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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 19 décembre 2025 10 min

Éric Coquerel, député LFI, est l'invité politique de la matinale de franceinfo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Éric Ocrel. Dans un peu plus d'une heure, vous allez vous enfermer à H clos avec 13 députés et sénateurs pour tenter de trouver un accord sur le budget. Mais sincèrement, quand on voit les positions des uns et des autres, des positions très arrêtées, est-ce qu'il y aura un accord ?

Je ne crois pas. Je crois qu'il y a 9 chances sur 10 qui est pas un accord sur la ce qu'on appelle la CMP. Alors, pas tant parce que la commission mixte par ne pourrait pas se mettre d'accord parce que majoritairement à une voie prê mais elle est la droite et le socle commun, ils sont majoritaires.

Simplement euh de ce qu' ce que je comprends, c'est que le gouvernement ne souhaite pas qu'il y ait un accord qui sort de la CMP qui soit ensuite battu à l' au Sénat et à l'Assemblée pour éviter une humiliation au premier ministre pour éviter une défaite de plus parce que je vous rappelle qu'au alors en première lecture cette ce PLF a été battu par 477 voix contre une. Donc je pense que du coup il pousse à ce que en réalité la CMP ne soit pas conclusive et qu'une loi spéciale soit édictée dès lundi qui permettra de passer l'année et puis tout tout ce monde reviendra en janvier pour essayer de discuter d'un budget. Est-ce que vous avez eu Sébastien le cornu cette semaine puisque on sait qu'il a rencontré les les deux rapporteurs qui a eu des coups de fil à droite et à gauche ?

Non non, il m'a pas parlé et je pense qu' il sait que pour ma part, je suis dans une opposition résolue à au budget du gouvernement qui est un budget, rappelons-le, parce que là, finalement, on parle pas de fond, on parle juste de forme. Mais c'est un budget qui faute d'aller chercher l'argent là où il est, c'est-à-dire dans les poches des ultra riches, là où le gouvernement les a mis depuis 2017, fait finalement les poches de tous les Français à travers des baisses budgétaires de beaucoup de ministères, à travers aussi des impôts augmentés pour les Français. parle fameux euh barem qui ne serait pas indexé euh sur l'impôt sur le revenu et avec une politique en plus mauvaise pour l'économie.

Donc sur le fond, ce budget, il est il est il n'est il n'est pas souhaitable et puis en plus de ça, il n'a pas de majorité. Est-ce que ce gouvernement est minoritaire ? On est toujours sur le même problème depuis le début.

Est-ce que c'est la droite sénatoriale qui empêche tout compromis aujourd'hui ? Puisqu'on a vu, elle a détricoté totalement totalement le le budget. C'est la copie du budget qui est examiné. au la copie du Sénat qui est examinée aujourd'hui.

Est-ce que c'est cette droite sénatoriale qui est un peu montrée du doigt he même par certains ministres ? Écoutez, moi euh je je pointe du doigt d'abord l'Élysée qui depuis juillet dernier a refusé le résultat des urnes, impose des gouvernements minoritaires. Euh et je pointe du doigt aussi ceux qui n'ont pas censuré monsieur le cornu en septembre dernier parce que là il fallait arrêter tout de suite repartir sur les urnes.

Nous on préférait à travers une présentiel anticipé que les Français puissent choisir le cap économique qu'il souhaitait à une nouvelle majorité. Bon ça n'a pas été fait vous savez pourquoi ? parce que le groupe socialiste n'a pas n'a pas censuré monsieur le cornu.

Donc la première responsabilité, elle vient de là. Ensuite, ce qui se passe, c'est que vous ne pouvez pas forcer des oppositions, pouvez pas forcer des groupes à accepter un budget contre ce qui qui le refuse. Et la copie qui sort du Sénat, pour être très claire, c'est la copie initiale du gouvernement, certes aggravé sur plusieurs questions, notamment encore un peu plus de cadeaux fiscaux ultra riches, mais ce n'est que la copie initiale du gouvernement aggravé. ce n'est pas un document tellement différent.

