Trois questions à Olivier Paccaud (sénateur LR)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Trois questions au sénateurs les Républicains de Loise. Bonjour Olivier Paco. Bonjour Dimitri.
Bienvenue sur Europe 1. Vous êtes le rapporteur spécial pour les crédits de l'enseignement scolaire auprès de l'éducation nationale au Sénat. On va parler avec vous de ces 15 à 20 millions de cours perdus au collège et au lycée. 15 à 20 millions.
Pourquoi ? Ça dépend de ce que l'on met dans l'enveloppe mais enfin c'est considérable. En moyenne, les élèves perdent 10 % de temps d'apprentissage lorsqu'ils sont au collège et au lycée. 1h/ 10 qui n'est donc pas euh assuré.
Euh c'est ce qui ressort des derniers chiffres de la DEP, le service statistique de l'éducation nationale. Alors, vous connaissez bien ces chiffres, le phénomène de l'absentéisme et surtout du non remplacement des enseignants. Olivier Paco et ça va en s'aggravant le phénomène, on a l'impression en tout cas.
Oui, j'avais rendu un rapport l'an dernier à ce sujet qui montrait que entre 2018 et 2024, les heures d'absence non remplacé, elles avaient augmenté dans le primaire de de 49 % en 6 ans et dans le secondaire de 93 %. avec de très très forts contrastes territoriaux parce que il y a des départements alors les départements franciliens, les départements ultramarins dont la Corse, les départements frontaliers près de l'Allemagne et du Luxembourg, les départements très ruraux où on a beaucoup de mal à remplacer. [grognement] Alors ça a un effet très négatif sur la scolarité.
Euh vous avez donné des chiffres hein euh sur les pertes tout au long de la scolarité et ça provoque évidemment le mécontentement des familles dont certaines engagent les actions en justice face à ce manquement de continuité du service public. Alors le gouvernement depuis quelques années a tenté de réagir mais pour l'instant euh on peut pas dire que la réussite soit au rendez-vous. Et alors comment on explique qu'il soit si difficile de remplacer les enseignants absents ?
Parce que disons-le, les profs, ils sont pas plus absents en moyenne que les salariés du privé. Ils le sont même moins que les autres catégories de fonctionnaires. Le sujet, c'est qui met-on devant la classe quand monsieur machin ou madame truc est malade ou part par exemple présider un concours d'un examen, ce genre de choses.
Alors, vous avez tout à fait raison. Les enseignants français sont moins absents que les salariés du privé et que la plupart des autres fonctionnaires. On a des chiffres très précis.
En gros, pour les anciens français, l'absence en moyenne, c'est 9,3 jours dans l'année. Alors que pour les salariés du privé, c'est 10,3 jours et pour les les fonctionnaires en moyenne, c'est 12 jours. Donc on peut pas dire que les enseignants français manquent de conscience professionnelle ou de courage.
Bien au contraire, je pense aux professeurs des écoles qui souvent font des heures supplémentaires non payées. [souffle coupé] Le problème, il vient du fait que aujourd'hui les professeurs sont plus absents qu'auparavant et que le vivier des remplaçants. Parce qu'on a un système de remplacement en France qui est qui est unique en Europe.
On a au niveau des départements pour le primaire des brigades de remplacement, c'est-à-dire un certain nombre de remplaçants qui sont prêts à aller sur le terrain. Et dans le secondaire, c'est au niveau du rectorat. On a des TZR, des titulaires affectés à des zones de remplacement qui sont aussi prêts à aller sur le terrain.
Sauf que il y a de plus en plus absent, mais le nombre de remplaçant lui n'augmente pas, il est stable et il y a un coût très fort hein pour l'éducation nationale, c'est à peu près 5 milliards et demi par an qui sont consacrés au remplacement. Et alors, est-ce qu'il faut en embaucher davantage de ces remplaçants et où les trouver surtout ? C'est ça la question.
Il y a un sujet d'attractivité sans doute Olivier Paco. Oui, il y a un sujet d'attractivité. De toute façon, le métier de professeur en général attire peu, attire moins qu'auparavant pour une raison très simple, c'est que les professeurs français sont beaucoup moins payés que leurs homologues européens en moyenne.
Par rapport aux Allemands ou luxembourgeois, c'est presque trois fois moins, entre deux et trois fois moins. Donc c'est la première des raisons et c'est valable aussi pour les remplaçants qui ont une petite prime, on appelle ça l'ISSR, l'indemnité spéciale de suggestion remplacement. Euh donc il faudrait effectivement augmenter ça.
Il faut augmenter le vivier, c'est-à-dire flécher plus de euh nouveaux enseignants vers le remplacement. Mais le vrai problème dont on ne parle jamais, c'est que les élèves de 2026 ne sont plus ceux de 1960 ou 1980. Ils sont beaucoup plus difficiles.
Et faire face à une classe, il faut l'avoir vécu pour pouvoir le comprendre. C'est très difficile nerveusement. Ma mère a commencé dans l'enseignement en 1962, elle avait 42 élèves en CP au blanc ménil.
Aujourd'hui, ils sont 12 élèves en CP au Blanc Ménil et c'est plus difficile aujourd'hui qu'en 1962. Et ça ne va pas s'arranger parce que ce qu'on ne dit pas là, cette année, je vais faire un rapport sur l'école inclusive. Euh le nombre d'élèves présentant des troubles du comportement, il explose ces élèves que jadis son on disait hautement perturbateurs, on les qualifie aujourd'hui de d'élèves à besoins particuliers.
Ils sont de plus en plus nombreux, d'où des burnouts d'enseignant, des démissions et le problème ne sera réglé que par un une reconsidération profonde de la problématique de l'école inclusive et effectivement il faut aussi plus de remplaçants. On a hâte de on a hâte de le lire ce rapport sur l'école sera présenté dans de jours. Merci Olivier Paco Benah écoutez vous reviendrez nous en parler avec bonheur.
Le sénateurise était avec nous ce matin. Olivier Pao, bonne journée à vous. 7h45.
Olivier Paccaud