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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 19 février 2026 36 minContradictoireMixteSolidarités & famille

Génération Z : grandir sous pression

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 4 %Attaque 1 %

Temps de parole

  • Invité35 %
  • Présentateur18 %
  • Invité 217 %
  • Invité 37 %
  • Invité 47 %
  • Présentateur 25 %
  • Invité 55 %
  • Invité 65 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, France Inter, le 18-20, Christelle Rebière. On l'appelle la Gen Z, la génération de ceux qui ont aujourd'hui entre 15 et 29 ans. Comment voient-ils la vie ? Quelles sont leurs priorités ? Leurs angoisses aussi ? L'Institut Elabe a mené une enquête pour le cercle des économistes auprès de 5000 jeunes et c'est leur vulnérabilité qui ressort. L'insouciance est un luxe dans un monde en crise et en pleine mutation technologique, géopolitique, sociale. Ils ne sont que 4 sur 10 à se sentir très bien dans leur vie, un tiers avoue avoir des problèmes de santé mentale et il faut trouver un premier emploi, un logement, boucler les fins de mois et ne pas rester seul.

Alors, ils redessinent leur monde, l'intime, les proches y ont une place de choix, l'équilibre personnel est central et dans le travail qui ne doit pas déborder sur le reste de mœurs structurants. C'est ce passage complexe vers l'âge adulte qu'on a envie d'explorer avec vous ce soir. Vous de la Gen Z, mais aussi vos proches, vos amis, vos collègues de boulot, votre employeur, pourquoi pas ? L'écrivain Paul Nisan écrivait dans les années 30 « J'avais 20 ans, je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie ». C'est le Téléphone Son ce soir, soyez les bienvenus. Le Téléphone Son, 01 45 24 7000 Et bonsoir Sophie.

1:20
Invité

Oui, bonsoir François Terre. Donc oui, effectivement, j'ai 26 ans, j'ai appris que je faisais partie de la Gen Z. Et oui, pour une partie de ma génération, elle n'est pas unique, elle est plurielle, on n'est pas une seule jeunesse, mais on a un peu l'impression peut-être que la fête est finie alors qu'on n'avait pas tant l'impression qu'elle avait commencé pour nous. Moi, on m'avait dit que si je travaillais bien à l'école, je pourrais exister et pas seulement vivre, que j'aurais le droit à un logement, un travail stable, un voyage pendant les vacances d'été. Et c'est ce que j'ai fait, j'étais major de Sciences Po, j'ai travaillé un an dans un grand musée.

Et à la fin de mon CDD, c'était juste le RSA, j'avais pas de riche garant, donc quitter le logement, c'était compliqué. Et aujourd'hui, moi, je me couche tous les soirs avec cette espèce de peur au ventre d'avoir un métier que je subis, d'être à la rue, et j'ai l'impression qu'on me demande de travailler plus dans un monde qui est plus absurde, un peu plus injuste, où les parkings des hôpitaux sont payants, ce qui est terrible. Un monde un peu en guerre, où le climat est bouleversé, et où il est facile d'imaginer la fin du monde, mais pas celle du capitalisme.

Mais moi, j'ai l'impression que notre génération, elle a quand même pas été ménagée, et contrairement au pontif, qu'on veut pas travailler, bah si, en fait, on veut travailler, on veut vivre, on veut pas juste, enfin, on veut exister, on veut pas justement vivre, on veut pas juste répondre à d'autres gens.

2:39
Présentateur

On veut pas survivre, on veut vivre.

2:42
Invité

Ouais, ouais, ouais, et on est un peu bloqués dans un vieux monde, ou un monde de vieux, je sais pas. Et peut-être que la fête, effectivement, est finie, et le mot que vous avez employé, c'était vulnérable, et je crois que c'est un peu ça le sentiment, sans vulnérable, on peut se faire remplacer, apparemment, par des IA, enfin, je sais pas, je m'interroge, et on n'a pas, peut-être, autant de facilité que les générations précédentes à se projeter dans l'avenir, c'est plus précaire, disons.

3:09
Présentateur

Merci, Sophie, pour dialoguer avec vous, ce soir, dans le studio, Hélène Vérissère, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directrice du projet Jeunesse au Cercle des économistes, et justement, c'est avec l'Institut Elab, donc, que vous avez élaboré cette grande enquête sur 5000 jeunes. Et bonsoir, Dominique Bonchablon. Bonsoir. Vous êtes psychiatre à la Fondation Santé des étudiants de France, et présidente du réseau Respect IDF, c'est ça ? C'est un réseau de structures de soins dédiées aux étudiants. Sophie, elle nous dit, la fête est finie. Est-ce que finalement, c'est ce que vous avez retenu aussi dans cette grande enquête, Hélène Vérissère ?

3:47
Invité

Tout à fait. J'ai même envie de dire à Sophie, est-ce que vous n'auriez pas répondu à cette enquête ? Parce que vous l'avez parfaitement résumée. Vous faites partie de cette génération qui ne connaît pas l'insouciance, puisque vous faites face à un cumul de vulnérabilités. On a parlé du Covid, la crise inflationniste, de la crise climatique, des menaces de guerre, des problèmes de pouvoir d'achat, de logement. Je pense que votre génération, en tout cas la génération de Sophie, cumule un peu les mandats. Si je peux m'exprimer ainsi.

