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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 14 novembre 2025 21 minContradictoirePortrait personnelCulture, médias & sport

"On m’a proposé d’être ministre, j’ai dit non" : Tony Estanguet veut défendre le sport mais sans entrer en politique

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Est-ce que je me trompe en disant que l'émotion des JO est plus grande que celle de votre carrière de champion ?

  • 2:52OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette parenthèse s'est refermée ou continue-t-elle à vivre ?

  • 3:32OuverteRéponse directe

    Décrivez-nous ce pouvoir unique du sport que vous rendez hommage.

  • 5:43OuverteRéponse directe

    Vous dévoilez les coulisses de la candidature de Paris pour les JO 2024, notamment la défaite face à Londres en 2012. Qu'en dites-vous ?

  • 7:26OuverteRéponse directe

    Vous revenez sur les polémiques, comme les friges qui dansent. Comment les avez-vous surmontées ?

  • 9:51OuverteRéponse directe

    Vous étiez aux commémorations du 13 novembre hier. Est-ce que vous y pensiez en organisant les JO ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:42Invité politiqueChiffre
    « On va finir avec à peu près 100 millions finalement de bénéfices de cette organisation. »
  • 9:26Invité politiqueChiffre
    « On a réduit de moitié les émissions carbone tout en faisant des jeux absolument spectaculaires. »
  • 16:27InvitéChiffre
    « Il y a eu 64 médailles d'or, un budget en excédent. »
  • 16:35InvitéChiffre
    « 5% de licences sportives en plus, notamment dans le tennis de table. »
  • 17:11Invité politiqueChiffre
    « On a 800 000 clubs un peu partout sur le territoire, dans tous les sports. »
  • 18:10Invité politiqueFait
    « On voit que c'est difficile au lendemain des Jeux. »

Temps de parole

  • Invité politique57 %
  • Présentateur26 %
  • Présentateur 28 %
  • Invité7 %
  • Invité 22 %

5,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Et un invité exceptionnel ce matin dans le grand entretien avec Marion Lourdes. Nous avons le bonheur de recevoir un immense champion devenu président, triple champion olympique, champion du monde de canoë. On lui doit l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, dont il a été le président. Il publie ce vendredi, pour l'amour du sport, aux éditions Kalman Levy, un livre qui est une plongée au cœur de l'aventure des JO de 2024, de ce qui nous a fait vibrer, de ce qui nous a émus, de ce qui nous a fascinés, de la préparation de la candidature de Paris jusqu'à la clôture. Une aventure et quelle aventure de 10 ans !

Question, chers auditeurs, réaction au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France. Bonjour Tony Estanguet ! Bonjour !

1:01
Invité

Je dois dire Tony ou président ? Non, Tony, s'il vous plaît, cette vie-là, elle est derrière maintenant !

1:07
Présentateur

Elle est derrière, mais elle n'est pas si loin, elle n'est pas si loin dans nos cœurs, et elle n'est pas si loin quand on vous lit justement. Pour l'amour du sport, c'est le titre de ce livre dans lequel vous revenez sur ce qui a été, je vous cite, « l'aventure de votre vie », et je dois vous avouer mon étonnement, parce qu'il y a l'émotion du président de Paris 2024, et on a le sentiment, à vous lire, Tony Estanguet, que cette émotion que vous avez ressentie au JO est plus grande que celle que vous avez ressentie comme champion, comme athlète. Est-ce que je me trompe ?

1:41
Invité politique

Oui, je crois que finalement, il y a un petit peu de ça. Je pensais avoir vécu les plus belles années de ma vie, après avoir passé une vingtaine d'années dans cette course effrénée pour devenir champion olympique, une première fois, une deuxième fois,

1:53
Présentateur

une troisième fois, une troisième médaille d'or olympique.

1:55
Invité politique

J'étais passé partout avec une relation folle avec mon frère aussi, que je raconte dans ce livre.

2:01
Invité

Qui était champion olympique avant vous ?

