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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 16 mars 2021 64 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesEurope & international

France, Allemagne, Italie...AstraZeneca suspendu #cdanslair 15.03.2021

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 18 %Attaque 14 %Défensif 68 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Comment analyser la suspension de la campagne AstraZeneca par Emmanuel Macron ?

  • 2:25OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la thrombose exactement ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Le principe de précaution est-il trop poussé ?

  • 5:29OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a-t-il été pris de court par l'Allemagne ?

  • 7:36OuverteRéponse directe

    Cette suspension va-t-elle perturber la campagne vaccinale ?

  • 9:01OuverteRéponse directe

    Que dire aux Français vaccinés avec AstraZeneca inquiets ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:31PrésentateurChiffre
    « Vous l'avez dit que 30 cas sur 5 millions, ce qui fait 0,0006%. »
  • 3:24PrésentateurChiffre
    « Ce qui n'est pas rien parce qu'il y a 11 millions d'anglais qui ont été vaccinés à l'AstraZeneca. »
  • 8:23PrésentateurChiffre
    « Il y avait quand même 150 000 doses cette semaine d'AstraZeneca qui arrivaient, la semaine prochaine autant. »
  • 8:45PrésentateurFait
    « C'est-à-dire, Christine Rousiou, il y avait des pharmaciens qui étaient en train de vacciner, et ils regardaient à la télévision Emmanuel Macron en train de dire, on arrête tout. »
  • 13:27InvitéFait
    « La décision qui a été prise, en conformité aussi avec notre politique européenne, c'est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca, en espérant la reprendre vite, si l'avis de l'EMA le permet. »
  • 15:12PrésentateurChiffre
    « 9 millions de doses du vaccin Pfizer étaient attendues en mars. 5,6 millions ont été livrées. Seulement 600 000 doses du Moderna au lieu d'un million et demi. Quant à AstraZeneca, elle n'a livré qu'1,6 million de doses à la France au lieu des 6 millions commandés et payés. »
  • 16:21PrésentateurChiffre
    « 30 millions de doses sont bloquées dans cet entrepôt. Un vaccin pas encore homologué par les autorités américaines qui refusent de les exporter vers l'Europe. »
  • 26:22PrésentateurChiffre
    « On compte désormais plus de 1100 patients en réanimation aujourd'hui en Île-de-France. »
  • 26:33PrésentateurChiffre
    « Le taux d'incidence vient de passer la barre des 400 pour 100 000 habitants. »
  • 27:03PrésentateurFait
    « Une opération en forme de dernière chance pour le gouvernement, qui cherche à éviter à tout prix un reconfinement en région parisienne. »
  • 27:32PrésentateurChiffre
    « Aujourd'hui, 1134 lits sont occupés, soit près de 99% de la capacité d'accueil. »
  • 30:30PrésentateurChiffre
    « On est à 404 exactement. »
  • 43:46PrésentateurFait
    « Et ça vous a valu donc les honneurs de la presse américaine. »
  • 44:06PrésentateurChiffre
    « on est passé sous les 50 pour 100 000 habitants en taux d'incidence. »
  • 46:18InvitéChiffre
    « AstraZeneca encore lui 22% de mauvaise réponse contre ce virus sud-africain. »
  • 49:07InvitéFait
    « les restaurants qui avaient pourtant rouvert ont baissé le rideau »
  • 50:22PrésentateurFait
    « c'est sûr que de voir les magasins fermés, le peu de monde dans les rues, c'est triste »
  • 50:55PrésentateurFait
    « ce confinement devrait durer au moins jusqu'au week-end de Pâques »
  • 52:24PrésentateurFait
    « il y a des malades qui sont partis à Bordeaux, il y a des malades qui sont partis à Nantes »
  • 53:50PrésentateurChiffre
    « on est quasiment à 140 jours dans une situation assez stable »
  • 54:34PrésentateurFait
    « la classe politique française de ne pas fermer les écoles »
  • 55:24InvitéFait
    « les dernières études qui cherchaient à savoir où on se contaminait montrent à l'évidence que c'est finalement quand on se réunit pour manger et boire »
  • 56:16InvitéFait
    « il y a quand même des signaux assez forts d'augmentation du taux de positivité dans la tranche d'âge 15-44 ans »
  • 57:21PrésentateurFait
    « c'est un vaccin qui est globalement un bon vaccin »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Invité19 %

1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. La France suspend le vaccin AstraZeneca. C'est un retournement complet de situation alors que Jean Castex faisait encore part hier soir de toute sa confiance dans ce vaccin anglo-suédois. Mais depuis les Pays-Bas, l'Allemagne cet après-midi ou encore l'Italie ont suspendu leur campagne de vaccination le temps d'enquêter sur ces cas de thrombose. Emmanuel Macron suspend donc la campagne dans l'attente de l'avis de l'autorité européenne du médicament qui devrait être rendu demain après-midi. Que penser de cette suspension ? Faut-il s'inquiéter ?

C'est en tous les cas une bien mauvaise nouvelle pour la confiance dans ce vaccin AstraZeneca et pour la campagne de vaccination au moment même où l'épidémie de coronavirus flambe en Ile-de-France avec des services de réanimation saturés. Et l'Ile-de-France, un territoire clairement en sursis de l'aveu même de Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France. C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air intitulé ce soir France, Allemagne, Italie, AstraZeneca suspendu. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match.

Christine Rousiou, professeure émérite de virologie à la faculté de médecine Necker, membre des académies de médecine et de pharmacie. Merci. En visioconférence, on retrouve docteur Agnès Ricaribon, vous êtes chef du service du SAMU 95, membre de la Société française de médecine d'urgence. Et enfin, professeur Bertrand Guidé, chef du service de médecine intensive réanimation à l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Professeur Rousiou, on commence avec vous. Comment analyser, quelle a été votre réaction quand vous avez entendu Emmanuel Macron annoncer cet après-midi la suspension de la campagne de vaccination AstraZeneca ?

2:03
Invité

D'abord, comme tout le monde, assez surprise, d'autant qu'elle venait à la suite de la suspension par l'Allemagne. Maintenant, nous n'avons pas encore toutes les informations. Pour le moment, tous les cas qui avaient été signalés étaient très inférieurs aux cas attendus en population générale. Donc une fréquence faible avec un bénéfice risque qui était très en balance du bénéfice.

2:25
Présentateur

C'est quoi la thrombose exactement ? Puisqu'il s'agit de quatre thromboses qui paraissent très suspects, même s'ils ne représentent. Vous l'avez dit que 30 cas sur 5 millions, ce qui fait 0,0006%.

2:36
Invité

En fait, ce risque de thrombose existe en population générale avec un risque relativement beaucoup plus élevé. Donc il est difficile de dire si ce qui est observé est lié au vaccin ou si c'est complètement indépendant. Ça peut survenir chez beaucoup de gens, même indépendamment de la vaccination. Donc ce qui est nécessaire maintenant de savoir, et je pense que c'est ça que l'agence du médicament doit collecter à droite et à gauche, c'est y a-t-il un lien de causalité qui fait qu'il est nécessaire d'interrompre ou pas ?

Alors maintenant, qu'est-ce qui a pu se passer ou qu'est-ce qui peut faire que nous n'avons eu aucune de ces informations-là, ni des écossais, ni des anglais, ni au cours de l'essai thérapeutique et de la phase 3 ?

3:24
Présentateur

Ce qui n'est pas rien parce qu'il y a 11 millions d'anglais qui ont été vaccinés à l'AstraZeneca.

3:28
Invité

Ce qui n'est pas rien, voilà. Alors maintenant, ce qu'il faut savoir aussi, c'est que fabriquer un vaccin, ça veut dire plusieurs lots. Alors est-ce qu'il y a une différence de lots ? Ce n'est pas si simple de produire des adénovirus, c'est des cultures cellulaires, ça peut être de façon un peu variable d'un lot à l'autre. Et donc, la réaction des Italiens en disant, on arrête sur ce lot, on arrête, en incriminant plutôt un lot qu'un autre.

Mais c'est vrai qu'il nous faut, il faut que l'agence du médicament ait beaucoup plus d'informations sur quels sont les différents lots qui ont été distribués dans les différents pays et quels ont été les lots qui ont été utilisés en Écosse et en Angleterre et où ont été fabriqués les lots qui sont distribués actuellement.

4:12
Présentateur

Professeur Bertrand Guidé, quelle est votre analyse ? Est-ce que c'est le principe de précaution peut-être qui serait un peu trop poussé ? Ou est-ce que non, on a raison en termes de vaccination, de prendre toutes les précautions dès lors qu'il y a quelque chose qui s'allume ? Je pense qu'il y a plusieurs messages. Premier message, la pharmacovigilance fonctionne bien, c'est-à-dire qu'il y a un suivi des personnes qui ont été vaccinées et s'il y a des effets secondaires, on les déclare et on les analyse. Donc ça, je pense que c'est un point très positif.

