateformes. Ça a été leur réponse quand même il y a un peu près 1 an et euh MTA un petit peu moins. et d'avoir et surtout depuis l'arrivée de Trump de de de de de promouvoir davantage en fait une régulation quelque part collective par en fait les utilisateurs en réduisant en fait le nombre de modérateurs donc évidemment parce que c'est quelque chose qui qui leur est totalement pénible.

Et depuis qu'il y a eu le DSA et il y a la loi Senine aussi, on va pas rentrer trop dans les détails des de toute cette réglementation, mais juste pour dire que le cadre réglementaire existe contrairement à ce que j'ai pu voir notamment dans une communication en disant que c'est un espace de non droit. Non, aujourd'hui, il y a une réglementation mais qu'il faut le faire tout à fait appliquer. Ce qui est assez complexe dans la pédagogie aussi, c'est que lors aujourd'hui quand vous voulez faire des signalements, vous vous retrouvez dans le signalement DSA, bah quelque chose qui est beaucoup plus complexe qui n'était en fait auparavant parce qu'il y a beaucoup plus de critères, c'est bien mais en même temps de ce fait en fait la plupart en fait des internautes ne sont pas finalement éduqués à utiliser ces outils, hein.

Je veux dire éduqués ou former. bien informé. Et donc vous savez ce qu'ils font la plupart du temps, soit ils abandonnent parce qu'il faut signaler, ensuite faut remplir un formulaire et cetera, soit ils abandonnent, soit ils multiplient en fait.

Donc il y a peut-être quelque chose à revoir également dans dans le processus et euh et là où elle a raison en revanche, c'est d'avoir le barê, c'est-à-dire au bout de combien de signalement euh tous les utilisateurs qui sont aguéris des médias sociaux savent que généralement il y a un seuil. Mais par contre, on le connaît pas. On sait qu'il y a un seuil.

C'est-à-dire un nombre important de signalement sur une période donnée permet d'envoyer, on va dire, un signal et quelque part une modération humaine et pas algorithmique. Mais euh on n sait pas plus. Voilà.

Bastien, qu'est-ce que ta réaction euh à l'écoute ? Je suis parfaitement d'accord avec le fait que c'est une opération de communication de la part du gouvernement et d'ailleurs le fait d'avoir convoqué ces plateformes là alors que la France n'a pas les compétences pour les réguler c'est assez symptomatique. C'estàd que le digital services Act répartit les compétences dans la régulation des plateformes entre la Commission européenne qui va être chargée de réguler les grosses plateformes que sont par exemple TikTok qui est MTA pour son réseau social Facebook et pour les plus petites ça va être les Étatsmembres donc la France par exemple qui vont être chargés de faire cette régulation.

Donc là on a Aurore Berger qui a convoqué des plateformes pour leur dire attention faut appliquer la loi alors que ça n'est pas à la France de le faire, c'est à la Commission européenne et la Commission européenne le fait. Elle peut être critiquée, elle a été critiquée, elle sera critiquée sur sa stratégie ou parfois elle est accusée de laxisme envers ses plateformes. D'accord.

Mais en réalité, ça n'est pas le rôle de la France euh de s'attaquer comme ça de cette manière à ces euh plateformes-là. Et en réalité, on est face à euh un droit qui est assez insuffisant aujourd'hui et qui a besoin d'évoluer. La question, c'est dans quelle direction il va évoluer ?

Et aujourd'hui, on a la France qui pousse pour une évolution dans toujours plus d'autoritarisme. Cette ce ce schéma de convoquer les plateformes pour leur dire attention, il faut retirer des contenus, sinon je vais changer la loi. qu'a dit Aurore Berger ce matin sur France 2.

On l'a retrouvé exactement formulé de la même manière à l'été 2023 quand on a eu des révoltes dans les banlieux françaises et où bah des contenus qui documentaient tout ça se retrouvaient sur les réseaux sociaux et où on a eu des réseaux sociaux et notamment Snapchat avec à l'époque une représentante de Snapchat qui a admis devant l'Assemblée nationale que le réseau social avait été convoqué pour retirer à la demande du gouvernement donc en dehors de toute procédure légale en dehors de tout contrôle par un juge ou même par une une autorité indépendante pour faire retirer ces ces contenus là. Et quand on va vers plus de censures, on va vers plus d'arbitraire parce que par exemple quand on donne autant de pouvoir à ces plateformes, on va se retrouver avec des phénomènes de raid où on va avoir des militants qui vont se mettre à signaler énormément de contenu en jouant sur ce seuil. C'est ce qui arrive assez régulièrement à la gauche euh française ou américaine.

