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interviewLCP (sur YouTube)· 18 septembre 2025 65 min

Forte mobilisation : Sébastien Lecornu sous pression ! | Chaque voix compte - 18/09/25

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonsoir et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP. Chaque soir, on est ensemble pendant 1 heure pour décrypter l'actualité du jour et débattre de ces enjeux en direct depuis l'Assemblée nationale. À mes côtés ce soir, la sénologue Mariette Darry Grand.

Bonsoir. Les mots ont un sens et Mariette est là chaque jeudi pour nous le rappeler. Merci d'être la mariette.

Laurent Guimier est là aussi ce soir. Bonsoir Laurent. Bonsoir Adeline.

Tout de suite, c'est le sommaire de chaque voie compte avec à la une la colère sociale qui souffle en France pour la deuxième fois en 8 jours. 1 million de manifestants selon la CGT, 500000 selon les autorités. Des syndicats qui manifestaient contre les choix budgétaires d'un premier ministre qui n'est plus à Matignon.

Sébastien Lecorn aujourd'hui sur une corde raide. On va en parler avec nos trois invités. Stéphane Zumsteek de l'Institut Ipsos, vous êtes le directeur du département opinion de l'Institut de sondage.

Merci d'être là. Antoine Oberdorf, journaliste politique à l'opinion. Bonsoir Antoine.

Et à vos côtés Yven Henri Cordau, secrétaire général adjoint de la CFDT. Merci d'être là ce soir. Mariette Darig Grand, quel mot a retenu votre attention dans l'actualité du jour ?

Un mot très tendance, un mot qu' s'arrache et je crois que c'est la star de notre rentrée politique, le mot stabilité. À 20h05, quelle histoire avec Laurent Guinier ? Quelle image avez-vous choisi ce soir Laurent ?

Une photo de notre champion de judo tdirinaire qui de mon point de vue dévoile pour de bon ses ambitions présidentielles pour 2027. Ça alors dans la deuxième partie de chaque voix compte place à la question qui fâche. En ces temps de grande inquiétude pour les finances publiques, faut-il stopper les aides aux entreprises ?

Nous attendons vos questions ou vos réflexions en flashant le QR code qui s'affiche ici. On en débattra invités. Johann Gilet, député RN du gare, Benjamin Lucas Lundi, député écologiste des Yvelines et Olivier Rietman, sénateur LR de Haut Zone et président de la commission d'enquête sénatoriale sur la transparence des aides publiques aux entreprises.

Et puis à suivre ensuite, c'est le nouveau rendez-vous dans chaque voix compte, c'est Bourbon Express à 20h30 avec Valérie Brochard, le journal de l'Assemblée nationale, tout ce qui se passe dans et autour du palais Bourbon, ce sera tout à l'heure. Voilà pour le menu du soir. Installez-vous confortablement.

Chaque Vois compte, c'est parti. [Musique] Voilà une situation qui n'était pas banale, une mobilisation à l'appel de tous les syndicats pour dénoncer les orient les orientations budgétaires d'un premier ministre qui a quitté Matignon. Avant de voir le film de cette journée de mobilisation, je voudrais d'abord vous demander à tous les trois ce que vous en retenez et je vais bien sûr poser la première question à Yvan Henric Ricordau, le numéro 2 de la CFDT.

C'est forcément une journée réussie pour la CFDT et les organisations syndicales. C'est une mobilisation qui est importante. Peu importe le chiffre exact, mais elle a été massive.

La CGT dit 1 million, vous êtes dans cette entre 500000 et 1 million, on tente le million mais c'est pas ça qui est important. C'est une mobilisation réussie en nombre. C'est une mobilisation particulièrement réussie quand on regarde où elle a eu lieu.

Quand on regarde les territoires, on retrouve la même chose que pendant les retraites. C'est-à-dire que dans toutes les villes, les manifestations ont réuni 5000 personnes à Tarbe, euh 5500 à Saint-Azer, 8000 à Saint-Étienne. Et donc quand on regarde toute la géographie de la mobilisation, c'est très réussi.

Et le dernier mot, c'est que c'est exceptionnel parce que pour les organisations syndicales, mobiliser sur un mot d'ordre aussi général que la construction d'un budget plus juste socialement, c'est quand même un peu plus compliqué que quand on mobilise contre une réforme des retraites. Et d'avoir une telle mobilisation sur ce mot d'ordre-là, c'est clairement un message qu'il faut entendre. Antoine Orbdov, mission réussie pour les syndicats.

Bah en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on nous promettait quelque chose de l'ordre de 800000 manifestants. Bon, on est entre 500000 et 1 million avec ce savoir-faire bien français qui consiste à se déchirer sur la comptabilité entre le ministère de l'intérieur et les syndicats. La vérité se situe quelque part entre les deux.

Effectivement, il y a sur le territoire une répartition des forces qui doit attirer notre attention. Et moi l'image de la journée pour moi, c'est cette pancarte d'une manifestante qui brandit une pancarte avec marqué "Je suis d'accord avec toutes les pancartes". Ça dit tout en réalité de l'hétérogénéité des colères, des mots d'ordre qui sont très très disparates.

On va bien évidemment des pharmaciens qui par exemple sont mécontents du sort qu'il leur est fait sur les franchises sur les médicaments génériques à bien sûr les mots d'ordre classique sur le pouvoir d'achat, la lutte contre l'austérité. Vous avez des gens qui appellent à ce que Gabriel Zucman, l'économiste désormais célèbre, soit président. Enfin voilà, tout ça se mélange et au milieu des politiques qui en arrière des syndicats essayent de tirer les marrons du feu et se demandent bien quelle peut-être leur attitude à l'égard d'un gouvernement qui n'est pas encore nommé.

Stéphane Zubek, vous qui prenez le pou en permanence de la société française, que retenez-vous de cette journée ? Je trouve qu'elle est plutôt, si on s'en tient juste à l'aspect quantitatif entre 500000 millions et aussi à l'absence quand même de violence trop massive. é redouté mais le ministre de l'intérieur veille au grain et l'enjeu est trop important pour lui évidment que les choses dégénèrent.

Je trouve que cette mobilisation qui moi me semble être une mobilisation préventive, ce qui n'est pas toujours le cas a plutôt bien fonctionné. Là concrètement, ce n'était pas une manifestation contre un acquis que l'on remet en cause. C'était pas un passage brutal de 62 à 64 ans.

Ce n'était pas une de l'âge de départ à la retraite. Ce n'était pas une manifestation appelant à la suppression des deux jours fériers supprimé du puisque ça tout ça a déjà été fait. Alors même qu'il n'y a pas un projet de de de d'économie concrè pour l'instant et c'est bien normal euh que va présenter que va préparer Sébastien Lecnu.

Cette mobilisation, elle est quand même assez importante, même peut-être importante, je n'irai pas jusque-là, mais c'est une réussite forcément puisque je le répète, il n'y avait pas une mesure qui électrisait les manifestants ou une partie de l'opinion. Ce n'était pas le cas, mais c'est préventif et ça a fonctionné. Alors, je vous propose de revoir le film de cette journée avec Maité Frémon. 6h ce matin, le soutien de Bruno Retaillot au policier. 80000 sont déployés partout en France avec un dispositif d'ampleur du jamais vu depuis les manifestation des gilets jaunes et cette consigne la tolérance zéro.

Tour de Paris, c'est des dépôts de bus à Aubervilier par exemple à Saint-Denis comme à Paris blocage des dépôts de bus à Lille L'objectif des manifestants stopper l'économie. On veut aussi que les travailleurs prennent conscience que la balle est dans leur camp entre guillemets. Pourquoi travailler si jamais on peut pas s'en sortir ?

Les travailleurs justement eux ont anticipé la journée comme sur les quai de cette gare de Melin. Un trafic perturbé mais finalement pas totalement bloqué. Matinée teintée par 95 tentatives de blocage, notamment devant les écoles avec des lycéens mobilisés et pas moins d'un tiers d'enseignants grévistes.

C'est notre future qui est en jeu. J'ai envie d'avoir une vie meilleure que mes parents. C'est important même nous lycéens de faire entendre nos voix et de manifester.

Il est midi à Marseille. Le cortège s'élance. J'ai travaillé jusqu'à 67 ans pour avoir une retraite quasi misérable et je ne je ne peux plus supporter un monde où les nantilles se gavent sur le compte des plus pauvres.

Sur le vieux port, Jean-Luc Mélenchon appelle à la censure du gouvernement le corn. Qu'on en finisse et que ils viennent comme c'est normal devant l'assemblée et qu'il fasse le vote de confiance auquel s'est soumis son prédécesseur, monsieur Bairou. Après tout, première épreuve de force pour Sébastien Lecnu qui est resté silencieux depuis le début de la journée.

En début d'après-midi, 250 mobilisations partout en France. En tête du cortège parisien, la CGT. On peut dire que la mobilisation est d'ors et déjà un succès.

Plus d'un million de manifestants selon la CGT, 500000 selon le ministère de l'intérieur. En marge desmobilisation, la tension est montée d'un cran à Marseille, à Rennes ou encore à Paris. Yvan Ricordau, est-ce que vous avez le sentiment ce soir que les syndicats se sont remis au centre du jeu ?

Je pense euh très sincèrement que les syndicats depuis plusieurs années euh maintenant sont au centre du jeu. On a peut-être des gouvernements qui euh n'ont pas suffisamment joué avec les partenaires sociaux, organisations syndicales ou organisations employeurs. Euh, ça c'est un fait.

