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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 27 février 2024 21 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉducation & rechercheImmigration & asile

Face à Face : Robert Ménard - 27/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction Robert Ménard ?

  • 2:16RelanceRéponse partielle

    Au point d'envoyer des soldats au sol.

  • 2:56OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon dit que la guerre contre la Russie serait une folie.

  • 3:12OuverteRéponse directe

    Vous n'êtes donc pas d'accord avec elle ?

  • 4:26OuverteRéponse directe

    Ce que vous dites, à l'instant, Robert Ménard, c'est que ça vous inquiéterait que Marine Le Pen accède au pouvoir.

  • 5:16OuverteRéponse directe

    Et ça, vous dites, stop, vous vous battrez contre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:32Invité politiqueFait
    « Et il a raison. Il a raison. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « On comprend bien que la guerre, ça se passe, oui, en Ukraine, mais ça se passe aussi en Russie aujourd'hui. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « Bien sûr qu'il faut les aider. Et il a raison de le dire maintenant. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Il a raison de dire que cette guerre, on ne peut pas la perdre. On ne peut pas la perdre. »
  • 2:12Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas, allez, si on la perd, tant pis, on passe à autre chose. On ne peut pas passer à autre chose. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « D'abord, je ne suis pas sûr qu'il n'y en ait pas qui s'occupent d'un certain nombre d'armements d'ores et déjà par rapport à ce qu'on donne comme armement justement à l'Ukraine. »
  • 3:06PrésentateurFait
    « Marine Le Pen, à l'instant, je ne sais pas si chacun se rend compte de la gravité d'une telle déclaration. »
  • 3:21Invité politiqueFait
    « Pro-russe. Attendez, c'est la mort dans l'âme qu'ils ont applaudi, qu'ils se sont mis du côté des Ukrainiens in fine. »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Enfin, vous plaisantez. Je connais les uns et les autres, en particulier autour de Marine Le Pen. »
  • 3:45Invité politiqueFait
    « Quand même, ça aurait été une énorme connerie de ne pas être du côté des Ukrainiens. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Les pacifistes, historiquement, c'est des capitulards. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « C'est une de mes inquiétudes sur l'élection de Marine Le Pen. C'est évidemment sur la politique étrangère. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « Moi, je lui trouve des qualités sur l'immigration. »
  • 4:42Invité politiqueFait
    « Elle a dit avant tout le monde ce que disent aujourd'hui même les républicains. »
  • 11:00Invité politiqueFait
    « C'est les bouseux de la France, c'est les ploucs de la France. »

Temps de parole

  • Robert Ménard67 %
  • Présentateur30 %
  • Présentateur 23 %

5,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Apolline de Malherbe. Emmanuel Macron, vous les avez entendus, des propos assez spectaculaires hier, plus loin qu'il n'avait jamais été, sur le soutien aux Ukrainiens. Écoutons directement les propos du chef de l'État, c'était hier soir à l'Élysée. Il n'y a pas de consensus aujourd'hui pour envoyer de manière officielle, assumer et endosser des troupes de sol, mais en dynamique, rien ne doit être exclu. Nous ferons tout ce qu'il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. Je vous rappelle qu'il y a deux ans, beaucoup autour de cette table disaient, nous allons proposer des sacs de couchage et des casques.

Et aujourd'hui, ils disent, il faut faire plus vite et plus fort pour avoir des missiles et des tanks. Ayons l'humilité de constater qu'on a souvent eu 6 à 12 mois de retard. Donc tout est possible, si c'est utile, pour atteindre notre objectif. Tout est possible, rien n'est exclu, envoie de troupes occidentales au sol. Quelle est votre réaction Robert Ménard ?

