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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 23 décembre 2022 9 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Timothée Ansieau et Jean-Marc Guillaume : "Le plaisir de l'impro, c'est cette surprise permanente"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Vous êtes comédiens improvisateurs, vous jouez au Palais des Glaces le spectacle Bio, qui est totalement improvisé.

  • 2:58OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui guide le spectacle ? Prénom, fonction, lieu ou phrase du livre ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Il n'y a pas de mise en scène dans ce spectacle ?

  • 4:43OuverteRéponse directe

    Il y a un côté cinématographique dans votre spectacle ?

  • 5:15OuverteRéponse directe

    Comment est né le concept Bio, raconter l'histoire d'un personnage ?

  • 6:34OuverteRéponse directe

    L'improvisation, ça se travaille ?

Temps de parole

  • Présentateur38 %
  • Invité35 %
  • Invité 227 %

6,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

6h19, bonjour Timon Théanciot et Jean-Marc Guillaume. Bonjour. Alors vous êtes tous les deux comédiens improvisateurs, vous faites partie de la compagnie de théâtre Les E et vous jouez au Palais des Glaces le spectacle Bio, Bio pour biographie, qui a la particularité d'être totalement improvisé. Alors Bio raconte une histoire nouvelle chaque soir d'un personnage. Pour créer ce personnage, vous faites appel au public. C'est lui qui vous donne son prénom, son métier, un lieu, une direction, grâce à la première phrase de la page d'un livre prise au hasard chez un spectateur.

Alors quand je suis allée vous voir, moi, j'ai vu Thierry, magicien, plateforme en mer du Nord, ça c'était pour le lieu, et la phrase prise dans le livre d'un spectateur était « Je regarde ma fille et je me dis, en gros, elle va bien », c'est quelque chose dans le genre. Pendant une heure à trois comédiens, vous nous avez donc raconté l'histoire de ce Thierry, magistien de Pacotty, veuve qui élève seule sa fille, une ado qui n'en peut plus de gérer, un père post-ado d'ailleurs, et qui va fuguer loin, très très loin.

Messieurs, on ressort de votre spectacle avec une jolie patate, c'est drôle, ça peut être grave, c'est fin, c'est parfois cabotin aussi, mais surtout on est ébahis par la performance. En une heure pile, vous faites le tour du personnage, son passé, son présent et son futur. Vous me confirmez, même si on vous pose 15 000 fois la question et toujours la même, vous ne saviez pas du tout ce que vous alliez jouer avant le spectacle.

1:32
Invité

Non, rien du tout. J'ai complètement oublié le spectacle que vous venez de me raconter, il y a deux semaines. On a cette particularité de ne pas s'en souvenir, de ne pas savoir ce qu'on fait et de ne pas s'en souvenir.

1:44
Présentateur

Alors ça c'est Timothée Anciot qui parle, quand on dit on ne s'en souvient pas, la question avant le spectacle, vous vous concertez, on sait qui va prendre le personnage leader, on ne sait pas ?

1:57
Invité

Non, on ne sait rien du tout avant le spectacle, justement c'est ça l'intérêt. Le principe c'est de se laisser surprendre, d'être vraiment dans le moment présent, d'utiliser ce qui est là maintenant, les partenaires de jeu, aussi le public, ce qu'ils nous donnent. Vous avez dit que les suggestions que vous avez mentionnées, ça peut aussi changer. Des fois on tente des nouvelles choses. En fait, ce moment interactif avec le public est très important pour définir le héros dont on va raconter l'histoire. Et donc à chaque fois c'est unique, c'est une histoire qu'on raconte une seule fois et donc le public participe à ce truc-là.

C'est vrai qu'on se dit comment on se sent, est-ce qu'on a envie de jouer le héros ou pas ? Quelquefois parce qu'on joue trois fois de suite, on est un groupe de sept et on est trois sur scène. Donc quelquefois on se dit, oh ce soir j'ai fait le héros trois fois de suite, peut-être j'ai moins envie. Ou alors on se dit ce dont on a envie, ce dont on aimerait, des espérances pour le spectacle. Mais je crois que ça s'arrête là. Le maître mot c'est de faire quelque chose d'inédit, d'unique, de frais.

2:58
Présentateur

Et je me posais la question, qu'est-ce qui guide le spectacle ? C'est le prénom, la fonction, le lieu ou la phrase qui est prise dans le livre ?

3:05
Invité

La bêtise que quelqu'un a dit à la septième minute, je pense que c'est ça qu'il lit le spectacle. Quelqu'un dit un moment une bêtise, comme je viens du futur et hop là on avait vécu, on voit un virage ce qui arrive. Mais c'est toujours quelque chose qui arrive sur scène, une réaction forte qui tout d'un coup prend le pas. En fait, j'ai pas épousé ta mère. Et paf ! Et tout d'un coup cette phrase devient le lead. Mais c'est pas plus que les interactions sont des prétextes, on va dire. Non, c'est super tout ce qu'ils disent, mais c'est plus un prétexte au spectacle.

3:38
Présentateur

Il n'y a pas de mise en scène dans ce spectacle ? En termes de décor, il y a quelques accessoires, une micro-scène avec un rideau, de quoi vous asseoir. Même les lieux, les objets, tout sera improvisé. Jean-Marc Guillot

3:55
Invité

Oui, oui, tout est improvisé. On utilise beaucoup le mime, parce que ça permet d'aller encore plus loin. Si on avait des vrais costumes, des vrais décors, on ne pourrait pas, si on utilisait par exemple des vraies assiettes, on ne pourrait pas les casser sur la tête de notre partenaire. Comme on mime tout, tout est possible. On peut faire des courses-poursuites, on peut sauter d'un immeuble à l'autre, puisque c'est mimé. Donc ça nous permet une très grande liberté à ce niveau-là. Oui, tout à l'heure, hier soir, on a passé d'un TGV à un autre. Enfin, un TGV qui allait plus vite qu'un autre, et il a fallu passer d'un... Un TGV. Un TGV, un TGV.

