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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 15 mai 2026 68 minContradictoireFond programmatiqueOutre-merInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesÉducation & recherche

Gabriel Serville, président de l'assemblée de Guyane

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 54 %Attaque 29 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Quels instruments de l'État pour la convergence économique entre ultramarins et hexagone ?

  • 44:00RelanceRéponse directe

    Pouvez-vous détailler le terme de 'politiques tardives' et donner des exemples concrets ?

  • 48:00OuverteRéponse directe

    Quels exemples de mobilité interne et d'inégalités face à l'éducation et la santé ?

  • 51:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation de l'accès à l'eau en Guyane et quelles attentes au niveau national/européen ?

  • 54:00OuverteRéponse directe

    Les classes bilingues sont-elles un outil contre l'illettrisme ? Existence et accueil ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que les classes bilingues sont un outil pour lutter contre l'illettrisme ou l'échec scolaire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Gabriel ServilleFait
    « il faudrait créer ces dynamiques de bilinguisme, de multilinguisme, de quadrilinguisme »
  • 6:00Gabriel ServilleFait
    « on va essayer de voir aussi comment faire pour adhérer à l'OTCA »
  • 8:00Gabriel ServilleFait
    « il y a certains qui ont pu regagner la Guyane dans le temps et puis il y a d'autres qui sont morts en France hexagonale »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

présent et de bien vouloir d'avoir répondu à notre invitation. Donc nous poursuivons nos travaux, les travaux de commission d'enquête en auditionnant monsieur Gabriel Serville, président de l'Assemblée de Guyane. Monsieur le président, je vous remercie d'avoir accepté notre invitation à vous exprimer.

Je vous rappelle que notre commission d'enquête a été constituée à la demande du groupe communiste républicain citoyen écologiste et canaki. Nos auditions ont débuté en février dernier et madame Corbia Inamzo en est la rapporteur. L'objectif de nos travaux est de comprendre la persistance voire l'accroissement des inégalités dans les outres Mir, notamment en matière de formation, d'emploi, de revenus, de partage de la richesse et de santé.

Nous citerions en saisir les causes profondes à la fois entre les territoires ultramarins et la France hexagonale, mais aussi au sein des sociétés ultramarines. Notre objectif est également d'évaluer avec vous l'efficacité de l'action publique dans les outresemers alors que l'impression générale sur le terrain est celle d'un essoufflement des politiques publiques, voire d'une mise en échec. L'action de l'État apparaît souvent comme une action en réaction aux événements qui ne parvient pas à renverser les dynamiques profondes.

Ce constat laisse penser qu'elles ont un caractère systémique qui échappe à l'action publique. Dans ce contexte, nous avons plusieurs interrogations de fonds. Nous serions par exemple très intéressés par votre regard sur les instruments prévus par l'État au service de la convergence économique entre les territoires ultramarins et l'hexagone. des contrats de convergence et de transformation.

Ces outils semblent-ils à la hauteur des enjeux ? Permettez-il d'engager une dynamique de rattrapage ? S'agissant des mécanismes de péréquation, la Cour des comptes rappelé en 2026 que la péréquation verticale, c'est-à-dire financée par l'État, faisait déjà l'objet d'aménagement afin de tenir compte des différents des difficultés propres aux outres MES telles que l'insularité ou les fragibilités socio-économiques.

Selon la Cour des comptes, les départements ultramarins percevraient en moyenne des dotations de péréquation majoré de 110 %. Pour autant, la Cour reconnaissait aussi que ces dispositifs restaient insuffisants au regard de l'ampleur des inégalités. À titre d'illustration, le potentiel financier de la Guyane procrèse de 47,9 % grâce à la péréquation verticale compte 3,1 % en moyenne dans l'hexagone, mais reste malgré tout inférieur de 56 % par rapport à la moyenne nationale.

Quel ajustement vous paraît nécessaire ? Nous sommes, monsieur le président, particulièrement intéressés par votre diagnostic ainsi que les propositions concrètes que vous pourriez formuler pour tracer un chemin audacieux vers la mise en œuvre effective du principe d'égalité. Un questionnaire indicatif vous a été transmis en amont afin de mieux cerner nos premières interrogations pour lesquelles des réponses écrites seront attendues d'ici le 22 mai.

Alors, je souhaite maintenant vous rappeler que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Par ailleurs, un faux témoignage devant notre commission d'enquête serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal. Monsieur Servville, je vous invite maintenant à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant je le jure.

Je le jure. Merci monsieur le président. Si vous le voulez bien, monsieur le président, vous pourriez nous faire une brève présentation liminaire de 5 à 10 minutes maximum impérativement après laquelle je céderai la parole à madame la rapporteur puis au commissaire s'il le désirait pour vous poser des questions.

Nous vous écoutons. Merci beaucoup madame la présidente de la commission sénatrice Mal. Je vois que vous êtes dans la salle Monville.

Je suppose qu'il s'agit de Gaston Monerville. ça al si c'est un clin d'œil qui est fait dans la Guyanne, je vous en remercie pleinement. Ça ne peut que me réjouir.

Euh je je voudrais vous dire mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs, que je suis très heureux de pouvoir participer à cette commission d'enquête. Euh j'ai été moi-même député pendant 9 ans, membre du bureau de l'Assemblée nationale et j'ai vu le nombre d'enquêtes qui ont été menées que ce soit par le Parlement, que soit par le CE euh que ce soit des rapports de la chambre descente et qui ont mis en exergés que rencontre le territoire. Alors sur la méthode, j'avais préparé déjà des réponses écrites que je vais avoir le temps de compléter avant de vous les envoyer parce que j'ai vu qu'il y a une date butoire fixée au 22 mai 2026 pour vous adverser ces réponses.

Alors, je ne sais pas en terme de méthode, est-ce que on reprend les questions dans l'ordre où elles ont été posées ? parce qu'autrement, il y a tellement de choses à dire que je pourrais me mélanger les pinceaux dans dans la progression et ne pas avoir la clarté qui serait vraiment nécessaire à une bonne compréhension de la façon dont les choses se passent. Alors, est-ce que vous préféreriez que on le fasse dans l'ordre des questions qui nous ont été adressées éventuellement ?

Non, il y a aucun problème. Vous pouvez débuter comme vous voulez vos vos propos liminaires. Merci beaucoup madame la présidente.

Alors, je je voudrais rappeler des choses que vous savez déjà. Et la Guyenne, c'est un territoire de 83000 km² avec une population qui a cru brutalement entre les années 80 et aujourd'hui, on est passé de près de 70000 à 300000 habitants. Une dynamique démographique bon qui est très très appuyée.

Et puis il se trouve que on constate effectivement un taux de la population près de 50 % qui vit en dessous du seuil de pauvreté. Euh à ce stade, je voudrais rappeler encore une fois que la Guyanne reste une des seules régions d'Europe à continuer à diverger malgré les critères de convergence qui ont été mis en place. Je voudrais souligner que bien que l'effort d'investissement soit resté important, il n'est pas à à l'échelle des fortes démographies dynamique démographique.

C'est le territoire qui évolue de manière visible euh mais qui court après cette croissance économique que tout le monde appelle de ses vœux. Cela génère notamment une croissance démographique très rapide non compensée par les équipements et par les services publics. Des écarts persistants de niveau de vie avec l'hexagone parmi les plus élevé des autres mes, des politiques publiques souvent tardives euh souvent réactives et insuffisamment territorialisées.

Quelques avancées qu'on observe sur la scolarisation de l'éducation, sur les investissements publics, mais euh on considère que c'est sans effets de rattrapage global par rapport à la situation de départ. Euh aujourd'hui, en Guyan, on vit véritablement avec un profond sentiment euh d'injustice qui est en train de croître au sein de notre population euh guyanaise. Alors, cela étant opposé de feu, s'il te plaît.

Cela cela étant posé, je voudrais euh parler de euh la la notion d'inégalité systémique et les limites des politiques publiques. Euh ce sont des inégalités bien évidemment qui résultent de facteurs structurels profonds qui se renforcent. mutuellement, elle résulte de l'organisation physique et à la fois administrative du territoire.

Euh je voudrais citer quelques grandes lignes sont rentrées pour autant dans les détails parce que bon le la réponse écrite vous permettra d'avoir une idée très détaillée de ce que je vais vous dire mais il s'agit euh d'un déloignement très très fort de l'hexagone. On a 5 km et un territoire qui est immense comme le Portugal, on l'a souvent dit euh peu danse avec une population de 300000 habitants. Mais sur un territoire de de 83000 km², ça fait une densité qui est très très faible et qui ne favorise pas la mise en place des politiques publiques. un développement démographique tardif et rapide.

Je l'ai dit, la Guyenne a pris beaucoup de temps avant de voir croître véritablement sa population mais entre les 73000 habitants que l'on compte en 1982 et les près de 300000 habitants que nous comptons maintenant, pensez bien que les politiques publiques n'ont pas pu réagir comme il se doit pour être à la hauteur de des ambitions que nous portons. Donc ça aussi c'est un facteur qui ne nous arrouge pas du tout. Un cadre administratif par ailleurs qui bloque souvent son développement.