2:02
Invité politique

Qui a été médaillé olympique en 1996. Le sport dans notre famille, c'était tout. Mon père nous a mis dans le sport depuis tout petit, et c'est vrai que quand il a fallu arrêter ma carrière en 2012, beaucoup me disaient, tu ne retrouveras jamais, jamais une telle flamme, jamais une telle envie de t'engager, tu as vécu les plus belles années de ta vie. Donc quand on a à l'époque 34 ans, ce n'est pas évident. Et finalement, je peux vous dire que Paris 2024, ça a été encore plus fort, parce que non seulement il y a eu les émotions du sport, mais ce qui était magique et qui même moi, entre guillemets, m'accueillit, c'est cette ambiance, cette unité, cette France retrouvée, rassemblée.

C'était magique en fait ce qu'on a vécu pendant les Jeux.

2:46
Présentateur

Mais moi je ne m'y attendais pas. C'était une parenthèse, on l'a présentée comme une parenthèse. Est-ce que c'est le cas pour vous ?

2:54
Invité politique

Oui, en tous les cas.

2:55
Présentateur

Une parenthèse qui s'est refermée ou est-ce qu'elle continue à vivre ?

2:59
Invité politique

Moi j'ai envie de continuer à la faire vivre et c'est pour ça que ce livre aussi est arrivé. C'est-à-dire que je me suis rendu compte six mois après la fin des Jeux que les gens continuaient à me demander mais comment vous avez fait ? Comment était-ce possible ? C'était magique, les gens ont envie de me partager des souvenirs. C'est pour ça que je voulais laisser aussi cette trace et aller au-delà de ce qu'on a vécu pendant les Jeux, raconter finalement toutes les coulisses, parce qu'il s'est passé tellement de choses pendant les douze années avant les Jeux.

3:25
Présentateur

Incroyable !

3:26
Invité politique

Les gens n'ont pas forcément conscience de finalement tout ce que la France a dû faire pour réussir ces Jeux.

3:32
Présentateur

On va en parler dans un instant mais juste décrivez-nous ce pouvoir unique du sport, le pouvoir unique auquel vous rendez hommage puisque ce que vous retenez de cette aventure hors norme en gros c'est que le sport a ce pouvoir unique, absolument unique de nous rassembler et dans un pays qui se divise, dans un pays qui se fracture, dont on dit qu'il se polarise. Il y a quelque chose mais qui vient de quoi ? Qu'est-ce qui est permis par le sport, Tony Estanguet ?

4:02
Invité politique

Oui, c'est une très bonne question. Je trouve que moi j'ai grandi grâce au sport. Depuis tout petit, j'ai senti à travers la pratique du sport que quelque chose se passait dans mon corps, dans ma vie. Quand je pratiquais le sport, quand on apprend à faire du sport, on se découvre soi-même. On prend par du plaisir parce que c'est d'abord du plaisir que de pratiquer du sport, c'est du partage parce que le sport, encore une fois, se pratique à plusieurs et on apprend à se dépasser, on apprend. C'est une formidable école quelque part de valeurs, de rassemblements et moi ce que je dis dans le pouvoir du sport, c'est que ce sport-là a la capacité de fédérer tout le monde.

Qu'on soit passionné de sport ou pas particulièrement intéressé par le sport, on se retrouve dans les émotions du sport. Le sport a ce pouvoir de nous faire découvrir des disciplines dont on n'avait jamais entendu parler, des champions dont on n'a jamais entendu parler. Mais moi j'ai une image qui me vient en tête quand je vous parle, c'est cette finale du C6 Foot devant la Tour Eiffel. Le silence. Le silence et en même temps tout le pays derrière.

5:10
Présentateur

Ou la boccia.

