"La priorité, c'est de dépenser moins et de travailler plus"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Philippe Jubin. Bonjour madame Bouag. C'est à 16h que François Bairou va annoncer les grandes lignes du budget 2026.
On le sait he sur la table à peu près 40 milliards d'économies à faire. On évoque 35 milliards d'euros d'économie dans les dépenses publiques et 5 milliards de hausses d'impôts. Ça va pas un peu à l'encontre des promesses d'Emmanuel Macron qui disait bah il y aura pas de hausse d'impôt pour aucun français.
D'abord personne ne connaît le plan du premier ministre. Je pense que la situation vous a pas mis dans le dans la confidence. Il m'a pas appelé pour me dire ce qu'il allait faire.
D'ailleurs, je crois qu'il il a travaillé assez seul pour éviter les fuites et maintenant le débat ensuite c'est le plan du premier ministre va va se dérouler au Parlement, à l'Assemblée, au Sénat et on verra ce qu'on décide de prendre dans ce plan. Euh les priorités selon moi, c'est d'abord dépenser moins. Très clairement, on dépense plus qu'ailleurs.
Dépenser mieux, on a des dépenses qui ne sont pas efficaces ou peu efficaces. Et travailler plus, il faut travailler plus. Si on travaillait autant qu'en Allemagne, deux économistes de l'OCDE ont publié un document très intéressant il y a quelques semaines.
Si nous avions le taux d'emploi, la quantité d'heures formite travaillé qui est celle de l'Allemagne, nous n'aurions pas de déficit cette année. Alors dans ce volet travailler plus parce que paraît-il François Baou il songe, il pourrait y avoir la suppression d'un jour férier. Est-ce que ça vous semble judicieux ?
Écoutez, après on est dans la mise en œuvre des choses. La suppression d'un jour férier ne règlera pas la question. La question c'est que non mais l'idée l'idée enfin l'idée quand vous comparez au au voisins, c'est toujours ça qu'il faut faire.
On on voit que quand vous prenez la quantité d'heures travailler dans le pays, vous le div vous la divisez par le nombre de gens en âge de travailler et bien c'est 15 à 16 % d'heures en moins travailler en France par rapport à l'Union européenne. Avec deuxème observation, deux catégories de gens qui travaillent beaucoup moins qu'ailleurs, ce sont les jeunes et ce sont ce qu'on appelle les seniors au-dessus de 60 ans. Seniors.
Là aussi, il y aurait des pistes là-dessus. Il y aura aussi le fait de recourir davantage au temps partiel, le fait de d'ouvrir les professions réglementées. Je pense notamment au boulangers qui ne peuvent pas ouvrir 7 jours sur 7.
Là aussi, c'est des pistes intéressantes. Et bien sûr, vous pensez que le dimanche un certain nombre de commerces, d'artisans ne peuvent pas ouvrir parce qu'il y a des règles qui les contraignent est absolument absurde. Mais il faut se poser aussi la question de fond.
Pourquoi les Français travaillent moins qu'ailleurs ? Est-ce qu'ils sont paresseux ou est-ce qu'il y a autre chose ? qui sont je crois pas que les Français soient paresseux.
En revanche, il y a deux sujets. D'abord, nous avons un système social qui désincite au travail et ensuite nous avons trop d'impôts. Alors, vous allez me dire quelle est la relation ?
Ben, simplement les Français travaillent moins parce qu'ils sont intelligents. Ils ont compris que plus ils travaillaient, plus on les taxait et qu'à partir d'un certain quantité de travail et bien en fait le travail ne valait plus. Le système entier désincite au travail. en baissant les impôts très massivement, vous pousserez les gens à travailler et là vous créerez quoi ?
Les conditions bah de recettes fiscales nouvelles et cetera et cetera. On parle aussi d'une possible année blanche, c'est-à-dire un gel de toutes les prestations sociales et des pensions, du barême de l'impôt sur le revenu, des salaires des fonctionnaires sans tenir compte de l'inflation. Alors, elle a un mérite hein, c'est qu'elle touche tout le monde.
Ça vous semble à la hauteur ? Alors, d'abord, c'est pas à la hauteur. On considère qu'une année blanche, si elle était appliquée totalement, ça serait de l'ordre de 15 milliards d'euros.
Euh, je crois que c'est 17 milliards. Je veux dire, ça dépend ce que vous mettez dedans. On va dire 13 à 13 à 15 17 milliards d'euros, euh il en faut 45.
Donc pour que les gens comprennent les ordres de grandeur. Donc c'est important, c'est un outil intéressant. Mais premièrement, on ne peut pas geler toutes les dépenses.
Il y a des dépenses qu'on ne gèlera pas. par exemple bah par exemple la contribution de la de la France à l'Union européenne, c'est un traité international qui en fixe le montant et qui est revaloriser chaque année. Par exemple, les intérêts de la dette.
Chaque année, nous payons des intérêts de la dette. Ça, on ne va pas dire à nos prêteurs, attention, cette année, nous on ne vous rembourse pas plus que l'année dernière puisqu'on nous avons nous sommes plus endettés que l'année dernière. Donc, tout ne peut pas être gelé premièrement.
Deuxièmement, euh je pense que c'est utile parce que ça a un effet de levier très important, 13 à 17 milliards. Mais troisièmement, vous ne pouvez le faire qu'une fois. Vous n'alz pas le faire tous les ans.
Bon, je vous rappelle que les 45 milliards qu'il faut cette année, il les faudra l'année prochaine et dans 2 ans. Et enfin, dernier point, le le c'est c'est une mesure de rabot un peu idiote qui permet de ne pas réfléchir. Le vrai sujet, c'est comment on redécoupe les contours de l'intervention de l'État.
