“Accélérer l'électrification de la France” : Sébastien Lecornu annonce de nouvelles mesures
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteÉludée
Est-ce que tout cela est crédible ?
- 0:32OuverteRéponse directe
Est-ce que le plan présenté hier par Sébastien Lecornu vous paraît crédible, à vous, sur le terrain ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Quand on est artisan du bâtiment, qu'est-ce qu'on entend concrètement derrière cette annonce ?
- 2:46RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est une direction claire pour vous ? Est-ce que c'est crédible ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on en a vraiment la capacité industrielle et artisanale pour monter en charge à ce rythme-là ?
- 5:52OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à force de changer les règles, on ne désorganise pas aussi les entreprises au lieu de les embarquer vers un horizon commun ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53InvitéFait
« hier soir, on entend le Premier ministre qui nous donne des éléments définitifs et très dogmatiques. »
- 2:25PrésentateurChiffre
« d'ici à 2030, le soutien à l'électrification sera multiplié par deux et passera à 10 milliards d'euros par an. »
- 2:34PrésentateurFait
« Le signal le plus fort, c'est la fin annoncée des chaudières à gaz dans les bâtiments neufs. »
- 4:17InvitéPromesse
« Nous, on demande de baisser le taux de TVA sur la rénovation de 10 à 5 points. »
- 4:35PrésentateurChiffre
« C'est 1 million de pompes à chaleur par an qui seront installées d'ici à 2030. »
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Il est 8h20 sur Sud Radio et à la une ce matin, les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu pour, je cite, « tirer les leçons de la crise » avec quelques annonces que déjà beaucoup ont jugées timides et quelques promesses d'investissement. Et la question qu'on se pose ce matin, elle est toute simple. Est-ce que tout cela est crédible ? Bonjour Jean-Christophe Répond. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, président de la CAPEB, qui est la Confédération de l'Artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Ça tombe bien, vous êtes l'invité idéal ce matin Jean-Christophe Répond.
D'abord, on va mettre les pieds dans le plat sur le principe « réduire notre dépendance au pétrole et au gaz importé ». Bon, tout le monde peut le comprendre, mais est-ce que le plan présenté hier par Sébastien Lecornu vous paraît crédible, à vous, sur le terrain ?
Il ne nous paraît pas adapté. Pour vous dire le off de comment ça se prépare, hier matin, nous étions encore avec le gouvernement à parler dans un groupe de travail sur l'électrification et la direction et la trajectoire qu'on pourrait prendre communément ensemble. Et puis hier soir, on entend le Premier ministre qui nous donne des éléments définitifs et très dogmatiques. Et ce qu'on réclame depuis plus de deux ans, parce que l'événement de crise énergétique a existé déjà lors de la guerre d'Ukraine, était vraiment une trajectoire plus nuancée et atteignable et plus proche du marché, de la réalité du marché. Là, nous demandons une confiance.
C'est un peu utopiste et surtout pas positif pour mettre un climat de confiance dans un marché qui est à tonne depuis plus de deux ans, puisque le marché de la pompe à chaleur est dynamisé depuis plus de deux ans et il ne décolle pas. Et donc, nous, ce qu'on demande aux ministres, c'est de donner une trajectoire qui soit compréhensible par le grand public, qui ne fasse pas de l'éco-délinquance et donc des effets d'aubaine pour des entreprises qui viennent juste capter l'argent, puisque j'ai cru comprendre qu'il y avait pas mal d'argent maintenant pour aider la pompe à chaleur, et qui ne donnent pas de résultats.
Et donc, nous, ce qu'on demande, c'est un climat de confiance et une trajectoire qui donne la route. Donc, bien évidemment qu'on est d'accord avec le constat, et on ne peut être que d'accord avec le constat, mais on n'est pas vraiment d'accord sur la réalité de l'opportunité d'y arriver. Quand on fait une annonce en disant « le gaz est fini en 2026 », le grand public entend « plus de gaz en 2026 ». Ils n'entendent pas « plus de gaz dans le neuf », etc. Et donc, on a beaucoup de nos collègues, dont c'est le métier quand même, qui apprennent que dans un an, dans le neuf, il n'y aura plus de gaz. Vous comprenez que nous, quand on demande une confiance...
Et ça, on va y venir petit à petit. Vous parlez du flou artistique du Premier ministre. En effet, hier, globalement, l'annonce qu'on a retenue, c'est « d'ici à 2030, le soutien à l'électrification sera multiplié par deux et passera à 10 milliards d'euros par an ». Le signal le plus fort, c'est la fin annoncée des chaudières à gaz dans les bâtiments neufs. Quand on est artisan du bâtiment, qu'est-ce qu'on entend concrètement derrière cette annonce ? Et c'est une direction claire pour vous ? Est-ce qu'à nouveau, elle est crédible ? Ou c'est à nouveau, quand même, une secousse réglementaire qui n'a rien à voir avec la réalité du marché que vous évoquiez ?
On trouve que c'est une secousse réglementaire. Et quand on est, nous, dans le désarroi depuis plus de deux ans, je vous dis, on demande, nous, au Premier ministre, un plan de sauvegarde de l'emploi dans l'artisanat du bâtiment. On demande de l'activité, pas d'aide, de l'activité. Et quand on est artisan plombier et qu'on fait du gaz, on entend « Demain, ton métier, il aura disparu, alors peut-être pas 26, mais en 2030, il aura quasiment disparu ». On comprenait bien qu'on est dans le désarroi. Hier après-midi, on a fait une réunion avec l'ensemble de nos adhérents sur la détresse mentale et la dépression pour les accompagner dans une période de crise et de perte d'emploi.
