Le PS bientôt à Matignon ? J.F Copé répond dans l’édito de Patrick Cohen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Le gouvernement Bayrou à J-4. Et si son successeur était socialiste ?
- 1:05OuverteRéponse directe
Le président pourrait accepter de laisser les commandes à une des oppositions ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Est-ce que lundi, on entendra LR parler d'une seule voix ?
- 4:00FerméeRéponse directe
Ca mériterait une censure ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quelle est la solution ?
- 8:00RelanceRéponse directe
La dette, vous pensez qu'il a exagéré la réalité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30J.-F.CopéFait
« Cachez votre joie! »
- 5:30J.-F.CopéFait
« C'est impossible pour la droite de gouvernement de cautionner un programme aussi dingue. »
- 7:30J.-F.CopéFait
« Sous la Ve République, régime institutionnel le plus stable du monde occidental, a une condition: que le président de la République ait une majorité absolue à l'Assemblée. »
- 8:30J.-F.CopéFait
« Le président de la République fait semblant d'avoir tous les pouvoirs. »
- 9:30J.-F.CopéFait
« Il a passé 6 mois à expliquer: "Quelle horreur, la dette. On est endettés!" »
- 10:30J.-F.CopéFait
« Il a juste proposé de supprimer 2 jours fériés. »
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Il doit vivre ça douloureusement. - A.-E.Lemoine: Merci.
Tout de suite, L'Edito de Patrick Cohen. Le gouvernement Bayrou à J-4. Et si son successeur était socialiste? - P.Cohen: C'est la spéculation du jour.
Et si E.Macron optait pour une cohabitation en choisissant, non pas une figure issue de la gauche, quelqu'un qui a milité dans sa jeunesse, mais une personnalité encartée au PS? Lequel s'est déclaré volontaire pour gouverner et pour trouver un compromis budgétaire à la place de l'équipe actuelle. - A.-E.Lemoine: Le président pourrait accepter de laisser les commandes à une des oppositions? - P.Cohen: Pas tout à fait.
Le PS, avec ses 66 députés, n'aurait pas les mains libres. Ils ont pris des engagements qui laissent ouverte cette hypothèse, qui n'est qu'une hypothèse pour l'instant. D'abord, ne pas gouverner avec LFI.
La rupture avec les mélenchonistes a été clairement actée. Deuxièmement, ne pas gouverner à coups de 49-3, ne pas l'utiliser du tout. Un Premier ministre PS devrait composer avec l'actuel socle commun pour élaborer un budget et trouver un compromis éloigné du contre-budget présenté le week-end dernier par le PS.
Les socialistes n'iraient pas au gouvernement pour appliquer leur programme mais pour trouver, en inversant les rôles, la voie de passage que ni l'équipe Barnier ni l'équipe Bayrou n'ont réussi à définir. Les ministres en parlent comme d'une éventualité. Une ministre m'a dit ce matin qu'une cohabitation de ce genre, avec une cure de responsabilité pour les uns et d'opposition pour les autres, ne ferait de mal à personne.
De façon encore plus inattendue, L.Wauquiez a laissé courir cette idée en indiquant que son groupe ne censurerait pas a priori un gouvernement PS ou RN. - L.Wauquiez: On ne censurera pas.
On ne censurera pas un gouvernement socialiste ni un gouvernement du RN. Je suis pour la stabilité politique. Nous ne faisons pas partie de ceux qui font tomber des gouvernements. - P.Cohen: Le numéro 1 du PS, O.Faure, reçu ce matin à Matignon, s'en réjouit. - O.Faure: Il y a une proposition sur la table qui permet d'offrir un autre regard sur l'avenir.
Ca mérite d'être discuté. Tant mieux si L.Wauquiez dit qu'il ne censurera pas ce gouvernement. - P.Cohen: O.Faure répète que le prochain Premier ministre devra gouverner sur la base "que nous avons définie".
