Démission d'Élisabeth Borne : "Il fallait immédiatement annoncer le nom du nouveau Premier ministre"
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Chapitres
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Questions et réponses
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Pourquoi tarder ? Y a-t-il des freins, des hésitations de dernière minute à trancher sur le bon candidat, le bon profil ?
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Emmanuel Macron prend son temps ou hésite-t-il encore sur le bon profil pour Matignon ?
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Guillaume Roquette, est-ce que vous avez compris pourquoi ça prend du temps ?
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Et vous, Natacha Polony ?
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Mais d'abord, sur le flottement, Jérôme Jaffray, je ne vous ai pas entendu.
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Oui, mais justement, pourquoi changer de Premier ministre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Vous dénommez, vous nommez. »
- 1:40InvitéFait
« C'était une façon pour Emmanuel Macron, même si ce n'était pas forcément très élégant, de rappeler qui était le patron. »
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« elle a bien fait le travail, mais c'est un travail tout simplement d'exécutante. »
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« la durée de vie moyenne d'un Premier ministre sous la Ve République, c'est deux ans et demi. »
- 7:37InvitéFait
« Une loi sur la réforme des retraites, une loi sur l'immigration. »
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« Malgré l'absence de majorité, les budgets sont passés. »
- 7:52InvitéFait
« Emmanuel Macron, à mon avis, a regardé avant toute chose les sondages d'opinion sur les élections européennes. »
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« 10 points du Rassemblement National sur la liste de la majorité. »
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« le texte comprend une tonne d'articles qui sont inconstitutionnels. »
- 10:34InvitéFait
« il y a quand même un certain mépris pour les enseignants. »
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« l'opinion publique va porter ou paraître porter un jugement sur les gouvernants. »
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« 30% du budget des ménages, c'est le logement. »
Temps de parole
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Et un grand entretien en forme de table ronde autour du remaniement de ce début d'année. A 7h, Elisabeth Borne n'est plus première ministre, mais on attend encore le nom de son successeur à Matignon qui devrait être annoncé dans la matinée. Pourquoi tarder ? Y a-t-il des freins, des hésitations de dernière minute à trancher sur le bon candidat, le bon profil ? On pose Léa ses questions à Jérôme Jaffray, politologue, chercheur associé au Cévi-Pof, Jean-Michel Apathy, éditorialiste à l'émission quotidien,
Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Fégara au magazine, Natacha Polony, directrice de la rédaction de... on le fait bien !
C'est pas mal, c'est des années de boulot ! Bonjour à tous ! Et merci d'être au micro d'Inter. Premier tour de table sur la situation à l'instant T. Emmanuel Macron prend son temps ou hésite-t-il encore sur le bon profil pour Matignon ? Que se passe-t-il ? Quelle est votre analyse ? On va prendre les gens par ordre alphabétique pour ne froisser personne. Jean-Michel Apathy.
Il y a quelque chose qui ne va pas. Vous dénommez, vous nommez. On parle de la direction de l'État, du chef du gouvernement. Donc, Elisabeth Borne est dénommée officiellement à 18h05. Dans la soirée, il doit y avoir un nouveau Premier ministre. Il y a quelque chose qui ne va pas. Quoi ? Je suis incapable de vous le dire. Mais c'est dans la gouvernance chaotique d'Emmanuel Macron. Voilà. Visiblement, objet de plusieurs sollicitations. Dénommé, il en avait envie. Eh bien, nommé, il attend encore. Guillaume Roquette, est-ce que vous avez compris pourquoi ça prend du temps ? Ou c'est juste les impatiences de Jean-Michel Apathy ? Ça va arriver dans la matinée ?
Non, j'ai compris pourquoi ça prenait du temps jusqu'à 18h05, effectivement. C'est-à-dire que pendant plusieurs jours, Elisabeth Borne soit laissée dans l'incertitude. C'était une façon pour Emmanuel Macron, même si ce n'était pas forcément très élégant, de rappeler qui était le patron. Mais effectivement, dès lors que lui-même, par un tweet, il annonce le départ d'Elisabeth Borne, qu'il ne nomme pas de successeur, ce qui devait être un nouvel élan donné au second quinquennat, l'idée qu'il y ait une dynamique, une audace, y compris d'ailleurs avec un Premier ministre auquel on ne s'attendait pas forcément, il y a ce flottement. Oui, je pense qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Je n'arrive pas à savoir quoi non plus.