Le deuxième élément, c'est que s'il y a une suspicion, on doit absolument préserver la santé des personnes vaccinées et donc je trouve que le principe de précaution doit s'appliquer, en l'occurrence, sous bénéfice d'inventaires, c'est-à-dire qu'il va y avoir des analyses de fait de ce qu'on appelle l'imputabilité, c'est-à-dire est-ce qu'il y a des arguments forts qui trouvent un lien entre la vaccination d'une part et la survenue d'un certain nombre d'effets secondaires, dont ces complications thrombo-emboliques.

Et je pense que le bon terme utilisé, c'est moratoire, c'est-à-dire qu'effectivement, il faut continuer à produire le vaccin, il faut continuer à le commander, il faut les avoir dans nos frigos et pouvoir reprendre une campagne de vaccination si effectivement ces doutes étaient levés par l'Agence européenne du médicament. Bruno Jeudy, est-ce qu'on peut dire qu'Emmanuel Macron a été pris de court, notamment par cette annonce de l'Allemagne qui, cet après-midi, a décidé de suspendre AstraZeneca. Et c'est vrai que dans la foulée, on a vu un Emmanuel Macron prendre la parole, ce qui n'était pas forcément prévu, pour lui aussi annoncer la suspension de AstraZeneca.

J'ai envie de vous dire oui et non. Oui, parce qu'effectivement, cette prise de parole sur ce sujet-là, cet après-midi, à Montauban, dans le cadre du sommet franco-espagnol, n'était pas prévu. On a un indice d'ailleurs qui le laisse clairement montrer, c'est ce que dit hier soir Jean Castex, que Jean Castex s'engage encore sur la sécurité autour de ce vaccin AstraZeneca. Mais c'est vrai que la décision de l'Allemagne de le suspendre aujourd'hui, on sait qu'il y a une coordination entre la France et l'Allemagne. Le gouvernement fédéral décide de prendre cette décision.

Très difficile pour la France de ne pas s'aligner sur nos voisins, d'autant plus que l'Allemagne n'est pas le premier pays à prendre cette décision. En fin de semaine dernière, plusieurs États membres de l'Union européenne avaient pris des décisions similaires. Et le professeur rappelait que l'Italie avait retiré un lot. Donc de toute façon... Et là, l'Italie a suspendu, comme la France également, cet après-midi, sa campagne. Donc il y a oeuvre à la fois de... il y a principe de précaution et oeuvre de transparence, puisque là, le président vient prendre la parole et le dit, donne le délai pour décision de l'avis de la Haute Autorité Européenne du Médicament, prévu demain après-midi.

C'est vrai que les téléspectateurs qui nous regardent doivent se dire, décidément, avec ce AstraZeneca, il est vraiment mal né. Trop d'incertitudes depuis le début, une communication aussi défaillante. Et puis, à vous ajouter à ça, les difficultés d'approvisionnement autour de cette marque de vaccins. Donc là, il y a vraiment une difficulté. Ça tombe mal, parce qu'en plus, c'était le premier jour de vaccination dans les officines des pharmaciens. Cette semaine, il y avait... c'est une désorganisation quand même de la campagne vaccinale qui peut se produire.

C'est-à-dire, Christine Rousiou, il y avait des pharmaciens qui étaient en train de vacciner, et ils regardaient à la télévision Emmanuel Macron en train de dire, on arrête tout. Donc on imagine, quand même, ça doit être très désarçonnant pour un pharmaciens.

7:49
Invité

Oui, oui, ça doit être terriblement gênant. Mais en même temps, on voit bien que ces phénomènes sont extrêmement peu fréquents. Donc voilà, il faut qu'ils finissent leur vaccination, et puis aujourd'hui, et puis on attend demain. Si c'est pour retarder d'une semaine ou deux, ça va, c'est pas dramatique.

8:06
Présentateur

L'Agence européenne des médicaments, on me le dit à l'instant, fera une communication extraordinaire, une réunion extraordinaire sur ce vaccin, jeudi.

8:13
Invité

Oui, je pense qu'ils vont avoir des tas d'informations que nous n'avons pas.

8:18
Présentateur

Pardonnez-moi, je vous avais coupé. Non, à court terme, de toute façon, c'est une désorganisation de la campagne vaccinale. Il y avait quand même 150 000 doses cette semaine d'AstraZeneca qui arrivaient, la semaine prochaine autant. Donc on avait une montée en puissance dans la deuxième quinzaine de mars, alors que cette même campagne vaccinale, on le sait qu'elle a mis du temps à se mettre en place, qu'elle patinait. Et là, c'est encore un coup dur sur cette opération vaccinale de grande ampleur.

D'autant plus qu'il faut rappeler qu'il y avait aussi les populations vulnérables qui commençaient à être élargies à d'autres populations, est-ce que demain, il va falloir se concentrer uniquement sur les populations vulnérables compte tenu du fait qu'on a un vaccin de moins et que les autres ne doivent arriver sur le marché que d'ici un mois ? Docteur Agnès Ricaribon, il y a eu en France des centaines de milliers de Français qui ont été vaccinés, qui ont reçu une dose, voire certains d'eux, à ce vaccin AstraZeneca. Je sais que vous-même, vous participez à des campagnes de vaccination éphémère à Sanois, dans le Val d'Oise.

Vous avez sûrement vu ces gens un peu inquiets, d'ailleurs, face à l'AstraZeneca, dont on disait qu'il n'était pas efficace. Vous leur avez sûrement dit « mais s'il n'y a pas de problème », qu'est-ce que vous leur diriez ce soir ? Parce qu'ils doivent être inquiets quand même, tous ces centaines de milliers de Français à qui on a injecté de l'AstraZeneca. Nous, on a plutôt vu des patients qui étaient contents d'être vaccinés, d'avoir un vaccin, que des patients qui ont peur du vaccin. Il est absolument normal, et ça montre que le système de pharmacovigilance marche, qu'à partir du moment où il y a un événement indésirable, qu'on étudie avec beaucoup d'attention la question.

Mais encore une fois, là, pour l'instant, le lien de causalité, il n'est pas établi. Donc, ce principe de précaution, il ne faut pas que ce principe de précaution aille à l'encontre de l'intérêt patient, et qu'on ait au final plus de patients touchés et une mortalité plus élevée, parce qu'on aura retardé de façon indue la vaccination. Donc, il est normal qu'il y ait un principe de précaution, mais ça ne doit pas durer trop longtemps, et qu'il y ait une communication qui est vraiment transparente sur les décisions qui sont prises.

Parce que si c'est le phénomène du hasard, et non pas un lien de causalité, ça ne doit pas remettre en question la confiance des patients dans ce vaccin, parce qu'à l'heure actuelle, la seule solution vraiment pour protéger la population de cette épidémie, c'est la vaccination, et une vaccination de masse est rapide, parce qu'on a vraiment un système de santé qui est sous tension, et on a besoin d'accélérer cette vaccination. Et donc, il faut que les décisions soient, les analyses soient faites rapidement, et que les décisions soient prises rapidement en totale transparence, pour qu'il y ait une vraie confiance rétablie sur ce vaccin.

Il y a quand même des milliers de personnes qui ont été vaccinées en Angleterre, en Écosse et ailleurs, sans qu'il y ait de difficultés particulières. – 11 millions de Britanniques. Bruno Jeudy, sur ce principe de précaution, on pensait que c'était une spécificité française, qu'il n'y avait que nous qui portions aussi haut ce principe de précaution, on a l'impression que c'est largement partagé, en tous les cas chez nos amis danois, hollandais ou allemands, qui nous ont précédés dans la mise en étendard de ce principe de précaution. – Vous avez raison de rappeler qu'ils nous ont précédés, oui, le principe de précaution, en plus, nous, il est inscrit dans la Constitution.

Non, je crois qu'en l'occurrence, depuis le début de la crise sanitaire, tous les pays sont extrêmement vigilants sur toutes ces questions sanitaires. De toute façon, l'opinion suit ça en direct, elle a besoin d'être rassurée. Et c'est vrai que l'AstraZeneca, depuis le début, est un vaccin qui suscite beaucoup d'interrogations. Les Français ont pris leur décision après les Allemands, c'était très difficile de faire autrement. – Les Belges l'ont fait, la Belgique a dit, on continue, même si tout le monde autour de nous arrête. – Très difficile quand même, et puis c'est aussi, j'allais dire, un principe, pour le coup, de solidarité européenne.

Là, maintenant, il y a quand même beaucoup de pays, et donc, bon, logiquement, c'est maintenant la haute autorité du médicament européen de prendre sa décision. – C'est donc l'annonce choc de cet après-midi, la suspension de la campagne de vaccination AstraZeneca. Il est vrai que la France pouvait difficilement faire cavalier seule, alors que l'Allemagne, les Pays-Bas, mais aussi l'Italie, le Danemark, l'Islande, l'Irlande, la Norvège, la Bulgarie, tous ces pays ont suspendu la vaccination AstraZeneca suite à des cas de thrombose apparus chez des patients vaccinés. Sujet de Mathieu Lignot et Walid Berissoul. – Le doute persiste, et même s'amplifie, sur le vaccin d'AstraZeneca.