1:32
Robert Ménard

Et il a raison. Il a raison. Vous vous rappelez, au début, il y a deux ans, il fallait envoyer que des armes défensives. Maintenant, tout ça s'est passé à la poubelle. On comprend bien que la guerre, ça se passe, oui, en Ukraine, mais ça se passe aussi en Russie aujourd'hui. Bien sûr qu'il faut les aider. Et il a raison de le dire maintenant. Alors qu'on a de plus en plus de doutes, les rapports de force, il n'est pas aussi évident que ça entre la Russie et l'Ukraine. Les difficultés ukrainiennes, on les mesure, ce n'est pas un gros succès, le moins qu'on puisse dire la dernière tentative d'offensive l'été dernier. Il a raison de dire que cette guerre, on ne peut pas la perdre.

On ne peut pas la perdre. Ce n'est pas, allez, si on la perd, tant pis, on passe à autre chose. On ne peut pas passer à autre chose. Ceux qui disent le contraire oublient dans la même phrase ce qu'est M. Poutine.

2:16
Présentateur

Au point d'envoyer des soldats au sol.

2:20
Robert Ménard

D'abord, je ne suis pas sûr qu'il n'y en ait pas qui s'occupent d'un certain nombre d'armements d'ores et déjà par rapport à ce qu'on donne comme armement justement à l'Ukraine.

2:27
Présentateur

Ce que vous voulez dire, c'est que vous vous demandez si, sans le dire officiellement, il n'y a pas déjà présent sur le terrain un certain nombre de soldats.

2:32
Robert Ménard

Bien sûr, mais ça, ni vous ni moi ne le saurons jamais. Mais ça ne vous choquerait pas. Ça ne me choquerait pas. Non, rien ne me choque. Écoutez, moi je reproche plein de choses à M. Macron. Pas cet accès de vérité. Il a raison de dire qu'aujourd'hui, si on ne fait pas ça, si on exclut ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on capitule, qu'on accepte l'idée que la Russie va gagner sur le sol et que demain elle s'en prendra à d'autres.

2:56
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon dit que la guerre contre la Russie serait une folie. Marine Le Pen, à l'instant, je ne sais pas si chacun se rend compte de la gravité d'une telle déclaration. Emmanuel Macron joue au chef de guerre, mais c'est la vie de nos enfants dont il parle avec autant d'insouciance. C'est la paix ou la guerre dans notre pays dont il s'agit. Vous n'êtes donc pas d'accord avec elle ?

3:13
Robert Ménard

Enfin, c'est les deux mêmes. Pardon. C'est le gros tropisme de cette droite de la droite et de cette gauche de la gauche. Pro-russe. Attendez, c'est la mort dans l'âme qu'ils ont applaudi, qu'ils se sont mis du côté des Ukrainiens in fine. Vous croyez que spontanément, du côté du Rassemblement national ou spontanément du côté de M. Mélenchon, on n'est pas pro-russe ? Enfin, vous plaisantez. Je connais les uns et les autres, en particulier autour de Marine Le Pen. Bien sûr qu'ils sont pro-russes. Ils se sont rendus compte pendant la guerre, parce que c'était en pleine élection. Quand même, ça aurait été une énorme connerie de ne pas être du côté des Ukrainiens.

Mais la mort dans l'âme, là, on retrouve les mêmes. Puis, on a marre de ces pacifistes. Les pacifistes, historiquement, c'est des capitulards. Une fois de plus, ils le sont. Au fond, ils ont une espèce de nostalgie par rapport à un régime russe autoritaire, vous savez, qui fait la loi et tout ça. C'est ce qu'ils sont. C'est fondamentalement ce qu'ils sont. Et moi, ça m'inquiète. Ça m'inquiète d'imaginer demain que des gens qui disent ça puissent être au pouvoir. Vous êtes sûr, vous, si Marine Le Pen, elle avait été chef de l'État quand la Russie a envahi l'Ukraine, qu'elle aurait choisi l'Ukraine ? Vous êtes sûr de ça ? Moi, je n'en suis pas sûr.

4:26
Présentateur

Ce que vous dites, à l'instant, Robert Ménard, c'est que ça vous inquiéterait que Marine Le Pen accède au pouvoir.

