Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis le Brésil à l’issue du G20.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 1:00OuverteRéponse directe
On est aujourd'hui au 1 000ᵉ jour de la guerre en Ukraine. Est-ce que c'est une menace supérieure ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut la prendre au sérieux ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes confiant dans le fait que ce conflit s'arrête en 2025 ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Que sommes-nous prêts à faire le jour d'après pour assurer à l'Ukraine une sécurité ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez donner des garanties de sécurité à la Russie ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Ce matin, vous avez évoqué le conflit avec le président Xi Jinping. Avez-vous abordé les questions économiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Emmanuel MacronFait
« Je veux d'abord dire évidemment, en ce 1 000ᵉ jour du conflit, et depuis donc 1 000 jours que la Russie a lancé cette guerre d'agression contre l'Ukraine, notre soutien au peuple ukrainien, à la nation ukrainienne, et à ses armées, ses autorités. »
- 5:00Emmanuel MacronPromesse
« Que la paix arrive en 2025, c'est ce que nous souhaitons tous. »
- 7:00Emmanuel MacronFait
« nous avons des responsabilités, par exemple sur les garanties de sécurité. C'est ce à quoi je souhaite que nous travaillions activement. »
- 9:00Emmanuel MacronFait
« il faut que nous ayons des garanties réciproques, c'est une évidence, et donc qu'il y ait des engagements sur l'utilisation des armes dans leurs différentes capacités »
- 11:00Emmanuel MacronFait
« la question des véhicules électriques était une initiative de l'Europe, mais que nous soutenions, et qui engageait tous les pays européens »
- 13:00Emmanuel MacronChiffre
« il y a eu 1 milliard qui a été réduit. C'est déjà, sur nos engagements, une coupe. »
- 15:00Emmanuel MacronFait
« plusieurs pays importants de l'Europe qui ne sommes aujourd'hui pas prêts à signer cet accord en l'état »
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J'ai voulu aller remercier le maire de Rio. Voilà, je vous ai fait attendre. Pardonnez-moi pour ça.
Je suis à vous. Monsieur le Président, On est aujourd'hui au 1 000ᵉ jour de la guerre en Ukraine. Vous l'avez dit vous-même ce matin, le Kremlin a révisé sa doctrine nucléaire.
Est-ce que c'est une menace supérieure ? Est-ce qu'il y a un vrai risque d'escalade ? Est-ce qu'il faut la prendre au sérieux ?
Il faut tout prendre au sérieux. Je veux d'abord dire évidemment, en ce 1 000ᵉ jour du conflit, et depuis donc 1 000 jours que la Russie a lancé cette guerre d'agression contre l'Ukraine, notre soutien au peuple ukrainien, à la nation ukrainienne, et à ses armées, ses autorités. Comme vous le savez, depuis 1 000 jours, nous aidons le peuple ukrainien à résister à cette guerre d'agression et nous défendons le respect du droit international.
Ces derniers jours et ces dernières heures ont marqué l'évolution du conflit de manière inquiétante, avec une posture escalatoire, et donc particulièrement belliqueuse, de la part de la Russie, d'abord en décidant d'impliquer la Corée du Nord et les armées nord-coréennes sur le sol européen et sur le théâtre des opérations. Ensuite, ces derniers jours, et tout particulièrement hier, en ayant les opérations les plus intenses, avec les pertes parmi les plus importantes depuis le début du conflit, et donc avec une agressivité redoublée. Et puis enfin, en décidant ce matin-même, au 1 000ᵉ jour, symboliquement, d'officialiser ce qui était suggéré depuis plusieurs semaines, un changement de la doctrine nucléaire, et en ayant une approche très hétérodoxe et particulièrement agressive à l'égard de la communauté internationale.
Je veux ici véritablement appeler la Russie à la raison. Elle a des responsabilités en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle a fait le choix très grave de ne pas respecter la Charte des Nations Unies, en étant pourtant membre permanent de son Conseil de sécurité.
Elle a pris ces derniers jours une responsabilité profonde, en impliquant [INAUDIBLE] extrêmement agressive d'Asie, dans ce conflit, et aujourd'hui en ayant une posture nucléaire inédite. La Russie, aujourd'hui, devient une puissance de déstabilisation mondiale. Donc j'appelle le président Poutine à la raison et à ses responsabilités, celle de la Russie, de son peuple et de ses dirigeants, [INAUDIBLE] conflits, de respecter la Charte des Nations Unies et de participer à une désescalade collective.
