Violences scolaires : que change la "loi Bétharram" ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver [musique] dans cette émission Parlement hebbo, dans ce nouveau numéro. Cette émission vous fait revivre les temps forts du parlement pour cette semaine. Aujourd'hui, nous vous proposons un débat entre Paul Vanier.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes député [musique] à la France insoumise du Valdoise et face à vous Olivier Paco.
Bonjour. Bonjour. Sénateur les Républicains de l'Oise au programme la loi dite Betaram pour mieux protéger les enfants.
Elle vient d'être adopté à l'unanimité. [musique] C'est rare dans cette assemblée est particulièrement éclaté. L'autre sujet de cette émission c'est le budget des armées.
Énorme surprise cette semaine, les sénateurs l'ont rejeté. Ils estiment que la rallonge budgétaire est trop courte. Et on commence par la loi dite Betaram.
Elle découle directement des travaux de la commission d'enquête menée l'année dernière à l'Assemblée nationale. L'objectif, c'est de renforcer le contrôle des école pour prévenir les violences contre les élèves. Lundi, ce texte a été adopté juste avant la fin des discussions grâce à un compromis de dernière minute mais frame pour 187 contre zéro.
L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité. Il était un peu avant minuit lundi quand le texte est adopté. On est avec vous.
Les premiers mots de Violette Spelbout vont aux lanceurs d'alerte et aux associations venues ce soir-là en tribune. Ce texte a une ambition précise, fixer un garde juridique clair pour que chaque alerte soit prise en compte, chaque signalement traité avec la diligence qu'il exige et que chaque établissement public ou privé soit soumis à des règles strictes de prévention. 11 articles débattus en 6h30 et l'adoption de plusieurs mesures comme la reconnaissance d'une aggravation des violences par l'insuffisance de contrôle de l'État ou encore le renforcement du contrôle d'honorabilité des personnels à Paris.
C'est notamment le manque de contrôle et de suivi qui est en cause dans les nombreux cas d'agression sexuelle dont sont soupçonnés pas moins de 78 animateurs à l'heure actuelle. Mais il y a eu quelques compromis à 40 minutes de la fin. Échange mouvementé à l'arrivée des articles sur l'enseignement privé.
Critique sur les bons de la droite et de l'extrême droite. Nous ne voulons pas qu'une loi de protection de l'enfance devienne par la même occasion un cheval de 3 pour remettre en cause la liberté de l'enseignement. Les députés se mettent finalement d'accord sur la suppression d'un article controversé, la levée du secret de la confession des prêtres. dans un espace de parole qui était protégé et bien ceci va être supprimé sous effectivement une vision très de de haut en bas de l'État qui veut tout absolument contrôler y compris le fonctionnement de chaque religion.
Prochaine étape, l'examen de la proposition de loi au Sénat pour une mise en place le plus rapidement possible. Paul Vanier, vous avez coécrit cette proposition de loi avec Violette Spelboot. Il y aura plus de contrôle plus souvent, mais est-ce que ça peut vraiment changer les choses ?
Oui, ça peut sauver des vies d'enfants et pour ça, il faut que cette proposition de loi qui a été euh voter à l'Assemblée nationale soit inscrite au Sénat et qu'elle entre en vigueur. Je pense, nous pensons avec Violette Speedboot que cela peut arriver pour la rentrée prochaine. Elle on est en juin, c'est pas déjà trop tard.
Non, je crois pas. En tout cas, c'est c'est maintenant l'Assemblée nationale a fait son travail. Le gouvernement doit faire le sien.
Il a choisi ce qu'on appelle la procédure accélérée autour de ce texte et donc qui le soutient au banc le ministre de l'éducation. pas toujours et je le regrette mais a plutôt soutenu les dispositions que nous introduisions. Donc il faut aller vite.
