Yannick Jadot et Bernard Guetta - C à Vous - 22/02/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 56 %Attaque 31 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:48OuverteRéponse directe
Face à la flambée des prix d'énergie et du carburant, comment comptez-vous agir ?
- 2:50OuverteRéponse directe
La crise ukrainienne menace-t-elle la stabilité de l'Europe ?
- 11:06OuverteRéponse directe
Les sanctions contre Poutine doivent-elles être immédiates et maximales ?
- 14:58OuverteRéponse directe
Bernard Guetta, ces sanctions peuvent-elles être efficaces ?
- 28:31OuverteRéponse directe
Vous n'avez toujours pas parrainé de candidat. Qui comptez-vous parrainer ?
- 29:51OuverteRéponse directe
Anne Hidalgo refuse d'aider Éric Zemmour. Quelle est votre position ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:44Invité politiqueFait
« Ce qu'attaque Vladimir Poutine, c'est la démocratie. »
- 14:32Invité politiquePromesse
« Il faut taper très fort sur le patrimoine, sur les comptes bancaires des oligarques russes dans l'Union européenne. »
- 20:06Invité politiqueFait
« Le projet comportait Parlement européen et Commission européenne contre les États, faisait qu'on pouvait se rendre indépendant, en tout cas beaucoup moins dépendant de la Russie. »
- 35:29Invité politiquePromesse
« Nous allons conditionner toutes les politiques publiques à la victoire de la bataille sur le climat, à la protection de la vie, à de la justice sociale. »
- 37:53Invité politiquePromesse
« Dans mon projet, il y a l'obligation pour les entreprises de mettre en place ce qu'on appelle le forfait mobilité durable, et donc la prise en charge, y compris jusqu'à 1 000 euros, des frais de covoiturage. »
- 39:56Invité politiquePromesse
« Nous proposons, dans la situation particulière d'aujourd'hui, un chèque énergie de 400 euros pour les familles qui bénéficient déjà du chèque énergie. »
- 44:25PrésentateurChiffre
« Il y a 30 ans, 50 ans, il y avait 30 000 sangliers dans notre pays. Aujourd'hui, il y en a 800 000. »
- 44:35PrésentateurFait
« Il y en a 800 000 parce que les chasseurs, vous le savez, nourrissent les sangliers. »
- 47:12PrésentateurPromesse
« Vous avez déjà dit que votre première mesure au pouvoir serait la fin de l'élevage industriel. »
- 47:44Invité politiqueChiffre
« Vous avez un suicide par jour de paysans. »
- 47:48Invité politiqueChiffre
« Vous avez 30 fermes qui disparaissent quasiment par jour aussi. »
- 49:30PrésentateurFait
« Il y a des pays où l'étourdissement est obligatoire, y compris pour l'abattage rituel. »
- 50:37PrésentateurChiffre
« 2,2% aux européennes. »
- 51:33PrésentateurFait
« Si 80% des jeunes envisagent d'aller voter, la plupart se sentent surtout oubliés des politiques. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Présentateur 25 %
- Invité4 %
- Locuteur non identifié4 %
- Locuteur non identifié 24 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bienvenue dans cet avou, on est en direct jusqu'à 20h55 avec toute l'équipe. Salut à tous les quatre.
Bonsoir, Fabette.
Patrick sera, euh, Pierre sera de retour demain. On l'embrasse, je suis obsédée par Patrick Cohen, je ne sais pas pourquoi. Émilie, votre choix de l'actu du jour ? Face à la formée des prix d'énergie, des prix du carburant et son nucléaire, on demandera à Yannick Jadot comment est-ce qu'il compte faire.
Mohamed, votre story ce soir ? En manque de parrainage, Marine Le Pen a décidé de suspendre sa campagne de terrain. Elle s'exprime ce soir dans cet avou.
Yannick Jadot, lui, a validé ses 500 signatures nécessaires pour se présenter au premier tour. On lui parle ce soir notamment de la situation internationale et de l'Ukraine, Patrick. Oui, la façon, je vous parlerai, de la façon dont Poutine réécrit l'histoire pour justifier son coup de force en Ukraine. Et Mathieu dans le 5 sur 5 ? Entre le débat sur la chasse, celui sur le bien-être animal, l'agriculture, les animaux s'invitent dans la campagne. On en parlera à Yannick Jadot. Voilà pour le programme. Juste après 20h, on déroule le tapis rouge à deux couples superstars. Robert Pattinson, Zoé Kravitz, partenaire ultra glamour du dernier Batman.
Et puis les patineurs en or, Gabriela Papadakis, Guillaume Cizeron seront nos invités avec leur médaille d'or récolté au JO de Pékin.
Émission exceptionnelle à suivre en direct jusqu'à 20h55. Mais d'abord, à la une ce soir, en Ukraine, une invasion qui ne dit pas son nom.
On ne sait pas ce qu'il y a dans la tête de Poutine. Guerre ou pas guerre, je ne sais pas, mais tout le monde a peur.
Beaucoup, beaucoup de bombardements au loin et c'est gens qui décident donc de partir.
We will immediately institute package of economic sanctions.
Vladimir Poutine parle de force de maintien de la paix. C'est un non-sens. Nous savons ce qu'elles sont vraiment.
We know what they really are. Bonsoir Yannick Jadot, candidat Europe Écologie Les Verts à l'élection présidentielle.
On parlera évidemment avec vous de la campagne présidentielle et de vos propositions. Mais d'abord, la crise ukrainienne qui menace l'Europe que l'on commente se sort également avec le député européen Groupe Renew Europe, membre de la Commission des Affaires étrangères, spécialiste de géopolitique Bernard Guita. Merci de votre présence. Vos réactions, messieurs, juste après l'édito de Patrick Cohen. Vladimir Poutine a donc décidé d'envahir un pays qui n'existe pas. Voilà, c'est ce qu'il a dit. Un pays, un peuple qui n'aurait jamais dû exister.
Mettez-vous deux minutes à la place des Ukrainiens pour mesurer le degré de violence et de folie d'un tel discours de la part d'un dirigeant qui a effectivement les moyens de les rayer de la carte et qui laisse planer le doute sur ses intentions finales. Allocution interminable et ahurissante, vaste délire paranoïaque dans un univers parallèle, comme l'a dit l'ambassadeur Gérard Harrault, qui était notre invité ici même hier soir.
Une heure et dix minutes donc pour expliquer qu'il n'y a pas de peuple ukrainien, c'est une partie du peuple russe, que ce que nous appelons l'Ukraine n'est qu'un État fantoche et corrompu, dirigé par des marionnettes aux mains des Américains, et que la nation ukrainienne n'a aucune raison d'être, puisqu'elle est une erreur des bolcheviques et de Lénine il y a un siècle.
Erreur de Lénine, les historiens en ont encore les yeux écarquillés.
Erreur des dirigeants soviétiques qui auraient libéré l'Ukraine de l'emprise de Moscou deux ans avant la chute de l'URSS. Erreur que Poutine entend donc réparer,
d'autant que cette Ukraine appuyée par l'Ouest serait devenue une menace pour la Russie.
L'Ukraine, dont les anciennes bases nucléaires sont désaffectées depuis 1996, depuis la restitution des dernières ogives, à la Russie.
Tout est faux dans le discours de Poutine ?
Écoutez, l'histoire de l'Ukraine est complexe, elle est liée à celle de la Russie depuis des siècles, mais Poutine pousse le révisionnisme historique à son paroxysme.
Contrairement à ce qu'il dit, c'est Lénine qui fait écraser l'Ukraine indépendante en 1922, c'est Staline qui réprime toute velléité nationaliste, la langue ukrainienne est bannie des écoles pendant toute la période soviétique, et ce n'est pas Moscou qui accorde l'indépendance à l'Ukraine en 1991, mais le peuple ukrainien qui vote massivement pour quitter l'Union soviétique lors d'un référendum démocratique, et on le voit sur cette carte, toute l'Ukraine, très largement, y compris les régions russophones de l'Est, vous voyez, qui ont voté à 83% pour l'indépendance, et même la Crimée, alors avec moins fort pour la Crimée, 54%, mais on voit que ces régions qui sont contrôlées aujourd'hui par les séparatistes et reconnues par Poutine, ont voulu leur indépendance aussi.