C'est un cadre, comme on l'a souvent dit, qui ne facilite ni la coopération avec les pays voisins et la législation environnementale est celle de pays très dense où la biodiversité euh est résiduelle, ce qui n'est pas euh le cas chez nous. Euh cela conduit aux inégalités suivantes qu'on vous a déjà certainement euh énoncé. Un coût de la vie qui est très élevé avec des différences entre la Guan et l'hexagone, mais également à l'intérieur même des différentes parties de la Guan. un véritable enclavement avec très peu de communication avec la proche-région, des prix de transport qui sont très élevés avec entre la Guyanne et l'hexagone et entre la Guyan et les antiines.

Euh il parmi les inégalités euh bon qu'on a constaté, c'est un déficit historique d'infrastructure face à une population qui est très jeune ou en forte progression. On a aussi relevé une forte proportion de pauvreté. l'habitat informel se développe en lui à une vitesse effrainée tout comme l'activité, tout comme le travail illégal.

Euh ça vraiment c'est quelque chose qui crée de vrais problèmes de structuration de l'économie de la Guyane. L'absence de développement économique endogène suffisant en particulier du fait des difficultés à commercer avec les voisins et la faible la faible taille du marché intérieur et d'une réglementation qui n'est pas non plus favorable sont aussi des facteurs aggravants. Alors je voudrais dire que si beaucoup de ces inégalités se retrouvent parfois ailleurs, elles sont renforcées en Guyan.

En outre, on retrouve ces inégalités entre la Guyane et le reste de la France, mais également à l'intérieur même du territoire, entre Cayenne, l'ouest du territoire et les communes isolées. La Guyane, comme vous l'avez constaté, est un territoire qui est très spécifique à la fois par son environnement sud-américain et amazonien, par ses richesses naturelles, les richesses minières, biodiversité, pêche, euh les rech les les les ressources aussi que l'on pourrait tirer de l'eau douce parce qu'on avait annoncé que la 3è guerre mondiale aurait eu lieu autour de l'accès à l'eau douce. Bon, il se trouve que Donald Trump a décidé d'aller châtouiller le Moyen-Orient.

Donc là, on est en train de se dire que peut-être que ce sera la 4e guerre qui va se dérouler autour de l'axe à le douce. Euh quand on sait que la Guyade c'est entre 150 et 180000 km de cour d'eau douce euh dont le tiers est déjà pollué par euh les conséquences de l'empêge illégal. Les empaurs qui sont nombre 8000 à 10000 en forêt profonde et qui déversent du mercure qui se enle Mercure et qui polluent les eaux de Guyan.

C'est vraiment une situation qui est très très inquiétante et vis-à-vis de laquelle je pense que nous devrions ensemble trouver les éléments les plus adaptés. Alors effectivement euh vous demandiez comment est-ce que on peut expliquer le décalage entre l'accumulation de diagnostics qui sont pourtant convergents et la longenteur euh des progrès concrètement observés sur le territoire. Alors ce ce décalage entre la qualité des diagnostics et la venteur des progrès tient moins au manque de constat parce que les constats, comme je l'ai dit, dans mon préliminaire, il y en a eu beaucoup qu'à leur traduction opérationnelle alors que plus de 20 ans de rapport convergents dressent les mêmes diagnostics sans inflexion majeure des politiques.

On peut notamment constater des politiques souvent conçues selon des modèles hexagonaux qui sont peu adaptés ou pas du tout adaptés aux réalités du territoire guanis. une accumulation de plans sans priorisation ni continuité dans le temps, des moyens financiers et humains insuffisants au regard des besoins structurels, une organisation de l'État qui est souvent fragmentée, qui est par moment peu lisible euh et peu responsabilisé et cela conduit à une vision globale du territoire qui devient vite nécessaire, c'est de globaliser la manière dont on regarde le territoire aussi bien les services de l'État que les services de ACTG et puis les autres partenaires, les mairies, les EPCI. Je considère que là, il faut vraiment avoir cette vision globale et puis euh souvent on constate des actions euh qui sont fréquemment déclenchées en réaction à des crises sociales ou climatiques telles que celle qu'on a connu en 2017, celle qu'on a connu en 96, en 97, celle qu'on a connu en 2008 et cetera.

On a toujours le sentiment que l'État réagit plutôt que d'être dans une dynamique d'anticipation. Alors, je voudrais à ce stade rappeler que la spécificité de la Guyane par rapport aux autres et qu'elle est confrontée à une forte croissance démographique et que celle-ci est tardive. Les besoins en investissement et en augmentation des services publics arrivent à un moment où l'État nous a dit qu'il y a plus d'argent dans les caisses.

J'imagine que c'est pas vous qui allez euh nous dire le contraire. Aussi, depuis plus de 20 ans, bon, l'État reprendu les crédits euh ce qui pour nous n'a pas de sens sur des territoires en croissance. Ainsi, les recettes par habitant des collectivités guyanaises continuent de diverger par rapport à celles des autres régions.

On a souvent dit que la Guyanne et Mayotte était les deux régions de France les moins dotées depuis de très nombreuses décennies. Euh là, on assiste à un coup d'arrêt dans la euh distribution des dotations et ça ne sera pas du tout pour pouvoir faire plaisir aux politiques du année que nous sommes. Alors, deux exemples, hein, moins d'agents de l'ONF euh en Guyan par rapport à la Réunion.

Euh ça c'est une situation euh qui est vraiment euh excusez-moi, je vais mettre ça sur mot d'avion, ça sera beaucoup plus simple pour la suite de l'entretien si vous n'y voyez pas d'inconvénient, excusez-moi 2 secondes. Ça y est, euh les recettes par ailleurs des collectivités guanises, on l'a dit, on l'a fait remarquer, sont de 30 % inférieurs à celle de la Martinique et de la Guadeloupe qui sont de très petits territoires. Je suis pas rentré dans une dynamique de comparaison, mais on constate sur le terrain que les recettes de la CTG sont très très largement inférieur à celle qui de la Guadeloupe, qui de la Martinique, qui est de la Réunion alors que c'est le territoire par excellence qui aurait dû bénéficier de plus de soutien financier.

Euh il y a une question concernant les contrats de convergence et de transformation. Alors à ce niveau-là, nous avons fait une réponse documentée à la dernière enquête qui a été réalisée et on on considère que la loi a de belles intentions. Euh j'étais à l'Assemblée nationale quand elle a été votée, mais euh ce sont de belles intentions qui ne se traduisent pas forcément dans les faits.

Et la CTG a adressé quatre constats et également des recommandations. Alors comme précédemment, je vais pas forcément rentrer dans les détails, mais je vais vous donner les grandes lignes. C'est d'abord la nécessité de donner un rôle plus intégrateur à ces contrats.

On ne peut que constater qu'il ne semble pas y avoir de véritable logique au périmètre des contrats et au choix de ce qui est inscrit ou pas inscrit ou pas en crédit contractualisé selon le territoire. Euh la deuxème constatation que nous avons faite, c'est que il faut une méthode d'élaboration euh qui soit très enfin la méthode d'élaboration des CCT pardon est très éloignée de la loi Rome et c'est une méthode qu'il faudrait revoir parce que nous partageons pleinement les limites relevées dans par le rapport quant à l'élaboration de ces contrats et notamment sur des délais euh laissés au territoire qui sont beaucoup trop courts, sur des marches de négociation des préfectures qui sont quasiment nules sur des plans de convergence qui sont inexistantes et tout ça ne fait que rajouter de la difficulté aux difficultés que nous connaissons déjà. Par ailleurs euh nous ce qu'on aurait souhaité c'est qu'on a une vision stratégique à 20 ans, c'est-à-dire qu'il s'établiss sur deux générations euh de fonds européens et et demandables à travers les plans de convergence mais sous forme d'une véritable stratégie opérationnelle qui soit hiérarchisée, qui couvre un champ déterminé de politique publique euh comprenant à minima les transports, l'éducation, l'enseignement supérieur, l'accès à l'eau potable, l'assainissement qui par moment dans certaines communes de Guyan relève vrai défi des opérations d'aménagement également du territoire.

Euh on parle souvent de la transition écologique. Bon, la Guyenne euh, j'ai envie de dire n'a pas forcément de leçons à recevoir la matière puisque nous avons été depuis la nuit des temps de très très bons élèves. Et puis par ailleurs sur les grands projets d'équipement emblématique du territoire, moi je pense que il faut qu'on ait cette vision stratégique à 12 ans à minima plutôt que de procéder comme ça comme on le fait à chaque fois au coup par coup parce qu'il y a des réactions de la société parce que l'État intervient pour pouvoir combler les déficites mais tout ça se fait j'ai envie de dire dans avec un sentiment de gros désordre et avec un sentiment de quelque chose qui n'est pas suffisamment simplifié.

Donc euh moi je pense que les CCT devraient être de vrais outils euh intégrateurs euh pour lesquels euh nous avons euh déjà plaidé. Au point numéro 1, il y a une question euh sur la loi de programmation relative à l'égrielle, la loi euh vous demandiez est-ce que selon nous cette loi a été utile et est-ce que ces effets ont été positifs ? Je crois que on va vous le dire dans le rapport écrit.