Mais le PS ne peut pas gouverner seul. - A.-E.Lemoine: Encore faut-il que LR accorde ses violons. - P.Cohen: On pensait, avec la nette victoire de B.Retailleau, que le parti avait tourné la page sur ses divisions.
Non. Le second s'est fait corriger par le premier dans un message sur X. La querelle est encore théorique, mais l'épisode Bayrou tombe mal pour un mouvement qui devait se retrouver en congrès le week-end prochain pour y afficher son unité derrière B.Retailleau.
Je n'ai pas entendu 2 personnalités LR tenir le même langage sur la situation actuelle. - J.-F.Copé: Cachez votre joie! - P.Cohen: C'est un sourire devant une situation...
Entre ceux qui invitent à voter la confiance lundi, B.Retailleau, ceux qui appellent à la refuser, X.Bertrand, ceux qui réclament une dissolution, N.Sarkozy, ceux qui réclament la démission, V.Pécresse, et celui qui la réclame pendant 6 mois, vous, J.-F.Copé...
E.Ciotti s'est frotté les mains dans un communiqué. - A.-E.Lemoine: Ce sera à mettre au bilan de F.Bayrou, d'avoir réussi à relancer la guerre des tranchées chez LR.
Il a ravivé les divisions. - J.-F.Copé: Oui...
Il faut prendre les choses dans l'ordre. Vous avez dit plein de trucs tous les 2. - A.-E.Lemoine: Est-ce que lundi, on entendra LR parler d'une seule voix? - J.-F.Copé: Pour parler d'une même voix, il faut savoir de quoi on parle.
Le point de départ de votre raisonnement est un Premier ministre socialiste. Il faut savoir ce qu'il veut faire. J'ai lu, comme tout le monde, les propositions d'O.Faure.
Elles sont essentiellement des hausses massives d'impôts, assez peu de baisses de dépenses, tout de suite compensées par des hausses de dépenses et l'arrêt de la réforme des retraites. - A.-E.Lemoine: Ca mériterait une censure? - J.-F.Copé: C'est impossible pour la droite de gouvernement de cautionner un programme aussi dingue. - P.Cohen: Ca a été jugé impossible par le socle commun. - J.-F.Copé: Evidemment! - P.Cohen: Donc ce n'est pas applicable? - J.-F.Copé: Non.
C'est théorique. - P.Cohen: C'est ce que je dis. - J.-F.Copé: Vous avez dit des choses formidables...
Il ne faut pas qu'on perde trop de temps pour savoir si O.Faure sera Premier ministre ou madame Rousseau ou je ne sais pas qui. Dans tous les cas de figure, ils n'auront pas de majorité.
Du tout! Même par défaut. LFI va les fracasser.
Ils vont se fracasser entre eux, de toute façon. C'est vendu avec. Les Républicains, qui essaient de retrouver une crédibilité sur la droite de gouvernement, ne peuvent pas cautionner un programme de hausses d'impôts.
Sauf que monsieur Faure est contre une mesure de sécurité. - A.-E.Lemoine: Ils arrivent 15 jours et après, ils partent? - J.-F.Copé: Le président de la République est dans une situation folle.
Il nous met dans une descente aux enfers. Les Français sont dans un état de tension extrême. Tout ça ne peut pas tenir.
Il faut arrêter cette hypocrisie. - A.-E.Lemoine: Quelle est la solution? - J.-F.Copé: Il n'y en a pas.
Il faut arrêter de se mentir. - A.-E.Lemoine: N.Sarkozy dit qu'il n'y a pas d'autres solutions que la dissolution. - J.-F.Copé: Prenons les choses dans l'ordre.
On est dans une hypocrisie générale. Sous la Ve République, régime institutionnel le plus stable du monde occidental, a une condition: que le président de la République ait une majorité absolue à l'Assemblée. S'il ne l'a pas, le système est dysfonctionnel.