Poutine, c'est le retour de l'Union soviétique, le mensonge et la force. Oui, même si les Russes n'ont pas le monopole du mensonge pour entrer en guerre, loin de là, qu'on se souvienne seulement des armes de destruction massive invoquées par George Bush et Colin Powell pour envahir l'Irak, mais Poutine, pur produit du KGB où il a été officier pendant 15 ans, renoue avec ces décennies de désinformation qui ont justifié tous les coups de force, les chars russes sont entrés à Budapest en 1956 parce qu'il y avait des hitlériens dans la rue et dans le gouvernement hongrois, même Bobard en 1968 pour la répression du printemps de Prague.
La chute du mur et l'effondrement du rideau de fer avaient fait croire à la disparition du soviétisme. Voilà l'illusion dissipée. 30 ans après, Poutine n'a pas fait son deuil de l'Empire soviétique, ou de l'Empire tout court. Yannick Jadot, au-delà de la souveraineté de l'Ukraine, ce qui se joue en ce moment, c'est une menace majeure pour l'Europe, sa stabilité, son avenir ? Bien sûr. Ce qu'attaque Vladimir Poutine, c'est la démocratie. On l'a vu en Géorgie, on l'a vu en Biélorussie, on le voit aujourd'hui en Ukraine, on le voit évidemment sur la scène intérieure russe. Ce n'est pas l'OTAN que vise Vladimir Poutine, c'est la démocratie. Et c'est quelque chose qu'il ne supporte pas.
Et donc il veut mettre fin à la démocratie, à ses frontières. Il est prêt effectivement aujourd'hui à intervenir militairement en Ukraine. Il le fait déjà sur les régions séparatistes. Et évidemment, on a un agresseur, Vladimir Poutine, avec un discours, comme vous l'avez dit, qui est plus qu'hallucinant, qui est halluciné en fait. Il y a quelque chose de... On a toujours l'impression qu'à un moment donné, même les dictateurs sont rationnels. En fait, ils croient à ce qu'ils racontent à un moment donné. Ça, c'est dangereux.
Et il faut que l'Union européenne, aujourd'hui, effectivement, soit très ferme, très unie, sanctionne très sévèrement l'oligarchie poutinienne, au fond, au pouvoir, pour rétablir un rapport de force, éviter le pire. – Bernard Guetta, quand Emmanuel Macron qualifie l'intervention télévisée du chef de l'État russe de discours paranoïaque, libération ce matin par la saune de Vladimir Poutine, le fou de Moscou, ce sont les mots qui conviennent ? – Écoutez, fou, c'est un mot que j'ai employé il y a presque deux semaines sur France Inter en parlant de Vladimir Poutine. Alors, je me suis repris, parce qu'un député ne doit pas dire qu'un chef d'État, etc.
Mais oui, je le dis, mais je le dis parce que je le pense. Alors, par fou, qu'est-ce que je veux dire ? Cet homme a prononcé lundi soir, un discours où vous faisiez allusion, Patrick, presque incohérent, en tout cas fébrile, décousu, dont on avait peine à suivre le fil, sauf un fil. Les bolcheviques avaient détruit l'Empire des Tsars. Et, au temps béni de l'Empire des Tsars, il n'y avait pas de république fédérée dans une Union soviétique, etc. Non, il n'y avait qu'un seul empire. Et ça, c'était la vérité, parce que les Ukrainiens n'ont pas d'existence, ils sont russes, parce que les biélorusses n'ont pas d'existence, etc. Personne n'a d'existence aux yeux de M.
Poutine, sauf la Russie, qui doit s'étendre dans les anciennes frontières de l'Empire. Et ça, c'est extraordinairement dangereux. Et vous savez, juste avant d'entrer sur votre plateau, je voyais tomber une nouvelle. M. Poutine vient de préciser que les républiques sécessionnistes dont il a reconnu l'indépendance depuis lundi soir, eh bien, il n'a pas reconnu leur indépendance dans les frontières ou dans les limites qu'elles occupent aujourd'hui. Non, il a reconnu, dit-il, précise-t-il lui-même, leur indépendance dans les frontières administratives de l'Ukraine.
C'est-à-dire qu'il voudrait, si l'on comprend bien, et je crois un, il voudrait passer la ligne de cesser le feu qui sépare aujourd'hui les sécessionnistes de l'armée ukrainienne. Ça veut dire que nous pouvons avoir demain ou après-main, je ne dis pas que ça sera, mais nous pouvons avoir, si nous écoutons M. Poutine, un affrontement direct entre l'armée russe et l'armée ukrainienne. Et alors là, on tombe dans quelque chose non plus de très très grave ou de très très scandaleux, mais d'absolument gravissime.
Absolument gravissime, alors que le chef de la diplomatie européenne
a affirmé qu'il ne s'agissait pas à ce stade d'une invasion de grande ampleur. Il minimise là ce qui est en train de se passer. Cette expression me gêne. Cette expression me gêne, je vais vous dire pourquoi. Parce qu'elle semble, à ce moment-là, cette expression, reconnaître que l'Ukraine orientale ne ferait déjà plus partie de l'Ukraine. Je suis désolé, quand l'armée russe pénètre en Ukraine orientale, fut-elle orientale, elle pénètre en Ukraine. Et ça, c'est une chose absolument totalement inadmissible. Totalement inadmissible. Il faut se rendre compte qu'à partir du moment où l'armée russe a franchi la frontière ukrainienne, c'est une invasion en territoire occupé.
Ça s'appelle une occupation. Et si les dirigeants européens commencent à minimiser la situation, c'est qu'en fait, on accepte la stratégie et on valide la stratégie de Poutine. Et donc, c'est certainement pas dans cette stratégie-là qu'il faut construire le rapport de force avec Poutine. La seule stratégie aujourd'hui, vous savez, les oligarques russes investissent massivement la fortune, leur fortune, de la corruption dans les pays de l'Union européenne. On le sait pour les Britanniques, mais ça va au-delà des Britanniques. Dans l'Union européenne. C'est l'ensemble de l'Union européenne. Donc, il faut taper très sévèrement maintenant l'ensemble des oligarques russes.
Parce qu'au fond, le deal entre Poutine et son oligarchie corrompue, c'est « moi, je fais mes affaires militaires, mais vous, vous continuez à faire des affaires ». Et donc, il faut taper l'oligarchie poutinienne, il faut saisir, en tout cas, les patrimoines, il faut saisir les comptes pour mettre la pression, le rapport de force. Parce que là, sinon, si on commence à valider l'entrée des chars russes en Ukraine, c'est évidemment l'Ukraine qui est déstabilisée. La démocratie est un État européen souverain. Mais attention à... On entend les discours ici ou là. Bon, je passe sur les discours, c'est la faute des Américains.
Tout ça est indicible et profondément choquant aujourd'hui dans les discours. Mais vous savez, la complaisance de la classe politique française vis-à-vis de Poutine, elle est insupportable, en vrai. Elle est insupportable. Vous avez l'extrême droite, évidemment. Mais j'en ai mis la chance. Les mêmes qui revendiquent d'être des nationalistes. En fait, ce qu'ils veulent, c'est l'affaiblissement de la France ou la vassalisation de la France vis-à-vis des dictateurs. C'est la solidarité des nationalistes. Bien sûr, c'est l'international des souverainistes. Beaucoup plus que la défense de la France. Vous en avez d'autres ?
