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interviewBLAST (sur YouTube)· 8 avril 2022 22 min

GRANDE CAUSE DU QUINQUENNAT : L'ÉCHEC D'EMMANUEL MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il est indispensable que la honte change de camp et la France ne doit plus être un de ces pays où les femmes ont peur. Il y a un bilan qui est là, est-ce qu'on change une société en cinq ans ? Non.

Nous devrons faire plus, c'est pourquoi à nouveau, l'égalité femmes-hommes sera la grande cause du quinquennat qui s'ouvre. Il y a pourtant une règle rhétorique simple, ce que l'on a besoin de réaffirmer, voire de durcir, c'est ce qui n'est ni évident ni appliqué. Cela revient à reconnaître, sans le dire, que le bilan de ce premier mandat n'est pas satisfaisant.

Emmanuel Macron l’avait promis dès son arrivée au pouvoir, la grande cause du quinquennat sera l’égalité femmes-hommes. 5 ans plus tard, le candidat le réaffirme. L’égalité femmes-hommes sera à nouveau la grande cause du prochain quinquennat, mais l’a-t-elle vraiment été pendant celui-ci ?

Suite à cette annonce, les réactions, sceptiques, ne se sont pas faites attendre. Surtout que, le président candidat, dans son enthousiasme, est allé jusqu’à reprendre en slogan détourné avec “Nous Tous” le nom du collectif féministe “Nous Toutes” créé en 2018 pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles… Aujourd’hui, les organisations féministes sont nombreuses à dénoncer le décalage entre les politiques publiques menées par le gouvernement et la réalité des violences. Il faut dire que le sujet est brûlant.

Pour 79% des Français, l’égalité femmes-hommes sera un critère déterminant au moment de leur vote le 10 avril prochain. Mais un peu plus de la moitié considèrent que les choses n’ont pas évolué dans le bon sens en ce qui concerne les droits des femmes pendant ce quinquennat. Alors, la situation des femmes s’est-elle réellement améliorée depuis le début de ce quinquennat ?

Qu’est devenue cette fameuse grande cause ? Je vous propose ici d’en faire le bilan. Si le gouvernement a beaucoup communiqué sur la grande cause, nombreuses sont les associations qui pointent aujourd’hui les effets d’annonces, avec très peu de résultats dans la réalité, ou dénoncent une grande cause aux petits effets.

En bref, il y aurait eu beaucoup de communication mais peu d’actions efficaces. Les organisations féministes s’alarment aussi des signaux inquiétants qui ont été envoyés aux femmes par le gouvernement avec, par exemple, la nomination en juillet 2020, de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti. Le premier a été nommé à la tête de la police alors qu’il était visé par une plainte pour viol et le second à la Justice alors qu’il se posait en adversaire de MeToo.

Un an plus tôt, notre actuel ministre de la Justice déclarait : “Il y a aussi des “follasses” qui racontent des conneries et engagent l’honneur d’un mec qui ne peut pas se défendre car il est déjà crucifié sur les réseaux sociaux”. ou encore “L’emprise, ça existe. Mais il y a aussi des femmes que le pouvoir fait bander”.

Mais dans le cas de M. Darmanin, vous n'avez pas hésité une seconde avant de le nommer ? J'ai eu une discussion avec lui parce que c'est un responsable politique qui est intelligent, engagé, qui a été aussi blessé par ces attaques.

Donc, il y a aussi une relation de confiance, d'homme à homme, si je puis dire. Un complice à la justice, un violeur à l’intérieur. Un complice à la justice, un violeur à l’intérieur.

On pourrait également citer la marche féministe de la nuit du 7 mars 2020, violemment réprimée par la police. Et je demande à ce que les forces de l'ordre fassent leur travail de faire en sorte qu'il y ait de l'ordre dans notre pays, c'est-à-dire que les femmes, elles puissent être protégées et qu'elles puissent être surtout protégées lorsqu'elles manifestent pour leurs droits. Ça me paraît absolument essentiel dans une démocratie et je pense qu'il faut vraiment, à un moment donné, qu'on se rende compte que notre pays est en train de dérailler un petit peu là.