Pourquoi ? parce que il y a des mesures très puissantes en matière d'abord de prévention des violences qui sont introduites par ce texte de formation des adultes, des élèves, de contrôle de l'honorabilité de ceux qui sont en contact avec les enfants, de suivi des sanctions disciplinaires et puis un renforcement des contrôles qui doit permettre à ce qu'il y ait un regard extérieur dans ces établissements. est une des leçons principales de l'affaire Betaram, une absence de contrôle pendant 50 ans qui a conduit dans cet établissement mais malheureusement dans d'autres à ce que des générations d'enfance voient leur vie ravagé par par des groupes de prédateurs de de pédo criminels qui ont pu sans sans être arrêtés commettre leur crime.
Olivier Pacole sera utile cette loi ? Oui, évidemment Paul Vo Manier et moi-même nous sommes enseignants. Donc nous sommes attachés effectivement à la problématique de de l'enseignement, de l'éducation.
Ce que je voudrais d'abord dire, c'est féliciter mes collègues députés d'abord pour le travail de la commission d'enquête et puis ensuite pour ce vote qui s'est fait à l'unanimité notamment parce que les irritants, on pourra y revenir sur la problématique de confession ou autres ont été écartés. Je pense que le Sénat pourra peut-être un petit peu enrichir, mais je ne vois pas d'opposition sur ce texte. Donc si elle arrive au Sénat, vous la voterez.
Oui, bien sûr. Alors après, on va voir s'il y a des amendements ou autres qui peuvent être qui peuvent améliorer le texte. Je ne préjuge rien mais sur le fond oui évidemment.
Par contre, je veux quand même rajouter un ou deux petits éléments. On a parlé d'école. Euh la chaîne d'accompagnement de l'enfance, elle commence avant avec le périscolaire, avec les crèches.
Et là, alors oui, on parle de la loi Betara, mais il aurait peut-être fallu parler d'une loi mairie de Paris parce que les scandales qui ont été révélés et qui malheureusement comme dans l'affaire Betaram remontaient à non pas des années mais presque des décennies, ils sont dramatiques. Et donc effectivement, la fameuse liste noire dont on parle pour l'éducation nationale, elle doit concerner aussi les animateurs du périscolaire. C'est essentiel.
Donc bravo pour tout ce qui a été fait. Faut peut-être aller plus loin sur d'autres domaines qui touchent à l'enfance en général et à les clubs sportifs aussi hein. Il y a beaucoup d'éducateurs extraordinaires.
Il y a aussi quelques brombies galeuses et et moi le fait qu'il y ait des listes noires ne me gêne pas. Il faut protéger cette enfance. On le disait tout à l'heure, il y a eu des compromis pour arriver au vote.
Violette Spel Boost a a lâché du l'est dans les derniers moments de la discussion. Est-ce que vous avez quand même un peu l'impression, vous avez des regrets ? Est-ce que vous avez un peu l'impression qu'une partie de cette proposition de loi vidée de sa substance ?
J'ai deux regrets. D'abord, nous étions très contraints par les conditions d'examen de ce texte. Nous étions dans une niche et donc à minuit, les débats s'arrêtaient.
Voilà, si nous n'allions pas au vote avant cette cette limite, et bien tout était perdu. Et donc il a d il a dû on a dû faire un choix très difficile renoncer à un article 9 qui ne remettait en rien en cause le secret de la confession. Je veux insister sur ce point.
C'est un article qui prévoyait qu'il n'y avait pas d'exception à la nécessité de dénoncer des crimes sur mineur y compris pour les ministres du culte sans enviser relativement à une religion en particulier. Mais bref, à ce moment-là, il y avait des dizaines d'amendements d'obstruction. En tout cas, c'est comme ça que je les analyse moi.
Et si on était entré dans le débat autour de cet article, nous n'aurions pas pu voter la loi. Il y a un on a fait un choix difficile mais on a on a protégé l'essentiel. C'est mon premier regret parce que je pense que cette disposition était nécessaire.
Elle n'est pas fondamentale mais elle était nécessaire. Et puis mon deuxième regret, c'est le gouvernement qui par des amendements de réécriture des articles 1 et surtout de l'article 2 a au fond supprimé le fond d'indemnisation des victimes dont nous avions prévu la création et qui qui est pour nous. D'abord parce qu'il apporte une reconnaissance à des personnes qui en raison des délais de prescription ne peuvent pas la trouver devant les juridictions et puis ces violences ayant des conséquences sur des vies entières he des traumatismes qui 30 ans, 40 ans, 50 ans plus tard structurent encore des existes personnes. [grognement] Et la suppression de fait de ce fond par la réécriture de l'article 2, moi je la regrette.
