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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 22 juin 2022 34 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleTravail & emploi

Coalition, union nationale, comment sortir de l’ingouvernable ?

Au micro : Fabienne SintèsSource d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 36 %Défensif 34 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:46OuverteRéponse partielle

    Marc, vous êtes inquiet face à la logique de mécano politique. Pourquoi ?

  • 2:34RelanceRéponse directe

    Mais il faut bien un gouvernement pour parler climat ou hôpital, non ?

  • 3:47OuverteÉludée

    Par où commencer pour sortir de l'ingouvernable ?

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Anne Souhaitemont, LR montre-t-il une indulgence envers Macron ?

  • 8:58FerméeRéponse directe

    Elodie Forêt, peut-on imaginer une coalition PC-RN ?

  • 10:10OuverteRéponse directe

    Yael Goz, quel est le vrai sens d'un gouvernement d'union nationale pour Macron ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25InvitéFait
    « Pas de majorité absolue, ça n'est pas dans nos habitudes. »
  • 4:30InvitéFait
    « On a quasiment une assemblée à la proportionnelle malgré un scrutin majoritaire à deux tours. »
  • 31:41InvitéFait
    « urgence climatique, qu'hôpital, etc. »
  • 31:49InvitéFait
    « on rebâtit un dispositif politique pour Emmanuel Macron ? »
  • 31:52InvitéFait
    « il faut rebâtir totalement et reconstruire son logiciel. »
  • 31:56InvitéFait
    « Cette conception du pouvoir hyper personnifié, hyper centralisé, il va devoir l'oublier, ça c'est sûr. »
  • 32:04InvitéFait
    « Édouard Philippe dit, en plaidant pour ce qu'il appelle sa grande coalition, ce ne pourra pas être à 100% le programme d'Emmanuel Macron. »
  • 32:14InvitéFait
    « Il va falloir trouver des compromis. »
  • 32:25InvitéFait
    « une certaine stratégie, c'est-à-dire celle de mettre les oppositions devant leurs responsabilités. »
  • 32:31InvitéFait
    « si le pays est bloqué, ce sera de leur faute, ce sera elles qui seront responsables. »
  • 32:33InvitéFait
    « Nous, on leur tend la main. »
  • 32:45InvitéFait
    « Si le pays est bloqué, ce sera de votre responsabilité. »
  • 33:07InvitéFait
    « On parle derrière d'un sommet de l'OTAN qui va se passer à Madrid. »
  • 33:11InvitéFait
    « On parle du G7 à Munich, juste avant Madrid. »
  • 33:16InvitéFait
    « On parlait de climat au sujet des océans. Ça se passe à Lisbonne. »
  • 33:34InvitéChiffre
    « 580, je crois, sans Premier ministre en Belgique parce qu'il fallait se mettre d'accord. »

Temps de parole

  • Invité26 %
  • Invité 221 %
  • Invité 318 %
  • Invité 49 %
  • Invité 58 %
  • Présentateur6 %
  • Invité 65 %
  • Auditeur4 %
  • Auditeur 23 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, 18-20, Fabienne Sintès.

0:09
Invité

Il fallait bien qu'il parle avant d'entrer dans le tunnel des rendez-vous internationaux qui commencent demain. Le président de la République va donc s'exprimer tout à l'heure. À 20h, nous l'écouterons ensemble et ce sera la première fois depuis que notre logiciel parlementaire a changé en France et le logiciel d'Emmanuel Macron aussi, sans doute. C'est vrai que ça a secoué, pas de majorité absolue, ça n'est pas dans nos habitudes. Et pour l'instant, ce sont un peu nos vieux logiciels qui sont en route. Pas d'accord, pas d'alliance, pas de compromis, pas de contremission, pas d'arrangement, pas de combine.

Sauf qu'il va bien falloir avancer et quelques scénarios quand même effleurent depuis ces 48 dernières heures. Est-ce qu'on imagine une grosse coalition avec Aller, avec des socialistes, avec des vers ? C'est l'idée d'Edouard Philippe. Est-ce qu'on parle plutôt d'un gouvernement d'union nationale ? C'est avec ça que Fabien Roussel sortait de son entretien avec le président. C'est là qu'il a lancé cette idée. Le président a vu tout le monde, en tout cas tous les partis. Et à la fin de la foire, pardon pour l'expression, mais c'est là qu'on compte les bouses. Et ce soir, point d'étape. Et les seules questions qui comptent, c'est qui est prêt, à quoi, avec qui, pour quel type de projet.

Qui sera un blocage pour les institutions. Et vous savez quoi ? Quoi qu'il arrive, ça va se voir. L'exécutif Emmanuel Macron sera jugé sur sa capacité à descendre de l'Olympe pour discuter avec les mortels que sont les formations politiques. Les formations politiques seront jugées sur leur volonté d'avancer ou pas. Et surtout, vers quoi ? Le message que les électeurs ont envoyé. Est-ce que c'est bloquer tout ou parlez-vous ? Il se peut que ça devienne intéressant. C'est le téléphone sonne ce soir et soyez les bienvenus.

1:39
Présentateur

Le téléphone sonne. 01 45 24 7000.

1:43
Invité

Et le premier, pendant que je m'étouffe, c'est vous, Marc. Vous êtes dans le Nord. Bonsoir.

1:46
Auditeur

Bonsoir, Fabienne Synthès. Bonsoir à vos invités et à tous. À entendre tous les commentaires depuis lundi, je suis assez inquiet. Parce qu'on ne parle que de mécano, alors que tout ça repose sur du vide, selon moi. L'urgence principale pour notre société, c'est l'urgence climatique. Avant même la question du pouvoir d'achat. Personne n'en parle depuis lundi. En plus, l'hôpital est au bord du gouffre. Il n'y a plus assez de profs de maths en particulier pour les collèges et les lycées. Et on se pose la question simplement de savoir si le chef va encore continuer à cheffer ou s'il va falloir faire des compromis.