La liste des pays européens à l'avoir suspendu s'est allongée. L'Allemagne et l'Italie, cet après-midi. Et pour la France, c'est le président lui-même qui a annoncé avoir pris la même décision. – La décision qui a été prise, en conformité aussi avec notre politique européenne, c'est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca, en espérant la reprendre vite, si l'avis de l'EMA le permet. Et donc là aussi, nous avons un guide simple, être éclairé par la science et les autorités sanitaires compétentes, et le faire dans le cadre d'une stratégie européenne. Donc nous suspendons jusqu'à demain après-midi.

13:42
Invité

– La défiance en Europe. Alors que ce matin, au Royaume-Uni,

13:46
Présentateur

l'un des paires de ce vaccin conçu à Oxford a essayé de dissiper les inquiétudes sur les effets secondaires. – Il y a des preuves très rassurantes qu'il n'y a pas d'augmentation du phénomène de caillots sanguins ici au Royaume-Uni. – Un coup dur pour AstraZeneca, alors que depuis ce matin, les pharmacies avaient enfin commencé à vacciner,

14:06
Invité

au compte-gouttes, il faut bien le dire. – Donc voilà le vaccin, AstraZeneca, le Graal. – Pourquoi le Graal ? – Parce qu'il est rare. – Fin de semaine dernière, on a reçu une dose. Cette semaine, on doit recevoir deux doses. Et a priori, au moment où je vous parle, je ne peux pas commander des doses supplémentaires pour la semaine prochaine.

14:31
Présentateur

– Visibilité réduite, également pour les médecins. Appeler eux aussi à devoir patienter, à travers une note de la Direction Générale de la Santé, publiée hier. – Le volume des livraisons de vaccins par le laboratoire AstraZeneca contraint très fortement les approvisionnements. Au maximum, 30 000 médecins pourront commander un flacon. – Et la situation n'est pas près de s'améliorer.

14:52
Invité

– La semaine prochaine, nous aurons peu de doses. La semaine suivante, nous aurons peu de doses. Et il est à craindre que la semaine suivante, nous ayons peu de doses également.

15:02
Présentateur

– Pourtant, le gouvernement assure que son objectif des 30 millions de Français ayant reçu au moins une dose d'ici fin juin sera tenu. Mais pour l'instant, l'intendance a du mal à suivre. 9 millions de doses du vaccin Pfizer étaient attendues en mars.

15:15
Invité

5,6 millions ont été livrées. Seulement 600 000 doses du Moderna au lieu d'un million et demi. Quant à AstraZeneca, elle n'a livré qu'1,6 million de doses à la France au lieu des 6 millions commandés et payés. Et le groupe pharmaceutique vient d'annoncer ce week-end encore de nouveaux retards de livraison. De quoi éprouver un peu plus la patience du monsieur vaccin de l'Union européenne. – Une entreprise, ça rend des comptes aussi. Le directeur général, mais aussi le conseil d'administration. Lorsqu'on signe un contrat qui évidemment dépasse, vous l'avez bien compris, de beaucoup un cadre purement commercial compte une de l'importance.

Si jamais il y a, me semble-t-il, des incohérences, à moi de les dénoncer, au conseil d'administration de prendre évidemment les mesures qui s'imposent. Ce que j'ai du mal évidemment à comprendre, mais on va attendre les explications. Parce que les explications que j'ai eues ne me satisfont pas, moi qui suis sur le terrain quasiment tous les jours. Ce que je n'accepte pas, c'est les retards.

16:12
Présentateur

D'autant qu'avec AstraZeneca, ça n'est pas la pénurie pour tout le monde. De l'autre côté de l'Atlantique, selon le New York Times, 30 millions de doses sont bloquées dans cet entrepôt. Un vaccin pas encore homologué par les autorités américaines qui refusent de les exporter vers l'Europe. Pour Joe Biden, lui aussi, c'est America first. Si nous avons du surplus, nous allons le partager avec le reste du monde. Mais nous allons d'abord nous assurer que les Américains sont vaccinés en premier. Et ensuite, nous aiderons les autres. Merci. Le nouveau président des Etats-Unis avait promis de faire vacciner plus de 100 millions d'Américains d'ici à la fin avril.

Cet objectif vient d'être dépassé ce week-end. Alors, question téléspectateurs. Alors, AstraZeneca, danger ou pas danger ? Question de Gilbert dans l'Hérault, professeur Roussul.

16:58
Invité

On ne sait pas, on ne sait pas. Mais moi, je pense qu'il n'y a pas danger vraiment à un niveau très, très, très élevé. Tout médicament donne des effets secondaires, c'est sûr. Maintenant, est-ce qu'encore une fois, d'un lot à l'autre, on a des différences ? Il est possible, il est possible. C'est vrai que c'est assez dramatique en pleine campagne. Personnellement, je pense qu'il faut attendre la réponse maintenant de l'Agence des médicaments qui va avoir un certain nombre d'informations dans les dossiers puisqu'elle est à même de les réclamer.

17:29
Présentateur

Mais alors, elle déclare cet après-midi que les avantages sont supérieurs aux risques.

17:32
Invité

On est tous d'accord. Il n'y a pas assez de nombre. Le nombre de thromboses est beaucoup trop faible pour dire que les risques sont supérieurs aux avantages. Ça, c'est une évidence.

17:42
Présentateur

Professeur Bertrand Guidé, d'abord, quid des gens qui ont reçu une première injection et qui doivent faire un rappel ? Est-ce que certains pourraient être d'abord, techniquement, leur rappel, il est suspendu également ? Est-ce qu'ils pourraient être tentés de ne pas faire le rappel en disant dans le doute, on ne va pas insister ? Est-ce que clairement, maintenant, le mal est fait, il y a une hiérarchie dans les vaccins et clairement, les Français vont préférer être vaccinés au Pfizer en disant avec le Pfizer, pas de problème ? Oui. Alors, il y a plusieurs remarques.

Première remarque, c'est assez rigolo parce que les vaccins à ARN messager à l'automne, personne n'en voulait en disant ça va modifier mon génome, ça va m'injecter des puces électroniques sous la peau. Enfin, voilà, on avait ce type de délire et maintenant, tout le monde veut des vaccins ARN messager. Comme quoi, il faut avoir un peu de patience et de calme. Là, singulièrement pour ces vaccins adénovirus, c'est quand même intéressant de regarder ce qui se passe avec d'autres vaccins.

Je rappelle que le vaccin Johnson qui arrive en France, c'est un vaccin adénovirus et que quand on compare les complications thromboemboliques chez les personnes qui ont été vaccinées versus les personnes qui n'ont pas été vaccinées, la grande étude de phase 3, il y avait 14 maladies thromboemboliques dans le groupe vacciné et 10 dans le groupe non vacciné. Ce n'est statistiquement absolument pas significatif. Donc, ça montre quand même qu'il faut avoir beaucoup de prudence. Donc, moi, je suis d'accord pour dire qu'il faut appliquer le principe de précaution parce qu'à partir du moment où il y a un doute, il faut l'investiguer, mais il ne faut pas être non plus délirant.

C'est-à-dire que, et j'adhère complètement à tout ce qui a été dit jusqu'à maintenant, le rapport bénéfice-risque, il est très largement en faveur du bénéfice de ces vaccins. Donc, oui, il faut investiguer, oui, il faut un moratoire, mais il ne faut pas être délirant sur le risque parce que les autres vaccins à ARN messager, on ne les aura pas à due concurrence de ce dont on a besoin. Ça doit dire quand même des millions de doses. Et donc, on ne va pas rester dans cette situation pendant encore des mois et des mois. Donc, il va falloir que la campagne de vaccination reprenne. Il va falloir faire feu de tout bois. Je pense que c'était raisonnable de faire un moratoire.

Je pense qu'il faut continuer à se faire livrer ces vaccins AstraZeneca et dès qu'on aura le feu vert des auteurs européennes, reprendre une campagne de vaccination dans un climat serein, apaisé, s'il s'avère que c'est effectivement un produit qui est au final bien toléré. Professeur Bertrand Guidé, vous rappeliez tout à l'heure la méfiance qu'il y avait vis-à-vis du vaccin Pfizer, qui est une technologie révolutionnaire qui n'avait jamais été utilisée pour fabriquer un vaccin, qui est une technologie de l'ARN messager.

Cette technologie, en revanche, de l'AstraZeneca, qui est de l'ADNO-virus, adénovirus, voilà, c'est une technologie éprouvée ou c'est une technologie aussi qui est nouvelle mais moins révolutionnaire ? Ah, alors, professeur Rougiou, je ne sais pas, on a un blocage avec le professeur Guidé. Oui. Alors, qui veut répondre ? Professeur Rougiou, c'est une technologie qui est complètement nouvelle ?