Pourquoi ne défendons-nous pas la souveraineté de l'Ukraine à ce moment-là ? On arrive. Mais non, parce qu'en fait, on connaît l'histoire. C'est-à-dire que vous avez un dictateur qui a un appétit prédateur. Vous lui lâchez un état de plus. Dire ça, ça a déjà existé dans l'histoire. Vous avez un ancien Premier ministre, François Fillon. Vous vous rendez compte qu'un ancien Premier ministre, qui a été Premier ministre de la France pendant cinq ans, plusieurs fois ministre, qui connaît, à mon avis, à peu près tous les secrets de la France, qui vend aujourd'hui son carnet d'adresse, ses informations, à Vladimir Poutine. C'est choquant.
Et puis, vous avez effectivement d'autres candidats, y compris à gauche. Vous avez cité Jean-Luc Mélenchon, qui, aujourd'hui, prétend défendre la démocratie en France tant mieux, mais qui est prêt, au fond, à sacrifier les Ukrainiens, l'Ukraine, dans un délire anti-américain, qui consiste à dire 150 000 soldats russes qui rentrent en Ukraine, c'est la faute de l'OTAN, c'est la faute des États-Unis. Ce n'est pas tout à fait ce qu'il a dit hier soir. Il a un peu tempéré sa position en condamnant l'action russe. D'accord.
En réalité, depuis un moment, il a considéré que c'était normal que les Russes massent leurs troupes à la frontière ukrainienne, qu'il y a cette nostalgie de l'Empire qu'il faudrait satisfaire en sacrifiant les Ukrainiens, et qu'à la fin, finalement, la démocratie n'a pas tant de sens quand c'est en Ukraine, en Russie ou en Chine. Et bien, ça, ça me pose un problème. Je ne suis pas sûr que vous pouviez dire que la diplomatie européenne valide l'incursion russe. Non, mais... Non, parce que vous avez employé ce mot de « valider ». Mais j'ai bien compris, parce que vous, vous êtes pour une politique de sanction maximale, dès maintenant, et sans attendre que les chars russes défilent à Donetsk.
Vous avez vu que, sous la pression des écologistes, le gouvernement allemand a suspendu le fameux pipeline de gaz Nord Stream 2, qui contourne, qui, au-delà de nous mettre sous dépendance russe, contourne l'Ukraine, et donc affaiblit l'Ukraine dans sa position géopolitique. Et aujourd'hui, il faut taper très fort sur le patrimoine, sur les comptes bancaires des oligarques russes dans l'Union européenne.
Bernard Guetta, ce type de sanctions, Vladimir Poutine peut y être sensible ?
Il peut y être sensible, et surtout ses proches. Ses proches, c'est-à-dire les oligarques, les plus grandes fortunes de Russie. Si on les frappe au portefeuille, le portefeuille, la seule chose qui leur importe, la seule chose qui leur importe, ah ben oui, évidemment, qu'ils y seront sensibles. Mais bon, une légère nuance avec Yannick Jadot. Je suis d'accord avec vous pour considérer que les puissances occidentales devraient aujourd'hui immédiatement, non pas graduer leurs sanctions, mais immédiatement passer aux sanctions les plus fortes, parce que ce à quoi on vient d'assister en Ukraine est absolument inadmissible.
Avec le risque de ne plus rien avoir à produire si Poutine va plus loin, s'il va jusqu'à Kiev ? Si Poutine va plus loin, c'est qu'il cherchera véritablement l'affrontement, et à ce moment-là, on verra. Mais s'il va plus loin, malgré un premier tir de sanctions, ce n'est pas un deuxième tir de sanctions qu'il arrêtera. Donc je crois que, véritablement, il faudrait lui donner un avertissement avec des sanctions extraordinairement brutales, dès maintenant. Mais là où je... Par exemple, peut-être exclure la Russie du système des paiements internationaux, du système SWIFT, et lui dire, écoutez, vos banques, comme les banques iraniennes, il y a quelques années déjà, ont été mises en dehors de...
Au banc. Au banc, oui, on peut le dire comme ça, de ce circuit, il faut mettre les banques russes... Vous pensez que l'Allemagne sera d'accord ?
Écoutez, je ne sais pas...
L'Allemagne, pardon, je fais cette parenthèse, qui commerce beaucoup, qui est le pays européen, qui commerce le plus avec la Russie. C'est l'Allemagne qui commerce le plus, mais écoutez, la France commerce beaucoup, l'Italie commerce beaucoup, il y a beaucoup d'autres pays, et je constate, moi, et je trouve ça extraordinairement rassurant, eh bien que le lendemain même des déclarations de M. Poutine, le chancelier en personne a dit, nous suspendons, nous suspendons la mise en service, etc. Et vous savez, au Parlement, Yannick, au Parlement européen, j'entendais depuis 15 jours, ah oui, mais alors les Allemands, ils vont céder, etc. Je n'ai jamais pensé que les Allemands cèderaient.
Ils ne voulaient pas le dire avant, ils attendaient de voir si réellement Poutine allait le faire. Poutine l'a fait, et c'est tombé immédiatement. – Il y a eu des discussions assez sérieuses, je peux vous dire, ce matin, au sein de la coalition allemande. – Mais très bien, ils l'ont fait. – C'est très bien, ils l'ont fait, parce qu'ils y compris, comme vous le savez, les sociodémocrates allemands, ils ont un petit sujet avec Schröder, qui est aussi le... – Comme nous avons un sujet avec Fillon. – Comme nous avons un sujet avec Fillon, qui est un très proche de Poutine, et qui porte les intérêts russes sur le continent européen, et en Allemagne, depuis des années.
Il va falloir quand même, à un moment donné, parce que les Françaises et les Français ont l'impression qu'au fond, c'est une affaire qui est loin. Comme ça a été la Géorgie. – Deux heures et demie de Paris ? – Non, non, mais je veux dire loin, au sens, au fond, en quoi ça nous concerne. On ne comprend pas bien en quoi ça nous concerne. Ça nous concerne parce que ce qui se joue en Ukraine, c'est la démocratie, la sécurité et la paix en Europe. Et que nous savons que l'histoire, malheureusement, n'est pas linéaire, qu'il n'y a pas la garantie de la paix, de la sécurité et de la démocratie de manière éternelle. Et ce que joue Poutine, c'est la division de l'Europe.
Ce que joue Poutine, c'est le combat contre la démocratie partout où il peut intervenir. Il est quand même intervenu dans les élections américaines. Il est intervenu dans les élections françaises. Il est intervenu, vous vous souvenez, en Biélorussie, quand la Biélorussie a voulu devenir démocratique. Il est intervenu au service du dictateur. Et juste au même moment, il a empoisonné Navalny pour dire qu'au fond, la démocratie à ses frontières et la démocratie à l'intérieur, pour lui, c'est le même combat total.
Ça nous concerne plus concrètement, pardon d'être plus terre à terre aussi,
parce que c'est notre approvisionnement énergétique. L'Allemagne s'en prive, donc se prive d'un gros projet. Attendez, s'en prive. Vous savez, ce gazoduc, ce nouveau gazoduc, il n'était pas en service. Et pour l'Allemagne, ça ne va rien changer pour l'instant. Et ni pour l'Europe. Donc finalement, on va beaucoup moins en souffrir que la Russie. Mais on ne va pas développer, accroître notre dépendance au gaz russe. Et ça, c'est une chose absolument fondamentale. Il faut que l'ensemble des pays européens, et je sais que nous serons d'accord là-dessus, il faut que l'ensemble des pays européens sorte de leur dépendance au gaz russe.
Vous savez, quand on a discuté, il y a quelques années au Parlement européen, dans l'Union européenne, de nos objectifs en matière d'efficacité énergétique, c'était l'isolation de nos logements. C'est une grande partie de l'utilisation du gaz en Europe, et particulièrement en Europe de l'Est. Eh bien, le projet comportait Parlement européen et Commission européenne contre les États, faisait qu'on pouvait se rendre indépendant, en tout cas beaucoup moins dépendant de la Russie. Et au fond, vous voyez que l'inaction climatique, l'inaction en faveur du pouvoir d'achat, y compris pour qu'on vive plus confortablement dans nos logements, a des conséquences géopolitiques majeures.
