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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 2 février 2022 26 minContradictoireActualité / polémiqueLogementSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Mal-logement, réforme des APL, logement étudiant... Le 8h30 franceinfo d'Emmanuelle Wargon et Christophe Robert

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 76 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:27OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous.

  • 1:32RelanceÉludée

    Des mauvaises décisions.

  • 1:42OuverteRéponse partielle

    Comment vous l'expliquez ?

  • 2:49OuverteRéponse partielle

    Rétrospectivement, sur la baisse des APL au début du quinquennat, c'était en 2018, dans les premiers mois après l'arrivée d'Emmanuel Macron, vous diriez aujourd'hui que c'était une erreur ou pas ?

  • 3:30OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la situation du logement et du mal-logement en France s'est améliorée ou aggravée depuis 5 ans ? Ou est-ce que c'est impossible de le dire ?

  • 5:35ComplaisanteRéponse directe

    Non, mais on a besoin de plus de logements en France, plus de logements sociaux, plus de logements abordables. Donc ça, c'est toute la politique du logement pour soutenir, avoir plus de logements et avoir des logements qui sont meilleur marché.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49InvitéChiffre
    « On a coupé sur les APL et le logement social en 5 ans 15 milliards d'euros. »
  • 1:23InvitéChiffre
    « À la fin de l'année, même si la crise est passée par là, de l'ordre de 95 000 logements, c'est très peu. »
  • 1:28InvitéChiffre
    « Alors que nous, on pense qu'il faudrait au moins 150 000 et que le gouvernement en avait fixé 120 000. »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « Les APL, on les a passées ce qu'on appelle en temps réel, c'est-à-dire qu'on est allé chercher les dernières ressources disponibles. »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « C'est aussi une réforme de justice et d'ailleurs, le rapport même de la Fondation dit que les principes sont incontestables. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas une mesure facile à la reprendre, on ne la reprendrait pas aujourd'hui, clairement. »
  • 3:40InvitéChiffre
    « Vous avez aujourd'hui 4 millions de mal-logés. »
  • 3:45InvitéChiffre
    « Parmi ces 4 millions de mal-logés, 300 000 personnes sans domicile fixe. »
  • 3:45InvitéFait
    « Ce que l'on sait, c'est que ce chiffre de personnes sans domicile a doublé depuis 2012. »
  • 4:05InvitéChiffre
    « Il y a eu 40 000 places d'hébergement d'urgence qui ont été ouvertes, qui sont encore ouvertes aujourd'hui. »
  • 4:35InvitéFait
    « On a supprimé l'APL accession à la propriété. »
  • 4:42InvitéChiffre
    « C'est-à-dire qu'on a eu un ensemble de couples qui se comptent en plusieurs milliards d'euros. »
  • 4:57InvitéChiffre
    « Mais ce milliard d'euros, il serait bien utile aujourd'hui pour faire baisser la facture des ménages, premier poste de dépense, avec des inquiétudes majeures, et on le voit tous, sur le coût des charges. »
  • 12:58Invité politiqueChiffre
    « On sait qu'on a 2,2 millions de familles qui sont en attente de logement social, et on en agrée environ 100 000 par an en ce moment. »

Temps de parole

  • Invité38 %
  • Invité politique36 %
  • Présentateur10 %
  • Présentateur 29 %
  • Présentateur 36 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Des millions de Français, c'est le premier poste de dépense chaque mois. Pourtant, il faut souvent des rapports pour que les politiques ou que les médias s'y intéressent. On va donc parler du logement ce matin sur France Info. Ceux qui n'en ont pas, ceux qui le payent trop cher et ce qu'il faudrait faire, surtout pour tenter d'améliorer la situation. Pour en débattre, nous avons réuni Emmanuel Wargon, la ministre du Logement, et Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre. Bonjour à tous les deux. Bonjour. La Fondation Abbé Pierre qui publie donc aujourd'hui son rapport annuel.

Rapport qui dit, Christophe Robert, que le logement est le parent pauvre du quinquennat Macron. Expliquez-nous.

0:34
Invité

En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'il y a eu des avancées sur un certain nombre de sujets. L'augmentation du nombre de rénovations thermiques, une politique du logement d'abord, qui partait dans le bon sens, qui part plutôt dans le bon sens. Mais dès le début du quinquennat, il y a eu des décisions de coupe budgétaire très importantes. On a coupé sur les APL et le logement social en 5 ans 15 milliards d'euros. Ça veut dire moins 15 milliards d'euros dédiés au logement. À partir de là, les bonnes politiques qui peuvent être menées à certains moments, d'autres moins bonnes, on va rentrer dans le détail, ont été freinées. Je prends un exemple.

La politique du logement d'abord qui vise à apporter des solutions de logement durables aux personnes sans domicile, plutôt que des hébergements d'urgence coûteux et non adaptés finalement aux personnes, eh bien elle a été freinée par ces coupes budgétaires qui ont réduit les APL et le logement social. Et puis on arrive avec une production de logements sociaux. À la fin de l'année, même si la crise est passée par là, de l'ordre de 95 000 logements, c'est très peu. Alors que nous, on pense qu'il faudrait au moins 150 000 et que le gouvernement en avait fixé 120 000.