20:50
Invité

Non, c'est relativement nouveau dans la mesure où là, il s'agit d'un adénovirus de chimpanzé. C'est-à-dire qu'on a de nombreuses infections à adénovirus chez l'homme et donc, effectivement, il ne faut pas prendre un adénovirus contre lequel on pourrait faire des anticorps ou contre lequel on a déjà des anticorps. Donc, ils sont déviés un petit peu en prenant un adénovirus de chimpanzé. Il est multiplié sur culture cellulaire de façon à avoir la spicule du coronavirus à sa surface. Mais il ne se multiplie pas dans l'organisme, c'est juste une injection et là, les cellules d'endritiques vont découper en morceaux les petits peptides et présenter ces peptides aux cellules CD4-CD8.

Donc, en fait, ce n'est pas un virus qui va se multiplier, c'est une injection de protéines transportées par un adénovirus.

21:37
Présentateur

Docteur Agnès Ricard-Ibonhal, vous participez les week-ends. Quand vous n'êtes pas au SAMU, vous vaccinez la France dans votre centre de vaccination éphémère, ce qu'on appelle les vaccinodromes. Est-ce que vous pensez que le week-end prochain, il y aura nettement moins de monde ? Est-ce que du coup, cette mauvaise nouvelle de l'AstraZeneca va mettre en péril la campagne de vaccination en France qui était déjà poussive ? On n'est qu'à 7% des Français vaccinés contre 31% en Grande-Bretagne et plus de 60% en Israël. Alors, le centre de vaccination dans ma ville où je suis élue déléguée à la santé est un centre de vaccination Pfizer pour les patients qui sont plus de 75 ans et les plus à risque.

Donc, ça ne va pas forcément impacter le centre de Sanoa. En revanche, ça perturbe profondément toutes les campagnes de vaccination qui étaient prévues notamment chez les médecins traitants et les pharmaciens et dans les centres de vaccination qui faisaient l'AstraZeneca. Et ça oblige à des déprogrammations de patients qui attendent ce vaccin avec beaucoup d'impatience et d'intérêt. Donc, cette suspension, il ne faudrait pas qu'elle dure trop longtemps parce que je rappelle quand même que la maladie tue beaucoup plus que le risque du vaccin.

s'il est avéré et qu'on a vraiment le seul moyen de protéger la population, c'est quand même la vaccination avec des vaccins disponibles et que les autres vaccins, on ne va pas en avoir suffisamment dans un délai court pour pouvoir protéger la population. Donc, on raisonne toujours en médecine, en avantages, inconvénients, bénéfices, risques. Quand vous prenez des médicaments en prévention de la maladie thrombo-embolique ou une maladie cardiaque, vous prenez des médicaments qui entraînent aussi des effets secondaires, hémorragiques ou autres, qui existent. Mais quand le rapport bénéfice-risque est très en faveur du bénéfice, on accepte un risque minime, voire quasi inexistant.

Là, en l'occurrence, sur les informations dont on dispose, le risque, il est soit pas du tout corrélé, enfin inexistant, soit minime par rapport au bénéfice majeur qui a été observé, notamment chez les patients Angleterre et Écosse. Il est très efficace pour limiter la mortalité à ce virus. Donc, il faut raison garder, mettre en place les procédures et analyser, et ça, c'est très important, et ensuite, reprendre dans un climat serein. Il n'empêche, Bruno Jeudy, cette annonce, quand même, est-ce qu'elle ne vient pas miner la crédibilité de la parole politique ? Il y a Jean Castex hier soir qui dit « mais non, il n'y a aucun problème ».

La crédibilité de la parole scientifique, avec une agence du médicament européenne qui a validé ce vaccin, et j'allais dire aussi la campagne de vaccination qui devait commencer tambour battant aujourd'hui dans les pharmacies. C'est incontestablement un coup dur pour la campagne de vaccination, pour la France qui, effectivement, vous le disiez, entamait aujourd'hui, j'allais dire, passait la vitesse supérieure avec une plus grande diffusion de la possibilité de se faire vacciner et chez son médecin traitant, et surtout chez son pharmacien, se faire vacciner au coin de la rue.

Ça commençait cette semaine, avec une montée en puissance, notamment dans les livraisons d'AstraZeneca, plus de 250 000 cette semaine, autant la semaine du 22 mars. Et là, patatras, ça s'arrête, on ne sait pas jusqu'à quand. Ça tombe d'autant plus mal qu'hier, Jean Castex, on voyait depuis plusieurs jours, Olivier Véran, Jean Castex, M. Salomon étaient tous montés dans les médias pour justement participer de cette opération, pour rassurer les Français, parce qu'il planait un doute déjà sur ce vaccin. Emmanuel Macron, au mois de janvier, avait lui-même eu une parole assez pas forcément rassurante sur le fait qu'on ne pouvait pas vacciner les 60-74 ans, qu'il y avait encore des doutes.

Bon, ceci a été levé depuis, une étude avait montré que ce n'était absolument pas un problème. Mais enfin, il y avait quelque chose autour de ce vaccin qui ne tournait pas rond et qui faisait qu'il y avait une inversion de tendance, le professeur l'a dit tout à l'heure, là où on ne voulait pas du Pfizer au début de l'année, maintenant on veut du Pfizer, on ne veut pas du AstraZeneca, comme si au fond, les Français voulaient choisir leur marque de vaccins comme dans une grande surface. Or, aujourd'hui, le gros problème de la France, c'est qu'on est court en approvisionnement et les prochains vaccins n'arriveront que le mois prochain, ceux qui ont été cités à l'instant.

Alors, cette suspension de cette campagne de vaccination tombe au plus mal, car on le sait, l'Île-de-France est dépassée par l'épidémie de coronavirus. On compte désormais plus de 1100 patients en réanimation aujourd'hui en Île-de-France. Et puis, on l'apprend cet après-midi, le taux d'incidence vient de passer la barre des 400 pour 100 000 habitants, ce qui était un chiffre fatidique au-delà duquel Jean Castex disait qu'il serait raisonnable de reconfiner la région Île-de-France et ses 12 millions d'habitants. Vous voyez ce sujet de William Rousset et Nicolas Baudry-Dasson. Direction Bordeaux pour ces deux patients Covid au départ d'Orly.

Une évacuation pour soulager les services de réanimation en Île-de-France, qui devraient s'accélérer pour atteindre les 100 patients transférés en fin de semaine. Une opération en forme de dernière chance pour le gouvernement, qui cherche à éviter à tout prix un reconfinement en région parisienne.

27:08
Invité

Nous faisons tout pour ne pas avoir à prendre des mesures plus difficiles, contraignantes pour les Français. Les mesures qui sont mises en place depuis plusieurs mois, elles pèsent beaucoup, je le sais, sur le quotidien des Français. C'est toujours cet équilibre que nous cherchons à maintenir.

27:25
Présentateur

L'exécutif marche sur un fil, alors que le nombre de patients en réanimation ne cesse d'augmenter depuis janvier dans les hôpitaux parisiens. Aujourd'hui, 1134 lits sont occupés, soit près de 99% de la capacité d'accueil. Déplacer les patients pour donner de l'air aux hôpitaux franciliens. Mais jusqu'à quand ? A Bordeaux, les médecins préviennent les services de réanimation seront eux aussi bientôt saturés. Aujourd'hui, les capacités du CHU de Bordeaux en termes de réanimation sont quand même relativement limitées,

27:57
Invité

puisque 90% des places sont occupées et on a à peu près 20% de patients Covid sur ces secteurs de réanimation et de soins intensifs.

28:07
Présentateur

Confinement le week-end, confinement toute la semaine et même fermeture des écoles, plus aucun scénario ne semble à présent écarté. Même si Jean Castex, en direct hier sur la plateforme de streaming Twitch, continue de marteler la stratégie du gouvernement. Je crois qu'il faut ne recourir au confinement qui n'est pas exclu, je le dis toujours, tout de suite en réponse très clairement à cette question, qu'il n'est pas exclu, mais il faut qu'on utilise toutes les armes à notre disposition pour éviter le reconfinement compte tenu des conséquences qu'il a pour la population. De quoi faire bondir certains médecins qui demandent depuis plusieurs semaines des mesures plus strictes.

Pour Bruno Rioux, directeur médical de crise de la PHP, il est trop tard pour jouer la montre, notamment à cause de l'explosion des cas du variant anglais.

28:52
Invité

J'entends beaucoup dire qu'une semaine sans confinement est une semaine gagnée. Je n'ai pas la même analyse. Pour moi, c'est une semaine perdue, notamment lorsqu'on considère le nombre de décès, le nombre de patients en réanimation, dont il faut rappeler que 1 sur 4 décèdera et certains vont garder des séquelles.

29:13
Présentateur

Le scénario d'un reconfinement en Ile-de-France ne semblait pourtant plus être sur la table ces dernières semaines. Il est aujourd'hui au cœur des débats entre les responsables politiques franciliens. Quand la maire de Paris s'y oppose...