Est-ce que vous êtes confiant, comme Volodymyr Zelensky dans le fait que ce conflit s'arrête en 2025 ? Est-ce qu'il faut que les Ukrainiens, vu la situation sur le terrain, se préparent à devoir céder une partie de leur territoire ? Je ne parlerai pas pour le président ukrainien et son peuple.
Nous avons connu ces guerres entre voisinages, les annexions, les pertes de territoires et les difficultés. Donc je ne m'exprimerai absolument pas au nom d'un dirigeant d'un peuple souverain. Je dis simplement que notre aspiration, c'est celle de la paix.
Nous avons nous-mêmes participé à des organisations de Sommets internationaux, en Suisse en particulier, ces derniers mois, qui ont eu vocation à construire celle-ci. Il y a eu plusieurs initiatives, prises par le Brésil et la Chine, qui ont aussi appelé à la paix. Nous avons une approche simple.
Nous aidons l'Ukraine à résister, parce qu'elle est victime d'une guerre d'agression. Nous souhaitons la paix, mais la paix qui ne soit pas la capitulation, parce que c'est une paix de l'état de fait, de la loi du plus fort, donc une paix qui se ferait à l'initiative et sur la base de discussions entre les parties prenantes, et qui permette de régler les questions territoriales, qui consacre le respect du droit international et qui permette d'apporter des garanties de sécurité pour permettre à l'Ukraine de vivre dans la durée, dans la quiétude et la sécurité auxquelles le peuple ukrainien a droit. Donc, je suis totalement en accord avec plusieurs dirigeants, dont le président Zelensky.
Que la paix arrive en 2025, c'est ce que nous souhaitons tous. Cela dépend d'abord de la Russie, et qu'elle arrête d'attaquer, de bombarder, de tuer, d'envahir, et ça dépend ensuite de l'accord que les protagonistes de ce conflit sauront trouver, ce que nous espérons très profondément. [INAUDIBLE] Ce n'est pas à une puissance tierce d'en définir les termes, aucun d'entre nous.
Par contre, il est clair que nous, nous avons un rôle à jouer dans notre capacité à participer à l'architecture de sécurité de la région, en particulier les garanties de sécurité. Car on sait que dans les termes de l'accord, il y a les questions territoriales, et ça, je dirais que ce n'est pas à la France, aux États-Unis, à qui que ce soit, de le discuter pour l'Ukraine et pour la Russie. On connaît les frontières internationalement définies, et ce qui relève du droit international.
Par contre, nous avons des responsabilités, par exemple sur les garanties de sécurité. C'est ce à quoi je souhaite que nous travaillions activement. Que sommes-nous prêts à faire le jour d'après pour assurer à l'Ukraine une sécurité et une stabilité, pour être sûrs qu'elle ne soit plus agressée ?
Quels sont les engagements que les Ukrainiens et les Russes sont prêts à prendre réciproquement ? Est-ce que cela doit se faire dans un cadre otanien, dans un cadre européen ? Et quelles garanties de sécurité nous sommes prêts à prendre d'un point de vue bilatéral ?
C'est ce que nous allons continuer de discuter avec les Ukrainiens dans les semaines à venir. C'est là qu'on doit concentrer notre responsabilité, au-delà du soutien. Est-ce que vous pensez donner des garanties de sécurité à la Russie ?
Je pense que, pour qu'il y ait la paix dans la région, il faut que nous ayons des garanties réciproques, c'est une évidence, et donc qu'il y ait des engagements sur l'utilisation des armes dans leurs différentes capacités et sur des garanties crédibles, et donc qu'on ait des mécanismes de réassurance de part et d'autre de non agression. Je reste complètement convaincu de cela. Il faut vous représenter que l'Europe a longtemps vécu, y compris depuis la fin de la guerre froide, avec des traités qui avaient été faits et largement négociés entre les États-Unis d'Amérique et l'Union soviétique et qui déterminaient les capacités de part et d'autre, qu'elles soient d'ailleurs nucléaires ou les capacités de missiles intermédiaires.
