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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 2 novembre 2021 10 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleCulture, médias & sport

Le petit faible de Jean-Pierre Raffarin pour Emmanuel Macron - C à Vous - 02/11/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:07OuverteRéponse directe

    Un président sans majorité à l'Assemblée nationale, c'est un peu le scénario que vous êtes en train de dessiner pour le printemps prochain ?

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Vous seriez même prêt à ce qu'on décale définitivement les législatives de deux années par rapport à la présidentielle ?

  • 3:37OuverteRéponse directe

    Vous dites d'ailleurs que le gouvernement d'Emmanuel Macron est composé de membres trop connus du grand public.

  • 5:02OuverteRéponse directe

    Vous dites que la cohabitation oblige le président à rester sobre. La sobriété, ça c'est un des secrets du leadership que vous développez dans ce livre.

  • 6:39OuverteRéponse directe

    Donc vous louez la sobriété d'Angela Merkel et vous consacrez d'ailleurs un chapitre à choisir un chef, mais pourquoi pas choisir une chef ?

  • 7:35OuverteRéponse directe

    Mais justement, il y a une femme qui, pour vous, pratique le défaut, finalement, masculin, c'est cette volonté de toujours mettre en avant sa puissance.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08Invité politiqueFait
    « On le voit, la COP, le G20, le contrat pour les jeunes, il est présent sur tous les dossiers. »
  • 0:36Invité politiqueFait
    « Souvenons-nous, vous qui connaissez la politique par cœur, que la deuxième élection législative d'un président ne se passe pas toujours facilement. »
  • 0:44Invité politiqueFait
    « Le général de Gaulle en 67, Mitterrand en 88. »
  • 0:54InvitéFait
    « Avec une anomalie qu'on a peu soulignée, c'est que les législatives seront plus tardives après la présidentielle l'an prochain que d'ordinaire. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « J'avais, pendant les manifestations des Gilets jaunes, j'étais passé devant une banque, j'ai vu deux personnes mettre le feu à une banque. »
  • 2:21Invité politiqueFait
    « Mais ce qui m'a surpris et terrassé, c'est de voir mille personnes applaudir. »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « Et cinq ans durant, les gens ont l'impression qu'ils sont hors du jeu. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Mais je pense que comme il n'y a plus de cumul des mandats, comme il n'y a plus de maires, de présidents de régions, de présidents de départements, de gens très enracinés qui sont très connus, au moins dans leur propre territoire, aujourd'hui, tout ça n'existe pas. »
  • 5:57Invité politiqueFait
    « Mais dans cette forme de leadership, il est plus sobre, il est plus pragmatique, il est plus empirique, il est moins communiquant. »
  • 7:01Invité politiqueFait
    « Très souvent, dans le 8 mars, pour le jour de la fête des femmes, on voit des papiers en disant « Non, il n'y a pas de leadership féminin ». »
  • 8:21Invité politiqueFait
    « Mais là, elle est typiquement dans une attitude de rapport de force très masculin. »

Temps de parole

  • Jean-Pierre Raffarin66 %
  • Présentateur12 %
  • Invité10 %
  • Invité 26 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 33 %

5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Jean-Pierre Raffarin

Pour En Marche et pour cette équipe du président de la République, il y a un vrai leadership. Il a montré ses aptitudes, ses capacités à être sur tous les fonds. On le voit, la COP, le G20, le contrat pour les jeunes, il est présent sur tous les dossiers. Mais derrière, il n'y a pas d'organisation où, en tout cas, il y a une grande fragilité de sa structure politique. Donc, ça veut dire que les choses peuvent être difficiles. Moi, personnellement, aujourd'hui, si on avait une situation politique qui serait ressemblante de ce qu'elle est aujourd'hui, je dirais qu'il est très bien placé pour la présidentielle, mais que pour les législatives, c'est loin d'être gagné.