Mais euh il y a quand même un nouveau signe aujourd'hui qui est important quand je dis que les syndicats sont au centre du jeu, c'est on a eu la crise Covid. La crise Covid a fait la démonstration que le pays a tenu parce qu'il y a des salariés qui ont fait en sorte que le pays tienne, que qui sont restés au centre du jeu et à ce moment-là, on leur a promis une revalorisation. Ça s'est pas passé en terme de traduction derrière.

Il y a eu un autre élément qui a été important, les manifestations contre la réforme des retraites avec des manifestations historiques historiques. Le mouvement social a jamais été aussi puissant qu'à ce moment-là avec non plus pas d'écoute. Et une trè Oui, puisque la réforme était passée avec le 4 et une troisème fois, on a un mouvement social qui dit quelque chose de très profond dans notre pays et dont la réussite sur laquelle vous nous interrogiez tout de suite, elle dépend maintenant de la réponse qui va être donnée.

Si la réponse est comme précédemment circulé, il y a rien à voir. Là, il y a une nouvelle fois une question de crise démocratique, crise sociale, crise politique qui va encore s'approfondir. Ce que veut la CFDT, c'est des réponses concrètes à ce qui s'est passé aujourd'hui.

On va parler justement dans un instant des réponses politiques qui peuvent être données à cette mobilisation. Mais d'abord Antoine, il y avait aussi il y avait quand même un enjeu énorme aujourd'hui pour les syndicats. La semaine dernière, on disait il y avait ce mouvement bloc toutou qui avait échappé finalement au mouvement syndical qui était né tout seul sur les sur les réseaux sociaux.

Les syndicats, d'ailleurs, l'intersyndical avait réussi à se mettre d'accord sur la date du 18 septembre, mais tout le monde scrutait les chiffres de la mobilisation en se demandant si un jeudi par 25 degrés dans la plupart des villes de France, est-ce que vraiment les salariés allaient être voilà et pris de volonté de de manifester ? Et ouais, absolument. Il y a c'était clairement aujourd'hui le match retour pour les syndicats.

Une revanche par rapport au lundi 10 septembre où on avait affaire à quelque chose de mouvementiste, pas vraiment qu'on ne pouvait pas vraiment saisir et qui dépassait de très loin les partenaires sociaux. Là, moi je je veux je veux bien qu'on on fasse la lecture selon laquelle les partenaires sociaux reprennent la main. simplement, si on reprend les choses, il y a un taux de syndicalisation dans ce pays des travailleurs et des salariés qui est trop faible pour que l'on puisse véritablement parler d'une force de pénétration des syndicats.

Et par ailleurs, et ça c'est la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron, effectivement, il est systématiquement passé outre leur avis. Donc les précédentes mobilisations, celles des retraites en particulier, se sont soldées par des échecs. Le risque derrière ça, c'est qu'il y a une forme d'aquabonisme en réalité qui gagne l'esprit des Français.

Descend dans la rue euh finalement pourquoi ? Euh alors revient et ça c'est la grande surprise du jour, euh revient sur le devant de la scène le mot d'ordre de la suspension de la réforme des traites. On ne parle plus d'abrogation de la réforme des traites mais de suspension.

Et ça c'est un peu la surprise parce que en tant qu'observateur politique, moi j'étais frappé de voir que le débat s'était cristallisé sur cette taxe duman qui concerne les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, une taxe de 2 %. Bon là, il y a la réforme des retraites qui qui revient par la fenêtre. On nous propose une suspension.

De quoi s'agit-il ? c'est que si à date on arrêtait le déploiement des trimestres, la montée en puissance de la réforme des retraites d'Élizabeth Borne, les gens partiraient à Toplin bien sûr à 62 ans et 9 mois. C'est cette position, si je ne m'abuse euh que la la CFDT entend pousser et c'est surtout cette position que les socialistes mettent au pot de leur discussion euh avec euh Sébastien le Cornu.

Donc voilà, sur le plan sur le au niveau des syndicats, si vous voulez, je serai quand même modéré et nuancé de ce point de vue, y compris parce que j'entends chez les socialistes, des socialistes qui me disent les vélé de compromis et de négociation de la CFDT et d'un d'une centrale réformiste comme la CFDT, c'est une chose. Mais ceux qui avons à supporter les coûts électoraux derrière, c'est nous, les partis politiques. Donc, on n'entend pas forcément être prisonnier de l'agenda. les syndicats n' pas le risque de ne pas être réélélu.

Par exemple, Stéphane Zumsteg, je m'adresse au sondeur que vous êtes. Euh qui a manifesté aujourd'hui ? Vous avez forcément observé dans les cortèges euh vous avez vu des jeunes, des moins jeunes, des retraités ?

Mais on a vu tout ce type de tout ce type de population. Évidemment, c'est traditionnellement quand il y a des grandes mobilisations organisées par les syndicats, on retrouve un peu tous les types en tout cas en terme de génération de français. Bien sûr, il y a les bataillons aussi habituels et habituel, ça n'a rien de péjoratif dans ma bouche évidemment de de salariés d'un certain nombre d'entreprises publiques qui sont toujours là.

D'abord, d'abord parce qu'ils font grève et qu'ils contribuent à perturber, mais c'est le but évidemment les transports publics, mais aussi parce que ce sont des des gens qui manifestent à une culture encore ouvrière ou souvent de profession intermédiaire d'ailleurs aussi he c'est pas que c'est pas que que que les ouvriers qui qui manifestent parce qu'il y en a de moins en moins d'abord. Donc vous avez les grands bataillons de ces entreprises publiques, ça peut être DF, la SNCF, ça peut être la RATP, mais qui même s'il ne manifeste pas contribue actuel euh activement à la réussite de la grève en bloquant ou en perturbant euh un certain nombre de de transports publics. Après, vous avez évidemment beaucoup de jeunes et vous avez toujours encore aussi des gens proches de la gauche, c'estàdire des citoyens qui ne sont pas membres d'un parti politique, qui ne sont pas forcément syndiés dans un dans un dans un syndicat y compris, qu'ils soient réformiste ou qu'il soi plus contestataire, vous les retrouvez parce que ça fait partie d'une de la tradition et là encore ça n'a rien de de dévalorisant le ce terme de tradition d'une partie des Français mais c'est un mouvement un peu plus à gauche voir beaucoup plus à gauche que la société française en général c'est ce qui explique Pourquoi ?

Même si les Français dans leur quasi-ttalité sont en colère, sont euh une grande majorité à manifester son opposition aux 44 milliards de François Bairou, évidemment quand on les interroge sur la sympathie que peut susciter des grandes mobilisations comme ça, je parle bien des je parle pas du mouvement bloquou, je parle des des des mobilisations assez classiques des organisations syndicales. Il y a une petite majorité qui éprouve de la sympathie, qui soutient le mouvement, mais vous avez quand même toujours un quart ou un tiers des gens qui sont beaucoup plus réservés et parfois hostiles parce que bah c'est souvent des gens de droite qui se disent ça c'est la journée de la gauche, j'ai pas envie d'y participer et j'ai pas envie de la soutenir. Al cela dit tout à l'heure Antoine parlait des aquabonistes, mais vous savez que nos équipes ont remarqué aussi cet après-midi dans le cortège parisien des des primaux manifestants, des gens qui n'avaient jamais manifesté auparavant.

Reportage signé Clément Perou sur le terrain. Il y a les petites manifestations où on n'est pas entendu et il y a des grands jours comme ça où notre présence donne du poids à notre pensée et puis ça fait du bien d'être ensemblant. Il y a nombre de choses qui nous sont demandées encore une fois et que je trouve complètement déséquilibré entre autres au niveau financier.

Voilà, on est chômeur, on est malade, on est retraité, on demande encore de l'argent. important d'être là aujourd'hui parce que si on continue de renoncer et de se dire ça sert à rien de manifester, plus on abandonne moins on va obtenir de choses. Moi je suis là parce que j'ai envie qu'on ait en fait des dépenses publiques qui soient plus orienté vers bah les services sociaux qui sont vraiment des études aujourd'hui.

Je suis assez sceptique contre l'efficacité de cette manifestation mais tout est mieux que de ne rien faire et de subir. Je sais où sont mes limites. Là elles sont atteintes.

On a un président qui a choisi les premiers ministres successifs sans tenir compte de des résultats des précédentes législatives. On a l'impression qu'aujourd'hui il aurait même presque pu choisir de ne pas choisir c'est de de se passer de premier ministre. [Musique] J'ai été encouragé par des des amis et des collègues qui sont plus impliqués que moi dans les revendications, voilà, dans les syndicats, tout ça.

C'est de plus en plus difficile d'ignorer que le gouvernement nous ignore en fait avec la nomination encore d'un nouveau premier ministre qui ne respecte toujours pas, qui est toujours pas du bord, qui a gagné les législatives, c'est compliqué de rester de marbre en fait. Ça fait du bien d'être ensemble, disait un manifestant Antoine voulait réagir, c'est très frappant. Ça fait du bien d'être ensemble.