1:32
Présentateur

Des mauvaises décisions. Donc dès le début du quinquennat avec des coupes budgétaires, on se rappelle tous de la baisse des APL de 5 euros par ménage et par mois qui avait créé la polémique, mais qui est toujours en vigueur, Emmanuel Vargon. Comment vous l'expliquez ?

1:43
Invité politique

En fait, on a aussi beaucoup investi pour le logement et pour le pouvoir d'achat dans ce quinquennat parce qu'on n'a pas parlé de la prime d'activité qui a été massivement augmentée et qui soutient le revenu des ménages sur la rénovation énergétique.

1:55
Présentateur

Il faut s'en suivre sur le logement.

1:55
Invité politique

Oui, mais en fait, si vous voulez, quand on regarde les mesures de pouvoir d'achat sur les APL...

1:58
Présentateur

C'est aussi ça parce qu'on va tenter de cadrer ce débat pour ne pas faire le bilan du quinquennat dans son ensemble parce qu'il faudrait sans doute plus d'une demi-heure et que je ne suis pas sûr que Christophe Robert ait envie de rentrer dans toutes les cases de la fiscalité, mais on va tenter de se concentrer sur le logement si vous voulez bien.

2:10
Invité politique

Bien sûr, mais quand on parle du pouvoir d'achat des ménages, vous savez, le budget d'un ménage, c'est un budget entier. Vous avez raison de dire, le logement, c'est 20% du budget d'un ménage, donc c'est la première dépense et c'est une dépense très importante. Mais quand on regarde ce qui reste à un ménage à la fin du mois, il faut regarder toutes les aides. Donc les APL, on les a passées ce qu'on appelle en temps réel, c'est-à-dire qu'on est allé chercher les dernières ressources disponibles. C'est aussi une réforme de justice et d'ailleurs, le rapport même de la Fondation dit que les principes sont incontestables.

On a besoin de continuer à soutenir le pouvoir d'achat, à la fois des classes moyennes et aussi des ménages les plus modestes. Et ce sera l'une des ambitions sur le revenu universel d'activité.

2:49
Présentateur

Rétrospectivement, Emmanuel Margon, sur la baisse des APL au début du quinquennat, c'était en 2018, dans les premiers mois après l'arrivée d'Emmanuel Macron, vous diriez aujourd'hui que c'était une erreur ou pas ?

2:57
Invité politique

Moi, je crois que c'est une mesure qui avait été portée par Bercy, qui est une mesure de technicien. Ce n'est pas une mesure facile à la reprendre, on ne la reprendrait pas aujourd'hui, clairement. Mais depuis, on a aussi réinvesti dans la rénovation énergétique, par exemple. Ça aussi, c'est le même budget des ménages. Le chèque énergie pour les ménages les plus fragiles, le soutien aux travaux de rénovation énergétique pour pouvoir faire des travaux et baisser sa facture, le bouclier tarifaire alors que l'énergie augmente. Tout ceci, c'est un tout. Et donc, il y a eu beaucoup de mesures de rattrapage pour le soutien du pouvoir d'achat.

3:27
Présentateur

J'en reviens au constat, Christophe Robert. Est-ce que la situation du logement et du mal-logement en France s'est améliorée ou aggravée depuis 5 ans ? Ou est-ce que c'est impossible de le dire ?

3:37
Invité

C'est impossible de le dire. En fait, il s'est passé quand même beaucoup de choses. Vous avez aujourd'hui 4 millions de mal-logés. Parmi ces 4 millions de mal-logés, 300 000 personnes sans domicile fixe. Ce que l'on sait, c'est que ce chiffre de personnes sans domicile a doublé depuis 2012. Pas depuis 2017, mais depuis 2012. En fait, là où c'est très compliqué de répondre à votre question, c'est qu'il y a eu aussi une crise. Une crise, là pour le coup, le gouvernement a mis des moyens pour éviter que des personnes ne basculent, par exemple, dans la pauvreté ou le mal-logement. Il y a eu 40 000 places d'hébergement d'urgence qui ont été ouvertes, qui sont encore ouvertes aujourd'hui.

Le problème, c'est que vous avez une politique, la politique du logement d'abord, qui justement vise les personnes les plus mal logées. Elle va dans le bon sens. Mais si d'un côté, vous logez des personnes grâce à cette politique et que de l'autre, vous coupez sur le logement social, vous coupez sur les APL, vous n'apportez pas finalement le soutien. Vous avez des personnes qui basculent dans des difficultés. Quand on parle des APL, ce n'est pas que les 5 euros de 2017 que vous rappeliez. On les a gelés aussi. On a supprimé l'APL accession à la propriété. C'est-à-dire qu'on a eu un ensemble de couples qui se comptent en plusieurs milliards d'euros.