5:11
Invité politique

Et ça c'est un pouvoir incroyable du sport, de rassembler les Français, de les rendre fiers. Je crois qu'il y avait de la fierté pendant ces Jeux et on en avait terriblement besoin. Je crois que le sport, la culture ont cette capacité, encore une fois, ce pouvoir de nous faire vivre plus intensément. Et ces souvenirs-là, même s'il y a de l'émotion un peu éphémère, je crois qu'ils sont terriblement importants parce que c'est ce qu'ils nous permettent de faire nation, de nous retrouver dans des temps forts et quelque part des souvenirs à vie.

5:43
Invité

Et alors ce qui est étonnant, au-delà de l'amour du sport dans ce livre, c'est que vous nous dévoilez effectivement vraiment les coulisses, la jeunesse de la candidature de Paris pour les JO 2024. Vous remontez même à la défaite de Paris face à Londres. On s'en souvient, en tout cas pas les plus jeunes, mais pour les plus âgés d'entre nous. C'était pour les JO d'été de 2012. A l'époque, le maire de Paris, lui-même Bertrand Delanoé, accusait les Britanniques d'avoir triché. Et vous vous dites dans le livre, pas du tout. Et même vous êtes inspiré des Britanniques et vous avez embauché des Britanniques pour faire la campagne française.

6:15
Invité politique

Oui, c'est vrai que c'était une sacrée leçon. Moi, j'étais dans la salle à Singapour en 2005 en tant qu'athlète. A l'époque, je rêvais de terminer ma carrière en étant athlète à la maison et de vivre les JO de 2012 à Paris, en France, en tant qu'athlète.

6:31
Invité

Et heureusement, ça ne s'est pas passé comme ça.

6:32
Invité politique

Et heureusement, pour moi, ça ne s'est pas passé comme ça parce que finalement, non seulement j'ai pu gagner les JO à Londres en 2012, mais derrière, j'ai pu les organiser à Paris en 2024. Mais c'est vrai que ce jour-là, les Anglais nous ont mis une leçon.

6:46
Invité

Sans tricher.

6:47
Invité politique

Sans tricher, bien évidemment. Et en étant juste, en étant tourné vers la jeunesse, en étant tourné vers, quelque part, le reste de l'humanité et un petit peu moins centré sur eux-mêmes.

7:01
Présentateur

Oui, mais Cocoréco, Paris a fait mieux. Paris a fait mieux parce que c'est cette édition, les jeux de la première fois, la première cérémonie d'ouverture en dehors d'un stade, vous le racontez, premier jeu au cœur d'une ville, première vasque qui s'envole. Ça, c'est quelque chose qu'on retrouve et dont on se souvient lorsque vous êtes arrivé dans cette aventure où vous étiez athlète. Et puis, il y a aussi des moments dont on se souvient tous. Les friges, par exemple. Vous revenez sur les polémiques. Les friges qui dansent.

7:31
Invité

On est parti de loin sur ce projet.

7:33
Invité politique

On est parti de loin sur ce projet. C'est vrai qu'il y avait une vraie défiance. Il faut se souvenir un petit peu du climat et de l'ambiance qu'on a dû traverser pendant toutes ces années de préparation. Les gens n'y croyaient pas. Et pourtant, je crois que le message de ce livre, c'est qu'il faut qu'on soit fiers d'être français. Il faut qu'on se souvienne que la France, elle a réussi parce qu'elle a osé, parce qu'elle a su être audacieuse pour repenser cet événement. Ce n'était pas seulement les 33e Jeux de l'Histoire. La France avait rendez-vous avec elle-même. On a accueilli le monde. On a été regardé par 5 milliards de personnes.

Et on a su offrir le spectacle d'une France audacieuse, rayonnante et fédérée.

8:14
Invité

Il fallait battre en brèche des idées reçues aussi pour cette candidature lors des séances de lobbying, les trésors de persuasion qu'il fallait déployer. C'était quelles idées reçues sur les Français ? Vous dites la division politique, l'arrogance, l'enfer administratif.

