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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 14 juillet 2021 55 minAutoproduitMixte

La politique a-t-elle sa place sur Youtube ?

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Temps de parole

  • Présentateur26 %
  • Locuteur non identifié16 %
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  • Locuteur non identifié 314 %
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  • Locuteur non identifié 65 %
  • Locuteur non identifié 72 %

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0:15
Présentateur

Bonjour tout le monde, soyez les bienvenus à la table du débat de midi à laquelle je suis ravie de vous accueillir tous les jours en direct y compris ce 14 juillet dont le défilé de retour cette année sur les Champs-Elysées est en train de se terminer. Et vous avez peut-être vu tout à l'heure les avions de la patrouille de France et leur fumée bleu, blanc, rouge filé dans le ciel tout gris de Paris avec à leur bord deux stars de Youtube, oui des Youtubers qui posteront les images de leur aventure ce dimanche. McFly et Carlito dans les Alpha Jets de l'armée, c'est pas un gag mais un gage donné par le président de la République lui-même à l'issue d'un concours d'anecdotes avec eux sur Youtube.

Donc cette phrase est absolument improbable. Le dit concours d'anecdotes en mai a fait 15 millions de vues et peut-être autant de critiques, en tout cas de réactions. Les uns crient à l'abaissement et la désacralisation de la fonction présidentielle, les autres reconnaissent la prise de risque, en tout cas le coup de com' avec une cible, la jeunesse. Énorme vivier électoral, massivement abstentionniste et les politiques de tout temps se grattent la tête pour les séduire et les harponner. Mais faire des vues, est-ce que ça fait des voix ? Sortir de sa zone de confort et des médias traditionnels pour des entretiens dépolitisés et paraître sympa suffit-il ?

Ces plateformes semblent inévitables mais comment s'y incruster sans faire tâche ? Bref, quelle place pour la politique sur Youtube ? Et sont-ils seulement compatibles ? On en débat jusqu'à 13h.

1:40
Locuteur non identifié

Camille Crenier. Le débat de midi. France Inter.

1:47
Présentateur

Et j'attends comme toujours, chères auditrices, chers auditeurs, vos questions et vos messages en utilisant le bouton intervenir sur l'application France Inter, le mail et le mot-clé débat de midi sur Twitter. Bonjour Isabelle Vermaçon. Bonjour. Vous êtes chercheuse CNRS, directrice du laboratoire de communication et politique à l'université de Dauphine. Bonjour Gaspard G.

2:08
Locuteur non identifié

Bonjour.

2:08
Présentateur

Alors c'est comme ça qu'on vous appelle sur votre chaîne Youtube, qui fait combien de vues en moyenne ?

2:13
Locuteur non identifié

C'est un peu compliqué à définir mais à peu près, je ne sais pas, 30-40 000 vues par vidéo.

2:18
Présentateur

Chaîne d'actualité, de politique et d'enquête, c'est en tout cas affiché comme ceci sur votre chaîne. Un autre, Gaspard G. Gaspard Ganser. Bonjour. Bonjour. Alors vous, vous n'êtes pas Youtubeur. Par contre, vous êtes plein de choses. Vous êtes consultant en communication aujourd'hui, maître de conférence à Sciences Po Paris. Vous fûtes aussi candidat à la mairie de Paris, chroniqueur chez Cyril Hanouna. Et surtout, c'est ce qui nous intéresse quand même aujourd'hui, ancien conseiller communication d'un président de la République, j'ai nommé François Hollande. Bravo. Et enfin, bonjour à Philippe Moreau-Chevrolet, spécialiste de communication politique.

Vous êtes enseignant à Sciences Po et à la tête de l'agence MCBG Conseil. Est-ce que vous avez tous vu la vidéo du concours d'anecdotes entre McFly et Carito et Emmanuel Macron à l'Elysée ? Oui. Alors pour ceux qui seraient passés à côté et les gens qui nous écoutent, petit résumé des 36 minutes diffusées le 23 mai dernier.

3:14
Locuteur non identifié

On arrive, monsieur le Président. Je ne vais vous laisser aucune chance. Si c'est moi qui gagne, le 14 juillet, vous vous montez dans un des avions de la patrouille de France pour survoler. C'est une bonne idée. Si on gagne, je dirais sur une prochaine prise de parole, on vous propose d'avoir affiché sur le bureau un portrait de nous. C'est parti pour la première anecdote du Président de la République. Alors moi, je commence, je vais faire une courte. L'objectif, c'est de vous mettre tout de suite un coup au foie. Le petit ! Au foie ! Kylian Mbappé va quitter le PSG pour l'Olympique de Marseille. Monsieur le Président, je pense que cette anecdote, elle est fausse.

Bonjour Kylian, c'est Emmanuel Macron à l'appareil. Vous êtes en haut-parleur. Kylian, j'annonçais la nouvelle à nos amis. C'est impossible d'aller à Marseille. C'est quoi dans notre ADN, ça ? La question que vous me posez, c'est est-ce qu'il est vrai que vous avez voté pour quelqu'un d'autre que moi ? Cette anecdote, est-elle vraie ou fausse ? C'est vrai. Pardon, mais c'est vrai. Monsieur le Président, est-ce que je peux tenter une roulade dans le Jardin de l'Elysée ? Allez-y. Elles sont belles, tes roulades. Vous faites pas mal des roulades. Putain, ils sont là. Bonjour, monsieur.

4:22
Présentateur

Voilà, la Marseillaise version métal dans les Jardins de l'Elysée. Et à l'arrivée, une égalité pour le concours. Le Président est censé mettre une photo des Youtubers dans le décor lors d'une prochaine prise de parole. Isabelle Verra-Masson, que dit cet exercice, ou peut-être que je dois dire cette prestation, absolument inédite d'ailleurs pour un chef d'État en France ?

4:42
Locuteur non identifié

Alors, elle dit ce que vous aviez annoncé. C'est le désir que tout homme politique a de toucher une catégorie qui ne vote pas, beaucoup, disons, traditionnellement, qui ne s'intéresse pas beaucoup aux médias traditionnels, c'est-à-dire la télévision, la radio, le service public, etc. Enfin, celle qui parle politique, qui n'intéresse pas beaucoup à la politique, c'est-à-dire les jeunes. Et l'idée, c'est évidemment de les toucher. Alors, ce qui est intéressant et un peu bizarre, et là aussi, vous l'avez remarqué, c'est qu'il ne s'agissait de les toucher pour les toucher.

C'est-à-dire qu'il ne s'agissait pas de leur parler politique, de leur proposer un programme, enfin, tout ce qui aurait été, d'une certaine manière, assez cohérent avec cette tradition dont je vous parlais, c'est-à-dire le désir de toucher des jeunes pour les faire voter, pour les faire voter pour vous. Lui, le président Macron, a décidé qu'il subisait. Mais ça, c'est la culture du like. C'est-à-dire qu'il faut toucher les gens, il faut espérer... Se faire connaître. À peine, à peine. C'est-à-dire se faire connaître. Normalement, ce n'est pas sa montre et sa bobine et faire rire. C'est quand même, pour un homme politique, encore une fois, c'est faire connaître ses idées, son bilan.

Enfin, il y a normalement, à côté de l'homme politique, du contenu. Là, il n'y en a pas. Et ça, c'est ça qui me semble le plus nouveau. Même si, bien sûr, comme tout le monde l'imagine, le président Mitterrand, on se souvient, avait commencé ce petit jeu.

6:02
Présentateur

Gaspard Ganser, vous auriez été conseiller, alors pas d'Emmanuel Macron, mais du président de la République en exercice. Est-ce que vous l'auriez encouragé, vous, à faire ça en tant que conseiller ?