Alors, je voudrais juste vous faire écouter Jean-Bernard Lévy, vice-président directeur d'EDF, qui disait que cette crise ukrainienne, c'est déjà la raison de la flammer des prix en France. Écoutez.
Bien sûr. Les observateurs pensent que l'une des raisons pour lesquelles le prix du gaz a monté, ce sont les tensions géopolitiques entre l'Ukraine, la Russie...
Et donc, ça ne va pas s'arranger ?
Le fait que la Russie n'a pas récemment exporté tout le gaz qu'elle pourrait exporter, elle s'est limitée à honorer, à minima, ses propres contrats. Et donc, il y a eu une forte augmentation des prix du gaz à l'entrée en Europe. Et ceci a conduit à une forte augmentation des prix d'électricité sur le marché de gros. Nous avons un courant d'affaires avec la Russie, qui est assez équilibré. Nous leur achetons des choses, ils nous achètent des choses. Mais d'une manière générale, ce n'est pas pour nous un partenaire important sur le plan économique. Donc, EDF va normalement continuer à commercer, mais au faible niveau qui a le sien, avec la Russie. Vous savez, nous avons besoin du gaz russe.
C'est vrai, en partie. Mais d'un autre côté, la Russie a besoin de l'argent que nous lui payons pour ce gaz. Et donc, véritablement, quand on dit que le rapport de force est en faveur de M. Poutine, non, parce que, véritablement, le rapport de force sur cette question-là, il est extraordinairement équilibré. Parce que si M. Poutine n'a plus les revenus de son gaz et de son pétrole, eh bien, où va-t-il dans le mur ? Même quand on parle du pouvoir d'achat des Français, de la flambée des prix de l'énergie, là, on se dit qu'il y a un risque que les prix augmentent encore. Il n'y a pas de risque, il y a une réalité. C'est vrai ?
Si vous voulez, on a, y compris, moi, j'ai demandé, dans la situation, la suspension des directives européennes sur la libéralisation des marchés de l'électricité. Pourquoi ? Parce que dans le système européen, aujourd'hui, en fait, le prix de l'électricité, il est indexé sur la mise en service de la dernière centrale gaz. Donc, en fait, on pourrait avoir un système en France où, là, en plus, on a 25% de notre production nucléaire qui est bloquée du fait de la maintenance des réacteurs qui sont en mauvais état. Donc, on importe beaucoup de gaz, on importe beaucoup d'électricité qui sont indexées sur le prix du gaz, donc indexées sur la situation géopolitique.
Donc, il est temps, dans cette circonstance, d'arrêter, au fond, que les consommateurs français payent un prix de l'électricité lié au prix du gaz souhaité par Vladimir Poutine. Oui, vous voulez nationaliser, donc... Alors, c'est deux choses différentes. Mais on ne peut pas se passer de nucléaire dans ces cas-là. On le voit dans cette situation. Alors là, vous, d'un coup, vous basculez. Un, le nucléaire, il est là. On a 56 réacteurs installés dans notre pays. Aujourd'hui, il y en a 13 qui sont fermés pour maintenance, parce que notre parc nucléaire vieillit. L'enjeu, c'est un, est-ce qu'on reconstruit des centrales nucléaires ? C'est le projet d'Emmanuel Macron. Il a raison.
Eh bien, écoute, si tu veux, donc c'est à 2040, 2045, qu'au mieux, on aura des réacteurs nucléaires qui nous coûtent aujourd'hui pièce 20 milliards d'euros. 2037, le premier, d'après l'audit gouvernemental. D'accord, vous êtes là. Les mêmes disaient l'EPR de Flamanville va fonctionner en 2012. On a plus de 10 ans de retard, 17 milliards de surcoûts. Ou il y a un autre scénario, qui est celui que je défends, qui est à la fois, un, d'investir sur les économies d'énergie, c'est bon pour le pouvoir d'achat des Français, deux, de déployer les énergies renouvelables.
Et progressivement, progressivement, en responsabilité, nous fermerons les réacteurs nucléaires les plus vieux, les plus vulnérables. Ça, c'est pour agir maintenant sur le climat, maintenant sur la facture d'énergie, pas en 2040 ou 2045. Beaucoup de sujets à évoquer ce soir. D'abord, c'est officiel, vous avez dépassé aujourd'hui le seuil des 500 de parrainage. Oui, j'ai vu ça. 565, exactement. C'est pas mal. Vous avez vu ça, vous vous teniez au courant, quand même. Mais c'est tous les deux jours, l'annonce du Conseil constitutionnel. Exactement, 565 validés par le Conseil constitutionnel, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. On en parle tout de suite avec Mohamed Boivsi. Tout ça.
Mohamed, vous n'étiez pas très inquiet. Oui, vous allez nous raconter tout ça, pourquoi vous n'étiez pas inquiet. Marine Le Pen, elle est inquiète, en difficulté pour obtenir ses parrainages.
Oui, il est midi 33, quand la dépêche de l'agence France Presse tombe. Marine Le Pen décide de suspendre sa campagne sur le terrain en raison de son manque de parrainage. Elle s'explique ce soir dans cet avou.
J'ai décidé de suspendre ma campagne de terrain parce que je suis à la recherche des parrainages. Et donc, je suis à mon bureau. Je remplis mes obligations auprès des émissions qui m'ont invité. Mais je suis à mon bureau pour pouvoir appeler les maires pour obtenir ces fameux sésames pour me permettre d'être candidate à la présidentielle. Je vous avoue que ça ne me réjouit pas d'être dans cette situation alors que j'étais au second tour de l'élection présidentielle la dernière fois, que je suis donné au second tour cette fois-ci, que je crois être en capacité de gagner l'élection présidentielle.
Et me voilà à nouveau, une fois de plus, au dernier moment, en train de courir après ce qui normalement devrait être un acte administratif.
A l'Assemblée, tous les parlementaires évoquent la décision de la candidate du Rassemblement national. Vers 15h, la question est posée directement à Jean Castex lors des questions au gouvernement.
Je voudrais à mon tour, mesdames et messieurs les députés, lancer un appel aux élus qui ont la possibilité d'apporter leur parrainage en leur disant tout simplement après d'autres ceci, le fait d'accorder son parrainage à un candidat n'est pas automatiquement synonyme de soutien politique. C'est aussi un acte démocratique.
Dans le sillage de Jean Castex, le chef de file des députés La République En Marche, Christophe Castaner appelle tous les élus en France à parrainer les gros candidats. Emmanuel Macron a d'ores et déjà 1463 parrainages. On lui a donc demandé s'il incitait les parlementaires de la majorité à soutenir Marine Le Pen.
Moi, je ne veux ni arrêter ni orienter. Il ne m'appartient pas de dire à un maire, un parlementaire, un conseil départemental, un grand électeur, un parrain possible pour qui il doit voter. Ça, ce serait prétendre à une opinion qui n'est pas la mienne. Mais j'appelle chacun, en fait, à parrainer. Et l'usage du parrainage devrait permettre de faire en sorte que celles et ceux qui doivent, parce que les Français l'attendent d'être candidats, puissent l'être. Ce serait une vraie anomalie. Madame Le Pen, ce qu'elle porte, est au cœur de mon combat politique. Mais je considère qu'elle doit pouvoir le porter dans l'élection présidentielle.
Alors ce soir, Marine Le Pen a 393 parrainages validés, Éric Zemmour 350 et Jean-Luc Mélenchon 442. Paradoxalement, Marine Le Pen est solidaire de ses adversaires politiques.