Souvenons-nous, vous qui connaissez la politique par cœur, que la deuxième élection législative d'un président ne se passe pas toujours facilement. Le général de Gaulle en 67, Mitterrand en 88. Mitterrand a besoin des centristes pour gouverner, il appelle Rocard pour faire ce job. Donc, l'effet vague qu'on connaît à la première élection, on ne la connaît pas forcément.

0:54
Invité

Avec une anomalie qu'on a peu soulignée, c'est que les législatives seront plus tardives après la présidentielle l'an prochain que d'ordinaire. Parce que les législatives ont été maintenues en juin, alors que la présidentielle a été avancée deux à trois semaines par rapport au calendrier habituel.

1:07
Présentateur

Un président sans majorité à l'Assemblée nationale, c'est un peu le scénario que vous êtes en train de dessiner pour le printemps prochain. On a déjà connu ça, ça s'appelle la cohabitation. Exemple, celle qu'a connue la France entre 1997 et 2002. L'atmosphère était glaciale ce matin entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, qui se sont à peine salués dans le hall de leur hôtel.

1:27
Invité

Le ministre, allez-vous, le ministre, comment on va y aller ? Absolument.

1:32
Présentateur

La marche commune vers le Conseil européen à travers les jardins a eu lieu sans qu'un seul mot soit échangé entre le président et son premier ministre. Dans la salle de conseil, Jacques Chirac n'adresse pas non plus la parole à Lionel Jospin. Bon, une ambiance glaciale en l'occurrence, mais ça ne vous laisse pas un si mauvais souvenir que ça, la cohabitation. Vous seriez même prêt à ce qu'on décale définitivement les législatives de deux années par rapport à la présidentielle, quitte à provoquer une cohabitation quasi systématique.

2:00
Jean-Pierre Raffarin

Oui, je pense ça. Parce qu'en fait, je suis très préoccupé par la montée de la violence. Et la violence vient en général du fait que la politique perd de la légitimité. Elle n'a pas suffisamment de légitimité. J'avais, pendant les manifestations des Gilets jaunes, j'étais passé devant une banque, j'ai vu deux personnes mettre le feu à une banque. Ça m'a effrayé, mais c'était deux agités. C'est pas la première fois que je voyais des agités. Mais ce qui m'a surpris et terrassé, c'est de voir mille personnes applaudir. C'est-à-dire que cette violence, elle était légitimée. Ce qui me préoccupe dans nos institutions, c'est qu'au fond, on vote pour un président qui fait élire une assemblée.

Et cinq ans durant, les gens ont l'impression qu'ils sont hors du jeu. Et je crois qu'on aurait des midterms, un peu comme aux États-Unis, à mi-parcours des élections législatives. On donnerait au Parlement une vraie légitimité. Et au pays, une campagne permanente. Et au pays. Mais on est en campagne permanente dans les démocraties modernes, les journaux d'information, etc. Les télévisions, les internets et toutes nos nouvelles technologies font qu'on est en campagne permanente. Et je pense vraiment qu'un président qui serait élu, il sait qu'il a deux ans et demi pour aller vite. Il faut qu'il aille vite. Et en effet, on sait bien que les principales réformes sont faites en début de mandat.

Il faut les faire très vite. Et donc moi, je pense qu'il faut redonner de la légitimité au Parlement. Il faut rééquilibrer. Car aujourd'hui, la puissance présidentielle est trop pesante sur notre vie politique. Et donc, il devient la cible. Il décide de tout. Et donc, naturellement, à un moment, il a beaucoup d'opposition. Et l'élection présidentielle, c'est pour ou contre le président ? Notre démocratie doit vivre avec d'autres aspirations. Et il nous faut un Parlement. Et un Parlement qui ait sa propre légitimité. Et là, les députés En Marche, ils n'ont pas de légitimité puissante. C'est la légitimité du président.

3:37
Présentateur

Vous dites d'ailleurs que le gouvernement d'Emmanuel Macron est composé de membres trop connus du grand public. Vous racontez prendre le train. Voir arriver à un membre important du gouvernement dans le train, accompagné de conseillers, dans l'indifférence générale.