Ça fait partie des commentaires que l'on avait l'habitude d'entendre au moment des gilets jaunes. Et en réalité les Français en particulier depuis la crise sanitaire du Covid ont pour beaucoup eu le sentiment d'être mis sous cloche. Donc je pense que c'est ça fondamentalement le ressort qui est traduit par ce "Ça fait du bien d'être ensemble." Maintenant euh encore une fois les les mots d'ordre sont très très hétérogènes et euh par exemple sur la recherche des des coupables, on voit que certains se tournent directement vers l'Élysée, vers Emmanuel, d'autres ont l'impression d'un théâtre d'ombre politique, d'un espèce de de balai insignifiant, d'une fête de l'insignifiance qui dure depuis trop longtemps.

Et si on dézoome encore un peu pour quitter les rives simplement du militantisme des sympathisants de de gauche, on peut se dire que par rapport au législatif de juillet 2024, il y a 2 ti3 des Français à minima. Ceux qui ont voté pour le Rassemblement national et plutôt du côté de l'extrême droite et ceux qui ont voté pour la coalition de gauche du Nouveau Front populaire. Deux tiers des Français qui ont le sentiment d'avoir été laisés. les uns parce qu'ils sont arrivés en tête et qu'ils pensaient avoir droit donc avoir leurs idées portées au pouvoir à Matignon, les autres parce qu'ils n'ont toujours pas digéré le fait que le barrage républicain est empêché Jordan Bardella de rejoindre Matignon.

Donc ça ça crée quand même des ferments de colère. Est-ce que vous vous sentez une responsabilité dans le moment présent ? Yv Henricordu, Sébastien Lecornu vous a reçu avant même de rencontrer les oppositions.

Beaucoup disent aujourd'hui que la CFDT, elle détient la clé de la situation. C'est un grand honneur de faire de de dire que la première organisation syndicale de ce pays tiendrait la clé de toutes les questions, ce qui est pas le cas et c'est pas une revendication de la CFDT. Mais oui, forcément la CFDT, elle est responsable, elle a toujours été responsable et elle continuera à l'être.

Je pense qu'il y a euh deux éléments qui sont importants. Euh les expressions du mouvement social, je le rejoins, je le formule pas tout à fait de la même façon que vous venez de le faire, mais euh il y a un énorme besoin de reconnaissance, d'être écouté et la reconnaissance au travail est quelque chose qui est euh mal euh prise en compte dans notre pays. D'ailleurs, la la démonstration ultime, ça a été la présentation du dernier budget par François Beou où on a mis en perspective des questions de travail.

En fait, les questions de travail qui étaient proposées en terme d'avenir pour les salariés, c'était la monétisation des de la 5e semaine de congé payé. C'était que des éléments qui était très datés. Or, il y a un vrai élément d'avenir pour le syndicalisme, c'est de faire en sorte de gagner sur cette question de reconnaissance au travail.

Et là où on n pas la même analyse et c'est normal parce que du coup, on se situe pas du au même niveau, c'est que effectivement on est dans un moment particulier. On est dans un moment particulier au niveau politique. On est dans un moment très particulier sur la situation de notre pays qui doit construire un budget.

Mais là où il y a un élément qui est particulier pour la SFDT, c'est que nous on n'interagit pas forcément que avec un jeu des acteurs et pas en politisant tout. On est une organisation syndicale et le tout à l'heure vous nous interrogez sur la force du mouvement syndical et la responsabilité de la CFDT. Notre première responsabilité, c'est tous les ans, on signe 80000 accords d'entreprise et donc on agit concrètement sur la vie du travail.

Et je pense qu'il y a un élément qui est délétaire dans la période actuelle, c'est qu'il y a un mouvement qui exprime ce cette volonté de reconnaissance et d'avancée concrète petit à petit pour améliorer les choses. Et en fait, on se retrouve avec une traduction de ce mouvement-là en disant comment est-ce que le Premier ministre va parler à tel mouvement politique, est-ce que ça va bouger un peu les lignes et tout ? Mais les Français, ils attendent pas ça.

Les Français, ils attendent quand je suis demandeur d'emploi, est-ce que je vais avoir une nouvelle réforme de mes règles d'A les Fran attendent peut-être aussi que vous portiez cette voie. Ben, c'est ce que c'est ce c'est le job de la CFDT dans la période actuelle, c'est de dire au gouvernement, il faut changer la feuille de route, il faut changer de cap. Vous aviez une réforme de l'indemnisation chômage, c'est pas entendable dans la période actuelle de réduire encore une 4è fois l'indemnisation des demandeurs d'emploi.

Et après, il faut faire des choix de rééquilibrage. Il y a des efforts à faire, tout le monde l'a compris qu'il y avait des efforts à faire. Mais est-ce que c'est uniquement aux travailleuses et aux travailleurs de faire des efforts ou est-ce que les entreprises et les hauts patrimoines doivent aussi contribuer ?

Ben sur ça, il faut des réponse, il faut des réponses concrètes et c'est pas un jeu d'acteur qui va modifier les choses. C'est comment c'est possible d'avancer des politiques qui montrent des changements de cap ? Mais vous parlez aussi au Parti socialiste.

Euh est-ce que dans votre discussion avec le PS, si vous obtenez des avancées, vous parliez tout à l'heure de de la réforme de l'assurance chemine. Vous êtes en position de force. Est-ce que vous pourriez pousser le PS à ne pas censurer le nouveau gouvernement par exemple ?

Ah mais c'est pas le boulot de la CFDT. C'est clairement c'est pas le boulot de la CFDT. La CFDT elle euh se mobilise dans la rue pour gagner sur l'assurance chômage, pour gagner sur les questions de retraite, pour gagner sur le pouvoir d'achat.

Quand même vous objecter juste juste un point simplement juste un point, je suis d'accord. Indépendance bien évidemment des syndicats et du politique, c'est fondamental en France depuis au moins la charte d'Amien. simplement une chose, lorsque vous allez dans les négociations du conclave avec François Baou, c'est bien sur cette base que le bras de la censure du Parti socialiste a été retenu et ce n'est qu'uniquement parce que la CFDT pensé dans le cadre de ce face-àface, il faut bien le dire, avec le patronat du conclave, c'est uniquement parce que vous pensiez en sortir avec quelque chose pour les travailleurs que le PS n'a pas censuré à ce moment-là.

C'est c'est ça a conditionné un positionnement politique. Ça, on peut pas le nier. Alors, c'est pas tout à fait comme ça que l'histoire s'est passée, excusez-moi de vous le dire, mais en fait, il s'est passé un deal politique de façon honorable le terme deal, c'est-à-dire qu'il y a eu un compromis politique qui a été fait entre des forces politiques en disant pour non censurer, il faut mettre sur la table ce point-là, ce point-là et ce point-là.

Et après, la question a été venue sur la table et du coup, la question du conclave est arrivée. Et pour la CFDT, le choix était simple. C'était pas un choix de savoir c'était quoi le le jeu entre les forces politiques dans notre pays.

C'était la seule occasion pour la CFDT. C'était la première fois après le mouvement de 2023 où on pouvait on avait une porte qui était entrouverte pour remettre en cause les choix qui nous allaient pas en 2023 qui étaient injustes. C'est ça ce qui s'est passé.

Et donc on s'est positionné comme organisation. Ça défend tout à fait simplement ce que je dis. Vous ne me ferez pas croire que la ligne entre Marise Léon et L fort n'est pas permanente.

Voilà, c'est simplement ça. Mais le boulot de la première organisation syndicale, alors là de façon très claire, c'est euh d'avoir une ligne ouverte avec tous nos interlocuteurs et c'est logique. Mais donc on va dire que vous pouvez être un rouage par exemple.

Ben bien sûr, bien sûr que enfin dans une dans une démocratie normale, il me semble que un gouvernement des forces d'opposition, des organisations syndicales et des organisations patronales sur les questions économiques et sociales, c'est quand même plutôt une bonne chose qu'elle se parle. Donc y compris pour sortir de la crise de dans la façon où on est quand même un peu les uns et les autres enferrés, le l'enjeu est quand même de trouver des voies de passage. Si on s'il y en a des possibles, bah chacun fait son job dans sa partie.

S'il y en a pas de possible sur le terrain politique, c'est pas de la responsabilité de la CFDT. Il y a un mot qui est beaucoup revenu dans les cortèges d'aujourd'hui mais aussi ceux de la semaine dernière et qu'on entend beaucoup, c'est la quête de stabilité et c'est le mot du jour avec vous Mariette Darig Grand. Stabilité, c'est un nouveau mot en politique.

Oui, je crois Adeline. Oui, c'est pas du tout un mot nouveau. Il fait partie de notre vie.

C'est un mot très très usuel, mais il n'était pas dans le dans le champ politique ces dernières ces derniers mois, ces dernières semaines. Il y est arrivé et tout le monde s'en réclame. Donc je crois que c'est vraiment le mot star de la rentrée.

Écoutez. Stabilité. La stabilité.

Stabilité. La stabilité. Une stabilité.

Stabilité de ce pays. La stabilité. Stabilité.

C'est très efficace. C'est redoutable. Pourquoi ?

Pourquoi est-ce que ce mot stabilité est dans la bouche de toutes les personnes qu'on vient de voir ? Alors, je crois qu'il y a pardon deux deux grandes qualités qui sont très importantes pour faire le succès d'un mot dans notre société. Euh la première, c'est qu'il s'oppose à un grand mythe social euh qui est vraiment donné par euh beaucoup de monde, c'est euh "Nous vivons un grand chaos, c'est pas complètement faux, mais du coup le le chaos, c'est l'instabilité permanente et la stabilité devient une valeur suprême, une valeur vraiment très aspirationnelle, très très positive.