Et quand la ministre dit, effectivement, on a changé le mode de calcul, c'est un milliard d'euros. C'est une des conséquences d'économie sur le bûche d'y aides de cette année. Soit, nous, on ne dit pas qu'il faut revenir à l'ancien système. Vous avez raison sur la manière de prendre en compte les ressources des ménages bénéficiaires de l'APL. Mais ce milliard d'euros, il serait bien utile aujourd'hui pour faire baisser la facture des ménages, premier poste de dépense, avec des inquiétudes majeures, et on le voit tous, sur le coût des charges. Enfin, je veux dire, vous parliez de 20%.

Pour beaucoup de nos ménages, enfin des ménages modestes, c'est 40%, 50%, 60%, c'est des gens qui se serrent dans des logements trop petits, qui vont dans des logements pourris, ou qui s'éloignent de leur lieu de travail, par exemple. Et on l'a beaucoup vu. Les conditions sont déterminantes pour le télétravail. On l'a vu aussi avec le confinement. Le logement, c'est quelque chose de fondamental.

5:28
Présentateur

Madame la ministre Emmanuelle Wargon, plus d'un million de locataires sont en situation d'un pays où sont en difficulté de payer leur loyer. Ça rejoint ce que dit Christophe Robert.

5:35
Invité politique

Non, mais on a besoin de plus de logements en France, plus de logements sociaux, plus de logements abordables. Donc ça, c'est toute la politique du logement pour soutenir, avoir plus de logements et avoir des logements qui sont meilleur marché.

5:47
Présentateur

Parce que là, les loyers sont de plus en plus chers. Est-ce qu'il aurait fallu, par exemple, faire l'encadrement des loyers, généraliser cet encadrement des loyers ?

5:55
Invité politique

Juste sur les impayés de loyers, puisque vous m'avez posé la question avant d'arriver à l'encadrement des loyers. Sur les impayés de loyers, nous avons tous eu peur, avec les associations et la Fondation Abbé Pierre, d'une explosion des impayés de loyers et des expulsions. Ni l'une ni l'autre ne se sont produites. On a mis en place qu'on n'avait jamais fait un observatoire des impayés de loyers qui a montré que c'était stable. Et quant aux expulsions locatives, on en fait moitié moins depuis la crise qu'avant. On en faisait environ 16 000 par an. Le chiffre de 2020, c'est 8 000. Le chiffre de 2021 n'est pas encore consolidé. On ne l'a pas.

Mais en gros, ça sera à peu près le même ordre de grandeur. Donc on en fait moins parce qu'on a amélioré la prévention des expulsions. Donc on travaille aussi sur ce sujet-là. Après, sur l'encadrement des loyers, moi, j'y suis favorable à l'encadrement des loyers, en tout cas dans les zones tendues. C'est une expérimentation qui avait été ouverte avant le quinquennat.

6:43
Présentateur

Vous avez pu changer d'avis Emmanuel Macron sur ce point ?

6:46
Invité politique

En tout cas, à la fin du quinquennat, le gouvernement a fait voter la prolongation de cette expérimentation et la possibilité pour d'autres villes de rentrer dans cette expérimentation.

6:58
Présentateur

Et aujourd'hui, on a combien de villes aujourd'hui ? Paris, Lille ?

7:01
Invité politique

Aujourd'hui, on a 7 ou 8 métropoles qui sont à Paris, on a Lille, Bordeaux est rentrée, Lyon est rentrée. Non, Grenoble n'est pas rentrée parce qu'il n'y a pas de tension. En tout cas, quand on regarde les chiffres, la tension sur le marché locatif n'est pas dans la même situation. Mais juste là-dessus, les agences immobilières vont être obligées de publier l'encadrement des loyers sur les annonces. C'est un engagement qu'on avait pris. Le décret devrait sortir aujourd'hui ou demain. Donc ça va rendre l'encadrement des loyers plus opérationnel dans les zones concernées.

7:31
Invité

C'est effectivement une bonne nouvelle. Juste deux choses, si vous permettez. Sur les expulsions, effectivement, le gouvernement a différé la fin de la trêve hivernale par deux fois, ce qui est une très bonne nouvelle. Cette trêve qu'avait obtenue l'abbé Pierre en 1956. Donc c'est la première fois qu'on l'a fait. Mais il ne faut pas oublier que les personnes n'ont pas été expulsées à ce jour, mais que les procédures continuent de courir. Juste aussi en 2021, on sera plutôt à 12-13 000. Donc ce qu'il faut faire attention, c'est que ces ménages-là, aujourd'hui, sont sous la menace de l'expulsion. Elles ont eu un peu de répit et c'est une bonne nouvelle.