2:34
Invité

Sauf que, Marc, il faut bien un gouvernement, il faut un parlement, il faut tout ça pour qu'on puisse parler de climat, d'hôpital, etc., non ?

2:42
Auditeur

Nous sommes tout à fait d'accord. Mais les compromis, on en fait dans la vie de tous les jours. Et mon inquiétude vient aussi de ce que j'ai entendu hier, qu'Éric Wörth visait la présidence de l'Assemblée nationale. D'accord. Ce qu'il y a encore en est de débat.

3:00
Invité

Il a retiré sa candidature.

3:02
Auditeur

Bon, il vaut mieux. Il vaut mieux pour lui que pour nous.

3:06
Invité

Marc, pardon de vous interrompre, mais on vous a entendu. Il y a du monde au standard. Il y a du monde autour de la table. Et on a bien compris que ce qui vous chagrine un peu, et vous n'êtes pas le seul, est de savoir où sont réellement les priorités et par quel bout il faut essayer de prendre cet énorme morceau. Je vous disais que tout le service politique était là aujourd'hui pour en débattre avec nous. Ils ne sont pas tous là, exactement. Mais presque. Et s'ils ne sont pas tous là, c'est qu'il n'y avait pas assez de chaises. Qui sont sur le terrain. Et bien absolument. On salue Laurence Perron qui est chez les Insoumis en ce moment, parce qu'on va en parler évidemment des Insoumis.

Yael Gauze est là, Anne Souhaitmont aussi, Elodie Fauret et Simon Lebaron, dont les voix vous sont particulièrement familières. Et il a raison, Marc. Je commence avec qui vous voulez. Avec le chef. Nous, on est très légitimiste. Chef, par où on commence en fait ? C'est ça que sont en train de se dire les électeurs. Et pour l'instant, on ne voit pas très bien par où on commence en fait. Mais moi, je partage avec Marc l'idée qu'on aimerait parler. Du fond, des idées parlées, des projets parlés, des lois qui vont advenir dès la session extraordinaire qui commencera en juillet, à la rentrée.

Mais pour l'instant, on est dans une situation où ce sont les institutions qui sont bloquées ou bloquantes. Donc, avant de pouvoir parler, de dérouler un projet, de dérouler des textes de loi, de proposer des lois, il faut déjà que le mode d'emploi soit accessible à tous et connu de tous. Or, on n'a pas le mode d'emploi. Les cartes sont encore illisibles. Mais est-ce que ce sont les institutions qui bloquent ou ceux qui font les institutions ? C'est quand même deux choses très différentes. Mais c'est le résultat du vote, en fait.

On l'a beaucoup dit depuis dimanche, on a quasiment une assemblée à la proportionnelle, malgré un scrutin majoritaire à deux tours, qui était censé nous prémunir contre ce genre de crise institutionnelle. Là, pour l'instant, on n'a pas le mode d'emploi. Emmanuel Macron ne sait pas non plus exactement sur qui il peut compter, des abstentions bienveillantes ou au contraire les soutiens à venir, les constructifs ou pas constructifs. Donc, on est dans un grand brouillard qui va durer encore au moins jusqu'au 5 juillet. Et alors, avant qu'il ne parle ce soir à Simon le Baron, direz-vous quand même qu'il a pris un coup sur la tête ? Qu'est-ce qui se dit auprès d'Emmanuel Macron ?

Est-ce qu'il a pris un coup sur la tête ? Est-ce qu'il est, j'ai employé cette expression indécent, un peu redescendu de l'Olympe ou pas ? Ce qui s'est dit, en tout cas dimanche soir, c'est qu'il était sonné, oui, à l'Élysée, d'abord en voyant que ses lieutenants, ceux qui tenaient l'Assemblée nationale, Christophe Castaner, le patron du groupe, et Richard Ferrand, qui se voyait déjà reconduit à la présidence de l'Assemblée, étaient battus. Donc il y a eu un moment de sidération pour Emmanuel Macron et ceux qui étaient autour de lui.

Et puis, dans les premières heures, lundi, ce qu'on nous disait, en tout cas de ceux qui l'avaient rencontré à l'Élysée au lendemain de ce second tour, c'était qu'il y a eu une tentation chez Emmanuel Macron de dire, un peu comme d'habitude d'ailleurs, on ne touche rien, ils détestent, ça c'est ce que ceux qui le connaissent disent toujours, ils détestent réagir sous la pression. Donc il y a eu la tentation de, finalement, certains disaient, jouer le pourrissement.

Et puis une prise de conscience, dans les heures qui ont suivi, les deux derniers jours, hier et aujourd'hui, qu'il fallait, et c'est le terme que vous employez Fabienne, que lui-même change de logiciel et qu'il fasse une révolution intime. Alors justement, et d'ailleurs, pardon, il y a Anne Souhaitemont qui lève le doigt, c'est magnifique, vous parlerez juste après, élève Souhaitemont. Est-ce que c'est pour ça aussi, Simon, qu'il parle ce soir d'ailleurs ? Est-ce qu'il a fallu le pousser en lui disant, tu vas rentrer dans une grosse séquence internationale, il faut dire quelque chose avant ?

Là, il part sur sept jours de sommets internationaux, en effet, et alors peut-être que lui avait cette conviction qu'il fallait s'adresser aux Français et dire, j'ai entendu le message des urnes, mais en tout cas, quasiment tous autour de lui lui ont dit, tu ne peux pas partir à l'étranger sans t'adresser aux Français, c'est impossible. Anne Souhaitemont.