4:35
Présentateur

Jean-Marc Guillot et Timothée Anciot, dans votre spectacle, il y a des rebondissements, des surprises, des allers-retours passés, présents. Moi, je me demandais, il y a un côté assez cinématographique dans votre spectacle ?

4:47
Invité

Oui, on utilise beaucoup les codes du cinéma. Tout ce qui est flashback, tout ce qui est faire plusieurs scènes en même temps. On peut utiliser beaucoup la scène de référence aussi, ce que Tim a appelé la scène de référence. Ce qui fait référence à, dans Forrest Gump, par exemple, la scène où il est sur le banc. Donc un personnage qui va raconter sa vie et régulièrement va revenir à cette scène. On pioche beaucoup d'inspiration dans le cinéma.

5:15
Présentateur

Et comment est né le concept bio, justement, raconter l'idée de ce personnage ? J'imagine qu'on ne se lève pas un matin en disant, tiens, on va jouer ce soir et on va jouer bio.

5:23
Invité

C'est exactement comme ça.

5:24
Présentateur

Non, je ne crois pas.

5:25
Invité

On jouait déjà, depuis un an, une pièce de théâtre improvisée où on partait d'un lieu. Et paradoxalement, on improvisait. Et puis, vous savez, au fur et à mesure de l'histoire, après 40 minutes, on se sentait déjà un petit peu où ça allait finir. Et je crois que le plaisir qu'on a, puisqu'on improvise tous, c'est cette surprise permanente. Et il y avait l'envie de se dire que même après 40 minutes, on se retrouve toujours dans une surprise permanente, dans une sorte de spontanéité. Et l'idée de bio, c'était quelque chose de déchronologique. Donc chaque scène, on ne sait pas à quel âge a le héros. Donc dans la scène 1, il a 30 ans. Dans la scène 2, 10. Dans la scène 3, 72.

Et en fait, nous-mêmes, en tant qu'improvisateurs et improvisatrices, on se retrouvait à jouer. Et même à la 40ème minute, tout d'un coup, paf ! Là, il avait ou elle avait cet âge-là. Et on se retrouvait dès le début de cette scène-là, en tout cas, à improviser, à rester spontané. Et ça permettait de créer plus de nouveautés, plus d'inédits. Et même des switches où tout d'un coup, même à la 40ème minute, paf ! Il se passe quelque chose d'étonnant dans sa vie qui nous maintenait en éveil.

6:34
Présentateur

Timothée Anciot et Jean-Marc Guillaume, on teste malgré tout des choses avant. L'improvisation, c'est une chose, mais l'improvisation, ça se travaille.

6:43
Invité

Absolument, oui. Mais encore !

6:47
Présentateur

J'aurais pas les coulisses.

6:49
Invité

On travaille, si, si. On travaille plein de types de narrations différentes, plein de genres différents. On travaille, comme on le disait tout à l'heure, des procédés de mise en scène, etc. Le fait de jouer plein de personnages, mais on découvre aussi des choses sur scène. On invente aussi des choses sur scène devant le public. C'est aussi ça, la magie de l'impro. C'est qu'on montre au public les ficelles, quoi. Le public assiste à chaque fois à la création de quelque chose de nouveau à chaque soir. Et puis, vous savez, on improvise, donc en fait, on sait jamais où on va. Donc, on travaille beaucoup. Improviser, ça est dans le vide. Donc, on sait rien.

On travaille beaucoup des rapports à l'attitude, c'est-à-dire se soutenir l'un et l'autre. Quand quelqu'un dit une idée...

7:30
Présentateur

Il faut forcément être complice dans ce genre de spectacle.

7:31
Invité

C'est ça. Lui montrer que ce qu'il ou elle fait, c'est la meilleure idée du monde, même si on ne s'effoutrement pas où on va.

7:38
Présentateur

L'improvisation, c'est dire oui. J'ai juste une dernière question à tous les deux. Parce que vous ne venez pas du théâtre à texte, vous n'avez pas fait ces formations d'école de théâtre. Moi, je voudrais juste savoir ce que dit l'improvisation, que ne dit pas le théâtre à texte.

7:55
Invité

Il faut se sentir sur scène comme à la maison. Et ce n'est pas un endroit de souffrance, c'est un endroit de plaisir. Oui, il y a cette idée d'attitude positive face à l'imprévu. Le fait d'accueillir l'imprévu avec joie, avec enthousiasme, avec panache.

8:15
Présentateur

On est le même comédien qu'un comédien qui joue au théâtre ?

8:18
Invité

Un comédien qui joue au théâtre marche en avant, il sait où il va, il fait semblant que c'est nouveau. Un comédien d'improvisation marche en arrière, il ne sait pas où il va et il sait tout ce qu'il a créé.

8:29
Présentateur

Jamais peur ?

8:30
Invité

Tout le temps.

8:31
Présentateur

Merci beaucoup Timothée Ancio et Jean-Marc Guillaume, comédiens de la compagnie des E, E, U, X. Votre spectacle s'appelle Bio, il est jusqu'au 7 janvier prochain au Palais des Glaces à Paris. Allez-y, moi je me suis régalée et vous étiez les invités du 5-7. Merci.

8:47
Invité

Merci. Merci. Merci.