Ceci n'a plus été respecté ces dernières années, en particulier par la Russie, puis même dénoncé par les États-Unis, si je prends le traité dit FNI, en 2019. Donc il y a une absence de règles, aujourd'hui en Europe, sur les capacités des uns et des autres, ce qui est une menace pour notre sol. Donc indépendamment du conflit en Ukraine, nous avons à rebâtir des règles claires, des mécanismes de vérification de part et d'autre, qui nous permettront de vivre en paix dans la durée.
Sinon, ce sera l'escalade constante et on voit bien que ce n'est pas soutenable. Mais une chose après l'autre, nous n'en sommes pas là. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation de guerre en Ukraine par la responsabilité de la Russie.
Il faut donc d'abord qu'elle cesse, qu'il y ait des négociations qui permettent d'obtenir une paix durable, c'est-à-dire respectueuse du droit international. [INAUDIBLE] J'ai évoqué ce matin, évidemment, le conflit avec le président Xi Jinping, à plusieurs égards, d'abord parce que la Chine est un membre permanent du Conseil de sécurité également, et qu'à cet égard elle a une responsabilité, comme nous, sur les grands équilibres. Ensuite, parce que la Chine a elle-même pris l'initiative de paix avec le Brésil, et donc elle a montré sa volonté que ce conflit cesse.
Donc j'ai appelé le président Xi Jinping à utiliser tout son poids, sa pression, sa capacité de négociation à l'égard du président Poutine, pour qu'il cesse les attaques. Et puis, parce qu'il y a eu, comme je l'évoquais, deux faits nouveaux, qui sont importants pour la Chine. Le premier, c'est l'implication de la Corée du Nord, leur voisin, dans ce conflit, qui exporte en quelque sorte du continent asiatique des capacités militaires pour aller sur un théâtre européen, avec des conséquences qui peuvent être multiples.
Vous savez que la France elle-même, j'ai toujours porté cette voix, dit que le rôle de l'OTAN n'était pas d'aller dans la zone indo-pacifique, de ne pas aller dans la région asiatique, parce que ce n'était pas sa vocation, pour nous. La responsabilité que prend aujourd'hui la Russie nous place tous dans une situation intenable, parce qu'elle implique une puissance de l'extrême-est sur le sol européen. Ceci va avoir en quelque sorte des conséquences en cascades extrêmement graves et dommageables pour la Chine. [INAUDIBLE] Bien sûr, c'est ce que je vous dis, c'est le premier point sur lequel je l'ai engagé.
Il a été extrêmement prudent, parce qu'il m'a très clairement dit que ce n'était pas la responsabilité de la Chine et qu'il n'était pas impliqué dans cette discussion, mais c'est important pour nous de poser ce sujet et d'appeler la Chine à nous aider à cette désescalade. La deuxième chose, c'est évidemment la doctrine nucléaire qui a été annoncée ce matin. La Chine a à cet égard aussi, comme nous, un rôle important pour éviter qu'il y ait une dérive des doctrines des uns et des autres et qu'il y ait une agressivité croissante en la matière.
Sur ces deux points, on a eu une discussion très franche avec le Président. Évidemment, dans les deux cas, ce n'est pas la Chine elle-même qui est impliquée, mais je pense que montrer que nous attendons d'elle qu'elle joue toute sa responsabilité, qu'elle pèse de tout son poids, comme membre permanent du Conseil de sécurité, comme voisin, comme partenaire économique et politique important de la Russie, est une chose importante. Lors de votre entretien avec le président chinois, est-ce que vous avez abordé les questions économiques ?
Je crois qu'il a abordé spontanément la question du cognac. - Vous avez avancé sur ce dossier ? - Oui.
