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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 16 janvier 2026 26 min

La loi Evin remise en cause par les réseaux sociaux

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous et bienvenue dans Droit Suite, l'émission qui regarde comment nos grandes lois évoluent avec la société. Presque 35 ans après son adoption, on s'intéresse aujourd'hui à la loi EV. Alors, pas dans sa dimension de lutte antitabac assez restrictive, assez efficace par ailleurs, mais dans la dimension de la lutte contre l'alcool. [musique] Et là, on assiste à un deux poids de mesure assez édifiant.

On peut consommer de l'alcool dans les stades, vous [musique] le savez. Les promotions sur les alcools forts pululent par ailleurs sur les réseaux sociaux. Nous sommes ici à l'AV au cœur des Halles Gourmandes et on va interroger le rapport des Crançais à l'alcool qui tuent chaque année 49000 personnes.

Clément Guillonau a posé la question au père fondateur de ce texte Claude Évin qui avec l'avantage de la rétrospective nous dresse aujourd'hui le bilan de son texte. À chaque rencontre sportive, alcool à foison dans les buvettes des stades, dans les transports en commun, cigarettes à la bouche et même dans les cafés, bienvenu dans un monde que les moins de 35 ans ne peuvent pas connaître. Ça parce que moi aussi j'ai fumé.

Je Non mais pour supporter la cigarette des autres, il avait fumé. Le 10 janvier 1991, la loi Evain est votée portée par le ministre de la santé de l'époque Claude Evin. Une loi de santé publique avant tout.

étant ministre de la santé, j'estimais qu'il était de de ma responsabilité de de de contribuer parce que la loi ne fait pas tout, mais de contribuer à à réduire en tous les cas la consommation et notamment les effets de la consommation sur l'état de santé de la population. La loi comporte deux volets distincts, la lutte contre le tabagisme et la lutte contre l'alcoolisme. Depuis 1991, la lutte contre le tabagisme s'est renforcée via plusieurs décrets.

L'ancien ministre s'en félicite. aujourd'hui de je crois qu'on peut se féliciter que dans un train par exemple il y a plus la possibilité de fumer et puis progressivement on voit des évolutions, y compris d'ailleurs ce que moi je trouve intéressant euh qui correspondent d'ailleurs à à une demande de la population plus récemment dans les espaces publics même ouverts, les parcs, les plages et cetera. Mais pour ce qui est de la partie alcool du texte, le bilan est bien plus mitigé.

À l'origine, la loi prévoyait entre autres la restriction de la publicité en faveur des boissons alcooliques à certains supports uniquement comme la radio à des horaires précis ou bien encore elle prohibait la vente d'alcool dans les enceintes sportives. Au regret de Claudvain, la réglementation a depuis été largement assouplée puisque aujourd'hui il y a de la publicité en faveur de l'alcool dans l'espace public d'une manière générale, que ce soit dans les couloirs du métro, que ce soit par affichage et pas uniquement dans les lieux de production. Et puis d'autre part, il y avait un dispositif aussi là concernant la consommation, par exemple une interdiction de vendre de l'alcool dans les enceintes sportives.

Ça a été réintroduit depuis par voie législative. 35 ans après la loi Evain, le nombre de fumeurs et la quantité [musique] d'alcool consommé en France ont tous deux diminué. Mais le tabac et l'alcool restent les deux facteurs de risque de cancer les plus importants.

Et je vous retrouve donc à Laval. Nous sommes en Mayenne dans ces gourmandes pour partager une expérience de terrain et le témoignage d'un professionnel de santé. Bonjour David le Boulanger.

Vous êtes médecin addictologue. À partir de quel volume, de quelle quantité docteur on peut juger qu'une consommation d'alcool est excessive ? Dans les recommandations, on a dit pas plus de deux verres par jour et encore pas tous les jours.

Mais je pense que c'est pas la quantité en fait l'important. C'est pourquoi on boit de l'alcool ? L'alcool festif.

OK. Ou un peu plus que trois quatre verres. OK.

Euh après quelqu'un qui va boire par exemple, on va dire une personne âgée qui va boire un verre de rouge à chaque repas. Bon, il a une assz deux verres par jour, tout va bien. Il n'est pas dans le risque soit-disant.