29:25
Invité

C'est très difficile et très lourd pour les Parisiens qui vivent pour l'essentiel dans des appartements petits, sans balcon ou jardin extérieur pour pouvoir décompresser.

29:35
Présentateur

La présidente de la région Ile-de-France, elle, semble résignée.

29:39
Invité

L'Ile-de-France est clairement en sursis. Aujourd'hui, vous le savez, le variant anglais est majoritaire. Et ce variant, il n'est pas seulement plus contagieux, il est aussi plus mortel. Nos capacités de réanimation sont saturées. Nous sommes l'objet d'une troisième vague, d'une troisième vague très violente, qui va prendre des vies. Nous fermons les voies sur perche. Les règles de distanciation physique ne sont pas respectées.

30:04
Présentateur

Un an jour pour jour après le début du premier confinement, le gouvernement devrait préciser sa stratégie lors du Conseil de défense sanitaire prévu ce mercredi. Alors, question téléspectateur, professeur Rousiou, compte tenu du délai entre contamination et réanimation, les trois semaines qui viennent risquent-elles d'être terribles ? Voilà, question. Alors, j'ajoute qu'on vient d'apprendre qu'en Ile-de-France, on a passé la barre des 400 contaminations pour 100 000 habitants. On est à 404 exactement. Pourquoi je dis ça ? Parce que hier, Jean Castex sur Twitch a dit « Nous pourrions confiner l'Ile-de-France quand le taux d'incidence sera à 400 pour 100 000 ».

Et bien voilà, on est à 404 pour 100 000.

30:43
Invité

Oui, la situation est virologiquement assez dramatique. Il faut quand même dire les choses. On est sur un plateau qui est trop haut, avec beaucoup de contaminations chaque semaine, plus de 150 000 positifs encore détectés la semaine dernière. Ça veut dire au moins 300 000 personnes positives. Et en Ile-de-France, n'en parlons pas. Donc ça veut dire qu'on est obligé d'imaginer qu'il y aura des hospitalisations supplémentaires d'ici 15 jours à 3 semaines. C'est une évidence. Il n'y a pas besoin d'être très malin pour le comprendre. Et ça fait quand même pas mal de semaines que ça dure. Donc je suis d'accord avec M. Rioux. Une semaine n'est pas gagnée, elle est perdue.

Et on en a perdu plusieurs. Et je pense que là, vraiment, maintenant, il est nécessaire de prendre des mesures particulières. Alors, la situation est très hétérogène sur toute la France. Il est vrai que l'île de France est très touchée, de même le nord et de même la région PACA. Et en plus, touchée avec un virus qui se transmet très bien, le virus anglais. Je suis aussi assez inquiète en tant que virologue avec le virus sud-africain, qui commence aussi à se répandre, enfin, qui est présent sur une grande partie de la France.

31:50
Présentateur

Mais il était en Moselle à l'origine.

31:52
Invité

Il était en Moselle à l'origine, mais c'est vrai qu'à l'origine, on a dit, il y a un soldat qui vient de Mayotte et qui est arrivé en Moselle. Pour moi, ça ne tient pas la route. C'est la pression de sélection qui se passe sur le fait que les gens sont un peu immunisés. Et c'est le virus dominant qui est le plus fort, c'est Darwin, qui va émerger. Et donc, c'est pour ça qu'il émerge un peu partout et que le virus anglais, certes, il a été importé en partie d'Angleterre parce qu'effectivement, il y a eu des importations, mais ce n'est pas la seule raison. Et donc, il faut se faire vraiment attention à l'émergence de ces variants qui vont vite.

Et en plus, ce variant anglais, maintenant, on sait depuis la semaine dernière qu'il est létal et qu'il tue plus que le variant précédent.

32:41
Présentateur

64% plus létal selon les études du British Medical Medicine Journal.

32:45
Invité

Donc, tous ces signaux rouges sont, à mon avis, extrêmement forts pour prendre des décisions beaucoup plus fortes que ce qu'on a fait jusqu'à maintenant.

32:54
Présentateur

Professeur Bertrand Guidé, pour éviter quand même un reconfinement dont Anne Hidalgo disait qu'il était inhumain et dont on a pu mesurer les conséquences sociales, on demande à l'hôpital de tenir. Ça veut dire quoi tenir ? Et à partir de... Quels sont les signaux qui vous feraient dire « Aujourd'hui, ça y est, on ne tient plus, on ne peut plus tenir ? » Alors, plusieurs éléments de réponse. Premier élément de réponse, il faut considérer la totalité des malades, Covid et non-Covid. Il n'est pas question d'organiser l'hôpital exclusivement pour les malades Covid ou au détriment des malades non-Covid. Ça, c'est un point qui est très important, y compris en réanimation.

Moi, j'ai sanctuarisé un secteur de mon service pour des malades non-Covid. Et donc, il faut préserver une offre de soins pour la totalité des malades. Donc là, on a une déprogrammation chirurgicale à hauteur de 40% de manière à pouvoir dégager du personnel et ouvrir des lits supplémentaires de soins critiques. Mais on voit bien que cet exercice a des limites. Et donc, d'une part, déprogrammation, on ne pourra pas faire autant que ce que l'on a fait au printemps dernier. Deuxièmement, on n'aura pas de moyens supplémentaires avec d'autres régions qui vont venir nous aider parce que les autres régions sont aussi quand même beaucoup touchées. Troisièmement, le personnel est vraiment fatigué.

Et donc, il est impossible de leur demander de faire plus. Et donc, quand on regarde les chiffres, là, vos chiffres, c'est 100% des lits de réanimation occupés. Ça veut dire que pour que l'on puisse accueillir d'autres malades, on a dû ouvrir des lits supplémentaires. Et donc, pour ouvrir des lits supplémentaires, on l'a fait avec des moyens compliqués, c'est-à-dire pas dans des locaux habituels, avec des personnels qui ne sont pas nécessairement habitués à faire de la réanimation. Et donc, c'est compliqué. Et donc, très clairement, depuis quelques jours, on a des signaux concordants pour dire, là, on arrive dans une période où l'hôpital ne va pas être capable de faire face à la demande.

Là, il y a deux possibilités. Soit une première possibilité de dire, écoutez, on accepte qu'il y ait des morts supplémentaires et que, là, d'autres priorités de la société civile doivent intervenir. Des morts faute de place en réanimation, c'est-à-dire des gens qu'on pourrait sauver en réanimation, mais on n'a pas, donc ils meurent. On ne va pas les superposer en réanimation. Je veux dire, à un moment donné, on est au maximum de ce que l'on peut faire. Moi, j'ai ouvert une unité supplémentaire de huit lits avec des médecins qui doivent travailler dans deux lieux différents, des infirmières.

On doit intégrer des infirmières qui viennent ailleurs, mais qui n'ont pas l'habitude de travailler dans l'équipe. C'est compliqué de prendre en charge un malade instable de réanimation. Donc, penser qu'on peut, comme ça, ouvrir des lits supplémentaires en claquant dans les doigts, mais non, ce n'est pas possible. Et donc, on est à la limite de ce que l'on peut faire. Et je pense, effectivement, qu'on ne fera pas l'économie d'un reconfinement. Et si ce reconfinement doit intervenir, il doit intervenir rapidement. Bruno Jeudy, est-ce que... En revanche, j'en ai terminé, je pense que c'était quand même pas mal de ne pas avoir reconfiné mi-janvier.

Les gens ont pu prendre des vacances en février. Moi, je discute avec les infirmières. Elles disent que c'était quand même sympa de pouvoir prendre une semaine de vacances en février, ce qu'elles n'auraient pas pu faire. Et je rappelle que l'Italie reconfine là. Et donc, ce n'est pas si simple. Et que si on avait effectivement confiné le 15 janvier ou fin janvier, on aurait quand même probablement dû poursuivre ce confinement maintenant. Donc, en résumé, il faut reconfiner maintenant. Tous les signaux sont au rouge. Bruno Jeudy, est-ce que cette option d'un reconfondissement strict, 7 jours sur 7, on ferme les commerces, même on ferme les écoles, est sur la table et sous question.

Est-ce qu'il sera respecté ? Est-ce que c'est l'une des inquiétudes du gouvernement ? C'est que contrairement au premier confinement, les gens, les Français, les Franciliens, sortent et n'en peuvent plus et n'obéissent plus aux ordres du gouvernement ? Premier point d'abord, la bataille pour éviter le reconfinement coûte que coûte qui a été menée par le gouvernement depuis le 29 janvier. Cette décision ce jour-là de ne pas reconfiner le pays et de faire un couvre-feu étendu et plus strict est probablement perdue puisque vous avez vous-même indiqué le chiffre de 400... Taux d'incidence 404 qui était un peu le seuil fixé par le Premier ministre dans son intervention d'hier soir.