Mais maintenant, il faut les aider à sortir de ce sujet. Sur l'encadrement des loyers. Oui, la ministre l'a soutenu. Le président de la République n'était pas très favorable pendant la campagne, en tout cas. Nous, ce que nous demandons aujourd'hui, dans le rapport de la Fondation, c'est de revenir au projet initial, à l'époque de la ministre Madame Duflo, où on avait les 26, 28 plus grosses agglomérations qui devaient être concernées, soit 1 000 communes. Il faut vraiment qu'on y aille. C'est-à-dire qu'à un moment, quand on voit le décrochage entre les ressources des ménages et le coût des loyers... Ça ne fera pas baisser les loyers pour autant. Ça limite la hausse.

Si, ça ne fait pas baisser. Alors, vous avez raison. C'est-à-dire que pour l'instant, le modèle... Les gens qui n'y arrivent pas aujourd'hui, ils n'y arriveront pas plus demain. Vous avez raison. Alors, il y a deux choses. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, tel qu'est conçu l'encadrement des loyers en France, on fait baisser uniquement les loyers excessifs. Donc, ça reste limité. Simplement, c'est un signal quand même pour les marchés qui peut avoir un impact. Et surtout, nous, on espère que ce soit le pied dans la porte pour ensuite avoir une plus grande maîtrise des loyers. Ça fait partie des propositions qu'on fait pour le prochain quinquennat. Sur les loyers.

8:53
Présentateur

Non, je vous interromps, pardon. Mais je vais vous donner la parole dans un instant. Il faudrait juste que je lance le fil d'info. Il est 8h42. Lisa Guyenne. Et on poursuit ce débat sur le logement dans un instant avec vous. Le succès des voitures électriques en Europe. Plus 60% de ventes en un an dans l'Union européenne. Les hybrides représentent maintenant la même part de marché que le diesel. Signe de cette transition en France. Le constructeur grenoblois de batteries électriques, Vercors, confirme son arrivée à Dunkerque. Une usine géante qui doit entraîner la création de 1200 emplois à court terme.

La deuxième phase de l'allègement des mesures sanitaires prévues mi-février reste conditionnée à l'évolution de l'épidémie. Nuance apportée ce matin dans la presse par Emmanuel Macron. En attendant, aujourd'hui, c'est le début de la levée des restrictions avec la fin des jauges dans les stades et les salles de spectacle. La fin aussi du masque en extérieur et du télétravail obligatoire. Après le ministère de la Santé, les patrons d'Orpea convoquaient à l'Assemblée nationale cet après-midi pour s'expliquer toujours sur les maltraitances révélées dans un livre enquête. Le canard enchaîné affirme par ailleurs que l'ex-PDG d'Orpea a vendu, comme chaque année, plusieurs milliers d'actions.

Mais cette fois, c'était quelques semaines seulement après avoir appris la parution imminente de cette enquête. La situation à la frontière ukrainienne est très grave. Le danger d'une invasion russe est clair et imminent, prévient ce matin Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères sur France 2. Il appelle toujours la Russie à une désescalade. France Info

10:18
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Saliya Brakia, Marc Fauvel

10:23
Présentateur

Toujours avec le délégué général de la Fondation Abbé Pierre Christophe Robert, avec la ministre du Logement Emmanuelle Wargon. Vous voulez ajouter un mot, Mme Wargon, sur la baisse des loyers.

10:32
Invité politique

Oui, pour faire baisser les loyers, au-delà de l'encadrement des loyers, qui peut être utile, il faut aussi inciter les propriétaires à louer moins cher. Et j'ai obtenu dans la loi de finances pour 2022, donc le budget 2022, une belle mesure pour les propriétaires qui s'appelle l'ocavantage. Si vous louez en dessous des prix du marché, vous avez une incitation fiscale, une réduction d'impôt qui compense. Et ça, ça n'est pas une obligation, mais ça peut être très puissant sur le marché immobilier. C'est un peu l'amendement Coluche de la location. Vous louez moins cher. C'est valable dans toute la France.

Il faut simplement louer en dessous des prix du marché, et on part des prix du marché constatés, avec un observatoire des loyers dans toute la France.

11:08
Présentateur

Je voudrais vous poser une question bête, Christophe Robert. Est-ce qu'un candidat ou une candidate à l'élection présidentielle peut se faire élire avec la promesse de faire baisser les prix des loyers et les prix de l'immobilier en France ? Ou est-ce qu'il se met immédiatement à dos la moitié de la France, c'est-à-dire la France des propriétaires, qui se dit, dans ce cas-là, mon logement va perdre de la valeur ?

11:25
Invité

Je pense qu'on peut se faire élire avec cette mesure.

11:28
Présentateur

Un candidat qui dirait, je suis celui qui va baisser les loyers et... Enfin, en fait, tout dépend comment on l'avore. Il n'y a pas une France des locataires d'un côté et une France des propriétaires de l'autre, avec deux électorats.