6:10
Locuteur non identifié

Probablement, oui. D'ailleurs, j'ai pêché sur ce terrain aussi, quand j'étais auprès de François Hollande, puisque je l'ai conduit, par exemple, à Dominique Tavou, à Combini, qui est aussi un média très actif sur le numérique, et qui a plutôt la réputation d'être actif sur la pop culture et l'humour, plutôt qu'autre chose.

6:27
Présentateur

Mais pourquoi vous dites, j'ai pêché sur cette idée ?

6:29
Locuteur non identifié

C'est de l'ironie, en tout cas, de la mauvaise ironie, peut-être. Non, je pense que, si on veut parler à tout le monde, il faut varier les modes de communication, les vecteurs de communication, et vivre avec son temps. On n'est plus à l'époque où il y a le monopole de quelques chaînes de télévision ou de radio, quelques journaux, et donc il faut varier ces supports. Il y a aujourd'hui des niches de téléspectateurs, d'auditeurs, que l'on trouve sur plein de petits médias très éclatés, avec des relais d'opinion que l'on connaît. Donc, il y a eu raison de le faire, pour toucher tout le monde. La deuxième, aussi, pour une raison d'image.

Aujourd'hui, travailler sur son image, ça passe par ce genre d'émissions, de performances, mais finalement, c'est le vecteur qui change. Mais la démarche n'est pas très différente de celui qui faisait un reportage photo dans Paris Match, en se montrant en ski.

7:19
Présentateur

Ah, pour vous, c'est la même chose.

7:20
Locuteur non identifié

Je pense que c'est exactement la même chose. Je pense que, moi, je préfère quand les politiques parlent de fond. C'est peut-être le reproche qu'on peut faire à Emmanuel Macron, c'est de ne pas avoir parlé de fond à ce moment-là.

7:27
Présentateur

Philippe Moreau-Chevrolet, vous parlez d'un positionnement d'Emmanuel Macron, me semble-t-il, comme une star presque de télé-réalité. Est-ce que je me trompe ?

7:35
Locuteur non identifié

Comme un Instagrammeur, un peu, oui. En fait, c'est une logique publicitaire qu'il a, c'est une logique de marque. Il va chercher des influenceurs connus, il va chercher une quantité de likes ou de vues, 15 millions, 10 millions. Il va communiquer sur la quantité, évidemment, pas sur la qualité de l'échange. Et ça, c'est une manière de faire campagne pour lui, de montrer qu'il est populaire et de montrer aussi qu'il a un rapport de force par rapport à d'éventuels concurrents comme Xavier Bertrand, qui, pour l'instant, ne sont pas du tout dans cette logique-là. Donc, c'est une espèce de rouleau compresseur, si vous voulez.

8:05
Présentateur

Est-ce que c'est aussi, Emmanuel Macron, on en parle souvent comme Jupiter, c'est une façon de redescendre un petit peu sur Terre et de se mettre à la hauteur ?

8:11
Locuteur non identifié

Alors, oui, mais à la française. C'est comme le jardin à la française. Vous voyez, c'est pareil. Je vois le jardin à la française, mais je ne vois pas le jardin. Alors, la différence entre le jardin à la française et le jardin à l'anglaise, pour les amateurs d'horticulture qui nous écoutent, c'est que le jardin à la française, il est très, très, très revisité, très géométrique, très cadré, pas du tout naturel. On ne laisse pas la nature vraiment s'exprimer. On l'a tort. Là, c'est un peu la même chose.

C'est-à-dire qu'au lieu de regarder directement la caméra, comme fait notre ami Gaspard G, au lieu de s'adresser à une communauté et d'essayer de la fédérer, on va passer par quelqu'un, donc McFly et Carlito, pour essayer de toucher les gens. Et même les jeunes, comme Gabriel Attal, font ça. Ils vont parler à EnjoyPhoenix.

8:50
Présentateur

C'est des intermédiaires, finalement.

8:51
Locuteur non identifié

On a toujours besoin en France. Le roi a toujours besoin d'un intermédiaire. C'est comme les guignols avec le prince du Qatar. Le prince ne te parle pas à toi. C'est un peu ça. Le roi doit parler au français, mais pas à l'intermédiaire. On aura un vrai candidat français, comment dire, digital, à 100% moderne, quand on aura quelqu'un comme Trump en France, alors pas forcément avec le même discours, mais qui sera capable d'aller constituer une communauté et de la fédérer sur les réseaux.

9:14
Présentateur

Gaspard G, en tant que jeune, je peux dire, vous avez quel âge ?

9:17
Locuteur non identifié

J'ai 23 ans. 23 ans. On n'est pas jeune, Gaspard, on te met à l'aise. Beaucoup trop jeune.

9:21
Présentateur

Jeunes et youtubeurs. Est-ce que vous pouvez nous dire, à votre avis, ce qui est réussi d'un côté dans cette vidéo et raté de l'autre ?

9:29
Locuteur non identifié

Je pense que déjà, comme on l'a si bien décrit, il y a un vrai degré d'authenticité qui est traduit par la vidéo. Et c'est d'ailleurs ce qui a permis à McFly et Carlito d'être là où ils en sont aujourd'hui. C'est un naturel, une forme d'humour un peu absurde qui traduce très bien à travers la caméra. Finalement, des bons copains de récréation qui auraient grandi. C'est ce que les gens vont chercher en regardant les vidéos de McFly et Carlito chaque dimanche matin. Il y a un rendez-vous aussi au petit déjeuner le dimanche. Il y a vraiment ce côté-là où je vais me permettre cette expression mais ce n'est pas très prise de tête.

Et donc, Emmanuel Macron, en faisant ce featuring et d'ailleurs, cette question du featuring, on pourrait y revenir.

10:09
Présentateur

Donc, cette apparition.

10:10
Locuteur non identifié

Cette apparition. Mais alors, du coup, on peut poser la question à juste titre. Si c'était vraiment du fond, un journaliste politique bourdin, pour en citer, mettons, face à un politique, il est dans un versus, pour reprendre un autre terme, un peu américanisé. Et faire un featuring avec un politique ici, c'est véritablement, pour Emmanuel Macron, l'occasion, à travers, je ne sais pas, une forme d'effet de halo, d'aller bénéficier de la sympathie qu'ont les jeunes pour McFly et Carlito et de la transmettre, on va dire.

10:38
Présentateur

Mais tout à l'heure, Philippe Moreau-Chevrolet ou vous, Gaspard Gantzer, vous parliez comme ça, il arrive à parler aux jeunes. Isabelle Véramasson, vous avez commencé à le dire. Est-ce que le fait de faire du featuring, comme vient de le dire Gaspard G, ça suffit à parler aux jeunes ?

10:54
Locuteur non identifié

Alors, là aussi, on l'a dit, bien sûr, c'est une manière importante, je veux dire, nécessaire. On l'avait déjà sur Hollande de parler aux jeunes. La question, après, elle est, comment parler aux jeunes ? Parce qu'il y avait quand même un risque que ça se retourne contre vous. C'est-à-dire que vous pouvez être ridicule. Et on le sait, nous les Français, on fait toute une culture du ridicule. Ça peut être dramatique. Donc moi, j'ai regardé ça avec beaucoup de curiosité. Et par exemple, j'étais très étonnée de la manière dont il est resté, dont il s'est habillé et l'endroit où ça s'est passé. En costume cravate. Totalement. C'est-à-dire qu'il ne s'est pas déguisé.

Même s'il est un peu déguisé en président de la République, quand même. Comment trouver ? Qu'est-ce que ça veut dire authentique ? Vous êtes à l'Élysée, vous vous habillez, il s'est habillé en jean et en t-shirt. Il aurait été ridicule. Mais en même temps, s'adresser à ces gens-là, qui, eux, évidemment, allaient s'habiller, comme ils s'habillent d'habitude, en se déguisant en président de la République, c'était une prise de risque. Donc, je trouvais que c'était assez compliqué. Est-ce que, bien sûr, il a touché des jeunes, c'est clair. Il a pris un risque en prenant le risque du ridicule.

