Grand oral de Bayrou : pari réussi ? - C à Vous
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 20 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse partielle
L'espoir est plus ténu que raisonnable, l'inverse, ni l'un ni l'autre?
- 3:00OuverteRéponse partielle
En 3 mois, on peut trouver un accord? Une fumée blanche sortira de ce conclave?
- 5:00OuverteRéponse partielle
On peut vraiment se lancer actuellement dans un tel chantier?
- 7:00OuverteRéponse directe
On ne pourra pas ouvrir ce débat sans poser la question du cumul des mandats.
- 9:00OuverteRéponse directe
Un mot sur la banque de la démocratie que veut ressusciter F.Bayrou.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00P.PerrineauChiffre
« Il reste les socialistes, c'est-à-dire 66 députés. »
- 4:00P.PerrineauFait
« Il a été clair: la réforme s'appliquera. »
- 6:00F.BayrouPromesse
« Je propose que nous avancions sur la réforme du mode de scrutin législatif. »
- 8:00P.PerrineauFait
« C'est aller au bout de ce que nous avons instillé et installé dans le système français du financement dans la vie politique: un financement public. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mais si nous parvenons à nous faire entendre de vous, élus de la nation, alors nous pourrons passer du découragement à un espoir ténu mais raisonnable. - P.Cohen: Ce soir, c'est encore assez ténu. - A.-E.Lemoine: L'espoir est plus ténu que raisonnable, l'inverse, ni l'un ni l'autre? - P.Perrineau: L'espoir est ténu.
Tout est dans la nature de la marge extrêmement restreinte dont dispose le Premier ministre, et l'ambiguïté des propos tenus par les leaders de la gauche. La stratégie Bayrou, c'est d'abandonner, dans la majorité stéréo qu'il tente de mettre en place, l'enceinte RN, pour s'adresser à l'enceinte de gauche. Ca ne marche pas auprès des communistes et des écologistes, qui ont parlé de propos indigents.
Il reste les socialistes, c'est-à-dire 66 députés. Quand vous écoutez les socialistes, il y a ceux qui disent, et c'est parfois les mêmes, que le compte n'y est pas, mais peut-être pas jusqu'à voter la censure dans 2 jours avec LFI. On verra ce qu'il en est.
De toute façon, une censure de la gauche ne débouche sur rien. On revient à la situation du début du gouvernement Barnier: un RN qui veut retrouver le bouton pour mettre en acte la censure. - A.-E.Lemoine: Ce qu'a dit B.Vallaud, chef de file des députés PS: "Tout ce que vous ne céderez pas à gauche, vous devrez le céder au RN." - P.Cohen: Il incite le PS à ne pas voter la censure, pour ne pas remettre le pouvoir dans les mains du RN. - P.Perrineau: Oui.
Il y a eu plus de concessions à la gauche...
Remettre sur le métier à la manière Bayrou, c'est-à-dire avec son charme flou...
Il y a chez lui un charme flou, même dans sa manière de s'exprimer, de rester indécis, de donner un bout, mais de dire que les bouts suivants viendront plus tard... - A.-E.Lemoine: Il gagne du temps? - P.Perrineau: Bien sûr. - A.-E.Lemoine: Il faut ce conclave de vendredi prochain pour... - P.Perrineau: Ce conclave, c'est 3 mois... - P.Cohen: Et pas 6, comme prévu au départ. - P.Perrineau: Voilà.
Ca lui donne un délai, si les socialistes veulent jouer le rôle de ce conclave. Il aura battu le record de M.Barnier. - P.Cohen: Dans les concessions, il y a aussi ce dont il n'a pas parlé.
Dans le chapitre immigration, qu'il a longuement développé, il n'y a pas eu de promesse d'une loi immigration, comme celle de B.Retailleau, qui a disparu de l'agenda. - A.-E.Lemoine: En 3 mois, on peut trouver un accord?
Une fumée blanche sortira de ce conclave? - P.Perrineau: Ca dépend des partenaires.