Et vous, Natacha, Polony ?
Oui, je rejoins ce qui vient d'être dit, c'est Versailles. C'est-à-dire qu'il y a quelque chose de l'ordre du bon vouloir, de la Cour. Je trouve ça assez effarant de voir, en effet, ce feuilleton qui se répète à chaque fois, avec des ministres qui ne savent même pas s'ils seront gardés, pas gardés, on ne leur dit rien. Je pense que c'est une très mauvaise manière de gouverner. Natacha Polony, toujours dans les périodes de flottement de nouveaux gouvernements, les ministres attendent à côté de leur téléphone de savoir...
Nous sommes tous là à constater qu'il y a quelque chose de plus important et qui est sans doute lié au fait qu'Emmanuel Macron a amplifié les défauts de la Ve République et le fait de considérer le poste de Premier ministre comme un poste technique alors que dans la Constitution, c'est un poste politique. Je répète l'article 20, le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Or là, on a quelqu'un qu'on va prendre, qu'on va jeter. De toute façon, on sait très bien, et ça a été dit amplement pour Elisabeth Borne, elle a bien fait le travail, mais c'est un travail tout simplement d'exécutante. Et c'est ça qui donne cette impression de mépris. On va parler de...
je vous vois réagir sur Elisabeth Borne. On va parler de son bilan, près de deux ans à Matignon. On va parler aussi des atouts et des faiblesses de celui qui est le favori à cette heure, c'est-à-dire Gabriel Attal. Mais d'abord, sur le flottement, Jérôme Jaffray, je ne vous ai pas entendu. Oui, l'ordre alphabétique ne m'a pas servi. Oui, non, non, il y a eu un. Jérôme Jaffray. Écoutez, on est dans une incertitude, effectivement, c'est le modèle de la Ve République, on est dans une incertitude entre perversité et mauvaise gestion. Mitterrand dans le genre était le record man.
Savoir si on garde Morroix ou si on nomme Delors, savoir si on choisit Bérégovoy ou si on choisit Rocard, est-ce qu'on fait venir Cresson ou pas, est-ce qu'on la garde. C'était des grands moments et ça durait en plus, parfois, plusieurs jours. Cette affaire-là, donc, n'est pas d'aujourd'hui. Alors la perversité nous renvoie peut-être à la période des années 80, effectivement. Le risque, c'est la mauvaise gestion. Parce que ce qui était recherché dans cette affaire, c'est quand même un effet de souffle politique. C'est-à-dire de créer un événement et de remonter... Et c'est raté ? C'est le risque de la faire.
C'est que si vous avez le départ de Mme Borne, et là je rejoins Jean-Michel Apathy, c'est qu'il fallait immédiatement, dans la foulée, annoncer le nom du nouveau Premier ministre. Sinon, vous donnez le sentiment de l'hésitation, d'être sensible à des pressions dans tous les sens, qui fait que du coup... Mais il a des pressions, à votre avis, là, Jérôme Jaffray, depuis 18h05, depuis la démission d'Elisabeth Borne, depuis que le nom de Gabriel Attal est apparu en fin d'après-midi. Vous pensez qu'il a des pressions de partout ? Écoutez, je ne sais pas, vous avez les plus éminents journalistes de la place qui suivent ça de près. Moi, je suis un observateur lointain.
Mais la vérité dans cette affaire, c'est que, par définition, le président de la Ve République ne doit pas accepter des pressions au moment où s'organise la décision. Jean-Michel Apathy, nous ne sommes plus dans le même système. La bonne gouvernance, c'est que vous annoncez que le Premier ministre, qui est un poste politique, Natacha Polony l'a dit, qui est aussi le chef de l'administration, qui est un personnage important dans la marge de l'État, vous annoncez que le Premier ministre en poste quitte son poste, vous devez être capable, dans la seconde, c'est votre job, c'est tout simple, de dire qui le remplace. Et Emmanuel Macron n'a pas été capable de le faire hier soir.