Faudra simplement se conférer aux réponses que j'ai faites précédemment pour démontrer que il y a pas eu vraiment de logique de rattrapage et que les moyens financiers qui ont été mis en place ne sont pas des moyens frangibles. Donc il ne nous ont pas permis véritablement d'avoir toute la souplesse d'utilisation des crédits qui avaient été mis à notre disposition. Euh vous m'avez dit euh combien 5 10 minutes mais j'ai j'ai l'impression que je suis déjà rentré dans le corps même du questionnaire.

Et donc que que j'ai pas j'ai pas vraiment respecté l'ordre des choses. Alors, de deux choses une, ou bien je m'arrête à ce niveau-là euh ou bien avec votre permission vous me continuez, vous me donnez la possibilité de poursuivre euh les les questions et on vous laisse encore. Oui, monsieur le président, on vous laisse encore un peu de temps pour continuer.

D'accord. Merci beaucoup madame la présidente. Concernant les efforts d'adaptation aux réalités locales et les évolutions récentes des dispositifs à destination des territoires ultramarins, moi j'ai envie de dire que la création de la collectivité de Guyen a renforcé la cohérence bien évidemment de l'action publique avec de véritables synergies entre toutes les politiques publiques.

On prend comme exemple la construction des collèges et des lycées, les routes et les aérodromes et les transports. Tout ça a permis d'avoir une bonne régularité, d'avoir une bonne synergie et et quelque part ça nous permet d'économiser l'argent, en tout cas d'investir de manière beaucoup plus beaucoup plus pertinente. Cependant, la collectivité s'est heurtée à plusieurs difficultés.

Euh je veux notamment rappeler euh que le rapprochement de ces deux collectivités, conseil général et conseil général, a été très très loin à digérer. Ce qui a créé un véritable temps de mise en marche à peine terminé à ce jour. Alors bien évidemment, je rappelle que cette dynamique n'est pas propre à la Gen puisque on a observé quasiment la même chose encore als son Martinique et ça il faut l'avoir en tête pour se dire que ce n'est pas la Guyane qui doit être vu comme étant un mauvais élève dans cette optique mais c'est de se dire que ce n'est pas quelque chose de facile à réaliser et nous en avons fait l'expérience et nous avons essué les plâes à ce niveau-là.

Et puis bien évidemment une situation financière qui est j'ai envie de dire catastrophique. Euh la l'autofinancement était de moins 90 millions au début. Aujourd'hui, on est arrivé à un autofinancement de 30 millions d'euros, mais qui va forcément dépendre de la réponse que nous fera l'État sur les 30 millions d'euros de l'accord structurel.

Vous en avez certainement entendu parler lors de l'adoption par le 493 du budget du PLF 2026, et ben les 30 millions d'euros qui étaient accordés à la Guyanne pour lui permettre de rattraper le temps perdu ont été sucrés dans ce PL 2026. Et donc nous sommes en train de voir comment avec le gouvernement, avec le ministre des autres mères, avec le premier ministre, on peut rattraper le temps perdu. Je veut dire que globalement la collectivité reste extrêmement contrainte dans ses capacités d'action par la faiblesse de ces ressources euh qui est mise en face de coût de plus en plus élevé.

Elle est également bridée dans la réduction des inégalités structurelles et par le cadre réglementaire qui reste peu adapté et ne facilite pas son développement économique et infrastructurel avec une réglementation qui souvent est trop lourde et avec une coopération quasiment existante avec les pays voisins. D'ailleurs, à ce titre-là, la Guyane fait tout pour rester dans le sillage de sa voisine, la Martinique pour adhérer à la Caricom. Euh la semaine dernière, j'ai signé à Triné de Tobago euh un tra le traité d'adhésion de la Guyane euh à la CTU, c'est la Car télécommunication du qui va nous permettre euh de pouvoir travailler sur euh les axes numériques, de lutter contre la cybercriminalité et cetera et cetera.

Donc, ce sont des démarches tout à fait favorables euh que le gouvernement a permis. Effectivement euh je ne puis que m'en réjouir. Je considère que c'est ce sont les premiers pas que nous avons mis euh sur les chiquers et euh qui va nous falloir bien évidemment euh aller plus loin.

Euh après, euh je pourrais continuer euh pour parler euh des péréquations euh qui pourraient paraître globalement favorables mais qui demeurent insuffisant au regard des d'égalité corrigé. C'est une question qui a été posée. Alors moi, j'ai envie de dire que nous ne partageons pas ce constat pour la Guyanne car nous souffrons desuffisances historiques avec des dotations qui sont globalement figées.

Je l'ai dit précédemment, bon je vais pas le répéter mais il faut quand même que vous sachiez que la Guyane se trouve sous la moyenne de la France métropolitaine. En terme de dotation, c'est 15 % sous la moyenne des dromes et 30 % par rapport à la moyenne des Antilles. Cela fait un écart annuel de 240 millions d'euros par an par rapport au Drome, voire de 500 millions d'euros par an par rapport à la Guadeloupe.

Pour mémoire, les recettes sont approximativement partagées euh de moitié pour la CTG, moitié pour les communes avec un écart pour la CTG qui est estimé entre 120 millions d'euros et 250 millions d'euros. J'ai eu l'opportunité de faire une autre comparaison. Peut-être qu'on va avoir l'occasion d'en parler plus tard, même si on dit souvent que comparaison n'est pas raison.

Lorsque la Guyane bénéficie de 1,6 million d'euros en terme de dotation de continuité territoriale, nous avons observé que la Corse qui est à 140 km de la France hexagonale bénéficie d'une dotation de 247 millions d'euros pour un territoire qui est beaucoup plus petit que la Guyane, qui est déjà quasiment aménagé. Et là encore une fois, on trouve que c'est une profonde injustice qui est faite au territoire guanais et ce n'est pas faute de l'avoir appelé. tous les parlementaires, les sénateurs, euh les membres du CE qui sont succédés à ces différents postes ont ont eu le temps de rappeler à quel point la GUAN avait besoin de ce rattrapage.

Mais il n'empêche que euh pour l'instant on n'y ait pas on n'y est pas du tout. Euh oui euh le le plan d'urgence euh qui a été voté, c'est en 2000 en 2017 euh avait mis euh sur la table euh l'équivalent de 1 milliard d'euros pour pouvoir compenser euh des décennies de retard. Et dans ce plan d'urgence, était prévu que il y aurait eu un plan additionnel de 2 milliards d'euros pour lequel l'État s'était engagé parce que il y avait la signature euh de certain nombre de somités y compris de monsieur le préfet de Guyan.

Et ce cet accord, ce plan d'urgence a été publié au journal officiel, ce qui donne un caractère quasiment obligatoire. Et il se trouve que ce plan additionnel de 2 milliards d'euros n'a jamais été évoqué par les différents gouvernements qui sont succédés euh depuis 2017 jusqu'à aujourd'hui. Et c'est là où on se dit que véritablement il faut que cette commission d'enquête et tous les éléments pour comprendre que euh au niveau de la Guyane, on n'est pas du tout parti sur les bonnes bases.

Les perspectives épistes de réforme pour lutter contre les égalités sur votre territoire. On a parlé de l'orat de mer. Alors oui, la collectivité souhaite le remplacement de l'ctorat de mer par système combinant à la fois une essai de TVA locale sur laquelle la collectivité pourrait euh définir le taux et avoir la maîtrise des recettes, ce qui en soit n'est pas rien et qui permettrait son extension au service euh couplé avec un système de taxe à l'importation comme à MADER ou aux Assort pour gérer la question de la protection de la production locale. la jeunesse, on en parle, un enjeu majeur pour le territoire parce que près de 50 % des jeunes de Guyan au moins de au moins de de 20 ans 25 ans.

Donc vraiment, c'est un sujet qui nous intéresse très particulièrement et on constate que les politiques nationales qui sont publiées sont principalement tournées à la fois vers l'innovation et vers la structuration alors que les enjeux de nos territoires sont souvent des enjeux de rattrapage de base. Je dis bien de rattrapage de base sur des choses qui n'ont pas été faites. Ce sont des services qui parfois n'existent pas.

On pense à l'éducation, on pense à la formation, on pense à la parentalité qu'il faut accompagner et puis je considère que moi j'étais enseignant, j'étais chez pendant 20 ans. Il y a un gros gros travail à faire sur l'éducation et sur la formation sur le territoire du anet. Alors, la page suivante, c'est la page 9 et j'ai presque fini euh en essayant d'accélérer pour ne pas vous faire perdre trop de temps.

Euh en rappelant que 47 % des familles guanaises sont monoparentales euh comme on vous l'a déjà dit, euh très majoritairement euh constitué de mè seul avec leurs enfants. Alors souvent, je me demande où sont passés les papas parce que on a bien compris que pour pouvoir engendrer les enfants, il faut au moins un père et une mère. Et et là, on se dit trop de famille monoparentales avec des femmes qui travaillent. ce sont pas des femmes qui sont au chômage à la maison euh et donc qui ne sont pas toujours en capacité d'encadrer au mieux de leur possibilité le développement de leurs enfants.