4:18
Présentateur

Ça, c'est quelque chose que vous avez retrouvé tout au long de votre enquête. En fait, quand on lit votre enquête, ce qui nous a un peu sauté aux yeux, c'est des angoisses sur tout, en fait. Tout est angoissant. Ces jeunes-là, ils ont peur de tout aujourd'hui. Alors, c'est angoissant, après j'ai envie de dire à juste titre. Ils ont peur de travailler, ils ont peur de ne pas travailler, ils ont peur de ce monde qui nous échappe à tous. C'est quand même quelque chose de très particulier. Est-ce que vous pensez qu'on est dans un moment de notre histoire vraiment inédit ?

4:46
Invité

Tout à fait. Il y a énormément de crises qui se cumulent et qui leur font se poser beaucoup de questions, qui les mettent dans des positions d'anxiété et d'angoisse permanentes. Typiquement, dans l'enquête, c'est vrai qu'on parle beaucoup de leurs angoisses par rapport au pouvoir d'achat, par rapport au logement, parmi les verbatims qui sont sortis. Il y a un jeune qui nous a parlé du malus jeunesse. C'est-à-dire qu'il a le sentiment, quand il va chercher un logement, le fait d'être jeune, pour lui, c'est un point négatif. Donc, c'est quand même assez fort de parler en ces termes quand on est à la recherche d'un logement et que, quelque part, la vie s'ouvre à vous.

Donc, oui, après vous dire, est-ce que c'est pire maintenant qu'avant ? Je ne sais pas. En tout état de cause, on est aujourd'hui dans une situation qui nécessite de prendre conscience de ces problématiques.

5:36
Présentateur

Ce manque d'insouciance, vous le ressentez aussi, Dominique Montchablon, avec tous ces jeunes qui viennent consulter ?

5:45
Invité

Oui, absolument. Je nuancerai néanmoins, je trouve que... Alors, je m'occupe de jeunes étudiants, spécifiquement, je précise, et en Ile-de-France. Et je trouve que cette jeunesse étudiante reste absolument magnifique, pleine de désirs, pleine d'ambitions, pour certains, pleine de passions aussi, dont ils osent à peine parler. Et ils peuvent en parler dans l'intimité et la consultation psychologique. Et nous en sommes très heureux. Mais face, je dirais, en dépit de ces ressources, de cette jeunesse, effectivement, ils accumulent les facteurs de stress. Et ça, depuis, je daterai ce mal-être.

Je le ferai remonter à 2015, période de l'autonomisation des universités, avec la montée de la compétition nationale, de l'université entre elles, et internationale, bien sûr, avec une mobilité étudiante qui est aujourd'hui de mise, et donc des facteurs de déracinement, à la fois pour les internationaux qui arrivent en France et les nationaux qui partent à l'étranger. Aussi, la promotion, et ça, c'est une excellente chose, la promotion de la diversité, donc pour des jeunes qui sont issus, je dirais, de milieux moins favorisés culturellement, et qui sont confrontés à un choc culturel en arrivant dans les universités du centre de Paris, ces universités prestigieuses, ces cursus sélectifs.

Et enfin, évidemment, une montée en puissance très importante de l'inclusion du handicap. On n'oublie pas ça aussi, qui est évidemment une fragilisation supplémentaire. Donc vous dites 2015, et puis 2020, évidemment ? Alors, le Covid a été évidemment un moment central pour la vie étudiante. Heureusement, on s'en éloigne. Pourquoi ? Parce qu'ils ont été beaucoup plus en difficulté que toute la jeunesse du même âge et du même statut social. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient confinés deux fois.

Donc ils ont vécu ce premier confinement, la détresse psychologique, on la cote à 25% avant le Covid, 25%, 30% pendant le premier confinement, et c'est monté jusqu'à 43% en 2021 au sortir du deuxième confinement. Mais ce confinement, il a révélé quoi, en fait ? Le confinement a révélé des choses positives. C'est-à-dire, le prix, je dirais, l'importance extrême de la communauté universitaire, de la socialisation dans sa communauté universitaire, de sa confrontation, ce brassage culturel. Le besoin d'être ensemble ? Le besoin d'être ensemble.

Le besoin de se confronter aussi à des modèles, aux modèles des enseignants, physiquement présents, qui sont des modèles identificatoires forts et porteurs, et qui les tirent vers le métier. Donc, ils ont été privés de tout ça. Et ça a été extrêmement compliqué, et confronté au climat, évidemment, anxiogène global, d'insécurité.

8:38
Présentateur

Mais pourquoi ils n'ont pas réussi à dépasser ça, alors que nous, les adultes, pour la plupart, on l'a dépassé assez facilement ?