Et lutter contre les violences faites aux femmes, lutter pour l'égalité réelle, effective entre les femmes et les hommes est un combat sur lequel je ne céderai rien. Ça c’est pour l’introduction générale, ce que la société civile reproche dans les grandes lignes à Emmanuel Macron. Mais revenons un peu en arrière.

Si le sujet s’est imposé dans le débat public ces dernières années, c’est en grande partie le fait des associations et collectifs féministes, qui suite à la vague #Metoo, en novembre 2017, ont inlassablement alerté. Metoo cinéma, Metoo musique, Metoo théâtre, Metoo médias, Balance ton agence, Paye ta blouse, Balance ton stage, Balance ton bar, MeToo inceste, MeToo politique… Les témoignages se sont succédé ces dernières années, et ont montré l’ampleur vertigineuse des violences faites aux femmes. Et je pense qu’il est important ici, avant de continuer, de rappeler où nous en sommes au regard des chiffres et pourquoi il est essentiel aujourd’hui de lutter contre les inégalités de genres et les violences faites aux femmes.

Ces chiffres sont durs mais il faut les entendre, les comprendre. Surtout qu’ils n’ont pas vraiment baissé pendant ce quinquennat… Chaque année, 213 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Tous les trois jours, une femme est tuée par son partenaire ou ex partenaire.

En 2020, elles étaient 102. Depuis le début du quinquennat, 622 femmes ont été tuées par des hommes qui étaient censés les aimer. En France, aujourd’hui, toutes les sept minutes, une femme majeure est victime de viol ou tentative de viol.

Pourtant 1% des viols feraient l’objet de condamnation. Une femme sur cinq a déjà subi du harcèlement sexuel au travail Je pourrais aussi vous parler des stéréotypes sexistes qui reculent mais sont encore importants : 11% des français, estiment encore que lorsque l'on essaye d'avoir des relations sexuelles avec elles, beaucoup de femmes disent "non", mais ça veut dire "oui" ou qu’elles peuvent “prendre du plaisir à être forcées”. Chez les 18-24 ans, ce chiffre monte à 23%.

Et malheureusement, je pourrais continuer cette liste encore longtemps. On parle ici des chiffres officiels et ces violences sont très difficiles à quantifier. Le total du coût des inégalités entre femmes et hommes a été évalué à, tenez-vous bien : 118 milliards d’euros par an, en France.

Face à ce contexte, déjà existant en 2017, et à la mobilisation de la société civile, le gouvernement ne pouvait raisonnablement pas faire la sourde oreille. Mais pour une grande cause, ça a plutôt mal commencé, puisque Marlène Schiappa, n’a pas hérité d’un ministère de plein droit mais d’un secrétariat d’Etat à l’égalité femmes-hommes. Pour rappel, un secrétariat d’Etat est placé au 20e rang de l’ordre protocolaire, et cette position a immédiatement été qualifiée “d’humiliante” par le Collectif national pour les droits des femmes.

En avril 2017, le candidat Macron avait pourtant promis un ministère… Une fois Président, Emmanuel Macron s’est donné 3 priorités : l’éducation et le combat culturel pour l’égalité, mieux accompagner les victimes, et renforcer l’arsenal répressif. Je vous propose de voir point par point ce qui a avancé, et les moyens qui ont été mis au service des ces priorités. Je précise que je ne pourrai pas être exhaustive, il y a tant à dire que j’aurais pu écrire un livre sur le sujet.

De l’avis de tous les bilans que j’ai pu lire, il y a eu des efforts certes, mais les mesures prises ces dernières années n’ont pas permis de transformer un système profondément sexiste. Selon le rapport réalisé par Oxfam France avec le concours d’autres ONGs, “Les moyens ont été trop faibles et de multiples erreurs et ambiguïtés ont questionné la réalité de l’engagement de la France”. Lorsque l’on parle grande cause, il doit s’agir d’une priorité, et donc de financements dédiés.