4:32
Robert Ménard

C'est une de mes inquiétudes sur l'élection de Marine Le Pen. C'est évidemment sur la politique étrangère. Moi, je lui trouve des qualités sur l'immigration. Elle a dit avant tout le monde ce que disent aujourd'hui même les républicains. Ils n'osaient pas le dire il y a cinq ans. Vous étiez un facho, si vous le disiez. Sur les problèmes de sécurité, pareil. Mais sur la politique étrangère, vous vous rendez compte ? Ils reviennent à leur naturel. Et leur naturel, c'est d'être pro-russe.

4:58
Présentateur

Ce que vous êtes en train de dire, c'est que, effectivement, le naturel revient au galop, qu'ils sont pro-russes, qu'ils ont une nostalgie, dites-vous. Et vous trouvez ça extrêmement inquiétant. Enfin, Marine Le Pen, elle ne prétend pas juste être première ministre. Elle prétend être celle qui, un jour, décidera de la destinée étrangère, internationale de la France. Et ça, vous dites, stop, vous vous battrez contre ?

5:17
Robert Ménard

Je me battrai contre. Ou elle change là-dessus ? Mais elle a changé sur d'autres choses. Rien également. Moi, je me rappelle, en 2017, ce qu'elle disait, vous vous en souvenez, comment ? Ce qu'elle disait, il fallait sortir de l'euro, sortir de l'Europe, je ne sais pas, il fallait sortir et détester Bruxelles. Détester Bruxelles, tu as le droit. Le reste, ça me semble pour bien. Elle a changé. Il faut qu'elle change. Et malheureusement, je croyais, je pensais peut-être, un peu naïvement, que ça lui avait servi de leçon, ce qui s'est passé avec, il y a deux ans, l'invasion de l'Ukraine pour la Russie. Et quand je les entends, je me dis, au fond, même combat.

La France insoumise, Rassemblement national, même combat. C'est le même, pardon, sur les questions sociales et largement, et c'est le même sur la politique étrangère.

5:57
Présentateur

Et sur les questions sociales également ?

5:58
Robert Ménard

Bien sûr. Vous trouvez des différences, vous, entre les programmes du Rassemblement national et de la France ? Pour vous, c'est la même chose ? C'est la même logique ? Regardez sur la retraite. Regardez sur « on a toujours donné plus ». Ce n'est pas des politiques sérieuses. Ce n'est pas des politiques sérieuses.

6:11
Présentateur

Pourquoi vous continuez à les soutenir, alors ?

6:13
Robert Ménard

Je les soutiens quand ils ont raison. Je m'applique, madame, à ne pas donner tort à tout le monde. Si vous me demandez ce que je pense de M. Macron sur un autre, un certain nombre de sujets, je vous dirai, pardon, je vous dirai exactement le mal que j'en pense. Ce matin, vous me demandez s'il a raison. Oui, il a raison. Et il a raison. Le problème de la politique, c'est que les gens ne veulent pas de cette logique-là. C'est-à-dire que si vous êtes dans l'opposition, il a toujours tort. Et non, là-dessus, ce matin, il a raison.

6:38
Présentateur

Robert Ménard, il y a des élections bientôt. Je tire le fil parce qu'effectivement, à un moment ou à un autre, votre voix a pesé aussi pour humaniser, en quelque sorte, Marine Le Pen. Vous étiez un des premiers à la rejoindre. Aujourd'hui, vous dites votre défiance sur cet aspect-là du programme de Marine Le Pen. Et pas seulement, puisque non seulement vous avez parlé de la politique étrangère, mais vous venez d'évoquer également sa politique sociale. Il y a des élections. Quel bulletin mettrez-vous dans l'urne aux européennes ?

7:05
Robert Ménard

Aux européennes ? Oh là, écoutez, alors, vous allez trouver que je m'évite à un choix. Je voterai pour mes copains chasseurs. Pas parce que je suis chasseur, mais parce que ce qu'ils disent dans ma région me touche. C'est un vote de copains.