C'est ça le sujet qui nous permettra à long terme de faire des économies. Les 300 ménages aussi les plus riches seraient dans le viseur avec un nouveau dispositif pérenne de lutte contre l'optimisation euh fiscale. Est-ce que pour les républicains c'est une ligne rouge ?
Non mais je d'abord personne Je pense qu' aujourd'hui il faut être il faut être raisonnable et et sérieux. On est dans un gouvernement, on va pas commencer à mettre des lignes rouges partout. Vous en avez aucune.
Non c'est pas ça. C'est que je vous ai dit moi ma philosophie c'est que je pense qu'il faut que on baisse les impôts, qu'on dépense moins et qu'on travaille plus. Là voilà la philosophie.
Après, on verra comment on fait. Mais je vous dis simplement une chose, taxer les plus riches, d'abord on le fait déjà. 75 % de l'impôt est payé par 10 % simplement des Français.
Et deuxièmement, l'année dernière, on nous a fait le coût d'une taxe sur les très hauts revenus, vous savez, qui devait toucher 66000 personnes. 66000 personnes. À la fin, ça ne touche que 16000 personnes.
Tout simplement parce que les très riches, comme on dit, ils sont déjà très très érintés et très trèsurés. Et de toute façon, ce type d'impôts n'apportera qu'une goutte d'eau au vrai sujet. Le vrai sujet, c'est si vous travaillez plus comme en Allemagne, encore une fois je le répète, il y a plus de déficit.
Et deuxièmement, nous avons une structure de la dépense de l'État qui est une dépense beaucoup plus chère qu'ailleurs. Pour faire passer ce budget, éviter la censure, François Baot ne cesse d'en appeler à la responsabilité des partis politiques. Est-ce que les Républicains seront responsables ?
Est-ce que Laurent Vaquier qui tient aussi le groupe à l'Assemblée nationale sera responsable ? D'abord, oui, nous serons responsables. La preuve, c'est que nous avons décidé de participer au gouvernement alors même que nous ne sommes pas d'accord sur tout.
C'est un gouvernement de coalition. Je pense que les Républicains eux n'ont pas tant des lignes rouges, ils ont des principes. Et parmi ces principes, je demande au gouvernement, je demande au Premier ministre de de les prendre en compte.
Après, nous prendrons nos responsabilités. Mais euh la question qu'il faut se poser, est-ce que le pays se tiendrait mieux si il n'avait pas de gouvernement avec une motion de censure ou avec un gouvernement même et un budget imparfait ? Il y a une diète budgétaire auquelle il faudra rajouter 3,5 milliards d'euros pour le budget de la défense en période comme ça de crise budgétaire, est-ce que les Français peuvent comprendre et ben finalement qu'on double le budget de la défense en 10 ans et qu'on rabote par exemple les prestations sociales de l'autre ?
Si si tu veux la paix, prépare la guerre, disaient les Romains. Il faut donc être prêt à à se défendre si jamais nous étions agressés. Et là aussi, je demande aux gens qui nous écoutent d'avoir les ordres de grandeur en tête.
La dépense publique, c'est 1800 milliards d'euros par an. 1800. On parle d'un budget militaire de 50 milliards.
Donc vous voyez, on on qui va passer à 64 en 2027. On l'espère. Et j'ajoute que sur cette question de la défense était absolument indispensable Emmanuel Macron a raison. il a pas dramatisé les choses en disant que notre liberté n'a jamais été aussi menacée depuis 1945 l'histoire montre en permanence que c'est quand les pays ne sont pas préparés qu'il qu'ils sont exposés au pire.
La question de la défense, elle est budgétaire certes, mais pas simplement. Elle est aussi une question de production. Vous savez qu'aujourd'hui on ne produit plus d'OBU.
On achète les matières qui permettent de fabriquer les obus y compris en Chine. En Chine. Donc on voit bien qu'on a une question d'indépendance.
Deuxièmement, on a une question de production industrielle, de rapidité de production industrielle et troisièmement, on a une question de qualification des hommes et des femmes qui font la défense. Vous voyez que la question euh de la défense, elle est elle est budgétaire mais pas simplement. Et enfin, dernier point pour que là aussi, c'est c'est intéressant de voir euh les ordres de grandeur.
Tous les ans, on paye en intérêt de la dette l'équivalent du budget de la défense désormais. Donc vous voyez bien exactement. Donc vous voyez bien que cette question de la dette, elle est fondamentale parce que tant qu'on sera endetté au niveau où nous sommes, nous n'avons pas de marge de manœuvre, pas de dette.
Nous n'aurions pas de dette, nous doublerions le le budget de la défense sans sans sans coup faire rire. Est-ce que Nicolas Sarkozia a pas une responsabilité ? C'est lui qui a commencé à sabrer le budget de la défense.
Écoutez, il a de vision, non mais pas du tout. sous Nicolas SarkoZi, c'est le seul moment depuis 40 ans où on a baissé le nombre de fonctionnaires, c'est-à-dire qu'on a redonné un peu de marge de manœuvre, un peu de d'agilité à Mais je parle du budget de la défense. Non, mais le budget est à voir dans son ensemble.
Nicolas Sarkozy a eu le grand mérite à l'époque de réfléchir à la structure de la dépense de l'État. C'est une des questions à laquelle François Berou doit répondre aujourd'hui. Merci beaucoup Philippe Juvin, bonne journée à vous.
Yeah.
Philippe Juvin