11:38
Invité

Parce que là, vous parlez des propriétaires bailleurs, ceux qui vont être amenés à louer. Donc, effectivement, si vous êtes dans cette logique-là, vous allez peut-être... Ou même des propriétaires qui habitent dans leur logement et à qui on va dire, votre logement va perdre 20% si je vais lui. Vous savez, pendant les années 2000, par exemple, les prix de l'immobilier ont doublé. C'est-à-dire des personnes qui achètent 10 logements à 100 000 euros, 10 ans après, ils les revendent 200 000 euros. Vous vous rendez compte ?

Donc, il y a un moment, la question se pose du partage, de la justesse, pour des questions sanitaires, pour des questions de santé, pour des questions de scolarisation, pour des questions de vivre ensemble, pour des questions de vie familiale. La question du logement, elle est fondamentale. Et il est là, le problème. C'est que souvent, on aborde le sujet du logement d'un point de vue technique, purement économique, et qu'on oublie tout ce qu'il y a derrière. Après, il faut trouver les bons équilibres. C'est là où vous avez raison, avec les marchés, avec les investisseurs.

Mais je crois que, depuis 20 ans, la marge, elle est beaucoup, très importante, et on peut tout à fait ramener un peu de raison, notamment dans les secteurs tendus. Il y a des endroits où le logement n'est pas si cher que ça, parce qu'il y a une déprise économique, il y a une décroissance démographique. Mais là, on parle des agglomérations, on parle des grandes villes qui attirent beaucoup de monde, et pour lesquelles ça passe plus pour beaucoup de nos jeunes, pour beaucoup de femmes seules avec enfants, pour ceux qui ont des revenus modestes, en quelque sorte. Donc, à un moment, il faut agir dans ce sens-là.

12:48
Présentateur

Un mot sur les logements sociaux. Le rapport dit qu'il y en a de moins en moins. Combien il en manque de logements sociaux pour que les Français puissent être satisfaits et trouver un toit ?

12:58
Invité politique

On sait qu'on a 2,2 millions de familles qui sont en attente de logement social, et on en agrée environ 100 000 par an en ce moment.

13:07
Présentateur

Ça veut dire, d'un calcul rapide, qu'il faut 22 ans d'attente en moyenne ?

13:09
Invité politique

Pas tout à fait, parce qu'il y a aussi une rotation dans le parc social. Évidemment, il y a des familles qui partent.

13:15
Présentateur

Mais pour que tout le monde en ait, il faudrait 20 ans.

13:15
Invité politique

Il y a des familles qui partent du logement social, parce que, justement, elles accèdent à la propriété ou elles déménagent. Mais ça veut dire qu'il faut qu'on construise plus. En fait, il faut construire plus de logements tout court et plus de logements sociaux. Alors, plus de logements tout court, le quinquennat se termine finalement bien, puisqu'on a 2,2 millions de permis de construire sur la durée du quinquennat, tout logement confondu, c'est-à-dire plus que le quinquennat précédent. Sur les logements sociaux, on est en dessous de ce que nous avons à faire. On a un rebond cette année, plus 8%, mais je reconnais que c'est insuffisant.

Le point positif, c'est qu'on a un joli rebond sur les logements très sociaux, parce que dans le logement social, il y a plusieurs gammes de logements sociaux, et les plus sociaux, eux, se maintiennent pas trop mal. Mais c'est sûr qu'il faut aller plus loin. Et sur ce sujet, on a aussi besoin d'une meilleure mobilisation des bailleurs sociaux et d'une clarification des responsabilités avec les communes. Parce que finalement, ce sont les communes qui donnent les permis de construire et qui valident l'implantation de logements sociaux.

Et d'ailleurs, là où les aides à la pierre sont déléguées, c'est-à-dire là où les subventions sont données par les métropoles dans les grandes villes, c'est là qu'on en fait le moins. Donc, cette répartition, que doit faire l'État, que doivent faire les communes, je crois qu'il faudra la re-questionner pour la suite. – Christophe Robert, la fondation de la pierre.

14:31
Invité

– Moi, je partage l'ambition, Madame la Ministre, mais il faut dire les choses telles qu'elles sont. On a financé 95 000 logements cette année, en 2021, 88 000 l'année précédente. La crise est aussi passée par là. Mais quand même, quand on regarde les projections, du fait des coupes dont je parlais tout à l'heure, parce qu'il y a eu des coupes très importantes, de l'ordre de plusieurs milliards d'euros sur le quinquennat, sur la capacité des bailleurs sociaux de construire.

Ce que dit la Caisse des dépôts, qui fait des projections, elle dit, du fait de ces coupes, on devrait être en capacité, les bailleurs sociaux devraient être en capacité, alors bien sûr, il faut que les collectivités aussi se mobilisent, mais les bailleurs sociaux devraient être en capacité de produire 100 000 logements sociaux à moyen-long terme, du fait de ces coupes. C'est-à-dire qu'on a amputé une partie de la capacité d'agir des bailleurs sociaux. Donc, si on veut partager, et je partage avec vous cette ambition-là, nous, on pense qu'il en faut 150 000 logements sociaux, eh bien, il va falloir renoncer à ces coupes.