7:17
Présentateur

Ah, vous voterez pour des copains ? C'est marrant, ça ?

7:20
Robert Ménard

Non, ce n'est pas marrant.

7:21
Présentateur

Non, ça vous paraît...

7:21
Robert Ménard

Ça me paraît tout à fait bien. Mais vous êtes d'accord avec leurs idées, quand même ? Ce n'est pas juste parce que c'est copain ? Jamais. Vous ne vous croyez pas pour un imbécile. Ce n'est pas parce qu'ils sont mes copains. Non, c'est des copains qui défendent la ruralité, qui défendent cette France que j'aime, cette France que je représente. Vous savez, madame, il y a 40% des Français qui vivent dans des villes de moins de 25 000 habitants. Cette France-là, elle n'est jamais défendue. Cette France qui aime tout ce qu'il fait, le petit...

7:47
Présentateur

Je prétends les défendre et dire être le candidat de la France des oubliés.

7:51
Robert Ménard

Je crois qu'on ne doit pas avoir la même conception de la France des oubliés. Je ne crois pas qu'ils soient là dans tous les combats. Quand moi, je me bats, je me retrouve dans un certain nombre de manifestations, ce n'est pas simplement parce qu'on en parle à la télévision, c'est parce que ce sont mes copains, les gens que je défends, les gens qui vivent à côté de moi et les gens avec qui je vais me retrouver.

8:09
Présentateur

Ce que vous êtes en train de dire, Robert Ménard, c'est que si Jordan Bardella s'est précipité dans les fermes des agriculteurs, c'est uniquement parce qu'on les voyait à la télévision.

8:19
Robert Ménard

Un petit peu. Bon, écoutez, je connais les représentants de la viticulture du Rassemblement National, je ne les vois jamais. Je ne les vois jamais. Je ne vais pas citer tel ou tel nom, c'est juste ça la réalité. Quand je vois Jordan Bardella changer d'avis du jour au lendemain sur la question du revenu minimum, il faut juste faire attention. Alors, tu rencontres un jour des paysans qui te disent c'est bien le revenu minimum, tu es pour. Le lendemain, tu rencontres des responsables d'un certain nombre d'organisations paysannes qui te disent le contraire. Tu changes d'avis, ce n'est pas sérieux tout ça. Ce n'est pas sérieux.

C'est peut-être la méconnaissance de ces dossiers-là, c'est aussi simple que ça.

8:52
Présentateur

Sur la même question des prix minimum, également appelé prix plancher, même si on n'a pas très bien compris si c'est des prix plancher ou des prix minimum, Emmanuel Macron lui-même a changé d'avis, avait dit qu'il n'était absolument pas favorable aux prix plancher avant de finalement promettre aux agriculteurs samedi des prix plancher. Vous là-dedans, vous dites quoi ?

9:10
Robert Ménard

Attendez, vous me posez une question sur M. Bardella, je vous réponds. Vous me posez une question sur les changements de pieds. Vous avez raison, les changements de pieds de M. Macron, il y en a tellement, on pourrait en faire une liste, ce serait une liste à la prévère de ces changements de pieds continuels. Moi, ce que j'en pense, je l'ai déjà dit. Un certain nombre des gens que je connais dans la viticulture, ils sont favorables. En même temps, j'ai entendu un certain nombre... Moi, je ne suis pas un spécialiste de ces questions-là. Donc, je fais très attention à ce que je dis là-dessus.

J'ai vu qu'un certain nombre de responsables viticoles ou agricoles me disent « Oui, mais attention, fais gaffe à ce que tu dis, parce que demain, ça ne pourrait devenir pas des planchers, mais ça serait le prix moyen et tout ça. Qu'est-ce qu'on va faire par rapport à la concurrence ? Si les Espagnols, dans le vin, ils sont moins chers, est-ce que ça ne peut pas nous jouer des mots et tout ? » Je ne sais pas. Je pose la question, je leur fais confiance. Mais je ne change pas d'avis toutes les cinq minutes.