D'abord, j'ai expliqué au président chinois, comme je l'avais fait au mois de mai dernier, que la question des véhicules électriques était une initiative de l'Europe, mais que nous soutenions, et qui engageait tous les pays européens, et qu'elle n'avait pas une vocation agressive en quoi que ce soit, mais qu'elle était, conformément aux règles du commerce international, une procédure d'enquête très transparente, documentée, qui visait à éviter les abus, les distorsions du commerce international identifiant des subventions et qui, identifiant des distorsions excessives, qui sont des distorsions massives, venaient protéger nos producteurs, qu'à chaque fois que des réponses étaient apportées par des constructeurs, nous avions enlevé ces tarifs. En tout cas, il avait été documenté qu'il n'y avait pas de tarif à mettre, qu'il y avait d'ailleurs une gradation, qui allait de 7 % à un peu plus de 30 % dans les tarifs qui étaient décidés. Plus il y avait de transparence des autorités, et surtout des constructeurs chinois, plus on pouvait adapter celles-ci, mais qu'il y avait derrière des règles, une raison et une cohérence.
Et qu'à cet égard, nous avions été surpris par la réplique qui était quand même ciblée, parce que quand on touche le Cognac, et accessoirement l'Armagnac, il est clair que ça ne touche pas beaucoup d'autres pays européens, je crois que le bon sens nous l'indique assez aisément, et qu'en l'espèce il n'y avait aucune subvention du gouvernement français sur le Cognac et l'Armagnac et qu'on voulait véritablement trouver une solution. Nous avons acté ensemble, et je sais combien c'est important pour nos producteurs de Cognac, d'Armagnac, et je les ai reçus la semaine dernière à Paris, et je pense évidemment derrière, à toutes les grandes maisons, les producteurs indépendants, tous les viticulteurs, et il y a beaucoup de familles, des dizaines de milliers de familles qui dépendent de cette activité, mais aussi toute l'activité qu'il y a autour, dans l'embouteillage, tous les métiers qui y sont liés...
J'ai défendu leur position, leur situation, et nous avons décidé, avec le président chinois, de mener le travail techniquement avec beaucoup de transparence, d'engagement de part et d'autre. Ainsi, dans le premier trimestre de l'année prochaine, nous essayerons de trouver une issue favorable, qui se ferait autour d'un échange entre nos premiers ministres. J'ai souhaité que le Premier ministre Barnier puisse se rendre en Chine au 1er trimestre de l'année prochaine pour voir son homologue, le Premier ministre Qiang, et qu'il puisse y avoir un échange, à l'issue de ce processus technique qui, je l'espère, permettra de lever les malentendus et d'apporter une réponse à ce qui aujourd'hui alimente les 1ers tarifs qui sont mis sur la table.
Voilà, on va travailler. Je veux ici rassurer nos producteurs, leur dire qu'on est pleinement engagés, qu'on a décidé un processus avec les autorités chinoises et que j'ai bon espoir sur le fait qu'on en sortira par le haut, c'est-à-dire par un retour à la normale. Au-delà de ça, je voulais ici, en vous rendant compte, remercier le président Lula et les autorités brésiliennes, le peuple brésilien et particulièrement Rio, de nous avoir accueillis pour ce G20, qui était une étape importante dans un moment du monde, où nous avons la guerre en Ukraine et ses 1 000 jours, la guerre au Proche-Orient avec une situation terrible à Gaza, encore une situation de guerre au Sud-Liban, et nous avons réitéré notre appel à un cessez-le-feu à Gaza et au Sud-Liban, et au moment même où de nombreux otages sont encore détenus par le Hamas, et je réitère aussi ici notre appel à les libérer tous.
Donc, dans cet état du monde, alors même que nous avons une montée des tensions et des changements importants dans plusieurs pays, ce G20 était porteur de beaucoup de risques, et je me félicite d'abord que nous ayons adopté une déclaration à 20. C'était un des objectifs que nous avions, et je pense en particulier aux risques qu'il y avait sur l'Argentine. Les discussions qu'on a eues ces derniers jours ont permis de montrer que l'Argentine est restée dans le consensus, a exprimé sa voix, mais c'était aussi important qu'il n'y ait pas de dispersion, et on est restés à 20.
Ensuite, nous avons pu bâtir cette alliance contre la pauvreté et les inégalités, et pour lutter contre les famines, partout dans le monde. Je salue cette initiative du Brésil, qui vient accompagner le travail de beaucoup d'entre nous, en particulier de la France. Je vous le disais hier soir, nous sommes très engagés pour avoir une stratégie de production agricole sur le continent africain et ici-même, en lien avec les organisations internationales, la FAO et le FIDA, dont nous avons reconstitué les fonds l'année dernière.