J'entends des victimes d'ailleurs qui depuis ont pris la parole pour la regretter également. Et de ce point de vue-là, si le Sénat et je peux me permet ce conseil, mais si le Sénat reprend le texte, peut-être qu'il peut revenir sur ses disposition en en disant deux choses, hein. Ce fond, nous l'avons construit sur la base de quelque chose qui existe, le fond d'indemnisation des Arquis, hein, c'est un autre sujet, mais il existe des fonds de ce Le gouvernement ne vous a pas dit un non ferme.
Il a dit qu'il fallait réfléchir un peu, qu'il fallait calculer combien ça coûterait en résum, il a dit mission de l'inspection générale 6 mois après la promulgation de la loi. Franchement, on sait qu'on est en juin 2026. Bon, tout ça ressemble fort à une tentative d'enterrement et je le redis, il est il est nécessaire, il est important ce fond pour les victimes.
Ces victimes sont très nombreuse. Nous avons essayé de l'évaluer mais ces violences sont des violences de masse qui ont touché des dizaines de milliers, des centaines de milliers d'enfants. Olivier Paco au vu de la gravité des faits, au vu du nombre de victimes, est-ce que cette exception secret de la confession n'est pas défondable ?
Alors, je vais répondre à votre question. Je réponds d'abord aussi à l'interpellation de Paul Vanier. Il me semble que le Sénat pourra se ressaisir de la problématique du fond d'indemnisation.
Ça vous paraît important qu'il y en ait un ? Oui. Oui, clairement. et la réponse du gouvernement ne me semblait pas forcément appropriée.
Pour répondre à la problématique de la confession, c'est un sujet qui est délicat et j'ai peur que l'approche qui reviendra certainement via des amendements proposés par nos collègues socialistes vert ou communistes, mais il faut pas que le confesseur devienne auxiliaire de police. On va être très clair. Par contre, le confesseur peut inviter le confessé qui fut prédateur à aller de lui-même se dénoncer.
Donc, il faut trouver un juste milieu. Moi, je ne suis pas pour que le secret de la confession soit levé. Je pense même que ce serait contre-productif parce que même si c'était pas totalement ce qu'il y avait dans le texte, il me semble que le confesser, sachant ou pensant que sa confession peut à être dévoilé n'irait plus se confesser.
Donc c'est beaucoup de naïveté à mon avis. On parlait tout. Vous voulez récrire ?
Ouais. Non parce que c'est un sujet important. Moi je veux d'abord rappeler que quand nous avons écrit cet article 9 avec Spelbot, nous l'avons fait avec à l'esprit des principes fondamentaux, la liberté de conscience, la liberté de culte et qu'évidemment dans une République laïque pour des parlementaires, il ne il est impossible de s'imisser dans l'organisation d'un culte.
Donc ça je je le redis, nous nous ne cherchons en rien à porter un teinte à un sacrement en l'occurrence au secret de la confession. Il y a des espaces de secrets dans notre société, secret médical par exemple auprès des avocats. Ils sont importants.
Ça ça n'est pas pour rien qu'ils ont été constitués. Ils protège une parole qui peut commencer à se libérer. Et en effet, il faut regarder ça avec avec délicatesse.
Mais là, il s'agit d'enfants et ils ont une vulnérabilité particulière. En matière de secret médical, des dispositions déjà particulières dans la loi existent et invitent les médecins à dénoncer des crimes dont ils auraient connaissance dans le cadre d'une consultation. médical par exemple.
Et je voudrais juste dire pour nourrir peut-être les éléments qui viendront dans le débat au Sénat que cette constatation, monsieur Sauveté qui a dirigé les travaux de la SIAZ l'a fait à l'issue euh de d'analyse des consultations qu'il a eu et dans son rapport il préconisait lui aussi de mettre fin à ce qu'on appelle ce secret de la confession en matière et et j'insiste sur cette sur ce périmètre en matière de dénonciation des crimes surenfants. Non, mais excusez-moi, je réponds très vite. Euh oui, euh vous avez parlé des médecins, les enseignants eux-mêmes, ils peuvent faire ce qu'on appelle les informations préoccupantes quand euh ils il voi des enfants qui ont des bleus ou des signalement administratif, ils le doivent.