Ça c'est la première chose. La deuxième qualité qu'il a ce mot, c'est qu'il s'applique aussi bien au macro, à la planète, au monde, à la société que à nous-même. Un petit microcosme que nous sommes.

Quand quelqu'un est à l'hôpital a eu un accident, Adeline, vous savez bien que les médecins pour nous rassurer disent ben son état est stable. Voilà, son état est stable. Mais donc ça là là, si je vous écoute, ça veut dire que la France est malade.

Bah peut-être. Je pense qu'implicitement ce mot très positif peut vouloir dire qu'il y a des problèmes quelque part. Alors dans le il vient du champ économique et dans le champ économique oui, c'est sûr, il y a des problèmes.

Alors, notre président euh en a parlé dès avant l'été euh en particulier dans une réunion avec des investisseurs étrangers. Ça c'était dans son speech, c'était en anglais et il fallait absolument justement qu'il donne des preuves que la France n'était pas instable parce que sinon elle ne pouvait pas être une terre d'investissement. Alors ça tombe bien parce que stable ou stable pareil, on comprend.

Toute façon, c'est du latin et euh en latin, vous avez ce mot euh ce verbe star, hein, qui veut dire être debout. Standing euh c'est star, c'est se mettre debout, c'est être droit euh dans ses bottes et c'est aussi avoir un certain standing, ce que les agences de notation un peu dégradé pour notre pays. Donc ça c'est dans le champ économique, il a il a de l'intérêt ce mot. dans le champ politique.

Très franchement, je me pose la question parce qu'il est extrêmement neutre, extrêmement pâle, il a pas de pou Oui. La stabilité n'est ni de droite ni de gauche. Exactement.

C'est vraiment le une espèce de de mot consensuel. Au moins, ça c'est son pouvoir. Alors pourquoi c'est ça ?

C'est parce qu'en fait il n'appartient pas à la pensée politique. Il est il vient du monde physique. La stabilité.

Qu'est-ce qui est stable ? Ben voilà, les pupitres, des armoires, des tables et cetera. Quand on regarde ça, c'est très intéressant parce que il appartient au vocabulaire métier de la menuiserie.

C'est le bois qui doit être stabilisé pour faire une armoire et cetera. Alors, il y a même un concept très savant aujourd'hui avec des de nouvelles de nouveaux process pour stabiliser le bois. Ça s'appelle la stabilisation dimensionnelle ou pluridimensionnelle.

Je trouve que c'est pas mal hein, ça pourrait s'appliquer un champicide stabilisation dimensionnelle. Voilà, le bois, ben il y a beaucoup de critères, l'humidité, les températures et cetera et on arrive à le stabiliser. Il paraît qu'on met des enduits même parfois du jus de cactus.

Du jus de cactus. OK. C'est ce genre de choses techniques qu'il faudrait à notre vie politique.

Oui. Sans aller peut-être jusqu'à au cactus. Mais je crois que oui, c'est une très bonne métaphore qu'il faudrait filer, que les hommes politiques devraient filer, c'est-à-dire s'inspirer des artisans, s'inspirer des gens qui ont des solutions concrètes et puis qui font ce qu'on appelle le bricolage de génie. bricolage au sens évidemment noble euh de ce terme.

Donc je oui, je trouve que ce serait une un quelque chose à leur souffler. Alors le problème avec cette stabilité des artisans, c'est qu'à un moment bah il nous présente le devis. Là c'est peut-être un peu moins sympathique.

Final Stéphane Zoomste, vous le percevez vous vous la envie de stabilité ? Ah oui, elle est elle est partagée par quasiment toutes les personnes que nous interrogeons, quel que soit leur profil socio-démographique et ou politique, mais la stabilité. Mais en revanche, c'est la fin de la fin de la phrase, c'est mais pas à n'importe quel prix.

Et c'est bien ça le problème, c'est que vous interrogez quelqu'un de gauche ou quelqu'un du centre gauche, quelqu'un qui proche du Parti socialiste, il veut la stabilité bien sûr. Est-ce qu'il veut que pour autant le Parti socialiste s'aligne totalement sur le bloc central ? Certainement pas.

Et ça, les partis l'ont bien compris. Jordan Barda parlé de stabilité dans le dans le court passage que que vous nous avez présenté. Oui, bien sûr qu'il veulent la stabilité, mais pas n'importe quel prix.

Vous votez Rassemblée national, vous voulez la stabilité. Tout le monde veut un premier ministre qui qui dure. Tout le monde, quelle que soit sa couleur politique, souhaite qu'un budget soit adopté. mais pas n'importe quel budget.

C'est pour ça que quand on entend notamment le bloc central, le gouvernement, l'exécutif dire les oppositions ne sont pas responsables, elles ne font que proposer des ligne rouge et donc elle bloque tout comme si c'est n'était pas en partie ou en grande ou en petite partie comme on veut. Ça c'est une question d'appréciation la responsabilité aussi de l'exécutif mais c'est ce que veulent les électeurs de ces partis qui mettent des lignes rouges. Quelqu'un de gauche ne veut pas que on passe on cache quelque part ou qu'on arrête de parler de la réforme de retraite.

C'est 62 ans. C'est un totem pour des gens de gauche. Ils ont été c'est leur c'est leur en tout cas leur opinion brutalisé par ce passage de 62 à 64 ans.

La lutte c'est pas que la lutte continue la lutte a repris grâce à la dissolution en fait du fait de la dissolution du fait que l'Assemblée nationale est totalement atomisée. Le combat peut reprendre. C'était perdu.

Les Français opposés à la réforme en sort quelque part écuré mais c'est un combat perdu souvent quand on perd une bataille mais là c'est c'est redevenu d'actualité. On parle beaucoup d'atomisation de l'Assemblée nationale. 11 groupes c'est un c'est un record.

Très bien. Mais pourquoi pourquoi la classe politique ? Pourquoi le spectre politique est atomisé ?

Parce que les Français eux-mêmes sont atomisés dans leurs attentes et le et leurs demandes. Euh Yvan Ricordau, je voudrais qu'on dise un mot. Euh le ministre de l'intérieur est en train de tenir une réunion à la cellule de crise interministérielle.

Il avait redouté des des débordement. Est-ce que vous diriez ce soir que ils ont été limités ? Quelles sont les remontées de vos services d'ordre ?

Les euh manifestations se sont globalement et très majoritairement toutes très bien passées et la CFDT a toujours agi pour faire en sorte que l'ensemble des manifestations se déroule dans le calme. En fait, ce que recherchent les organisations syndicales, c'est de faire en sorte de faire des démonstrations de force et la force, c'est pas la violence. Ça n'a absolument rien à voir.

Et donc, on a toujours des services d'ordre dans les grandes manifestations, mais dans toutes les manifestations pour faire en sorte que les défilés soient des défilés. Alors, pas bon enfant parce que c'est pas joyeux, parce que on exprime de la colère euh de l'indignation, mais par contre que ça se passe de façon euh très apaisée. Euh c'est euh normal dans un pays comme le nôtre que le droit de manifestation se déroule euh bien.

Après, il y a des groupes qui euh viennent euh euh Ouais. casser ou surtout border, enfin c'est un terme aussi à la mode, il y a pas que stabiliser, il y a aussi bordelliser de temps en temps. Et donc, il y a des groupescules qui sont plutôt sur cette stratégie là.

Et aujourd'hui, très globalement, ça a été évité. C'est une très bonne nouvelle. Et puis il y a aussi ceux qui ne manifestent pas mais qui ne sont pas moins en colère.

Je voudrais que l'on revoir un court extrait du document Blocon qui a été diffusé dimanche dernier sur LCP. Regardez, ça se passe à Besançon. C'était donc mercredi dernier le 10 septembre au matin sur un rond-point bloqué.

Voyez monsieur, je touche 1160 € et là je sors de parcours de mon travail, je vais faire encore de ma. Ouais mais c'est inadmissible. Vous avez quel âge ?

J'ai 68 ans. Vous avez 68 ans, vous bossez encore ? Mais c'est inacceptable ça.

C'est pas acceptable, je veux dire. Peux pas faire puis vous vous revenez de Carrefour là. Oui, c'était là-bas à 4h30.

Ah non mais c'est pas possible. Moi ça me ça me révolte. Ça me révolte.

C'est pour ça que je suis là. Ça me révolte franchement. C'est voilà cette dame dans sa voiture, elle sortait du travail, elle a 68 ans.

Elle allait travailler chez chez Carrefour. Elle avait pris son service à 4h30. Vous pouvez retrouver d'ailleurs l'intégralité de ce documentaire bloqu sur la chaîne YouTube de de LCP.

Euh il y a, on le disait, il y a ceux qui manifestent, il y a ceux qui descendent dans la rue pour la première fois. Il y a une espèce de colère générale avec des mots d'ordre qui était différents, des revendications catégorielles, des revendications plus globales. Et puis il y a euh des gens comme cette dame qui qui manifestent pas parce qu'ils vont travailler à 4h30.

C'est aussi eux que que dont vous voulez porter la voie Yv Henriot. Oui, bien sûr. Oui, les organisations syndicales, elles représentent l'ensemble des salariés et dans les revendications prioritaires, si ce n'est la revendication prioritaire de la CFDT, c'est la revalorisation des métiers des travailleuses et des travailleurs essentiels. ce que je vous disais tout à l'heure, ceux qui font en sorte que l'économie a toujours tourné, y compris au niveau du Covid, c'est des personnes qu'on a dit qu'elles avaient beaucoup de valeur ajoutées sociale.