Je voulais juste dire que du côté des LR, il y a une petite forme d'indulgence sur le silence d'Emmanuel Macron après les résultats de dimanche soir, parce qu'on se souvient, et on en a beaucoup parlé aujourd'hui dans les échanges entre les LR, de la réaction de Jacques Chirac après la dissolution de 1997, où beaucoup de témoins d'alors, qui sont un peu les aînés et qui racontent aux jeunes députés d'aujourd'hui, répètent que Jacques Chirac, quand il a appris qu'il avait perdu la majorité en 1997, avait été sonné, et apparemment ça avait duré 4 jours, il était prostré dans son bureau, c'est ce qu'on raconte beaucoup aujourd'hui à LR.

Alors puisque vous êtes là, Anne Souhaitemont, et que LR, c'est ceux que vous suivez, effectivement, on sent bien qu'il y a à la fois les scénarios qu'on nous annonce, et puis il y a les scénarios en dessous aussi, ce qui est en train de se passer un petit peu sous la table. On a un peu le sentiment que le langage de LR, pour l'instant, c'est quelque chose qui dit, alors attends, tu as braconné sur nos terres pendant 5 ans, donc on va te faire lambiner un peu. Est-ce que c'est ça qui se passe en ce moment chez LR ?

Oui, il y a clairement un peu un esprit de revanche aujourd'hui chez LR, et c'est vrai qu'Emmanuel Macron, pendant des années dans la mandature précédente, n'a pas beaucoup saisi de main tendue de la part des LR, il y a eu très peu d'amendements qui ont été repris, et donc là, il y a une volonté un peu de dire, effectivement, cette fois-ci, on a le pouvoir de faire basculer ou non les textes, on ne va pas le faire comme ça. Après, en sous-texte, comme vous dites Fabienne, il y a quand même la vraie volonté chez un certain nombre de députés LR aujourd'hui, de marteler le fait que, oui, on est dans l'opposition, mais on ne veut pas bloquer. Et ça, c'est quand même très intéressant.

Alors après, comment ne pas bloquer et sur quoi ? J'en reviens un peu à la première question. On parle pas mal de fonds, en fait, aujourd'hui chez LR, et on dit, nous, par exemple, sur le paquet pouvoir d'achat, qui va être la première loi qui va arriver, on a des idées. Et là, ils mettent déjà des choses sur la table. Alors, on ne les entend pas beaucoup parce qu'on parle beaucoup du mécano, mais ils disent, par exemple, la bex des taxes sur les carburants, ça, c'est quelque chose sur lequel on a des idées, et où on pourrait éventuellement aller dans le sens du gouvernement s'ils nous donnent assez à manger. Pareil, par exemple, sur l'indexation des retraites sur l'inflation.

J'en parlais aujourd'hui avec un député qui disait, ça, c'est des choses sur lesquelles on pourrait voter. On a bien compris qu'on cherchait les points de convergence, en fait, à un moment, pour voir sur quelle base on peut travailler. Écoutez ce mail de Brice, qui est à Prades, sur franceinter.fr, et qui dit ceci. Comment est-il imaginable de faire un grand écart entre le PC et le RN pour une coalition ? Surtout que certains ministres disent qu'ils sont tous hors du champ républicain. Il y a une seconde. Juste, Elodie Forêt, là-dessus, puisque vous, vous êtes un peu en connexion, si je puis dire, pardonnez-moi de le dire comme ça, avec le Rassemblement National.

On est d'accord que chaque fois qu'on parle coalition, précisément, ça ne va pas du PC jusqu'au RN, ça enlève, au contraire, les deux extrémités à chaque fois, en fait. Ça dépend, parce que je trouve que ces derniers jours, il y a eu des messages plutôt contradictoires, en fait, qui venaient de la majorité. Ça a commencé dès dimanche soir, avec Éric Dupond-Moretti, qui disait, face à Thierry Mariani, d'ailleurs, qu'il n'en revenait pas, on sentait bien qu'il avait les yeux complètement éberlués, qui lui disait, en gros, si on a besoin à des moments, si j'ai besoin que vous votiez une loi justice, eh bien, peut-être que vous pourrez voter avec moi.

Alors qu'il y a quelques années, il appelait à interdire le RN. Ah non, mais il y a encore trois jours. Moi, je l'ai vu il y a quatre jours en campagne, où il disait, enfin, un peu plus de quatre jours maintenant, où il disait, le combat de ma vie, c'est le combat contre le FN. Donc voilà, c'était un peu étonnant. Il y a une députée, c'est une calvaise, qui l'a redit il y a deux jours. On prendra les voix, si tu veux dire. Et après, il y a effectivement Olivier Véran, qui dit ce matin, c'est non, enfin, RN, insoumis, tout ça dans le même paquet. On ne veut pas traiter avec ces gens-là. Donc pour l'instant, en fait, elle n'est pas très claire, la position de la majorité par rapport au RN.

Un mot là-dessus, Yael Goz, et puis on retourne au standard. Oui, ce qui a mis le doute, c'est qu'Emmanuel Macron, à plusieurs reprises depuis hier, dans les consultations qu'il a eues avec les chefs de parti, c'est de mettre sur la table l'idée d'un gouvernement d'union nationale. Mais quand on gratte un peu et qu'on analyse ce qu'il voulait dire, c'est un gouvernement d'union nationale qui exclurait des ministres RN et insoumis. C'est les deux vétos que mettrait l'exécutif pour un gouvernement d'ouverture qui ne s'ouvrirait pas jusqu'au RN ni jusqu'aux insoumis.