Très bien. Quelqu'un qui va boire par exemple deux trois apéros le soir en rentrant du boulot, on est dans autre chose. Bien qu'on cherche un effet.

Donc là, on commence à mettre le pied dans quelque chose qui est pas normal. On va parler dans quelques instants de la bataille des viticulteurs, notamment des vignerons français face à ces lois qui peuvent être trop restrictives pour eux, économiquement aussi dans dangereuse. Est-ce que pour vous, il y a des types d'alcool qui sont clairement bah plus néfaces, plus dangereux que d'autres ?

Non, en France, on classe en verre d'alcool. C'est 10 g d'alcool par verre et en fonction de la quantité, alors nous, on apprend ça à nos patients parce que par contre, il y a des gens qui voient un verre, il nous disent "Bah, je vois qu'un verre par jour." Mais en fait, le verre sera un verre haut comme ça.

Et donc, on a besoin de leur expliquer ben non, c'est en cilè, ça fait combien ? Et après on compte en bouteille de par semaine après parce que donc mais si par exemple il y a des gens qui arrêtent l'alcool fort parce qu'ils ont pas le choix, ils vont passer à la bière mais en fait ils boivent plus. Donc et sur la loiin qui nous rassemble aujourd'hui si vous deviez donner vous après Claudin bien le regard du du professionnel.

Moi, j'entends quand même souvent des pubs à la radio et j'ai mes patients, enfin des patients qui sont dans l'obligation d'arrêter, ça les dérange d'entendre des choses à la radio. Ouais, le petit rosé de je sais pas quoi et cetera. Je comprends pas que ça existe encore.

Enfin et ça dérange ceux qui sont en ça dérange les gens qui ont qui ont envie d'en sortir quand ils entendent ça, ils ont une envie de de boire immédiatement. Donc ça c'est quand même un gros souci. Merci beaucoup David de Boulanger.

Merci docteur. On va parler notamment du poids des lobby et de cette filière viticole écrasée par les difficultés climatiques et les difficultés économiques. Ces viticulteurs qui se battent pour communiquer davantage encore sur leurs produits.

Reportage d'Angar. Naïs Paumier est secrétaire viticol. Chaque année, ce sont plusieurs dizaines de vignerons qui font appel à ces services.

Ça va aujourd'hui ? rend visite à l'un d'entre eux Laurent Bernavon vigneront au mas de Rangy à Boker fait sur sur la pétition et oui cette pétition au cœur de leur discussion ce jour-là Naï l'a mise en ligne en septembre 2025 reconnaître le vin comme patrimoine culturel et autoriser sa promotion demande à ce que le vin devienne un patrimoine culturel pour que des pour dire déjà que c'est pas un alcool comme les autres c'est-à-dire que derrière le vin ben il y a du travail il y a du terroir il y a tout ça et que chaque viticulteur, enfin cave coopérative ou cave particulière puisse faire la promotion de de ces produits. Ça passerait par l'assouplissement de de la loi Évin parce qu'en fait on est le seul pays, on va dire dans le sud de l'Europe où on peut pas faire de promotion.

Assouplir la loi pour communiquer davantage et plus librement sur les boissons alcooliques comme le vin avec par exemple des publicités plus attractives pour les consommateurs. C'est ce que souhaitent les signataires. On prend pas la consommation trace.

On prendre plutôt les consommations raisonnées, une consommation pour les moments plaisir une consommation détente une consommation voilà familiale et combal. C'est quand même terrible que pour arriver à faire la promotion d'un produit, il faille réfléchir en faisant attention qu'on voit pas l'étiquette, qu'on dise pas le mot qu'il faut pas, tout ça. Alors qu'en fait ça pourrait être beaucoup plus simple et mettre quand même les on va dire les slogans d'attention mais que voilà on puisse parler juste souvent les viticulteurs, ils parlent le cœur de ce qu'ils font et là pour le coup pas du tout.

Vignerons et viticulteurs ont été nombreux à partager et signer la pétition qui cumule déjà plus de 22000 signatures en 4 mois. Un verre de vin entre amis, ben ça rend joyeux. On passe de bons moments, c'est on est décompressé et c'est pas pour ça qu'on est des irroyen.