8:28
Invité politique

Oui, moi j'ai tout entendu. D'abord, j'ai entendu en face de candidature qu'on ne battrait pas les Américains. Les Français n'avaient aucune chance de gagner la candidature. Des Jeux qu'on avait déjà perdus 5 fois. J'ai effectivement entendu que ce serait un gouffre financier. On va finir avec à peu près 100 millions finalement de bénéfices de cette organisation. Tout était prétexte finalement à polémique, à critique. Il y avait un pessimisme très fort dans ce pays. La cérémonie, on nous a accusé de folie criminelle quand même. Alors que ça a été...

9:03
Invité

Vous l'avez compris ça ?

9:04
Invité politique

Mais non, moi je ne le comprenais pas. Je me suis battu pendant 12 ans pour tenir bon la barre de cette ambition. Il fallait que la France montre le plus beau visage d'elle-même. Et pour ça, il fallait laisser de la place à la créativité. On a dans ce pays des experts qui ont des idées, qui ont cette capacité de voir grand et de trouver des solutions complètement inédites. On a réduit de moitié les émissions carbone tout en faisant des jeux absolument spectaculaires. Alors que tout le monde disait que c'est impossible. Il faut choisir. Soit on fait des petits jeux plus responsables de l'environnement. Mais vous ne pouvez pas faire rêver et être responsable. Ben si, on a réussi à le faire.

9:42
Présentateur

Avant d'aller au standard et de donner la parole aux auditeurs d'Inter, il y a cette part d'émotion, cette communion qui s'est produite en France. Nous sommes au lendemain des commémorations du 13 novembre. Vous y étiez hier, Tony Estanguet, à Paris, avec d'ailleurs quelques membres de l'équipe qui avaient déjà organisé la cérémonie des JO. Et dans toute cette aventure que vous retracez, vous racontez qu'au même titre que les attentats de janvier 2015 contre Charlie, au lieu de dissuader la mairie, au lieu de dissuader le président de la République, par crainte, tout simplement pour la sécurité du pays, c'est ce qui va donner à ces jeux un sens supplémentaire. Oui, c'est vrai.

Est-ce que vous y pensiez hier, en vous rendant aux cérémonies du 13 novembre ?

10:31
Invité politique

Bien sûr, c'était complètement bouleversant. Je crois qu'on a tous individuellement vécu un terrible drame à ce moment-là. Il y avait beaucoup d'émotions hier soir. C'était très fort et très important, je crois, de continuer à se souvenir et à soutenir les victimes de ces attentats. Nous, sur ce projet, c'est vrai que c'était là aussi assez fou d'imaginer lancer une candidature au lendemain des attentats, dans un climat, là aussi, d'insécurité très fort.

11:00
Invité

D'autant qu'il y avait eu un attentat à proximité d'une enceinte sportive.

11:04
Invité politique

En 2015, le sport était attaqué, quelque part, pour la première fois. Et c'est vrai que, pour nous, c'était très difficile de convaincre les membres du CIO qu'il fallait venir en France. Donc, on a aussi eu à traverser ça. Et je voudrais, moi, effectivement, comme vous le disiez, remercier les autorités publiques qui ont eu le courage de dire, on continue, on avance, parce que, justement, on va défendre nos valeurs. Et on a besoin, dans ce pays, de défendre la liberté, la démocratie, ces grands événements qui nous rassemblent, on y croit, et on va organiser des jeux. Et ça a même renforcé, là où on aurait pu craindre un repli sur nous-mêmes et, quelque part, débrancher ce projet assez fou.

Finalement, la maire de Paris et le président de la République, François Hollande, à ce moment-là, ont dit, non, on y va, et on y va encore plus. Et moi, je voudrais vraiment les saluer, parce que c'est aussi grâce à eux qu'on a réussi ce Paris Fonds.