Pourtant, selon le rapport : la politique en faveur de l’égalité femmes-hommes n’a représenté que 0,25% du budget de l’Etat en 2022. En 2019, suite au grenelle des violences conjugales, Marlène Schiappa avait annoncé un budget de l’Etat pour l’égalité hommes-femmes doublé en 2020 pour atteindre 1,1 milliard d’euros. Mais très vite, cette annonce a été qualifié “d’escroquerie” par le collectif féministe “Nous toutes”, puisque selon les chiffres officiels, les trois-quarts de ces fonds étaient dédiés à l’international.

Et dans les fonds dédiés à la France, 282 millions d'euros en 2020, ceux-ci participent, pour presque la moitié, à la rémunération des enseignants, qui abordent en classe les questions d'égalité entre les sexes. Une communication dénoncée comme “hâtive et trompeuse” par un rapport d’information du Sénat de juillet 2020. Il conclut : ”Nous sommes loin du milliard d’euros demandé par les associations et institutions œuvrant pour les droits des femmes, mais des efforts financiers réalisés par l’État sont à saluer”.

Le budget du ministère de l'Égalité a quant à lui presque doublé ces cinq dernières années passant de 27 à 50 millions d’euros de 2016 à 2022. Mais malgré cette hausse, ce budget représente 0,01% du budget global de la France. À titre de comparaison, le budget des armées a augmenté de 1,7 milliards d’euros chaque année depuis 2017. 1 milliard, c’est ce que nécessiterait à elle seule la lutte contre les violences conjugales selon un rapport du Haut conseil à l’égalité hommes-femmes réalisé avec le CESE et la Fondation des Femmes.

Par ailleurs, si l’on parle d’argent, on pourrait aussi mentionner le fait que les femmes n’ont pas été intégrées dans le plan de relance économique post covid, alors qu’elles sont surreprésentées dans les métiers du soin, en première ligne durant la pandémie. Qu’en est-il des institutions ? Le gouvernement est, comme promis, paritaire avec 17 femmes et 14 hommes à la tête de ministères dans le gouvernement Castex.

Mais le pouvoir reste une affaire d’hommes puisqu'ils occupent les postes les plus stratégiques et prestigieux Premier ministre, ministre de l’Intérieur, ministre de l’Économie, ministre de la Justice. Il occupent aussi les postes-clés, avec 80% des directeurs de cabinets qui sont des hommes. Je rappelle ici qu’il n’y a eu qu’une seule femme Première ministre durant toute la cinquième république : Edith Cresson, nommée en mai 1991.

Pendant toute la durée de son mandat, la socialiste a été victime de sexisme. Elle démissionne le 2 avril 1992. Cinq ans plus tard, en 1997, Édith Cresson revenait sur ce machisme ambiant en politique.

Ce que vous voulez faire ne les intéresse pas finalement. c'est ce que vous êtes : la couleur de votre tailleur, comment vous êtes coiffée, votre voix, votre façon de vous tenir, c'est ça, ce sont des détails qui sont liés à la personne. Venons-en à la lutte contre les violences faites aux femmes Ici, c’est sûrement sur l’arsenal législatif qu’il y a peut-être eu le plus d’avancées.

Depuis 2017, 4 lois dédiées à la lutte contre les violences ont été adoptées. Elles ont permis notamment d’allonger les délais de prescription pour les crimes sexuels commis sur mineur de 20 à 30 ans, d’accélérer l’obtention d’ordonnances de protection, d’alourdir les peines pour les auteurs d’actes sexuels sur enfants et de généraliser les dispositifs de protection des femmes victimes de violences. Mais comme je le mentionnais plus tôt, ce qui compte ce sont les chiffres, les vies brisées.

Les chiffres des violences n’ont pas vraiment bougé, et les moyens pour les éviter restent bien insuffisants. Ce qui n’empêche apparemment pas notre ministre de l’Intérieur d’asséner des contre-vérités. Les femmes qui, désormais, sont psychologiquement ou physiquement atteintes par leur compagnon ou par leur mari, déposent plainte systématiquement, il n'y a plus de main courante.