3:50
Jean-Pierre Raffarin

Absolument.

3:51
Présentateur

Alors que vous, vous provoquiez des émeutes quand vous prenez le train, Jean-Pierre Raffarin.

3:54
Jean-Pierre Raffarin

Il ne faut pas exagérer. Il ne faut pas exagérer. Mais enfin, on cherchait les sympathis. Quand on voyait quelqu'un qui avait un petit sourire, on allait l'embrasser sur les deux joues pour lui dire...

4:01
Invité

Là, personne ne les connaissait.

4:03
Jean-Pierre Raffarin

Non.

4:04
Invité

Mais c'était au début. C'est normal. Édouard Philippe, par exemple, au début, je me rappelle, personne ne le connaissait. Et puis finalement, il est devenu très populaire.

4:11
Jean-Pierre Raffarin

Mais je pense que comme il n'y a plus de cumul des mandats, comme il n'y a plus de maires, de présidents de régions, de présidents de départements, de gens très enracinés qui sont très connus, au moins dans leur propre territoire, aujourd'hui, tout ça n'existe pas. Ce qui fait qu'il y a quelques ministres qui ont une notoriété, qui sont enracinés, mais globalement, il y en a assez peu. En résumé, je pense qu'il faut relégitimer la politique, la lutte contre la violence. Pourquoi on a inventé la politique ? C'est pour le vivre ensemble. La politique est là pour remplacer la violence. Mais pour que la politique remplace la violence, il faut qu'elle soit légitime.

Et le député qui est élu parce que le président est élu et qui, cinq ans durant, donne le sentiment qu'on ne tient plus compte de l'opinion publique, ce n'est pas, aujourd'hui, suffisamment dans la respiration de nos sociétés. Donc je pense que dès l'élection législative, il doit être décalé de la présidentielle pour avoir une légitimité spécifique et puis pour donner une respiration au quinquennat.

5:02
Présentateur

Vous dites que la cohabitation oblige le président à rester sobre. La sobriété, ça c'est un des secrets du leadership que vous développez dans ce livre. Une sobriété médiatique qu'Emmanuel Macron n'a pas assez pratiqué, il ne s'est pas assez protégé. C'est quand même difficile alors des réseaux sociaux et des chaînes d'information d'adopter cette diète médiatique, cette sobriété médiatique. Il faudrait disparaître ?

5:25
Jean-Pierre Raffarin

Je pense qu'il faut ralentir parce qu'à ce moment-là, c'est ce dont parlait tout à l'heure Patrick Cohen qui est l'usure. C'est qu'au fond, il y a une forme de lassitude à un moment ou à un autre.

5:33
Présentateur

On a trouvé Emmanuel Macron ?

5:35
Jean-Pierre Raffarin

Et on voit que le président, il s'agit du président, il est dans ses techniques, dans ses attitudes, dans ses démarches, dans son vocabulaire. On sent qu'il est assez typé et que tout ça, il faut se protéger. Mais Nicolas Sarkozy avait à peu près le même défaut, c'est qu'au fond, c'est une surexposition. Et aujourd'hui, il faut plus de sobriété. Et je pense que, regardez en Allemagne, Mme Merkel, c'est un leadership féminin, c'est un sujet que je traite aussi parce que c'est différent. Mais dans cette forme de leadership, il est plus sobre, il est plus pragmatique, il est plus empirique, il est moins communiquant. Et je trouve qu'il faut faire très attention aujourd'hui.

On est dans des systèmes où finalement, la population, le peuple, a la vision d'une caricature. La personne qui s'exprime, ce n'est pas le président lui-même, c'est la caricature du président qui a été en partie faite par lui, par son jeu de communication, mais aussi par ses adversaires, par les médias. Et finalement, on s'éloigne un peu de la réalité. Donc je crois que la sobriété est une clé de la communication moderne.