Ça ne renvoie qu'à lui, qu'à son mode de gestion du pouvoir qui, là, n'est pas bon. C'est criant de vérité. Ça n'handicape pas celui qui va être nommé ou celle qui va être nommée. Parce que, est-ce qu'on peut faire une petite parenthèse ? Il y a deux ans, quand Elisabeth Borne est nommée, il apparaît dans la culture du moment que puisque l'homme est à l'Élysée, une femme est à Matignon. Ça, ça a volé un éclat. Alors ça, c'est ce que Jérôme Jaffray dit, vous parlez de la malédiction des femmes. Plus personne n'en parle. Ce n'est pas la malédiction des femmes. C'est Jérôme Jaffray qui dit. Oui, mais Jérôme Jaffray est un observateur lointain. C'est la culture masculine.
Non, la malédiction des femmes, c'est que la durée de vie moyenne d'un Premier ministre sous la Ve République, c'est deux ans et demi. 25 Premiers ministres, 65 ans de Ve République. Or, les deux femmes, deux seules femmes que nous avons eues sur les 25, en tout et pour tout, n'ont jamais eu ce délai pour gouverner. Il y a donc une façon de traiter les femmes sous la Ve République qui me paraît quand même poser problème. Alors, qu'il y ait un problème avec la place des femmes en politique, oui. Pour autant, s'il vous plaît, ce n'est pas le premier critère de choix d'un Premier ministre. Le Premier ministre est le chef de la majorité dans la Ve République.
Or là, toute la question, c'est qu'il y a une majorité relative. Est-ce que réellement, le Premier ministre est chef de la majorité ? Elisabeth Borne ne l'était pas et celui qui va être nommé le sera sans doute moins encore. Ce qui risque de poser des difficultés dans la façon de mener la politique. Après, la question est de savoir pourquoi il va être nommé. Et là, on entre dans le cœur du sujet.
Oui, mais justement, pourquoi changer de Premier ministre ? Ça, c'est juste une question naïve que je vous pose, Guillaume Roquette. Est-ce qu'Elisabeth Borne a démérité ? Qu'a-t-elle raté pour qu'il y ait besoin, voire urgence de la remplacer ?
Alors, il ne fallait pas me la poser à moi, parce que je me pose aussi la question dans la mesure où je trouve qu'Elisabeth Borne n'était pas épuisée par ce poste. Dans la mesure où elle a quand même réussi à faire passer deux lois difficiles. Une loi sur la réforme des retraites, une loi sur l'immigration. Malgré l'absence de majorité, les budgets sont passés. Alors, évidemment, il y avait l'aide du 49-3, mais dès lors qu'il n'y a pas de majorité, on est condamné à ce genre d'arbitrage. Ce que je pense, c'est qu'Emmanuel Macron, à mon avis, a regardé avant toute chose les sondages d'opinion sur les élections européennes.
Et je pense qu'il ne pouvait pas rester sans réagir face à cette annonce avancée, annoncée plutôt, parce que ça n'est qu'une photographie immédiate, de 10 points du Rassemblement National sur la liste de la majorité. Et donc, il essaye de faire tout ce qui est en son pouvoir pour essayer de changer la donne. Et je pense que ce changement de Premier ministre, c'est avant ça, avant tout cela. Et c'est peut-être aussi pour ça qu'il y a un petit flottement dans le casting, parce que finalement, c'était plus la volonté de changer que le choix mûri de longue date de nommer quelqu'un, qui fait que ça prend un peu plus de temps.
Et en quoi Gabriel Attal, dans ce scénario décrit par Guillaume Roquet, changerait la donne, Jérôme Jaffray ?
Il y a deux qualités fondamentales, me semble-t-il, que Macron attend aujourd'hui du Premier ministre, et qu'Elisabeth Borne ne remplissait pas. C'est-à-dire, d'une part, le savoir-faire politique, et d'autre part, la capacité de parler au français directement, de façon compréhensible. Madame Borne a passé son temps, dans toutes ses interviews, à dire, nous sommes à la tâche. Point final. C'était en général son leitmotiv. Ça n'est pas suffisant quand vous engagez une période de combat politique. Nous sommes, dans les cinq mois qui viennent, Guillaume Roquet vient de le dire justement, dans un combat politique majeur.