Et donc le problème c'est le texte qui nous est arrivé qui ne peut pas être majoritaire encore une fois. Alors je suppose qu'en en janvier le gouvernement va certainement tenter un cette fois-ci un 493 voilà en cherchant un accord préalable avec socialiste. Une motion de censure.

Mais on sait très bien que ça m'étonnerait que les socialistes votent cette motion de censure. Ils ont trop per raison. Je pense qu'on est reparti.

Tout le monde a trop à perdre. Il y a des municipales qui arrivent. tout le monde, en tout cas ceux qui euh refusent de retourner devant le peuple ont peut-être à perdre.

Mais nous, c'est pas notre notre idée. Euh nous nous avons dit depuis le départ que le peuple est la solution quand la situation est bloquée de cette manière-là. Et c'est vrai que ce que je crains c'est qu'en janvier, on est le remec de ce qui s'est passé avec monsieur Berérou.

Souvenez-vous en février dernier, on avait battu monsieur Barni, on l'avait censuré, on était tout près de pouvoir retourner aux urnes. Et ce qui s'est passé, c'est que le groupe socialiste a non n'a pas censuré monsieur Berou et le budget est passé comme ça et depuis on subit des mois de plus de macronisme. Voilà, c'est un peu le scénario que je redoute encore en janvier.

Alors, il y a un autre combat cette fois qui s'est déroulé à Bruxelles, c'est Emmanuel Macron qui était en première ligne sur le dossier agricole avec le Mercosour. Euh la présidente de la Commission européenne, Zzoua Vanerleyen, elle a annoncé hier le report à janvier de la signature du traité. C'est une victoire pour le président français.

Un premier pas ou c'est reculé pour mieux sauter ? Écoutez, je suis assez inquiet parce que je viens de voir que Emmanuel Macron dit que il est trop tôt pour dire en janvier ce qu'il va faire euh et donc n'exclut pas finalement de de voter ce recru. Bah là, tel qu'il le dit, oui, euh j'ai j'ai accueilli avec euh avec satisfaction le fait que c'était reporté parce que ça donne une chance de plus que cet accord ne soit pas signé.

Euh mais les déclarations d'Emel Macron disant que euh rien n'est fait et que euh si des mesures sont apportées, il pourraient voter euh ce Mercosour m'inquiète. Je rappelle que le Parlement français a l'unanimité à voter contre le Mercosour. Donc on a un problème démocratique par rapport à un projet qui reste mauvais parce que c'est toujours le même.

C'est amener des produits importés en importer des produits en France cultivés fabriqués dans des conditions sociales écologiques moindres et à des prix plus bas. Donc tout ça est et est j'allais dire quelque chose de mauvais pour nos agriculteurs, pour nos industriels et qui participe au grand déménagement du monde qui à mon avis n'est plus d'actualité. C'est la colère des agriculteurs qui a fait durcir le ton à Emmanuel Macron parce qu'il était moins virulent il y a un mois.

Oui. Oui. Ben, vous l'avez dit.

Oui, il était il envisageait de voter de de signer cet accord. Il y a tout. Il y a la colère des agriculteurs, mais il y a aussi encore ce une fois de plus ce vote à l'assemblée qui est quand même unanime.

Là, pour le coup, c'était une niche du groupe France insouisse mon groupe et je crois que Emmanuel Macron sait qu'il y a un refus très large dans le pays du merco. Alors, vous me direz, c'est pas ce qu'il a empêché d'imposer la réforme des retraites quand il l'a imposé. Il avait aussi un refus mais là, il se retrouve dans une difficulté et pourtant il envisage quand même de le signer.

Alors que la position que j'attends de lui, c'est de dire que la France ne le signera pas et qu'en plus si jamais cet accord passait parce qu'il suffit d'une majorité qualifié au niveau européen, et bien la France aurait des mesures de rétorsion. Par exemple, d'arrêter de payer plus au budget européen qu'elle ne reçoit. C'est à peu près un différentiel 9 milliards et en plus ça arrangerait nos finances.