Il n'est pas allé jusqu'au bout de son risque en ne rappelant pas qu'il est jeune et qu'il pouvait effectivement s'habiller comme un jeune, parler comme un jeune, etc. Mais est-ce que pour cela, il les a convaincus ? Ce sont deux choses très différentes.

12:15
Présentateur

Et là, vous parlez d'Emmanuel Macron. Il y a la différence. Emmanuel Macron, président de la République, Gaspard Gantzer, est-ce qu'on peut les rassembler ou pas ? Là, il n'a pas joué la différence.

12:24
Locuteur non identifié

Non, il n'a pas joué la différence. C'est d'ailleurs toute la complexité de son image depuis la campagne électorale et depuis qu'il est président de la République. On a un jeune président, un président jeune, mais qui n'arrive pas à savoir s'il doit se situer du côté de sa propre jeunesse, qui est de plus en plus relative, parce qu'il a le même âge que moi. Il a plus de 40 ans. Voilà. Ou du côté de sa fonction. Je pense que pendant la campagne présidentielle, il était plutôt du côté de sa propre jeunesse. C'est ce qui a séduit, pas forcément les jeunes d'ailleurs, mais plutôt les vieux. Vous savez que les vieux aiment les jeunes. Et il a parfaitement joué sur cette carte-là.

Devenu président, il a dans un premier temps cherché à basculer dans une sorte de communication jupitérienne, en singeant parfois une communication gaulo-midi-terrandienne. On se souvient de cette marche lente, de tous ces effets de manche, cette voix posée différemment. Et là, on sent, comme le disait Philippe Montreux-Chevonet, qu'à l'approche de la campagne présidentielle, il a envie de reprendre son costume de jeunesse. Alors, il ne va pas au bout de la logique en se mettant en short et en débardeur. C'est d'ailleurs pas son style. Même quand il avait 18 ans, il mettait des costumes. Et Macron, donc finalement, il est infidèle à ce qu'il faisait depuis le toujours.

Mais on sent qu'il est sur ce glissement. Et je voulais juste dire un mois avant de laisser la parole aux personnes qui sont ici, sur est-ce que ça convainc les jeunes. Moi, je suis persuadé que non. Je pense que c'est bien de chercher à s'adresser à eux par ce vecteur-là. Après, les jeunes, ils sont comme nous tous. Ils aiment qu'on leur parle de fond et de leurs propres problèmes ou de leurs propres enjeux, l'écologie, le travail, etc.

13:50
Présentateur

Justement, Philippe Moreau-Chevrolet, si on prend juste les dernières élections régionales, 87% d'abstention chez les 18-24 ans. C'est énorme. Est-ce que des incrustes comme ça sur YouTube de la part d'Emmanuel Macron ou sur Twitch, on a vu aussi Jean Castex, on le rappelle, au mois de mars, faire une heure et demie d'interview sur Twitch, c'est la bonne méthode pour essayer. En fait, ils se disent qu'il y a 87% que je peux peut-être récupérer d'une façon ou d'une autre. Est-ce que c'est comme ça qu'ils peuvent y arriver ? Sachant qu'il y en a beaucoup qui se sont déjà cassés les dents.

14:17
Locuteur non identifié

Non, c'est difficile parce qu'on fait du divertissement pur avec McFly et Carlito. Comme le dit Gaspard Granzer, on n'est pas dans la politique, on est dans autre chose. On est dans du divertissement. Donc, vous allez consommer un format de divertissement parce que ça vous divertit. Moi, ça m'a fait marrer, cette vidéo. Franchement, il faut être...

14:34
Présentateur

Ça vous a fait marrer dans quel sens ? Affligeant ? Ou sincèrement ?

14:38
Locuteur non identifié

Il y a plusieurs manières de le regarder. Moi, je suis très bon client. J'ai regardé au premier degré. Ça m'a fait rire. Il est à l'aise. Il est sympa. C'est drôle. Quand il parle de Mbappé et qu'il l'appelle, on est quand même surpris. Mais je ne vais pas voter pour lui. Pour autant, je pense que la plupart des jeunes qui ont été interrogés sur cette vidéo disent, y compris dans les sondages, la même chose. C'est-à-dire, vous pouvez être diverti par la vidéo, mais vous n'allez pas nécessairement voter pour la personne qui vous fait rire. Ce n'est pas la même chose. Il ne faut pas croire que les jeunes sont différents effectivement des autres catégories d'âge concernant la politique.

Ils prennent ça très au sérieux. C'est un atout de paraître sympathique, mais ce n'est pas pour ça qu'on va voter.

15:12
Présentateur

Gaspard G. Est-ce que, ce que disait tout à l'heure Gaspard Ganser aussi, les jeunes aujourd'hui veulent des actes et pas du blabla ou du divertissement ? C'est vrai, parce qu'à la fois, ça fait quand même énormément de vues, ça a énormément de retentissement et aujourd'hui, les jeunes de toute façon ne vont pas voter.

15:31
Locuteur non identifié

que ça n'ait aucun impact, moi, de mon côté. J'ai l'impression qu'en vue du paysage politique, les jeunes ont de plus en plus de mal déjà à se retrouver dans un candidat. Il n'y a pas non plus, là, si on voit un peu le terreau qui se prépare pour 2022, un candidat qui, à part justement une espèce d'Emmanuel Macron face à une Marine Le Pen, c'est quand même un truc qui se prépare et donc, aller séduire une population, donc ces jeunes, qui de toute façon, actuellement, n'ont pas vraiment de candidat derrière qui se ranger, je pense que ce n'est pas totalement déconnecté, c'est même plutôt...

Mais d'ailleurs, pour aller dans votre sens, quand même, il y a eu quelques sondages sur la popularité d'Emmanuel Macron, il a gagné auprès des jeunes en popularité.

16:15
Présentateur

Est-ce qu'il y a eu un sondage ?

16:18
Locuteur non identifié

Enfin, quelque chose pour... Pas lié à cette émission, mais d'une manière générale, il a gagné une certaine popularité à l'égard des jeunes. Donc, on peut imaginer qu'une des raisons pour lesquelles ça a marché, c'est qu'il s'adressait à des gens qui n'étaient pas hostiles a priori. Parce que sinon, vous savez, quelle que soit votre communication, M. Kanzer, on sait quelque chose, quel que soit ce que vous faites que vous êtes plus populaire, rien ne marche. Donc, ça vous n'arrivez plus à changer. Vous parlez de la popularité de François Hollande. Vous parlez uniquement de la popularité de François Hollande. Vous parlez de rien d'autre.

Mais quel que soit le talent du communicant, quand à un moment donné, vous mettez de l'eau dans le désert. Mais là, je pense qu'il savait qu'il s'adressait à une communauté qui n'était pas hostile. Et ensuite, effectivement, apparemment, toutes ces démarches vers les jeunes seraient plutôt positives pour son image. Et après, vous avez raison, il faut faire de la grosse sociologie, de la grosse science politique. C'est-à-dire, les jeunes ne sont pas si différents de ça des autres. Ils ne votent pas quand personne ne vote. Ils votent finalement un peu comme leurs parents, etc. Donc, on revient aux fondamentaux de la sociologie politique. La popularité, ce n'est pas le vote.

C'est ce que je veux dire. Je ne suis peut-être pas l'exprimée, mais c'est ce que je veux dire. Il y a une différence. Simplement, tout de même, la popularité, elle vous permet d'être entendue. Elle vous permet de mobiliser. Elle vous permet éventuellement de faire changer quand même d'avis. Et elle permet d'exister aussi, quelque part. C'est important,

17:35
Présentateur

c'est à Gaspard-Ganzel. Je pense que le plan de la publique n'a pas d'enjeu de notoriété.