Systématiquement, il y a désormais des gardes à vue, c'est ce que nous demandons avec le garde des Sceaux. Systématiquement, il y a des poursuites judiciaires. Rappelons ici que moins d’une victime de violences sur cinq déclare avoir déposé plainte.

Et lorsqu’elles trouvent le courage de le faire, les femmes ne sont souvent pas entendues ou carrément ignorées, au prix de leurs vies. Parmi les 102 femmes qui ont perdu la vie en 2020 sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, près d’une sur cinq avait porté plainte… Eléonore, le 23 octobre 2021, se présente devant le commissariat et a ce visage-là. Et rien n'est fait.

Sur le procès verbal, il est indiqué qu'elle ne nécessite pas de mesures de protection. Éléonore avait 27 ans, sa première plainte contre son compagnon date de juillet 2021. À l'époque, il la frappe puis tente de l'étrangler.

En octobre, il la défigure à coups de poings et coups de pied. Elle sait sa vie en danger, elle le dit aux gendarmes. À la question “votre partenaire vous a-t-il menacé de mort ?” Elle répond “oui.” Il n'a pas précisé comment il allait le faire mais il a dit “Je vais te tuer.” Si le nombre de plaintes pour violences sexistes et sexuelles se multiplient, les récits de mauvaise prise en charge par la police aussi.

Le hashtag double peine qui a émergé en septembre 2021 a montré l’ampleur du phénomène. Il a été relayé plus de 27 000 fois en une semaine et a désormais un site dédié qui répertorie des centaines de témoignages glaçants. Le flic qui m'a demandé si j'ai pris du plaisir pendant le viol, que j'ai subi, double peine.

Aller porter plainte, déposer une main courante, aller témoigner auprès de la police c'est le premier maillon de la chaîne vers la justice pour ces victimes-là. Et elles se font museler dès le premier maillon de la chaîne. Le ministère de l’Intérieur avait pourtant annoncé que “90% des femmes ayant porté plainte en 2020 pour des faits de violences conjugales étaient satisfaites de l’accueil en commissariats et gendarmeries”.

Un chiffre récolté après une étude menée auprès de 2 072 victimes. Pour le vérifier, le collectif “Nous Toutes” a lancé une contre-étude auprès de 3500 femmes, et les résultats sont en totale contradiction avec le ministère : “66 % des témoignages font état d’une mauvaise prise en charge”. Que disait le rapport du Sénat déjà ?

Ah oui “une communication hâtive et trompeuse”. En cause ici , la question de la formation des policiers. Si le gouvernement revendique plus de 88 200 policiers et gendarmes formés pour un meilleur accompagnement des victimes, ce dispositif se heurte au manque de moyens.

Encore et toujours. Certains professionnels spécialisés bénéficient de formations plus longues, mais ils ne sont pas assez nombreux pour être présents dans chaque commissariat ou gendarmerie. On ne compte, par exemple, que 276 brigades de protection de la famille pour les plus de 600 commissariats de police existants.

Plus de 2000 places d'hébergement dédiés aux victimes ont été créées et 1000 supplémentaires le seront cette année, soit une hausse de 80 % des places depuis 2017. Un peu plus de 2 700 places d'hébergement pour les femmes victimes de violences ont été créées sous le quinquennat. Mais, 4 femmes victimes de violences sur 10 qui en font la demande n'ont aucune solution d'hébergement.

On peut ici citer tout de même quelques améliorations comme le fait que depuis août 2021, le 3919, numéro national d'écoute pour les victimes de violences, gratuit et anonyme, est désormais accessible 24h/24 et 7 jours sur 7. Même si, un an plus tôt, le gouvernement avait essayé de le privatiser en l’ouvrant à la concurrence. En dépit des alertes incessantes des associations féministes, le budget alloué aux violences conjugales est trois fois inférieur aux besoins.