Ben, il faut qu'on reconnaisse plus ces métiers là. Il faut qu'on reconnaisse leur progression dans Et après, il y a certaines de ces personnes qui ont manifesté qui ont manifesté justement en 2023 en disant quand on commence à 4h30 du matin et qu'on est en travail de nuit et ben aller jusqu'à 64 ans c'est pas pareil que d'autres salariés et ça il faut le reconnaître. La question de la pénibilité ça sera aussi un des sujets à remettre sur la table.

Une dernière question Ivan Cordau. Et maintenant, est-ce que l'intersyndical a prévu de se réunir pour envisager la suite de cette journée ? Oui, il va y avoir des contact intersyndicaux dans les jours qui viennent avec euh un objectif essentiel, prioritaire, c'est on attend une réponse.

Donc vous avez prévu de revoir le Premier ministre aussi. La question de la euh alors si le Premier ministre euh organise des nouvelles rencontres avec les organisations syndicales, c'est logique qu'on aille discuter pour obtenir des actes concrets. On nous a annoncé une nouvelle fois des ruptures, on attend des ruptures et donc on attend un premier ministre qui nous dise "OK, on a compris sur l'assurance enchômage, on va pas faire pareil.

On attend sur les grands dossiers sociaux des changements de cap et donc c'est ce que l'intersical attend et si une on n' pas de nouvelles réponses, ben on saura en tirer les conséquences. Antoine Oberdorf, comment est-ce qu'on verra dans les heures ou les jours qui viennent que Sébastien Lecornu a vraiment observé ce qui se passait dans les rues aujourd'hui ? Bah, il a il a nécessairement observé simplement quand je vois la CFDT comme d'ailleurs l'opposition de gauche attendre les solutions et des réponses venant de Matignon, des signes de rupture.

En réalité, c'est à l'étage d'essus qu'il faut s'adresser parce que tout le monde sait que seul Emmanuel Macron peut décider de donner mandat ou de ne pas donner mandat à son premier ministre qui lui est extrêmement proche pour engager ses ruptures. C'est valable pour la fiscalité sur les Sébastien le Cornu n'opérera pas de rupture avec l'Élysée. Bien sûr que non.

Bien sûr que non parce que je vous avais rappelé peut-être la dernière fois, vous vous en souvenez, les conditions de la nomination de Sébastien Lecnu la précédente fois quand il avait failli être nommé. Qu'avait-il dit au chef de l'État en décembre dernier quand François Baou avait été nommé ? Ne me nommez pas, je vous suis trop lié, je ne serai pas un fusible mais conducteur d'électricité.

Et voilà. Et bien merci à tous les trois d'être venus ce soir dans chaque voix compte à suivre la question qui fâche dans le droit fil de cette colle qui s'est exprimée aujourd'hui dans les rues. Faut-il stopper les aides publiques aux entreprises ?

On en parle dans un instant avec nos trois prochains invités. Mais avant cela, c'est quelle histoire ? Et c'est Laurent Guimier. [Musique] Chaque soir, Laurent nous raconte l'envers du décor, le dessous des cartes derrière une image et ce soir, Laurent, vous avez choisi une photo du champion de judo Teddy Riner.

Oui, c'est une photo prise samedi dernier à Osaka au Japon où notre champion multimédaillé olympique euh assure sa fonction d'ambassadeur à l'exposition universelle. Alors cette photo, regardez, elle est très symbolique parce qu'elle contient trois éléments qui sortent Teddy Riner du tatami et le font entrer de plein pied sur le champ de bataille politique. D'abord, le costume et même la cravate.

Hm hm. Deuxièmement, regardez juste derrière la photo officielle du président de la République. Et puis oui, et à sa droite, vous voyez le drapeau tricolore.

Ce sont trois ingrédients qui composent une sorte de portrait officiel. Mais Teddy Riner, il n'a pas fait que poser officiellement devant le photographe de l'agence France-Press. Il a également parlé.

Regardez, c'est très court mais c'est très clair. Pour moi, le meilleur rôle, si je voulais être quelqu'un en politique, c'est être président. Président, il dit bon c'est clair.

Teddy Riner ne ferme pas la porte à la politique. Il affiche même une sacrée ambition. Mais c'est pas le premier personnage de ce qu'on appelle la société civile à vouloir se lancer en politique.

Faut quand même le rappeler hein. Oui, mais avec Riner, je pense que de mon point de vue, il est en train de se passer quelque chose de complètement différent et même quelque chose de complètement inédit dans la vie politique française. Je vous en donne la raison en quatre ingrédients.

D'abord, Riner, on le sait, il a 36 ans et c'est sans doute le plus grand sportif français de tous les temps, toutes discipline confondue. Ça on le sait fait subjectif un peu mais enfin qui est réel de c'est la première fois qu'un sportif qui prétend à entrer en politique refuse catégoriquement dès le début de se laisser enfermer dans le ministère des sports. Vous savez c'est la tradition.

Je suis un sportif, je vais au ministère des sports. Lui il dit il dit tout de suite c'est non c'est président de la République. Troisièmement et plus important encore Teddy Renner a répété cette ambition à plusieurs reprises depuis le printemps dernier.

La communication c'est la répétition. Et Adeline, je crois que vous êtes bien placé pour le savoir puisque je il y a quelques mois, vous avez été la première à poser la question à Teddy Riner. Regardez, si demain je rentrais en politique, c'est pas pour être ministre des sports, c'est pour être président de la République.

Bien sûr. Moi quand je fais quelque chose, c'est pour gagner. C'est pour emmener des choses, une locomotive.

Je vous attends le dimanche dans BFM politique pour déclarer votre candidature à l'élection présidentielle. Ah, le clin d'œil de Teddy Rarder, je m'en souviens encore. Il a de la suite dans les idées.

Çaen est la preuve, non ? Oui, mais c'est plus profond, pardonnez-moi. Euh, devant vous, effectivement, on était dans une réponse un peu clin d'œil.

On rigolait. 4 mois plus tard, vous l'avez entendu au début, il ne rigole plus, il change de ton. Et puis il y a mon 4e ingrédient.

Teddy Riner est archi populaire, vous le savez, dans le top 50 du JDD, il est sur le podium avec Jean-Jacques Goldman et Homary. Euh et il a gagné d'ailleurs 14 places grâce à l'effet JO. Donc je reprends mes quatre ingrédients.

Une légende archi populaire qui affiche une ambition présidentielle et qui le répète l'alignement de ces quatre planètes. Et ben, je vous le dis, ça ne s'est jamais vu dans l'histoire politique française. Ça s'est vu ailleurs dans le monde peut-être.

Oui, on a un seul sportif qui de niveau réputationnel à peu près équivalent est devenu président, c'est George Wea. Euh le footballeur ancien du PSG et de l'OM. D'ailleurs, je pense que ça prédispose au compromis, hein, quand on entre en politique.

Et ilutu président du Liberia en 2017 et on le voit sur cette photo euh à la tribune de l'Assemblée générale des Nations- Unies pendant son mandat. Bon, mais alors, quelles sont les prochaines étapes pour le le président Riner ? Il y en a beaucoup hein.

Quelles idées ? Quel programme, quels alliés ? Là c'est pas du judo, c'est du 110 m avec des quand même très très hautes parce qu'évidemment dès qu'on affiche des ambitions, il y a des embûes.

Un sondage tolunaris interactif paru dans l'opinion au mois de juin dernier révélit tout de même que 18 % des personnes interrogées affirmaient qu'elles pourraient voter pour Teddy Riner. C'est pas une intention de vote mais c'est une voilà une capacité avec deux pics importants chez les 18 24 ans et les électeurs et les fille. C'est encourageant pour lui mais la route est quand même longue.

Jusqu'à l'Ély Élsée d'ailleurs regardez cette photo là. Cette photo voyez alors c'est pas une IA qui montre une passation de pouvoir en 2027 hein. C'est la promotion du judoca au grade de commandeur de l'ordre national du mérite.

C'était il y a à peu près 1 an lors de la parade sur les Champsélysées après les JO. Euh parce que Tediner, je vous le dis, il va quand même devoir choisir. Les prochains jeux sont en 2028 à Los Angeles.

Il n'est pas en retraite. Et là, je pense qu'on peut le dire, on imagine mal un président de la République sur l'état amis. Bon, alors on prend rendez-vous pour 2032.

Laurent, merci. On passe à la question qui fâche. [Musique] C'est un débat explosif autour d'un pactol dont même le montant est difficile à évaluer.

Les aides publiques versées aux entreprises. On parle de plus de 200 milliards d'euros. Les uns dénoncent un pillage organisé, les autres défendent un outil vital pour notre économie.

On va leur donner la parole. C'est Stéphanie Despierre qui pose ce soir la question qui fâche. C'était il y a quelques semaines lors de la rentrée du MEDF.

Devant un parter de patron, la chef des écologistes jette un pavé dans la mar. J'ai l'impression que l'argent public est rare pour tout le monde sauf pour les aides aux entreprises. Et moi, je veux qu'on pose ce sujet.

Bien sûr qu'il faut aider les entreprises. Mais bien sûr qu'il faut aider les entreprises. Là, on en avait pas eu jusqu'à présent.

Ce matin, à quelques heures des manifestations, la numéro 1 de la CGT enfonce le clou. C'est 211 milliards d'aides publiques qui sont consenti sans conditions ni contreparties chaque année aux entreprises. Un niveau record, on a jamais autant donné d'aides publiques aux entreprises.