Que ce soit Jean-Luc Mélenchon avec le score qu'il a fait la dernière fois, le score dont il est crédité aujourd'hui, ou que ce soit Éric Zemmour d'ailleurs qui ne s'est jamais présenté, il est normal qu'il concourt à l'élection présidentielle. Il y a des millions de gens qui s'apprêtent à voter pour Jean-Luc Mélenchon, pour Éric Zemmour, pour Marine Le Pen. Est-ce que vous vous rendez compte ? Quatre ans représente 45% quand même des votants et on ne pourrait pas se présenter. Non, ça n'a pas de sens.
L'une des figures du Parti socialiste, Ségolène Royal, va plus loin. Elle propose le parrainage obligatoire. C'est quand même une fonction éminente dans l'organisation des pouvoirs publics. Donc moi, je serais assez favorable pour que le parrainage soit obligatoire. Mais à ce moment-là, il faut remonter le seuil, parce que 500, c'est quand même très peu. C'est-à-dire si 42 000 personnes se déplacent, 500, ça fait un seuil très bas. Et cette question de la remontée du seuil à 1 000 ou 2 000 a déjà été évoquée d'ailleurs dans les années passées. Marine Le Pen est contre. Elle propose une autre solution.
Je suis pour l'anonymat des parrainages. La transparence des parrainages, la publication du nom des maires n'apporte rien sur le plan démocratique. Pourquoi rendre publics ces noms, si ce n'est, pour pouvoir effectivement faire pression sur eux, leur demander des comptes, pour ce qui, je le rappelle, n'est pas un vote. Ça n'est pas un vote. C'est une présentation administrative d'une candidature. Yannick Jadot, deux questions.
J'ai vérifié ce soir sur le site du Conseil constitutionnel. Et vous n'avez toujours pas parrainé de candidat. Vous comptez parrainer qui ?
Écoutez, la logique, je me parraine moi-même. Et la logique démocratique ? Non, mais là, vous savez... C'est plus la peine que vous avez les 500 signatures, Yannick Jadot. Déjà, vous savez, il y a une question d'équilibre territorial. Il ne s'occupe pas simplement d'avoir 500 signatures, pour avoir 500 signatures de manière équilibrée sur l'ensemble du territoire français. Mais vous savez, la dramaturgie des Le Pen à chaque élection, ça fait acheter... Depuis qu'ils sont candidats, ils nous ont fait le truc à chaque élection. Donc ils se posent en victime, c'est ce que vous leur dites. Voilà, ils se posent en victime. Débrouillez-vous pour... Non, ils vont avoir leur parrainage.
Voilà, ça fait partie de la campagne, cette dramaturgie. Avant les parrainages, après, il y a quelque chose d'aberrant dans tout ce qui est raconté. C'est qu'ils ont changé la loi pour dire le parrainage doit être transparent. Et maintenant, ils expliquent que les parrains peuvent soutenir de manière transparente des candidats qui ne leur ressemblent pas, y compris d'extrême droite. C'est aberrant. C'est aberrant. Donc finalement, l'ancien système était peut-être plus performant que le nouveau. Voilà, c'est dans le secret. Et il y a des élus.
Et c'est aussi important que les candidates et les candidats aient une représentation d'élus de territoire, parce que ça dit aussi quelque chose démocratiquement.
Yannick Jadot, en un mot, cet après-midi, Anne Hidalgo a expliqué qu'elle refusait qu'on aide Éric Zemmour.
Mais c'est pas à moi d'aider Éric Zemmour, y compris, vous savez... Non, mais je vous demande pas de l'aider, je vous demande de votre position. Non, mais nous, ça fait un an qu'on est en campagne. Ça fait un an qu'on s'organise pour les parrainages, pour le projet, pour l'ensemble de la campagne. Donc, moi, j'ai pas des parrainages... Vous êtes plus organisé que les autres. Non, mais je suis pas assis sur un paquet de parrainages comme Bayrou a semblé le mentionné. Vous avez dû un peu batailler pour les avoir. Bien sûr qu'on se bat à chaque fois. Mais on a travaillé. Et puis, si on a les 500 parrainages, c'est aussi parce qu'on a des élus locaux sur tous les territoires.
Et c'est quand même le bon sens démocratique d'avoir aussi une assise démocratique dans le pays. Bernard Guetta, juste un mot sur cette question des parrainages. Écoutez, un élu est élu pour les idées politiques qu'il incarne. On ne les lit pas parce qu'il a un joli sourire ou des beaux yeux ou je ne sais quoi. Donc, moi, si on me demandait de parrainer M. Zemmour, Mme Le Pen, même Jean-Luc Mélenchon, dont je ne partage pas du tout les idées, même si je ne le mets certainement pas dans le même sac que Marine Le Pen et Éric Zemmour, ben non, je ne le ferai pas.
Je ne le ferai pas parce que cette idée qu'un parrainage ne serait pas un soutien politique ou même un partiel accord politique, me semble complètement fantasque. Évidemment que si l'on parraine un candidat, c'est parce qu'on pense que les idées qu'il défend ont en tout cas droit de citer. Mais je n'en suis pas certain dans le cas d'Éric Zemmour ou de Marine Le Pen. Enfin, en tout cas, ce ne sont pas mes opinions.
Vous avez donc vos 500 signatures.
Vous êtes le premier candidat écologiste depuis la présidentielle de 2012, en campagne partout en France, en faisant conscience au ciel et à la météo puisque la majorité de vos meetings s'appellent des forums et se tiennent à l'extérieur. Exemple à tout, vendredi dernier, devant la caméra pour Cétaboule, Louis Amard et Anaïs Recouli. – Bonjour, vous allez bien ? – Regardez, ce truc qui tourne lentement, c'est un côté apaisant. – En fait, une campagne façon éolienne, ça tourne lentement mais ça produit de l'énergie. – Exactement.
– Et voilà, il y a carrément qui est là aussi.
– Il a besoin d'amour en ce moment ? – Il a besoin d'amour comme tout le monde a besoin d'amour, je pense. – Qu'est-ce que vous dites, madame ?
– Je dis que c'est la bande des trotskistes et moi, comme je suis une anti-trotskiste, voilà.
– Yannick Jadot, c'est un trotskiste ?
– Attendez, il faut de la culture, bien sûr.
– Grâce à Jadot, on va pouvoir continuer à tous s'aimer entre nous et aimer la France et l'Europe.
– Ça sent pas bon, hein ? – Mais vous regardez, l'éclaircie est toujours au bout du ciel. – Ça va finir par percer. – Ah, ça perce déjà. – Vous voyez, il y a de pluie, ça revoit. – Et c'est ça qui est super dans ce format, où c'est pas des grands mythiques, là c'est vraiment spontané.
– Logiquement, je vote pour Jadot, alors est-ce qu'à un moment donné, je serai un vote utile ?
– Mélenchon, c'est le vote utile aujourd'hui à gauche ? – Jean-Luc Mélenchon, c'est le vote utile
un petit peu quand même, dit l'une de vos sympathisantes, venue vous applaudir, mais qui s'interroge sur le vote le plus utile au premier tour.
– C'est le vote utile pour quoi ?
– Pour être sûr que la gauche va représenter au deuxième tour.
– D'accord, moi je suis l'écologie. Je suis l'écologie. Et on peut avoir des divergences avec Bernard Guetta, mais on est pro-européen. Comment vous pensez qu'on va faire face aux puissances économiques, aux dictatures, que ces puissances économiques soient privées ou qu'elles soient étatiques, sans l'Union européenne ? Enfin, regardez… – Sur le climat, il n'y a pas beaucoup de différence entre votre programme et celui de Jean-Luc Mélenchon ? – Si vous voulez, encore une fois, vous pouvez avoir raison sur un certain nombre de points.
Tant mieux que la question climatique aujourd'hui commence à percoler dans les partis politiques quand on a une telle déjà déflagration climatique sur notre tête. Donc, tant mieux. Mais le rapport à la démocratie, ce que doit être la France dans l'Union européenne, ce que doit être la France sur la scène internationale, ce n'est pas rien. Moi, je considère qu'on a besoin effectivement d'une France forte dans une Europe puissante. Le projet de Jean-Luc Mélenchon n'est pas un projet européen. Puisqu'au fond, ce qu'il défend, vous savez, c'est le opt-out. C'est l'idée qu'au fond, quand un sujet européen ne vous intéresse pas, vous dites « moi, je passe ».