8:46
Invité

Ils l'ont dépassé. Ils l'ont dépassé. Pour ceux qui étaient étudiants pendant cette période, ils sont en activité aujourd'hui. Mais nous voyons arriver aujourd'hui les adolescents, ceux qui étaient adolescents à cette époque, qui ont été extrêmement fragilisés. Tous les collègues pédopsychiatres ont pu dire à quel point les adolescents enfermés dans une période, justement qui est une période d'autonomisation, d'externalisation par rapport à la famille, de quêtes identitaires hors de la famille. Ces adolescents, ils ont été enfermés dans une famille qui était d'ailleurs très présente.

On a assisté à une rétractation familiale aussi des parents qui travaillaient à la maison et des parents qui, au sortir du Covid, ont continué, pour certains, de travailler à la maison, d'ailleurs au moins à temps partiel. Et donc, vous voyez un repli, un repli sur la dynamique familiale dans une période où, justement, il faut impérativement sortir de soi, sortir de ses repères familiers, être en situation de mobilité, et on voit bien, évidemment, à Paris, l'afflux d'étudiants nationaux aussi, et pas seulement internationaux. Et ça, c'est un mouvement extrêmement important pour la construction identique.

9:46
Présentateur

Mais est-ce que c'est parce qu'il y a eu ce repli qu'aujourd'hui, ils parlent énormément de leur intimité, qu'ils veulent mettre en avant et favoriser tout ce qui est de l'ordre de l'intime, Hélène Vérizère ? C'est ce qui ressort aussi de cette étude ?

10:03
Invité

Alors, ce qui ressort, en effet, ce n'est pas un repli, mais en tout cas, c'est une concentration, en tout cas, une reconcentration sur soi, sur l'intime, sur les proches, sur la famille, qui, en fait, découle de cet environnement anxiogène. Donc, ce n'est pas forcément l'idée de dire « Je me replie sur moi, mais je me concentre sur ce qui me rassure. » Et alors, on parlait d'est-ce que ces jeunes sont plus ou moins optimistes. En réalité, je pense que c'est la première fois, et c'est l'étude qui le montre, que les jeunes ne sont pas plus optimistes que les autres tranches d'âge de la population.

Et c'est ce qui, je pense, aujourd'hui, fait en sorte que ces jeunes sont un peu des adultes à part entière, avec des problématiques qui sont les mêmes que celles d'un père de famille ou d'une mère de famille ou d'un adulte classique. Et du coup, peut-être, en effet, ils doivent faire face plus tôt qu'avant.

10:54
Présentateur

C'est plus difficile de prendre ces responsabilités aujourd'hui, Dominique Montchablon ?

11:00
Invité

Alors, pour procéder sur la question de la famille, la famille a toujours été le premier pilier des étudiants. Concernant les étudiants, cette population spécifique, assurément. Pourquoi ? Parce qu'ils continuent à assurer un soutien effectif, un soutien financier. Donc là, ce n'est pas une découverte. Ça a été accentué par le Covid. Mais famille élargie, c'est-à-dire les proches, aussi les amis d'enfance, collège, lycée, etc. Donc, on est dans cette rétractation. Bien sûr qu'aujourd'hui, le modèle familial est un modèle essentiel. Et je veux dire que la mise en conflit des générations me semble absurde. Ils sont totalement associés aux différentes générations qui les ont succédées.

D'abord parce que ces générations les soutiennent. Oui, j'ai l'impression que le conflit des générations, ce n'est plus vrai aujourd'hui. Ah ben, absolument pas. Absolument pas, parce qu'on a besoin de générations seniors, même quand on est actifs et parents. On a besoin...

11:50
Présentateur

Oui, mais pas forcément de quelque chose de conflictuel.

11:54
Invité

Non, on n'est plus... Je pense que ces jeunes ne sont plus dans le conflit parce qu'ils sont dans une situation d'anxiété. Alors, je vous remercie d'avoir souligné, évidemment, est-ce que le rapport souligne la situation d'anxiété ? Pourquoi la situation d'anxiété ? Est-ce qu'il y a un facteur majeur ? Oui, il y a un facteur majeur. Le métier d'étudiant, c'est un métier de frustration dans l'actualité, frustration actuelle pour un bénéfice différé. Demain, on se prive et plus on se prive, plus le bénéfice doit être important. Plus le parcours est sélectif, on renonce à tout pendant une certaine période, plus le bénéfice attendu est important. Or, il ne l'est pas forcément.

12:29
Présentateur

Et c'est ce que disait très bien Sophie tout à l'heure. Elle disait, moi, j'étais majeure de ma promo. J'ai toujours cru que si je travaillais bien à l'école, tout allait bien se passer. Et à la fin, le RSA.

12:40
Invité

Tout à fait. Et pour revenir aussi peut-être sur ce sujet de la sphère proche et familiale, l'étude, je vous donne un petit chiffre. Dans l'étude, il est indiqué que 76% des jeunes préfèrent avoir quelques amis très proches sur qui compter. Donc, c'est vrai qu'on a quand même, et je vous rejoins sur le fait que la sphère familiale est importante pour ces générations, mais elle se concentre de manière, on va dire, plus concentrée, pour le coup, avec une sphère plus resserrée. Voilà, on n'est pas forcément avec plein d'amis, mais on est avec des amis sur qui compter. Bonsoir, Rose.

13:15
Présentateur

Bonsoir. Soyez la bienvenue. Merci. J'adore, vous avez une voix joyeuse, vous aussi. Ça fait plaisir. Nous vous écoutons.