Ils le Exactement. Mais dans le cas de la confession, il s'agit d'une parole. Si le cette parole risque d'être dévoilée, elle ne sortira pas d'elle-même.
C'est pour ça que je pense que c'était un objet en fait qui qui se révélerait à terme totalement improductif. la confession de se tariit en fait. Voilà.
En tout cas, nous pour terminer très rapidement, nous nous avons rentré des victimes qui nous ont dit avoir parlé à des prêtres dans l'enceinte scolaire, dans des établissements privés sous contrat dans ce temps de la confession et avoir tenté de trouver un secours à ce moment-là. Et bien, elles ne l'ont elles ne l'ont jamais trouvé parce que ce secret s'est imposé à leur parole. Mais quand les enfants parlent à leurs enseignants, les enseignants Oui. agissent.
Ils ont l'obligation de le faire. Il faut le rappeler bien sûr. Très rapidement, un dernier mot sur la liste noire.
C'est le gouvernement qui l'a rajouté dans cette proposition de loi. Ça peut concerner des gens qui ne sont pas condamnés, pas même sanctionnés. Est-ce qu'il y a pas là un risque Paul Vanier de d'écarter des innocents ?
Si il y a un risque. Et d'ailleurs, moi par sous-amendement, j'ai modifié la réécriture de l'article 5 que le ministre introduisait en euh garantissant notamment pour des décisions qu'il s'apprêtait à confier au recteur et au recteur seul le la nécessité que cette décision intervienne après l'avis d'une commission compétente. pour éviter, il faut être dans la recherche de l'équilibre, une forme d'arbitraire, de décision qui s'imposerait avec des conséquences importantes, même si je dois le dire, cette ce dispositif de liste noire, il est intéressant.
Il vient compléter un ensemble de mesures qui sont introduites par la proposition de loi qui vise à traiter l'ensemble des causes identifiées des violences commises sur enfants. Vous êtes favorable, vous l'avez dit, à cette liste noire ? Oui.
Oui, clairement. On passe donc au second thème de cette émission, le budget des armées. Le gouvernement veut augmenter l'enveloppe de la loi de programmation à militaire, la LPM.
Une rallonge à 36 milliards d'euros d'ici 2030. Mais à la surprise générale, le Sénat à majorité de droite a dit non. Les explications de Quentin Calmette.
Avec cette mise à jour de la loi de programmation militaire, le gouvernement entendait augmenter le budget des armées de 36 milliards d'euros par rapport à la trajectoire actée en 2023. Une nécessité, selon l'exécutif face à la hausse de la menace au Moyen-Orient comme à l'est de l'Union européenne. L'actualité révèle chaque jour les ruptures des équilibres géopolitiques, le retour des rapports de force dans le règlement des conflits et une dynamique de réarmement mondial.
L'enjeu pour notre pays est donc le suivant : être en mesure de faire face à toute situation jusqu'à un engagement majeur à un horizon de temps que nous ne maîtrisons pas. Au Sénat, une très large majorité se dessinait depuis plusieurs mois en faveur d'une hausse du budget des armées, mais la droite voulait aller plus loin et ajouter au 36 milliards une hausse supplémentaire de 14 milliards. Le Sénat portait un message qui était fort dans les circonstances internationales qui sont les nôtres où la France est visée, où demain il peut y avoir effectivement une situation de conflit dont nous devons auquel nous devons faire face.
Il était important de montrer au gouvernement que nous souhaitons allier plus loin que ces propositions. Coup de théâtre en séance mardi soir. Cet ajout de 14 milliards est retoqué par une alliance de la gauche avec une partie des centristes.
Les ALER décident alors de s'aborder complètement l'article 2 et vote la suppression de toute hausse du budget des armées. Un coup de messu qui acte un désaccord profond entre la droite et le gouvernement. Pour la première fois de l'histoire parce qu'on a recherché dans la dans les archives mais on a pas retrouvé traces de quoi que ce soit.