17:38
Locuteur non identifié

Il n'y a pas d'enjeu de notoriété. Il est connu, extrêmement connu, presque trop connu. Je pense que c'est plutôt l'enjeu de sympathie, d'image. Même inconsciemment, on apprécie toujours quand quelqu'un vient vers vous. Et là, Emmanuel Macron va vers les jeunes dire quelque chose, annoncer quelque chose. Mais il crée de l'intérêt. Il permet d'ouvrir l'oreille. Et peut-être que dans quelques mois et quelques semaines, il y en reviendra.

18:04
Présentateur

Je disais, exister dans le sens où on parle beaucoup de l'huile, on en a beaucoup parlé, différemment de... En plus, depuis un an, on parle de l'huile dans le cadre de la crise sanitaire, etc.

18:13
Locuteur non identifié

Ce qui est intéressant de façon complémentaire, c'est de voir comment Emmanuel Macron arrive ou cherche à occuper le terrain médiatique de façon quasi permanente sans jamais rentrer dans le cadre classique de l'interview politique. On est dans une sorte d'exercice de contournement absolument incroyable depuis un an dans lequel on a le droit à quasiment toutes les formes d'expression médiatique, le discours, la vidéo YouTube, l'échange, etc.

18:38
Présentateur

Sauf les traditionnels. Exemple, ce 14 juillet.

18:40
Locuteur non identifié

Le 14 juillet, il y a un rendez-vous traditionnel, classique. Quasiment tous les présidents de la République se sont pliés. Emmanuel Macron avait dit qu'il ne le ferait pas et il tient parole sur le sujet. Il a tort, à mon avis.

18:50
Présentateur

Politique et YouTube sont-ils compatibles ? C'est le thème de ce débat de midi. Réalisé par Valérie Ayestara et préparé par Colin Gruel et Sophie Perroigué. Et c'est Michel Bézikian qui est à la technique.

19:22
Locuteur non identifié

Tonight, tonight,

22:33
Présentateur

c'était Céleste sur France Inter. En ce 14 juillet, on parle politique et réseaux sociaux avec mes quatre invités. Il y a trois spécialistes de communication politique. Isabelle Véramasson, Philippe Moreau-Chevrolet et Gaspard Ganser. Et un YouTuber, Gaspard G. on a des messages sur Twitter, par exemple, Antoine qui nous écrit « Ça permet de toucher des cibles qui ne sont pas intéressées par les médias traditionnels. Il n'y a qu'à voir les sondages des très jeunes après la vidéo de Manu, dit Antoine, avec Max Paye et Carlito. Ça marche d'avoir l'air sympa. » Gaspard G.

Vous confirmez qu'aujourd'hui, alors c'est compliqué à chaque fois, on dit les jeunes, la jeunesse, mais c'est difficile de mettre tout le monde dans le même papier, mais on va le faire exceptionnellement quand même. Quand on a 18, 20 ans aujourd'hui, est-ce qu'on regarde les médias dits traditionnels ?

23:23
Locuteur non identifié

C'est intéressant parce que justement, on peut poser la question, il y a mille questions qui découlent de ce nouvel exercice présidentiel. Moi, une qui me frappe particulièrement, en effet, vous en parliez juste avant cet extrait musical Gaspard Ganser, vous parliez du fait qu'Emmanuel Macron et la Macronie en général, aujourd'hui, fuient un petit peu l'exercice classique dit journalistique d'interview politique et cet exercice plus classique et au contraire, va venir séduire davantage sur le numérique.

Aujourd'hui, je pense qu'il y a un problème, c'est que comme ça fait 15 ans aujourd'hui que YouTube existe, il y a un besoin, c'est quand même très frais, il y a un besoin d'amener une forme de déontologie journalistique envers ces nouveaux interviewers ou alors ces nouveaux confrontateurs, je ne sais pas comment on pourrait appeler ça, mais en tout cas, c'est interlocuteur en l'occurrence avec McFay et Carlito et...

24:22
Présentateur

C'est quoi ? C'est de les former à la contradiction finalement ?

24:26
Locuteur non identifié

On le sait, aujourd'hui, il n'y a pas de CSA sur Internet pour venir justement réguler ou en tout cas contrôler ces échanges politiques et cette vie démocratique sur Internet. Peut-être qu'il y a une forme de responsabilité, je pose ça comme ça, mais de médias plus traditionnels qui pourraient venir essayer de dépauler, je pense à France Télévisions qui se lance avec France Télévisions sur YouTube. Est-ce qu'il n'y a pas un besoin aussi de ces grands médias ?

24:56
Présentateur

De collaboration et de transmission ? Oui, mais alors, je pose une question en réaction à ce que vous dites. Est-ce que, dans ce cas-là, il n'y a pas un risque, alors je ne sais pas si ça serait un risque d'ailleurs, mais en tout cas, un enjeu de normalisation ? C'est-à-dire que si les YouTubers, en l'occurrence, prennent les codes des médias traditionnels, qu'est-ce qui va les différencier ? Qu'est-ce qui va faire leur côté disruptif ? Oui, ça perd complètement son sens

25:19
Locuteur non identifié

parce qu'évidemment, une des raisons pour lesquelles les hommes politiques vont vers ces endroits-là, c'est qu'ils savent, parce qu'ils sont bien conseillés, que la communication politique efficace, c'est celle qui sort du cadre. C'est-à-dire que, bien évidemment, les citoyens pensent que tout est arrangé, que les journalistes sont des complices, que la communication politique est absolument organisée et va aider l'homme politique. Donc, il faut, pour être crédible et pour être entendu, pour être reçu, il faut que l'homme politique se mette en danger. Et on l'a bien vu, à plusieurs reprises, Emmanuel Macron a essayé de le faire.

Et le danger, c'est évidemment de sortir du cadre, du cadre médiatique traditionnel. C'est YouTube, c'est Carlito, c'est essayer de... Et on a le seul bon message reçu, c'est celui qui paraît authentique dans la difficulté et dans la contradiction.

26:10
Présentateur

Justement, par rapport à ça, Philippe Moreau-Chevrolet, tout à l'heure, Gaspard Ganser parlait des allocutions, des exercices assez traditionnels. On a vu, alors il y a une période spéciale depuis un an, mais les allocutions présidentielles sont ultra suivies. L'année dernière, Emmanuel Macron a battu tous les records d'audience.

26:25
Locuteur non identifié

37 millions pour le déconfinement le 13 avril.

26:27
Présentateur

Et là, YouTube est complètement battu à plate couture. Ça veut dire qu'il y a encore, malgré tout, un intérêt pour cet exercice.

26:33
Locuteur non identifié

Les électeurs sont sur la télévision. La plupart des médias embrayent sur la télévision. Il y a phare en politique, quoi qu'on en dise, en tout cas, dans notre petit pays. Mais c'est quelque chose qu'il faut changer parce qu'il a besoin aussi de renouveler son image. Il a besoin d'aller chercher de nouveaux moteurs. Et puis, il copie beaucoup la stratégie d'Obama en 2008-2010. La stratégie de je vais être le premier à faire une performance sur un réseau social de cette nature-là. Je crée un événement en étant le premier. Barack Obama avait été le premier à tweeter en tant que chef d'État. Ça avait été...

Il y a une photo de lui qui le montre en train d'envoyer son premier tweet avec toute la salle qui applaudit. C'est très kermesse, quoi. C'est surréaliste.

27:11
Présentateur

C'était donc il y a 10-12 ans.

27:12
Locuteur non identifié

Oui, mais c'est la même stratégie. Ça n'a pas changé. Et puis, il est dans une stratégie de nature publicitaire. Donc, il ne va pas chercher, comme le dit Gaspard Ganser, la confrontation puisqu'il cherche à développer une image positive de lui-même, un peu feel-good, où il essaie d'apparaître le plus sympa possible. Il n'a pas d'opposant vraiment déterminé pour l'instant, à part Marine Le Pen. Mais Marine Le Pen, c'est le diable.