La Macronie sort d'une crise extrêmement grave, qui est celle de la loi sur l'immigration. L'intervention que Madame Borne a faite à votre micro, le 20 décembre, le lendemain du vote, disant, un, j'ai le sentiment du devoir accompli, au revoir Madame Borne, c'est ce qu'elle nous disait en gros, et deuxièmement, le texte comprend une tonne d'articles qui sont inconstitutionnels. Ça, je dois dire que les bras vous en tombent. Natacha Polony a écouté Jérôme Jaffray. Il veut ce qu'il reproche à Elisabeth Borne. Ce n'est pas tant d'avoir des mérités, comme dit Guillaume Roquet, mais de ne pas être assez politique à l'approche des européennes, d'être trop techno, ce qu'on a pu entendre.
Emmanuel Macron a encore trois ans et demi à faire. La question est, quelle politique veut-il mener ? Quelle vision a-t-il de l'État de la France ? Alors, il y a une possibilité dans le choix de Gabriel Attal. Michel Rocard, quand il a quitté Matignon, et c'est quelque chose que je rappelle assez souvent parce que c'est très important, avait dit qu'il faudrait que le Premier ministre soit également ministre de l'Éducation nationale, parce que c'est le sujet fondamental.
Si Emmanuel Macron a l'idée de se dire que la seule chose qu'il peut faire dans la suite de son deuxième quinquennat, c'est de tout centrer sur l'éducation, sur ce qu'il appelle le réarmement civique, alors il peut y avoir une logique à retirer quelqu'un qu'il a mis à l'Éducation nationale et qu'il retirerait donc cinq mois après ce qu'il laisserait penser qu'il y a quand même un certain mépris pour les enseignants. Au contraire, peut-être que ce serait une façon de mettre ça en avant. La seule chose qui ne fonctionne pas là-dedans, c'est justement l'hésitation.
C'est justement le fait qu'il a tâtonné, qu'il s'est dit pourquoi pas Julien de Normandie, pourquoi pas le cornu, ce qui prouve bien qu'il n'y a aucune vision, que peut-être il va nous sortir ça de son chapeau, nous dire c'est au nom de l'éducation, au nom de la jeunesse, mais comme il n'y avait pas pensé deux jours avant, ça perd un peu de sa force et c'est vraiment dommage parce que pour le coup, ça ce serait une véritable politique pour la France. Gabriel Attal disait lui-même il y a quelques semaines dans une interview, je dois tout à Emmanuel Macron et effectivement son ascension rapide, il la doit à Emmanuel Macron.
En nommant Attal si ça devait se confirmer, Emmanuel Macron fait-il tout simplement le choix de la fidélité, le choix de quelqu'un avec qui il s'entend bien ? Il est normal qu'un président de la République nomme quelqu'un en qui il a confiance, donc ça ne nous amène pas très loin tout ça. Du jour où il y aura un nouveau Premier ministre, donc ce sera aujourd'hui on l'imagine, du jour où il y aura un nouveau Premier ministre, le pauvre garçon, puisque visiblement ce sera un garçon, sera accablé par les problèmes et c'est ça qui prendra le pas.
Et moi je ne fais pas le lien, je ne vois pas le lien entre la nomination du Premier ministre aujourd'hui, dans le nouveau Premier ministre et les élections européennes. Ce sont des élections qui s'annoncent mal pour le gouvernement, ce sont des élections de mi-mandat, l'opinion publique va porter ou paraître porter un jugement sur les gouvernants et ça risque plutôt d'ouvrir une crise politique après. Et donc la question d'un remaniement après le 9 juin risque de nouveau d'être posée.
C'est là qu'on voit qu'Emmanuel Macron n'est pas un stratège politique, il est même assez mauvais en stratégie, sauf s'il y a un lien, parce que je trouve qu'on va un peu vite là-dessus, sauf s'il y a un lien, s'il y a un calcul secret dans sa tête, s'il est un peu malin, ce qui n'est pas prouvé avec son fameux rendez-vous avec la nation. Son fameux rendez-vous avec la nation, si les mots ont un sens, il ne peut y avoir, après nous avoir inventé tout un tas de trucs, qu'une chose qui marche, c'est un référendum. Ce serait... Alors, est-ce qu'il y a un lien ? Est-ce qu'Emmanuel Macron... Est-ce qu'Emmanuel Macron a un projet politique que pour l'instant, nous ne voyons pas, qui serait de...