13:23
Invité

Oui, voilà. Donc, j'aurais souhaité apporter ma contribution à votre émission. Merci beaucoup de m'accorder ce temps. Donc, en fait, il semble que la thématique, c'est est-ce que les jeunes sont heureux, contents dans cette société ? Alors, du coup, moi, je trouve qu'une problématique majeure, c'est celle des écrans et du téléphone. Pour moi, en fait, on passe un peu sa vie par procuration. On passe beaucoup de temps devant les écrans à regarder ces influenceurs et, en fait, à regarder les autres vivre, du coup, au lieu de vivre pleinement notre vie à nous, de sortir, de se parler.

Et pour moi, c'est très mal-saint aussi de vouloir faire comme les autres, de porter les mêmes habits, les mêmes objets, de marques, etc. Ça n'encourage pas la diversité, l'autodétermination et ça crée aussi un espèce d'isolement.

14:19
Présentateur

Ça vous pèse ? Il y a une espèce de... Vous vous sentez jugée, c'est ça ?

14:24
Invité

Non, pas forcément jugée, mais en fait, c'est comme c'est un peu un effet de groupe, voilà, un peu de mouton de partenu, on doit faire comme les autres, au lieu de choisir sa vie.

14:38
Présentateur

C'est encore plus difficile de choisir son propre chemin, vous voulez dire, si on n'est pas exactement dans la norme, enfin, dans la norme de ce qu'on trouve sur les réseaux sociaux.

14:47
Invité

Voilà, c'est ça. Et puis, oui, on peut être facilement un petit peu écarté si on ne suit pas les autres, si on ne s'exprime pas comme eux. Et il y a autre chose, c'est qu'on se dit toujours aussi que notre vie, elle est moins bien, parce que quand on regarde les influenceurs, tout est beau, parfait, c'est un peu un monde de bisounouf, alors que ce n'est pas la réalité, la réalité n'est pas parfaite, et ça, c'est normal, en fait. Mais ça peut mettre certains à mal, parce que ça attive la convoitive, pour certains, de voir un peu, voilà, ces affluenceurs qui partent en voyage, ou tout est un petit peu mirobolant.

15:26
Présentateur

Mais tout est parfait, mais vous y croyez, à cette perfection, en fait ? Ça vous influence, d'une certaine manière ?

15:33
Invité

Non, pas moi, parce que moi, justement, moi, je ne les suis pas, mais j'ai observé ça chez beaucoup de mes camarades et amis, et je pense que pour moi, pour rapprocher les gens, les jeunes et les moins jeunes, en fait, pour moi, il faudrait se détacher des écrans, et puis réinstaurer du dialogue entre les gens, et pour moi, ça passe très, pour moi, si je devais apporter une piste de solution, et pas que faire des constats, pour moi, on devrait un petit peu refondre le système scolaire et apprendre le vivre ensemble. C'est-à-dire, faire des activités manuelles, je ne sais pas, des difficultés... Oui, oui,

16:12
Présentateur

se détacher des écrans, parce que vous nous dites qu'on a l'impression, finalement, que quand on regarde ces réseaux sociaux, la vie est moins bien. C'est quelque chose sur lequel l'enquête est là, va travailler, Hélène Vérizère.

16:24
Invité

Tout à fait, du coup, je vais me permettre de rebondir sur ce que disait Rose, qui est évidemment très vrai, mais un des chiffres qu'a fait ressortir l'enquête est assez intéressant et qui casse un peu les codes et l'image de ce jeune connecté H24 sur TikTok, c'est qu'en réalité, évidemment, l'IA et les réseaux sociaux ont une place prépondérante, mais l'étude a révélé que leur abord était plus algorithmique que médiatique et qu'une IA ou les réseaux sociaux pour cette nouvelle génération avaient plutôt une valeur de coach, voire d'accompagnateur ou de soutien émotionnel pour quasiment un jeune sur deux et plus même. Donc, c'était quelque chose d'assez intéressant.

17:03
Présentateur

Est-ce que c'est ambigu, finalement, la relation de cette Gen Z avec les réseaux sociaux Dominique Monchablon ? Absolument, c'est ambigu et ça dépend également de l'âge, de la maturité.

17:16
Invité

La Rose,

17:17
Présentateur

elle a 25 ans, mais elle, visiblement, elle n'est pas dedans, mais elle met en garde les plus jeunes. Oui, et du bagage culturel

17:24
Invité

qui leur permet prend un peu de distance par rapport au miroir aux alouettes présenté par ces influenceurs dont parle Rose. Oui, c'est un Janus à deux faces. Effectivement, les études ont montré qu'en fonction du temps passé sur les écrans sociaux, les jeunes pouvaient présenter une vulnérabilité accrue à l'anxiété et à la dépression. Et pourquoi ? Parce que ça touche le narcissisme des jeunes. On est là dans la vulnérabilité narcissique de la comparaison avec d'autres et cette comparaison virtuelle est toujours négative.