Le rapport Oxfam écrit : “Pour augmenter les places d’hébergement, mieux former les forces de l’ordre et le personnel judiciaire, augmenter le déploiement des dispositifs de protection des victimes, la France doit enfin aligner les moyens financiers avec les grands discours”. Le rapport dénote aussi des erreurs du gouvernement sur le sujet des violences sexistes et sexuelles, avec la nomination de Gérald Darmanin et Eric Dupont Moretti, mais aussi plus récemment, en décembre 2021, suite à la diffusion de plusieurs témoignages de femmes victimes de Nicolas Hulot dans l’émission "Envoyé spécial", lorsque le Président s’est inquiété du risque de “société de l’inquisition”. Rappelons que, lorsqu’il était ministre, le gouvernement avait fait bloc pour défendre Nicolas Hulot, accusé à plusieurs reprises de viols et d’agressions sexuelles.

Une gamine de seize ans, Nicolas Hulot, qui allait me croire ? Il avait une main qui prenait ma main et qui était sur son sexe et avec l'autre main, il voulait que je l'embrasse, que je lui embrasse le sexe et il me force à lui faire une fellation. Il se jette sur moi et essaie de l'embrasser, il me touche les seins, l'entrejambe.

Moi, je suis en jupe de tailleur, je me débats. Quelques jours plus tard, dans une tribune au monde, 14 femmes victimes de Nicolas Hulot et PPDA répondaient à Emmanuel Macron : “Nous avons parlé par devoir citoyen. Nous n’avons rien d’autre à y gagner que de dire une vérité, même dérangeante, et d’éclairer le pays sur le traitement des violences sexuelles, sur l’usage que font certains hommes de leur pouvoir, sur les complaisances qui les y autorisent, sur l’impunité dont ils jouissent.” Le rapport Oxfam conclut : “le gouvernement n’a pas pris la mesure du changement sociétal impulsé par les mobilisations des femmes, dont l’objectif est une tolérance zéro vis-à-vis des violences machistes” Sur l’égalité professionnelle, il y a eu des avancées mais les femmes continuent de gagner et de posséder moins que les hommes.

Elles restent surreprésentées dans les emplois les plus précaires et les moins valorisés. Et oui, les femmes représentent toujours 80% des temps partiels. Elles sont aussi exclues des sphères de pouvoir, et assurent une part disproportionnée des tâches domestiques non rémunérées au sacrifice de leur vie professionnelle.

Les femmes réalisent 72 % des tâches ménagères et 65 % des tâches parentales, pour, en moyenne, une heure trente de travail quotidien supplémentaire par rapport aux hommes. Et ces chiffres n’ont presque pas changé. En 11 ans, les hommes n’ont augmenté que d’une minute par jour leur participation aux tâches domestiques.

Qu’est-ce qui a été fait pendant ce quinquennat ? Il y a eu l’allongement du congé paternité. Depuis le 1er juillet, le congé paternité ou second parent est passé à vingt-huit jours, mais seulement 7 jours sont obligatoires.

Ce qui n’incite pas pleinement les hommes à y avoir recours. L’UNICEF préconise un congé parental payé d’au moins six mois pour les deux parents. Le gouvernement a aussi renforcé les obligations de transparence en matière d’égalité professionnelle avec la création d’un index.

Mais celui-ci est considéré comme encore bien insuffisant puisqu'il permettrait de minimiser, voire cacher, la réalité des inégalités de salaires au sein des entreprises. Il y a aussi eu l’introduction de quotas dans les directions des grandes entreprises et l’augmentation des salaires du secteur de la santé. Mais sur l’ensemble, ces mesures sont considérées comme insuffisantes et, pour certaines, contre-productives, pour réellement faire avancer l’égalité professionnelle.

Des oublis majeurs sont aussi pointés par les associations, comme la revalorisation de l’ensemble des secteurs féminisés et la lutte contre les contrats précaires. Enfin, la pandémie de Covid a exacerbé les inégalités entre les femmes et les hommes. Rappelons que les femmes ont représenté 85% du personnel en contact avec des patients en milieu hospitalier.

