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REPLAY- Mouvement des "gilets jaunes" : discours du Premier ministre Edouard Philippe

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:28Edouard PhilippeChiffre
    « nous constaterons une hausse de 3% du SMIC net au 1er janvier, »
  • 3:10Edouard PhilippeChiffre
    « Depuis le début du mouvement, 4 de nos compatriotes ont trouvé la mort. »
  • 4:31Edouard PhilippePromesse
    « je suspends, pour une durée de six mois, »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Présentateur

Dizaines de milliers de Français expriment leur colère sur des ronds-points, sur des péages, près de zones commerciales ou dans les rues de nombreuses villes de France. Cette colère vient de loin. Elle a longtemps couvé, elle est souvent restée muette, par pudeur ou par fierté. Elle est aujourd'hui exprimée avec force et de façon collective. Cette colère, il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas la voir ni l'entendre. Comme le président de la République, comme les parlementaires, cette colère, je l'entends et j'en mesure à la fois la réalité, la force et la gravité. C'est la colère de la France qui travaille et qui travaille dur et qui peine à joindre les deux bouts.

La colère des Français qui sont le dos au mur, celles aussi des mères de famille qui élèvent seuls leurs enfants. Cette colère prend sa source dans une profonde injustice, celle de ne pas pouvoir vivre dignement du fruit de son travail, de ne pas pouvoir subvenir aux besoins de ses enfants alors que les journées de travail commencent tôt et finissent tard, surtout si l'on y ajoute le temps de transport.

Pendant ces dernières semaines, j'ai beaucoup consulté les partenaires sociaux, les élus locaux, les associations qui oeuvrent dans le domaine de la solidarité ou de l'environnement, les parlementaires aussi, les responsables de l'ensemble des formations politiques représentées au Parlement français. J'ai écouté les Français et leurs représentants. J'en tire deux premières conclusions. D'abord, les Français qui ont enfilé un gilet jaune aiment leur pays. Ils veulent que les impôts baissent et que le travail paye. C'est aussi ce que nous voulons. Ce sont aussi nos valeurs. C'est le cœur de l'engagement du président de la République.

Et si je n'ai pas réussi à l'exprimer, si la majorité a peiné à en convaincre les Français, c'est que je dois, que nous devons changer quelque chose. Nous avons déjà pris des mesures fortes sur le pouvoir d'achat, la baisse de la taxe d'habitation, la baisse des cotisations salariales. Avec la prime d'activité et l'augmentation légale du SMIC au 1er janvier, nous constaterons une hausse de 3% du SMIC net au 1er janvier, c'est-à-dire une des plus importantes de ces 25 dernières années. Notre objectif, c'est que le travail paye. Et nous avons bien entendu les Français qui nous demandent d'accélérer.

Je suis par ailleurs convaincu que si l'État doit rester fort et ferme, il est d'abord le garant de la paix publique. Fixer le cap et le tenir est une nécessité pour gouverner la France. Mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la nation. Depuis le début du mouvement, 4 de nos compatriotes ont trouvé la mort. Plusieurs centaines de citoyens, en particulier des membres de nos forces de l'ordre, ont été blessés, parfois gravement. Des menaces et des insultes s'expriment sans retenue contre les élus de la nation, contre les Gilets jaunes eux-mêmes. Cela ne ressemble pas à ce que nous voulons être. Ces violences doivent cesser.

C'est pourquoi, dans un souci d'apaisement, nous avons pris avec le Président de la République les décisions suivantes. En premier lieu, trois mesures fiscales devaient entrer en vigueur le 1er janvier prochain. La hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel. La convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence. Et enfin, pour les professionnels, l'alignement sur la fiscalité des particuliers, de la fiscalité du gazole, des entrepreneurs non routiers, ce que l'on appelle le GNR.

Après avoir entendu cette demande exprimée par à peu près tous les interlocuteurs que j'ai rencontrés au cours des consultations de ces derniers jours, je suspends, pour une durée de six mois, ces mesures fiscales. Elles ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes. Nous voulons, dans ce laps de temps, identifier et mettre en œuvre des mesures d'accompagnement justes et efficaces. Si nous ne les trouvons pas, nous en tirerons les conséquences. Ensuite, j'ai entendu l'inquiétude sur les modalités du contrôle technique qui le compliquent et le rendent plus cher. Là aussi, je suspends cette mesure pour une durée de six mois pour trouver les justes adaptations.