En revanche, le travail souterrain dont parlait Anne Souhaitement, il se fait sur les groupes écologistes, socialistes, communistes et LR. Voilà les forces politiques sur lesquelles il y a une tentative d'ouverture, avec Marocains à la clé peut-être, mais dans le monde idéal pour s'en sortir, sortir du blocage, il cherche des ministres d'ouverture individuelle à droite et à gauche hors RN, hors LFI. Et pour l'instant, ce ne sont que des coups de fil. Olivier Véran a trois chargeurs de téléphone portable pour tenir la journée, on en est là, pour essayer de voir... Comment dire ?

L'idée, c'est de trouver des relais à peu près constructifs, ouverts, pas trop hostiles dans chaque groupe, sauf LFI, sauf RN, qui pourraient eux-mêmes influencer ensuite à l'intérieur de leur groupe. Mais c'est vraiment un travail, comment dire, qui échappe évidemment au grand public. Alors, on va revenir à cette mécanique-là, surtout le temps qu'elle peut prendre également. Je voudrais qu'on écoute la question de Joël, ou en tout cas la remarque de Joël d'abord. Bonsoir Joël.

11:44
Présentateur

Bonsoir.

11:44
Invité

On vous écoute.

11:47
Présentateur

En fait, depuis que je suis la politique qui est directement liée aux législatives, et même avant à l'élection présidentielle, j'entends partout, dans toutes les sortes de médias, que ce soit des médias de droite ou des médias plus orientés à gauche, on entend une remise dos à dos des extrêmes. Mais alors que ce soit des extrêmes dans leur position dans l'hémicycle, je veux bien, mais les renvoyer dos à dos au niveau des idées, je trouve ça incroyable, quoi. Incroyable. Moi, j'ai voté pour l'ANUPS. Je ne me sens pas du tout d'extrême-gauche. Je ne suis pas pour une révolution bolchevique.

En revanche, quand je vais voir un spectacle à Paris, je constate qu'il y a encore des gens qui dorment dans la rue et qui n'ont pas à manger. J'entends comme tout le monde les difficultés des gens qui ont des tout petits revenus.

12:41
Invité

Et c'est le sens de votre vote, Joël, c'est ce que vous dites, qui n'a rien à voir effectivement avec un vote extrémiste. On vous relaie juste ce qui est dit aujourd'hui chez les proches d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas la position d'un média qui dit il y a extrême-droite et extrême-gauche. C'est eux qui considèrent que le paysage est fait ainsi. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron, lors du vote de dimanche dernier, a sans doute, et c'est ce que regrettent certains, y compris parmi ses fidèles, parmi ses troupes, a récolté ce qu'il a semé.

Souvenez-vous, dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, il a dragué quand même lourdement les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en reprenant par exemple dans ses discours le nom du programme, l'avenir en commun, en reprenant le concept de planification écologique, disant que la première ministre serait chargée de ce thème. Et dans l'entre-deux-tours de ses législatives, il a mis effectivement le Rassemblement National et la France Insoumise sur le même plan en disant que c'était les extrêmes. Souvenez-vous du discours la semaine dernière sur le tarmac d'Orly avant de s'envoler pour la Roumanie, où il dit en gros, soit vous votez pour moi, soit vous êtes dans le champ anti-républicain.

Ça, certains autour de lui disent c'était une très grosse erreur et ça a radicalisé des électeurs de gauche qui n'auraient peut-être pas voté pour la NUP parce que Jean-Luc Mélenchon, mais qui là se sont dit il faut sanctionner Emmanuel Macron, moi il me dit que je suis anti-républicain, puisque c'est comme ça, allez je vote pour la NUP. Ou qui ne sont pas allés faire barrage. Moi j'ai rencontré beaucoup d'électeurs sur le terrain, des électeurs de gauche, qui disaient là le duel de second tour, c'est LREM contre RN, j'y vais pas. Ils se débrouillent en fait.

Parce que à cause, enfin à cause de ce discours du tarmac qui a beaucoup marqué les gens, et voilà, qui ont dit, on laisse tomber, on n'y va pas. Donc ça veut dire qu'il y a encore des... Comment je vais formuler ça ? Il y a encore de l'apprentissage à faire, y compris dans les mots choisis, avant d'entrer dans ce qui ressemblera en tout cas à un début, si ça ne s'appelle pas une coalition, ça s'appelle en tout cas à un début de consensus d'un côté et de l'autre des allées. Et la première chose qu'a demandé Adria Quintenins, qui représentait les Insoumis avec Mathilde Panot à l'Elysée ce matin, ce qu'il a demandé Emmanuel Macron, c'était considérez-vous, M.

le Président, que les Insoumis sont dans le champ républicain ou n'y sont pas. Ils sont républicains, leur a répondu le Président, à propos rapporté par Adria Quintenins. Mais voilà, il est même obligé de revenir en arrière sur le clivage extrême qu'il a voulu poser dans l'entre-deux-tours pour créer un électrochoc qui n'a pas fonctionné. Denis, bonsoir. Bonsoir. On vous écoute.

15:09
Auditeur

Oui, je rejoins un petit peu l'analyse de l'ensemble des interlocuteurs ou bien des communicants sur votre chaîne. Personnellement, moi, je suis sidéré par l'attitude de l'ensemble des partis politiques qui devraient, à l'exemple des Allemands, s'orienter vers une grande coalition qui irait dans le sens d'un projet commun face aux défis climatiques, aux défis où on a une guerre quand même aux portes de l'Europe, on a une situation sociale où des gens sont en très grande difficulté. Et là, on assiste à quoi, finalement ? À une partie de récréation qui me rappelle la 4e République où chacun disputait un poste à qui il ferait une concession.