Est-ce que le reconfinement est sur la table ? Oui. Quel reconfinement ? Le Président de la République recevra demain une partie des membres du Conseil scientifique, Jean-François Delphrécy et quelques autres, et on imagine justement que c'est pour examiner les différentes situations et lorsqu'ils ont été reçus la veille de Conseil de défense sanitaire, en général c'était pour des décisions graves. Donc on se dirige vers des décisions de quel reconfinement ? Il y a plusieurs possibilités. Sur l'île de France, vous avez la possibilité d'un reconfinement de toute la région.

C'est jusqu'à présent l'argument qui avait été avancé, reconfiner la Seine-Saint-Denis qui était déjà ce week-end à 486 de taux d'incidence. C'est le cas aussi pour le Val-de-Marne, l'est de l'île de France. Et ça aurait pu être reconfiné finalement. Ils étaient au niveau du... Il y a déjà quatre départements, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Oise et le Val-de-Marne qui étaient au-delà de ce chiffre de 400 000 habitants. Mais Axel, vous êtes en Île-de-France. Île-de-France, c'est une région très imbriquée, 12 millions d'habitants, quasiment le quart de la richesse nationale avec des transports qui vont d'est en ouest du nord au sud, très compliqué.

Donc la décision, c'était on ne peut reconfiner que toute l'Île-de-France. Il se trouve que, notamment le préfet de l'Île-de-France réfléchit à une autre solution qui pourrait d'exclure notamment les franges de l'Île-de-France. Cette région est très grande. Il y a une partie qui est ultra-urbaine et une partie qui est beaucoup moins urbaine, voire rurale, notamment l'ouest des Yvelines, le sud de l'Essonne, voire l'est de la Seine-et-Marne. Vous pouvez imaginer aussi un petit peu ce qui s'est fait dans les Alpes-Maritimes. Vous avez seulement la bande côtière qui est confinée aujourd'hui le week-end.

Donc ça, c'est une solution qui est à l'étude notamment au niveau de la préfecture d'Île-de-France. Donc il y a quand même beaucoup de travaux qui sont menés. Troisième point, les membres du Conseil scientifique disent eux-mêmes que le confinement le week-end ne serait pas suffisant compte tenu du niveau aujourd'hui du taux d'incidence en Île-de-France. Et ce qui est sur la table aussi, c'est peut-être de reconfiner en semaine l'Île-de-France. Avec un risque, de manière stricte, avec un risque que tous les Franciliens fuient l'Île-de-France. Alors attention, quand vous dites stricte, ce ne serait certainement pas le modèle du printemps.

Stricte, ça voudrait dire que les écoles sont fermées, que tout est fermé. Ce qui là ne serait pas forcément le cas. Tout ça n'est pas tranché. Tout ça sera tranché. Commerce essentiel, non essentiel. Absolument. Tout ça sera tranché mercredi. Mais vous voyez bien que vous n'êtes pas forcément... On a déjà eu deux types de confinement. Le confinement du printemps 2020, le confinement de l'automne 2020. Là, on sera forcément dans un troisième scénario. scénario d'abord régional. Donc, évidemment, avec beaucoup d'hypothèses de travail qui sont sur la table. Et Agnès Ricari, alors, fort heureusement, toute la France n'est pas touchée de la même façon.

Notamment, les hôpitaux à l'Ouest sont beaucoup moins sollicités. Et ce week-end, on va organiser des départs de TGV. Donc, on parle de 24, voire une cinquantaine de patients qu'on va évacuer ainsi. Vous avez participé à ces opérations. Racontez-nous. C'est une façon quand même de soulager de façon significative. les hôpitaux que d'évacuer des patients en réanimation par des TGV ? Alors, c'est absolument indispensable pour les raisons qu'on a expliquées à Bertrand Guidé tout à l'heure. À l'heure actuelle, on a dépassé les 100 % de taux d'occupation en réanimation.

Et pour les soignants, mais également pour la société, il est aujourd'hui inconcevable d'avoir un patient qui se présente à l'hôpital avec des chances de survie et de ne pas lui proposer les soins dont il le mérite. Donc, cette solution qui est de transférer les patients permet d'avoir un souffle, permet de libérer des lits de réanimation pour des nouveaux patients. Et ça se fait dans des conditions de qualité et de sécurité parfaitement respectées.

Sur les 660 patients qu'on a fait en première vague, on a fait une analyse de la qualité, sécurité et de la morbidité, ce qu'on appelle la morbidité, la mortalité de ces patients, elle n'était clairement pas plus importante et il n'y a eu aucun effet délétère de ces transferts parce que ces transferts sont faits par des équipes du SAMU qui sont ultra entraînées, qui ont l'habitude de faire ces transferts. Alors, lors de la première vague, j'avais été interrogée par des journalistes américains qui m'avaient dit « Mais comment vous faites pour transférer 48 patients intubés, ventilés, avec autant de pousseringue en même temps ?

» J'ai simplement répondu qu'on faisait pour 48 ce qu'on était capable de faire tous les jours pour un patient hors crise puisque, en fait, c'est la plus-value un peu du système français, cette médicalisation préhospitalière par des équipes de médecine d'urgence qui sortent de l'hôpital et qui sont capables de faire de la réanimation à domicile avant l'arrivée à l'hôpital. Cette plus-value, c'est bien de parler de ce qui marche bien en France, ça permet justement de faire ces transferts par des équipes qui sont très entraînées et qui peuvent transférer ces patients. Alors, le TGV est très bien pour nous, c'est vraiment confortable parce que ça entraîne une stabilité.

il y a le moment de l'installation qui est un petit peu sensible, mais après, la SNCF a travaillé avec les médecins pour avoir une vitesse constante, sans accélération et décélération brutale, qui ont parfois des impacts sur le respiratoire et la fonction qu'on dit hémodynamique, donc circulatoire. Et ces TGV, en fait, permettent une stabilité. On a de la place dans ces TGV pour travailler, pour apporter les soins avec tout le matériel, finalement, de réanimation dont on a besoin. Et il y a des logisticiens qui sont dans la REM du dessus qui peuvent donner les médicaments, le matériel dont on a besoin. Et donc, tout ça est très bien cadré.

Les patients sont sélectionnés par les réanimateurs et sont des patients qui ne sont pas en phase d'aggravation mais qui ont besoin de réanimation et de respiration artificielle encore plusieurs jours, donc qui ont besoin de réanimation et qui vont dans des réanimations avec du personnel qui est moins fatigué, qui est moins sous tension, qui n'a pas besoin de libérer des lits rapidement, comme c'est le cas en Ile-de-France et donc dans des réanimations un peu plus sereines et ce qui fait que ça a un intérêt collectif mais aussi un intérêt individuel pour les patients qui en bénéficient. Et ça vous a valu donc les honneurs de la presse américaine.

Professeur Christine Rousiou, ces patients en Ile-de-France, on va les transférer dans les hôpitaux de l'Ouest. Est-ce qu'il y a une raison ? Comment se fait-il par exemple que les Pyrénées Atlantiques, la Pau, dans le Sud-Ouest, on est passé sous le seuil d'alerte au contraire, on parlait du taux d'incidence, on est passé sous les 50 pour 100 000 habitants en taux d'incidence. Est-ce qu'il y a une explication ? Parce qu'on peut dire qu'il n'y a pas de touristes,

44:16
Invité

comme ça. Le fait est que la circulation du virus ne se fait pas du tout de la même façon partout, mais il y a aussi une densité de population, le déplacement, les gens sont peut-être un peu plus raisonnables, les restos clandestins sont sans doute beaucoup plus nombreux à Paris qu'à Pau ou à Bayonne. Voilà, je pense que ce n'est pas la même vie dans certaines régions de province. Elle est peut-être plus calme et les gens plus conscients et plus mesurés. Il n'y a pas les mêmes jeunes, ce n'est pas une ville de faculté, ce n'est pas une région d'universitaires. Il y a plusieurs possibilités qui expliqueraient. Mais cette disparité n'est pas que dans les Pyrénées-Atlantiques. Il y a...

44:57
Présentateur

Il y a le Finistère aussi, il y en a très peu.

44:58
Invité

Alors voilà, il y a la Bretagne, mais quand on regarde le taux d'hospitalisation, on voit que la carte qui était orange très claire il y a 15 jours est devenue progressivement orange, un peu plus foncée sur finalement la moitié de la France. Donc les choses, le virus anglais continue à proliférer et le virus sud-africain lui aussi commence. On est parti de 0% de ce virus sud-africain fin janvier. On est déjà à 10% avec plus de 2 tiers des départements qui ont déjà des cas avec le virus sud-africain.

45:34
Présentateur

Et les inquiétudes sur l'efficacité du vaccin contre ce virus sud-africain ?