10:03
Présentateur

En tout cas, vous êtes au minimum prudent sur la question des prix planchers. Prudent. Robert Ménard, puisqu'on est sur le salon de l'agriculture, Gabriel Attal y est d'ailleurs en ce moment même, il y est arrivé ce matin à 7h. La visite d'Emmanuel Macron, vous l'avez vu, a été particulièrement chaotique. Il accuse d'ailleurs, Jordan Bardella, au fond comme vous, d'avoir peut-être soufflé sur les braises d'une colère agricole. Est-ce que la réponse, c'est de sortir plus de l'Europe ? Est-ce que vous condamnez, comme Jordan Bardella, l'Europe à avoir, avec la PAC, abîmé les revenus agricoles ? Quelle est votre vision de la colère agricole ?

10:39
Robert Ménard

Elle va bien au-delà de ça. C'est pour ça que même si vous apportez des réponses techniquement satisfaisantes, ça va bien au-delà de ça. Je pense, je viens de vous le dire sur une autre question, je pense qu'il y a un sentiment d'abandon, moi je le vois chez moi, de mépris. C'est-à-dire que c'est les bouseux de la France, c'est les ploucs de la France. Et ça, c'est partagé par l'immense majorité de la classe politique. Je pense qu'il y a ça, il y a ça. Ensuite, sur l'Europe, moi je ne pense pas du tout qu'il faille moins d'Europe, je ne suis pas fou. Enfin, attendez, la PAC, ça a des défauts, mais ça permet aux viticulteurs et aux agriculteurs, chez moi, d'avoir une partie de leur revenu.

Il ne faut quand même pas dire n'importe quoi. Nous, ce qu'on a besoin, c'est plus d'Europe, pas moins d'Europe. Quand à 80 kilomètres de chez moi, un certain nombre de produits phytosanitaires sont utilisés par des viticulteurs espagnols et ça leur permet de produire plus et moins cher, on n'a pas besoin de moins d'Europe, on a besoin que les mêmes règles soient appliquées dans tous les pays européens. Le reste, c'est de la démagogie. Mais vous savez, la classe politique française, et pas que le Rassemblement National, je vous le dis, c'est quand même le bouc émissaire formidable, Bruxelles.

Quand vous ne savez pas quoi dire, quand vous n'avez pas de réponse à des questions, c'est de la faute de Bruxelles. Il faut juste arrêter avec cette démagogie-là.

11:54
Présentateur

Robert Ménard, l'uniforme a donc fait son entrée dans les écoles de votre ville. C'est la première fois hier que des élèves étaient en uniforme. Est-ce que vous avez un bilan de la première journée d'abord ? On les a vus très heureux, on les a vus souriants d'avoir leur nouvelle veste, leur nouveau blazer au début de la journée. Est-ce que la satisfaction, y compris du côté des professeurs, était la même à la fin de la journée ?

12:19
Robert Ménard

On va voir, là oui, dans la journée, ça allait bien. Mais on va voir. Attendez, mais c'est l'intérêt d'une expérimentation. Dans ce pays, on n'expérimente rien. Les gens, vous leur posez la question, je ne suis pas...

12:29
Présentateur

Ce n'est pas vrai, je ne suis pas d'accord, Robert Ménard. On expérimente beaucoup. Regardez la loi Egalim, on est toujours dans une expérimentation. On est même dans la quatrième expérimentation.

12:35
Robert Ménard

On expérimente beaucoup. Ce que je veux vous dire, c'est sur ces terrains-là, des terrains un peu de société, on est pour ou contre l'uniforme. On n'est pas pour ou contre. On va essayer. On va voir si ça marche ou si ça ne marche pas. Si ça marche, on peut l'étendre. Si ça ne marche pas, on peut l'arrêter. Moi, ce que j'ai vu... Enfin, j'y étais, évidemment, vous vous en doutez. J'ai vu les petites garçons et les petites filles dire « Ah, il y aura moins de moqueries et de jalousies. » Mais rien que pour ça, je trouve ça non seulement charmant, mais je trouve que c'est une bonne chose. Ça ne va pas régler tous les problèmes.