Mais je trouve que l'attitude de l'ensemble des partis politiques est lamentable. Et après, on s'interroge sur le taux d'abstention. 26 millions de personnes qui s'abstiennent, mais ils vont creuser encore le fossé de plus en plus avec cette attitude.

16:11
Invité

Denis, merci beaucoup. Et c'est vrai que cette question, elle a été posée dès le premier téléphone sonne, juste après les résultats lundi. C'est le message qu'ont envoyé les électeurs. Alors, est-ce que c'est de dire bloquer tout ou est-ce que c'est de dire parlez-vous ? Et des questions qu'on a là depuis le début et qu'on a depuis dimanche dernier, c'est vraiment des choses qui disent parlez-vous. Le message qu'on a voulu envoyer, c'est une politique nouvelle, c'est d'arriver à se parler.

Est-ce que vous diriez, Anne, souhaitement qu'il y a une vraie différence entre les vieux de la vieille des partis, en fait, donc les partis et aussi les électeurs qui, à l'image de Denis, demandent autre chose que peut-être les transactions, les tractations et les mécaniques qu'on voit aujourd'hui ? En fait, moi j'ai l'impression que, pour prendre les LR, puisque c'est un bon enfant, aux LR, vous avez ceux qui pensent aux partis et qui se disent, si on travaille avec Emmanuel Macron, quelle est notre identité ? On est déjà tout petit, on va disparaître.

Et puis vous avez les élus, notamment ceux qui sont des nouveaux élus là, qui sont souvent maires, qui travaillent dans des collectivités locales, régionales, qui sont habituées à travailler avec des oppositions, à bâtir des majorités, notamment les maires, qui travaillent avec beaucoup de gens qui sont non-étiquetés et qui disent exactement ce que vient de nous dire l'auditeur. Mais en fait, moi, dans la gestion de ma ville, j'ai l'habitude de faire des compromis. Tous mes administrés me disent, mais il ne faut surtout pas bloquer, il ne faut surtout pas qu'il n'y ait plus aucune loi qui puisse passer. Donc il faut absolument apprendre à travailler comme ça.

Mais c'est vrai que ce n'est pas la culture politique française. Non, mais c'est peut-être aussi une question de génération, en fait. Est-ce que c'est une question de génération, Yael ? Peut-être, mais moi, j'en ai un petit peu marre qu'on fasse sans arrêt le procès automatique de la 4e République. C'est un peu trop facile. C'était une autre façon de concevoir.

Alors c'est vrai que les gouvernements tenaient 7 mois en moyenne sur 11 années, mais la Sécu, le SMIG à l'époque, les HLM, la 3e semaine de congés payées, la refondation complète de la fonction publique, la construction de la CECA, construction européenne, charbon et acier, la CE, l'adhésion à l'OTAN, le programme nucléaire civil et militaire, tout ça, le pont de Tancarville, le paquebot France, tout ça, c'est la 4e République. Mais on l'a vite évacué, parce que dans la légende française et dans la geste gaullienne, il faut toujours considérer que ce qui était avant n'était que le régime des partis. Mais ce n'est pas forcément ça, le régime des partis, c'est aussi l'art du compromis.

Il y a 17 pays sur 27 en Europe qui fonctionnent par coalition. Oui, ce qui a été beaucoup répété, effectivement, dans le 18-20, vous avez raison, Simon ? Oui, Denis faisait la comparaison avec l'Allemagne. C'est une construction historique, quand même, ce régime parlementaire en Allemagne et notre régime à nous de monarchie républicaine. C'est aussi une construction sur plusieurs siècles. Est-ce qu'on peut revenir, comme ça, en quelques jours, sur une culture forgée sur 300 ans ? Je ne sais pas si c'est possible. En tout cas, c'est peut-être souhaitable. Mais combien de temps ça va prendre ? Là, on parle de 10 jours.

Avec Emmanuel Macron, on dit qu'il ne prendra pas de décision avant 10 jours. Ce soir, il va tracer des perspectives. Il va dire aux Français, j'ai entendu votre message. Après, il va partir pour cette séquence diplomatique. Et puis, on verra quand il reviendra début juillet. Si c'est 10 jours, c'est déjà un immense exploit. Moi, je pense que ça prendra des mois et des mois. Et d'ailleurs, au sein de la majorité, alors c'est peut-être une façon d'ouvrir le parapluie aussi, mais beaucoup disent, là, on est parti pour une crise de plusieurs mois. Les Français vont se rendre compte que ce système multilatéral n'est pas viable. Et Emmanuel Macron n'aura d'autre choix que de dissoudre.

Peut-être que ça l'arrangera. Mais en tout cas, on évoque déjà autour de lui cette dissolution. C'est bien qu'on est vraiment face à une grande inconnue et on ne sait pas si le problème est soluble. Sauf que dans ces mois et mois, effectivement, qui seront un petit peu chaotiques, comme vous dites, il faudra bien qu'on soit sûr d'un gouvernement, avec donc un ou une première ministre, avec un remaniement, puisqu'il y a un remaniement à venir, ça, ça va se produire quand ? Ça, un gouvernement, il peut y en avoir un. Il y a un groupe qui est majoritaire à l'Assemblée qui a une majorité relative, mais il y aura un gouvernement, ça, c'est pas un problème.

Est-ce qu'il pourra faire voter des textes ? Ça, c'est une autre question. Alors voilà, parce que le sens de ma question, c'était, on voit bien le tempo qu'a été celui d'Emmanuel Macron après les élections présidentielles. C'était un tempo effroyablement long avant la première ministre, avant le gouvernement. Est-ce que là, dans cette situation-là, il a le droit, enfin, il a le droit, il a tous les droits, mais est-ce qu'il faut réellement, est-ce que c'est une bonne idée de prendre là aussi un temps considérable pour au moins pouvoir dire écoutez, on discute encore, mais au moins il y a des gens au travail là.