45:38
Invité

Pour le moment sur le virus sud-africain on n'a pas autant de données que sur le virus anglais pour lequel on voit la différence de pathogénicité. Alors pour le virus sud-africain si les sud-africains ont bien publié un excès de mortalité avec ce virus avec une augmentation que ce soit dans East Cape Town Cape Town au Swazilou natal etc. 4 régions sont publiées et montrent bien cet excès de mortalité avec ce virus mais c'est vrai qu'ils montrent aussi avec beaucoup de séquençages ils font beaucoup de travaux moléculaires ils montrent aussi pour les études de réponse immunitaire que AstraZeneca encore lui 22% de mauvaise réponse contre ce virus sud-africain.

46:25
Présentateur

Alors si la France hésite encore l'Italie qui vient de franchir la barre des 100 000 morts l'Italie elle n'a pas eu le choix depuis ce matin la majorité du pays est reconfinée c'est à dire que les écoles les bars les restaurants et les commerces non essentiels sont fermés pour au moins 3 semaines une situation difficile à vivre pour les Italiens gagnée par la lassitude comme vous allez le voir dans ce reportage tourné à Naples de Juliette Perrault Ariane Morisson avec Laszlo Gelaber Au pied du Vésuve endormi c'est une éruption de colère qui déferle dans les rues de Naples chaque samedi un cortège de familles proteste contre la fermeture des établissements scolaires à cause du Covid en un an les élèves n'ont passé qu'une trentaine de jours en classe début mars la région de Campagny est de nouveau placée en zone rouge et évanouie l'espoir d'une réouverture des écoles les parents sont sidérés quand la société ne fonctionne pas c'est parce que l'éducation ne fonctionne pas et c'est ce qui est en train d'arriver en Italie

47:27
Invité

c'est une honte que nos enfants grandissent en ayant peur de sortir et de passer du temps

47:35
Présentateur

avec leurs amis

47:36
Invité

parmi ses parents

47:41
Présentateur

révoltés Giovanna Iodic et Stefano Micoletti pour qui la vie a radicalement changé ces deux avocats vivent dans le centre ville de Naples depuis que l'école est fermée ils ont dû réduire de moitié leur temps de travail pour garder leurs filles à la maison

47:56
Invité

quand on est avocat

47:58
Présentateur

on prend des dossiers qu'on peut garder aussi bien une journée 6 mois, 1 an, 2 ans, 5 ans donc le manque à gagner on le verra mais avec le temps

48:05
Invité

un quotidien bouleversé

48:10
Présentateur

d'autant plus que le couple doit désormais faire l'école à la maison

48:13
Invité

ils disent d'écrire le nombre fractionné tu dois écrire le nombre qu'est-ce que c'est que ça c'est un cercle non

48:22
Locuteur 3

tu as colorié un triangle

48:25
Invité

donc c'est quoi comme fraction la maîtresse explique mieux c'est mieux à l'école qu'à la maison avec maman le plus difficile c'est le stress que tout cela engendre la peur de mal faire pour tout le monde c'est brutal pourquoi moi j'ai le rôle de la maman méchante j'ai des filles gentilles travailleuses mais là je me retrouve avec mes filles qui sont parfois en larmes naples

49:01
Présentateur

comme les trois quarts de l'italie se reconfine en plus de sorties limitées les restaurants

49:07
Invité

qui avaient pourtant rouvert ont baissé le rideau comme un goût d'éternel recommencement pour ce chef qui s'est remis à la vente à emporter

49:14
Présentateur

au menu des spécialités napolitaines qu'ils ne cuisinent plus avec le même plaisir

49:20
Invité

regardez

49:23
Présentateur

c'est vraiment moche

49:24
Invité

quoi qu'on fasse pour embellir le plat on ne peut pas

49:29
Présentateur

être créatif

49:30
Invité

ça me déprime vraiment

49:34
Présentateur

ce qui contrarie le plus c'est la succession d'ouvertures et de fermetures qui dure depuis un an difficile pour lui de se projeter

49:45
Invité

je suis déprimé je n'ai pas vraiment le moral on ne sait jamais ce qui nous attend demain on ne sait jamais s'il faut faire des stocks ou pas on a des frais

50:01
Présentateur

nos fournisseurs doivent être payés mais nous on ne sait pas si on rouvrira ou pas le lendemain

50:06
Invité

face à cette gestion

50:10
Présentateur

de la pandémie la Alassitude a aussi gagné certains élus locaux Nicolas Ottaviani est le maire de Frosinone situé entre Naples et Rome cette ville de 46 000 habitants est confinée depuis le 8 mars c'est sûr que de voir les magasins fermés le peu de monde dans les rues c'est triste il estime que ce retour en arrière aurait pu être évité en cause selon lui des patients transférés de petites provinces

50:36
Invité

en petites provinces où le système hospitalier a très vite été saturé pourquoi est-ce que ces transfermes n'ont pas été faits

50:42
Présentateur

vers Rome pourquoi les malades

50:44
Invité

n'ont pas été envoyés dans les grands hôpitaux romains qui disposent de plus de lits et de moyens

50:49
Présentateur

le retour à la Dolce Vita n'est pas prévu

50:53
Invité

pour tout de suite ce confinement

50:55
Présentateur

devrait durer au moins jusqu'au week-end de Pâques Bertrand Guidé est-ce qu'on peut dire que l'une des difficultés supplémentaires concernant l'Italie c'est que l'offre hospitalière d'une région à l'autre n'est pas la même selon qu'on habite à Naples ou à Turin Ah oui on va dire que l'Italie au sud de Rome ça devient très compliqué en particulier pour les soins critiques et donc effectivement la qualité et la quantité d'offres de soins critiques au sud de Rome c'est très compliqué Alors qu'en France qu'on soit soigné je ne sais pas moi de Lille à Marseille Quand vous êtes soigné à Lille à Toulouse à Paris ou à Strasbourg c'est pareil les gens il y a des standards de prise en charge il y a des recommandations de prise en charge il y a des formations il y a des sociétés savantes voilà donc en Italie ce n'est pas du tout pareil on a une vision très très biaisée de l'Italie l'Italie l'Italie effectivement la Lombardie ça n'a rien à voir avec la Campanile ou les Pouilles et donc la qualité la qualité des soins et l'offre de soins au sud de l'Italie ça n'a rien à voir avec la Lombardie Et d'ailleurs pour rebondir sur ce que disait Agnès Riccaribon finalement c'est cette homogénéité des hôpitaux français qui permet ces transferts de patients vous savez que les standards les façons de travailler sont les mêmes quand vous envoyez des malades de l'hôpital Saint-Antoine absolument absolument il y a des malades qui sont partis à Bordeaux il y a des malades qui sont partis à Nantes c'est des services de réanimation qui ont des standards de très haute qualité et qui sont absolument homogènes sur le territoire national dans d'autres pays ce n'est pas du tout le cas on prend l'exemple des Etats-Unis les Etats-Unis vous avez des hôpitaux extraordinaires mais vous avez aussi des hôpitaux catastrophiques et donc il y a un vrai problème d'équité de prise en charge selon le type d'établissement dans lequel vous êtes hospitalisé ce n'est pas le cas en France Bruno Jeudy pour revenir sur ce reportage à Naples c'est quand même un coup dur au moral parce qu'on a l'impression que les Italiens nous montraient la voie ils avaient rouvert les restaurants on s'est dit ah bah tiens ensuite ce sera les nôtres oui il y a un mois français on était plutôt en vue de la situation des Italiens on voyait des reportages à Rome avec les terrasses qui étaient ouvertes le musée du Vatican qui rouvrait c'est vrai qu'il y avait aussi du coup une pression un peu ici sur la réouverture des musées c'était il y a un mois mais on voit bien qu'il y a une différence entre deux pays c'est le stop and go en Italie on confine on déconfine on reconfine bon voilà avec une situation une gestion sanitaire assez différente alors il faut aussi indiquer que l'Italie a changé de chef de gouvernement il y a eu aussi des changements politiques à la péninsule quand nous au fond on est quand même on l'oublie un peu mais on est en situation en gros de couvre-feu depuis la mi-octobre on est quasiment à 140 jours dans une situation assez stable hormis les deux reconfinements le week-end sur les Alpes-Maritimes et le Pas-de-Calais on est dans une situation qui est au fond on s'est accommodé bon gré mal gré et on voit que dans les sondages c'est plus ou moins accepté de ce couvre-feu au long cours avec les écoles ouvertes qui fait qu'on vit quasiment depuis 140 jours avec les écoles ouvertes et là pour le coup c'est une vraie doctrine du gouvernement une spécificité française qui est contestée par un certain nombre de scientifiques qui estiment que le variant anglais se démultiplie aussi par les plus jeunes mais nous ici on a fait un choix politique pour le coup qui est d'ailleurs assez unanime dans la classe politique française de ne pas fermer les écoles et ça c'est une vraie leçon tirée du premier confinement le fameux reconfinement strict qui avait fait beaucoup de dégâts et d'ailleurs le président de la République quand il prend la parole il l'a encore pris ce soir après son annonce sur AstraZeneca il a parlé il était interrogé sur la question du reconfinement il a parlé il faut que ce soit adapté et proportionné il a beaucoup employé le mot protéger en disant qu'il doit protéger les français non seulement face au Covid mais face aux autres maladies et aussi face à l'isolement face aux difficultés psychologiques et le soutien de la jeunesse qui quand même paye très très cher cette situation maintenant qui dure depuis un an Professeur Rousio ça veut dire que les restaurants ne sont pas prêts de rouvrir en France ?