Mais vous imaginez bien que dans cette logique-là, à chaque fois, il n'y a plus personne, qu'il n'y aura plus de sujet commun. Puisqu'à chaque fois, vous allez avoir la fiscalité, la France va dire « bah oui, on est contre les paradis fiscaux ». – Donc c'est ce que vous répondez à vos sympathisants qui s'interrogent ? En se disant « est-ce que c'est vraiment utile de voter Yannick Jadot au premier tour de 2022 ? » Donc en 2022, quand le chaos climatique est déjà là et qu'on peut encore gagner la bataille climatique, mais on ne peut pas avoir 5 ans de plus d'inaction climatique.
Quand l'effondrement du vivant est déjà là, quand les inégalités et le sentiment d'injustice sont inquiets terriblement les Français. Je dis qu'il y a un projet avec une ligne claire. « Nous allons conditionner toutes les politiques publiques à la victoire de la bataille sur le climat, à la protection de la vie, à de la justice sociale ». Et ça, c'est un projet spécifique et en responsabilité. Nous le portons devant les Françaises et les Français parce qu'aujourd'hui, ça nous paraît être un vote impératif.
Ah, au vote utile, vous opposez le vote impératif.
Moi, j'entends dans ce que vient de dire Yannick Jadot, j'entends qu'en vérité, et je m'en réjouis profondément, eh bien, il est beaucoup plus proche de ce que nous avons fait, nous, la majorité présidentielle, au Parlement européen que de Jean-Luc Mélenchon. Alors, bravo ! C'est bien, c'est bien ! Thématique qui vous semble impératif, mais pour les Français, bien sûr, qu'il y a l'écologie, mais ce qui est impératif au jour le jour, c'est le pouvoir d'achat des Français.
Si je regarde le prix du carburant qui continue à flamber depuis le début de l'année, ils ont pris entre 15 et 17 centimes d'euro-litre, ce qui est une bonne chose, d'ailleurs, pour Sandrine Rousseau, puisqu'elle, elle est votre radier, elle aussi, elle augmenterait le prix de l'essence. Pourquoi vous soufflez ? Non, parce que ce n'est pas la position du candidat, ce n'est pas la position du mouvement écologiste, ça n'a jamais été la position du mouvement écologiste. Pourtant, vous étiez favorable, il n'y a pas si longtemps, à une fiscalité permane. Ah, ça n'a rien à voir. Attendez, ça n'a rien à voir. Aujourd'hui, dans notre pays, il y a une fiscalité carbone.
Cette fiscalité carbone, elle aurait dû historiquement servir. C'est ce qu'on a défendu pendant le quinquennat de François Hollande. C'est ce qu'on a défendu pendant le quinquennat d'Emmanuel Macron. Ça devait servir à aider les Françaises et les Français, justement, à sortir du piège des carburants, de l'énergie, à investir dans les transports collectifs pour payer moins cher. Ça a servi à financer un programme d'énergie renouvelable aussi. Non, non, non. Ah, si, si. Ah, non, pas la taxe carbone. Non, non, non, pas la taxe carbone. Il n'y a pas une part de taxes sur les carburants. Non, non, non, la taxe carbone, ça a été du rendement fiscal pur. Ça a servi à payer la suppression de l'ISF.
Donc, c'est comme ça que ça s'est fait. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, l'écologie, c'est déjà, un, attaquer structurellement les dépenses contraintes des Françaises et des Français, ce que n'ont pas fait les gouvernements. Quand on veut investir massivement sur l'isolation des logements, c'est avoir moins froid l'hiver, 12 millions de Français qui ont froid l'hiver, moins chaud l'été avec les canicules qui arrivent, et c'est 6-700 euros par an.
Dans mon projet, pardonnez-moi, dans mon projet, il y a l'obligation pour les entreprises de mettre en place ce qu'on appelle le forfait mobilité durable, et donc la prise en charge, y compris jusqu'à 1 000 euros, des frais de covoiturage. C'est du pouvoir d'achat rendu aux Français. Et donc, l'écologie, aujourd'hui, parce qu'elle s'attaque aux dépenses contraintes des Français, logement, énergie, déplacement, alimentation, parce qu'aussi, par ailleurs, elle va augmenter les revenus des Français les plus fragilisés, les plus vulnérables, l'écologie est aujourd'hui l'allié du pouvoir d'achat, le seul allié structurel du pouvoir d'achat.
Vous me parlez du pouvoir d'achat et de la hausse des salaires, 10% en plus du SMIC. C'est un peu ce que tous les candidats à gauche proposent, cette hausse du SMIC. Comment est-ce que vous différenciez des autres ? Non, mais moi, la question, à un moment donné, il y a des mesures qui peuvent être justes, tant mieux. J'ai même vu qu'à un moment donné, Valérie Pécresse le défendait. Elle le payait par les cotisations sociales, qui est une catastrophe. Mais on a dans notre pays un problème de fragilité, de vulnérabilité et de précarisation de toute une partie de la population. Moi, je rencontre sur le terrain des personnes qui rament pour manger, simplement pour manger.
Vous rencontrez dans les entreprises des salariés qui ont passé 10 ans dans l'entreprise, qui sont toujours au SMIC. Et on peut se le permettre, ça, d'augmenter le SMIC ? L'économie peut se le permettre ? Ça ne risque pas de la déséquilibrer ? Mais le taux de marge des entreprises n'a jamais été aussi élevé depuis 50 ans.
C'est ce qu'on expliquait hier à Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medel.
Et au fond, cette hausse des salaires, vous savez, pour les plus fragiles d'entre nous, vous rajoutez 150 euros par mois, c'est 150 euros qui vont être dépensés dans l'économie française. Donc c'est bon. Mais la spécificité de l'écologie, c'est vraiment à la fois sur les revenus, mais d'agir sur les dépenses contraintes. Et nous proposons, dans la situation particulière d'aujourd'hui, un chèque énergie de 400 euros pour les familles qui bénéficient déjà du chèque énergie, parce qu'il faut aider les Français à passer cette mauvaise période. D'autres sujets d'actualité à vous soumettre, Yannick Jadot, Bernard Guetta. Yannick Jadot, candidat Europe Écologie Les Verts.
Je suis candidat des écologies. Vous savez, c'est un grand rassemblement. Candidat écologique. Vous savez, par exemple, aux Européennes... Il y a une petite formation à côté. Oui, il y a une génération écologie. Voilà, il y a une génération S. Vous savez, aux Européennes, le dernier scrutin national, c'était après l'histoire, c'était avant Covid. Donc, il y avait trois listes. Il y avait ma liste, Europe Écologie Les Verts. Il y avait la liste Génération S de Benoît Hamon. Et il y avait la liste soutenue par Delphine Bateau. Ensemble, on avait fait 19%. Eh bien, aujourd'hui, nous sommes réunis avec une seule candidature écologiste. C'est une bonne nouvelle, non ?
Oui, en attendant que les sondages... Mais ça ne fait pas 19%. Oui, c'est ça. Pour l'instant, oui.
Vous savez, je regardais les sondages, y compris des Européennes. Cinq jours avant le scrutin, l'IFOP, là, qui fait son rolling tous les jours, il me mettait à six. J'ai fini à deux fois plus. Plus de deux fois plus. Donc là, vous estimez qu'il y a un vote caché, Yannick Jadot, quoi. Non, ce que j'estime, c'est qu'aujourd'hui, les sondeurs se sont quand même beaucoup trompés aux dernières élections.
Oui, c'est ce que dit Anne Hidalgo, aussi.