Le système politique, pas institutionnel. On est dans l'hypocrisie totale depuis la dissolution. Monsieur Bayrou fait semblant de se battre "comme un chien".
Il va perdre, lundi. - A.-E.Lemoine: Peut-être qu'il se bat vraiment comme un chien. - J.-F.Copé: Il n'a appelé personne cet été.
Il a fait ça tout seul. Les ministres font semblant de faire des réformes. A quelques rares exceptions, notamment sur le domaine régalien, le narcotrafic, on n'a pas fait de réformes. - P.Cohen: La faute à qui? - J.-F.Copé: Le président de la République fait semblant d'avoir tous les pouvoirs. - P.Cohen: La faute à qui? - J.-F.Copé: Au président de la République qui a fait cette dissolution folle et qui a été désavoué.
Nous n'avons pas de majorité. - P.Cohen: Il aurait dû faire quoi?
Dans quels autres pays européens il y a une majorité absolue dans les Parlements? Quels sont les modes de fonctionnement des autres pays? Les coalitions. - J.-F.Copé: Oui, à condition qu'on arrive à des compromis. - A.-E.Lemoine: Pourquoi on n'y arrive pas?
Une cure de responsabilité ferait du bien à tout le monde. - J.-F.Copé: Les positions des uns et des autres sont radicalement opposées.
En Allemagne, jamais le SPD n'a demandé la retraite à 62 ans. Elle est à 67 ans! Le PS allemand n'y a jamais touché.
Il faut arrêter de se mentir. - E.Tran Nguyen: Les socialistes ajoutent qu'ils n'auront pas recours au 49-3.
Ils veulent en discuter. Ils trouveront des accords et des compromis. - A.-E.Lemoine: Avec le bloc central. - J.-F.Copé: Ils peuvent faire toutes les promesses qu'ils veulent.
A partir du moment où ils posent comme postulat des hausses massives d'impôts, quasiment pas de baisses de dépenses et revenir sur la loi des retraites, de quoi voulez-vous qu'on discute? On peut discuter des enfants, si vous voulez...
Qu'est-ce qu'il y a de commun entre le PS et LR? Ce genre de compromis, ça veut dire continuer de gouverner au centre mollasson dans lequel on ne fait rien d'important? On a épuisé l'exercice.
Je défends une idée, peut-être idiote, mais j'aimerais la partager avec vous. On ne gouverne pas pour gouverner. On gouverne parce qu'on a une idée de ce qu'on veut faire pour le pays.
Une des raisons pour lesquelles Bayrou tombe est qu'il n'a jamais expliqué pourquoi il proposait ces économies. Il a dramatisé le constat. - A.-E.Lemoine: Ah bon?
La dette, vous pensez qu'il a exagéré la réalité? - J.-F.Copé: J'ai été ministre du Budget.
Pourquoi il a fait ça? Les populistes ont réussi ça aussi...
Il est interdit de dire: "Je voudrais expliquer les choses aux Français." C'est arrogant d'expliquer. Qu'est-ce qu'il a fait?
Il a fait de la dramatisation sur le constat. Il a passé 6 mois à expliquer: "Quelle horreur, la dette. On est endettés!" Ca fait 20 ans que les Français entendent ça.
Ils veulent entendre des solutions et pour quoi faire. Qu'est-ce qu'on propose? Quelles perspectives? - A.-E.Lemoine: Il a proposé la suppression des jours fériés. - J.-F.Copé: C'est tout sauf une explication.
Il a juste proposé de supprimer 2 jours fériés. Il aurait fallu dire aux Français: "Vous avez 2 angoisses. Vous avez un problème d'argent.
Vous ne vous en sortez pas. Et vous avez peur. L'insécurité est partout.
Qu'est-ce qu'on vous propose? Un contrat dans lequel on vous dit que vous allez travailler une demi-journée de plus par semaine et on va plus la payer. Vous aurez des allégements de charges.
En contrepartie, avec l'argent gagné,
Bruno Retailleau