11:56
Présentateur

Alors, il y a ceux-là, il y a la maire de Paris, le président de la République, vous-même, le CIO, bon, bref, tous ceux qui ont participé à cette aventure. Et puis, il y a cet événement qui a été vécu de l'intérieur par ceux qui y ont participé. Bonjour, Alain. Oui, bonjour, Ali. Bonjour, madame Lourde. Merci d'être avec nous sur France Inter ce matin. Vous vouliez justement parler avec Tony Estanguet de votre expérience. Oui, alors, je veux surtout parler de la scène. Moi, je suis déjà très ému d'avoir M. Estanguet au bout du fil, parce que moi, j'étais volontaire, effectivement, en JO, à Roland-Garros pendant 15 jours.

Il nous a fait quelques conférences en visio pour nous manager, pour nous donner l'envie. Et effectivement, quand il parle d'un moment extraordinaire, c'est un moment de vie extraordinaire que j'ai vécu. Les mots ne sont même pas suffisants. Quand j'écoute Parade de Victor Le Mane, j'ai toujours envie de pleurer. Quand je regarde... La musique des gilets. Oui, quand je regarde ma tenue, quand je regarde mon badge, quand je regarde tout ça, c'est symbolique. Mais je me dis, j'y étais, je n'ai pas rêvé, je l'ai vécu. Et c'est une dimension humaine qu'on a tous vécu, que ce soit avec les spectateurs, avec les autres bénévoles, c'est quelque chose de magique. Et M. Estanguet...

Et c'est toujours magique pour vous, Alain ? Ah oui, mais il ne se passe pas une journée, Ali, sans que je ne pense à cet événement. J'ai ressenti... Déjà, le jour où j'ai appris que j'avais été retenu, je pense que si on m'avait dit que j'avais gagné 100 millions, je n'aurais pas été plus heureux. Je vous assure... Ça fait rire Tony Estanguet. C'est-à-dire que je suis parti de Dax avec ma tenue de volontaire et j'avais l'impression que tous les gens dans le train me regardaient en se disant « Putain, il a du bol, lui, il va aux JO » et c'est vrai que j'ai ressenti... Ah, génial ! Et c'est vrai qu'il y a eu 40 000 volontaires, Alain. 40 000 comme vous. J'ai pleuré.

Quand je suis parti de Paris, j'ai pleuré parce que j'ai perdu un bout de quelque chose. Et alors, vous aviez une question pour Tony ? Voilà. Alors, déjà, une question. En plus, je le remercie parce que je vais donner une idée de cadeau à ma femme pour les fêtes. Elle m'a demandé... Voilà. Voilà. Donc, déjà, chérie, si tu m'entends, il y a une idée de cadeau. Et puis, monsieur Essanguet, parce que je vous appelle monsieur parce que j'ai une admiration pour vous, en tant que voisin berné. Est-ce que... Comment on sort émotionnellement et surtout, est-ce qu'il y a eu un moment de vide abyssal dans votre vie d'après ? Bon, vous avez écrit un livre. Ça, ça vous a pris du temps. Mais comment...

Je vous en conseille la lecture. Merci, Alain.

14:13
Invité politique

Merci beaucoup, Alain. Merci pour ce témoignage et merci d'avoir participé à cette organisation.

14:18
Présentateur

Formidable témoignage.

14:19
Invité politique

On ne le dit pas assez, mais les 40 000 bénévoles nous ont offert des jeux. Ils ont été partie prenante. Là aussi, tellement de polémiques au moment du recrutement de ces bénévoles. On disait, mais vous êtes fous de vouloir recruter 40 000 personnes. Jamais vous ne les trouverez. C'est impossible. On a eu 300 000 demandes. On a été obligés de choisir des gens les plus motivés. Et vraiment, on leur doit cette réussite parce qu'ils ont été le sourire de ces jeux.

14:44
Présentateur

Il y a Hervé également sur l'application Radio France qui vous dit merci non pas une fois, mais trois fois. Merci, merci, merci M. Estanguet pour le bonheur pendant les JO de Paris.

14:53
Invité politique

C'est moi qui vous remercie tellement on vous doit encore une fois cette ambiance.

14:57
Présentateur

Mais parlez-nous de vous.

14:58
Invité politique

Il y avait une fin.

