"L'urgence écologique c'est de réarmer la production français" (Laurent Duplomb)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous recevez ce matin le sénateur de la Haute Loire, Laurent Duplomb. Bonjour Laurent Duplomb. Bonjour à vous.
Bienvenue sur Europe. Vous êtes éleveur de profession, auteur de la loi qui porte votre nom. Du plomb sur les entras vos métiers d'agriculteur.
Le texte a été promulgué en août dernier malgré une forte opposition. On en parlera parce que c'est un lien avec le sujet du jour. cette loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricole débattu depuis hier à l'Assemblée, ça va durer 10 jours. 3è texte sur l'agriculture en 3 ans.
Est-ce que les agriculteurs ont l'impression que leur cause avance à l'Assemblée nationale ? Comment est perçu par la profession ce nouveau texte ? Alors, je dirais pas comment est perçu par la profession texte parce que je suis pas représentant de la profession mais par contre ce qu' s que si on est obligé de faire des textes, c'est parce qu'on règle pas les problèmes.
Hm hm. Et qu'à chaque fois devant la difficulté euh ou les sujets crpant, et bien on préfère le manque de courage et le fait de ne pas les régler plutôt que de les régler définitivement. Alors là, il y a cette ambition quand même d'un texte extrêmement copieux qui prétend aborder pratiquement tous les sujets, sauf celui des pesticides, hein.
C'était le le point de friction justement de du texte que vous portiez l'année dernière. Euh est-ce que vous pensez que cette loi d'urgence agricole est à même justement de les résoudre ces urgences ? Alors, je dirais pas tout à fait cela comme cela parce que en fait il y a des accroches.
Le texte parle des produits phytosanitaires. Il y a une accroche dans l'article 2, il y a une accroche dans l'article 19. Donc au contraire, on doit pouvoir parler des produits phytosanitaires.
La réalité de ce que vous dites, c'est que le premier ministre a fait une lettre ouverte aux agriculteur en expliquant que si on parlait des produits phytosanitaires, il saurait pas si véritablement le texte irait au bout. Oui. Bah moi, je pense qu'au contraire, il faut présenter tous les dossiers.
On ne peut pas continuer de jouer cette politique qui consiste à balayer la poussière sous le tapis tout en regardant s'effondrer l'agriculture française. Parce que la réalité c'est ça quand on parle d'urgence écologique. L'urgence écologique c'est de réarmer la production française.
Parce que la réalité c'est que quand on met l'écologie au-dessus de tout et qu'on fait que l'agriculture française ne produit pas, bah la réalité c'est qu'elle importe. H et aujourd'hui j'ai réactualisé le rapport que j'avais fait en 2018. Pour faire manger les Français, on importe pour 13 milliards 13 milliards d'euros de produits alimentaires. 13 milliards d'euros alors qu'on est le pays européen le plus grand.
Le plus grand et le plus agricole. Donc ça n'est pas entendable. l'Espagne qui a 18 % de surface inférieure à la France, une partie semi-désertique, là où nous on a connu pour la première fois un déficit sur la balance commerciale de 355 millions alors qu'en 20 ans, on a eu fait jusqu'à 12 milliards d'excédents, l'Espagne fait 18 milliards d'excédents.
L'Europe toute entière est le deuxième territoire au monde le plus exportateur de denrée alimentaire, plus 50 milliards juste derrière le Brésil qui fait 125 milliards devant les États-Unis qui font - 45 milliards et la Chine qui fait - 150 milliards. La France est passée de 12 milliards à - 350 millions. On est devenu l'homme malade de l'Europe et le boulet de l'Europe.
Donc la réalité c'est que si on veut jouer sur l'urgence écologique et bien il faut limiter nos importations par la capacité de reproduire en France parce qu'on parle tous du localisme des produits locaux qui seraient mieux parce qu'il voyageraient moins. Oui. Certains parlent des Marie Antoinettes de l'agriculture qui qui disent bah finalement Marie-Antoinette qui disait aux Parisiens qu'ils n'ont plus de pain vous avez qu'à manger de la la brioche donc c'est pareil a manger des produits bios c'est très bon pour la santé.
Oui, mais le problème c'est que là aussi on a oublié une réalité, c'est que dès qu'on connaît de l'inflation, les Français arbitrent sur leur pouvoir d'achat. Et ils arbitrent sur quoi ? Bah, sur les choses sur lesquelles ils peuvent arbitrer.
Ils n'arbitre pas sur le prix de leur loyer parce qu'il l'aurait imposé. Ils n'arbitrent pas sur le coût de leur déplacement parce que pour aller travailler, il faut qu'ils se déplacent. Ils arbitrent malheureusement sur ce qu'ils font trois fois par jour et qui coûtent le plus cher dans leur pouvoir d'achat, c'est-à-dire se nourrir.