Normalement, elles se terminent fin 2022, il faut que le débat maintenant présidentiel nous dise quels moyens on va mettre sur la table, on arrête les coupes, on remet des moyens financiers de l'État pour se mettre en situation de produire 150 000 logements sociaux par an.

15:32
Présentateur

Est-ce qu'il y a la responsabilité aussi des communes, puisque justement, il y a la loi SRU qui leur impose d'avoir 25% de logements sociaux sur leur territoire, et combien de villes ne respectent pas cette loi ?

15:43
Invité

La moitié, à peu près, n'ont pas atteint leurs objectifs. Parce qu'elles ne le peuvent pas ou parce qu'elles ne le veulent pas ? Non, là, on parle des communes qui sont identifiées par le législateur, qui n'ont pas 20 ou 25% de logements sociaux selon les territoires. D'abord, c'est une bonne loi. Depuis 2000, l'année 2000, qu'elle a été adoptée, elle a produit la moitié des logements sociaux en France. Donc, elle permet aussi de mieux répartir, pour ne pas que ce soit d'un côté 80% de logements sociaux, et la ville qui jouxte a 10% de logements sociaux. Donc, c'est une bonne nouvelle. Maintenant, il faut aller plus loin. Le gouvernement a soutenu cette loi.

Et je crois que les ministres successifs de ce quinquennat l'ont soutenu. Le président de la République l'a soutenu. La moitié des communes n'atteignent pas leurs objectifs. Donc, il faut aller plus loin pour les contraindre. Par exemple, il y a des pénalités qui peuvent être augmentées par 5 par les préfets. Il y a peu d'endroits où ça a été fait. Il faut aller encore un petit peu plus fort sur cette loi, qui est une loi de la République majeure.

16:33
Invité politique

C'est une loi de la République majeure. Et c'est ma fierté, celle de ce gouvernement et de cette mandature, que de l'avoir prolongée. Puisque cette loi s'arrêtait en 2025. Et nous venons d'avoir un accord entre l'Assemblée et le Sénat pour rendre cette loi permanente. L'accord a été trouvé il y a quelques jours. Donc, cette mandature laissera aussi dans son bilan le fait d'avoir assuré le maintien de cette obligation donnée à toutes les communes de construire 20 ou 25% de logements sociaux. Sur les sanctions ? Sur les sanctions, nous avons été très fermes dans cette mandature sur les sanctions. Nous avons aussi besoin de trouver le mode d'accompagnement des communes.

Parce que dans celles qu'ils ne respectent pas, il y en a un certain nombre qui, en fait, ne veulent pas construire du logement social. C'est finalement pas la majorité. Il y en a un certain nombre qui disent que c'est trop compliqué ou que c'est difficile à financer pour elles, pas pour les bailleurs. Et dans la loi de finances de cette année, nous redonnons des moyens aux communes qui accueillent les logements sociaux en leur compensant une exonération de taxes qui n'était pas compensée jusqu'à présent. Donc, on leur redonne les moyens. Sur la construction de logements sociaux, je pense que c'est un point de désaccord que j'ai avec Christophe Robert.

Je ne crois pas que ce soit un problème de moyens des bailleurs sociaux. Je suis convaincue, moi, que les moyens des bailleurs sociaux ont été reconstitués par des aides de la Caisse des dépôts, par des aides d'action logement. Et que ce n'est pas parce que les bailleurs sociaux n'ont pas d'argent qu'on ne construit pas de logement social. C'est parce que le système de la construction a du mal à se débloquer entre une grande frilosité des communes et la nécessité d'être beaucoup plus volontariste. Donc, sur ce point, je pense qu'on n'est pas en accord.

18:05
Présentateur

Emmanuel Vargon, ministre du logement Christophe Robert, qui confirme qu'il n'est pas d'accord avec vous, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. La suite de ce débat dans un instant. Le temps du fil info, 8h51, mise à Guyenne. Un soulagement pour les anciens malades du cancer. Olivier Véran promet que le droit à l'oubli va passer de 10 à 5 ans d'ici la fin du quinquennat. Le Parlement étudie cet amendement à partir de demain. Et s'il est validé, ça voudra dire que les patients guéris depuis plus de 5 ans n'auront plus à déclarer leur maladie à leurs assurances.

Un policier de la BAC de Montpellier, gravement blessé hier soir, percuté par le conducteur d'une voiture signalée comme volée alors qu'il tentait de l'arrêter. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, suit attentivement la situation. C'est ce qu'il écrit sur Twitter ce matin. 4 ans de prison, dont 2 ans fermes requis contre l'ancien patron du Medef, Ernest-Antoine Selyère, soupçonné avec 13 autres prévenus d'avoir empoché 300 millions d'euros non déclarés au fisc grâce à un montage financier en 2007. Il devait être interdit de rouler à Paris et sa banlieue dès l'été prochain.