Mais en revanche, en revanche, effectivement, les réseaux sociaux ont, je dirais, un apport considérable pour ceux, pour ces sujets anxieux qui ont du mal à, je dirais, s'immiscer dans la communauté des autres jeunes, à, je dirais, trouver leur place dans le groupe, à s'intégrer et heureusement, finalement, j'allais dire, heureusement, que ces réseaux sociaux sont là pour certains, notamment, certains de nos malades qui sont extrêmement isolés, repliés chez eux, on les appelle les hikikomouris, mais qui continuent quand même à avoir le sentiment d'être immergés dans un minimum de socialisation, même si elle est virtuelle.

Je rajoute que la socialisation dont parle rose, la vraie socialisation, c'est le premier rempart contre la dépression. Et je pense que là, on a un effort à faire considérable, notamment, au sein des universitaires. Avoir des amis, avoir des activités sportives, etc. Je pense que l'environnement universitaire, comme l'environnement scolaire, mais pour l'environnement scolaire, c'est plus facile parce qu'on est une année entière dans une place qui est extrêmement soudée la plupart du temps. Pour les étudiants, c'est beaucoup plus compliqué.

Et l'environnement universitaire, comme dans les grandes écoles, devrait renforcer, ils le font déjà, mais devrait renforcer encore de manière considérable à ces temps interstitiels de, je dirais, de communion entre pairs autour d'activités culturelles, sportives, pourquoi pas de compétitions diverses et variées, compétitions, mais des émulations positives.

19:30
Présentateur

Alors, on parlait des réseaux sociaux, c'est aussi un endroit où on s'engage. Bonsoir, Johan Reboul. Bonsoir. On a voulu vous avoir en ligne ce soir. Alors, vous, vous êtes connu sous le nom de Le Jeune Engagé. Vous avez 200 000 followers sur Insta et vous développez un contenu centré sur la mobilisation des jeunes, sur l'engagement citoyen, notamment face aux enjeux politiques et écologiques. Expliquez-nous.

19:58
Invité

Exactement. J'essaie de montrer que l'influence, ça peut être autre chose que ce dont on a évoqué à l'instant, de montrer qu'on peut se rassembler, qu'on peut être plus fort, notamment en étant jeune. Moi, ça fait 10 ans que je m'engage et on m'a toujours dit que j'étais trop jeune pour m'engager, que je devrais m'occuper d'autres choses et aller voir ailleurs. Et en fait, j'ai envie de montrer et montrer aux jeunes qu'on a toute notre place dans le débat et notamment le débat politique. Et là, je le vois avec les jeunes aujourd'hui qui m'envoient des messages tous les jours en me disant qu'ils, justement, ils sont angoissés par l'actualité et ce qui est en train de se passer.

Et donc, essayer de les mobiliser pour montrer qu'on peut agir en collectif.

20:34
Présentateur

Et agir et ne pas subir, en fait.

20:37
Invité

Exactement. En fait, reprendre un peu le narratif, reprendre les discours. Et notamment, dans un mois, il y a des élections municipales qui arrivent et on entend peu de candidats parler à la jeunesse. Et j'ai envie de, justement, replacer les jeunes au cœur des débats.

20:51
Présentateur

Et vous disiez tout à l'heure, ils n'osent pas s'engager. Pour quelles raisons ? Que vous disent-ils ?

20:56
Invité

En fait, je pense que c'est souvent des personnes qui sont justement isolées et qui se disent tout seules je ne pourrai jamais m'opposer à ce qui est en train de se passer. Quand on voit les actualités de Donald Trump chaque matin quand on se lève, on se dit que c'est impossible de pouvoir s'opposer à ce monde qui part un peu en vrille. Et c'est justement en expliquant que si on se rassemble, si on travaille ensemble, si on se mobilise autour de nous, si on recrée du lien, et Rose en a parlé également, on peut faire de grandes choses petit à petit. Et c'est ce que j'essaye de montrer, remettre un peu de positif dans tout ça, parce que la bataille n'est pas encore perdue.

21:32
Présentateur

Et s'ils n'osent pas s'engager, c'est peut-être aussi parce qu'ils ne se sentent pas forcément légitimes ?

21:37
Invité

Oui, ça c'est une question que moi j'ai ressentie très tôt sur tous ces sujets-là. Et c'est aussi de la manière dont on peut communiquer avec eux, en fait. Et on va leur dire qu'ils ne sont pas légitimes sur ces sujets-là, parce qu'ils ne sont pas assez grands, qu'on ne comprend pas. On nous prend un peu pour des jeunes qui vivent des fois dans un monde de bisounours, alors que ce n'est clairement pas le cas, quand on essaye de revendiquer des sujets ou qu'on essaye d'avoir des débats. Donc je pense qu'il y a vraiment aussi une mentalité à faire évoluer sur ce sujet-là.

22:06
Présentateur

L'écologie, ça marche encore, Johan ?

22:09
Invité

C'est compliqué en ce moment. C'est bien ce qu'il me semblait. Oui, c'est compliqué. Il y a vraiment un revers sur les questions écologiques. Je le date à partir de la deuxième élection de Donald Trump qui a vraiment mis un coup de découragement sur la question. Et notamment sur le fait qu'il y a des revers, mais partout, on le voit aussi en France. On coupe l'argent de l'écologie dans le budget. On veut remettre des pesticides qui avaient été interdits. Il y a vraiment ce découragement de dire aussi qu'on avait fait des belles avancées sur ces sujets-là. Et aujourd'hui, en fait, toutes avancées, elles sont en danger. Elles sont vulnérables, comme les jeunes. Et ça, c'est assez flippant.