Alors Emmanuel Macron était à Bruxelles. Sébastien Lecornu lui s'occupe de la colère des agriculteurs en France. Hier, il s'est rendu discrètement en Ariège pour rencontrer des éleveurs qui avaient dû abattre leur troupeaux.

Euh ce matin, il reçoit les organisations syndicales agricoles à Matignon. Qu'est-ce qu'il peut leur proposer Sébastien Lecnu ? La seule chose qu'il peut leur proposer, qu'il doit leur proposer, c'est d'arrêter ce système d'abattage total des des bêtes, des élevages pour faire face à à la crise et la dermatose nodulaire.

C'est ça qu'il doit faire. C'est ça qui est exigé. Bon et nous on l'exige depuis le 21 juillet.

Le groupe Éléfi on a écrit le 21 juillet et il y avait eu un cas en sa voix en disant c'est pas ça qu'il faut faire. Il faut se reporter à ce que proposent des organismes de santé européens mondiaux. Ce qui est fait dans des pays comme la Turquie.

Sauf que les scientifiques disent il faut abattre des scientifiques. Il faut abattre totalement les troupeaux. Mais par exemple, l'agence européenne euh de sécurité des aliments, l'OMC animal disent que l'inverse, c'est-à-dire disent que il faut faire des abattages ciblés, des vaccinations massives et des quarantaines plus larges.

Voilà, c'est ce qui est fait en Turquie avec réussite. Donc il y a des scientifiques qui disent ça, d'autres scientifiques disent l'inverse et que je sache, il n'est pas acceptable aujourd'hui à tout niveau pour les éleveurs, mais aussi pour le bien-être animal qu'on doit y réfléchir de de d'être toujours dans un système où vous avez une bête malade et vous vous abattez absolument toutes les tout tout l'élevage. C'est quelque chose qui qui il y a un côté un peu barbare dans cette histoire, excusez-moi, mais en plus qui n'est pas forcément efficace puisque depuis le premier cas en Savoie, c'est c'est ça s'est étendu en France.

On en est à 3900 bêtes abattus, plusieurs départements. Donc il est temps de revenir à une alternative. Euh et moi je n'y peux rien si le gouvernement n'a pas anticiper suffisamment, n'a pas assez de vaccin ou autre, c'est à lui de se débrouiller.

Alors est-ce que ça veut dire pour vous que le gouvernement n'est pas à la hauteur de cette crise qu'il Sébastien Lecornus en est emparé trop tard, il a laissé les choses aller un peu loin ? et ce gouvernement n'est en général pas à la hauteur de toutes les crises. Mais là évidemment et quand quand je constate que on a mis la ministre a mis des mois par exemple expliqué qu'il fallait vacciner davantage, au départ c'était des vaccinations sur des des des territoires très limités.

Donc elle a fini par accepter l'idée qu'il fallait vacciner de manière plus large. Donc tout ça est un retard à l'allumage. Alors ça a peut-être aussi un rapport avec les moyens, les budgets.

On y revient. Je vous fais remarquer que le budget le ministère de l'agriculture baisse depuis 2 ans dans ce pays. Voilà.

Et ben à un moment donné, ça a des conséquences sur les questions sanitaires, sur les questions euh de de surveillance vétérinaire. Et là, il va falloir parler des indemnités aussi pour les agriculteurs puisque les bêtes en quarantaine ne peuvent plus être vendues et les agriculteurs demandent vont certainement demander à Sébastien Lecnu des indemnités. Ça c'est pas encore prévu, c'est sur la table.

Je les soutiens pleinement parce que c'est pas eux qui sont responsables de la situation dans lesquelles ils sont mis et dans lesquelles ils sont face à des à des des situations absolument tragiques. Je sais pas si vous vous rendez compte pour un un agriculteur, une bête est malade et on lui dit d'abattre tout son troupeau. C'est quelque chose qui est insupportable.

Merci Éric Cocrel. Bonne journée. Merci.

Merci beaucoup Bri et merci Cr d'avoir été invité de la matinale de France info.