Mais les conducteurs de voitures polluantes avec une vignette Critère 3 bénéficient finalement d'au moins 6 mois de sursis. Le Grand Paris reporte la mesure au plus tôt à début 2023. Plus d'un million deux cent mille véhicules sont concernés rien qu'en Ile-de-France. France Info

19:22
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Salia Braquia Marc Fauvel

19:26
Présentateur

Toujours avec la ministre du logement. Pardon Salia, je vous ai coupé la parole. Emmanuel Vargon, tu peux continuer. Et Christophe Robert, le délégué général de la fondation Abbé Pierre. Je voulais qu'on dise un mot, si vous le permettez, des locations de type Airbnb. Est-ce que ça joue aujourd'hui dans la crise du logement ou est-ce que c'est anecdotique, Christophe Robert ?

19:45
Invité

Non, ça joue beaucoup. Vous savez, il y a des villes qui se battent pour produire du logement social alors qu'il en manque. On vient de l'évoquer avec la loi SRU. Donc vous produisez 5 000 logements par an, 7 000 logements sociaux par an dans une ville pour répondre aux besoins de nos concitoyens les plus fragiles. Et pendant ce temps-là, vous avez 20 000, 30 000 logements qui partent sur la location longue durée.

20:03
Présentateur

Donc on remplit le tonneau des Danaïdes, si je vous suis bien.

20:06
Invité

Oui, c'est pour ça qu'il faut de la régulation. C'est-à-dire que que des propriétaires louent quelques mois, quelques semaines par an, ça, c'est pas un souci. C'est quand ça devient un business. C'est-à-dire que des investisseurs vont acheter 10 logements et vont les louer toute l'année. Et donc là, il y a des mesures nouvelles qui commencent à être possibles de prendre pour contraindre et faire qu'en fait, on rentre dans les locations touristiques. C'est-à-dire qu'on ne dise pas, en fait, c'est un logement lambda. Non, ce n'est pas un logement lambda, ça devient un business.

Et donc il faut l'encadrer, il faut le fiscaliser aussi pour que cette fiscalité puisse nous servir à produire du logement social, à répondre à des besoins sociaux. Donc on a été débordé pendant de nombreuses années, mais pas que nous, les grandes capitales européennes sont concernées par ce problème-là. On commence à avoir des outils européens ou français juridiques pour pouvoir cadrer. Maintenant, il faut du volontarisme politique et puis il faut des moyens de les faire appliquer à ces plateformes pour qu'on reste dans quelque chose qui soit de l'ordre du raisonnable.

20:56
Présentateur

Le volontarisme politique, Emmanuel Wargon, c'est quoi ? C'est limiter les nombres de jours ou les logements qui peuvent être mis à disposition pour Airbnb dans chaque ville ?

21:06
Invité politique

Mais c'est un sujet sur lequel on a fait preuve, justement, mais Christophe Robert le disait, de volontarisme précisément pour ne pas dévoyer le système. En fait, Airbnb, tant que vous êtes dans votre résidence principale et que vous louez ponctuellement, ça reste votre résidence principale, vous ne sortez pas des biens du marché. Si, finalement, vous décidez d'acheter un bien pour que ça devienne de la location touristique tout le temps, en multipliant les séjours, là, dans ce cas-là, cet appartement ou cette maison qui pourrait accueillir une famille, ça devient juste un bien touristique.

21:34
Présentateur

Est-ce qu'on arrive simplement d'abord à chiffrer ce phénomène ? Est-ce qu'on sait aujourd'hui combien d'appartements ont été achetés pour être loués sur ces plateformes ?

21:39
Invité politique

Justement, on a commencé à donner des outils aux villes. Le premier, c'est d'obliger les plateformes à bloquer les locations au-delà de 120 jours. Elles ne le faisaient pas jusqu'à présent. 120 jours, c'est la durée maximale pour louer dans le format Airbnb.

21:53
Présentateur

Ce qui est énorme, hein ?

21:54
Invité politique

Ce qui est déjà beaucoup, mais 120 jours...

21:56
Présentateur

J'essaie de mettre dans la... Si on peut louer son logement pendant 120 jours, ça fait 3, 6, 9, 12, 4 mois. Ça fait 4 mois. Ça suppose déjà qu'on a 4 mois de vacances.

22:02
Invité politique

Ça fait l'été et puis éventuellement pendant les vacances scolaires. Mais en tout cas, ça reste un logement qui, le reste du temps, est occupé par une famille. Maintenant, les plateformes bloquent. Et puis surtout, on a permis aux villes d'exiger un numéro d'enregistrement et que ce numéro d'enregistrement permette de demander une contrepartie au propriétaire. En gros, si un propriétaire met en location un bien tout le temps, il doit, si la ville le décide, c'est ce que fait la ville de Paris, par exemple, mais d'autres le font aussi, mettre sur le marché d'autres biens en vraie location familiale.