Et donc pour se nourrir, qu'est-ce qu'ils font ? S'ils veulent arbitrer ? Bah au lieu d'acheter un produit haut de gamme parce que tout le monde n'a pas un sac Hermes et bien ils achètent un produit d'entrée de gamme ou de moyenne gamme.
Et quand petit à petit à cause de l'agroécologie et de la montée en gamme dogmatiquement on a poussé l'agriculture à ne plus produire cette entrée de gamme et ben les Français ils cherchent des œufs. Les Français ils cherchent parce que il y a une guerre en Ukraine de la moutarde de Dijon. Mais Dijon n'est pas en Ukraine.
Mais parce que tout simplement on a tellement poussé les agriculteurs à ne plus produire qu'aujourd'hui pour fabriquer de la moutarde, on est obligé d'aller chercher la graine en Ukraine et lorsque les frontières ukrainiennes se ferment et bien les Français cherchent de la moutarde dans les supermarchés. C'est ça la réalité de ce que nous vivons aujourd'hui en France, ce qui n'est pas le cas de tous les pays européens. La ou Laurent Duplom, sénateur Deoise, une loi porte votre nom.
Vous avez les idées claires sur l'agriculture. Il y aurait ce serait quoi le plan du plomb pour remettre l'agriculture d'aplom ? Pardonnez-moi le jeu de mot, mais vous saisissez l'idée.
Arrêtez l'écologisme anticapitaliste parce que c'est ce qui nous tue depuis 20 ans ou 25 ans. C'està-dire qu'on a érigé l'écologie comme un totem, comme une un nouvel évangile qui consiste à dire que tout acte de production vient à l'encontre de la de l'environnement. Alors que la réalité c'est pas du tout cela.
Parce qu'à chaque fois qu'on arrête de produire en France, et bien on est soumis par définition à ouvrir les portes de nos frontières à des importations. Des importations qui viennent pas de l'autre bout du monde pour la plupart de pays qui sont juste à côté de les nôtres. C'est-à-dire qu'à force de cumuler des interdits, à force de cumuler des contraintes, et bien on empêche de produire en France.
Donc en fait un plan du plan, ça serait ce que j'ai déjà dit, redonner des moyens de production. Comment vous comprenez qu'aujourd'hui et je suis content que finalement un des premiers ministres dans son discours de politique générale l' chiffré, François Baot a dit en terme de norme le coût des normes en Europe c'est un demi point de PIB sur tous les pays européens la moyenne du coût des normes, c'est-à-dire l'application de leur norme pour l'industrie, pour l'agriculture, pour l'artisanat, pour tous ceux qui font quelque chose, même les particuliers qui veut construire une maison, c'est un demi-point de PIB. Et il cite quatre exemples.
L'Espagne 0,3 % du PIB, l'Italie 0,8 % du PIB, l'Allemagne 0,17 % du PIB et la France 4 % du PIB. Ça veut dire que le coût de nos normes en France, c'est 22 fois plus que le coût des normes allemandes. Est-ce que vous voyez aujourd'hui des manifestations d'Allemands avec des panneaux qui disent "Nous voulons les mêmes normes que les Français parce qu' ils sont plus protégés que nous ?
Mais maintenant quand on fait le petit calcul et un bon paysan on arrive à le faire de tête, le PIB français c'est 3000 milliards. 4 % de poids des norme sur le PIB c'est 120 milliards. Ça veut dire que si on se benchmarit et qu'on soit sur le même niveau que les Allemands à 0,17 %, on serait à 5 milliards. 120 - 5, ça fait 115 milliards d'écart.
Ça veut dire qu'on fait peser sur tout acte de production 115 milliards de poids de normes en France différents que les Allemands. Bah c'est ça l'explication. C'est ça l'explication qui fait qu'on ruine toute activité d'entreprise, d'entreprendre et de production.
Donc il faut sortir de cela. Et en plus l'avantage, c'est qu'on a plus un radis, [raclement de gorge] on est fauché. Bah la meilleure des solutions c'est de faire des choses qui ne coûtent rien.
Bah réformer des lois, revenir sur des normes, réautoriser la cétami par exemple, c'est des choses qui ne coûtent rien. Oui, ça c'est pour la betterave qui est le plus la betterave, la noisette, la pomme, la poire, la nectarine, l'endive, l'asperge, toutes ces filières sont dans l'impasse à cause de cela. Merci beaucoup Laurent Duplomb sénateur Delot Lir d'être venu ce matin sur l'antenne d'Europe.
Bonne journée à vous. Merci. Yeah.
Laurent Duplomb