Il y a jamais eu autant de licenci. D'après l'enquête de deux journalistes du Nouvels, les aides aux entreprises atteignent même 270 milliards par an. Dans leur livre, Caroline Michel Aguir et Mathieu Aron n'hésitent pas à parler de grands détournements.

Les Français de par leurs impôts aident ces entreprise. Or pour un certain nombre d'entreprises pour de grandes multinationales, en réalité ça améliore les marges bénéficiaires de ces entreprises et indirectement qui en profite et bien les actionnaires de ces entreprises, c'est-à-dire souvent les grandes fortunes françaises. Donc une partie de l'argent public est redistribué indirectement aux grandes fortunes.

C'est ce qu'on a appelé une forme de détournement. Par exemple LVMH. En 2023, le groupe de luxe a touché près de 300 millions d'euros d'aide alors qu'il réalise 15 milliards de bénéfices nets.

Autre cas, Michelin. En 2017, le fabricant de pneus touche 4300000 € de subvention pour acheter des machines et relancer son site de la Roche sur 3 ans plus tard, l'usine ferme, le matériel est délocalisé en Roumanie. Cet exemple est emblématique pour le communiste Fabien Gayet, auteur d'un rapport sénatorial sur ses aides.

Dimanche, il a invité le président du MEF à la fête de l'humanité. Patrick Martin ouvre la porte à une réforme, ce qui lui vaut quelques applaudissements. Une aide à une destination.

Si elle n'est pas utilisée à cette destination, qu'elle soit remboursée, c'est une évidence. Bon, mais le patron des patrons pose ses conditions. Oui, on supprime beaucoup de ces aides, mais en contrepartie, pour ne pas altérer la compétitivité des entreprises, on baisse les on baisse l'imposition de base pour s'aligner en définitive sur ce qui existe ailleurs.

Alors, la question qui fâche ce soir, la voici. Faut-il réformer ou faut-il carrément stopper les aides aux entreprises ? Et bien, cette question, je vais la poser à mes trois invités.

Bonsoir Johann Gilet. Bonsoir député rassemblement national du gare. Merci d'être là au côté de Benjamin Lucas Lundi, député écologiste des Yvelines.

Et nous sommes également avec Olivier Rietman qui est sénateur LR et qui a présidé cette fameuse commission d'enquête sénatoriale sur la transparence des aides publiques aux entreprises. C'est d'ailleurs à vous que je vais m'adresser en premier Olivier Retman, vous qui avez fait ce rapport. Aujourd'hui, il y a ce livre, le grand détournement qui vient de sortir.

Est-ce que après réflexion, après cette longue réflexion, après ce long travail que vous avez mené, vous vous dites qu'il faut supprimer ces aides ou un minimal les réformer. Merci. Bonsoir madame François, bonsoir à tous.

Merci de me donner la possibilité de m'exprimer sur ce rapport effectivement qu'on a qu'on a qu'on a mené avec Fabien Guayet, sénateur communiste de la scène Saint-N. Euh déjà merci parce que vous me donnez la possibilité également de rétablir un certain nombre de vérités parce que depuis que ce rapport est sorti euh il y a plus que un chiffre qui sort, c'est 211 milliards. Alors que le rapport lui-même ne met pas en exergue ces 211 milliards et ne conteste pas ni la véracité de ces 21 milliards, ni le fait que savoir si c'est trop important ou pas, c'est important.

Et en plus, il faut relativiser ces 211 milliards qui pourraient paraître énorme. 211 milliards, c'est les accompagnements et différents dispositifs voulus par les différents gouvernements et l'État pour accompagner 4 millions d'entreprise qui verse 700 milliards de salaires à 21 millions de salariés qui payent 400 milliards d'euros de cotisation, 130 milliards d'impôts de production et 82 milliards d'impôts sur les sociétés la même année qu'ont été versé ces 211 milliards d'aides publiques. Après, pourquoi il y a ces aides publiques ?

Ces aides publics ont été créés à la fois par administration, par l'État et gouvernement pour compenser, pour répondre à des problèmes de compétitivité de nos entreprises face à la concurrence mondiale, mais aussi pour développer des politiques, des politiques voulues euh par notre pays, que ça soit des politiques de verdissement de la production, des politiques de décarbonation, des politiques de souveraineté dans le domaine de l'intelligence artificielle, dans le domaine de la nouvelle technologie, euh dans le domaine des semi-conducteurs et Et c'est pas les chefs d'entreprise qui sont allés voir du plus petit au plus grand qui se lèvent le matin en rêvant de toucher des aides qui qui vont voir la l'entité publique et lui disent il nous faut des aides, faut nous aider. Sauf que Olivier Rietman, votre rapport publié cet été dit personne ne sait vraiment combien on donne, ni à qui ni pourquoi. Comment est-ce que vous expliquez qu'on marche encore à l'aveugle après des décennies d'aide ?

Et c'est là que vous touchez du doigt le point fort du rapport. Le rapport ne ne porte pas de jugement sur le montant des aides. Il dit même que les aides, elles sont d'un niveau euh plutôt bas parce que si on regarde bien, la moyenne c'est entre 3 et 5 % du chiffre d'affaires des entreprises, même si le chiffre paraît élevé. sur le contrôle qui est fait des aides qui sont versées, le rapport montre que le contrôle en France sur quelquide que ce soit européen, des aides, des aides européennes, des aides sociales d'exonération, des aides fiscales ou des subventions, les contrôles sont très bien faits, très bien suivis et quand il y a sanctions, elles sont très fortes et l'argent est récupéré.

Là où il y a un vrai souci et qui ressort du rapport, c'est sur l'évaluation des dispositifs qui sont mis en place de manière à accompagner les entreprises pour telle ou telle volonté. Et on se rend compte que aussi bien le contrôle est très bien fait, le suivi est très bien fait puisque nombre d'aides ne sont versées que quand il y a eu facture acquité présenté au service de l'administration. Par contre là, ce qui pose un vrai problème, c'est que quasiment aucun dispositif n'est évalué et on est incapable à un certain moment, mais même nous parlementaires quand on doit voter ne serait-ce qu'un un un un projet de de finance ou un projet de financement de la sécurité sociale ou un PLF, on n'est pas capable de dire si tel dispositif il faut le diminuer, l'augmenter ou le maintenir puisqu'on n pas de dispositif d'évaluation, on ne sait pas si le dispositif fonctionne ou fonctionne pas.

Je prends un seul exemple, le dispositif d'accompagnement pour augmenter de manière très forte les apprentis en France. L'accompagnement financier de l'État auprès des entreprises, de toutes les entreprises, de la plus petite à la plus grande, c'est c'est monté jusqu'à 15 milliards d'euros sur l'année. L'année dernière, sur le projet de loi de finance, on nous dit il y a un endroit où on peut diminuer les dépenses, c'est sur l'accompagnement au niveau des apprentis.

Est-ce qu'il faut aller sur le niveau d'étude qui est fait en apprentissage ? est qu'il faut aller sur la taille de l'entreprise, sur le montant de l'accompagnement. Comme aucun dispositif d'évaluation n'est mis en place, nous parlementairire finalement et j'ose le dire, on se prononce alors moi qui suis président de la délégation aux entreprises au Sénat, on va aux infos, on va chercher là où ça se passe le mieux, là où c'est le plus efficace, mais vous avez aucun dispositif de l'administration qui nous a dit voilà l'évaluation montre que c'est dans ce domaine où il faut continuer, c'est là où il faut mettre plus.

Par contre là, ça n'a aucun effet. Ça n'a aucun effet si chiffré. C'estàd qu'il y a eu un résultat.

C'està-dire que l'aide aux apprentis dont vous parlez, elle est passée de 6000 à 5000 € pour les PME et à 2000 € pour les grandes entreprises. Et le résultat a été immédiat, il y a eu moins d'embauches et l'INC parle même de 65000 postes d'apprenti qui devraient disparaître d'ici la fin de l'année. Donc là, on voit qu'il y a une aide qu'on a rapporté.

Dispositif d'évaluation, ça a été une utilité. On va passer la parole si vous voulez bien à vos deux collègues parlementaires Johannes Gilet pour le Rassemblement national et Benjamin Lucas Lundi, député écologiste des Yvelines. D'abord, est-ce que vous êtes sensible à cette question aujourd'hui des aides publiques versées aux entreprises et à cette petite musique qui consiste à dire il faut couper le robinet Joan Gilet ?

Non, il ne faut évidemment pas couper le robinet parce qu'on a un problème en France que tout le monde connaît, c'est que les taux de prélèvement obligatoire pour les entreprises sont énormes et que le coût du travail pour les entreprises est énorme. Et si demain on venait à couper l'ensemble des aides pour les entreprises, évidemment, il y aurait des conséquences dramatiques pour l'emploi et pour l'économie de notre pays. Des entreprises fermeraient, des entreprises viendraient délocaliser leur production à l'étranger et malheureusement la situation serait celle-ci et serait dramatique.

Donc il faut continuer évidemment à aider les entreprises, mais il faut peut-être aussi parfois mieux cibler ces entreprises. Il faut encourager la recherche, l'innovation et il faut également conditionner le versement de ces aides évidemment au maintien de l'emploi sur le territoire national. Ça paraît évident évident mais ce n'est pas le cas puisque nous avons vu ces dernières années que les entreprises qui avaient bénéficié d'un certain nombre d'aides se permettaient ensuite de délocaliser leur production, de fermer des usines et alors par exemple vous au Rassemblement national ces entreprises vous faites quoi de leurs aides ? ben des entreprises importantes euh qui continuent à avoir une activité et qui viennent délocaliser, alors il faut aller récupérer cet argent.