22:49
Présentateur

Le découragement, c'est quelque chose qu'on a retrouvé aussi dans l'enquête Elab pour le Cercle des économistes, Hélène Vérizère.

22:56
Invité

Alors, sur l'engagement...

22:57
Présentateur

Attention, parce que votre micro n'est pas ouvert. Voilà, ça va beaucoup mieux.

23:01
Invité

Sur l'engagement, en effet, l'étude a mis en avant le fait qu'il n'y avait pas de grande cause auxquelles les jeunes pouvaient vraiment s'attacher, sur lesquelles ils pouvaient s'embarquer. Ça veut dire que l'écologie n'est plus une grande cause alors qu'on a cru qu'elle allait l'être, quand même. Alors, je vais vous donner une anecdote, en réalité, qui ne date pas forcément de cette année, mais les études sur ces nouvelles générations, on a commencé ça il y a quatre ans. Et à l'époque, évidemment, on s'est dit le sujet de la transition énergétique et de l'environnement va être le sujet majeur.

Et en réalité, ça a été le sujet le plus difficile à traiter par les jeunes, parce qu'on leur demandait potentiellement de trouver des solutions et sortir de « je trie mes déchets, j'utilise moins les transports, je ne prends pas l'avion ». Il y avait un positionnement de problématiques qui n'était pas le bon. Et c'est le jour où on a parlé de transition énergétique dans ce sens où qu'elles pourraient être les politiques publiques globales.

23:59
Présentateur

On a ouvert, en fait.

24:00
Invité

On a ouvert le débat et on les a impliqués dans ce débat. Je pense que le vrai sujet, et il le disait parfaitement, c'est que, et c'est aussi ça, l'intérêt des nouveaux moyens de communication et des réseaux, c'est qu'ils vont pouvoir s'emparer d'une manière différente de débats majeurs en pouvant y trouver leur place. C'est ça qui est intéressant.

24:18
Présentateur

Et Johan Reboul, qu'est-ce que vous en dites ? Ah, voilà. Je crois qu'il a raccroché, Johan Reboul. Dominique Monchablon, on parlait de légitimité tout à l'heure. Est-ce que c'est quelque chose aussi qui les plombe un petit peu, nos jeunes ?

24:34
Invité

Oui, alors ça, c'est une question très importante qui nous laisse tous extrêmement perplexes. C'est ce sentiment d'illégitimité au sortir des études universitaires, au moment où ils sont équipés pour se lancer dans la vie professionnelle. cette frilosité, cette inquiétude. Ce sont des étudiants qui sont graves à ce moment-là, qui deviennent graves. C'est-à-dire qu'ils sont lestés des responsabilités à venir dans des tâches qui s'avèrent quand même de plus en plus complexes. Je peux donner des tas d'exemples.

Est-ce que, par exemple, la carrière médicale qui devient, enfin, que la pratique médicale s'alourdit à tout un tas de procédures, notamment la pratique hospitalière, par exemple, mais aussi du risque de judiciarisation sur ce que vous allez faire, ce que vous n'allez pas faire, etc. C'est un monde plus complexe aussi. Oui, et le sentiment d'insécurité, quand même, aussi, pour certains métiers. Je pense aux enseignants, je pense... Et donc, qui rend plus difficile la tâche à ces jeunes diplômés et qui demandent, donc, un soutien, un étayage des seniors dans leur métier.

Et ça, c'est une grande surprise, je dirais, interuniversitaire qui concerne tous les, je dirais, les cursus universitaires professionnalisants. Ces enseignants s'interrogent, ces directeurs d'établissements s'interrogent sur ce sentiment d'incompétence. Pourtant, ils sont tout à fait compétents, en tout cas, cette frilosité et cette demande d'étayage. Et donc, je pense qu'il faut vraiment travailler là-dessus, notamment, dès le début de l'insertion professionnelle à travers les stages, sur des groupes de parole, sur un étayage de leur maître académique, et puis, au sortir, également, du parcours universitaire, les soutenir dans l'entrée dans la carrière.

26:24
Présentateur

Eh bien, le travail. Venons-y, justement, avec Karine, qui est en ligne. Bonsoir. Bonsoir. Nous vous écoutons, Karine. Soyez la bienvenue sur France Inter.

26:32
Invité

Merci. Alors, moi, je suis maman de trois grands garçons qui ont entre 20 et 29 ans. Oui. Et j'ai constaté chez mes trois garçons le fait que la qualité de vie, les relations humaines, les amis, le sport, faisaient qu'ils étaient importants pour eux. Et du coup, le monde du travail, ils n'en ont pas la même perception que celle que nous avions quand on était jeunes. C'est-à-dire que nous, notre génération était, disons, très investie dans la recherche d'un emploi et c'était quelque chose de très important. Et pour eux, eh bien, c'est important, certes, mais ils veulent absolument préserver leur qualité de vie et il ne faut pas que le travail devienne envahissant dans leur vie privée.