À cette période, nombreux ont été les appels pour revaloriser réellement ces métiers du soin. Tout ceci a des impacts bien réels. J’aimerais rappeler ici que parmi les travailleurs-clés du premier confinement en 2020, il y avait une immense majorité de femmes.

Les femmes sont surreprésentées dans des emplois précaires pourtant essentiels mais peu valorisés dans lesquels elles enchaînent de longues heures de travail et sont plus exposées au burn out. Enfin, il manque 230 000 places en crèche en France, et 40% des parents d’enfants de moins de 3 ans sont sans solution de garde. Au cours du quinquennat, plusieurs mesures significatives ont été prises pour les droits sexuels et reproductifs, même si elles ne sont pas toutes abouties : il y a eu l’allongement des délais pour l’IVG de 12 à 14 semaines, l’élargissement de l’accès à la Procréation Médicalement Assistée qui a été ouverte aux femmes lesbiennes et aux femmes seules par la loi relative à la bioéthique du 2 août 2021.

L’assemblée a adopté. On peut également citer la contraception gratuite jusqu'à 25 ans, mais le rapport note que peu de jeunes femmes sont au courant et sans campagne d’ampleur, toutes les concernées ne pourront en bénéficier. Autre point d’inquiétude, la loi sur l’éducation à la sexualité des jeunes pourtant essentielle pour un réel changement culturel et pour combattre les stéréotypes n’est toujours pas appliquée.

Cette loi de 2001 oblige à dispenser au moins trois séances annuelles d'éducation à la sexualité chaque année dans les écoles, les collèges et les lycées. Pourtant, un quart des établissements ne mettent en place aucune action d'éducation à la sexualité. Une ou deux séances sont dispensées en moyenne au cours de la scolarité en lieu et place de la trentaine prévues par la loi.

Selon une enquête de Nous Toutes, seulement 13% des répondants ont bénéficié du nombre de cours prévus dans la loi. Mais apparemment le ministre de l’Education nationale préfère se battre pour les tenues républicaines et contre le “wokisme”. À l’approche de la présidentielle, l'association “Osez le féminisme” a établi un féministomètre en analysant les programmes des candidats.

Les seuls considérés comme féministes sont Jean Luc Mélenchon, Anne Hidalgo et Fabien Roussel. Philippe Poutou est considéré comme plutot féministe. Quant à Emmanuel Macron et Yannick Jadot, ils sont accusés de faire du “féminisme washing”.

Les autres sont considérés comme pas féministes ou carrément mysogines. Si aujourd’hui ces combats ont fait un chemin immense, le féminisme est encore pour beaucoup une question de second plan, et non pas une affaire de société. Pourtant l’égalité femmes-hommes irrigue tous les sujets, et nous concerne toutes et tous intimement.

Mais nous pouvons espérer que tout comme pour l’urgence écologique, ce sujet devienne central dans les politiques publiques. Ce qu’il faut bien comprendre ici, c’est que l’on ne parle pas que de chiffres froids mais de vies humaines, de vies brisées. Les violences faites aux femmes laissent des traces, visibles puis indélébiles.

Il y a les bleus sur les corps, mais aussi les bleus à l’âme et au cœur. Des coups, des mots, des pressions qui entrent dans les organismes comme un virus, pour ne jamais repartir. Contre ce virus-là, il ne semble pas encore y avoir de sursaut suffisant, ni de gestes barrières.

Alors est-ce que l’on pourrait imaginer une France dans laquelle les violences faites aux femmes finissent un jour par appartenir au passé ? C’est la fin de cette vidéo, pour qu’elle puisse être vue le plus possible, prenez, s’il vous plaît, un moment pour la liker, la partager sur vos réseaux sociaux et vous abonner à notre chaîne Youtube. Comme d’habitude, vous trouverez tous les liens pour aller plus loin et vous engager sous la vidéo.

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