Nous avons nous-mêmes lancé plusieurs initiatives en ce sens ces dernières années, comme FARM, dès le début de la guerre en Ukraine, pour aider les pays à développer une agriculture plus importante. Et puis, nous avons aussi pris beaucoup d'initiatives, en France et avec des partenaires, pour permettre l'accès à une alimentation équilibrée dans nos écoles, le petit-déjeuner gratuit, le repas à 1 € pour nos élèves, nos étudiants, et dans beaucoup de pays partenaires, où nous avons essayé de diffuser, avec l'UNICEF, avec le Programme mondial pour l'alimentation, une pratique plus juste, qui permet d'accéder à l'alimentation pour tous. Cette initiative était très importante et nous la soutenons pleinement.
Nous avons ensuite parlé de la gouvernance mondiale, et là-dessus, on a défini une feuille de route jusqu'au Sommet du G20 de Johannesburg, et on voit bien qu'il nous faut ici retrouver, d'abord une organisation plus universelle, éviter les doubles standards qui fragmentent la communauté internationale. Réussir à réformer la gouvernance de nos institutions, en particulier la Banque mondiale et le FMI, qui exclut encore trop de pays, être plus efficace en termes de financements, et du développement de la lutte contre les inégalités et de la lutte pour le climat et la biodiversité, c'est le cœur de ce que nous avons porté l'année dernière avec le Pacte de Paris pour les peuples de la planète. Je crois que c'est vraiment là, l'un des laboratoires de cette réforme de la gouvernance internationale, avec une volonté d'augmenter les bilans de la Banque mondiale et du FMI, d'utiliser davantage de l'argent privé et de mobiliser beaucoup plus de financements vers les pays en développement et les pays à revenus intermédiaires, pour tenir ce double agenda.
Et à ce sujet-là, que pensez-vous de la baisse assez drastique des dépenses [INAUDIBLE] ? J'attends qu'il y ait un budget voté. Moi, je pense qu'il y a eu 1 milliard qui a été réduit.
C'est déjà, sur nos engagements, une coupe. Je pense qu'il ne faut pas aller au-delà, et qu'on sait faire des économies sur une politique où on n'est pas suffisamment efficaces, mais que la France ne peut pas avoir un rôle en Europe, à l'international, et y compris des politiques qui sont efficaces sur beaucoup de sujets. Si on veut lutter contre l'immigration, il faut permettre aux pays de se développer et de donner des opportunités aux gens chez eux.
Si on veut lutter contre le désordre du monde, il faut avoir une politique ambitieuse en matière d'éducation. Si on veut lutter contre les dérèglements du monde, comme on le fait chez nous, il faut aider à convertir les centrales à charbon en centrales à gaz ou en renouvelables. Tout cela suppose un investissement de la France.
Quand j'ai été élu en 2017, il y avait eu une baisse, depuis une dizaine d'années, de notre aide publique au développement, de cet investissement solidaire. On l'a progressivement restauré. Je rappelle que le peuple souverain, représenté par l'Assemblée et le Sénat, ont voté une trajectoire.
Je pense qu'il ne faut pas trop s'écarter de celle-ci, et donc il ne faut pas aller au-delà, en termes de coupes, parce que ça réduirait la capacité de la France à peser et ça enlèverait de la cohérence notre action, à l'intérieur et à l'extérieur. Je tiens beaucoup à ces engagements et je pense qu'il ne faut pas aller au-delà de ce qui a été dans la copie initiale du gouvernement. Mais vous le voyez, il y a une réforme de la gouvernance internationale, qui est extrêmement importante, sur laquelle on a beaucoup travaillé, où je crois que la France a une crédibilité reconnue par tous, et donc nous allons continuer de peser pour tenir cet engagement, qui réconcilie le Nord et le Sud, et qui est à la fois de donner des opportunités économiques, de s'engager sur les grandes politiques d'investissement solidaire, école, santé, agriculture, et d'œuvrer à la lutte contre le dérèglement climatique et pour la biodiversité.
Là-dessus, il y a un énorme chantier. Enfin, ce matin, on a justement parlé de réchauffement climatique et de biodiversité, avec un agenda qu'on a pu scander. La France, comme vous le savez, organisera le Sommet des Nations unies pour les Océans le 8 juin prochain.