Il n'a pas vraiment le choix, en fait, parce qu'aujourd'hui, il n'a pas, ce que je disais au début, il n'a pas les cartes en main, il ne voit pas clair parce qu'il n'a pas la remontée de ce qui se passe dans chaque groupe de comment, notamment chez les LR, qui est le groupe pivot le plus scruté en ce moment par les ministres et par l'exécutif, comment, dans ce groupe LR, il peut y avoir à un moment donné des gens dits, entre guillemets, de bonne volonté qui iraient travailler dans ce gouvernement avec Emmanuel Macron et qui feraient des passerelles avec l'Assemblée pour faire passer des textes.

Il n'a pas les cartes en main, donc il n'a pas d'autre choix aujourd'hui que de garder Elisabeth Borne tout pendant que le brouillard ne s'est pas dissipé. Et l'heure de vérité, c'est le 5 juillet, discours de politique générale, est-ce qu'Elisabeth Borne pourra passer ce test sans passer par un vote de confiance ? C'est l'une des équations qui n'est pas résolue aussi. On voudrait savoir, l'opposition va réclamer un vote de confiance pour essayer de la mettre en minorité. Et s'il n'y a pas, il y aura aussi des motions de censure. Et toutes les oppositions coalisées peuvent faire tomber le gouvernement.

Sur cette première échéance, justement, du discours de politique générale et peut-être du vote de confiance, qui est intéressant, sans trahir ce qu'on n'a pas le droit, ce qu'on ne peut pas raconter parce que c'est qu'une personne qui nous l'a dit, vous avez en ce moment des ministres qui jaugent des élus et leur demandent le niveau d'opposition, mais justement, on pose la question, est-ce que vous pourriez vous abstenir au vote de confiance et donc permettre de faire passer ce discours de politique générale ? Donc c'est vraiment le mécano qui est en place. Il y a des vrais tableaux Excel avec des flèches pour savoir qui est le plus... Des listes qui sont en train d'être établies.

Mais je trouve ça intéressant parce que dans les démocraties, notamment anglo-saxonnes, je crois que c'est ensemble qu'on en parlait, il y a ce qu'on appelle des WIP, c'est-à-dire des gens dont c'est le métier d'aller chercher les votes, de les arracher les uns après les autres. Là aussi, on se dit que, telles que nos institutions sont faites, il manque peut-être des personnages précisément pour pouvoir les fabriquer, ces coalitions, même si c'est des coalitions le temps d'un vote, non ? Est-ce qu'on a les... En Marche avait tenté de mettre en place ces postes-là à l'américaine, effectivement, au début de la mandature en 2017, si mon souvenir est bon.

Ça n'avait pas tellement marché parce qu'encore une fois, le groupe d'Emmanuel Macron avait la majorité absolue et très très largement, donc il n'y avait pas besoin en fait finalement d'aller chercher et arracher un par un avec les dents, les votes texte par texte. Là, effectivement, ça va peut-être revenir au goût du jour parce qu'ils vont trouver toute leur utilité. C'est whip. Whip, ça veut dire fouetter. C'est bien ça dans les sens figurés, bien sûr. Oui, parce que moi, mais vous savez que au début d'House of Cards, le personnage principal est whipman. Ça vous donne une idée de ce que ça veut dire ? Oui, il finit un peu mal. Allez, Philippe est avec nous. Bonsoir, Philippe.

22:46
Présentateur

Oui, bonsoir. On parle d'heure de vérité. Moi, j'ai l'impression que c'est peut-être aussi l'heure de vérité pour la nuit finalement parce que Jean-Luc Mélenchon a fait vraiment preuve d'un grand flair politique pour se présenter comme un futur Premier ministre mais en réalité, il a fait un groupe qui a rassemblé plusieurs parties et là, finalement, il n'est pas à l'Assemblée. Il n'a pas été élu député puisqu'il ne s'est pas présenté.

Par contre, on entend parler à nouveau de remettre en selle éventuellement des socialistes et des écologistes qui pourraient même, pourquoi pas, entrer dans un gouvernement puisque certains ministres soi-disant de gauche sont en train d'essayer de les débaucher. Et donc, finalement, non seulement se pose cette question d'une nupe qui finalement finit par être complètement dupes et dupées et peut-être un retour à une vieille gauche qui se coalise avec Macron et qui fait ce qu'ont fait les éléphants socialistes, c'est-à-dire une politique de droite.

23:41
Invité

Et bien voilà pour la remarque de Philippe. Qu'est-ce qu'on en dit les uns les autres autour de la table ? Est-ce qu'il s'est trompé, notamment Jean-Luc Mélenchon, en n'allant pas à l'Assemblée, donc en n'étant pas là parce que tout, c'est le Parlement, c'est l'Assemblée nationale. Est-ce qu'il s'est trompé en n'ayant pas une place centrale là-bas ? Oui, ça étonne parce qu'il avait, Marine Le Pen va être à la tête de son groupe de 89 députés parce que toutes les, c'est the place to be, le Parlement désormais, l'Assemblée nationale, c'est là où tout va se nouer, se dénouer alors que c'était un lieu qui était beaucoup moins sous les projecteurs avant cette élection législative.

Donc, on le voit bien, Jean-Luc Mélenchon, son mandat a expiré hier à minuit, mais il n'a eu de cesse depuis lundi de se montrer parmi les siens, de faire la photo, le point levé, d'être là absolument, sauf que ce n'est plus sa place institutionnelle et à un moment donné, on lui renvoie un boomerang, les opposants lui renvoient un boomerang. Que faites-vous à l'Assemblée alors que vous n'êtes pas député ?