Tension commerciale avec les États-Unis, dérèglement climatique. Le président territorial de la coopération agricole du Gare sait que la crise que subit actuellement sa filière n'est pas seulement dû à la loi EVIN, mais il estime qu'elle constitue un frein supplémentaire à leur activité. Il nous faut des fois pas grand-chose mais un peu d'espoir disant on va pouvoir communiquer, on va pouvoir ben c'est déjà un premier pas, ça fera pas tout c'est certain mais une chose après l'autre et c'est avec les petits russeaux qu'on fait les grandes rivières.

Cependant, du côté de l'autorité de régulation professionnelle de la publicité, on rappelle qu'à l'heure actuelle, la loi E20 n'interdit pas la publicité pour le 20. Au contraire, elle autorise quand même un certain nombre de choses. Elle autorise la possibilité de communiquer sur sur ses ses ingrédients, sur son goût, ses modes de consommation aussi.

Donc associé un vin avec un mai par exemple. Donc ça évidemment autorisé autorisé. On peut montrer le vitriculteur, le distributeur et donc on peut le montrer évidemment dans sa profession.

Là aussi, on le montre pas en train de faessoyer. Et puis toujours se rappeler qu'il faut évidemment cette mention qui a une taille minimale à respecter hein. L'abus d'alcool est dangereux consommer avec modération.

Si les associations de prévention contre l'alcoolisme sont vent debout contre un assouplissement [musique] de la loi la filière viticole trouve son relais auprès de certains politique. Les parlementaires ont déposé pas moins de 25 propositions de loi pour exclure le vin de la loi. C'est Élisabeth Douanau qui nous rejoint dans cet échange.

Vous qui êtes sénatrice de la Mayenne. Bonjour madame. Bonjour Wendy. co-auteur d'un rapport sur la fiscalité comportementale qui a fait notamment vous interroger sur le bilan de la loi EVIN qui nous réunit aujourd'hui dans ce droit de suite.

Vous avez donc analysé les limites aussi de cette loi en terme de santé publique. J'ai d'abord vous faire réagir à ce qu'on a entendu de la part de ces viticulteurs empétrés, on le sait, dans des considérations économiques, climatiques, complexes. Lorsqu'ils disent que cette loi E20 est un frein à la filière, qu'est-ce que vous leur répondez ?

Tout d'abord, je voudrais leur dire mon respect pour leur travail, pour leur production, pour la qualité de leur production et que si j'ai euh comme aujourd'hui accepté cette émission, c'est justement pour essayer de faire un pas vers eux, h leur dire que la loi est vain entre autres, mais toutes les politiques publiques en terme de santé publique qui sont liées à la lutte contre l'alcoolisme et bien euh ils doivent les porter avec nous. Ils doivent les porter avec nous parce que je ne crois pas qu'il soit insensible à la mort d'un jeune à l'issue d'une soirée trop arrosée. Je ne pense pas qu'il soit insensible au fait qu'une maman accouche d'un bébé qui a des syndromes d'alcoolisation fatale.

Je pense qu'ils sont aussi comme moi très attachés à ce que chacun puisse en tout cas vivre avec une bonne santé et je pense que le trop d'alcool et bien ça peut effectivement changer la vie et certainement changer mal la vie des gens et donc je pense qu'il faut que nous soyons alliés et donc j'ai envie de dire que c'est un faux combat cette pétition qu'il lance contre la loi moi je pense que la loi elle a été une très très bonne loi et d'ailleurs pour tout vous dire, elle a été beaucoup plus ferme vis-à-vis de la lutte contre le tabac que contre l'alcool. Donc déjà, on sentait qu'à cette époque effectivement les filières viniviticol ont agiuprès des élus, auprès du grand public pour dire qu'il fallait peut-être ne pas en faire autant pour ne pas avoir moins d'emploi dans ce secteur là et surtout perdre des productions qui étaient une image d'attractivité pour notre territoire. Autrement dit, même si la consommation des Français euh d'alcool a changé, le combat de ces viticulteurs notamment n'a pas changé.