Il y a une cohérence dans la démarche. On confie aux représentants des forces sociales, des salariés d'un côté et des employeurs de l'autre, la capacité de réfléchir pendant 3 mois en les enfermant presque...
Il a dit qu'ils seraient dans un même local. Il y a un côté conclave pontifical. Ca a de la cohérence.
Ce sont eux, les principaux intéressés. Mais attention. Pour l'instant, le patronat, que ce soient les grandes forces du patronat, les représentants des PME, ne sont pas d'accord avec les syndicats de salariés qui, eux-mêmes, entre eux, quand on va dans le détail, ne sont pas d'accord entre eux.
Il n'est pas évident qu'en 3 mois, dans un temps bref, on aboutisse à un compromis. Si on n'y aboutit pas, il a été clair: la réforme s'appliquera. - A.-E.Lemoine: La vraie bataille se jouera sur le budget?
Même s'il n'y a pas eu de précisions détaillées, d'ailleurs...
Il y a eu du flou. - P.Cohen: Ca devrait arriver.
Les questions ont été posées à la tribune par B.Vallaud. Il y a ensuite la réponse du Premier ministre à l'ensemble des groupes.
Il pourrait saisir l'occasion dans les heures qui viennent pour apporter des précisions importantes sur des sujets qui ont occupé une bonne part des négociations depuis 8 jours. - A.-E.Lemoine: Les institutions sont ainsi faites que le même discours doit être prononcé simultanément à l'Assemblée nationale et au Sénat.
C'est le numéro 2 du gouvernement qui doit le faire. E.Borne, ministre de l'Education nationale, a été contrainte à un drôle d'exercice: parler d'elle-même, puisque F.Bayrou l'a citée, et a évoqué l'avenir réservé à la réforme des retraites qui lui a valu le surnom de "madame 49-3". - E.Borne: Une fierté de ce gouvernement est d'avoir placé en premier le ministère de l'Education nationale et d'y avoir placé à la tête une femme au parcours exemplaire.
La réforme des retraites est vitale pour notre pays et notre bien-être social. Bien des gouvernements successifs s'y sont engagés, de M.Rocard aux efforts courageux du gouvernement d'E.Borne. - P.Cohen: Ca amuse tout le monde. - A.-E.Lemoine: Oui, c'est amusant, et c'est aussi un risque politique de F.Bayrou en remettant sur la table la réforme des retraites, après les "efforts courageux" d'E.Borne, notamment. - P.Perrineau: On voit bien la méthode Bayrou.
Après le sucre vis-à-vis d'E.Borne, c'est elle qui est obligée de dire devant les sénateurs que la réforme pour laquelle elle s'est battue va être remise en chantier. C'est un exercice où on doit faire preuve d'une certaine modestie.
C'est sûrement très bon pour les hommes et les femmes politiques ces temps-ci. - A.-E.Lemoine: Il a reconnu lui-même qu'il était novice en matière de discours.
Il a quand même 40 ans de carrière politique derrière lui. - P.Perrineau: C'est un style verbal particulier.
Bayrou ne parle pas comme les autres hommes politiques. Les autres hommes politiques sont en général des gens sortis des grandes écoles, avec un discours très carré, alors que lui assume le flou. Il assume l'imprécision.
C'est une stratégie. Il assume aussi l'humour. Il se perd complètement dans ses notes. - P.Cohen: C'est là qu'il a dit qu'il n'était pas rompu à l'exercice. - P.Perrineau: Il garde le calme des vieilles troupes auxquelles il appartient. "On ne va pas en faire un fromage, je vais les retrouver.
De toute façon, je suis un néophyte, j'apprends le métier." Venant de F.Bayrou, ça ne manquait pas de sel.
Il a fait même rire ses opposants. C'est le début de la séduction que ce type de discours peut avoir. D'autre part, il est insaisissable.
C'est un grand pragmatique. Il a dit à un moment: "Si nous nous trompons, nous nous corrigerons." Il peut s'engager puis dire qu'il s'est trompé.