Cet argument est assez redoutable et puis il a vite rectifié le tir par rapport à la NUP, pour revenir à la question de la NUP, en disant il faudrait un groupe unique, il a vite tout de suite pris un tir de barrage des communistes, des socialistes, des écologistes qui avaient passé un contrat avec lui pour retrouver leur groupe derrière et vite il a dit... Et il a fait marche arrière lui-même en disant j'ai peut-être été un peu trop vite. Est-ce qu'à l'inverse et de l'autre côté, Elodie Forré, Marine Le Pen sait à cet instant et à ce stade quel sera le rôle, quel genre de tampon ou pas elle jouera, son groupe entier jouera à l'Assemblée nationale ?

Alors, son groupe Marine Le Pen, là pour l'instant, déjà elle marche sur l'eau parce que c'est quand même sa victoire, non mais c'est la victoire de sa vie en fait, d'arriver avec 88 députés à l'Assemblée nationale.

La stratégie aujourd'hui du Rassemblement national, elle est claire, c'est de se dire on a envie d'être dans 5 ans une alternative crédible, donc nous ce qu'on voudrait justement, c'est d'être une opposition constructive qui ne danse pas sur les tables, qui ne fait pas, je les cite, des pitreries à l'Assemblée nationale comme on peut faire les Insoumis il y a 5 ans, c'est le contre-modèle, et donc voilà, être une opposition constructive qui peut voter des textes, par exemple, pouvoir d'achat, ils le disent, si jamais le pouvoir d'achat, le paquet pouvoir d'achat, on trouve ça, que ça va dans le bon sens pour les Français, on le votera, eux, ça leur permet de dire vous voyez, on est responsable, on est raisonnable, c'est là toute la difficulté, parce que pour Emmanuel Macron, s'il s'appuie sur des gens du RN pour voter ses textes, ça peut aussi donner au RN un argument pendant 5 ans, et puis Marine Le Pen, effectivement, et là par rapport à Jean-Luc Mélenchon, elle a une place de choix, en fait, en étant à l'Assemblée comme elle va l'être pendant 5 ans, clairement, là, ça la relance, en tout cas, pour son avenir politique, au contraire de son dauphin, Jordan Bardella, qui lui a peut-être commis une erreur en n'y allant pas.

Moi, je repasse de la droite à la gauche de l'hémicycle pour reparler du groupe NUP qu'a évoqué Jean-Luc Mélenchon, c'est vrai qu'il a pris un tir de barrage, comme disait Yael, de ses partenaires qui ont dit que ce n'était pas du tout notre accord, on avait dit qu'on aurait 4 groupes, chacun le sien, mais personne n'avait prévu, et surtout pas eux, que le RN serait aussi fort en face, et ça, ça change tout, l'Assemblée Nationale, aujourd'hui, c'est le premier groupe d'opposition, ça veut dire que des postes clés au sein de l'Assemblée Nationale vont lui revenir que Marine Le Pen aura ce statut de première opposante, qu'elle est la présidente du groupe et qu'elle sera donc plus audible que Jean-Luc Mélenchon et ses troupes.

Donc, je ne parierai pas que cette question du groupe unique dans les prochains jours ne reviendra pas sur la table et que si, surtout, les premiers débauchages commencent chez les socialistes, chez les écologistes qui commencent à partir chez Emmanuel Macron, finalement, ces groupes-là se diront on a tout intérêt à se serrer les coudes et à occuper cette place de premier groupe d'opposition. Mais sur les commissions, notamment, et le fait que, oui, par exemple, la Commission des Finances c'est le groupe le plus important, le groupe d'opposition le plus important, etc. C'est l'usage. C'est exactement la question que j'allais vous poser.

On a entendu Gérard Larcher aujourd'hui dire « Moi, je trouverais normal que ça revienne au Rassemblement National puisque c'est l'usage et que ça l'est depuis si longtemps. Maintenant, effectivement, il n'y a pas de loi, il n'y a rien d'écrit. Est-ce que ce serait une première ? Est-ce que vous savez ça ? Je ne veux pas vous piéger les uns des autres si on décidait de sortir de l'usage et qu'on agissait différemment et auquel cas on agit comment, d'ailleurs ? Si on soutient la lettre du texte, c'est un règlement de 2009 suite à une volonté de Nicolas Sarkozy de donner plus de place à l'opposition et c'est un membre des oppositions mais sans dire laquelle.

On ne dit pas si c'est le premier groupe, le deuxième groupe, le troisième groupe, un membre étiqueté opposition. Donc, est-ce que dans le schéma à venir la semaine prochaine, le vote sera réservé aux opposants ? Donc, LR plus RN plus NUP auquel cas, rien ne dit que le candidat RN sort gagnant. Est-ce que pour empêcher ça, à un moment donné, la majorité dira c'était qu'un usage, finalement on veut voter, on veut prendre part nous aussi à l'élection du président de la commission des finances. Alors, pour le coup, c'est un autre candidat qui peut sortir du chapeau au nez à la barbe des oppositions qui diront mais c'était à nous de le faire.

On ne voit pas très bien comment NUP, LR et RN peuvent trouver un accord sur le même profil. Après, ça dépend aussi qui, par exemple, dans la NUP, avec le profil de Valérie Rabault qui est l'invité demain de la matinale, moi j'ai quelques LR qui m'ont dit on pourrait peut-être voter pour Valérie Rabault parce qu'elle aurait un profil plus raisonnable comparé à un insoumis par exemple ou un RN. Donc, les choses sont mouvantes. En tout cas, ça paraît peu probable que le RN remporte cette présidence de la commission des finances, enfin, quel que soit le scénario. Par contre, ils vont demander d'autres postes clés. Ils vont demander une vice-présidence, pourquoi pas une question.