Il reste le même et leur position depuis 35 ans idem. C'est ce que vous nous dites aussi madame la sénatrice aujourd'hui. Mais mais oui et et je et je le déplore, je le déplore parce qu'il faut qu'on soit allié dans cette lutte contre l'alcoolisme.

En fait, quand nous avons fait notre rapport avec Cathy à Poursopoli il y a déjà presque 2 ans maintenant, et bien qu'est-ce que nous avons relevé ? c'est qu'en fait il y a 10 % de la population qui consomme 60 % de l'alcool en général. Et donc on voit bien que c'est sur cet alcoolisme important qu'il faut agir.

Évidemment que on ne va pas dire qu'il faut ne plus consommer du tout. C'est c'est pas ça la question. c'est d'essayer euh de combattre l'alcoolisme qui aujourd'hui peut détruire des vies.

Moi, je voudrais aussi rappeler que le coût de de l'alcoolisme, c'est le coût social, sanitaire, économique, il est de plus de 100 milliards d'euros. Vous imaginez un petit peu ? Et c'est surtout les vies brisées.

Alors, on parle de de vie en mois bonne santé bien sûr avec des problèmes de maladie cardio-vasculaires, de diabète, enfin, on pourrait faire toute la liste des pathologies en fait qui naissent avec une trop consommation d'alcool. Mais il y a aussi sur le plan social dans une famille où il y a de l'alcool, c'est tout le monde, on le dit, qui trinque. C'est très clair ce que vous nous dites euh puisqu'on parle de du suivi de la loi, de l'application aussi de cette loi, du fait qu'elle doit épouser les évolutions de la société.

Très clairement, on nous avait dit il y a deux poids de mesure dans cette loi Evain et on l'évoquait au début de l'émission. Beaucoup plus restrictif sur le tabac, plus laxiste au fond sur l'alcool. Comment on travaille ? main dans la main, vous le souhaitez, mais justement à faire évoluer cette loi et dans quelle dimension, la sénatrice que vous êtes, les parlementaires peuvent travailler à cette amélioration.

Euh dans ce rapport, dans nos conclusions, nous disions "Mais pourquoi on ne réfléchit pas ce qu'on fait certains pays comme l'Écosse, le pays de Gale, euh je crois le nord euh de l'Australie, euh il y a aussi euh l'Irlande sur euh un prix minimum euh de vente à l'unité d'alcool et on pourrait réfléchir au fait que ce soit un petit peu mieux réparti parce que aujourd'hui alors j'entends les producteurs de vin qui nous disent "Mais c'est affreux ce que l'on nous fait quelque part en terme de publicité mais en terme de taxe Vous savez qu'ils sont très très peu taxés. C'est très très faible le vin. On taxe beaucoup plus la bière et comme on taxe beaucoup plus les spirituels qui d'ailleurs ne sont pas consommés en France, ils sont exportés la plupart du temps.

Donc je pense qu'il faut réfléchir à une euh traduction contemporaine de ce qui se produit aujourd'hui en terme de consommation, de pratique et et que les la stratégie elle soit adaptée. Le poids des lobbies, on peut en parler aussi madame Douan et est-ce l'une des explications dans cet arbitrage qui a toujours penché plutôt en faveur de Ber qu'en faveur du ministère de de la santé ? Ce que j'observe, c'est que les lobby du vin utilisent les mêmes idées ou solutions ou subterfuge que le lobby du tabac.

On le voit bien aujourd'hui. Voyez le lobby du tabac qui vu que la consommation de de de cigarettes baisses vont créer de nouveaux produits qui peuvent contenir de la nicotine ou pas, mais des produits dont on ne sait pas quelle sera finalement la conséquence sur votre santé. Et c'est des couleurs, c'est des odeurs qui vont être attractives pour notamment les jeunes.

Et on voit aussi des alcools différents qui avec des énergisants, avec même du CBD et toujours c'est la couleur, c'est l'odeur pour attirer un nouveau public. Alors que ce qu'il faut absolument que les prochaines générations doivent être parfaitement éduquées sur les effets nocifs d'une consommation excessive d'alcool comme de tabac. Donc il faut absolument qu'on ait une véritable éducation dès le plus jeune âge pour justement éviter de rentrer dans une consommation excessive.