27:31
Présentateur

Donc, il fait de la publicité. Justement, vous dites qu'il apparaît sympa. Et c'est ce que nous disait Antoine sur son message aussi sur Twitter. Ça marche d'avoir l'air sympathique. Mais Gaspard Ganser, si on prend le président que vous conseilliez il y a quelques années, François Hollande, qui avait une image sympathique, on peut le dire, auprès des Français, ça ne faisait pas de lui un élu populaire et encore moins un candidat puisqu'il ne s'est pas représenté pour un deuxième mandat.

27:53
Locuteur non identifié

Isabelle Farmaçon me le disait tout à l'heure. Parfois, malgré tout, nos efforts, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. A la fois parce que les circonstances politiques ne le permettent pas forcément, le chômage, la crise, le terrorisme, mais aussi parce que quand des erreurs ont été commises sur le long terme en teinte d'image, il est très difficile de recoudre les choses. Il faut reconnaître à Emmanuel Macron que depuis le début de son quinquennat, même si des erreurs ont été commises, il a quand même maîtrisé sa communication. C'est presque le reproche inverse qu'on pourrait lui faire.

C'est de trop maîtriser sa communication depuis le début, peut-être de trop la verrouiller ou d'un point de vue démocratique, on pourrait se dire qu'il faudrait peut-être plus de naturel. Et il prend un risque, à mon avis, dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle, c'est qu'à un moment donné, il va sortir de cette bulle de confort dans laquelle il s'est installé parce qu'il les maîtrise tout et il va se retrouver dans une situation de confrontation. Alors s'il n'a que Marine Le Pen face à lui, ça ira parce qu'elle n'est quand même pas très forte en débat. On l'a vu, même si elle a certainement progressé.

En revanche, s'il a des adversaires sur sa droite ou sur sa gauche et d'un coup d'un seul, il ne se sera plus vraiment habitué à la confrontation.

28:50
Présentateur

Alors d'autres présidents ont fait des tentatives. Vous en aviez parlé tout à l'heure, Isabelle Véramasson, de cette séquence très connue de François Mitterrand en 1985 sur TF1. Il est face à Yves Mourouzi.

29:01
Locuteur non identifié

Vous savez ce que c'est que chez Bran ? Vous savez, moi quand j'étais enfant, déjà on a versé l'ordre des syllabes dans le mot. Ce n'est pas très nouveau ça. D'autres puissent que vous savez dire Brancher, bien entendu, je ne vais pas faire le malin ou le très informé. Mais c'est déjà un peu dépassé. Vous auriez dû dire câblé. C'est craignos ? Ça se comprend moins bien. Je ne sais pas très bien la signification. Ça veut dire peur ou ça veut dire c'est moche ? Je ne sais pas. Ce n'est pas terrible.

29:26
Présentateur

Isabelle Véramasson, un politique, alors qu'il soit président, qu'il soit ministre, qu'il soit parlementaire, qu'il soit maire, est-ce qu'il peut imiter les codes, que ce soit du langage verlan en 1985 ou aujourd'hui des réseaux sociaux ? Est-ce qu'il est crédible ou est-ce que de toute façon ça fait plate imitation ?

29:42
Locuteur non identifié

En tous les cas, il y a un risque. Moi, je voulais revenir, mais c'est lié à ce que vous nous proposez comme question, au fait que souvent les hommes politiques ont une image, un marqueur et dont il faut qu'il se débarrasse ou au contraire qu'il faut qu'il cultive. Et le marqueur d'Emmanuel Macron, c'est le président des riches. Donc, tout son quinquennat va être de se débarrasser de ce marqueur. Et donc, on voit bien, ça explique tout ce que nous venons de dire avant. Sortir du monde de la bourgeoisie, sortir des vieux qui sont des baby-boomers, etc. Et en ce qui concerne Mitterrand, il a un marqueur, c'est son âge.

Donc, il va falloir qu'il se débarrasse de ce marqueur terrible et objectif quelque part à chaque fois qu'il arrive à la télé, même s'il est bien maquillé, on se rappelle que c'est un très vieux monsieur. Donc, parmi cette stratégie de se débarrasser de ce marqueur, il va y avoir le fait que je parle comme les jeunes, même si je suis vieux, je suis dans le coup, etc. Donc, c'est ça. Avec le risque qu'à mon avis, il n'a pas tout à fait évité d'être un peu ridicule.

Et là, je trouve que Mitterrand, moi, dans cette émission, est légèrement ridicule parce que d'abord, parce que tout le monde sait que c'est organisé et qu'en plus, il ne va même pas jusqu'au bout, il ne sait même pas ce que ça veut dire, c'est un faux vrai jeune, c'est un faux jeune, mais c'est un jeune qui arrive même, un faux vrai vieux, qui n'arrive même pas à apprendre de la leçon jusqu'au bout. Ce qui est intéressant, c'est que ça le rend quand même sympathique, même s'il est un peu ridicule, un peu comme le grand-père qui essaye de parler à ses petits-enfants. Et en fait, c'était ça la stratégie de Mitterrand, c'est tonton laisse pas béton.

C'est-à-dire, en fait, évidemment, les gens savaient qu'il n'était pas jeune, mais on aime bien le grand-père qui essaie de jouer aux flippers ou aux jeux vidéo avec ses petits-enfants. Moi, je crois que ce n'était pas sale idée au départ, mais c'est comme ça que ça a fait. Et ça, c'est très intéressant sur la réception de la communication.

31:34
Présentateur

Gaspard, vous qui connaissez, si on parle de YouTube, les codes de YouTube qui sont, je crois, différents des codes de Twitter, qui sont différents des codes d'Instagram, de Twitch et de plein d'autres, ça se voit, c'est évident qu'ils font de l'imitation mais qu'ils n'en sont pas vraiment.

31:51
Locuteur non identifié

En l'occurrence, votre question sur Macron ?

31:53
Présentateur

Oui. Enfin, sur l'adaptation aux codes. Là, je parlais aussi de François Mitterrand. On l'a vu qui a essayé d'imiter un langage verlan et qui s'est planté, on vient de le dire.

32:01
Locuteur non identifié

Moi, je crois a été quand même très, très bien réussi et vous le disiez en début d'émission, il était périeux parce que c'est vrai que là, Emmanuel Macron était un bon acteur, j'ai l'impression, dans cette vidéo. Bien câblé, à la fois équilibré parce qu'on a quand même des codes où il y a des espèces d'affiches de jeux vidéo. Un décor qui est d'ailleurs mixé, le décor de McFay et Carito qui s'invite dans un grand salon doré de l'Elysée. Tout était assez équilibré finalement mais c'est vrai que la responsabilité était assez grande et l'exercice périeux.

Au-delà de ça, je crois que la base initiale qui voulait être touchée étant la jeunesse, ensuite, la vidéo a vraiment pris énormément d'ampleur et donc a frôlé le ridicule chez une génération peut-être plus âgée, chez des aînés qui ne comprenaient pas forcément les codes.

32:54
Présentateur

Mais les aînés, ils n'ont pas regardé cette vidéo.

32:56
Locuteur non identifié

Je pense qu'au contraire, je pense que moi, ma grand-mère est au courant de cette vidéo de McFay et Carito. Ils en ont entendu parler en tout cas.

33:01
Présentateur

Mais ils ne l'ont pas regardée.

33:02
Locuteur non identifié

Non mais elle a été réinterprétée et donc c'est ça qui est intéressant c'est que l'exercice est allé au-delà des simples frontières d'Internet et d'ailleurs quand un politique s'invite sur YouTube c'est un peu les rares fois où on parle de vidéos YouTube dans les médias traditionnels.