Euh donc, on se dit que pour les soulager, il faudrait de manière indispensable favoriser le développement de la restauration scolaire qui est très faiblement développée sur le territoire de la Guyane. Même si je sais que antérieurement il y a des ministres qui ont tenté de s'y coller mais il y a un démarrage mais qui a été freiné et je considère que nous avons aussi notre part de responsabilité pour tenter d'aller plus loin et puis surtout d'adapter les prestations sociales à cette réalité de GU qu'on retrouve pas forcément sur les autres territoires européens. La charte sociale européenne, bon on s'est dit tant mieux.

Ouf depuis le temps que ça aurait dû être fait cette extension au territoire d'Autre mer. Ça ça a pris beaucoup de temps, ça a pris trop de temps. Mais il me semble que à l'analyse, cette extension nous paraît vraiment symbolique euh puisque dans de vos domaines, l'État n'est pas en mesure d'atteindre le même niveau de service public que euh entre l'hexagone et la Guyane.

Là, on veut parler par exemple euh de l'éducation que j'ai précédemment, on pourrait parler de logement. On a besoin de consom en Guyan 4000 logements par an. Aujourd'hui, on est à peine à entre 800 et 1000 logements.

Je suis président du conseil d'administration de établissement publique foncier et d'aménagement de la Guyane et je vois tous les efforts qui sont faits au niveau local pour pouvoir accélérer la construction de logement. C'est pas évident. On on on injecte beaucoup de fraucteurs, auprès des bailleurs, mais il se trouve que il y a un frais nouveau qui est venu se rajouter aux difficultés que nous connaissons déjà, c'est la raréfaction, la diminution brutale et drastique des fonds de la LDU, la ligne budgétaire unique.

Et donc là-dessus, on voit déjà les conséquences extrêmement négatives que cela va entraîner sur notre capacité localement à pouvoir construire notamment des logements sociaux, des LLS, des LLTS et cetera. Donc ça veut dire que là-dessus, il y a une véritable stratégie à mettre en place. Les contrats ZD euh quelle stratégie préconisez-vous ?

Alors euh comme historiquement de l'hexagone, les contrats ZD ont été, j'ai envie de dire dévoyés sur le territoire de la Guyenne et ont plutôt conduit à maintenir un certain nombre de personnes de la précarité avec une succession de contraté. On a relevé que certaines personnes étaient sur des contrats aidés depuis plus de 20 ans. Donc c'estàdire c'est un système qui ne répondait pas véritablement à aux aspiration de départ et il nous semble que le développement d'un apprentissage lent serait le plus pertinent en permettant aux jeunes d'entrer dans la vie active de manière directe tout en poursuivant en parallèle sa formation avec un temps qui puisse être dédié.

Il faut entre en parallèle travailler sur les connaissances de base pour les métiers de catégorie C et ça c'est vraiment fondamental. On voit le taux d'iltrisme et d'analphabétisme et d'électronisme qui se développe de plus en plus sur le territoire guanais. Et donc on se dit et on a déjà commencé à le faire au niveau de la CTG à travailler véritablement sur l'acquisition euh des serveurs de base qui nous permettront d'aller d'aller plus loin.

Euh l'accès à l'eau potable et l'assaissement sont de grosses difficultés. Euh le problème ne réside pas pour le moment dans les moyens financiers des offices de l'eau euh qui sont en outre très fortement complétés par des Frances européennes. La principale problématique selon nous réside dans l'ingénierie de projet, c'est-à-dire dans la capacité des communes et des EPC notamment à mener et concevoir les projets puis à on assurer la maintenance.

Donc à la limite à ce niveau-là, on va pas considérer que c'est une catastrophe annoncée. On peut effectivement sur la base des moyens financiers qui nous sont déjà octroyé avec une ingénierie qui soit beaucoup plus pertinente trouver un certain nombre de réponses à cette difficultél sur la mobilité. Mais moi, je vais vous dire que c'est une dynamique qui est de plus en plus contraignante parce que la situation de la GU comme je l'ai dit est extrêmement spécifique alors que le réseau de transport s'est fortement développé tout au long du 20e siècle dans l'hexagone.

Les investissements sont principalement des investissements d'amélioration et de métien en l'État. Je répète bien d'amélioration et de métien en l'État. Euh ça veut dire que la France a construit 400 km de route nationale en 400 ans comme on le dit régulièrement.

Euh 400 km de route départemental on été construite euh par par le département ou alors ont été rétrocédé par l'État au département. Mais 400 km de route alors que on était 70000 habitants en 1980, aujourd'hui on est 300000 habitants et qui a toujours 400 km de route en Guyanne, on considère que c'est pas une situation acceptable. J'ai appris par les médias que par ailleurs la France allait construire en monorail à Saint-Doming dans les grandes Caraïbes pour pouvoir mieux asseoir son influence dans la région.

Mais lorsque entre Marie Passoua et Saint Marie Passoua et papa sur le fleuve maronné, il y a 32 km de piss en latérite que l'État n'arrive pas euh à à à construire à à mettre dans un modèle euh qui soit un modèle comment dire ça carrossable pour favoriser la circulation des biens des personnes. Et ben on trouve que c'est une profonde injustice qui est faite là encore à notre territoire et c'est la raison pour laquelle on dit souvent Guyan que la France c'est une bonne belle- mère mais c'est une mauvaise maman qui n'arrive pas à s'occuper directement de ses enfants. La CTJ avait demandé un plan exceptionnel d'investissement pour les infrastructures comme cela a été fait pour la Corse.

Encore une fois, vous me direz que comparaison n'est pas par raison, mais si on appartient à cette même République française, on considère que le regard bienveillant qui est porté sur la Corse pourrait être le même porté en direction de la Guyane. Je vous l'ai dit tout à l'heure à titre de comparaison, lorsque la Corse bénéficie de près de 247 millions d'euros de dotation de continuité territoriale, et ben la Genè qui a 7000 km n'en bénéficie que de 1,6 million d'euros. Je vais aller sur les réformes qui nous paraissent prioritaires pour terminer mon exposé très rapidement, c'est de mettre en place un véritable plan euh de rattrapage du financement des collectivités de la Guyen.

Alors, on a parlé de Mayotte, moi je suis solidaire aussi de mes amis Maoré qui sont dans des conditions extrêmement compliquées. Il s'agira aussi de prévoir un plan exceptionnel d'investissement qui soit appuyé sur des contrats euh à long terme. J'avais dit c'est c'était remagé d'au moins 12 ans pour avoir deux de deux générations de fonds européens et deux générations de mandat.

Ça nous permettrait d'avoir une parfaite pertinence en matière de cofinancement des projets et éviter des chevauchements que l'on constate et qui sont souvent préjudiciables. L'évolution institutelle et administrative, c'est un combat que la Guyan mène depuis 70 ans. C'est un combat que j'ai repris à ma charge depuis que je suis arrivé à la tête de la CPG en 2021 pour faire évoluer le cadre institutionnel de la Guyane.

La Guyan ne réclame pas l'indépendances mais sans faux. Euh pour euh un titre de comparaison, encore une fois, quand je vais euh aux Assor, je vais au Canaris, je vais à Maderne, euh je vois des présidents de ces régions euh ultrapériphériques comme la Guyenne qui sont très heureux, qui me disent ne rien demander de plus que ceux qu'ils ont déjà. Ce sont des régions qui ne demandent pas à accéder à l'indépendance parce que euh elles travaillent avec euh des tutelles euh Lisbon Madrid qui sont très compréhensifes et qui leur donnent la facilité de gérer localement euh un certain nombre de dossiers.

Euh souvent je parle de la Sardaine dont on entend jamais parler euh qui bénéficiait également de la part de l'Italie d'une très large autonomie. Alors, peut-être qu'il y a des problèmes qui ne nous remontent pas, mais dans tous les cas, ce que nous nous disons, c'est que cette évolution institutionnelle et administrative devrait selon nous permettre à la Guyane d'avancer beaucoup plus rapidement euh sur un certain nombre de dossiers qu'elle a à traiter le développement et le renforcement de l'ingénierie de projet, ça aussi j'en ai parlé. Moi, je considère que la Guyane devrait être accompagnée à ce niveau-là euh pour pouvoir mieux accompagner le développement économique.

Euh c'est aujourd'hui un véritable frein aux investissements sur le territoire. Et puis je voudrais terminer euh par euh moi je me semble c'est la c'est vraiment la dernière page, on a presque fini. C'est la priorité que on voudrait mettre en place euh à une combinaison entre développement économique et développement des compétences.

Parce que souvent, on se rend compte que on met en place des formations, on développe des compétences et puis une fois arrivé sur le marché du travail et ben les jeunes ou les moins jeunes qui ont été formés euh ne sont pas du tout au niveau ou alors ont des compétences qui ne correspondent pas aux emplois pour lesquels ils sont embauchés. Donc nous considérons qu'il devrait y avoir une forte synergie entre ces deux aspects. C'est pas former pour former, même si on dit que la formation ne doit pas être forcément dédié à rester au pays parce qu'il y a des jeunes qui ont envie d'être formés sur des domaines qui ne vont pas déboucher forcément sur un emploi en Guyan.

Ils peuvent décider d'aller travailler au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Chine, en Angleterre, en France hexagonale. Ça c'est tout à fait de leur droit. Mais nous considérons que si on veut développer le territoire, il faut véritablement trouver la force d'attractivité à travers sa jeunesse.