T'anticipe presque sur ma ma question suivante parce que effectivement on a là on parlait d'ad Laurent mais en fait il y a eu un il y a si on prend juste l'actualité récente entre Chloé et Gervet qui avait été prise pourci par l'influenceur Cops et tail sur Twitter qui a d'ailleurs porté plainte. On a eu aussi l'affaire Ultia donc Proc a eu il y a pas très longtemps qui elle parce qu'elle a eu le malheur de dénoncer des comportements problématiques d'un autre streamer Inoxtag lors d'un event c'est pris aussi des raids pas possibles. Et puis on a eu aussi le cas d'abrège sur sœur qui euh s'est pris des raides de la communauté masculiniste parce qu'elle a simplement de façon humoristique détourné le concept d'abrèche frère pour se moquer des comptes sexistes.

D'ailleurs, je vous laisse écouter le le témoignage d'Isa, la créatrice d'Abrcher qu'on avait reçu sur ce sur le plateau du média et qui a témoigné devant nos caméras et je vous laisse écouter ça. Quand j'ai créé à Brèche sœur, ça a commencé dès le départ par un harcèlement misogyne donc c'était pas drôle parce que j'étais une femme. Ça ça allait encore.

Là où ça a vraiment pris de l'ampleur, c'est au bout d'une semaine quand des masculinistes ont commencé à dire des rumeurs sur moi comme quoi j'avais la haine des hommes, que j'étais misandre. Et là a commencé les menaces et des choses dont je peux pas parler parce que je suis en procédure mais qui sont très graves. Pour donner un exemple de ce que je vis qui est important, c'est par exemple des menaces de mort qui me disent voilà on va tenter à ta vie quand on te va croiser à Paris on va te faire et ils me décrivent.

Donc voilà des fois c'est me violer des fois c'est tenter de me tuer, tenter de tuer ma famille. Ça en fait c'est bien réel et simplement étendre son téléphone ça ne suffit pas à ne plus vivre le harcèlement que je vis malheureusement. Fad une réaction ou quelque chose à rajouter ?

Non, non, mais typiquement on est quand même même on efface là, c'est bien d'entendre en fait aussi une histoire totalement personnelle parce que là dès lors qu'on parle de cyberharcèlement, de signalement et cetera, on peut parler de chiffres, on peut parler de réglementation, un moment donné, il faut aussi parler des personnes et nous sommes face quand même à une à une situation extrêmement complexe parce qu'on n'a pas mis les outils en fait, je dirais quelque part plus psychosociaux, si je peux donner ce terme-là, dans le sens où le droit La justice, la loi, elle est elle est beaucoup plus lente que les réactions et ce que on vit à l'instant. Et vous avez des personnes qui effectivement et on peut parler on peut parler aussi notamment des enfants qui vivent en fait quand ils vivent en fait un cyberharcèlement, le temps en fait que finalement que le signalement se fasse, que ça s'arrête, la souffrance, elle est là. Ouais.

Et et donc là, moi j'ai voilà, j'ai pas forcément de réponse mais c'est un débat qu'on a pas forcément non plus. Donc qu'est-ce qu'on met en place réellement euh pour accompagner en fait ces personnes après qu'elle d'ailleurs qu'elles aient tort ou raison d'une certaine manière qu'elles a provoqué ou pas provoqué. Il n'empêche que il y a une souffrance qui se qui est là.

Voilà. En fait, ce qui est intéressant, c'est que moi quand j'ai quand je lis un peu, j'ai le retour du terrain de de mes collègues, j'ai je regarde un peu le contrer-rendu de ce qui s'est dit à cette bah cette réunion du coup. Et moi, il y a un j'ai un peut-être que le problème vient aussi du fait que on cible pas vraiment je sais pas j'ai pas l'impression qu' berger cible vraiment le le problème.

Là on parle par exemple dans ces cases de cyberharcèlement souvent on va pas se mentir ça vient d'une sphère bien particulière qui est celle de l'extrême droite quand même bien alimenté bien poussé par bah justement des médias comme C News ou Frontière ou même bah des influenceurs d'extrême droite. Pourquoi Aurore Berger selon vous a autant de mal à nommer peut-être ce qui à l'heure actuelle constituerait peut-être le cœur du problème de de ces cyberharcèlement misogyne et sexiste ? C'est c'est c'est difficile à à répondre parce que malgré tout, elle a quand même raison de de pointer du doigt un vrai problème qui est la toxicité de de ses contenus, de ses plateformes.

Mais en effet, elle tourne un peu autour du pot. Euh alors je je sais pas si euh elle aurait dû euh plus mentionner euh les les le mouvement politique euh de droite, d'extrême droite qui est très souvent à l'origine de de ces contenus de de cyberharcèlement, mais qui d'un autre côté n'est pas limité euh non plus à la droite. Il y a aussi eu des mouvements de cyberharcèlement euh qui sont venus de gauche et finalement c'est plus un problème à notre sens à la quadrature de mise en avant algorithmique.