33:18
Présentateur

On a un message par mail qui nous écrit on se rend compte avec cet épisode qu'Emmanuel Macron n'a pas les codes et il ne comprend pas ce qu'est un gage. Alors il n'y a pas d'argumentation mais Philippe Moreau-Chevrolet tant qu'on parle de gage il y en a un deuxième gage puisque donc McFay et Carito et Emmanuel Macron ont fini à égalité de ce fameux concours d'anecdotes. Emmanuel Macron a pour gage de mettre un portrait on l'entendait tout à l'heure une photo un cadre quelque chose de McFay et Carito sur son bureau ou dans le décor lors d'une prochaine prise de parole. Ça veut dire qu'en fait ça va être interminable ça va continuer et il y a un moment

33:53
Locuteur non identifié

Ça veut dire qu'il intègre ça dans sa culture et il va renvoyer des clins d'œil à cette partie de son électorat en tout cas fantasmée.

34:01
Présentateur

Mais vous pensez qu'il va enfin après on ne va pas faire de pronostics qu'on n'est pas des madame est-ce qu'il va le faire est-ce qu'il n'y a pas un moment où lui doit dire stop ?

34:08
Locuteur non identifié

Ça dépend beaucoup du Covid parce qu'en fait Emmanuel Macron il fait campagne sur comme le disait Gaspard Ganser il a son schéma de campagne il a sa bulle et il fait campagne comme le disait récemment un éditeur un peu dans la fiction il fait campagne dans la fiction nous on vit dans la réalité donc est-ce que la fiction peut influencer la réalité ?

Oui beaucoup en politique en ce moment on le voit parce qu'on réfléchit de plus en plus la politique à travers nos références fictionnelles comme les séries comme les films sur la politique mais on élit même des acteurs de séries c'est le cas en Ukraine où Zelensky le président ukrainien a joué le président de la république avant d'être élu donc la fiction nous aide à penser la réalité mais pour autant il y a un moment où ça ne devient plus tellement possible et le problème d'Emmanuel Macron c'est sa relance de campagne à répétition elle est liée à ça c'est-à-dire que lui vit dans sa fiction et périodiquement le Covid lui dit en fait je suis toujours là donc mettre le portrait de McFay et Carlito il ne l'a pas mis avant-tier dans son introduction quand on parle du variant Delta c'est un petit peu compliqué quand même

35:07
Présentateur

Maurice nous envoie un message sur l'application France Inter que pensez-vous de l'utilisation du média Twitch dans l'horizon politique parce que bon on parle beaucoup d'Emmanuel Macron et moi j'aimerais bien qu'on ouvre les horizons le débat c'est Youtube et politique sont-ils compatibles donc Gaspard Ganzer Twitch aujourd'hui qu'est-ce que vous en pensez pour les politiques

35:26
Locuteur non identifié

je pense que c'est devenu un des nouveaux médias d'expression alors ça ne prendra jamais la place de la télé ou de la radio en termes d'audience et de crédibilité mais je pense que c'est un bon moyen de s'adresser aussi aux jeunes là pour le coup François Hollande on en parlait tout à l'heure a été excellentissime quand il a été invité chez Samuel Etienne parce que il a parlé de façon totalement libérée

35:45
Présentateur

pendant trois heures il est resté

35:46
Locuteur non identifié

il peut m'arriver d'être critique mon ancien patron qui ne fait pas toujours les trucs bien mais là il a été excellent

35:51
Présentateur

il n'est plus en campagne

35:53
Locuteur non identifié

voilà mais c'est pour ça parce que ça marche c'est justement là que je voulais en venir ça marche quand justement vous êtes quelque part désintéressé et que vous n'avez pas d'objectif quand vous avez quelque chose un message à passer sur le fond comme Castex on voit bien l'embarras dans lequel il était il n'arrivait pas à placer son message c'était décalé et quand vous êtes en campagne là je pense que ça va très mal se passer aussi pour ceux qui iront sur Twitch parce que les auditeurs enfin les joueurs de jeux vidéo qui sont sur Twitch seront très critiques ou alors seront convaincus simplement qu'il était déjà avant

36:23
Présentateur

Gaspard G Twitch l'utilisation de Twitch

36:26
Locuteur non identifié

là où je nuancerais peut-être un tout petit peu votre propos Gaspard Ganser c'est sûr vous nous dites que ça reste encore très limité moi au contraire ce que je constate c'est que ma génération et même les moins de 30 ans même des gens aujourd'hui qui ont 30 ans n'ont plus forcément la télévision chez eux encore moins parfois je suis désolé mais ils l'écoutent sur d'autres médias mais ils n'ont encore moins un post de radio dans leur cuisine et aujourd'hui donc Twitch et Youtube prennent une place de plus en plus croissante on peut croire à des effets de mode alors peut-être qu'aujourd'hui c'est Twitch demain ce sera TikTok ça reste qu'il y a une vraie place qui va une vraie stratégie qui doit découler parce qu'aujourd'hui pour séduire les moins de 30 ans vous n'allez pas sur la télévision aujourd'hui moi personnellement j'ai allumé la télévision deux fois c'est pour regarder la France jouer lors de l'Euro et pour regarder les allocutions d'Emmanuel Macron et encore la dernière était disponible et diffusée sur Youtube donc même plus besoin entre guillemets

37:18
Présentateur

donc vous vous n'utilisez que Youtube par exemple ou des plateformes comme Twitch

37:22
Locuteur non identifié

oui et je regarde et j'écoute France Inter sur Youtube tous les matins ils contribuent à beaucoup faire baisser la moyenne d'âge d'ailleurs mais ça a toujours enfin pardon mais ça a toujours été un peu le cas c'est à dire que contrairement mais Twitch n'existait pas il y a l'idée que les jeunes avant s'intéressaient à la politique et écoutaient le journal télévisé non non ça fait depuis que je travaille sur la télévision depuis que je fais toute ma carrière j'entends ça j'entends cette déploration mais ça veut dire

37:51
Présentateur

que depuis tout ce temps ou depuis toujours pour reprendre votre terme Isabelle Berramazon on n'arrive pas à harponner les jeunes non absolument

37:57
Locuteur non identifié

on n'arrive pas à harponner les jeunes par les médias

38:00
Présentateur

mais alors par quel moyen alors

38:02
Locuteur non identifié

les sociologues les américains nous ont montré comment s'élaborait la décision de voter elle est à travers les autres les gens les opinions leaders c'est à dire que les jeunes ceux qui vont aller voter moi j'ai fait une étude sur 2007 et puis 2012 j'ai retrouvé exactement la même chose quand on rencontre des jeunes et quand on leur demande comment ils votent ils ne regardent pas la télévision ils n'écoutent pas la radio ils sont bien sûrs mais ils votent parce qu'ils en discutent quand ils voient leurs parents quand ils voient leurs patrons quand ils voient leurs copains qui disent à la politique mais donc si je vous dis et c'est comme ça que ça se passe c'est l'interpersonnel qui fait voter les jeunes alors ça veut dire

38:40
Présentateur

Philippe Moreau-Chevrolet que les médias traditionnels qui sont encore heureusement là je parle pour France Inter suivis par les générations un peu plus anciennes peuvent avoir une influence sur les jeunes alors par écoulement bien sûr oui

38:54
Locuteur non identifié

parce qu'on crée un climat culturel global pour les candidats quand une dynamique se crée en fait ce qu'il faut avoir en campagne c'est une dynamique quand la dynamique se crée à ce moment là les médias traditionnels peuvent lancer cette dynamique peuvent l'amplifier typiquement quand les meetings d'Emmanuel Macron ont commencé en 2017 il y avait une consigne qui était donnée aux militants d'applaudir toutes les deux minutes qui était envoyée par texto aux militants dans la salle les journalistes sont arrivés en disant c'est incroyable même quand il dit des trucs parfaitement anodin et chiant tout le monde applaudit c'est dingue il y a une ferveur dans ces meetings et cette construction là c'est les médias qui ont amplifié cet outil marketing qui était très intelligent et c'est ça qui a créé le début de la campagne de terrain d'Emmanuel Macron donc les médias sont utilisables en campagne parmi d'autres outils moi je noterais sur Twitch qu'il y a une communauté de gens exigeants par rapport aux politiques sur Twitch c'est des gamers les joueurs de jeux vidéo alors il faudrait faire une étude sociologique pour comprendre pourquoi j'en sais rien mais ils sont passionnés de politique depuis longtemps ils ont beaucoup aidé Mélenchon dans les précédentes campagnes et sur Twitch ils n'ont pas aimé la prestation de Castex parce que Castex est venu faire un petit peu de la langue de bois n'a pas vraiment répondu aux questions et qu'eux veulent des vraies réponses des vraies questions