Avec la nomination de ce Premier ministre, parce que nommer un Premier ministre, ça vaut un zéro élan, de faire une consultation politique qui pourrait lui en donner ? Peut-être. Après tout, on peut laisser le bénéfice de l'intelligence et de la capacité stratégique à celui qui... Alors, Guillaume Roquet, puis Jérôme Jaffray. Je pense qu'il peut y avoir un élan, Attal, la façon dont, en moins de six mois, Gabriel Attal s'est révélé auprès du grand public et ça a été montré par les sondages. Je crois que depuis la nomination de Sarkozy au ministère de l'Intérieur, on n'avait jamais vu ça.
Et donc, quand Jean-Michel se demande pourquoi, quel est le lien avec les élections européennes, je pense que quand un ministre s'est rendu aussi populaire et à juste titre en interdisant la baïa à l'école, en voulant expérimenter l'uniforme dans le système scolaire, il me semble qu'auprès des électeurs qui sont tentés par le Rassemblement national et par ce vote aux européennes, ce sont des éléments qui parlent. Quant à la proximité avec... Il ne sera pas candidat, hein, Gabriel Attal ? Non, il ne sera pas candidat, mais comme vous le savez, le Premier ministre peut tout à fait mener la campagne des européennes.
Et comme de toute évidence, il n'y a pas de candidat qui s'impose comme tête de liste, Attal peut aussi jouer ce rôle-là.
Jérôme Jaffray sur la...
Gentil pour Stéphane Séjournay. Non, mais à ma connaissance, il n'est pas encore tête de liste.
Oui, Jérôme Jaffray sur l'idée d'un référendum possible émise par Michel Apathy.
Le Président de la République, il a quelques armes à sa disposition, mais l'appel aux urnes dans la situation où est la Macronie est évidemment extrêmement périlleuse. Alors vous direz... On n'est jamais à l'abri d'une erreur supplémentaire, mais pourquoi foncer dedans ? Non, ce qui est intéressant, c'est que Macron, s'il nomme Attal, nous sommes dans cette hypothèse, s'il nomme Attal, il change quand même ce qu'il a fait jusqu'à présent. Jusqu'à présent, il avait nommé des premiers ministres totalement inconnus, dont il attendait qu'ils soient de simples collaborateurs. Avec Édouard Philippe, ça ne s'était finalement pas du tout passé comme ça.
Le collaborateur était devenu beaucoup plus important et il le supportait mal. Là, nous sommes dans une situation où il nombrait quelqu'un très populaire auprès des Français, alors que les autres étaient des inconnus, qui a un poids politique maintenant à lui-même, qui présente une complémentarité avec Emmanuel Macron pour les Français, c'est-à-dire qu'ayant un poids politique, il détourne une partie des foudres qui s'abattent en permanence sur Macron dans les commentaires des commentateurs que nous écoutons tous les soirs, par exemple, et qui fait que maintenant on va taper aussi sur Attal et pas seulement sur Macron.
Ce qui change, oui, mais ça change parce que les médias, vous, les médias, vous allez vous intéresser à Attal si Attal est nommé Premier ministre dans les prochains mois énormément. Et enfin, je partage l'avis de Guillaume, c'est un combat politique que les Européennes. Et il est clair que face à Jordan Bardella, le choix d'un Premier ministre aussi jeune ne relève évidemment pas du hasard s'il est confirmé. Natacha Polony ? Là, on est en train de parler de quelque chose qui relève de l'apparence. Excusez-moi de ne pas être de votre avis, Jérôme. Vous avez le droit, Natacha. Premier point, Gabriel Attal a certes conquis une popularité assez facile et immédiate, il n'a aucun bilan.
Et en particulier sur l'éducation nationale, en général, ces choses-là demandent du temps long. Donc, on ne sait absolument pas quelle est la capacité de Gabriel Attal à agir. Deuxième point, il est un clone d'Emmanuel Macron et il est choisi pour cela. C'est tout le paradoxe. En effet, vous avez raison, il a une popularité, une notoriété que n'avaient pas les autres premiers ministres. En revanche, en quoi va-t-il être différent ? Il continuera à ne faire qu'appliquer la politique qui est celle voulue par Emmanuel Macron parce qu'il est du cercle refermé de la Macronie. C'est-à-dire qu'à aucun moment il n'y a un élargissement de la majorité. Et c'est bien le problème.