Et c'est le à mon avis le le le vrai absent de ce discours-là. La mise en avant algorithmique de ces contenus euh pose problème et c'est euh cette tentative de réguler les plateforme par plus de censure sans remettre en question ce modèle économique des plateformes. il avait déjà été dénoncé au moment de la loi AVIA qui en 2019-2020 voulait un petit peu comme ce que demande aujourd'hui le gouvernement qui voulait forcer les plateformes à retirer des contenus signalés sous 24 heures pour les contenus haineux sous 1 heure pour les contenus d'abus sur enfant ou terroriste et qui s'est faite loi qui s'est faite censurer par le conseil constitutionnel en en disant que on ne peut pas donner autant de pouvoir à la police et aux plateformes et que ça serait une atteinte disproportionnel à la liberté d'expression et le au moment des débats parlementaires en en 2019 et 2020 la quadrature, on avait dit mais pointons le problème qui est la mise en avant algorithmique de ces réseaux sociaux et créons une alternative, un modèle alternatif qui aujourd'hui existe qui s'appelle l'interopérabilité des réseaux sociaux qui existe par exemple le média et a sa propre plateforme Piertube qui est une version décentralisée de YouTube qui permet de ne pas être dépendant des algorithmes de Google dans la mise en avant. ou non de ces contenus pour du microblogging façon X, on a Mastodon, voilà, on a des alternatives qui existent mais qui aujourd'hui ne sont pas obligatoires.

Ce qui fait que ces grands réseaux sociaux commerciaux continuent de proliférer, continuent d'utiliser leurs algorithmes et en faisant semblant d'aller les réparer sur les bords. C'est le problème du DSA, c'est que on demande aux plateformes de réparer, de de masquer un petit peu les symptômes mais sans s'attaquer à la racine du problème. Et c'est dans cette voie qu'il faudrait aller vers plus de régulations pour forcer ces plateformes à s'ouvrir et à arrêter de raisonner uniquement en terme de revenu, en terme de temps de cerveau disponible pour reprendre une vieille expression de TF1.

Ouais, je vais ajouter quelque chose. On on se demande aussi pourquoi finalement les réseaux sociaux et les médias sociaux, moi j'utilise plutôt ce terme-là, sont le miroir aussi de la société. Euh quand on veut se poser la question de qu'est-ce qui est toxique ?

Ouais, on rentre quand même. On elle l'a dit d'ailleurs tout à l'heure, je veux pas rentrer dans la moralité. Moi, je crois justement je pense que on est dans la on est presque à on est à la limite en fait de la morale de qu'est-ce qu'on peut dire, qu'est-ce qu'on peut pas dire, quelle est la limite.

Euh ça devient extrêmement compliqué. Et finalement ce miroir de de confusion, moi je le vois aussi, je vais faire un pas de côté, mais nous avons de par ce règlement normalement une autorité qui est qui nous représente en France qui est l'ARCOM, donc auprès de la Commission européenne et qui est censé nommer en fait un certain nombre de tiers de confiance. tiers de confiance.

Premier tiers de confiance donc normalement c'est des associations, des autorités vont c'est assez c'est assez large. On a obtenu une partie de la liste il y a à peine quelques mois euh association donc contre la piraterie audiovisuelle, association contre les addictions, i-enfance et cetera. Euh c'est pas très clair.

Les nominations sont pas claires. On sait pas qu'est-ce qu'elles font. On sait pas comment elle fonctionne.

Donc on veut demander de la transparence en fait aux plateformes. Bah moi en tant que citoyenne, j'ai envie de demander de la transparence de l'ARCOM de dans en tant que en tant que représentant puisque c'est cette autorité qui doit aussi euh nous accompagner. Comment ça fonctionne ?

Comment elle nomme ? Le 12 mai, on sait que par exemple que le CRIF a été nommé. Pourquoi le CRIF pour a été nommé en tant qu'institution et on sait de comment dire représentant une communauté ?

Pourquoi pas les autres communautés ? Pourquoi c'est pas plutôt l'Alicra ? Vous voyez ?

Enfin, je je j'ai ça interroge ça interroge de savoir comment ces ces ces tiers sont nommées et pourquoi aussi tardivement puisque ça fait quand même un an et demi qu'on attend. Donc voilà, il y a on peut aussi par effet miroir dire bah c'est bien de demander de la transparence aux plateformes. Demandons aussi de la transparence à notre autorité de régulation.

Je voudrais conclure, tu as un petit peu anticipé en parlant de la loi Avia. Euh c'est euh finir là-dessus très rapidement euh parce qu'il nous reste quelques quelques minutes. Mais effectivement, est-ce qu'il y a pas quand même la dans tout ça le fait que quand même il y a espèce de gesticulation de Rore berger pour rencontrer directement les gars femmes, faire comme si on leur remontait les bretelles alors que tu disais, il y a beaucoup de choses qui tiennent déjà du fait de la Commission européenne, donc du coup de l'Union européenne mais il y a aussi quand même un arsenal législatif qui permettrait quand même à l'État de légiférer si si s'il a s'il y a besoin de légiférer.