14:58
Présentateur

Le vide. Parce que vous l'avez ressenti, le vide.

15:01
Invité politique

Non, moi, j'ai tellement aimé. Ces jeux ont transformé ma vie. Je savais aussi qu'il y avait une fin. Je me mettais programmé pour tenir jusqu'au 8 septembre 2024. J'étais quand même content que ça s'arrête. J'étais éprouvé, j'étais fatigué, j'étais sous le stress aussi qu'il se passe quelque chose jusqu'à la fin. Donc, cet événement qui finalement se déroule sans quoi qu'alors que là aussi on nous avait promis la galère monumentale dans Paris. Les gens voulaient fuir Paris. Finalement, c'était beau. Paris était magnifique et il n'y a pas eu de problème de transport, de sécurité. C'était bien organisé. Donc, moi derrière, je me suis reconstruit dans le sens où je me suis ressourcé.

J'ai repassé beaucoup de temps avec les miens que j'avais un petit peu délaissé pendant plusieurs années. C'était important pour moi de continuer à accompagner mes enfants et de retrouver mon territoire, de retrouver ma vie d'avant, même si je n'ai pas l'impression d'avoir complètement changé de vie. Mais c'est vrai que c'était vertigineux pour moi ces 12 années à la tête de ce projet. C'était une grosse responsabilité. Je ne savais pas si je serais capable d'aller au bout et de faire face finalement à cette pression et à cette difficulté. Au final, tout s'est bien passé. Je me suis très bien remis de cette année de transition. Ça a été salutaire.

J'ai eu envie de raconter cette histoire parce que c'était aussi un bon moyen de tourner la page et de passer à autre chose et de prendre du recul sur la suite.

16:24
Invité

Alors, pas de baby blues. Non. Il faut dire qu'il y a eu un héritage quand même avec ces jeux. Il y a eu 64 médailles d'or, un budget en excédent. C'est assez rare pour être salué. 4000 logements construits, 5% de licences sportives en plus, notamment dans le tennis de table. On se rappelle des frères Lebrun que tout le monde avait découvert et suivi. Est-ce que cet héritage-là, il peut survivre, il peut perdurer avec une baisse de budget annoncée de 6,5% pour les sports l'année prochaine ? Vous étiez déjà exprimé sur le sujet, mais est-ce que vraiment le sport n'est pas en danger ?

16:55
Invité politique

Si, c'est le vrai défi. Vous avez raison de le mentionner. Je crois bien qu'aujourd'hui, on est dans une société qui se pose beaucoup de questions. les collectivités locales qui sont les premiers financeurs finalement du sport en France parce que la force du sport français, c'est son tissu associatif. On a 800 000 clubs un peu partout sur le territoire, dans tous les sports. On a beaucoup de chance d'avoir dans ce pays une diversité sportive. Il y a un sport près de chez vous, quel que soit ce que vous aimez, un sport collectif, un sport individuel, un sport d'intérieur, un sport d'extérieur. Il faut garder, protéger cette diversité sportive et elle est fragilisée aujourd'hui.

17:29
Invité

Et donc, le message aux décideurs, c'est quoi ?

17:31
Invité politique

C'est qu'il faut investir dans le sport, il faut protéger le sport. Le pouvoir du sport, c'est de continuer à rassembler. Toutes les études le démontrent. Un investissement dans le sport, c'est un investissement non seulement pour le sport, mais aussi pour la santé, pour l'éducation, pour le lien social. On a besoin du sport parce que le sport, chaque week-end en France, il fédère des millions de personnes avec des rencontres sportives. Nos enfants font du sport et se retrouvent, cette mixité sociale, elle est beaucoup plus forte avec le sport. Donc oui, moi j'appelle aujourd'hui tous les acteurs à continuer à investir dans le sport, qu'il soit public ou privé.

On a bien vu que c'était possible pendant les Jeux. Maintenant, on voit que c'est difficile au lendemain des Jeux. Donc c'est pour ça que moi j'ai envie de continuer à m'investir dans le sport et notamment dans le sport français parce qu'on doit absolument ne jamais lâcher le...