C'est qu'ils n'ont tiré aucune leçon de cette majorité relative que leur ont donné les Français pour dire qu'ils ne voulaient pas d'un pouvoir concentré. Il n'y a aucune leçon.
Je vous livre l'analyse d'une de nos auditrices, Claudia. Simple. Macron veut quelqu'un à sa botte.
Point. Mais oui. Mais elle a présent. Et j'ajoute que le rendez-vous avec les Français, Jean-Michel Apathy dit on ne sait absolument pas ce que c'est et en effet, de même que avec la nation, le grand débat c'était de l'artifice, le CNR ça a fait pchit, les rencontres de Saint-Denis ça a fait pchit, c'est-à-dire que le déficit démocratique continue à être important parce qu'il n'y a toujours pas de discussion avec les oppositions. Non, vous dites Jean-Michel Apathy. Moi je trouve que ce sont des formules qui ne veulent rien dire et qui sont trop faciles.
Si vous choisissez quelqu'un pour diriger l'État et donc à Matignon pour diriger l'État en tout cas l'administration vous choisissez quelqu'un dont vous pensez qu'il a les capacités à résister à des journées qui ont parfois 20 heures à affronter une Assemblée nationale hostile à pouvoir arbitrer entre les ministres des dossiers complexes. C'est un atout ou un handicap ou rien. Rien du tout. Après il y a des gens qui sont doués pour la politique. Laurent Fabius quand il a été nommé il avait 38 ans on en a fait des caisses sur sa jeunesse et voilà. Pour vous il n'y a pas de Guillaume Roquette c'est pas un enjeu de débat très important. Comment ? Le bilan c'est qu'il a vieilli Fabius.
Vous êtes comme tout le monde Jérôme. Guillaume Roquette. Je pense que c'est un atout et surtout son atout et en ça c'est vrai que sans être à sa botte le fait qu'il soit qu'il doive toute sa carrière au président de la république et quelque chose qui a dû peser dans le choix d'Emmanuel Macron. N'oublions pas que Emmanuel Macron ne peut plus se représenter et que donc toute personne nommée à un poste important se voit par construction comme le futur président de la république. Justement évidemment c'est la question qui se pose est-ce qu'en le nommant au premier ministre est-ce qu'il le met et il l'affiche comme son successeur pour 2027 ou est-ce qu'il le crame ?
C'est la question qui se pose évidemment. Alors vous remarquez à quel point on est dans l'anticipation puisqu'il n'est pas encore nommé qu'on se demande déjà s'il va être à l'Élysée pour 2027 mais vous avez raison c'est évidemment... Vous connaissez les médias comme moi mieux que moi même et vous savez très bien que ça va être la couve peut-être du Figaro magazine Guillaume Roquet dans trois mois et si c'était lui on devrait intervenir mais en même temps est-ce que Gabriel Attal était à ce jour dans la liste des présidentiables ?
Je ne le pense pas et donc en le nommant peut-être qu'Emmanuel Macron bien sûr fait de lui un présidentiable possible mais bloque aussi la route aux autres et il n'est pas exclu que ça fasse partie du calcul c'est-à-dire que de toute façon il fallait faire un choix Jean-Jaffray ?
Oui c'est un coup de boule et en particulier à Édouard Philippe ne nous cachons pas mais voyez-vous Matignon Matignon c'est à la fois une formidable promotion et qui ne se refuse pas la promotion de Matignon Attal ne peut pas dire ah non je préférerais préparer l'Elysée la mairie de Paris etc ah non il faut y aller et c'est une machine à essorer le personnel politique Matignon d'ailleurs je constate que personne n'est jamais passé directement de Matignon à l'Elysée donc ça ne construit pas un destin vers l'Elysée Natacha Polony La question qui à mon avis devrait intéresser les Français aujourd'hui c'est de savoir ce que pense Gabriel Attal il est arrivé au ministère de l'Education nationale avec 2-3 idées pas antipathiques mais il ne pensait rien de la formation des enseignants parce qu'il ne connaissait pas or c'est le coeur du problème il y avait beaucoup de sujets qu'il ne maîtrisait pas là est-ce que vous savez ce qu'il pense du sujet qui à mon avis est le plus important aujourd'hui pour les Français la question de la crise du logement je veux dire 30% du budget des ménages c'est le logement les problèmes de pouvoir d'achat c'est ça à quel moment on sait exactement quelle politique va être menée ça fait d'ailleurs 7 ans qu'il n'y a pas de politique de logement donc le problème et là on nomme quelqu'un il est en effet son âge n'est pas un souci n'est pas une question mais c'est quelqu'un qui est un pur politique mais un pur politique un pur communiquant en fait excellent communiquant très bon ce qu'il a fait avec les syndicats de l'éducation nationale c'est très bien fait mais à quel moment on va parler du fond de la politique de ce que vont vivre les Français et c'est sans doute la dernière question qu'on a envie de vous poser quel va être le cap de ces 3 ans ?