On a l'impression qu'il y a quandme ça qu'on sur cette question des GF fem et là en l'occurrence des principaux réseaux sociaux, c'est cette petite stratégie du contournement de la loi. On parlait du contournement les juges mais moi j'ai presque envie de dire du contourement du contournement de l'État tout court. C'estàd que voilà tout son appareil législatif judiciaire on contourne les deux à la fois pour finalement s'arranger à la marge comme ça avec les capacités privées de ces organisations privées.

Bah là avec euh dès dès qu'on parle de modération des contenus en ligne, euh on se retrouve effectivement assez rapidement à devoir euh se poser la question de où est l'état de droit. Euh et on on a un exemple très triste en France qui est que le Conseil d'État il y a euh maintenant 2 mois, le 1er avril rendait une décision à propos de la censure de TikTok en Nouvelle-Calédonie l'année dernière dans laquelle formellement il a annulé la censure par le premier ministre de bloquer TikTok mais en réalité il a donné un mode d'emploi au gouvernement pour faire sa prochaine censure. Et ce mode d'emploi, c'est vous pouvez vous débarrasser de tout cadre législatif.

Ça ne me pose pas de problème en situation exceptionnelle à partir du moment exactement où il y a une situation de crise et qui définit la situation de crise ? C'est comme qui définit la violence, qui définit le terrorisme. À chaque fois c'est le pouvoir, le gouvernement.

Comment on réagit ? Bah là le conseil d'État a dit vous pouvez faire une censure à la condition que vous demandiez avant poliment à la plateforme qu'elle limite un petit peu la viralité des contenus. Et euh quand le Conseil d'État dit ça, il s'insère totalement dans ce que demandait Emmanuel Macron en 2023 où il disait bah au pour les prochaines émeutes, il utilisait le terme d'émeutes euh euh urbaine, on demandera aux réseaux sociaux de limiter quelques fonctionnalités, par exemple la géolocalisation, par exemple les possibilités de faire des retweets ou équivalent et ensuite on tapera plus du point sur la table.

Mais ça ça n'est écrit nulle part. C'est une volonté politique dans lequel le Conseil d'État en faisant fit de toutes les règles supranationales notamment la Convention européenne des droits de l'homme qui protège quand même la liberté d'expression en faisant fit de l'état de droit finalement disent le gouvernement le prochain gouvernement le plus d'extrême droite possible pourra faire à peu près ce qu'il veut voilà le mode d'emploi et moi je ne serai absolument pas un garde de fou donc ça pose vraiment des problèmes d'état de droit de l'état de nos institutions. La loi peut se changer en un claquement de doigt sous la 5e République, on l'a vu.

Et euh le fait d'aller dans toujours plus d'autoritarisme n'a jamais empêché le gouvernement de le faire. Euh et en plus, on a un juge administratif qui non seulement était déjà pas très efficace parce qu'on lui demandait une fois la censurefaite de réagir, mais là en plus avec cette décision sur TikTok est complètement désarmée. Fadila, un petit mot pour rajouter.

Un petit mot rajouté pour la fin. Oui, enfin euh le le dernier mot de la fin, c'est vrai que je on n' pas beaucoup entendu notre ministre délégué euh au numérique qui est je crois censé parler de numérique. Non, c'est pas ça.

Enfin, je je sais plus je sais plus. Dans ce gouvernement culture de la communication aussi. Ouais.

Oui. Non, mais bon, il y a une telle confusion qu'au bout d'un moment, on on sait plus en fait qui s'en occupe. Et et je pense que avant de de mais vraiment je je suis pas en train de défendre les plateformes, je travaille pas pour ell, je gagne pas du tout.

Mais je pense qu'avant de demander des comptes aux plateformes, moi j'aimerais demander des comptes plutôt mais il y a une ambigué évidente évidemment qui vient du gouvernement dans sa façon de traiter le sujet depuis qu'ils sont depuis que Macron est autop ou au moins depuis 2018 avec parce que évidemment il y a une lutte qui est tout à fait légitime enfin il y a une des réclamations qui sont tout à fait légitimes parce que effectivement il y a aussi de la violence mais euh bon il y a peut-être aussi de la violence de la part de la société, ça sera un autre sujet. Vous avez 2 heures. Quelle violence ! comment arrêter la violence dans la société de manière générale mais bon c'est euh c'est un fait aussi hein.

Ben merci beaucoup euh Fadila de rien. Merci Bastien d'avoir d'être venu sur ce plateau pour discuter de ce sujet épineux mais important. [Musique]