Et ça, c'est quelque chose que je retrouve aussi auprès de certains des jeunes que je côtoie. et donc, ils font une sorte de vœux de sobriété, c'est-à-dire que... Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?

27:37
Présentateur

C'est quoi le vœu de sobriété ?

27:39
Invité

Eh bien, c'est-à-dire que lorsqu'on veut travailler moins, on peut éventuellement, par exemple, accepter un temps partiel. Oui, c'est ça. Et voilà. Et de façon à se préserver du temps en qualité. Et puis, même si cela occasionne un revenu forcément un petit peu moindre, eh bien, on s'en accommode. Et puis, ça correspond aussi à une forme de sobriété qui peut être en rapport avec les préoccupations écologiques. Donc, voilà. Je trouve que c'est quelque chose qui nous a beaucoup étonnés et finalement, un point de vue auquel on finit par souscrire nous aussi assez largement.

28:16
Présentateur

Le rapport au travail qui a changé, ça aussi, c'est quelque chose de fondamental dans votre étude, Hélène Vérizère.

28:23
Invité

Oui, en effet. Alors, avant de parler de l'emploi, moi, je pense que ce qui a changé aussi pour ces nouvelles générations, c'est leur parcours d'orientation. Je pense que c'est aussi fondamental dans comment ensuite ils vont vivre leur parcours professionnel. L'étude a mis en avant le fait que 6 jeunes actifs sur 10 ont envie déjà de changer de métier dès leur premier emploi. Dans leur formation, beaucoup se disent que de toute façon, l'IA va peut-être potentiellement, pour la moitié d'entre eux, arrêter leur métier. C'est-à-dire qu'ils vont transformer, ils sont face à un vrai bouleversement de leur avenir professionnel.

Et sur l'emploi, alors, moi, je suis assez d'accord avec votre ditrice, mais l'étude a montré qu'en fait, le travail était toujours central. Clairement, ces nouvelles générations, on trouve que le travail, c'est important, parce que c'est une façon de s'épanouir, c'est une façon d'accéder aussi à une certaine vie, le logement, enfin, toutes ces choses. C'est vrai qu'on dépeint une jeunesse quand même assez pessimiste jusqu'à présent, avec un portrait plutôt inquiétant, mais il faut quand même rester optimiste. Ils ont quand même envie de faire beaucoup de choses, ils ont envie de travailler.

29:29
Présentateur

Ils ont envie de faire beaucoup de choses, mais c'est vrai que le travail, finalement, il a une autre place dans leur vie, Dominique Montchablon. Je pense qu'ils souhaitent préserver un certain équilibre. C'est ça. Et on ne va pas s'en plaindre. Oui, il y a un équilibre, en fait, entre vie professionnelle et vie privée qui n'est pas du tout

29:44
Invité

celle de leurs parents. Oui, assurément, au moins dans le souhait. Maintenant, à l'usage, qu'on les voit s'investir dans leur premier emploi, parfois, cet équilibre, il ne dure pas vraiment. Mais il est vrai qu'ils sont déjà très engagés. Je souhaiterais quand même en parler parce que bon nombre d'entre eux, peut-être, je dirais, je situerais aux entours 10%, sont déjà très engagés dans le soutien familial. Les familles, leurs parents, les familles sont précarisées sur le plan économique pour certains, sur le plan affectif pour d'autres. Je pense aux familles monoparentales aux séparations-divorces. Je pense à l'état de santé des parents.

Le retard de la parentalité fait que quand ils arrivent, quand les enfants ont 20 ans, les parents sont déjà rentrés dans un âge où on devient beaucoup plus vulnérable au regard du cancer, etc. et je considère qu'il y a à peu près peut-être 9 à 10% des étudiants qui sont étudiants aidants familiaux, déjà, ils se projettent dans une vie de couple où il va y avoir une juste répartition des tâches entre les conjoints, homme-homme, femme-femme ou homme-femme. Et donc, ils ont mis déjà dans leur équation de travail toutes ces lourdes tâches. Quand je disais tout d'à l'heure qu'ils prenaient une certaine gravité, moi je suis...

Ah, effectivement, ils ont perdu leur légèreté parce qu'ils sont déjà, je dirais, vous voyez... Ils sont déjà en responsabilité, en fait.

31:06
Présentateur

Très impliqués. Très impliqués. Bonsoir, Guillaume. Bonsoir. Nous vous écoutons. Je suis sur la limite haute de la Gen Z. Comment dire ? C'est un petit peu stressant quand même d'être à l'entraîne, je ne vous le cache pas. J'adore votre émission d'ailleurs. Ah non, non, mais alors détendez-vous qu'on est entre nous, en fait. Entre nous et toute la force. Non, non, pas du tout. Donc, je suis marié, on a une maison, on travaille tous les deux avec de bons postes et des responsabilités.