Et que si on avait écouté les sondages, si on avait écouté les sondages, on n'aurait pas eu succès aux Européennes. Et on n'aurait pas un seul maire écologiste. On dirige beaucoup de grandes villes. Ils ne se sont pas trompés tant que ça. Bon. Ben, regardez. Regardez les derniers jours. Eh bien, voilà. Regardez les derniers jours des sondages en mai 2019. Ah non, mais ce qui est vrai, c'est que tout peut changer, bien sûr. Ça, c'est vrai. Oui, mais surtout qu'en plus... Aujourd'hui, vous savez, dans toutes les enquêtes, il y a au moins la moitié des Français qui ne savent pas pour qui voter. Donc, pour l'instant, ils ont regardé la campagne un peu comme un spectacle.
Nous, on fait campagne depuis des mois et deux mois pour semer nos propositions, nos solutions, discuter avec toutes les forces vives du pays. Et la campagne... Les Français sont en train de s'emparer. Oui. Les Français sont en train de s'emparer de cette élection. Et je suis sûr que quand ils seront lassés des campagnes avec des boucs émissaires pour diviser les Français, les pulsions de mort, les pulsions de haine, eh bien, les Français vont avoir besoin de pulsions de vie, de pulsions de fraternité, de solutions à leurs problèmes du quotidien comme aux enjeux européens et géopolitiques.
On continue à évoquer l'actualité. C'est l'heure du 5 sur 5 de Mathieu Béliard.
Bonsoir à toutes et à tous. Bonsoir Mathieu. Bonsoir.
Mathieu, après l'accident de chasse de samedi dans le Cantal, la jeune fille qui a tiré est mise en examen. Oui, une adolescente de 17 ans, je le rappelle, placée en garde à vue dimanche, déférée aujourd'hui. On lui a signifié sa mise en examen. Elle est également placée sous contrôle judiciaire avec interdiction, notamment de détenir ou de porter une arme. On sait également qu'une autopsie du corps de la victime de 25 ans devait être pratiquée aujourd'hui. Un accident de chasse qui a relancé le débat sur la réglementation de la pratique. Yannick Jadot, on le sait, vous proposez l'interdiction de la chasse le week-end et lors des vacances scolaires.
mais pour les chasseurs, ce n'est pas le sujet. Il y a eu une accumulation de petits facteurs, une partie de malchance, peut-être aussi une prise de risque de tirer vers un écran même si c'est un tas de bois.
Vous étiez aussi sur une parcelle de sapins très tentus, il faisait très sombre.
Dans le même débat, une autre initiative. C'est très honte. Vous allez pouvoir répondre, Yannick Jadot. Mais d'abord, je vais vous présenter une initiative, celle de la ville de Laillée. On est en Ile-et-Vilaine, 5000 habitants, on est au sud de Rennes. Dans une commune de Bretagne, on a connu plusieurs accidents de chasse, dont un mortel. Alors à la fin du mois de novembre, la maire avait pris un arrêté pour restreindre drastiquement la pratique de la chasse.
Moi, j'y pense toujours en fait, en me baladant. J'essaie de rester vigilante, de m'habiller avec des couleurs flashy, mais c'est au cas d'essayer d'être vue. En entendant des coups de feu, je ne suis jamais rassurée en fait.
On ne pouvait plus prendre le risque de chasser parce qu'on n'était jamais certain que les chiens n'iraient pas, surtout derrière un sanglier, à moins de 150 mètres des habitations. Donc pour ne pas être en infraction avec cet arrêté municipal, on a décidé d'arrêter la chasse.
Avec une conséquence, la prolifération des sangliers, leur population même régulée, est déjà un désastre pour les cultures. Si jamais
il n'y a plus de régulation au niveau des sangliers, on arrête l'agriculture. On ne pourra plus en vivre, ce n'est pas possible. On ne peut pas partager le territoire
avec les sangliers, nous, agriculteurs.
Alors ça, c'est un argument qu'on vous oppose souvent. Les chasseurs sont aussi des régulateurs. Yannick Jadot ? Écoutez, quand vous écoutez Willy Schrein, vous vous souvenez, il est intervenu pour dire qu'il n'en avait rien à foutre et je reprends ces termes de réguler, c'était simplement le plaisir de tuer qu'il faisait de lui un chasseur. Il faut savoir quand même que c'est vrai qu'on a une surpopulation de sangliers. Vous savez, il y a 30 ans, 50 ans, il y avait 30 000 sangliers dans notre pays. Aujourd'hui, il y en a 800 000. Il y en a 800 000 parce que les chasseurs, vous le savez, nourrissent les sangliers. Ils nourrissent les sangliers.
Vous avez du nourrissage, vous vous baladez en forêt, vous avez du maïs pour que les sangliers se nourrissent. Avant, un sanglier, c'était une portée de 2 à 3 par an. Aujourd'hui, c'est plusieurs portées, plus nombreuses. Donc au fond, la responsabilité première de la surpopulation des sangliers,
ce sont les chasseurs.
Maintenant, il faut réguler. Mais réguler, ça ne veut pas dire de tirer quand il y a des promeneurs, ça ne veut pas dire de tirer le week-end, ça ne veut pas dire de mettre dans les mains d'une jeune fille de 17 ans qui n'a pas le droit d'acheter de l'alcool, qui n'a pas le droit de conduire seule, de lui mettre un fusil entre les mains avec le risque. Elle avait un permis de chasse. Ça veut dire qu'il faut interdire le permis de chasse aux mineurs ? Non, il faut... Il y a un âge... C'est 15 ans, je crois. C'est 15 ans. Est-ce qu'il faut l'abaisser encore plus ?
Écoutez, des jeunes qui, aujourd'hui, encore une fois, ne peuvent pas acheter de l'alcool, qui ont des fusils avec des balles qui vont à 3 km, je pense que c'est irresponsable. Donc interdiction au moins de 18 ans. De fait, ce que je veux d'abord, c'est que chacune, chacun puisse accéder à la nature en sécurité le week-end et pendant les vacances. Moi, je viens de Picardie. Dans ma maison, là où je suis, le samedi et le dimanche matin, ça tire à 200 m. Eh bien, à 200 m, vous n'allez pas profiter de la nature. Donc on a une jeune faille de 25 ans qui est morte. Elle s'ajoute au cortège. Vous avez une gamine de 17 ans qui a sûrement sa vie brisée maintenant d'avoir généré cette mort.
Et vous avez tous les Français, ruraux ou citadins, qu'on la trouille dès l'enforêt. Ce n'est pas normal.
On quitte le sujet de la chasse, mais pas celui de la cause animale.
Oui, on voyait même la question dans la presse ce matin, les animaux qui s'invitent dans la campagne sur cette édition du Parisien Aujourd'hui en France. On y apprend que cette question influera sur le vote de la moitié des Français. Alors, pour ne pas parler que de la chasse, il faut évoquer aussi l'élevage. Il y a cette nouvelle vidéo de l'Association de défense des animaux, L214, un éleveur de volailles qui dénonce le cahier des charges des industriels.
Aujourd'hui, l'éleveur c'est un esclave. Lui, il ne décide rien du tout. Il ne décide pas de la souche, il ne décide pas son aliment, il ne décide rien du tout. Il ne décide même pas son prix. Tu fais ce qu'on te dit, tu fais de la volaille industrielle, tu élèves 22 poulets de 2 kg au mètre carré. Un poulet de 2 kg, on l'élève sur une feuille A4. Et moi, je voulais repartir sur un élevage raisonné de 10 à 11 poulets au mètre carré. Quand je vois 22 poulets au mètre carré, c'est inacceptable.
Alors, vous avez déjà dit que votre première mesure au pouvoir serait la fin de l'élevage industriel. Cet après-midi, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu'il boudrait le salon de l'agriculture qui, je cite, promette un modèle d'agriculture qui n'est pas le nôtre. Est-ce que vous avez prévu de vous y rendre, vous, déjà ? Oui, parce que moi, je veux changer l'agriculture avec les agriculteurs. Ce qui est en cause, ce ne sont pas les agriculteurs, c'est le modèle dans lequel on les a piégés. Vous avez ce témoignage. Je suis convaincu que cet éleveur, il est totalement endetté aujourd'hui et qu'il est prisonnier. Il est prisonnier des donneurs d'ordre. Il vit très mal de son métier.