Mais ça vous dit rendez l'argent tout à fait mais ça doit on a vu le cas de Michelin ça doit être contractualisé dès le début évidemment aujourd'hui il n'y a aucun contrôle sur euh sur ces aides en tout cas trop peu. Donc évidemment qu'il faut agir dessus et il faut évidemment différencier une entreprise qui va avoir de réelles difficultés avec une entreprise qui n'en aurait pas et qui aurait des activités dans le monde entier. Mais vous pouvez aussi avoir une entreprise qui se porte bien et qui sans aide dans 2 ans euh ira moins bien.

Mais évidemment, mais c'est pour ça qu'il faut mesurer euh les choses. Et euh évidemment, moi je vous parle uniquement des entreprises qui viendraient délocaliser fermer euh des usines en France pour en ouvrir par exemple à l'étranger. Mais nos entreprises ont besoin d'un accompagnement parce que le coût du travail et les prélèvements sont énormes. 1250 milliards d'euros par an, c'est les prélèvements obligatoires pour les entreprises à travers les entreprises et et les travailleurs.

Donc ces aides, ces 211 milliards dont on parle, même si certains rapports et bien parlent de chiffres légèrement différents, sont utiles parce que ces aides génèrent également de la richesse et génèrent d'ailleurs des recettes pour l'État. Benjamin Lucindi, vous vous préconisez quoi ? On on fait quoi de quand même on parle de 200 milliards ? rapporter au chiffres dont parle Olivier Rietman, il y a il faut préciser que dans le rapport, il y a effectivement un paragraphe qui précise le montant des aides versé directement c'està-dire qu'ils sont pas des allègements de chargotation c'est quand même 108 sur les termes charg ça n'existe pas les cotisation c'est précieux surtout dans une journée comme aujourd'hui.

Vous avez vous avez tout à fait raison de me corriger. 108 milliards. Vous vous préconisez de mieux flécher les aides, de mieux les contrôler ou d'en supprimer certaines ?

Moi, en parallèle de la commission d'enquête de Sénat, j'ai mené aussi ici à l'Assemblée nationale un rapport alors qui lui concernait les licenciements et la façon dont la puissance publique pouvait euh le cas échéant empêcher des plans de licenciement massifs, notamment dans des entreprises qui euh distribuent des dividendes mais reçoivent des reçoivent des aides publics. Pour moi, on est sur une question morale en fait et démocratique. Euh moi, si je devais résumer simplement pour ceux qui nous regardent ce que je demande, ce que je propose, j'ai des propositions très concrètes.

Je propose une haute autorité indépendante pour le suivi et éventuellement le remboursement des aides publics. Globalement, je demande qu'on applique aux aides publiques, aux entreprises les mêmes règles que celles, on va être dans les élections municipales, qu'on applique dans nos communes à nos associations, que celles qu'on applique par exemple en matière d'aide sociale. Moi, quand j'ai auditionné la Cour des comptes, j'ai demandé question un peu naïve, est-ce que nous avons nous collectivement la même exigence, la même rigueur à l'égard de la dépense publique en matière d'aide aux entreprises qu'on l'a en matière d'aide sociale ?

On m'a dit non, pas du tout. Je résume en trois mots. Les aides sociales, elles sont euh conditionnées, hein.

Euh pour avoir droit aux minimats sociaux, il faut remplir un nombre de conditions. Elles sont contrôlées et on a d'ailleurs un surcontrôle aujourd'hui. Euh quand vous êtes à locataire des minimo, on fait irruption dans votre vie privée, euh on vous criminalise quand vous avez un trop perçu de 15 ou 20 € et elles sont plafonnées.

Vous pouvez pas les cumuler au-delà d'un certain montant. Je prends toujours l'exemple. À Noël, votre grand-mère vous fait un chèque de 50 € vous êtes à locataire du RSA, on va vous le déduire parce qu'on va considérer que ça augmente vos revenus.

Et bien moi je demande que pour les aides publiques aux entreprises, on contrôle et on plafonne. Rendez-vous compte qu'aujourd'hui nous ne sommes pas capables, Bercy n'est pas capable pour une entreprise de dire voilà la globalité en allègement de cotisation, en aide directe et puis en aide aussi indirecte via les collectivités locales. Moi, j'ai vu dans ma commission d'enquête des exemples à Bové multinational qui fabrique des tracteurs qui a délocalisé une partie de sa recherche et développement qui a bénéficié de millions et de millions d'euros de la puissance locale pour construire un pont.

Euh et puis après l'inauguration du pont, ils ont fait des licenciements. Donc le contribuable localement peut se effonder à se dire quand même on a aidé, on a investi pour que cette entreprise reste, pour qu'elle innov. Et moi je suis pour répondre à la question du départ, moi je suis favorable aux aides publiques parce que c'est ce qui nous permet ça je dis que c'est une question démocratique les aides publiques aux entreprises c'est un moyen d'influer sur l'économie et c'est donc démocratique c'estàd que nous citoyens à travers nos représentants pouvons décider par des aides de de d'engager des projets de transformation écologique.

C'est nécessaire la décarbonation de notre industrie notamment d'engager des des dispositifs pour permettre de maintenir de l'emploi dans notre pays et de bonne qualité avec des aides qui permettent à des entreprises de rester. Donc moi j'ai pas de vision dogmatique. simplement ayons la même rigueur surtout dans un moment où on a des grands discours sur la dépense publique et le bon usage qu'on doit faire des dons publics et des impôts des français ayons avec les aides publics les mêmes rigueurs.

Je termine les associations. Une association pour avoir une subvention, elle présente un dossier, ça passe en conseil municipal. Il y a une délibération transparente.

Tout le monde sait combien on donne à une association, pourquoi on lui donne. Et ça fait l'objet d'un débat contradictoire. Et mieux que cela, au bout d'un an, l'association doit faire un bilan d'activité, doit justifier auprès de la puissance publique qui a donné l'argent, ce qu'elle a fait, les projets qu'elle a organisé, les gens que ça impacté et cetera et cetera.

Et bien moi, je demande euh qu'on fasse exactement la même chose avec des grandes entreprises. C'estàd qu' à l'Assemblée nationale via une commission parlementaire dédiée, une transparence absolue et un débat démocratique transparent sur qui reçoit les aides publiques et qu'est-ce qu'il en fait. Euh ça ce qui revient beaucoup dans l'opinion publique, c'est la question du pourquoi.

Pourquoi on aide des entreprises qui vont qui vont bien ? On l'a vu dans le reportage tout à l'heure, le meilleur exemple, c'est peut-être LVMH. Comment justifier le versement en 2023 de 275 millions d'euros alors que le groupe réalise cette même année un bénéfice net de 15,2 milliards ?

Johan Gilet mais les entreprises qui vont bien si elles n'étaient pas aidées elles viendraient délocaliser leur production et vous avez des entreprises importantes. C'est le cas de LVMH qui a des sites de production sur le territoire national et si demain malheureusement nous ne versions plus ces aides et bien les emplois seraient localisés. Donc mais quand l'aide est de 275 millions et que le bénéfice net est de 15 milliards, vous comprenez que ça choque aussi mais en réalité il faut travailler sur le fond.

Pourquoi euh le coût du travail est si élevé ? Pourquoi ne pas agir aussi sur une diminution des impôts de de production des entreprises qui viendrait impacter l'ensemble des entreprises ? Parce que la réalité c'est ça, c'est que nos entreprises sont en difficulté parce qu'elles payent toujours plus.

Pourquoi ne pas privilégier aussi euh dans la commande publique les entreprises françaises ? Là aussi c'est un lever un levier pardon d'action pour temps et bien d'aider nos entreprises à se développer. Il y a beaucoup de mesures à prendre en réalité pour faire en sorte que peut-être demain les entreprises aient besoin de moins d'aide public.

Un dernier mot, Olivier Rietman. Est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui les conclusions enfin ce que vous avez fait dans ce rapport est entendu et comment ça commence à infuser ? Écoutez, je l'espère.

Nous, on avait dit à la suite de notre rapport qu'on qu'on espérait qu'il ne serve pas à caler une armoire comme beaucoup de rapports l'ont été. Pour pour autant, on on entend bien oui qu'il a été repris, repris, beaucoup déformé, beaucoup amplifié. Il faut vraiment aller chercher, voyez ce que j'entends sur votre plateau là ce soir, ça fait partie notamment pour un certain nombre, mais pas tous des préconisations qui sont faites dans le rapport.

Vous parliez tout à l'heure, vous savez, les chefs d'entreprise, eux, ils ne demandent pas de ils demandent pas d'aide. Par contre, il y a des contraintes en France qui font que si on veut des entreprises compétitives et pouvoir l'aligner, on a deux possibilités. Soit on aligne les conditions de nos entreprises à celle à ce qui se fait ailleurs ailleurs qu'en France, soit on laisse les conditions très élevées en France mais on est obligé d'accompagner les entreprises.

Dans les préconisations qu'on fait, je vous donne un seul exemple. Vous preniez l'exemple d'VMH. Nous, on a on a proposé de donner la possibilité de de calculer un bénéfice distribuable. qu'une entreprise fasse des bénéfices et qu'elle distribue des dividendes derrière, ça fait partie de la logique.