Enfin, les tarifs de l'électricité et du gaz, qui devaient augmenter en début d'année, n'augmenteront pas durant la concertation et donc pas durant l'hiver qui s'annonce. Ces décisions, des faits immédiats, doivent ramener l'apaisement et la sérénité dans le pays. Elles doivent nous permettre d'engager un vrai dialogue sur l'ensemble des préoccupations qui se sont exprimées ces dernières semaines. Il faut réfléchir ensemble au rythme de la transition écologique tout en en conservant son ambition. Nous devons lutter contre la pollution, lutter contre le changement climatique qui menace d'abord les plus faibles. Nous devons mieux accompagner les Français dans cette transition.

C'est un impératif. Le gouvernement a fait des propositions. Peut-être sont-elles insuffisantes ou inadaptées. Les solutions doivent être différentes dans les grandes villes et dans les campagnes. Parlons-en. Améliorons-les. Complétons-les. J'y suis prêt. J'ai par ailleurs demandé au ministre en charge de réunir les partenaires sociaux et les élus locaux pour étudier ensemble les meilleures manières d'aider les personnes qui travaillent loin de leur domicile. Réfléchissons à une meilleure prise en charge des transports, notamment hors des villes, par exemple sous la forme d'une prime mobilité. Mobilisons-nous avec les partenaires économiques pour investir plus vite dans le logement.

Les partenaires économiques et sociaux sont prêts à se saisir de ces questions. Je leur fais confiance pour trouver avec les élus locaux des solutions qui amélioreront effectivement la vie quotidienne des Français. Enfin, je veux ouvrir un large débat sur les impôts et les dépenses publiques. Il faut plus de transparence sur les impôts en France. Nos impôts et taxes sont les plus élevés d'Europe. Notre système fiscal est terriblement complexe et il est souvent critiqué parce qu'il serait injuste. Discutons des modifications qu'il faut lui apporter et rappelons des règles claires.

D'abord, si les événements de ces derniers jours ont démontré une chose, c'est que les Français ne veulent ni hausse d'impôt ni nouvelle taxe. Ensuite, si les impôts baissent, il faudra que les dépenses baissent car nous ne voulons pas léguer des dettes à nos enfants. Ces dettes sont déjà considérables. Cela s'applique dès à présent pour la suspension des taxes que je viens de décider.

Et nous devrons débattre du juste niveau du service public dans les territoires et notamment les territoires ruraux car ce que nous avons entendu, c'est une demande de plus de services publics, notamment dans les territoires qui ont été, au cours des dernières années, les plus affectés par cet appauvrissement de la présence des services publics. Cette concertation ne doit ressembler à aucune autre. Il y aura bien sûr un dialogue au niveau national, mais le débat doit aussi avoir lieu au plus près des Français, sur tous les territoires, dans leur diversité.

Nous travaillons pour définir une organisation appropriée qui permette à tous les Français qui le souhaitent de s'exprimer, en mobilisant les institutions qui sont les lieux naturels de concertation, en mobilisant les organisations syndicales et patronales, les organisations non gouvernementales, les associations, les collectivités locales, je pense bien évidemment aux maires, les parlementaires, bien entendu, en démultipliant les façons de participer avec des réunions locales, avec des conférences nationales thématiques, des sites internet et des débats à filmer. Ce débat commencera dès le 15 décembre et il se terminera pour le 1er mars.

Il devra déboucher sur des traductions concrètes dans la vie quotidienne de nos compatriotes. Un mot sur les manifestations. Tous les Français ont le droit de manifester. La liberté d'expression, la liberté de manifestation constitue en France des droits précieux, des libertés qui fondent notre pays. Mais tous les Français ont aussi droit à la sécurité, à circuler et à vivre normalement. Le gouvernement n'accepte pas les violences qui ont eu lieu samedi dernier contre les forces de l'ordre, contre les monuments nationaux, contre les bâtiments publics et contre les commerces. Ceux qui ont cassé ces lieux ont cassé les biens des Français.

Ce sont les impôts des Français qui seront utilisés pour réparer les dégâts et pour indemniser. Je veux dire de la façon la plus claire que les auteurs de ces actes sont recherchés et qu'ils seront punis. S'il y a une nouvelle journée de mobilisation samedi, elle doit être déclarée et elle doit se dérouler dans le calme. Le ministre de l'Intérieur mobilisera tous les moyens nécessaires pour faire respecter la loi et l'ordre. Et je voudrais dire à nos policiers, à nos gendarmes, tout à la fois mon admiration pour leur dévouement et leur sang-froid, mais aussi notre détermination à leur apporter tout le soutien nécessaire. Mes chers compatriotes, c'est maintenant le temps du dialogue.

J'ai la conviction profonde, ferme, ancienne, que quand on met des Français de bonne volonté autour d'une table et qu'on travaille sérieusement, on trouve des solutions. C'est ce que je vous propose de faire. Je vous remercie. Merci.

10:55
Locuteur

Merci. Merci.