Les jeunes justement, vous en parliez à l'instant Élisabeth Doanu, cette loi adoptée en 1991, cette loi Evain a-t-elle encore du sens pour eux sur l'interdiction de la vente de boissons alcoolisé aux mineurs notamment. Regardez avant que l'on se retrouve ce reportage de Clément Guillonau qui s'est rendu notamment à Brest à la rencontre d'un influenceur qui promeut l'alcool justement sur les réseaux sociaux à destination de ce public. Des vidéos comme celle-ci, des milliers circulent sur les réseaux sociaux.

Chaque semaine, près de 8 jeunes sur 10 visionnent des contenus alcool sur ces applications. Des influenceurs en font même leur fond de commerce. C'est le cas de Zaki, créateur de contenu brestois, adepte des expériences de cocktails alcoolisés.

C'est parti. Première étape, on vide nos petite fiolin. Après un rappel à l'ordre de l'association addiction France pour non respect de la loi EVA en décembre 2025, il a supprimé toutes ses vidéos alcool comme celle-ci.

Mais n'étant pas rémunéré par les marques dont il parle, comme beaucoup, il a du mal à comprendre en quoi son contenu ne respecte pas la loi. Publicité sur par rapport à l'alcool et donc les influenceurs, ça a été vachement régulier. Et ça c'est totalement normal.

Enfin voilà, maintenant c'est le côté valorisation de l'alcool, côté positif par rapport à la personne, c'est hyper flou. Par exemple, je peux être en joué dans une vidéo en faisant une vote qu'à h par rapport à la loi du coup en quoi il ne vote qu'à H. Ça peut entre guillemets valoriser l'alcool ou donner envie aux gens l'incitation.

C'est juste ce côté-là qui est très fou pour moi dans la loi. Pourtant quand Franck le cas de l'association Addiction France visionne ses vidéos, pour lui il ne fait pas de doute que la loi E20 n'est pas respectée. Qui boit de la techquila en fait ?

Sérieusement, d'où viennent ces gens ? Je donner la note de 7 quand même parce qu'iladore parce qu'il me fait rigoler en fait en fait. C'est pour ça qualité cuite.

Qu'est-ce qui va pas ? Mais je rigole aujourd'hui qu'est-ce qui va pas dans cette dans cette consommation de vidéos ? Je rigole sur un contenu alcool.

Or ça tout ça c'est ça valorise finalement le le fait de consommer en fait la propagande on dit on dit ça comme ça c'est la la loi elle écrit comme ça pour clarifier les règles, l'association demande l'interdiction pure et simple des contenus alcool sur les réseaux sociaux zéro contenu alcool sur les réseaux sociaux ça serait beaucoup plus simple pour tout le monde et en plus ça permettrait de régénérer un petit peu euh de santé publique dans le discours ambiant c'est pas c'est c'est pas juste juste en mettant un message sanitaire qu'on on devient tout d'un coup évin compatible. D'avant d'interdire totalement la présence d'alcool sur internet, une autre piste de mise à jour de la loi EVIN pourrait être de renforcer les messages de prévention sanitaire sur ce type de contenu. À l'école des hautes études en santé publique de Rennes, l'impact de ces mentions sur le cerveau des jeunes a été largement étudié grâce à des tests d' tracking complétés par des IRM cérébrales.

Les points rouges représentent les fixations portées ou en tout cas l'ensemble des fixations à ce moment-là qui sont portées à cet endroit-là. plus il grossit et plus le participant, il est resté longtemps euh à peu près dans la même zone. Karine Galopel Morvent dirige ses recherches et pour elle, les résultats sont frappants.

Ce qui est intéressant de quand on compare les deux publicités avec un avertissement ici où vous avez un fond blanc, c'est que bah l'œil, il vient sur cet avertissement parce que ça attire beaucoup plus l'attention que celui-ci qui est noyé dans la publicité. Donc rien qu'en ajoutant un bandeau blanc derrière le l'avertissement, et bien vous avez une capacité à attirer l'attention supérieur en comparaison avec celui-ci. Et on se rend compte que quand on rajoute un avertissement plus visuel, hein, et plus euh beaucoup plus visible sur les publicités, et bien cet avertissement va contrebalancer euh ce qui se passe au niveau de la publicité positive euh et va donc réduire euh l'activité cérébrale au niveau du circuit de la récompense rien qu'en ajoutant un avertissement sanitaire sur la publicité.