Et cette force d'attractivité, et ben elle passe par notre capacité à pouvoir euh euh faire mettre en place cette combinaison entre effectivement les projets de développement économique que nous portons. La CTG s'est doté d'un schéma régional de développement économique euh d'internationalisation et d'innovation euh pour la mandature 2021202. Euh nous espérons que tout ça euh va aboutir.

Ce sont des dynamiques que nous mettons en place par des actions euh très ponctuelles qui sont très très bien ciblé et en même temps euh avec l'éducation nationale et bien on essaie avec monsieur le recteur de trouver les voies et moyens qui nous permettraient de décliner euh des formations, des filières de formation et d'éducation euh qui permettrai à ces jeunes de pouvoir être embauchés localement avant que de chercher à aller travailler sur des terrains extérieurs. Voilà, j'ai tenté madame la présidente d'aller vite. Je n'ai pas tout dit de ce qu'il y a dans les réponses que nous sommes en train de vous convoquer et qui ne sont toujours pas terminé mais j'ai tenté de vous dire l'essentiel en tout cas de la vision que nous portons sur ce territoire, les attentes qui sont les nôtres, les regrets aussi que nous formulons de ne pas suffisamment être entendus par le gouvernement.

Alors, j'ai bien compris que les sénateurs et les sénatrices se battent tout comme les députés. Euh, j'étais membre du bureau de l'Assemblée nationale. J'ai vu tous les combats qui ont été menés par mes pères pour pouvoir faire entendre cette voix singulaire de la Guyane.

Mais il se trouve que à date, on a le sentiment queon a souvent prêché dans le désert quasiment. Et j'espère que ce n'est pas une situation qui va perdurer et que bon votre rapport final va permettre d'infléchir de manière considérable le regard qui est porté par les différents gouvernements sur le territoire de la Guyane. Je sais par ailleurs que il y aura des élections sénatoriales prochainement.

Je sais que nous allons rentrer dans une phase de succession euh de scrutins électoraux avec l'élection du président de la République ou de la présidente de la République avec certainement une dissolution de l'Assemblée nationale qui va suivre pour que la le nouvel exécutif ait à sa disposition euh une Assemblée nationale qui soit forte pour faire passer les messages et faire voter les différents projets de loi. Et dans tous les cas, je crois énormément en la continuité de la parole de l'État. Je me dis que lorsqu'un président euh s'engage, il ne s'engage pas à titre personnel, mais il s'engage au nom de l'État et que quelle que soit la personne qui sera à la tête de l'État, j'espère que cette personne sera en mesure de prendre en considération ce qui a été dit, ce qui a été fait, les promesses qui ont été tenues, qui ont été euh déclinées pour permettre à nos territoires d'avancer, d'avancer beaucoup plus rapidement.

Voilà, je terminé. Je vous remercie pour votre belle attention. Merci monsieur le président pour ces propos sincères et qui nous ont éclairé vraiment.

Euh je vais passer maintenant la parole à madame la rapporteur pour vous poser d'autres questions ou pour compléter euh vos réponses. Merci madame la présidente. Merci monsieur le président pour euh la présentation détaillée que vous nous avez faite.

Euh je vous ai écouté avec beaucoup d'attention. Euh vous avez euh des pains euh la réalité euh du terrain euh en Guyane. Elle fait écho à beaucoup euh de thématiques que nous avons rencontré, sur lesquelles nous travaillons également et qui touchent d'autres territoires ultramarins.

E vous avez parlé de politique tardive. C'est la première fois dans cette commission d'enquête où le terme est employé et j'aimerais rebondir sur cette sur cette expression. Vous parlez de politique tardive et également du sentiment d'injustice qui est ressenti par la population.

Euh j'aurais aimé euh que vous puissiez le le le détailler peut-être pas sur tous les plan euh avoir peut-être sur le volet social ou peut-être sur le volet de la santé. ce que vous pourriez nous donner comme élément d'illustration de de de ce terme euh parce que c'est vrai que ce n'est pas anodin cette commission d'enquête, elle intervient euh alors que nous fêtons les 80 ans de la départementalisation. Donc c'est dire que on a on arrive à un moment où on regarde aussi euh dans le rétroviseur, elle arrive au bout des au bout de 20 ans de la loi et vous l'avez mentionné plusieurs fois dans votre propos.

Donc est-ce que vous pourriez nous expliciter davantage sur des exemples, un exemple concret euh ce que vous entendez par politique tardive ? parce que c'est vrai que nous nous sommes appuyés sur le fait que effectivement on constate que l'État agit par à coup ou en réponse à des crise mais le terme de politique tardive m'interpelle particulièrement et puis vous avez mentionné le problème de la mobilité beaucoup à travers la difficulté que représente la continuité territoriale et c'est un fait il y a là une grande inégalité que nous entendons pointer dans notre rapport et la comparaison avec la Corse, je vous rassure, vous n'êtes pas le seul à l'affaire. En revanche, j'aimerais en revenir plus précisément sur le problème de la mobilité interne, la question du transport parce que notre lors de notre déplacement à Saint-Martin et en Martinique, ça a été un point qui nous qui a attiré notre attention où on a bien compris que le le transport était un facteur aggravant des inégalités et notamment des inégalités face à l'éducation, à la formation surtout au niveau de la santé avec de vraies pertes de chance pour les pour les malades.

Euh j'aimerais avoir un peu plus de détails sur ce sujet et si on a un petit peu de temps, j'aimerais évoquer puisque nous avons la chance de vous entendre aujourd'hui, j'aimerais évoquer avec vous la question de l'eau. L'accès à l'eau est un vrai sujet sur lequel nous entendons mettre une grande attention dans notre rapport dans le cadre de cette commission d'enquête et la question de l'eau en Guyane est particulièrement sensible avec la pollution dont vous nous avez parlé. Si vous pouviez revenir là-dessus à la fois sur le cadre et les attentes légitimes qu'on pourrait avoir au niveau national et au niveau européen puisque vous êtes aussi en Guyan terre d'Europe.

Merci à vous. Merci madame la rapporteur. Quand je parlais de politique tardive, je l'ai dit dans mon propos d'introduction, la Guyan a connu un développement démographique tardif pendant très longtemps. la population a stagné et puis après, il y a eu à partir des années 80 une essai de pic d'accroissement euh qui n'a pas été suivi d'effet par les politiques publiques et qui n'a pas été suivi d'effet en terme de dotation d'investissement pour répondre justement aux besoins euh exprimés par le territoire.

Euh je veux dire l'exemple le plus un des exemples les plus criants, comme je l'ai dit, c'est que moi quand je suis né en Guyen, il y avait déjà 400 km de route euh nationale. Euh peut-être 350, il y a 50 km qui sont venus se rajouter entre tempemps. Euh aujourd'hui, j'en ai 67 et on est toujours à à 400 km.

Donc ça veut dire que il y a des nécessités de tracer euh des voies pour relier les communes entre elles et l'État à ce niveau-là n'est pas en capacité de comprendre et de répondre. Lorsqueon a dit qu'il fallait relier Saint-Laurent du Maroni, là où je suis actuellement avec le reste des communes euh du Maroni, euh ben ça ne peut pas se faire parce que l'État considère que ça coûte beaucoup trop d'argent. Mais je parlais de sentiment d'injustice parce que même moment où l'État dit que ça va coûter trop d'argent pour la Guyane, et ben l'État va aller faire le monorail euh à Saint-Doming, je l'ai exprimé précédemment et c'est ça qui génère ce sentiment d'injustice.

Quand l'État dit que il va investir pour les entreprises françaises près de 14 milliards d'euros, ça a été dit par le président de la République au Kenya. On dit OK euh mais à un moment donné nous on demande pas 14 milliards d'euros, on demande quelques millions d'euros pour pouvoir mettre en place ces équipements structurels et qui tardent à venir. Quand l'État euh va aider l'Ukraine sur des aides humanitaires et militaires, on peut le comprendre parce que l'Ukraine c'est aussi une partie du grenier agricole de l'Union européenne, de l'Europe.

Mais sur des aides humanitaires, moi je considère que la Guyane aussi pour en avoir besoin parce qu'il y a beaucoup de populations dans les communes notamment isolées qui souffrent énormément parce que ell n'ont pas accès à des soins dignes de ce nom, dignes de la République française. Euh aujourd'hui, on nous dit qu'il y a plus d'argent, donc ça veut dire qu'on ne pourra plus porter les projets de développement. Et c'est en ce sens que nous considérons que tout arrive mais des fois trop tardivement.

Alors, il y a un sujet qui est emblématique de cette dynamique que nous vivons en ce moment et ça me permettra de faire le lien avec la question que vous posez sur l'accès à l'eau. Euh, je vous ai dit que depuis euh quelques décennies, la Guyane est littéralement pillée par le paillage illégal qui se vit sur le territoire. En terme d'externalité négative, on a relevé de vrais défis.

C'est des introductions euh d'armes lourdes sur le territoire euh qui permettent euh à ces garimpos et failleurs illégaux d'aller faire des braquages et de tuer sur le territoire guanis. C'est du narcotrafic qui introduit sur le territoire via leur page légal. C'est du trafic d'êtres humains, c'est de la prostitution juvénile, euh c'est aussi euh des meurtres qui se produisent en VOA, des règlements de compte sur les sites et c'est aussi euh euh certainement cette pollution que j'évoquais précédemment de nombreux cours d'eau en Guyane.