Et du coup, ça permet d'aller négocier ou imposer plutôt au propriétaire une contrepartie, une compensation si un propriétaire décide de gagner de l'argent avec de la location touristique. Et donc, on commence à avoir les outils de régulation. Il faut effectivement faire attention parce qu'il ne faut pas laisser s'installer un système dans lequel on met en concurrence la location secondaire touristique et la location ou l'accès à la propriété pour les habitants. Parce que ça, c'est une tension qui, voilà, qui est une tension problématique. Il faut garder des logements pour les vrais habitants, pour les gens qui travaillent tous les jours et qui vivent tous les jours.

23:04
Présentateur

Il y a un dernier sujet sur lequel on voulait s'attarder, c'est la situation des étudiants, le mal logement des étudiants. Le CRUS ne gère que 172 000 logements pour 700 000 étudiants boursiers à loger en priorité. Comment on remédie à la situation ?

23:20
Invité

D'abord, dire une chose quand même. On l'a vu particulièrement pendant les confinements, une partie des étudiants souffre profondément. On a sorti un sondage il y a quelques semaines qui montre que les jeunes, pour un tiers d'entre eux, sollicitent des aides alimentaires. Vous vous rendez compte ? La France, un pays riche, où vous avez des jeunes, notamment des étudiants, qui sont obligés de taper à la porte des distributions alimentaires pour s'en sortir. Il y a un moment où il faut quand même qu'on prenne conscience de ce que ça signifie.

Évidemment, la question du logement, puisque c'est le premier poste de dépense des ménages, on l'a dit, et c'est ce qui coûte le plus cher, est extrêmement difficile. Alors, vous avez les jeunes qui peuvent bénéficier de la solidarité familiale. Super, tant mieux. Mais il y a ceux qui sont en rupture familiale, il y a ceux pour lesquels les parents ne peuvent pas les aider. Et là, il faut impérativement qu'on produise beaucoup plus de logements étudiants. L'objectif du gouvernement, c'était 60 000 logements étudiants à la fin de l'année. On sera à 30 000.

Vous voyez, on est encore sur une ambition qui est bonne, on est encore sur un diagnostic qui est bon, mais on voit bien qu'on ne met pas les bouchées doubles. Juste un point, aussi puisque vous parlez des jeunes. On s'est battus tout le quinquennat, nous, avec le collectif Alerte, le Pacte du Pouvoir de Vivre, pour demander à ce qu'enfin, pour les jeunes qui sont en rupture familiale, il y ait le RSA au moins de 25 ans. Ça n'est toujours pas le cas. Un droit ouvert. Il y a un moment où il faut qu'on regarde en face cette jeunesse qui souffre et qu'on leur apporte quelque chose, qu'on leur tende la main, qu'on leur dise « Oui, oui, nous, on va t'aider pour pouvoir te projeter dans la vie. »

24:43
Présentateur

Une minute pour conclure, Emmanuel Vargon, et pour répondre à Christophe.

24:46
Invité politique

Sur le logement étudiant, on a besoin de plus de logements étudiants. En fait, on en a bien produit 60 000 pendant le quinquennat, mais dans les 60 000, il n'y a pas que des logements sociaux aidés, il y a aussi des logements libres, et ces logements libres, ils sont parfois trop chers. Les logements sociaux, ils sont autour de 35 000.

24:59
Invité

Oui, les logements libres, oui.

25:00
Invité politique

Donc, on a une aide fiscale sur les logements libres que moi, je voudrais re-questionner, parce que ce n'est pas forcément une bonne idée d'aider fiscalement des gens qui produisent du logement qui, en fait, est trop cher. Après, sur les jeunes en rupture, on a une belle avancée qui est le contrat d'engagement jeunesse. Ce contrat d'engagement jeunesse, c'est la suite des mesures d'insertion avec une allocation.

Et on travaille sur un parcours pour les jeunes en rupture, les jeunes que vous connaissez et moi aussi, les jeunes à la rue, les jeunes que les maraudent voient, les jeunes qui sont en centre d'hébergement pour leur ouvrir à la fois une allocation et un parcours d'insertion parce qu'in fine, l'entrée dans la société, c'est les études ou l'emploi. Et ça, c'est un vrai progrès de ce quinquennat.

25:36
Invité

Oui, Madame la Ministre, juste, OK, pour les 400 000 qui vont pouvoir en bénéficier, c'est une bonne nouvelle. Mais ce n'est pas un droit ouvert, c'est pour 12 mois ou 18 mois. Nous, on vous parle d'un droit ouvert, une protection. On est les seuls pays européens où il n'y a pas cette protection avec un droit ouvert pour les jeunes de moins de 25 ans. On va commencer avec 400 000. C'est déjà bien.

25:51
Invité politique

Je pense qu'on ira plus loin.

25:52
Présentateur

Oui, mais il faut y aller très vite. Et nous, on va s'arrêter là, si vous le permettez. Merci à tous les deux. Emmanuel Vargon, ministre du Logement, Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui publie donc aujourd'hui son 27e rapport annuel. On vous laisse puisque vous allez auditionner quelques-uns des candidats tout à l'heure à cette occasion. Merci, bonne journée à tous les deux. Merci à vous. Merci.