40:04
Présentateur

allez on parle de politique et de réseaux sociaux aujourd'hui un message d'Uber sur l'application France Inter qui nous écrit cet effort digital pour toucher les gens et combattre l'abstention ne peut pas être suffisant on revient dans un instant juste après monsieur Giscard

40:18
Locuteur non identifié

je fais de la merde quand t'es pas là c'est pas censé sans tes bas je passe tant tant que t'es là je passe tant que t'es sage et la merde tu comprends pas je veux pas de temps non

40:41
Locuteur

non

40:41
Locuteur non identifié

je veux pas de temps mais c'est pas personnel les autres sont plus bêtes je suis sous Jackson et puis je sais que tu me plais pas en vrai je parle je viens sur ma page je veux je vais qu'on tire mes doigts mais c'est pas personnel les autres sont plus bêtes je suis sous Jackson et puis je sais quand tu sois et puisqu'on parle de Youtube

42:49
Présentateur

et de politique c'était monsieur Giscard pas personnel

42:52
Locuteur non identifié

Camille Cronier

43:03
Présentateur

nom de l'artiste et titre de la chanson bien sûr programmation signée Valentine Chedebois on a beaucoup de messages sur les mails de France Inter et sur l'application également je vais vous en lire plusieurs et on réagira après d'abord Thomas qui a 24 ans qui nous dit que ses deux soeurs elles ont 16 et 21 ans nous avons tous les trois l'impression que la vidéo de McFly et Carlito était je le cite du foutage de gueule pour une grande partie de la jeunesse cette vidéo montre à quel point Macron n'en a rien à faire des problèmes qui touchent les jeunes surtout en temps de pandémie j'enchaîne avec un autre message de Van Uxem qui pose la question lui si ce genre d'opération donc sur Youtube ne coupe pas les politiques d'un électorat traditionnel en dévalorisant la parole politique alors ça Philippe Moreau-Chevrolet c'est une vraie question on cherche les uns pour peut-être perdre les autres

43:51
Locuteur non identifié

c'est une vraie question mais moi je pense que c'est faux en fait ça participe du côté transgressif d'un président qui est en campagne Emmanuel Macron en faisant ça il agresse effectivement une partie de l'électorat qui va se dire mais qu'est-ce qu'il fait avec McFly et Carlito pourquoi ce type est en train de faire une roulade dans les jardins de l'Elysée voilà mais ça fait partie de l'opération comme c'est conçu avec c'est un package les communicants de l'Elysée se sont dit ça va provoquer des réactions des vieux cons très bien on va paraître jeune voyez ce que je veux dire

44:18
Présentateur

mais ça Gaspard-Ganzer quand même Alexandre nous écrit aussi est-ce que ce genre de communication n'est pas plus néfaste au final toucher les jeunes pour perdre vraiment les plus âgés est-ce que le calcul est judicieux vous qui conseillez en ce moment j'imagine que vous avez aussi des contacts avec des cabinets ministériels ça m'arrive

44:35
Locuteur non identifié

même si je ne travaille pas pour eux ça m'arrive

44:37
Présentateur

c'est un enjeu aussi aujourd'hui de réussir à en capter certains sans perdre les autres derrière

44:42
Locuteur non identifié

oui enfin ils font un pari qui peut s'avérer fructueux c'est de se dire que les audiences sont tellement séparées que quand on parle aux jeunes avec McFly et Carlito en fait les vieux même s'ils en entendent parler ne le voient pas et même si des images restent au final ce sont deux mondes qui ne se parlent pas je pense que ça vaut après en faisant cette communication là et quand même en laissant ressortir des images qui resteront comme la roulade dans le jardin de l'Elysée qui est quand même moi la seule image qui m'a quand même gêné parce que là je trouvais qu'on avait franchi

45:11
Présentateur

donc c'est McFly qui fait une roulade dans le jardin

45:13
Locuteur non identifié

dans le jardin devant le président de la république là on s'est dit quand même que face à un pays le chef d'état d'un pays membre du conseil de sécurité c'était un chouïa too much je n'ose même pas imaginer si François Hollande avait fait la même chose avec des youtubeurs ou Nicolas Sarkozy mais là c'est passé mais je pense quand même que c'est des images qui restent et en fait il ouvre la voie quand même à un candidat qui pourra jouer en contre par rapport à lui Emmanuel Macron quelqu'un qui sera plus simple j'allais dire presque plus normal qui arrivera en disant écoutez moi je ne ferai pas McFly et Carlito moi je vais être un président à l'ancienne traditionnel qui va donner des interviews au Figaro au point et aller à la télé à la radio et qui ne ferait pas tout ça et je pense qu'un électorat âgé pourra se dire oui l'autre qui faisait un peu tout et n'importe quoi on va repasser à quelque chose d'un peu plus classique

45:56
Présentateur

Gaspard G on a un message de Nathan qui nous écrit il faut arrêter d'avoir l'attitude habituelle des plateaux télé classiques et avoir une attitude adaptée aux nouveaux médias en parlant évidemment de ces politiques alors je vais vous poser une question mais d'abord pour lier ce message de Nathan je voudrais vous faire écouter Jean-Luc Mélenchon qui lui a sa propre chaîne avec plus de 500 000 abonnés et voir si ça ne serait pas la solution d'avoir justement sa propre chaîne un peu plus authentique

46:22
Locuteur non identifié

Bonjour pour ce troisième numéro de Pas vu à la télé nous recevons Héloïse Lebourg qui a la double qualité d'être une journaliste indépendante et quelqu'un qui a touché de près le dossier des lanceurs d'alerte Bonjour Héloïse Bonjour Merci d'être venue alors on commence tout de suite par le zapping

46:44
Présentateur

Alors Gaspard G ça pourrait être ça la recette finalement c'est qu'Emmanuel Macron qui a une chaîne mais qui finalement ne l'utilise pas comme un youtuber ou d'autres ait leur propre chaîne et s'adresse comme ça naturellement

46:59
Locuteur non identifié

Alors déjà on le voit avec Jean-Luc Mélenchon ici qui a sa propre émission il n'est pas sur à la télévision où il y aurait en effet on en parlait tout à l'heure de contestation en fait il n'y a pas d'interlocuteur en face de lui il peut simplement il propose un contenu qui est éditorialisé avec ses valeurs ses codes qui met en place sur sa chaîne Youtube La deuxième chose pour répondre directement à Nathan à la question de l'auditeur que vous avez lu juste avant moi je crois qu'en fait au fur et à mesure où l'audience de Twitch et de Youtube vieillit puisqu'elle vieillit et en cause c'est à dire que aujourd'hui ça devient des nouvelles normes de médias et bien forcément les codes s'adaptent c'est absolument évident qu'en 2005 au début de Youtube les codes étaient absurdes what the fuck bref toute la série de mots qui en convient et puis aujourd'hui dans 10 ans moi je vois tout à fait un débat d'entre deux tours qui serait diffusé sur Twitch ou un débat avec tous les candidats à la présidentielle pour pouvoir séduire finalement des personnes qui sont des digital natives et qui sont nées avec un smartphone dans les mains en quelques mots

48:10
Présentateur

et pardon je rebondis encore sur ce que vous dites ça veut dire que en fait moi je voudrais juste savoir quelle serait la recette s'il y en a une pour qu'un politique quel qu'il soit soit non pas incrusté sur Youtube mais intégré à Youtube vous voyez