Euh je vous disais que il y a environ un/ers des cours d'eau qui aujourd'hui sont pollués qui par le Mercure qui par le méthyle Mercure et qui empoisonne les populations amédiennes de certaines parties du territoire. On a même vu des psychiatres qui ont fait des études et qui ont démontré par moment que l'imprégnation au méthyl mercure était la cause de comportement suicidaire chez certains jeunes issus des populations améridiennes. Donc ça veut dire que il y a à la fois une dégradation, une déforestation sauvage euh et massive du territoire où on nous vole l'équivalent de 1ARD 200 millions d'euros euh en en terme d'or volé extrait illégalement.

Quand on voit le cours de l'or aujourd'hui, ben on se dit que c'est un véritable massacre à la trançonneuse que vit le territoire de la Guyane. Et euh c'est pas faute de l'avoir dit. Moi, j'ai mené une commission d'enquête parlementaire quand j'étais député sur cette question pour pouvoir résorber, éradiquer définitivement euh leur payage illégal sur le territoire.

Et jusqu'à aujourd'hui, on n'y parvient pas parce que l'État apporte des réponses qui sont des réponses très factuelles qui sont ponctuées. Euh mais ce ne sont pas des réponses globales qui permettraient à terme d'éradiquer le phénomène. D'ailleurs, lorsque je n'ai parlé avec monsieur Sébastien Lecnu à l'époque ministre des autres mès, il m'avait dit que on peut pas éradiquer le page légal.

Les forces armées de Guyan nous disent que il est illusoire de penser qu'un jour on pourrait résorber et éradiquer définitivement ce fléau. Et quand on voit les conséquences extrêmement négatives que cela a sur le territoire de la Guyanne, ben on se dit que là l'État n'est pas en capacité de répondre à cette demande. Nous nous disons que la Guyane qui est en longue amérindien veut dire terre aux eaux abandon abondante aurait dû se positionner sur le marché international de l'eau tout comme notre biodiversité euh dont la ministre m'a dit l'autre jour que ça rapporte un sacré pactol au gouvernement mais je lui ai dit que c'est dommage parce que je ne vois pas comment ce pactol ne pourrait pourrait russeler ne serait-ce qu'une toute petite partie au niveau de la Guanne pour pouvoir lui permettre d'assurer un meilleur développement puisque la Guan C'est quasiment 50 % de la biodiversité française.

Alors, on a bien compris le principe de fonctionnement des budgets. Euh c'est pas les recettes ne sont pas fléchies vers des dépenses précises, mais on se dit que globalement à partir de l'instant où ce territoire permet de pouvoir bénéficier de ce pactol à l'international, il n'y a pas de raison qu'une partie ne pourrait pas être fléchée pour pouvoir aborder les dotations qui sont mises au service de la Guyane. C'est le même problème que j'ai rencontré même la rapporteur quand j'étais député.

J'avais demandé qu'une partie des recettes issues de leur saisie sur les sites illégaux puisse bénéficier aux communes qui sont les plus fortement impacté par les externalités de l'empêge illégal. Bon, l'État s'est organisé avec la grâce pour pouvoir faire en sorte que l'argent serve à payer les 70 millions d'euros qui sont investis chaque année pour lutter contre leurage légal. Mais quelque part, ça ne bénéficie pas directement aux communes qui sont impactées par ce fléau.

Donc il y a une une essai de remise en forme euh à laquelle il va falloir procéder euh pour faire en sorte que euh on puisse euh aller de l'avant. Alors je on a parlé de l'accès à l'eau, on a parlé de la guerre mondiale qui pourrait se déconcher autour de l'accès à l'eau douce et qui est une dorée très très forte en Guyenne pour l'instant. Peut-être que les choses vont changer avec les conséquences du réchauffement climatique, mais euh les le le problème au-delà de l'accès à l'eau, euh c'est un problème qui est plus largement lié à l'accès aux services publics qui sont essentiels dans certaines communes.

C'est c'est pas d'accès à l'eau. Oui, pas d'accès à éélectricité, euh pas d'accès à une santé digne parce que les communes sont éloignées. Même si par le passé, on a réussi à instaurer dans certaines communes ce qu'on a appelé les centres délocalisés de prévention santé, mais c'est pour faire que de la prévention parce que on n' pas la compétence en matière curative.

Mais pour faire cette prévention, encore faut-il que nous puissions avoir une parfaite mobilité sur le territoire. Donc vous voyez que là encore ça implique la question de la mobilité et puis euh il y a des choses qu'on accepte en Guyan qui ont été éradiquées il y a plus de 30 ans en France hexagonale de de ces de ces zones de de non droit de ces zones d'accès impossible euh qui auraient pu être accessible si jamais on se donnait les moyens de créer des voies de dessert et cetera. Alors la CTG effectivement se bat pour pouvoir faire ce travail, mais vous pensez bien que ce n'est pas avec nos 980 millions d'euros de budget primitif que l'on va pouvoir résorber tous ces problèmes que la Guyan connaît depuis de très nombreuses décennies.

Et donc c'est en ce sens que je dis que il y a un gros sentiment euh un sentiment d'injustice, un sentiment d'être des laissés pour compte. Alors que entre, comme je l'ai dit, les ressources alutiques, les ressources tirées de la biodiversité, euh les ressources tirées de la présence de la base spatiale euh sur courou, euh les ressources que l'on pourrait tirer de l'extraction euh des minerais stratégiques, des terrares parce qu'an il y a des terrars d'ailleurs, la fait partie des régions de France qui ont été sélectionnées pour qu'on fasse une étude approfondie via le bureau de recherche géologique et binière de la Guyanne, le fameux BRGM, pour voir si il y a des terras en compé suffisantes qui permettraient à la France de garder sa suprématie dans cette course folle qui se livre à la tête du monde. Et donc on se dit que il y a il y a vraiment une difficulté et cette mobilité interne, je le redis, c'est une grosse spécificité de la Guyane.

Vous avez environ 40000 personnes qui résident sur le haut maroni qui n'ont pas du tout accès à à la route. On est obligé de les convoyer soit par le fleuve, soit par la voie aérienne. cette voie aérienne et ce f qui sont de qui qui s'organise sous format de délégation de services publics coûte beaucoup d'argent à la CTG à telle en scène qu'on est obligé de réfléchir avec l'entreprise Flying Way qui est je crois basée à Bordeaux qui construit des dirigeables pour voir si on ne pourrait pas euh implanter en Guyan des dirigeables pour pouvoir faire le transfert de fret entre la bande littorale et les communes isolées de l'intérieur.

On essaie euh par tous les moyens possibles euh de pouvoir trouver des réponses qui soient adaptées à cette configuration. Euh mais c'est toujours compliqué. Euh c'est des transports qui sont compliqués.

Tout est cher. Lorsqu'on va aller construire un lycée à Marie Passoua euh qui coûterait peut-être 35 millions d'euros sur la bonne littorale et bien Mar Passoua de seul coup ça coûte 50 55 millions d'euros parce que tous les prix sont renchéris à cause de l'éloignement et à cause des moyens peu adaptés aux mobilités. Donc euh on est on est vraiment dans ces dynamiques, c'est aller porter les services publics, aller porter le savoir, porter la connaissance, mais euh quand on est tout seul à le faire, quand on n'est pas suffisamment accompagné, ben ça pose des problèmes.

Alors, vous avez parlé de de la question de la santé, je peux y revenir si ça ne vous dérange pas. Euh la Guyane, c'est le territoire euh qui fait partie des plus grands déserts médicaux de France et de Navar. Euh malgré tout, on se bat pour augmenter l'attractivité parce qu'on a bien compris que si le territoire n'est pas attractif, les médecins, les personnels de santé, les personnels paramédicaux n'auront pas envie de venir et comme les il viendraient ben ils auraient très rapidement envie de repartir.

Donc on lutte contre ça. Mais n'empêche que il y a des équipements très très lourds dont la GU en a besoin. Moi je suis en rémission de cancer de l'estomac.

Euh j'étais soigné à Gustav Roussi. Euh, j'ai vu mourir beaucoup de personnes. J'ai vu beaucoup de compatriotes, des concitoyens de Guyan, des Antilles qui étaient là en train de souffrir parce qu'ils étaient loin de leur famille, loin de leurs amis, loin de leurs parents.

Et vous savez, le professeur qui m'a soigné m'a dit que pour pouvoir guérir de ces pathologies, il y a 60 % de thérapie médicamente et puis il y a 40 % qui se passent dans la tête. Et dans la tête et bien, il y a le moral, il y a la présence des amis, la présence des familles. Donc quand ces gens-là sont aussi éloignés de leur lieu, de leur famille, ben il est évident que c'est une perte de chance cruelle euh auxquelles ils sont opposés.