Vous voyez qu'il porte une sorte de déprime. Vous avez un suicide par jour de paysans. Vous avez 30 fermes qui disparaissent quasiment par jour aussi. Ce modèle est totalement non-dural. Et donc, d'avoir la grande transition vers l'agroécologie. Donc, on a des animaux qui voient l'extérieur quand ils sont élevés. Et puis, pour la question de la dette, moi, j'assume de mettre la dette des agriculteurs sur la table dans la négociation justement pour leur permettre de changer de modèle. C'est bien pour l'environnement. C'est bien pour les paysans. Et un revenu digne. C'est bien pour les animaux. Et c'est bien pour ce qu'on mange. C'est quand même aussi important.
Mais vous assumez de dire aux agriculteurs qu'ils auront plus de normes, aux consommateurs que ça coûtera plus cher de manger ? Non. Vous savez, le prix de l'agriculture aujourd'hui dans l'élevage, si vous prenez ce poulet-là, qui est là, alors vous ne payez pas cher, c'est vrai. Mais derrière ce prix-là, vous avez un paysan qui ne vit pas de son métier. Vous avez des algues vertes. Vous avez la biodiversité qui disparaît. Vous avez une alimentation de très faible qualité. Donc, à un moment donné, l'enjeu, il est de payer normalement le prix de l'alimentation. Et c'est ce que je disais sur le reste des dépenses contraintes.
Moi, je souhaite que, plutôt qu'on paye avec nos impôts, le traitement de l'eau, les maladies chroniques, que les familles, parce qu'elles ont réduit leur facture de carburant, parce qu'elles ont réduit leur facture de chauffage, parce qu'elles ont réduit leur facture d'électricité et de logement, eh bien, elles peuvent payer normalement le prix de l'alimentation pour que les paysans vivent aussi. Et alors, il y a une autre question qui se pose quand on revient à la question du bien-être animal, celle de l'abattage rituel sans étourdissement. Quelle est votre position sur cette question-là ? Moi, je l'ai dit, ce n'est pas une question de religion.
Il y a des pays où l'étourdissement est obligatoire, y compris pour l'abattage rituel. Moi, je ne vois pas de raison à ce qu'il y ait de la souffrance animale quand elle peut être évitée.
Donc, vous voulez l'interdire ? L'abattage rituel ?
Non, non, non. Ce n'est pas l'abattage rituel qu'on interdit. Moi, je n'ai aucun problème à ce qu'il y ait un abattage rituel. C'est l'absence d'étourdissement. Donc, vous voulez l'étourdissement ? Il y a des pays européens où il y a de l'étourdissement. Au fond, c'est une réponse technique pour éviter la souffrance animale. Ça n'est pas supprimer l'abattage rituel. Ce n'est pas une question religieuse.
C'est l'abattage rituel sans étourdissement.
Vous avez déjà évoqué la question des parrainages avec Mohamed Bouhafsi tout à l'heure. On dit que les animaux s'invitent dans la campagne. Les animalistes, eux, en sont exclus à défaut d'avoir leur 500 signatures. La candidate du pari à T-animaliste ne sera probablement pas sur la ligne de départ. Et dans l'émission nous présidons sur France 5, nous avions suivi ce que le parti animaliste appelait un enterrement du pluralisme démocratique. Regardez.
On n'a pas pu voter. On n'a pas pu voter. On n'a pas pu voter. On n'a pas pu voter.
On n'a pas pu voter.
Il y a quelque chose que je voudrais ajouter. Je pense que beaucoup aussi de partis souhaitent qu'on ne se présente pas parce qu'ils ont peur. Pas parce qu'ils ont peur qu'on gagne la présidentielle, mais parce qu'ils ont peur d'être humiliés. Alors vous parliez de votre score aux européennes tout à l'heure. 2,2% aux européennes. Le parti animaliste, ça vous arrange bien qu'il ne soit pas là ? Non, pas du tout. Parce que vous savez, les élus qui siègent dans les mairies et dans les régions issues du parti animaliste, généralement, ils ont été élus avec des listes avec nous. Donc on a d'excellentes... Est-ce que vous appelez à parrainer Hélène Thouy ? On a d'excellentes relations.
Écoutez, elle fait sa campagne. Il ne lui manque des parrainages. Il lui manque des parrainages. Écoutez, arrêtez de vouloir parrainer les autres. Je veux dire, Bernard Guetta, il a raison à un moment donné que chacune et chacun s'organise pour pouvoir être en situation d'être candidate ou candidat.
Radio France accueillit aujourd'hui une rencontre entre des candidats à la présidentielle et des jeunes.
Oui, France Inter accueillait cette initiative de l'association Chemin d'Avenir. Une centaine de jeunes de 15 à 25 ans qui pouvaient interroger certains des candidats. Vous en étiez, Yannick Jadot, vous leur avez parlé transport, citoyenneté, handicap, entre autres. Alors on dit souvent que les jeunes, des jeunes, que c'est l'électorat qui vote le moins. Mais un sondage nous apprenait ce matin que si 80% des jeunes envisagent d'aller voter, la plupart se sentent surtout oubliés des politiques. Et Iban Raïs et Audrey Payas étaient à la maison de la radio aujourd'hui pour leur demander quelles sont leurs aspirations et surtout quel sujet de la présidentielle les intéresse le moins aussi.
Vous êtes primo-votante, c'est quoi le thème qui vous intéresse le plus aujourd'hui ?
Moi, le thème qui m'intéresse le plus, c'est l'égalité des chances, l'inclusivité de tous et toutes dans le débat politique, l'environnement. En fait, finalement, nos thèmes, ils sont souvent à l'intersection les uns des autres. L'égalité des chances en termes scolaires. L'écologie, c'est vraiment le combat de notre siècle. Donc, je pense que c'est la chose la plus nécessaire mais pas faire de l'écologie seulement comme un classement politique, avoir de l'écologie de droite,
de l'écologie de gauche. La place de la démocratie en France, ça peut être trop été abordé depuis ce matin. Je trouve ça un peu regrettable.
Il faut parler également de sécurité. C'est forcément parlant pour les femmes aujourd'hui, en l'occurrence dans la rue, etc. Nous parler d'éducation.
Est-ce qu'il y a un thème que vous entendez parler dans les médias, que vous trouvez trop présent dans les médias et qui, en tant que jeune, ne vous intéresse pas du tout ? Oui, il est sur ma tête, c'est le voile, je l'entends partout, tout le temps. L'immigration, le grand remplacement, toute la marotte identitaire qu'on a depuis le début de cette campagne. Je trouve qu'on parle beaucoup trop d'immigration et de sécurité. C'est vrai qu'on emploie beaucoup quand même l'immigration, c'est vrai que c'est très très présent.
Sur le port du voile et sur l'immigration, je suis désolée, mais on en parle énormément et nous, en tant que jeune, à aucun moment, on n'en voit un problème. C'est plus dans les générations de nos parents, de nos arrière-grands-parents. Ils en ont un énorme problème et pourtant, franchement, ça ne change rien.
Il faut leur parler d'autre chose en trois secondes.
Climat, racisme, violence contre les femmes, souffrance animale sont des grandes causes des jeunes. C'est le combat des écologistes. Aidez-moi dans cette campagne. Rejoignez-nous, empariez-vous de cette élection. Merci Yannick Jadot d'être venu ce soir sur le plateau de CETAVOU. Merci beaucoup, cher Bernard Guetta. Dans un instant, nos invités exceptionnels Robert Pattinson, Zoé Cravis, mais aussi le couple en or des JO de Pékin, Gabriel Papadakis et Guillaume Cizeron.
Bernard Guetta