On a une ministre des armées qui refuse l'augmentation de son budget, qui refuse l'augmentation du budget que nous souhaitons consacrer à l'amélioration des capacités militaires de notre armée et à la capacité d'assurer la protection de la France et du français. De son côté, Sébastien Lecnu grince des dents. Le vrai problème que l'on a au moment on se parle, c'est qu'il y a plus de trajectoire dans le texte.
Donc là, il faut que les parlementaires trouvent une solution. Mais je laisse les débats se faire. Vous savez, j'ai l'habitude avec ce qui se passe à l'Assemblée nationale d'être calme.
Bonne journée. Tous les regards se tournent désormais vers la commission mixte paritaire où se députés et sep sénateurs devront trouver un accord sur la programmation militaire et le niveau de la rallonge à acté pour nos armées. Olivier Paco que s'est-il passé pour que la droite sénatoriale en vienne à refuser une augmentation du budget des armées ?
C'est pas ce qui s'est passé madame. Alors on va revenir sur les faits réels. 2023 on vote une loi de programmation militaire qui pour 2024-2030 aboutit à 400 milliards de d'euros des forts militaires.
Bon nécessité de réactualisation du fait des tensions dans le monde. On a vu ce qui se passe en Ukraine, ce qui se passe au Moyen-Orient du fait aussi du désengagement américain au niveau de l'OTAN. Nous avons des engagements au niveau de l'OTAN.
Je l'ai pas entendu du tout dans votre rapport. [grognement] Ces engagements, c'est de porter à 3,5 % du PIB euh les voilà. Bon et ce que proposait le gouvernement, c'était de passer de 400 milliards à 436.
Nous pensons qu'il faut aller un peu plus loin. Donc nous ne voulons pas raboter le budget des armées. On veut passer à 450 milliards.
Bon or a été voté dans le cadre d'un amendement et bien euh seulement 436 milliards. Ça nous paraît insuffisant. Vous savez euh si patchem parabé l'homme si tu veux.
La paix prépare la guerre. Le but n'est pas d'avoir une attitude prédatrice, d'être guerrier et cetera, mais d'être fort pour qu'on ne soit pas attaqué. et avec un Poutine qui gonfle les muscles, avec un Trump qui veut garder son argent et ses troupe pour lui, il faut que l'Europe fasse des efforts.
Et je vais vous donner avant de passer la parole à mon collègue, un seul chiffre pour montrer à quel point ou deux chiffres pour montrer à quel point notre effort est insuffisant. Insuffisant. Vous savez à combien se monte l'effort allemand actuellement par an ?
Dites-nous. 165 milliards d'euros par an. Vous savez que mais l'Allemagne avait beaucoup de retard.
L'Allemagne avait du retard, bah ils vont le rattraper au triple galot. Et nous aujourd'hui, on est péniblement dans les 65 milliards. Et si on suit la trajectoire euh que voulait madame Votrein, nous serions arrivés aux alentours de 2030 à 76 milliards alors qu'il faudrait être à 85 milliards pour arriver à terme ce que disait le président de la République.
Ce que disait le président de la République à 90 100 milliards d'euros, c'est beaucoup. Mais dans le monde tel qu'il est où la mission première d'un État, c'est de protéger sa population, hein, il faut le faire. Paul Vanier à l'Assemblée nationale, votre groupe a voté contre cette loi de programmation militaire.
Est-ce que pour vous, c'est une bonne nouvelle ce rejet au Sénat [raclement de gorge] contre la LPM et contre la rallonge qui était proposée ? Alors, je si j'étais taquin, je dirais que je constate que le Sénat et la droite sénatoriale est prête à délier les cordons de la boue et je le je le retiens, je le note pour la suite de nos débats et et pour le débat budgétaire à l'automne. Mais je dois dire une forme de tristesse parce que les Républicains s'inscrivent en principe dans la suite d'une histoire qui trouve son fondement dans l'eugolisme et si le général de Gaulle a apporté quelque chose à notre pays, c'est un sentiment et plus qu'un sentiment, une politique de souveraineté, d'indépendance nationale.