J'ai entendu des syndicats d'enseignants expliquer « Oui, mais ça ne règle pas les problèmes de l'école. » Mais qui pensait que ça allait régler les problèmes de l'école ? Ça ne règle pas le problème du peu d'attractivité du métier d'instit, du salaire peut-être pas suffisant, du fait qu'il n'y ait pas assez d'instit, qu'il y ait des classes où il n'y ait personne en phase 2 parce que le prof ou l'instituteur est en congé ou est en maladie. Bien sûr que ça ne règle pas ça. Ça règle deux ou trois petits problèmes, madame. Ça règle un problème où les gosses, où ça ne saute pas aux yeux les écarts de richesse, ça ne saute pas aux yeux.

Moi, c'est les gosses chez nous qui ont demandé que le nom de l'école soit inscrite sur le blason.

13:41
Présentateur

Avec le blason qui est effectivement inscrit sur la poche du blazer.

13:44
Robert Ménard

Et je pense que ça va créer, vous savez, une espèce de sentiment d'appartenance à une école. Pardon, si vous avez des enfants, vous savez ce que c'est. Le matin, ça t'évite un quart d'heure d'engueulade pour savoir comment on s'habille et comment on ne s'habille pas. On s'habille tous pareil. Rien que pour ça, c'est bien.

13:58
Présentateur

J'ai la chance de ne pas les emmener, enfin parfois j'en suis désolée, mais pas les emmener à l'école, donc de ne pas vivre ça au quotidien. Mais je pense bien que pour beaucoup de parents,

14:04
Robert Ménard

ça parle.

14:05
Présentateur

Robert Ménard, vous le faites pour l'instant sur une école. Non, sur quatre écoles. Quatre ?

14:09
Robert Ménard

C'est combien ? C'est le ministère qui nous l'aurait fait sur 20 écoles.

14:11
Présentateur

Si vous n'aviez plus, vous l'auriez fait sur 20 ?

14:13
Robert Ménard

Mais oui, bien sûr.

14:13
Présentateur

Vous demandez à le faire sur davantage ?

14:15
Robert Ménard

Nous, ils nous ont demandé. Qui t'a expérimenté ou pas expérimenté sur toutes les écoles de la vie ? Oui, alors il y aura une centaine d'écoles en France. 92, je crois, ce sont portés candidats. 92, vous avez raison. Il y en avait 100, il y en a qui ont abandonné. C'est M. Attal, moi, bravo. C'est un succès de A, Z. Tout ce qu'il a fait, c'est en plus, moi, je suis plutôt de droite. Vous n'en doutez pas. Ah oui. Et donc, j'ai pensé que tout ce qu'il avait proposé, c'est ce que la droite voulait faire. Et il y en a encore qui font la gueule à droite en disant oui, bof, mais non, c'est bien. Voilà, moi, il y a 10 ans qu'on se bat pour ça.

14:50
Présentateur

Mais est-ce que les élèves, est-ce que les familles adhèrent ? Puisque, vous le disiez, effectivement, ils étaient 100 sur la ligne de départ. Il n'y en a finalement que 92 qui se sont portés candidats. Pourquoi ? Parce qu'il y a quelques élèves, il y a quelques profs, il y a des consultations qui n'ont pas donné effectivement de suite. Qu'est-ce que vous leur dites à eux ? Est-ce que vous, dans les écoles, vous l'aviez décidé, vous l'aviez anticipé ? Mais est-ce qu'il y a une adhésion des familles, des profs ?