J'ai invité beaucoup de pays qui étaient là. Le président Lula a confirmé sa venue. Nous ferons à cette occasion une visite d'État avec le Brésil.
Il fera partie des grands pays présents à ce Sommet des Océans. On attend beaucoup de résultats très importants pour la planète. Tout particulièrement, nos objectifs, c'est de pouvoir annoncer l'entrée en vigueur du traité dit BBNJ, qui régule justement nos règles internationales en haute mer.
Et c'est très important. Ça fait des dizaines d'années qu'on négociait ce traité. Il a été signé il y a quelques mois, on s'est beaucoup impliqués, et maintenant on se bat pour que 60 pays le ratifient, pour qu'il puisse rentrer en vigueur.
C'est l'un des objectifs de Nice. Enfin, j'ai pu aussi mobiliser, autour du Sommet que nous organisons en février pour l'intelligence artificielle, le Sommet pour l'action de l'intelligence artificielle en février. On aura beaucoup de pays invités, là aussi, des entrepreneurs, des grandes entreprises et des startups, des académiques, et à cette occasion, j'ai invité plusieurs dirigeants, mais le Premier ministre Modi m'a confirmé aussi sa venue, et on pourra à la fois avoir le Premier ministre Modi et une visite de l'Inde.
Avez-vous invité Donald Trump et Elon Musk pour ce Sommet ? Bien sûr. J'ai invité la Chine, les États-Unis et les grands pays qui sont impliqués.
Ils seront invités. Et Elon Musk, comme les grands entrepreneurs qui sont impliqués, seront invités. Tout à fait.
J'aurai l'occasion, d'ailleurs, de recevoir le 6 décembre prochain un groupe d'entrepreneurs et d'académiques américains, qui sont impliqués sur ce sujet, dit Bourbaki, qui construisent ce dialogue, nous aident, et qui d'ailleurs ont un dialogue aussi avec leurs homologues chinois. Une question. [INAUDIBLE] des institutions françaises.
Le Rassemblement national menace de plus en plus de censurer le gouvernement Barnier. Sans rentrer dans le détail du fond politique, est-ce que vous craignez qu'on retrouve l'instabilité qu'on a connue il y a quelques mois ? [INAUDIBLE] Vous savez, d'abord la France est un pays solide, qui a montré durant tous ces derniers mois, quelle que soit la situation politique qui était au rendez-vous, de toutes ses obligations et de ses engagements.
Et j'ai beaucoup entendu de commentaires, quand on me disait : "il y a un gouvernement en affaires courantes "alors qu'on a les Jeux olympiques et paralympiques", écoutez, la planète ne s'en est pas aperçue. Et je n'ai eu que des félicitations. Et je veux encore remercier les ministres, les équipes, l'ensemble des services de l'État, les élus, les bénévoles, le COJO, etc., qui ont organisé ces Jeux extraordinaires.
La France était au rendez-vous. Elle sera au rendez-vous aussi de ce qui est attendu d'elle, les 7 et 8 décembre prochains, avec la réouverture de Notre-Dame, qui sera un très grand moment pour le rayonnement du pays, et nous sommes au rendez-vous de nos engagements internationaux, c'est pour ça que j'y tiens, je vous l'ai dit, et de notre place. Dans ce contexte, évidemment, je souhaite la stabilité.
Le gouvernement est engagé. C'est normal qu'il y ait des débats parlementaires. Je crois que le gouvernement, avec méthode, va continuer avec les forces du socle commun qui constitue aujourd'hui cette majorité relative, et avec les oppositions, d'avancer.
Moi, je souhaite de la stabilité. Notre pays a besoin de continuer à avancer. On a besoin de continuer à mener des réformes, on a besoin de continuer à être ambitieux sur le plan économique, écologique, de notre sécurité, sur le plan évidemment de notre éducation, et de notre santé.
Qu'il s'agisse de notre ambition économique et écologique, qu'il s'agisse de nos grands services publics, qu'il s'agisse de l'ordre démocratique, du rayonnement international, on a tant à faire, dans un siècle en désordre, et nous avons beaucoup de force pour cela. Je veux ici dire à nos compatriotes qu'ils peuvent être fiers du pays, de notre solidité. Il y a des difficultés, et je ne les mésestime pas, et le gouvernement est mobilisé pour celles-ci, mais il y a aussi une réalité du pays, et des ambitions qu'il faut continuer d'avoir.