48:25
Locuteur non identifié

c'est d'aller se prêter à un exercice sérieux je pense qu'aujourd'hui vous l'avez dit la jeunesse a besoin aussi avait peut-être besoin d'un peu plus de sérieux de la part du chef de l'Etat après en plus des confinements à répétition une jeunesse qui a été en détresse pendant des mois on en a beaucoup parlé au début de l'année et donc c'est communément à la fois le rôle des politiques et la responsabilité des politiques de se prêter à un exercice avec un ton peut-être sérieux de parler des vraies choses sur Youtube et des Youtubeurs d'aller aussi confronter un peu plus les politiques et de leur poser les vraies questions

48:59
Présentateur

c'est ça Philippe Moreau-Chevrolet c'est qu'il y aurait aussi des progrès et une sorte d'adaptation de la part des Youtubeurs aussi c'est pas que dans un sens

49:06
Locuteur non identifié

oui c'est de la part des Youtubeurs peut-être à prendre davantage à ne pas servir la soupe aux politiques quand ils les invitent parce qu'ils servent au fond de faire valoir il faut qu'ils comprennent simplement qu'ils sont quand ils traitent des marques quand ils font des partenariats avec des marques ils se font payer le politique c'est souvent gratuit et ça leur rapporte parfois beaucoup de mal en termes de réputation on parlait hors plateau de l'effet Faudel on se souvient du soutien de Faudel à Sarkozy qui lui a coûté à peu près toute sa popularité Doc Gynéco a fini à Pôle emploi etc donc on est dans des carrières qui ont été compromises par des participations politiques parce que la réputation de la politique elle grandit elle s'épanouit puis à un moment donné elle peut redescendre et emporter tout avec elle et puis l'autre chose c'est d'avoir du naturel et le problème qui manque ce qui manque aux politiques français c'est du naturel Jacinda Ardern première ministre de Nouvelle-Zélande réélue avec 82% de popularité elle quand elle annonçait des mesures comme l'envoi des troupes militaires aux frontières contre le Covid elle le faisait depuis son canapé après avoir couché ses gosses elle répondait aux questions des gens et bien c'est ça qu'aujourd'hui qui serait génial de la part d'un politique français c'est d'avoir ce naturel cette spontanéité

50:10
Présentateur

mais alors pourquoi il n'a pas de naturel Gaspard Ganser vous avez fait les nains on vous brille à les nains

50:14
Locuteur non identifié

j'ai tous les défauts j'ai fait l'air en plus avec Emmanuel Macron non c'est très difficile quand on est j'imagine quand on est président de la République il y a 40 ans de se sentir totalement à l'aise dans le poste il s'est retrouvé à cet âge là très très jeune presque trop jeune il a dû enfiler un costume au sens figuré du terme dans lequel il a dû peut-être élever un peu plus le menton se gonfler les épaules etc il n'est pas totalement naturel c'est vrai que l'Emmanuel Macron qu'on a vu dans la campagne électorale et celui qu'on a vu dans les premiers jours à l'Elysée n'est pas exactement le même tout comme c'est pas exactement le même non plus avec MyFly et Carlito et c'est pas non plus exactement le même qui faisait ses études avec moi

50:53
Présentateur

mais sur le manque de naturel des politiques français Isabelle Vérimasson dont parlait Philippe Moreau-Chevrolet c'est quelque chose de très français ce manque de naturel partout à travers tous les différents politiques

51:05
Locuteur non identifié

toutes les époques non je crois pas mais c'est vrai non je crois que c'est plein de pays dans lesquels on n'est pas naturel mais c'est vrai que nous n'avons pas la culture de l'oral elle n'est pas la culture mais de la discussion quand on est anglais tout petit on doit discuter parler en public etc.

la réforme du bac elle participe aussi de cette idée qu'il faut que nous apprenions les français à quitter le théâtre classique pour devenir plus moderne moi je pense que c'est lié à la question de la normalité ces chaînes Youtube elles sont soit des chaînes classiques à Mélenchon et elles deviennent des médias et à ce moment là vous rentrez dans le cadre très vieux très vieillot de la propagande et ça personne ne va en entendre parler c'est à dire que vous êtes sûr que Mélenchon quand il passe dans sa propre chaîne et qu'il parle face à la caméra personne ne va le contredire et personne ne le croira non plus c'est à dire c'est l'humanité c'est à dire vous êtes sûr que vous n'arrivez à que vous n'arrivez à convaincre que les convaincus vous restez entre vous et c'est déjà le défaut quand même d'internet et des médias enfin des presque médias d'internet alors si vous si vous acceptez ce système là vous êtes foutu la question et on le dit depuis le début c'est d'être ouvert à des gens qui ne sont pas déjà des convaincus et pour l'instant internet c'est pas du tout évident avec ça

52:27
Présentateur

c'est pour ça que la télévision est la plus forte très rapidement à chacun la question de base de ce débat politique et YouTube sont-ils compatibles Gaspard G vous répondez quoi ?

52:35
Locuteur non identifié

oui je crois et je crois que ça deviendra de plus en plus compatible avec le temps

52:38
Présentateur

Gaspard Ganser

52:39
Locuteur non identifié

oui complètement et je pense qu'on peut aller plus loin peut-être en ayant plus de fond sur YouTube que l'heure actuelle oui il faut que les politiques se l'approprient et puis qu'ils deviennent des YouTubers eux-mêmes il faut que ça fait partie du quotidien des gens aujourd'hui d'être sur YouTube il faut que ça fasse partie de leur quotidien aussi et ils n'ont pas besoin d'enjoyphoenix pour ça même si j'adore enjoyphoenix

52:57
Présentateur

Isabelle Véramasson je crois que tout est politique même YouTube et une dernière question de la dernière question excusez-moi mais ça veut dire c'est quoi non mais juste pour rebondir sur ce que vous venez de dire tous les quatre c'est quoi la prochaine étape alors ? c'est quoi ? c'est un débat comme le disait tout à l'heure Gaspard G un débat sur YouTube sur Twitch ? ça finira par arriver

53:16
Locuteur non identifié

je suis certain la télé la radio auront toujours des débats auront toujours des théâtres de l'action politique du débat électoral ou préélectoral mais il y en aura aussi sur Facebook sur Twitter sur YouTube et c'est très bien il y aura une montée en maturité y compris sur le fond et on a beaucoup de choses à découvrir d'un point de vue démocratique

53:32
Présentateur

allez avant de se quitter le mini débat comme tous les jours c'est une question liée à la thématique mais qui est totalement anecdotique aujourd'hui je vous pose cette question Instagram ou TikTok Gaspard Gantzer ?

53:44
Locuteur non identifié

moi je suis clairement Instagram, TikTok beaucoup trop jeune pour moi Philippe Moreau-Chevrolet moi je pense que TikTok est plus adapté pour les messages politiques qu'Instagram Isabelle Véramasson ? vraiment je ne suis pas ni Instagram ni TikTok cette espèce de présence pour moi ce sont des messages faux il faut vous y mettre Isabelle il faut danser on va danser ensemble j'y suis allé mais c'est vraiment c'est la mise en scène c'est le contraire pour moi de l'authenticité Gaspard G ce sont simplement je pense des nouvelles mécaniques de diffusion et le fond s'y prêtera plus tard mais pour le moment la forme est choc et encore un peu plus

54:17
Présentateur

et qui alors ? Instagram ou TikTok vous dites vous ?

54:18
Locuteur non identifié

je pense les deux les deux mon capitaine

54:20
Présentateur

bon sur Twitter en tout cas c'est Instagram qui écrase TikTok 91,3% de vote pour Instagram 8,7% pour TikTok merci beaucoup à tous les quatre très bon après-midi et à demain on se demandera si la finance peut vraiment être verte et à demain