15:13
Robert Ménard

Ils ont voté, je vous rappelle. Enfin, vous le savez, il y a un conseil d'école. Dans les conseils d'école, chez nous, ils ont voté. Et ils ont voté jusqu'à 80%. Pour, sinon, on ne l'aurait pas fait. Il y a une école qui n'a pas voulu, on ne l'a pas fait. C'est aussi simple que ça. Je pense qu'il faut commencer par les petits, en gros, avant de passer au collège et au lycée, comme ça s'est fait, par exemple, en Guadeloupe. En Guadeloupe, pardon, c'est la France, la Guadeloupe, quand même, certains l'oublieraient maintenant. En Guadeloupe, ils ont commencé par les petits, ensuite le collège et ensuite le lycée. Je pense qu'il faut se donner le temps. Et puis, il faut voir.

Je ne sais pas, il y a des problèmes, les chaussures...

15:43
Présentateur

La Guadeloupe, la Réunion, effectivement...

15:44
Robert Ménard

Il y a des parents qui m'ont dit hier, qui m'ont dit, ah, et les chaussures ? J'ai dit, oui, on va se poser la question. Mais en Grande-Bretagne, par exemple, les chaussures, elles ne sont pas prises en charge par l'État, mais il y a des endroits où vous pouvez les acheter.

15:57
Présentateur

Mais on se demande, c'est quoi telle ou telle chaussure ? Et elles peuvent être achetées, en gros, d'ailleurs, par les parents. Robert Ménard, vous avez peut-être entendu qu'un professeur de CP a été arrêté pour des chants à la gloire de Daesh. Il y a eu également la fermeture du collège privé musulman à Vicenne de Nice en septembre. Est-ce qu'il y a aujourd'hui une course contre ? Est-ce qu'on stigmatise ? Est-ce que c'est trop ? Est-ce qu'on est obsédé par ces questions-là, Robert Ménard ? Ou est-ce qu'au contraire, ça vous paraît un combat qu'il faut mener partout aujourd'hui ?

16:27
Robert Ménard

C'est un combat essentiel. Et je pense que l'uniforme à l'école...

16:31
Présentateur

Il y a, je précise que le professeur de CP n'y a absolument.

16:34
Robert Ménard

Donc, je ne vais pas me prononcer sur ce cas-là. On va être prudents, vous et moi. Je pense que l'uniforme à l'école, c'est une réponse aussi à ça. C'est une réponse ? Aux dérives communautaires. Mais bien sûr que c'est une réponse. C'est aussi une façon de régler définitivement ce problème. Même si tous nos enfants sont habillés pareil, je trouve que c'est formidable pour la République. Je trouve ça incroyable. Au moins, quand vous rentrez, vous ne savez pas s'il est riche, pauvre. Et avec sa façon de s'habiller, il n'affiche pas sa religion ou les choix... Enfin, pas la sienne ou les choix de ses parents. Je trouve ça formidable. Et c'est pour ça que je suis sidéré par les...

Vous avez vu la réaction de Mme Belloubet ? Qui me reproche de faire ça pour des raisons médiatiques. D'abord, c'est minable comme réaction. Et puis, attendez, c'est vrai qu'elle a dû tellement avaler de couleuvres. Parce que vous me rappelez que c'était des fariboles.

17:21
Présentateur

Vous avez échangé avec Mme Belloubet ?

17:24
Robert Ménard

Je l'ai invité. J'allais dire, après ce qu'elle vient de dire, je comprends qu'elle ne soit pas venue. Mais enfin, quand même, elle est ministre. Elle lance une expérimentation. Elle commence à baiser. Elle fait la fine bouche. Comment vous expliquez ? Parce que c'est l'idéologie...

17:36
Présentateur

Qu'au lieu de dire, c'est la première expérimentation, tant mieux. Comme vous aimeriez qu'elle dise.

17:41
Robert Ménard

Je crois que c'est de la politique minable. C'est de la politique politicienne. Peut-être que si ça avait été une autre mairie, ça lui aurait fait plaisir. Puis vous vous rappelez ce qu'elle a tellement critiqué sur ça. C'était des fariboles. L'uniforme ou le...