Je suis confiant sur notre capacité à avoir de la stabilité pour ce faire. Merci beaucoup à tous. On est bons ?
Merci beaucoup en tout cas. On continue. J'avais parlé hier du Mercosur, donc je n'y suis pas revenu, on pourra y revenir demain, si vous le souhaitez, mais on continue d'avancer.
Vous avez déjà parlé directement avec Mme Meloni ? Oui, bien sûr, avant de vous voir, hier soir. Mais nous sommes plusieurs pays importants de l'Europe qui ne sommes aujourd'hui pas prêts à signer cet accord en l'état.
C'est intégré. En même temps, je vous le dis, j'ai vu l'un des pays importants du Mercosur, l'Argentine, qui n'est pas non plus prêt à le signer en l'état. Je pense qu'il faut ici bien dire à nos agriculteurs que nous sommes là et nous vous protégeons, nous défendons notre alimentation, notre modèle, notre agriculture, et que les choses ne sont pas prêtes.
Et il y a plusieurs pays qui pensent comme nous, de part et d'autre de l'océan. Vous avez pu refaire un point avec Madame von der Leyen ? Oui, on va continuer.
J'en ai parlé évidemment et j'en parle constamment. Après, vous savez, moi je regarde aussi ce continent. On va continuer avec le Chili et j'en reparlerai demain.
Il faut voir les choses avec les yeux du XXIᵉ siècle, ne pas parler d'accords qui ont été faits il y a 20 ans. Bon. Objectivement, l'avenir de notre relation, ce n'est pas de déverser des biens industriels produits en Europe, pour les bloquer dans leur industrialisation, et eux déverser des produits de l'agrobusiness, alors qu'on a une agriculture qui fait sa transition et qui est un modèle.
C'est au contraire d'avoir un pari gagnant-gagnant. Qu'est-ce que c'est ? Nous devons sécuriser l'accès à des terres rares, à des minerais critiques dont on a besoin pour faire notre transition écologique et économique.
On a besoin d'aider ce continent à produire, et ils ont un modèle extraordinaire qui est devant eux. Ils produisent beaucoup de renouvelables. Donc on doit les aider à développer leur industrie décarbonée et à faire une diagonale de l'avenir entre l'Europe et l'Amérique latine, c'est-à-dire deux continents qui croient à l'avenir économique, qui veulent créer des emplois et qui croient dans la transition écologique.
On n'est plus si nombreux. Et donc, alors même que les États-Unis ont fait le choix, en ouvrant ce dispositif au Canada et au Mexique, de fermer en quelque sorte l'innovation, avec l'Inflation Reduction Act, nous, on peut construire des relations d'avenir, et pas du tout sur le passé, et donc essayer ici, au contraire, de bâtir des partenariats industriels, de se dire : "on va vous aider à produire plus d'industries, "à créer plus de valeur chez vous. Vous allez nous aider à sécuriser "des minerais et des matériaux "pour, nous, développer, justement, nos batteries, ceci ou cela, "et avoir un rapport gagnant-gagnant".
C'est beaucoup plus pertinent. Ils ont la même ligne que nous, pour beaucoup d'entre eux, c'est-à-dire qu'ils veulent bâtir, réindustrialiser leur pays et ils veulent le faire avec des opportunités, parce qu'ils ont beaucoup de renouvelables. Franchement, si on regarde les choses avec les yeux du XXIᵉ siècle, c'est plutôt comme ça qu'il faut bâtir ce partenariat.
C'est comme ça qu'on l'a fait avec le Chili, au demeurant. Pour la méthode, est-ce que Madame von der Leyen vous a dit si elle était prête à aller à un vote à la majorité qualifiée ? Non, mais on n'en est pas là du tout, parce qu'il n'y a pas d'accord signé.
Donc il ne faut pas faire de politique-fiction en la matière qui inquiéterait les gens. Il n'y a clairement pas d'accord. Voilà ce que je peux vous dire.
Merci beaucoup. - Merci. - On continue.
Merci pour votre patience, une fois encore. Merci aux équipes également. Merci beaucoup.
Emmanuel Macron