Et en fait, c'est vrai que c'est une position qui pourrait sembler plutôt idéale, surtout à nos âges, mais qui ne l'est vraiment pas parce que c'est à la fois difficile d'un point de vue des gens de notre âge qui, pour un certain nombre, n'ont pas forcément cette situation. Donc, on a un sentiment de l'illégitimité, je dirais. Et vis-à-vis des collègues plus âgés, un sentiment pareil d'être un peu un syndrome de l'imposteur avec un travail qui, même si je rejoins ce que disait votre intervenante juste avant, on souhaite moins d'investissements, mais tout nous pousse à plus d'investissements avec le téléphone qui permet de tout traiter tout le temps.

Un investissement des entreprises qui en demandent toujours, toujours plus. Donc, on veut en faire moins et on voudrait plus d'équilibre, mais... Mais vous n'y arrivez pas. Très compliqué, oui. Et ça remet beaucoup de choses en cause, que ce soit des projets de suite, des enfants, même des projets professionnels. Ouais, c'est... Ça veut dire que vous allez attendre ? Ah oui, c'est une excellente question.

C'est un peu la question du moment puisque avec deux travails à plein temps, des contrats à 40 heures théoriques, on va dire, et beaucoup de déplacements pour nous deux, ça nous semble absolument inconciliable d'avoir un enfant aujourd'hui, plus toute la situation, on va dire, géopolitique, le réchauffement climatique et toutes les choses... Tout ça, ça pèse en fait, tout ce qu'il y a, tout ça, ça pèse dans vos choix intimes, en fait, Guillaume. Absolument, oui, tout à fait. Alors, Guillaume, nous parlait du syndrome de l'imposteur, Dominique Montchablon. Je vous ai vu sourire.

33:23
Invité

Oui, le syndrome de l'imposteur, tous les étudiants en fin de cursus se partagent, plus on est compétent, plus on mesure notre incompétence. C'est un paradoxe. Mais il y a aussi, pour certains, qui rentrent dans la carrière un sentiment d'incomplétude. Au fond, ils rentrent dans une carrière naturelle en fonction de leurs études, mais ils auraient souhaité faire tout à fait autre chose. et aussi, pour d'autres, un sentiment de, je dirais, d'incompétence par rapport à, notamment, la concurrence pour le premier emploi ou pour le changement d'emploi, etc. Donc, ce sentiment-là d'imposture, il est, je pourrais dire, à ce garçon, à cet homme qui intervient, très rassurant.

Il est à la hauteur, justement, de son niveau de compétence. Alors, maintenant, la question du choix de la parentalité, par exemple, la question de la crainte d'être débordée par son investissement professionnel et de tout gérer en même temps, c'est une question absolument fondamentale. Et qu'on pourrait élargir la question de la souffrance au travail aujourd'hui et du prix du coût économique pour notre pays.

34:26
Présentateur

Enfin, je veux dire, on se la pose à tous les âges.

34:27
Invité

Alors, mais il faut se la poser en continuité. C'est-à-dire qu'effectivement, si on présente une fragilité déjà au sortir de l'adolescence, pendant les études qui n'ont pas été repérées, qui n'ont pas été prises en compte, cette fragilité préexiste. Et à chaque, je dirais, facteur de stress supplémentaire, elle va se réactiver par des petits signes. Il y a des petits signes symptomatiques de l'anxiété, de l'insomnie, que sais-je. Et en situation professionnelle, elle va se réactiver aussi par un cumul facteur de stress qui n'ont rien à voir les uns avec les autres. Il y a la parentalité, la conjugalité, j'ajouterai quand même, et les aléas professionnels.

Alors, comment faire pour gérer tout ça ? Alors, ça c'est une question capitale, voilà. parce que cette situation amène à un conflit intime de loyauté. Il faut faire des choix, prioriser. Et ce qu'on leur apprend dans nos consultations psychologiques, dès l'entrée à l'université, c'est qu'il va falloir prioriser des moments où on va s'occuper peut-être des vieux parents qui sont à l'hôpital souffrants, et puis des moments où on va s'occuper du concours qu'on va passer, qu'on ne peut pas tout faire en même temps. C'est ça, je pense, le soutien qu'on peut apporter pendant les études avant l'entrée dans la vie professionnelle, de savoir parce qu'on va prioriser à un instant T.

Ce n'est pas une priorisation définitive, c'est une priorisation temporaire. Il faut se poser

35:40
Présentateur

cette question-là à un moment bien précis, Hélène Vérizère.

35:46
Invité

Prioriser ? Prioriser ? Alors moi, je voulais juste rebondir sur l'état un petit peu de ce jeune. C'est qu'il ne s'inquiète pas. L'étude a prouvé que les trois, on va dire, sur les 15-29 ans qui ont été interrogés, il y a vraiment trois catégories qui sont beaucoup plus en vulnérabilité que d'autres, à savoir les NITS, les jeunes femmes et ceux qui rentrent dans la vie active.

36:07
Présentateur

Alors les NITS, ce sont ceux qui sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Exactement. D'accord. Eh bien, merci pour vous, merci pour tout, merci d'être venue, Hélène Vérizère, Dominique Monchabon, merci à tous ceux de la Gen Z qui nous ont appelés ce soir pour témoigner. qui nous ont appelés.

36:23
Locuteur

Merci à tous ceux qui nous ont appelés