Stéphane Ravier intervient au Sénat sur la biodiversité (19/01/2016)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01PrésentateurFait
« Il tente en effet de répondre à des bouleversements engendrés par votre modèle économique, ultralibéral et mondialiste »
- 1:26PrésentateurFait
« dont la priorité ne sera jamais que d'accumuler des milliards de profits au mépris de tout respect écologique »
- 1:45PrésentateurFait
« pas même et surtout pas environnementale »
- 1:59PrésentateurFait
« dont les objectifs sont diamétralement opposés à ceux affichés par ce texte »
- 2:15PrésentateurChiffre
« Je prendrai l'exemple des 15 millions de repas servis chaque année dans les lycées de ma région, Provence-Alpes-Côte d'Azur »
- 3:32PrésentateurFait
« la si mal nommée chasse à la glu, si mal nommée car l'action n'est pas de chasser, mais de capturer des oiseaux vivants pour en faire des appelants »
- 4:51PrésentateurPromesse
« nous réitérons notre soutien à l'interdiction des néonicotinoïdes »
Temps de parole
- Présentateur90 %
- ?10 %
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La parole à M. Stéphane Ravier pour 5 minutes. Madame la Présidente, Madame le Ministre, mes chers collègues, la biodiversité doit bien évidemment être un souci permanent, car sans elle, nous en sommes tous convaincus, plus de vie humaine. Toutefois, un développement durable de nos sociétés doit envisager la biodiversité dans sa globalité. Les usages ne doivent pas être vus uniquement comme un problème, mais aussi comme une partie de la solution, car les utilisateurs de la ressource ont évidemment un intérêt à la conserver. Si ce texte vise donc à reconquérir la biodiversité, il est aussi une nouvelle fois révélateur d'une contradiction majeure.
Il tente en effet de répondre à des bouleversements engendrés par votre modèle économique, ultralibéral et mondialiste, et plutôt que de remettre en cause ce modèle, vous préférez essayer d'en limiter les effets pervers. Vous tentez de vous attaquer aux conséquences sans jamais vous attaquer aux causes. Les verts ou écolos autoproclamés, mondialistes assumés, se faisant ainsi les alliés objectifs des transnationales, dont la priorité ne sera jamais que d'accumuler des milliards de profits au mépris de tout respect écologique.
Face à ce sans-frontierisme ennemi de l'équilibre écologique, le protectionnisme intelligent que nous proposons est un moyen de limiter l'envahissement de nos marchés par des produits fabriqués dans des pays qui ne respectent aucune norme, pas même et surtout pas environnementale. Alors comment pouvons-nous débattre la main sur le cœur de la reconquête de la biodiversité, et dans le même temps continuer à négocier, ou plutôt à se faire tordre le bras, pour signer le traité transatlantique TAFTA, dont les objectifs sont diamétralement opposés à ceux affichés par ce texte.
Pour respecter la biodiversité, soyons donc pragmatiques, instaurons un patriotisme économique et écologique en revenant à la proximité, produisons et consommons local. Je prendrai l'exemple des 15 millions de repas servis chaque année dans les lycées de ma région, Provence-Alpes-Côte d'Azur. Voilà un marché qui doit être alimenté par un réseau de producteurs locaux. L'Europe, pour une fois, nous le permet. Qu'attendons-nous pour saisir cette opportunité qui servira autant l'emploi que l'environnement ? Nul doute que notre super résistant niçois y pourvoira. Permettez-moi également de relever sur un autre sujet environnemental l'incohérence du gouvernement.
Comment, Madame la Ministre, pouvez-vous nous présenter un texte qui vise à reconquérir la biodiversité, alors que dans le même temps, le Premier ministre justifie l'autorisation de polluer davantage ce site remarquable que sont les calanques marseillaises, en ayant accepté le rejet d'effluents liquides hautement toxiques par la société Alteo, qui a pratiqué ici le chantage à l'emploi pour masquer sa coupable inertie. Vous mettez ainsi en péril, même si c'est contre votre gré, l'ai-je attendu, mais vous contribuez en tout cas à mettre en péril la biodiversité marine dans ce joyau naturel, mais également l'emploi de nombreux professionnels de la pêche.
Puisqu'on est dans le Sud, il nous faut dire un mot sur une tradition millénaire qui a failli faire les frais de l'idéologie sectaire des écologistes, plus préoccupés par la destruction de notre identité que par la préservation de la biodiversité. Je parle bien évidemment de la si mal nommée chasse à la glu, si mal nommée car l'action n'est pas de chasser, mais de capturer des oiseaux vivants pour en faire des appelants.
Une chasse, une technique, dirais-je plutôt, très encadrée, ultra réglementée, dans le temps et dans son fonctionnement, avec un carnet de chasse ou de capture, contrôlée, et un nombre total d'oiseaux capturés sur une saison de trois mois, au final dérisoire, qui n'a rien à voir, bien sûr, avec la disparition des 400 millions d'oiseaux que vous avez évoqués. Il s'agit ici d'une transmission de notre identité, et il faut tout l'acharnement idéologique de quelques ayatollahs verdoyants pour vouloir faire table rase de cette tradition. Je me félicite que la Commission ait supprimé cette interdiction.
Oui, les chasseurs, et surtout les chasseurs traditionnels, sont les principaux alliés de toute personne se réclamant de la défense de l'environnement. Un chasseur à la glu, héritier d'une tradition millénaire, qui vit au contact de la nature, me semble plus soucieux et expert de la biodiversité qu'un écolo bobo qui n'a jamais connu de marée que le marée parisien. Notre cohérence nous pousse à proposer une réelle écologie débarrassée de tout écologisme, et nous refusons ainsi la soumission aux firmes agrochimiques.
Ainsi, comme nous l'avons fait il y a quelques mois, nous réitérons notre soutien à l'interdiction des néonicotinoïdes, et nous regrettons que la Commission ait supprimé cette interdiction.
Pour conclure, nous soutenons bien évidemment la reconquête de la biodiversité, et nous reprenons, pour résumer l'action qui doit être menée, les propos du Saint-Père dans son encyclique de l'Odato-Ci, abondamment cités, et abondamment cités, au cours de la COP 21, je cite, « Une stratégie de changement réel exige de repenser la totalité des processus, puisqu'il ne suffit pas d'inclure des considérations écologiques superficielles, pendant qu'on ne remet pas en cause la logique sous-jacente à la culture actuelle. »
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