Ça sera quand même compliqué de les exclure totalement des postes clés de l'Assemblée. Jeanne est avec nous. Bonsoir Jeanne. Bonsoir à vous tous. Merci de prendre mon intervention. Effectivement, compte tenu du contexte international vraiment critique et du chaudron social sur lequel nous sommes assis, je pense que les députés, quels qu'ils soient, n'ont pas le choix, seront condamnés à être, s'agissant de tous les thèmes régalien, santé publique, instruction publique, sécurité, relations étrangères extérieures. Ils se feront une raison qu'on aime ou pas M. Macron. Moi, je n'ai jamais voté pour M. Macron.

Ils le soutiendront pour tout ce qui est régalien parce qu'il faut bien que le pays tourne. Et sur le plan intérieur, il y a des problèmes sociaux qui risquent de nous péter à la figure en septembre. Ils vont, bien que la configuration des institutions de la Ve République nous montrent que là, il s'agit d'une situation inédite. Ils vont être obligés d'être derrière le président de la République pour qu'il y ait un minimum de gouvernance. Et par contre, s'agissant du renouvellement du personnel à l'Assemblée nationale, moi, je suis extrêmement satisfaite de voir que des personnes proches de la sociologie soient là, comme Rachel Kéké.

Je pense que la politique de la procrastination et de l'étouffement des dossiers qui, malheureusement, très souvent le cadre chez les gens issus des grandes écoles, elle est terminée. On a vu ce que ça a donné et qu'il faut maintenant aller dans la réalité des dossiers. Jeanne, merci beaucoup. Merci pour votre intervention. Yaël, est-ce que Jeanne a raison ? De fait, il va bien falloir être obligé de s'entendre avec Emmanuel Macron ou ça marche dans l'autre sens ? De fait, ils auront suffisamment de poids pour pouvoir tordre le bras d'Emmanuel Macron. Ça marche vraiment dans les deux sens cette affaire. À un moment donné, les Français regardent ce qui se passe aussi.

Et donc, l'Assemblée va être sous les projecteurs. On va peut-être même en parler beaucoup plus que les années précédentes de ce qui s'y passe. Et à un moment donné, ils sont face aussi à l'histoire et aux enjeux, les députés. Il ne s'agit pas juste de jouer avec je t'aime, je t'aime pas. C'est les dossiers. On en revient à Marc qui disait au début urgence climatique, qu'hôpital, etc. Ça transcende nos clivages partisans. Mais ça veut dire, Simon, ça veut dire qu'on rebâtit un dispositif politique pour Emmanuel Macron ? Ah oui, ça veut dire, on le disait au début, il faut rebâtir totalement et reconstruire son logiciel.

Cette conception du pouvoir hyper personnifié, hyper centralisé, il va devoir l'oublier, ça c'est sûr. Édouard Philippe dit, en plaidant pour ce qu'il appelle sa grande coalition, ce ne pourra pas être à 100% le programme d'Emmanuel Macron. Ça ne pourra pas être non plus totalement le programme de telle ou telle opposition. Il va falloir trouver des compromis. Ça, encore une fois, ce n'est pas du tout dans la culture politique française. Il y a aussi, derrière ce discours, du côté d'Emmanuel Macron, une certaine stratégie, c'est-à-dire celle de mettre les oppositions devant leurs responsabilités.

On l'entend depuis dimanche soir, d'ailleurs, si le pays est bloqué, ce sera de leur faute, ce sera elles qui seront responsables. Nous, on leur tend la main. Comme on disait, ça se verra. C'est ça qui est intéressant. C'est aussi pour ça qu'Emmanuel Macron parle ce soir. Je vous tends la main. Maintenant, les Français l'ont vu. Il y aura 20, 30 millions de Français peut-être devant leur télévision ce soir. Tout le monde a vu que je vous tendais la main. Si le pays est bloqué, ce sera de votre responsabilité.

Qu'est-ce qu'on dit de l'affaiblissement de l'autorité présidentielle à l'intérieur de notre pays, bien sûr, mais aussi, puisqu'on va rentrer là dans une séquence internationale qui est une très très longue séquence. On va la rappeler, c'est quand même très important ce qui va se passer à Bruxelles puisqu'on parle de l'entrée, de la première étape, on va dire, de l'entrée de l'Ukraine, peut-être de la Moldevie dans l'Union Européenne. On parle derrière d'un sommet de l'OTAN qui va se passer à Madrid. Il y a le G7. On parle du G7 à Munich, juste avant Madrid. On parle ensuite des rendez-vous importants. On parlait de climat au sujet des océans. Ça se passe à Lisbonne.

C'est quand même une sacrée séquence. Ça va durer 7 jours. Qu'est-ce qu'on dit de... Quel est le président Macron qui se présente devant les autres ? Vous avez 20 secondes pour ça, Yael Gauze. Bienvenue au club. Bienvenue au club. Je crois qu'à Bruxelles, c'est ça un petit peu qui tourne. Combien de jours ? 580, je crois, sans Premier ministre en Belgique parce qu'il fallait se mettre d'accord. Bienvenue au club. Bienvenue dans la vraie politique du compromis et au pouvoir relatif. Non absolu. L'intervention du président de la République, elle est à 20 heures pile. Donc on va laisser passer un tout petit peu de temps pour se retrouver à peu près une minute avant.

Essayer de voir en une minute ce qu'il pourrait dire et ce qu'on en attend. C'est juste après ça. A tout de suite.