Médecins, chercheurs et associations de prévention sont tous d'accord. La loi EV doit évoluer [musique] pour continuer à protéger les jeunes, notamment sur les réseaux sociaux. Récemment encore, la tendance des vaudis [musique] boissons énergisantes à base de vodka distribué dans des canettes aux couleurs attraayantes à déferler sur les réseaux [musique] incitant une fois de plus les jeunes à consommer de l'alcool.

Après cette illustration sur l'influence justement négative de ces promotions d'alcool sur les réseaux sociaux, comment on fait face à tout ce qui se propage via les réseaux sociaux sur cette loi E20 ? Comment la faire s'adapter à ces nouveaux supports qui peuvent être dévastateurs ? Et bien déjà l'application de la loi, moi je pense que on on on n pas suffisamment de suivi sur la vente d'alcool au mineur.

Oui, je pense que là il y a quand même des efforts à faire et une évaluation annuelle justement du suivi des établissements qui vendent de l'alcool. Ça c'est important. Le 2e point, c'est aussi s'interroger sur euh la stratégie à adopter en matière publicitaire.

Alors que au temps de la loi E20, en 1991, on avait surtout la télévision, on avait surtout le modèle des journaux, de la radio. Aujourd'hui, on a d'autres modèles et c'est celui d'ailleurs qu'utilisent les jeunes. Je trouve qu'on met trop de temps à s'adapter aux réseaux sociaux.

D'abord parce que voyez les lois pour aider les familles à éloigner leurs enfants de l'outil notamment pendant le temps scolaire et notamment pendant peut-être d'autres temps. On aurait dû agir depuis bien longtemps. On est beaucoup trop lent.

Je sais qu'il y a des parlementaires qui s'en occupent. J'ai j'ai ma collègue notamment Catherine Morin de Sailli hein qui a a sorti une proposition de loi. Je sais qu'à l'Assemblée c'est également le cas que certains ministres aussi euh sont très réactifs là-dessus.

Comment se fait-il qu'on nit pas déjà réagi globalement sur tout le numérique, sur tous les réseaux sociaux qui envahit nos vies et qui envahit nos vies mais de façon terrible. Et nous accueillons dans cet échange un homme très engagé en matière de lutte contre les addictions et l'alcool en particulier, Gill Montsalier. Bonjour.

Bonjour. Président de l'association Alcool accompagnement prévention. Depuis 39 ans, vous ne buvez pas d'alcool.

Tout à fait. Tout à fait parce que la le premier première réflexion que j'ai eu quand j'ai posé ce verre puisque j'ai rencontré cette difficulté à l'alcool, première réflexion que j'ai eu, ça été de me dire si j'avais eu de la prévention, peut-être que et je crois que c'est ce qui m'a boosté depuis depuis le début, c'est d'aller et pas d'attendre que les personnes tombent dedans pour remonter sa cravate en disant "C'est grâce à moi s'il en est sorti." H alors il y a tout un travail que l'association fait au niveau régional, départemental et régional fait par rapport à l'accompagnement des personnes, par rapport à l'accompagnement des entourages parce que là aussi c'est important et il y a ce travail qui est fait sur les festivals, sur les soirées étudiantes et autres.

Et là on s'affiche au nom de couleur prévention. Hm hm. Pourquoi ?

Et ça je le dis souvent parce que en enlevant le mot alcool, on a enlevé la relation conflictuelle. C'est intéressant de parler des mots et des messages parce qu'on a entendu dans le reportage précédent Ellisabeth Bonau pour réagir là-dessus. que les mentions issues de la loi Evain, l'abus d'alcool nu à la santé, l'alcool à consommé avec modération, bah on a finalement l'impression que tout ça s'est banalisé et que en l'occurrence les jeunes ne sont plus concernés par ce qu'il y avait derrière ce message il y a 35 ans.