55:17
Invité

Ah non ils ne sont pas prêts de rouvrir parce que les dernières études qui cherchaient à savoir où on se contaminait montrent à l'évidence que c'est finalement quand on se réunit pour manger et boire on parle beaucoup et on n'a pas de masque et c'est donc les aérosols le virus reste en suspension dans des pièces qui sont plus ou moins bien aérées et donc ce sont les meilleures conditions pour se contaminer il y a moins de contaminations à l'extérieur sauf quand il y a des regroupements les signaux récents

55:50
Présentateur

Un restaurant en terrasse ça pourrait fonctionner ?

55:52
Invité

Un restaurant en terrasse c'est ce passé ça pourrait fonctionner mais là encore il y a toujours des débordements et des relâchements et donc pour le moment je trouve que c'est vrai que le printemps arrive qu'on va pouvoir être plus dehors on peut aller faire du vélo à la campagne on ne craint rien mais les déplacements nombreux et les regroupements tout le monde en a envie et c'est ça qui est le plus ennuyeux il y a quand même des signaux assez forts d'augmentation du taux de positivité dans la tranche d'âge 15-44 ans ce taux de positivité est de plus en plus élevé il faut voir les chiffres le variant anglais contamine y compris maintenant les plus jeunes donc toutes ces notions là il y a beaucoup beaucoup de choses beaucoup d'indicateurs qui doivent être pris en compte encore une fois c'est pas la même chose dans les villes universitaires il faut y faire attention et on a quand même l'impression qu'il y a eu des relâchements qui font que les mesures barrières n'ont pas suffi pour diminuer ce plateau qui reste beaucoup trop élevé avec une circulation virale beaucoup trop forte pour ouvrir les barres

56:56
Présentateur

allez tout de suite on revient à vos questions professeur Guidé le vaccin AstraZeneca est celui auquel je peux prétendre vu mon âge et mes comorbidités mais il me fait peur on va l'entendre ça il y a deux questions il y a la question d'efficacité et la question de tolérance sur la question d'efficacité on a répondu c'est un vaccin qui est globalement un bon vaccin sur la question de la tolérance c'est le problème des effets secondaires donc ce qui a été discuté il y a quelques semaines c'était une espèce de syndrome grippal pendant 24 heures après le vaccin ce que l'on peut observer avec d'autres vaccins contre d'autres virus donc ça je pense que c'est pas un problème après c'est d'autres effets secondaires de type malaise cardiaque ou du type formation de caillot donc on en a parlé le nombre est quand même extrêmement faible la sévérité est quand même très très faible alors après il faut investiguer on parle d'un cas d'une infirmière de 49 ans qui serait décédée en Norvège moi je ne vais pas le détail de l'observation mais il faut mettre ce risque en balance avec le bénéfice avec des millions de personnes qui ont pu être vaccinées en Angleterre avec un vrai bénéfice sur les hospitalisations moi j'ai des collègues anglais qui témoignent que réellement la pression baisse sur les réanimations anglaises donc ça marche le vaccin marche alors après il faut attendre les investigations de l'agence européenne du médicament mais globalement il y a quand même un signal extrêmement favorable en faveur de ce vaccin Professeur Christine Rouziou combien de temps après l'injection du vaccin AstraZeneca risque-t-on une thrombose ?

Question de Marika dans les Hautes-Alpes

58:46
Invité

Je suis comme le professeur Guidé je n'ai pas vu la documentation des cas cliniques donc a priori je ne sais pas dans combien de temps ça s'est passé mais je crois que ça s'est passé dans les heures qui ont suivi Alors est-ce qu'il peut y avoir

59:00
Présentateur

un petit effet de psychose quant à ce vaccin qui est mal né on l'a dit depuis le début parce que ce matin les marins-pompiers de Marseille ont stoppé la vaccination parce que l'une des personnes vaccinées a fait un malaise cardiaque ?

59:12
Invité

Non je pense encore une fois qu'on n'a pas l'ensemble des documentations de tous les cas et le délai peut être n'est pas le même d'un effet secondaire d'une personne à une autre donc par contre c'est vrai qu'il a été rapporté des fièvres de 2-3 jours un petit peu fortes nécessitant presque même des arrêts de travail dans les populations très jeunes donc effectivement c'est normal on veut stimuler le système immunitaire ça veut dire qu'il réagit beaucoup plus que ce que l'on voudrait mais ça veut dire que l'immunité est en train de s'implanter donc cette réaction chez les jeunes est moins observée chez les personnes les plus âgées

59:55
Présentateur

Bertrand Guidé si le vaccin AstraZeneca est définitivement suspendu parce que c'est une hypothèse que se passera-t-il pour les personnes qui ont déjà reçu la première dose question de Raphaël en Meurtre et Moselle il y a une question sur est-ce qu'une seule dose pourrait suffire pour assurer une couverture vaccinale actuellement ce n'est pas ce qui est proposé ce qui est proposé c'est que la deuxième dose soit administrée 12 semaines après la première dose donc mais une dose déjà assure une couverture importante alors après est-ce qu'on pourrait imaginer de faire une deuxième dose avec un autre vaccin les Anglais l'avaient discuté ça changer de type de vaccin ça me paraît quand même un peu bizarre aller utiliser un vaccin ARN pour la deuxième dose alors qu'on utilise un vaccin adénovirus pour la première dose ça me paraît quand même pas très pas très correct par contre est-ce qu'on pourrait imaginer un deuxième vaccin à adénovirus de type Johnson & Johnson peut-être pourquoi pas je ne sais pas mais déjà avoir eu une dose c'est pas mal les Anglais ils ont eu une campagne de vaccination grand public avec une dose de manière à couvrir le maximum de personnes peut-être avec une efficacité un peu moindre que s'il y avait deux doses mais donc si vous avez déjà une dose c'est bien et si vous l'avez bien tolérée tant mieux Professeur Oziou

1:01:20
Invité

oui je suis tout à fait d'accord avec une dose on a déjà un gros niveau de protection surtout si en plus on maintient les mesures barrières par contre changer de vaccin ça c'est compliqué parce qu'on est immunisé à partir de de la séquence enfin de la spicule la spicule du virus pas de la même façon avec un vaccin avec un autre donc si on change c'est plus vraiment un rappel donc il faut faire attention on a sans doute besoin du même vaccin disons que la séquence virale par exemple dans le vaccin l'ARN virale dans l'ARN messager dans le vaccin Pfizer est peut-être pas tout à fait le même donc du coup on va pas faire un vrai rappel d'immunité sur les épitopes qui sont concernés par le vaccin à la première dose

1:02:10
Présentateur

Bruno Jeudy certains de nos voisins européens ont fermé les écoles mais pas la France peut-on affirmer que les enfants ne sont pas vecteurs du Covid question de pierre dans le lot c'est vrai qu'on a vu Jean-Michel Blanquer affirmer ce week-end encore aujourd'hui en France qu'il était très fier de ne pas fermer les écoles non mais ça c'est une doctrine constante du gouvernement depuis la fin du premier confinement et lors du confinement de l'automne les écoles n'avaient pas fermé alors il y a beaucoup de classes qui ferment il y a un protocole dès qu'il y a des cas contacts dès qu'il y a des enfants qui sont contaminés et il y a beaucoup de classes et même d'écoles qui sont fermées mais la doctrine est claire et sur ce point-là ce serait vraiment qu'en dernière extrémité que les écoles seraient fermées par exemple si on se projette dans un éventuel reconfinement la semaine en Ile-de-France on n'en est pas là aujourd'hui il faut le dire à nos télésplicateurs mais de toute façon pour l'instant l'école c'est non D'un mot docteur le transfert de malade est-il la preuve que le pari d'Emmanuel Macron est perdu ?

le transfert de malade il est lié à la saturation des hôpitaux donc on peut dire que le pari est perdu on peut aussi dire que peut-être que c'était justifié d'essayer de le tenter c'est vrai que le monde sanitaire et l'ensemble là pour le coup la communauté médicale est assez d'accord là-dessus on réclamait un confinement depuis plusieurs semaines maintenant on est capable de voir les conséquences sur le plan sanitaire mais pas forcément sur le plan économique pédagogique sociétal et donc nous soignons on est là pour soigner mais pas et voilà vous êtes là pour soigner la phrase à l'idée c'est on ne courra jamais le risque de la saturation des hôpitaux on y est peut-être merci beaucoup d'avoir participé à cette émission rediffusion ce soir demain vous retrouverez Caroline Roux vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous

France, Allemagne, Italie...AstraZeneca suspendu #cdanslair 15.03.2021 · Pourquijevote