Et donc c'est la raison pour laquelle nous avons fait le choix avec le CHU nouvellement créé qui a été mis euh en en route 1er janvier 2025 de faire un travail approfondi sur l'oncologie. Je pense que ça ça fait partie des choses que vous pourriez mettre dans le rapport pour dire que la Guyan a vraiment besoin d'avoir de la médecine nucléaire, d'avoir le tcan, d'avoir le cyclotron sur son territoire parce qu'on observe de plus en plus de personnes malades du cancer en Guyan. des jeunes enfants qui décèdent à l'âge de 2 ans, à l'âge de 4 ans, que des tumeurs au cerveau, des femmes qui souffrent de tripl, euh tumeurs au cerveau, euh cancer au seins, cancer aux eaux verts et cetera, cancer de du col de l'utérus.

C'est vraiment un drame absolu que nous vivons actuellement sur ce territoire. Et donc je considère que à un moment il faudrait que les services de la santé, que les services du gouvernement comprennent que il faut accompagner le territoire parce que moi je vous le dis clairement, si euh le gouvernement ne prend pas le temps d'entendre les revendications qui mèent de la base, euh on pourrait se retrouver dans une configuration qui s'apparenterait à celle que l'on connaît en nouvelle C donné. C'est-à-dire que une grosse frange de la population qui va demander que l'on coupe le cordon euh ombilical d'entre Paris et Cayen, ce n'est pas ce que nous souhaitons, ce n'est pas du tout ce que nous envisageons.

Mais je pense que à force de tarder à prendre les bonnes décisions en matière de santé, en matière d'éducation, en matière de mobilité, en matière d'accès au services publics, l'eau, l'électricité et cetera et cetera, et ben ça finira par créer un gros mouvement de protestation, un gros mouvement de révolte comme la GUA en a connu euh il y a quelques décennies, mais cette fois-ci, par rapport à ce que j'entends sur le terrain, ce mouvement-là risque d'être d'une ampleur inégalée, une ampleur inédite et et je ne sais pas comment le gouvernement pourrait réagir à cela. Donc moi, je préfère le dire pendant qu'il est encore temps que nous prenions nos dispositions. 80 ans de départementalisation, c'est bien.

Je ne dis pas que la départementalisation n'a rien apporté à la Guyane. Elle a certes apporté un certain nombre de confort à des personnes qui sont sur le territoire. Mais aujourd'hui euh dans ce monde multipolaire qui bouge tellement vite avec tellement euh de problèmes qui émanent par-ci par-là, ben nous considérons qu'il est plus qu'impératif que notre tutelle parisienne comprenne définitivement que mettre un peu plus d'attention et un peu plus de moyens financiers, un peu plus d'accompagnement en ingénierie sur le territoire de la Guyanne ne pourrait que nous porter bénéfique parce que je le dis encore une fois l'avenir de la Guyan il a l'avenir de la France mais je pense que l'avenir de la de la France est aussi lié à l'avenir de la Guyanne tout simplement.

Merci monsieur le président. Je peux m'arrêter là si ça vous dérange pas. Oui, il il me reste juste une petite question, je profite que vous soyez là.

C'est une question assez rapide. Elle concerne le développement, elle concerne l'éducation et le développement des classes bilingues. Est-ce que vous pensez euh que c'est une c'est un outil, une clé pour lutter contre l'illétrisme ou l'échec scolaire ?

Et je voulais savoir si ces classes bilingues, si elles existent, si elles sont répandues en Guyane et comment elles sont accueillies par la population. Euh alors, on a des classes bilingues mais c'est assez particulier parce que c'est quoi ? C'est c'est français anglais, c'est anglais espagnol, c'est le créole aussi la prise en la prise en compte des langs régionales.

Euh alors il y a il y a il y a des instituteurs, il y a des il y a des professeurs des écoles qui font l'enseignement euh des dans les langues maternelles, mais comme ça n'est pas ça n'a pas de caractère obligatoire, ça n'est pas répandu sur l'ensemble du territoire. Alors queon sait très bien que tous les enfants quasiment de Guyan il naissent dans des communes, ils naissent dans des communautés où le français n'est pas la langue maternelle et leur langue maternelle ça peut être le calin ça peut être le bouchinegué, ça peut être le créole et dans le créole vous avez le créole haïtien, le créole ganais, vous avez le créole Martinequael, le créole gualoupéen. Bon, il y a des ressemblances, il y a des passerelles.

Mais quand vous regardez le créole, les créoles d'un côté et les langues bouchinegé qui sont parlés particulièrement sur le maronis, ben ça n'a strictement rien à voir. Quand vous regardez les langues améridiennes, il y a six nations améridiennes anguyanes qui parlent des langues qui sont différentes les unes des autres. On considère effectivement que il faudrait créer ces dynamiques de bilinguisme, de multilinguisme, de quadrilinguisme comme on dit parce qu'on a des enfants Guyanes qui parlent français, qui parlent créole, qui parlent portugais, qui parlent espagnol, qui parlent bouchinegué.

Ils sont ils sont vraiment polyglotes. C'est une grande caractéristique de certains jeunes de Guyan ou certains quartiers de Guyan. Mais cette caractéristique qui de mon point de vue doit être vue comme étant un avantage certain n'est pas suffisamment mis euh en évidence.

C'est des enfants qui seront scolariser euh dans des filières avec lesquelles ils n'ont pas d'appétences particulières. Euh simplement parce que au départ ils ne comprennent pas bien le français. Moi je vous dis, j'ai vécu l'expérience, j'étais chréolophone.

J'ai commencé à à parler français, à baragueuler le français à partir de l'âge de 20 ans. Après, bon, j'ai fait des efforts pour voir m'adapter à cette langue, mais je vous garantis que quand j'étais moi-même petit garçon à l'école, j'avais de grandes difficultés avec le parler français. Alors, j'ai pu m'en sortir, mais je connais beaucoup également euh qui n'ont pas réussi à passer le cap et qui aujourd'hui euh sont des trains de misère, des train de saves parce que l'école n'a pas réussi à leur donner euh cette motivation et cette capacité à pouvoir se développer, à s'épanouir.

Donc moi, je vous dirai oui, je suis tout à fait en faveur de la multiplication à l'infini des classes pilingues seulement parce que je vous dis que la Guan c'est un monde en miniature où on retrouve toutes les cultures, toutes les langues parlées, toutes les nationalités. Donc si il y a une dynamique qui peut se mettre en place pour favoriser l'expression de toutes ces langues, moi je dirais chiche, pourquoi pas ? Mais il y a une chose qui est fondamentale, c'est que il faudra absolument que les langues maternelles soient mises en évidence et qu'elles servent d'appui, qu'elles sertent de relais pour permettre à l'enfant de bien pénétrer le système scolaire français tel qu'il est fait dans les manuels qui ne sont pas toujours adaptés.

Par ailleurs, je sais qu'il y a aussi de gros efforts qui ont été faits sur les manuels d'histoire de géographie. Des efforts qui ont été réalisés par des enseignants de de Guyan qui ont édité des manuels qui euh rapprochent les enfants au plus près de leur réalité. Moi quand j'étais petit, on m'a pas appris le Maroni, Loyapoc, la Prouag, on m'a appris la scène, la Loire, la Garonne, on m'a appris le massif central, les Alpes et cetera et cetera.

Alors, je vous cache pas que pour moi ça me faisait un gros différentiel parce que je me demandais mais pourquoi on me fait apprendre ces choses-là ? parce que ça ne le parlait pas. Et puis après bon, j'ai compris que c'est un système qui est comme ça qui était uniformisé.

On on dit que la République souvent alors j'entends des gens direent que la République doit rester une indivisible. Je rappelle que de la Constitution, il est dit que la République elle est elle est elle est elle est une mais que n'est pas indivisible. Donc ça veut dire que il y a il y a un problème à ce niveau-là.

Donc euh moi je vais résumer ma réponse très rapidement pour vous dire que je suis tout à fait d'accord euh pour que on fasse ce travail sur la multiplicité des langues, mais il n'empêche que il faudra donner une priorité absolue à la langue maternelle qui est parlée par les enfants quoi. C'estàd chevinement lorsqu'il était ministre de l'éducation nationale, il avait dit que l'enseignant doit être quelqu'un qui partage les mêmes valeurs que l'enfant auxquelles il enseigne. Et je considère que l'une des premières valeurs que l'on doit pouvoir partager avec les enfants et ben c'est le langage.

C'est ça qui unit les hommes, c'est ça qui nous permet d'échanger. C'est ça qui nous permet de grandir ensemble, de partager le monde dans lequel nous sommes. Et si il y a cet ess de yatus langagier au départ entre la langue parlé par l'enseignant et la langue parlée par l'enfant, et ben ça ne peut pas ça ne peut pas aboutir à des résultats favorables.

On a des enseignants qui arrivent de partout qui viennent de Martinez, de Guadeloupe, de Mayonne, de France hexagonale qui sont euh affectés dans des endroits du territoire où euh ben les gens les enfants ne parlent pas le français. Alors, c'est vrai que depuis euh quelques années euh l'éducation nationale, le rectorat en Guyan ont pu mettre en place euh les intervenants en langue maternelle. Ce sont des personnels qui sont là au côté des enseignants pour les accompagner, pour faire le trait d'union entre l'enfant et l'enseignant.

C'est quelque chose qu'il faudrait démocratiser partout sur le territoire parce qu'il y en a pas suffisamment. Et si on n pas suffisamment et ben on va encore retrouver sur nos deux pieds. C'est simplement parce que les dotations qui sont allouées, qui sont octroyées au système éducation national ne sont pas suffisantes eu égard aux besoins qui sont manifestés par les différents recteurs qui se sont succédés à ces postes-là.