17:54
Présentateur

Vous avez été surpris par cette nomination ? Nicole Belloubet, ministre de l'éducation.

17:58
Robert Ménard

Je suis toujours sidéré que M. Attal, qui encore, je vous ai dit, le bien que j'en pensais, propose un certain nombre de mesures de bon sens et qu'il choisisse, pour les mettre en œuvre, quelqu'un qui pense exactement le contraire. Alors on me dit, mais ce n'est pas grave. Elle va être un soldat exemplaire et elle va appliquer ce qu'on lui demande d'appliquer. Juste sur le collège unique et les classes de niveau, elle a commencé à changer par rapport à ce que disait M. Attal. Et ce qu'elle vient de dire sur l'uniforme à l'école, ça montre bien qu'elle a beaucoup, beaucoup de mal à avaler cette arête.

18:31
Présentateur

Elle a également précisé, Nicole Belloubet, hier, qu'à l'endroit des élèves dits pris dans un, je cite, processus de radicalisation, elle estime qu'il y en a environ 500, dont 160 dans un processus avancé, il pourrait y avoir des classes spécifiques, des classes spécifiques pour radicaliser. Comment vous prenez cette mesure ?

18:50
Robert Ménard

Je n'en ai aucune idée. Je ne vais pas vous répondre. Je ne sais pas si...

18:52
Présentateur

D'ailleurs, je vous pose la question. Est-ce que vous savez, est-ce que vous avez connaissance à Béziers ? Puisqu'il y en a 500, dit-elle, sur le territoire. Est-ce que vous avez connaissance à Béziers, dans une de vos écoles, d'un enfant qui serait radicalisé ? Est-ce que le maire est informé de ce genre de questions ? Quel est le processus ?

19:08
Robert Ménard

Je peux l'être, parce que dans les écoles, il y a du personnel, vous savez, d'accompagnement qui est financé par la ville, parce que les écoles sont la responsabilité de la ville, mais vous savez, je ne sais pas les fichiers S dans ma ville. Il faut juste rappeler ça. Des fois, on me dit, mais comment, monsieur le maire ? Il y a un type, parce que ça nous est arrivé chez nous, avec de gros problèmes, j'ai dit, mais personne ne m'en a informé. Personne ne m'en a informé.

19:29
Présentateur

Vous voudriez le savoir ? Vous estimez que vous devriez le savoir ?

19:32
Robert Ménard

Attendez, madame, on ne peut pas à la fois dire, comme monsieur Macron l'a dit, tenez, vous savez, il disait qu'il fallait un couple préfet-maire. Vous vous rappelez ? Ça, c'est du slogan. C'est du slogan. Comment ? Vous ne pouvez pas faire confiance aux maires en lui disant, voilà, il y a tel ou tel problème. Il y a des préfets ou des sous-préfets qui le font, mais qui le font sans le dire officiellement, puisqu'officiellement, ils n'ont pas le droit de le faire. On a juste besoin de ça.

On a juste besoin, madame, qu'on nous fasse confiance, qu'on nous fasse confiance pour faire des expérimentations, comme on va le faire avec l'uniforme à l'école, qu'on nous fasse confiance pour m'informer s'il y a des gens qui sont dangereux pour leurs voisins ou pour la ville, qu'on nous fasse confiance, juste qu'on nous fasse confiance. Je ne crois pas qu'on soit des irresponsables, qu'écoutons pas et qu'allons le répéter sur des plateaux de télévision.

20:17
Présentateur

Robert Ménard, maire de Béziers, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Je rappelle qu'en début d'interview, vous avez dit votre inquiétude si Marine Le Pen arrivait au pouvoir et que son naturel pro-russe revienne. Et vous avez précisé également que vous ne voteriez pas Jordan Bardella aux prochaines élections européennes.

Face à Face : Robert Ménard - 27/02 — Robert Ménard · Pourquijevote