Et on entend hier soir à la radio, dans une volonté de trouver une trajectoire, « Vous n'aurez plus de boulot pour les gaziers demain en France ». C'est quand même assez violent et dans un calendrier qui ne correspond pas à la réalité économique et factuelle du marché. Et donc, moi, j'aurais aimé plus de nuances et trouver ensemble, comme on avait fait hier matin, c'était assez dur quand on fait une réunion de travail vendredi matin pour parler de sobriété énergétique, d'isoler les bâtiments et de trouver la trajectoire. Dans le temps de soir même, posons des pas que nous avons sauvé la France pour rapport à la dépendance énergétique du Moyen-Orient.
Ce n'est pas audible et ce n'est pas ce que demandent les artisans dans la détresse qu'ils ont actuellement. Nous, on demande de baisser le taux de TVA sur la rénovation de 10 à 5 points pour redonner du pouvoir d'achat aux particuliers, pour redonner de l'activité et pour redonner de la confiance au marché. Et là, ces essais d'annonce ne donnent pas la confiance au marché.
Le gouvernement veut aussi pousser les pompes à chaleur françaises. C'était au début de notre conversation qu'on a évoqué ce sujet. Est-ce qu'on en a vraiment la capacité industrielle et artisanale pour monter en charge à ce rythme-là ? À ce rythme-là, ça me paraissait excessif. Parce qu'on le rappelle, c'est 1 million de pompes à chaleur par an qui seront installées d'ici à 2030.
C'est surtout un appel à l'éco-délinquance. C'est en gros quand on a la volonté de basculer. L'éco-délinquant qui va venir capter un marché qui va être plutôt aidé et qui va venir chercher de la subvention plutôt que de la technicité, de la compétence. Nous, nos artisans dans l'ensemble du territoire, ils ne font pas le marché. Et décréter le marché de Paris ne fait pas le marché de la pompe à chaleur en France. On voit bien que depuis deux ans, l'État aide fortement la pompe à chaleur. Et le marché ne décolle pas. Donc le marché se met en confiance. Il ne se décrète pas en appuyant sur un bouton.
Il faut remettre en confiance des industriels, des artisans, des particuliers pour que le marché décolle vraiment. Le marché de la pompe à chaleur, il est quand même bien plus coûteux qu'une chaudière. Et la réalité économique, c'est que ce marché ne décolle pas parce qu'il est un peu plus honoureux et que le Français ne voit pas plutôt la facture énergétique qu'il doit payer, mais plutôt l'engagement et le financement qu'il doit trouver. Et c'est ça qu'on doit construire ensemble, le financement total en dehors des subventions de ce marché-là.
Jean-Christophe, vous qui êtes le président de la CAPED, donc de la Confédération de l'Artisanat et des petites entreprises du bâtiment, il y a peut-être un angle dont on va moins parler dans les prochaines heures, c'est qu'on le sait, le bâtiment a besoin de stabilité. Est-ce qu'à force de changer les règles, on l'a vu notamment avec la prime rénov' où on accélérait, on arrêtait, on remettait en marche, les calendriers aussi, les priorités, est-ce qu'on ne désorganise pas aussi les entreprises au lieu de les embarquer vers un horizon commun ?
On met un climat de défiance dans le marché, mais je pense que le marché, il est fait prioritairement par les particuliers, par ce qu'ont entendu hier soir à la télé, l'ensemble des Français et la crainte que ça engage. Je suis au gaz, du coup, demain, j'aurai plus la possibilité d'eux, il faudra que je bascule sur un investissement de l'électrique, etc. C'est ce marché-là qui se crée par la confiance et qui se crée par une bonne intelligence entre les acteurs. Nous, artisans, on aimerait bien pouvoir donner un sens au marché. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. Et ce n'est pas le ministre qui décide le marché. C'est les clients et c'est les habitants.
C'est les clients, c'est le pouvoir d'achat, la capacité à, et la priorité pour chaque particulier de décider de son avenir énergétique. Et là, ces changements inséussants, même si le constat est partagé par la KPMN, évidemment, et si nous étions hier matin dans un cadre de groupe de travail sur l'électrification, c'est que, bien évidemment, on est persuadés de que cette souveraineté est essentielle pour la France et essentielle, de même, pour les particuliers, pour gagner du pouvoir d'achat.
Mais il faut le construire intelligemment, pas à pas, pas avec des effets d'annonce comme on a eu hier soir, me semble-t-il, qui ne vont pas donner l'effet espéré, dans une période où, vraiment, les artisans sont dans une grande détresse depuis plus de deux ans, avec une description de 30 000 emplois.
Les différents chocs, et on le disait, les différents chocs, notamment énergétiques, qui obligent à repenser et à prendre des décisions. Donc, constat lucide et enjeu, peut-être, à retravailler. Merci beaucoup, Jean-Christophe Repon, d'avoir été avec nous, président de la CAPEB, la Confédération de l'Artisanat et des petites entreprises du bâtiment, pour débriefer les nombreuses annonces de Sébastien Lecornu, qui, en effet, ont fait beaucoup réagir, et vous ont peut-être, vous, amis auditeurs, inquiété dans un instant.