Merci beaucoup monsieur le président. Monsieur le président, une dernière petite question mais je pense que vous allez répondre favorablement. Êtes-vous euh favorable à un Erasmus ? régional pour vous les pour les étudiants.

Vous savez que vous savez que pour nos étudiants il y en a beaucoup qui en font la demande et ce sont des demandes auxquelles on n'arrive pas à apporter les éléments de réponse parce que tout a été fait pour être dans la mobilité européenne mais je pense que c'est c'est vraiment quelque chose qu'il faut faire. D'ailleurs, notre volonté euh est bien de faire en sorte euh de pouvoir coopérer, de pouvoir échanger avec euh avec les pays voisins, avec le Surinam, le Guyana euh auquel on rend souvent visite qui viennent chez nous avec l'État de la Mapa et du Paris au Brésil qui sont les plus proches voisins, mais aussi avec la Caraïbe. Je vous ai dit que j'étais récemment, on va faire tout pour adhérer à la Carcom.

On va essayer de voir aussi comment faire pour adhérer à l'OTCA. C'est euh l'OTCA, c'est l'observatoire. Euh non, c'est pas observatoire au TCA avec le les pays d'Amérique du Sud.

OTCA, ben ça m'échappe. Mais mais c'est c'est c'est un ensemble qui regroupe des pays du bassin euh du bassin amazonien euh Brésil, Venezuela, Colombie et ça. C'est l'organisation du traité de coopération amazonienne.

Voilà, on m'a soufflé la bonne réponse dans l'oreille. Donc euh vous imaginez bien que euh on a des échanges aussi en matière de santé euh avec le Brésil, avec le Guanel Surenam, on a de la coopération euh sur la sécurité civile avec nos pompiers euh qui vont former certains Brésiliens, des Brésiliens qui viennent chez nous. Enfin vraiment, on est dans cette dynamique là et je pense que si pour notre jeunesse on arrive à faire un Erasmus régionalisé Caribbe, Caraïbe, bah c'est amazonie et cetera, ben ça serait pour le plus grand bonheur de tous les jeunes de ce territoire.

Alors, il y a une autre question aussi qu'on va poser parce que il y a les étudiants de côté, mais il y a aussi des associations euh qui des fois ont besoin d'aller voir ce que ce qui se passe chez le voisin et on se posait la question de savoir est-ce que le programme EErasmus ne serait pas euh susceptible de pouvoir accompagner également ces associations euh qui portent des projets également de grande valorisation, d'innovation pour le territoire guanis. Euh au niveau de la CTG, on a créé euh euh une espèce d'incubateur euh qui s'appelle le bilan de développement innovation où on accompagne beaucoup de start-ups parce qu'il y a beaucoup de jeunes. Euh alors il y a des jeunes qui sont il est très qui qui échouent mais vous savez que il y a beaucoup de jeunes également Guyan qui réussissent très bien leur vie et qui sont à la pointe de l'actualité en terme d'innovation.

Euh, on essaie de les accompagner autant que faire ce peu. Mais il est évident que si ces jeunes avaient la possibilité d'aller interagir avec d'autres jeunes ou d'autres moins jeunes euh de la Caraïbe du bassin amazonnier, ça serait véritablement un plus pour les évolutions possibles de la Guyane. Donc voilà, je crois que euh il faudra qu'on insiste en conclusion sur le fait que la Guyenne, c'est un territoire qui est très spécifique parmi tous les territoires, tous les autres territoires de mer. un territoire immense.

C'est le plus grand département de France en superficie. Euh c'est un territoire immense mais qui est très enclavé, un enclavement aussi bien euh vers l'extérieur que un enclavement en intérieur. Euh un environnement sud-américain qui est extrêmement dynamique auquel nous voulons euh participer, mais il faudrait pas que les réglementations continuent à nous étrangler et à nous empêcher de collaborer avec nos proches voisins. des dotations des dotations et des ressources des collectivités comme je dit précédemment qui sont très très inférieures au moyen observé dans les autres départements et régions d'autres mer la dynamique démographique qui est peut-être en train de se tasser très légèrement parce que l'inse nous dit que on observait une diminution sensible de l'immigration sur le territoire guanais mais le taux de natalité il est toujours très dynamique et donc ça veut dire que la population continuera de croître avec un développement de la médecine qui même si nous est pas favorable mais permet d'allonger la durée de vie de nos concitoyens et puis une diversité communautaire et linguistique on vient d'en parler qui fait de la Guyane monde en miniature.

Alors c'est effectivement une joie pour nous que d'être en contact avec toutes ces communautés avec toutes ces langues, avec toutes ces cultures, mais en même temps cela n'est pas sans causer un certain nombre de freins aux dynamiques que nous voulons mettre en place. tout simplement nécessité d'avoir des politiques publiques qui soient très très spécifiques à la Guyenne et queon ne soit pas là à exécuter tout simplement des décisions qui sont certes prises au niveau national qui correspondent à des besoins clairement identifiés au niveau de la France hexagonale mais qui en réalité ne correspondent pas aux besoins de la Guyanne parce que la Guyane c'est un environnement géopolitique différent, c'est une économie différente, c'est des cultures différentes, c'est un climat différent, c'est un développement qui est aussi différent de de celieu de la France hexagonale. Donc quand vous mettez tout ça bout à bout et ben ça vous donne un territoire qui est très particulier que nous affectionnons particulièrement.

Ça, je tiens à vous le dire que malgré ces difficultés-là, ben nous prenons beaucoup de plaisir à vivre sur le territoire. Et je voudrais dire à celles et ceux qui n'ont pas encore mis les pieds sur le territoire de la Guyane euh qu'ils sachent qu'ils seront les bienvenus le jour où ils vont décider de venir ou de revenir parce que j'ai compris que certains d'entre vous y avaient déjà mis le pied. Peut-être que vous n'avez pas tout vu.

Euh j'espère que vous n'allez pas attendre que le ballon dirigeable de Flying Wes arrive en Guyanne pour venir nous rendre visite parce que on pourra vous faire la démonstration de la réalité de tout ce que j'ai pu dire aujourd'hui. Et j'espère mesdames et messieurs sénatrices et sénateurs que le rapport que vous allez élaborer sera de nature vraiment conclusive pour permettre au gouvernement de réaliser à quel point nous sommes impatients de voir un certain nombre de réalisations sur le territoire guané. Je vous en remercie.

Bien. Ben merci monsieur le président pour vos propos détaillés pour vos préconisations que nous allons effectivement reprendre dans le transport en espérant être écouté. Et euh donc nous attendons aussi euh vos réponses écrites avant le 22 mai.

S'il y a d'autres éléments euh que vous vouliez ajouter, n'hésitez pas à le faire et je vous dis merci pour votre invitation. Juste c'est moi qui vous remercie madame la présidente. Merci beaucoup pour le travail que vous faites.

Je serai au Sénat le 18 parce que je vais accompagner madame Corine Toka de Villier. C'est une dame originaire des populations amédienne qui est en train de se battre au côté de la sénatrice de de Saï. Euh non, c'est pas de c'est un autre nom mais c'est une sénatrice qui l'accompagne sur ce projet-là qui consiste à rapatrier en Guan les ossements de ces aïux qui avaient été exposés à Paris à l'occasion de l'exposition universelle entre 1882 et 1892.

Alors, il y a certains qui ont pu regagner la Guyane dans le temps et puis il y a d'autres qui sont morts en France hexagonale qui ont été enterrés et dont les osmons ont été exumés et conservés dans différents musées. Alors, je sais pas si c'est au musée du Québranli, mais il se trouve que ces osms sont quelque part euh dans des musées à Paris. Et donc elle a réussi à faire avec la sénatrice qui l'accompagne introduire auprès du Sénat et prochainement auprès de l'Assemblée nationale une loi d'espèce qui va permettre que ces osements en tout cas je l'espère puissent être rapatriés pour que ces populations que leur descendance puissent opérer les rituels funéraires comme ils en ont l'habitude et puis faire en sorte que les âmes quelque part soient apaisées parce que c'est une notion qui est très très forte chez les populations amédiennes. des bouchinegés euh que de pouvoir respecter la mémoire des ancêtres et de faire en sorte que leurs âmes puissent reposer en paix.

En sachant qu'ils font souvent appel à à ces ancêtres dans leurs incantations, dans leurs prières quand ils sont dans des difficultés. Et alors, on croit ou n'y croit pas, euh moi je suis pas là pour entrer dans ce débat, mais je pense que et j'espère dans tous les cas que les collègues sénateurs comprendront la nécessité absolue de répondre favorablement à cette requête de madame Corine Toka de Villier euh qui qui n'est pas seule dans ce combat puisque nous l'accompagnons également. Et puis peut-être que ça me permettrait au passage d'avoir l'occasion de vous rencontrer dans les couloirs du Sénat si vous y êtes prochainement.

Ça sera le 18 dans l'après-midi. Sera avec plaisir. Merci beaucoup.

Merci beaucoup. On se dit bonne continuation et à très bientôt. Au revoir.

Merci.