18:21
Présentateur

Après les 64 médailles, allez, sous quelle forme ? On vous a proposé d'être ministre ?

18:25
Invité politique

Oui, on m'a proposé d'être ministre. J'ai l'impression aujourd'hui que je peux être plus utile dans une autre position. Je crois que la politique...

18:34
Présentateur

Vous avez dit non à Emmanuel Macron ?

18:36
Invité politique

Oui, j'ai dit non effectivement parce que je me projetais davantage dans un rôle en dehors à travailler avec les acteurs politiques mais côté société civile, côté mouvement sportif pour porter des projets. Pour le moment. Porter des projets parce que c'est vrai que moi je crois au projet, on l'a vu avec les Jeux, la force des projets c'est qu'il y a un début, il y a une fin et qu'il faut que tout le monde travaille ensemble.

Nous ça commençait le 26 juillet et pendant 12 ans on ne pouvait pas imaginer un décalage quand le Covid arrive et que pendant plusieurs mois tout s'arrête, je peux vous dire qu'on était un peu dans la panique mais la France a su trouver des solutions pour réussir ces Jeux.

19:12
Présentateur

Il nous reste très peu de temps on parle des présidents de la République vous les avez tous rencontrés et même c'est une anecdote que je conseille la visite au Cap-Nègre chez Nicolas Sarkozy et Carla Bruni où vous débarquez dans cette somptueuse propriété en Twingo et vous avez même fait une sortie à vélo avec l'ancien président Nicolas Sarkozy blague à part et sourire mis à part qu'est-ce qu'il vous a apporté lui en particulier au moment où vous prépariez les JO ?

19:41
Invité politique

En fait ce qui m'a fasciné c'est ce que je raconte dans ce livre c'est toutes ces rencontres de gens que je ne connaissais pas qui sont des gens qui n'étaient pas de mon univers de mon monde et forcément quand on rencontre un ancien président de la République Nicolas Sarkozy que je découvre en fait être un passionné de sport qui a plein d'idées sur l'organisation des Jeux qui me met en contact avec des entreprises pour devenir partenaire qui m'aide vraiment à réussir ces Jeux pour moi c'était formidable donc je le raconte dans ce livre.

20:08
Présentateur

Encore un mot c'est celui de Benjamin qui veut vous parler bonjour Benjamin capitaine de l'équipe de France de Volé Assis vous aviez un mot à dire à Tony Estanguet

20:19
Invité

Ouais bonjour la matinale bonjour l'équipe bonjour Tony bienvenue à vous je voulais juste te remercier pour la hauteur des Jeux Paralympiques que tu nous as offert parce qu'on est souvent on entend souvent des commentaires on m'a posé beaucoup de questions avant les Jeux puis après les Jeux pour savoir si ça était à la hauteur des Jeux aux Olympiques enfin voilà il y a toujours cette comparaison je voulais te remercier parce que bah ouais moi en tant qu'athlète et au nom de toute l'équipe de France de Volé Assis je voulais te remercier parce que c'était des Jeux Paralympiques extraordinaire

20:43
Invité politique

C'est bien pour finir ça ça fait très plaisir et franchement la magie des Jeux c'est vous qui l'avez fait vivre donc tous les athlètes bravo parce que vous avez montré non seulement de la performance mais aussi des valeurs très très fortes donc par amour du sport c'est aussi un hommage à tous ces athlètes c'est les premiers que je remercie dans ce livre parce que cette rencontre avec les Jeux elle a été possible aussi grâce aux athlètes donc merci aux athlètes paralympiques de nous avoir fait découvrir

21:09
Présentateur

et notamment évidemment les athlètes paralympiques et merci Benjamin pour votre appel Tony Estanguet merci infiniment d'avoir été l'invité d'Inter ce matin par amour du sport c'est le livre qui vient de paraître aujourd'hui même en librairie et c'est publié chez Calman Levy