Je suis assez d'accord, il faut que les messages évoluent et et on le voit bien à l'heure d'une grande médiatisation où les publicités voilà sont tout le temps en renouvellement. Il faut aussi que le message euh je dirais de santé publique change et il n'a pas suffisamment changé. Je pense qu'il n'alerte plus.

Effectivement, il est rentré dans le bien commun. La prévention euh sur le terrain mayonnais où nous nous trouvons notamment, vous pouvez en dire un mot aussi parce que vous connaissez bien l'Aval et et Gill et son association Alcool Accompagnement Prévention y sont. Lors de fête de festival, il y a des stands justement à destination qui mettent des warnings pour ces jeunes-là.

à chaque fois ces festivals en plus qui sont organisés par des jeunes proposent toujours un stand où vous allez rencontrer les associations, les bénévoles et aussi avoir des manifestations ludiques en quelque sorte pour vous dire bah comment vous réagissez quand vous avez pris tant de verre d'alcool avec un volant dans les mains c'està-dire que on le sait c'est les risques sont 18 fois plus grands quand on a pris de l'alcool et qu'on prend le volant aller à la rencontre de ce public. C'est ce que vous faites cher Gill et nous avons assisté à un escape game dans un lycée de l'Aval sur les méfets de l'alcool. C'est une manière très intéressante, très forte d'échanger sur un sujet qui reste parfois tabou.

Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de cette initiative ? Comment elle est venue et comment elle est reçue ? Alors l'initiative est à charge de la CPAM et qu'ils ont des tablettes ?

Il y a des questions, il faut résoudre une énigme. Ou et ensuite, il y a un village, un village des partenaires. Euh nous, on y va dans le but de parler des unités d'alcool.

Et ça c'est c'est important ces échanges parce que ramener à une unité d'alcool, c'est se rappeler le grand-père, c'est se rappeler son père qui avait la bouteille de je vais pas citer une marque et il y avait une boule et il versait. Des fois, il faisait ça deux fois mais on savait qu'il y avait deux unités. On savait que ça représentait de verr aujourd'hui on va verser 9 voire 12 cll de whisky dans un verre.

Et ben, ça change complètement la donne pour quelqu'un de 70 kg. Sil 4 unités, il est à 0,80. Alors, on va regarder un un jeune et l'entendre justement s'exprimer notamment euh dans cet atelier, cet escape game que vous avez organisé à l'AV Valle.

Regardez. Moi avec les potes, le so. Ouais, ouais, vas-y.

He comme chez toi, d'accord. OK. Donc là, on va regarder si tu es dans la dose normalement qui est conseillé.

Donc là, on s'aperçoit que tu es à 5 cll, c'est-à-dire que la dose conseillée, c'est 2,5 cll. Tu as 2 hues d'alcool dans le même verre. H donc toi dans ta tête, tu t'es dit "Moi, j'ai pris qu'un verre." Un peu plus d'un verre mais pas à deux.

D'accord. Éisabeth Doanu, voilà par exemple une opération extrêmement précise de de prévention. Quel regard portez-vous ? sur ses actions notamment dans les lycées avec ce ce public de jeunes de 16 17 18 ans concernés.

L'escape game, il arrive justement dans un lieu où les lycéens sont tous ensemble et on peut parler de ce sujet sans tabou, avoir des explications claires sur les conséquences. Moi, j'entends très bien cette idée de liberté. C'est pas de dire bon voilà, tu consommes, tu consommes pas et cetera. c'est plutôt de dire voilà, on vous donne dans votre éducation, dans notre communication euh les bonnes réponses à vos questions et c'est à vous euh en tant que adulte, prochain adulte, enfin futur adulte de de choisir la voix que vous voulez.

Il y a des marches d'amélioration. Merci de les avoir souligné avec nous aussi bien alerte l'un et l'autre sur cette loi EVIN 35 ans après. Merci pour ce travail de de terrain de prévention et votre contact si fort et et fondamental.

Gill Montsalier. Merci madame la sénatrice Elisabeth Doanu. Je vous donne rendez-vous pour un prochain droit de suite.

Nous regardons les lois évoluer et notre société changer. Merci. À très vite.