Quand vous avez des investisseurs, il vous investissent de l'argent dans votre entreprise, c'est normal qu'il puisse toucher un loyer sur cet argent. Mais c'est vrai que l'argent public ne doit pas servir à verser des dividendes. Et nous on considère par exemple dans ce rapport que ne doit être distribuable l'intégralité des bénéfices auquels on soustrait les aides publiques qui ont été apportées, sauf les exonérations de charg parce que les exonérations de charges sont par excellence une compensation puisque les charges étant tellement élevées dans notre pays par rapport aux autres pays mais parce qu'elle finance un modèle social auquel on y tient tous mais il y a d'autres moyens on peut se poser la question de comment financer le modèle ciel auquel on tient temps plutôt que d'aller toujours taper au même endroit, c'est-à-dire sur le travail.

Mais si on se posait la question et qu'on dise on a la possibilité de financer notre modèle social par d'autres moyens et qu'on n'aille pas uniquement sur le travail, on pourrait baisser largement et ne plus avoir ces agénérations de cotisation en baissant les cotisations aux entreprises et en allant chercher d'autres profusions d'argent public. Donc oui, moi je pense qu'il faut que ce rapport soit pris, repris, étudié et qu'on en tire des voyz, on en a parlé, on en a parlé ce soir dans chaque voix compte et il n'a pas servi à caler des armoires. Merci Olivier Retman d'avoir été avec nous ce soir.

Merci Johann Gilet et merci Benjamin Lucas Lundi. Merci d'avoir participé au débat ce soir. Vous ne bougez pas tout de suite, c'est Bourbon Express et c'est Valérie Brochard qui nous rejoint. [Musique] Bah oui, Bourbon Express.

Chaque soir, c'est le journal du palais Bourbon avec Valérie. Ça va très bien et vous ? Oui, ça va.

On va commencer avec les législatifs partiels à Paris. Mais oui, Adeline, puisque dans Bourbon Express, vous le savez maintenant on vous parle des députés qui siègent ici à l'Assemblée nationale, mais on vous parle aussi des candidats à l'investiture des futurs élus. Et dans la deuxème circonscription de Paris, bien les comptes de campagne de Jean Louc ont été invalidés.

Alors, les habitants du secteur à cheval entre les 5e, 6e et 7e arrondissement de la capitale vont revoter ce weekend. Ils vont devoir choisir entre l'ancien et très éphémère premier ministre Michel Barnier côté LR, l'ancien ministre socialiste des sports Frédéric Bredin et l'ancien ministre de Nicolas SarkoZi aujourd'hui étiqueté rassemblement national Thierry Mariani. Trois anciens pour un nouveau poste.

Michel Barnier mais justement son expérience en avant. écouter l'expérience que je peux avoir y compris d'ailleurs celle et les leçons que je tire de ces 3 mois à Matillon. J'ai déjà été député, je sais que c'est quelqu'un qui doit être au service des gens.

Après le retrait de Rachida Dati et bien le représentant n'a aucun concurrent macroniste et donc un boulevard devant lui dans cette circonscription largement acquise à la droite, ce qui ne décourage pas Thierry et Mariannie. Pour qui l'extrême droite doit elle s'implanter dans les métropoles ? Je suis candidat d'abord parce que j'habite cet arrondissement, je vote dans cet arrondissement et parce que je pense que le Rassemblement national pour gagner doit aussi progresser dans les grandes villes.

Alors droite ou extrême droite, la candidate socialiste refuse la fatalité. On écoute Frédéric Bredin. La droite croyait être croit être propriétaire de cette circonscription et ça ça n'existe pas.

Voyez, la démocratie c'est pas ça. Et donc même si cette circonscription a été dessinée avec beaucoup de qualité artistique si je puis dire pour monsieur Fillon à l'époque, euh il y a des gens des gens qui votent, des gens qui ont des idées et qui ont le droit de s'exprimer. Et pour exprimer son vote, et bien rendez-vous aux Parisiens concernés des 8h dimanche dans leur bureau de vote.

Et pariquité, vous découvrez sur l'écran la liste complète he de l'ensemble des candidats qui se présentent dans la 2e circonscription de Paris. Et n'oubliez pas que chaque voicte donc il faut aller voter si c'est votre circonscription. En tout cas, parmi ces candidats, il y en a un qui sera élu et qui va donc pouvoir siéger au palais bourbon bien vide.

Et oui et oui Adeline, les couloirs sont déserts. On pourrait presque imaginer les fougères séchées qui roulent poussées par le vent dans la salle des pas perdus, vous savez, un peu comme dans les westerns. Mais où sont où sont les députés ?

Et bien le silence est trompeur parce qu'il travaille pas dans l'hémicycle certes, mais ça bosse en commission, en groupe d'études ce soir sur ce plateau aussi. C'est en réalité une question de calendrier parlementaire. Je vous explique tout adeline.

C'est l'article 28 de la constitution qui organise les missions des députés. Ces missions sont divisées en deux. D'un côté la session ordinaire et de l'autre la session extraordinaire pour avancer ou prolonger les travaux sur certains dossiers particuliers.

La session ordinaire commence le premier jour ouvrable d'octobre et se termine le dernier jour ouvrable de juin. Mais à la demande du premier ministre ou des membres de l'Assemblée nationale, et bien le travail législatif peut déborder un peu en session extraordinaire ouverte et close par décret du président de la République. Et en ce moment, Adeline, vous l'aurez remarqué, nous sommes en pleine session extraordinaire.

Il n'y a pas de séance publique, pas de question au gouvernement, mais les députés se réunissent en commission ou en table ronde pour travailler. Non, mais c'est génial. C'est aussi des cours d'éducation civique que l'on prend chaque soir dans dans chaque voix compte avec Valérie Brochard.

Euh, on parlait de du palais Bourbon qui est vide. La cour, elle n'est pas vide. Polémique autour d'un arbre.

Oui, une œuvre d'art installée dans la cour de l'Assemblée nationale fait scandale. C'est l'arbre aux 1000 voix. Une structure de l'artiste Daniel Ourdé.

Une construction métallique qui ne plaît pas du tout à la députée du Rassemblement national Anne Sicar. Et c'est très lait en fait. Oui, je dit c'est bien de demander aux français de de faire des efforts et de dépenser de l'argent pour quelque chose d'absolument lait.

En fait, il parle d'une sculpture grandiose, d'une sculpture extraordinaire. Ben moi, je trouve que ce sont les bâtiments de l'Assemblée nationale qui sont grandioses et et pas cette œuvre d'art. On a gâché l'argent des Français.

On leur demande de faire des efforts dans une situation économique extrêmement difficile et la présidente de l'Assemblée nationale dépense de l'argent pour une œuvre d'art qui n'a d'art que le nom. Alors Yelle Bron Piven n'a pas répondu. C'est Elsa Fossillon, député communiste qui s'est fendu d'une réplique aussi ferme que détaillée qu'elle a publié sur X regarder.

Vidéo symptomatique du rapport de l'extrême droite à l'art et l'art contemporain en particulier qu'elle nomme souvent l'art comptant pour rien. L'extrême droite n'aime pas l'art. Elle ne s'intéresse qu'à l'histoire pétrifiée en s'évertuant à la déformée.

Mais alors Johanne Gilet, l'extrême droite n'aime pas l'art. Vous vous êtes passé dans la cour de l'Assemblée nationale, vous les avez vu l'arbre 1 voix. Je vous voyais sourire.

La collègue faossillon est dans la caricature. Les goûts et les couleur, pas du tout les goûts et les couleurs, ça se discute. Moi en l'occurrence à titre personnel, cet arbre ne me choque pas pour ce qu'il est.

Ce qui me choque, c'est effectivement que l'on dépense de l'argent public pour cette œuvre d'art qui n'a pas d'utilité en plein cœur de l'Assemblée nationale alors même que l'on cherche encore aujourd'hui des milliards et des milliards d'euros pour boucler un budget. Et vous, il vous plaît pas non plus cet arbre au milieu ? Il me plaît beaucoup et quand même il ne me plairait pas.

Euh moi je crois queon a besoin dans notre société particulièrement dans les moments difficiles qu'on vit à l'échelle international dans les tensions de la société. On a besoin d'art, de culture, on a besoin aussi de l'Assemblée nationale, c'est la maison du peuple. C'est euh l'image de la France pour les délégations étrangères que nous recevons, pour les visiteurs que nous recevons très nombreux.

Je crois que ces visiteurs, ces délégations, elles ont le droit aussi de voir ce qui est le génie français artistique euh de voir la culture se déployer, se développer. On a on a besoin de ça. C'est pas ça nous appartient pas à l'Assemblée nationale, hein.

Nous ne sommes ici que de passage éphémère et plus souvent d'ailleurs remis en question. Alors cette structure, elle restera 6 mois dans la cour d'honneur du du palais Bourbon et qu'on l'apprécie ou pas, l'art est fait pour troubler comme l'écrivait George Brac. Ça marche.

Je crois que du coup ici en effet plutôt plutôt réussi. Merci Valérie et merci à nos invités de ce soir. Merci à vous de nous avoir suivi.

Chaque voix contre revient demain à 19h30 pour une émission en public. Soyez là dans un instant. C'est Débadoc avec Jean-Pierre Gracien.

Évidemment excellente soirée sur LCP. À demain. [Musique]