vous vous espérez un référendum Jean-Michel Apatit ? ah non j'espère pas ma question c'est de savoir quelle réforme il reste à faire aujourd'hui qu'est-ce que peut faire Emmanuel Macron ? vous vous dites le logement il y a la fin de vie qui est sur la table on le sait peut-être une réforme institutionnelle l'écologie l'écologie ?
les voeux de Bruno Le Maire hier il faut appeler un chat un chat on va quand même commencer dans ce pays à diminuer les dépenses publiques et pas à continuer à les augmenter il y a des problèmes mais ils sont immenses les défaillances d'entreprises qui sont en train d'exploser et donc celui que vous nommez à Matignon il a 5, 6, 7 Everest devant lui donc vous nommez pas quelqu'un à votre mode vous nommez quelqu'un qui est capable de franchir toutes ces montagnes-là c'est pas évident on parle de la table comme si c'était fait je déplore autant que vous Jean-Michel Apathy mais je ne pense pas que dans la perspective d'une échéance présidentielle qui se rapproche la baisse des dépenses publiques ou la diminution du nombre de fonctionnaires soit trop programme les marchés financiers risquent de nous y conduire alors effectivement si on y est contraint par une augmentation des taux mais ils sont déjà assez hauts et pour l'instant rien ne bouge non moi je pense que en tout cas c'est pas le calendrier officiel qui sont les choses importantes il y a une loi sur la simplification administrative comme il en sort une tous les deux ans depuis à peu près 80 ans probablement je pense que ce qu'attendent les français c'est plutôt une réponse à leurs inquiétudes je ne sais pas comment dire ça culturelles sécuritaires je pense que c'est sur le régalien qu'on l'attend avant tout pourquoi est-ce que cette loi sur l'immigration a eu un tel écho alors même que sa portée pratique est relativement limitée parce que ça rencontrait une préoccupation des français je pense que là il y a encore des choses à faire sur le registre de la sécurité Natacha Polony je suis d'accord avec vous ça rencontre une préoccupation des français mais ce n'est pas la seule et encore une fois le pouvoir d'achat la réindustrialisation là les perspectives sur l'agriculture qui vont être très importantes la souveraineté alimentaire de l'Europe qui devrait normalement être un des sujets des européennes si on avait un débat politique digne de ce nom toutes ces choses là c'est la vie concrète des français et je pense que ça les intéresse aussi Jérôme Jaffray pour finir Oui, au d'un mot c'est que ce que Macron attend d'Atal si Atal est nommé effectivement comme c'est malgré tout ce que nous attendons tous en la matière c'est que d'abord il exporte ce qu'il a réussi sur l'éducation nationale aux autres grands dossiers je pense en particulier la question de l'écologie à la française comme dit Macron qui n'arrive pas à percer du tout il faut arriver à mettre le point et là Atal a peut-être ce talent qui est de sortir un certain nombre de thèmes et de les porter en parole et en dialogue avec les français ce qui est extrêmement important l'autre chose c'est que Macron considère que les grands dossiers les grands enjeux c'est lui c'est lui qui continuera de les faire de les expliquer de les traiter etc.
et que Atal est surtout chargé du combat politique qui n'était plus mené car Mme Borne n'avait pas la capacité de mener un combat politique
merci à tous les quatre Jérôme Jaffray Jean-Michel Apathy Guillaume Roquette et Natacha Polony merci d'avoir été à notre micro ce matin il est 8h15