6:39
Invité

Donc vous louez la sobriété d'Angela Merkel et vous consacrez d'ailleurs un chapitre à choisir un chef, mais pourquoi pas choisir une chef ? Deux F, point d'exclamation à la fin. Point d'exclamation parce que ce n'est pas du tout acquis, il faut oser.

6:55
Jean-Pierre Raffarin

Je pense d'abord qu'il faut se mettre d'accord sur une chose, c'est que leadership féminin, ça existe. Très souvent, dans le 8 mars, pour le jour de la fête des femmes, on voit des papiers en disant « Non, il n'y a pas de leadership féminin ». Et quand vous dites « Leadership féminin », vous enfermez encore les femmes dans un statut. Moi, je ne pense pas ça du tout. Je pense que le leadership masculin, plus provocateur, plus communiquant, est le leadership féminin plus empirique, mais plus, je dirais, concret, un peu moins idéologique. Ce qui ne veut pas dire que vous n'avez pas des femmes qui pratiquent un leadership masculin.

7:28
Invité

Oui, d'ailleurs, vous en parlez, vous dites d'ailleurs que les femmes, leur atout, ce n'est pas d'être dans la séduction, contrairement aux hommes. Mais justement, il y a une femme qui, pour vous, pratique le défaut, finalement, masculin, c'est cette volonté de toujours mettre en avant sa puissance. C'est Ségolène Royal. Exact. Quand vous dites « Le niveau n'est pas là », vous pensez aussi au Parti Socialiste ? Oui, mais... J'allais dire « Ça ne va pas, quoi ». Ça ne va pas. Oui, le niveau n'est pas là. Donc, espérons qu'il va y avoir un sursaut. Vous voterez quand même Anne Hidalgo ? Mais, attendez, moi, je ne réponds pas... Non, mais je veux dire, vous restez socialiste ? On verra.

On verra ce qui se passe. Moi, je voterai dans l'intérêt de la France. Ségolène Royal prête à ne pas voter socialiste pour le bien de la France. C'est un deux en an qu'elle nous fait, puisqu'elle lance un tacle à Anne Hidalgo, pas au niveau, et elle nous fait, là, la démonstration aussi de sa puissance, de sa liberté.

8:20
Jean-Pierre Raffarin

Exactement. Mais là, elle est typiquement dans une attitude de rapport de force très masculin. Est-ce que vous voyez Mme Lagarde ou Angela Merkel dire « Elle n'a pas le niveau d'une concurrente ». Cette attitude-là est une attitude assez bagarreuse, belliqueuse, provocante. Mais Ségolène Royal, elle est provocante. Et de ce point de vue-là, je ne la trouve pas dans un leadership de type féminin, où on cherche plutôt à être assez factuel, assez efficace, de délivrer, comme on dit aujourd'hui, d'avoir une gestion proche des réalités, et pas forcément des rêves. Elle, elle est dans le discours. Vous voyez, on verra le moment venu.

Ce ne sont que des phrases qui sont des phrases techniques qu'on apprend dans les cours de communication.

9:00
Invité

Est-ce qu'on peut rappeler aux téléspectateurs le long contentieux qui vous oppose à Ségolène Royal ? Mais bien sûr. J'en viendrai par un pour décrypter en sous-texte vos paroles. Ça faisait longtemps que vous n'avez pas entendu parler de Ségolène Royal. En poissons-charentes. Vous êtes toujours en verve.

9:15
Jean-Pierre Raffarin

Non, mais je respecte Ségolène Royal comme je respecte les réseaux. Elle est bien égratinée quand même. Oui, mais parce que je crois qu'elle est typiquement dans une logique d'audace, que certains appellent du culot, qui fait qu'elle est quelque chose d'assez différent. Ça peut être une qualité. Mais de mon point de vue, c'est plutôt une qualité. En matière de direction d'entreprise, de direction d'équipe. Mais pas en politique. Ça peut être en politique, mais c'est plus masculin que féminin.

9:41
Présentateur

Je ne sais pas si vous avez...