Vous avez repris un objectif. Vous nous dites qu'il vient de l'OTAN, 3,5 % de dépenses du PIB consacré à l'effort de défense. Et disons les choses, il ne vient pas de l'OTAN, il vient de Donald Trump.
C'est une injonction trumpienne qui s'impose aux membres de l'OTAN auquel la droite sénatoriale a donc décidé d'obéir en augmentant en augmentant en augmentant. Et quel quelle sera la fin de ces rallonges ? Je ne sais pas car Donald Trump lui c'est les 5 % de dépenses qu'il vise.
Alors deux choses et on entrera peut-être dans la discussion. cet argent, il serait beaucoup plus utile aujourd'hui à d'autres politiques, des politiques de d'investissement, de reconstruction de nos services publics. Avec cet argent, par exemple, avec cette rallonge, hein, c'est plus de 100000 soignants dans l'hôpital public, c'est 1600 professeurs.
Je donne ça comme des des ordres de grandeur et puis surtout parce que je pense que c'est le sujet le cœur de la discussion dans un monde qui change. Je crois que cette LPM et cette rallonge ne nous protège pas, ne protège pas notre pays face à l'apparition de nouvelles menaces. Si j'osais cette comparaison, j'ai le sentiment que la droite sénatoriale et peut-être le gouvernement aussi, même s'il a une ambition moins grande que la vôtre, a le projet d'une grande ligne Magino.
Mais à quoi a servi la ligne Magino ? À rien du tout. Elle a été contournée et je crains que ce que cette LPM souhaite constituer ne corresponde pas à l'état de la guerre tel qu'il est aujourd'hui dans des domaines de la dronisation, du cyber, de l'espace et ce sont les grands enjeux et et cette LPM passe complètement à côté.
Olivier Pacon ne met pas l'argent au bon endroit. Alors ça c'est un autre débat mais il y a quand même il y a près 10 milliards d'euros qui sera mis sur les drones par exemple. Donc non.
Alors pour revenir à ce que vous dites concernant la rallonge l'essentiel de la rallonge c'est les munitions. Ah non non non. Ah c'est c'est sur les 16 milliards.
C'est 8 milliards sur les munition sur les munitions 8 milliards et demi sur les drones. Ceci étant moi je reviens sur le en tant que le service militaire. Je ne vous ai pas coupé cher ami.
Oui mais là je peux pas vous laisser dire que c'est c'est 8 milliards sur les drones. C'est inexact. Ben si, c'est moi qui étais en séance, hein. [rires] Vous allez bientôt peut-être, je sais pas si vous serez à la commission mix paritaire, mais c'est moi qui étais en séance et je peux vous en parler la nuit, la nuit de mardi.
Toujours est-il que concernant l'indépendance, la souveraineté, le fait d'avoir une armée plus opérationnelle avec 30 rafales de plus, par exemple, avec trois nouvelles frégates, ça nous permettra de ne plus être dépendant justement du bouclier américain. C'est le but. Et Donald Trump effectivement demande à ses alliés entre guillemets de l'OTAN de mettre plus d'argent.
Malheureusement, il a raison. Malheureusement, il y a raison parce que depuis des années, les Européens se cachant sous le parapluie américain se sont presque désarmé et aujourd'hui se sont rendus compte que pour ne plus être dépendant des Américains, sachant que les Américains ne viendraient peut-être pas nous défendre contre une éventuelle attaque russe, il faudra que nous soyons nous-mêmes en capacité de nous défendre. Donc oui, il faut effectivement faire ses efforts, ce qui veut dire faire des choix budgétaires.
Sauf que là, en l'occurrence, à l'heure qu'il est, il n'y a plus de rallonge vu que vous avez voté contre l'article clé. La ministre vous a dit 50 milliards de rallonges, on n pas les moyens, c'est pas soutenable, c'est de l'affichage. Les socialistes disent c'est de l'inconstance budgétaire, il y a pas finalement 1 € de plus.
Est-ce que vous assumez ? Vous on est à Parlement hebdo ici, il va y avoir une commission mixte paritaire. Donc ce qui a été acté au Sénat va être modifié, corrigé par la commission mixte par terre.