La gauche en a perdu son latin. Il y a la réaction un peu rigide des communistes et des écolos, et puis...
Il a semé le trouble chez les socialistes. C'est un début où les frontières de la majorité peuvent éventuellement bouger. - E.Tran Nguyen: F.Bayrou a aussi abordé un sujet qui lui tient à coeur: la proportionnelle. - F.Bayrou: Je pense aussi qu'il faut que chacun puisse trouver sa place au sein de la représentation nationale à proportion des votes qu'il a reçus.
C'est la seule règle qui permettra à chacun d'être lui-même authentiquement, sans être prisonnier d'alliances insincères. Je propose que nous avancions sur la réforme du mode de scrutin législatif. Chacun exprimera sa position, mais il y a une option à prendre sur ce principe et une discussion à avoir sur ces modalités. - E.Tran Nguyen: Pour ceux qui l'ignorent, M.Barnier vous avait confié à vous, P.Perrineau, le dossier de travailler à nouveau sur la proportionnelle.
F.Bayrou n'évoque ni modalités ni délais. On peut vraiment se lancer actuellement dans un tel chantier? - P.Perrineau: Ca peut être plus difficile qu'on veut bien le croire.
Il devra aller au-delà des principes. Il parle d'un "principe proportionnel". Ca veut tout et rien dire.
Des proportionnelles, il y en a autant que les 10 doigts de mes mains. Quel type de proportionnelle? Partielle, intégrale?
Il parle de proximité avec les électeurs. Ca enlève l'hypothèse d'une proportionnelle dans le cadre des régions et le cadre national. Le principe proportionnel peut être associé au principe majoritaire.
Comme au Sénat. Vous avez les départements très peuplés où s'applique la proportionnelle et les départements comme la Creuse où la population est rare et où on utilise le majoritaire. Il laisse ça extrêmement ouvert parce qu'il sait que de l'extrême gauche à l'extrême droite, il y a des conceptions extrêmement différentes de cette instillation de proportionnelle.
Lorsque M.Barnier m'avait confié la mission de réfléchir avant le projet de loi qu'il comptait déposer avant l'été, c'était d'instiller la proportionnelle dans le système. Là, il s'agit d'avoir un principe proportionnel.
J'attends pour voir. - P.Cohen: L.Wauquiez a pris la parole après pour dire qu'il s'opposerait, avec le groupe LR, à la mise en place de la proportionnelle.
C'est un élément important, même si l'Assemblée nationale telle qu'elle est aujourd'hui a une majorité assez large en faveur de la proportionnelle. Il y a 25 sortes de proportionnelles et le diable est dans les détails... - E.Tran Nguyen: On ne pourra pas ouvrir ce débat sans poser la question du cumul des mandats. - P.Perrineau: Bien sûr.
C'est assez cohérent avec ce qui se passe. Depuis des années, on parle de fracture territoriale, d'électeurs loin de leur classe politique, de députés hors sol...
On le dit moins des sénateurs, qui sont d'anciens élus locaux. Il faut réarmer la classe politique nationale aux enjeux locaux et à la pratique du pouvoir au plan local. Les communes, les départements et les régions sont une école politique incroyable.
Réintroduire, dans des limites, un certain cumul des mandats, c'est réarticuler le pouvoir local et le pouvoir national. C'est rapprocher la démocratie des citoyens. - A.-E.Lemoine: Un mot sur la banque de la démocratie que veut ressusciter F.Bayrou.
C'est l'une de ses idées depuis longtemps. Un organisme public sous le contrôle du Parlement, qui pourrait financer les partis politiques et les campagnes électorales. Ca pourrait plaire au RN? - P.Perrineau: Bien sûr.
On sait, même s'ils en jouent de façon un peu dramatique... "Nous n'aurons pas les 500 signatures.
Nous devons aller voir les banques russes..." Ca nous épargnerait ce type d'arguments.
C'est aller au bout de ce que nous avons instillé et installé dans le système français du financement dans la vie politique: un financement public.
François Bayrou