Donc c'était une manière de Ah mais c'est une manière de montrer effectivement évidemment nous ne sommes pas des moutons à de la Macronie. Donc nous n'étions nous ne sommes pas du tout d'accord avec leur vision et donc nous leur avons dit non. Et maintenant, la prochaine étape, c'est la commission mixte par terre où nous pouvons, où nous espérons effectivement remonter cette réactualisation à 50 milliards d'euros.
Oui. Qu'est-ce que vous attendez vous de cette commission mixte paritaire ? Pas grand-chose parce que je crois que euh ceux qui la composent, il y aura quelques représentants de la France insoumise mais ils seront très minoritaires.
Partage partage l'essentiel une augmentation des moyens, du budget de nos armées sans encore une fois penser le cœur des enjeux, les nouvelles formes de la guerre et la question de notre souveraineté. J'y reviens à ce dernier point parce que euh nous proposons nous par exemple un pôle public de l'armement et la LPM pourrait le financer. Elle pourrait euh refinancer le développement d'une industrie de l'armement des munitions en particulier.
On a donné cet ordre de grandeur, c'est 8,5 milliards d'euros pour les munitions dans la rallonge gouvernementale sur les 16 milliards. C'est c'est la moitié. Ces munitions, où est-ce qu'on les achète aujourd'hui ?
À l'étranger pour l'essentiel. Il y avait pour la très grande majorité. Si on n pas les moyens d'acheter des munitions pour faire fonctionner notre armée, est-ce que c'est pas mettre un petit peu aller trop en avant de d'être sur les nouvelles menaces sans sans pouvoir assurer la base ?
Mais à quoi quel de alors il faudrait avoir le débat de quel type de munition parle-t-on et de quel type de munition avons-nous besoin ? Regardez ce qui se passe aujourd'hui au Proch Orient avec les drones. A-t-on besoin de missile à 1 million d'euros pour détruire des drones à 200000 € ?
Probablement non. Et il existe il existe d'autres types de munitions qui permettraient de traiter autrement ce type de menace. Mais pour cela, il faudrait développer une base industrielle française avec une industrie de la munition.
Elle a été considérablement démantelée. Les dernières usines de de munition ont fermé dans notre pays. Et il y en a qui pourraient il y a des des industries qui pourraient prendre en charge sans doute la production des éléments dont notre armée, notre souveraineté a besoin.
Ça n'est pas le choix que fait cette LPM. Malheureusement, elle va financer au fond l'outil industriel américain et plutôt que plutôt que pas du tout le but. Le but c'est que ces 14 milliards d'euros servent à faire travailler des entreprises françaises.
Je vais vous donner un seul exemple. Dans mon département de Loise, on a une entreprise qui s'appelle Matra qui fait des missiles qui a 650 employés à côté de Compiène qui est en train de s'agrandir, qui va passer à 1000 employés. C'est une des plus grosses entreprises privées de l'OIS.
Mais pour revenir à la vraie question de fond, c'est-à-dire le budget aujourd'hui, et moi je veux terminer là-dessus, euh le premier poste budgétaire de l'État, c'est la charge de la dette. C'est malheureusement plus l'éducation nationale, c'est pas encore l'armée. Charge de la dette, elle va passer à peu près à 65 66 milliards d'euros là en ce moment.
La charge de la dette, c'est pas le remboursement, c'est le paiement des intérêts. Donc c'est 66 milliards d'euros jetés par les fenêtres qu'on pourrait mettre effectivement dans l'école, qu'on pourrait mettre dans l'hôpital, qu'on pourrait mettre dans les services publics. Il faut effectivement maintenant reassaignir nos finances.
Ça passe par là. une politique de création de richesse avec une libération de l'outil économique de l'oxygène dans l'économie et des économies des choix budgétaires dans d'autres domaines. Savez-vous que sur 1000 € dépensés aujourd'hui, quelle est la part donnée à l'armée ? 31 €.
Ridicule. On termine sur ce chiffre. Merci beaucoup à vous de d'avoir participé à cette émission.
On vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Parlem Hebdo.
Paul Vannier